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Dans le pays nantais à la fin du XIXe siècle, Claire, mariée de force à un riche viticulteur, violent et pervers, découvre la liberté quand celui-ci meurt accidentellement. À Paris, elle entre comme pigiste à La Fronde, un journal féministe, et s’émancipe. Mais sous l’impulsion vengeresse de sa belle-sœur, elle est bientôt accusée du meurtre de son mari…

Claire Mataguez, fille de vigneron, est épousée pour sa dot par Max Lesarnoy, un homme déséquilibré et violent qui a plusieurs fois fait faillite. Lorsqu’il meurt accidentellement, écrasé par un tonneau, alors qu’il est ivre, la jeune femme doit cohabiter avec sa belle-sœur Jeanne, inconsolable de la mort de son frère.

Veuve, Jeanne vouait un amour sans limite à Max et accuse bientôt Claire d’avoir tuer ou laisser mourir son époux. Lasse des querelles et de l’ignominie dont faire preuve Jeanne, Claire décide de partir vivre à Paris et se fait embaucher dans un journal entièrement féminin, La Fronde.

Après des années de souffrance, Claire va-t-elle enfin goûter au bonheur tant mérité et attendu ? Et non, Jeanne prépare activement sa chute et va mettre tout en oeuvre pour prouver sa culpabilité et de la mener à l’échafaud…

Offert au printemps par ma maman, La frondeuse, n’aura pas attendu bien longtemps avant d’être lu, une fois n’est pas coutume. Il faut dire que sur le papier, il avait de nombreux atouts : un destin de femme, une époque que j’affectionne, des thèses féministes, le journalisme… et je dois que si l’histoire de Claire ne m’a pas particulièrement passionnée, trop simple et lisse, le contexte historique en revanche s’est révélé diablement intéressant.

Eric le Nabour connaît très bien l’époque à laquelle il a choisi de planter son roman : la toute fin du 19è siècle. Le destin de Claire, qui quitte sa région natale pour tenter sa chance à Paris, ressemble à s’y méprendre à bon nombre d’héroïnes de cette époque où la capitale avait des allures d’eldorado.

Ici, il y a tout de même de petites singularités : Claire est riche mais elle est manchote, ce qui la complexe beaucoup. Devenue veuve, elle s’intéresse au féminisme et décide de rejoindre Paris afin de proposer ses talents de pigiste à Marguerite Durand, la fondatrice du quotidien La Fronde, qui paraît de 1897 à 1905.

Un journal écrit, conçu, réalisé par les femmes et qui défend le droit des femmes : une grande première dans un pays où la moitié de la population n’a pas le droit de disposer d’elle-même ! Leur place se limitant alors à la sphère familiale sous l’autorité du mari ou du père, les privant de tous droits civils ou politiques.

J’ai beaucoup aimé retrouver cette grande figure du féminisme dans cette lecture, les combats qu’elle a mené grâce à ce journal qui avait pour originalité de ne pas être seulement un journal destiné aux femmes, mais un quotidien conçu, rédigé, administré, fabriqué et distribué exclusivement par des femmes : journalistes, rédactrices, collaboratrices, typographes, imprimeurs, colporteurs, l’équipe est entièrement féminine. Marguerite Durand entend ainsi prouver que des femmes peuvent fort bien réussir dans le monde du journalisme, fortement dominé par les hommes, et qu’une entreprise de presse peut fonctionner sans recourir à leur assistance.

Autre point fort du récit : l’ancrer dans la réalité historique et politique de l’époque en abordant le divorce, alors seulement autorisé qu’en cas d’adultère, l’avortement considéré désormais comme un délit et plus comme un crime, l’affaire Dreyfus rejugée à Rennes au moment du récit, le combat des suffragettes en Angleterre et le contrôle des naissances prôné par Claire.

Autant de thématiques très intéressantes que l’auteur aborde tour à tour avec justesse et précision. Dommage pour moi que l’histoire personnelle de Claire ne soit pas plus intéressante, un peu trop plate et surtout cousue de fil blanc, notamment le dénouement, car le reste est vraiment passionnant.

Une lecture agréable, qui ne manque pas d’atouts et que je vous conseille si ces thématiques sont importantes à vos yeux.

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L’été est la période idéale pour lire et l’occasion de découvrir les nouveautés mais aussi des titres plus anciens, idéals à lire en cette période estivale. Qu’on soit à la plage, à la montagne, en ville, au bord d’une piscine, on aime bien avoir un roman à portée de main et c’est pourquoi je vous propose cette petite sélection qui j’espère vous plaira !

Comme je ne voulais pas faire une sélection trop ample et vous perdre au passage, j’ai pris le parti d’opter pour des titres qui fleurent bons l’été, de découper mes propositions par genre et ne vous en proposer que cinq à chaque fois. Il vous suffit de cliquer sur les images pour accéder à mes avis complets et voir si vous les ajoutez à votre PAL spéciale vacances.

Des romans qui mettent l’eau à la bouche

Des romans qui font du bien

Des romans avec des secrets de famille

Des romans avec du suspens

Des romans emplis d’émotions

Des romances

J’espère que cette sélection vous a plu et je vous souhaite un bel été livresque ! Si de votre côté, vous avez des titres à me suggérer pour embellir mes vacances, laissez-les moi en commentaires.

Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l’été, elle s’interroge sur le comportement des animaux autour d’elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums. Aidée de son grand-père, un naturaliste elle note dans son carnet d’observation tout ce qu’elle voit et se pose mille questions. Pourquoi, les chiens ont-ils des sourcils ? Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes ? Nous sommes dans le comté de Caldwell, au Texas, en 1899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes de ses découvertes, elle affirme sa personnalité entre six frères et se confronte aux difficultés d’être une jeune fille à l’aube du XXe siècle. Apprendre la cuisine et les bonnes manières ou se laisser porter par sa curiosité insatiable ? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté ?

Eté 1899, comté de Caldwell, au Texas. Calpurnia Virginia Tate (Callie V.) a 12 ans et a trois frères ainés et trois frères cadets : Harry 17 ans, Sam Houston 14 ans, Lamar 13 ans, Travis 10 ans, Sul Ross 8 ans et Jim Boure 3 ans.

Seule fille de la fratrie, elle subit la sévérité de sa mère qui entend bien en faire une future femme d’intérieur accomplie alors que Callie ne rêve que d’être dehors. Son père est rarement là et dirige la fabrique de coton de Fentress.

Elle vit donc dans une famille on ne peut plus traditionnelle et en côtoyant Bon-Papa, son grand-père, féru de science, de naturalisme et qui passe son temps dans son propre laboratoire, elle va ouvrir son esprit à d’autres horizons que celui de son foyer et surtout fonder l’espoir de pouvoir s’accomplir professionnellement, ce qui est très difficile en cette fin du 19è siècle.

Calpurnia est un joli roman apprentissage que j’ai lu au printemps, j’ai donc eu envie de découvrir si l’adaptation en bande dessinée était fidèle au roman éponyme, d’autant qu’elle est signée Daphné Collignon, une illustratrice talentueuse que j’aime beaucoup.

J’avais trouvé le roman charmant même si il y avait trop de longueurs à mon goût et cette adaptation fidèle au roman de Jacqueline Kelly n’a pas ce travers, j’ai donc passé un excellent moment avec cette bande dessinée qui reprend la trame du roman et qui fait la part belle à l’héroïne, sa découverte de la nature et à la belle relation qui l’unit à son grand-père.

Les planches de Daphne Collignon sont comme toujours superbes, ses dessins tout en rondeur sont un régal pour les yeux, sa maîtrise des couleurs (noir et blanc, sépia ou ocre) fait merveille et c’est un vrai plaisir que de parcourir les pages, de la première jusqu’à la dernière.

Les personnages sont très expressifs et les planches, variées : tantôt sous forme de cases, tantôt sous forme de planches naturalistes, quant à la police de caractère façon écriture manuscrite, elle est très lisible et agréable à lire.

Comme le roman, l’adaptation aborde très intelligemment l’adolescence, la condition féminine et l’envie d’émancipation de son héroïne qui déteste jouer au piano, faire du crochet ou converser en français, entre autres choses, tout ce que sa mère considère comme essentielles à une jeune fille.

Il faut dire qu’à l’époque la science était un domaine réservé aux hommes et peu de femmes ont alors accès aux études supérieures mais Bon-Papa croit en elle et refuse pour sa petite-fille vive d’esprit, qu’elle soit cantonnée aux tâches ménagères.

Une première partie qui donne envie de découvrir la seconde et dernière de ce diptyque consacrée à Calpurnia, une jeune fille très attachante que j’aurai le plaisir de retrouver dès la parution du deuxième volume.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture pleine de charme !

Connaissez-vous Hypathia, mathématicienne et philosophe du IVe siècle ? Nicole Lepaute et Hélène Metzger dont les travaux ont révolutionné le monde de la science ? Avez-vous entendu parler de l’impératrice Théodora, de Catherine Sforza et de Victoria Woodhull, laquelle osa se présenter aux élections présidentielles américaines alors que les femmes n’avaient pas le droit de vote ? Et Marguerite-Julienne Le Pastour, la femme bourreau, « contrainte de se travestir en homme pour exercer son métier », ou encore Mary Read, la flibustière, vous sont-elles familières ?

Vous n’êtes pas sans savoir que les femmes ont beaucoup été rayées de l’Histoire puisqu’elle est écrite par les hommes. Or j’adore les destins de femmes, l’histoire des femmes m’intéresse beaucoup et ce recueil m’a permis de découvrir des femmes hors du commun par leur intelligence, leur courage.

Jean Haechler nous présente donc tour à tour dix-huit femmes qui ont existé à différentes époques, de la fin de l’Antiquité au début du 20è siècle : femmes de lettres, femmes politiques, aventurières, scientifiques, pionnières, religieuses, grecques, italiennes, allemandes, françaises ou américaines : elles ont toutes en commun une détermination et une volonté de fer.

Stupéfiantes pour certaines, admirables pour d’autres, suspectes quelquefois, mais toujours fascinantes, ces femmes nous font découvrir une époque ou un lieu, un combat ou une aventure. Toutes nous montrent qu’être femme dans une société souvent misogyne nécessite courage et opiniâtreté pour parvenir à ses fins, choisir son mode de vie… ou simplement pour avoir le droit d’exister.

Dix-huit portraits présentés de manière très synthétiques mais enrichis d’extraits de correspondance ou de témoignages d’époque qui mettent en lumière Hypathia d’Alexandrie mathématicienne et philosophe, Théodora impératrice byzantine, Catherine Sforza femme politique italienne, Louise Labbé femme de lettres engagée et inventrice des salons littéraires, Catherine de Partenay femme de lettres, Marie de Gournay femme de lettres et fille spirituelle de Montaigne, Mademoiselle Maupin cantatrice, Mary Read aventurière anglaise, Susanne-Marie de Vivans féministe du 18è siècle, Marguerite-Julienne Le Pastour bourreau du 18è siècle, Nicole-Reine Lepaute mathématicienne et astronaute, Sophie Germain mathématicienne, Anne-Marie Javouhey missionnaire et adversaire farouche de l’esclavagisme, Victoria Woodhull femme politique, Marie de Régnier femme de lettres, Helène Metzger chimiste victime de la barbarie nazie, Joséfina Lehnart religieuse allemande et enfin Maryse Hilsz aviatrice.

Ces femmes ont le disais-je eu des destins assez incroyables même si elles ne sont pas forcément rentrées dans l’Histoire, elles ont souvent marqué les esprits de leurs contemporains ou fait avancer la cause des femmes et elles démontrent surtout l’adage que lorsque l’on veut on peut car toutes ces femmes n’en ont fait qu’à leur tête, au mépris des conventions sociales de leurs temps !

Jean Haechler est historien spécialiste du XVIIIe siècle, il ne s’est pourtant pas cantonné à son siècle de prédilection même si cinq femmes de cette époque sont présentes dans cet essai. Comment l’auteur a d’ailleurs fait son choix ? Il s’en explique en préface : deux exigences l’ont dicté : des personnalités très fortes et, aujourd’hui, leur absence de notoriété. Il a donc systématiquement laissé de côté celles ayant acquis la célébrité, comme Hildegarde de Bingen au Moyen Age, Emilie du Châtelet, Alexandrine de Tencin, Marie du Deffand, Suzanne Necker, Manon Roland au XVIIIe siècle ou, plus récemment, Marie Curie pour n’en citer que quelques-unes.

Et il a bien fait car de nombreux ouvrages leur sont déjà consacrés et que celui-ci fait la part belle à des personnalités nettement plus obscures. Je dois bien avouer qu’à part Hypathia, Théodora, Louise Labbé et Marie de Gournay dont je connais l’existence mais pas forcément la vie en détail, je n’avais jamais entendu parler des autres.

L’auteur rappelle également que certaines époques ont été plus favorables aux femmes que d’autre, j’ai donc appris que jusqu’au XIIIe siècle les femmes pratiquaient la médecine et qu’il a fallu qu’elles attendent la fin du 19è siècle pour avoir le droit d’entreprise des études dans cette matière. Les femmes pouvaient avoir des fonctions dans l’Etat jusqu’en 1593 !

Un ouvrage, vous l’aurez compris, intéressant et passionnant, qui m’a permis de découvrir des femmes extraordinaires et que je vous recommande vivement si vous êtes sensibles aux destins de femmes.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Nouveau Monde pour cette lecture enrichissante !

Six ans !!!

Aujourd’hui n’est pas un jour ordinaire pour moi puisqu’aujourd’hui je fête un anniversaire, celui de mon blog qui fête ses six ans ! Il est né par un beau matin du 17 juillet 2012, après plusieurs mois d’hésitations, de questionnements et de tergiversations en tous genres sur ma légitimité à me lancer dans le grand bain de la blogosphère littéraire.

Pour être tout à fait honnête avec vous, je n’aurai jamais imaginé être toujours là six ans plus tard, à l’alimenter quasi quotidiennement et que vous seriez toujours plus nombreux à me suivre et à me lire. Le seul but de ce blog, vous l’avez bien compris, est de partager mes lectures avec vous. La lecture reste une passion et j’ai la chance d’avoir un métier qui me laisse du temps pour l’assouvir, je lis donc beaucoup et j’ai par conséquent beaucoup d’avis à partager ;).

Six ans après mon premier billet, je suis toujours à la barre et vous êtes de plus en plus nombreux à me lire. Il y a les petits nouveaux et les abonnés de la première heure, ceux qui commentent ici ou sur les réseaux sociaux et les autres qui préfèrent rester dans l’ombre. A tous et à toutes, je vous adresse un immense merci car sans votre présence bienveillance, nos échanges autour des lectures, je ne sais pas si je continuerai à être aussi assidue ici.

Six ans après, ma PAL est devenue un gouffre sans fin sans cesse alimentée par ma boulimie d’achats, je vis avec des bibliothèques pleines à craquer et des piles de livres ont peu à peu envahi ma chambre, pour mon plus grand plaisir.

Je n’avais pas d’ambitions particulières pour ce blog et je n’en ai toujours pas, je ne cherche pas les partenariats même si je suis heureuse d’en avoir désormais de très beaux, et je remercie aussi les maisons d’édition qui me font confiance. Mon seul objectif est de continuer à lire, de faire de belles découvertes livresques, d’échanger avec vous toutes et de vivre ma passion de la lecture tout simplement.

Six ans de blogging c’est aussi :

1041 livres chroniqués, ça fait donc une moyenne de 14 livres lus par mois.

1644 articles publiés (en comptant celui-ci), comme quoi même lorsque je n’ai pas de livres à chroniquer, j’ai finalement beaucoup de choses à dire.

Plus de 33 000 commentaires et j’en suis ravie car le but du blog est de partager mes lectures et dialoguer avec vous

953 abonnés au blog, mazette ça fait du monde.

Voilà pour le bilan en chiffres !

Un grand merci à vous toutes de me suivre un peu plus chaque jour, pour votre fidélité, vos échanges, votre bienveillance et un merci tout particulier enfin à celles qui font vivre le challenge un pavé par mois et à celles qui me font l’amitié de partager des lectures communes, c’est toujours un plaisir que de lire avec vous les filles.

Paris, 1842. Eugène Sue s’attaque à la rédaction des Mystères de Paris. Et soudain, sa vie devient le plus palpitant des romans-feuilletons…
Espérant trouver un nouveau souffle, Eugène Sue, feuilletoniste à succès, décide de s’aventurer dans les bas-fonds de la capitale, travesti en ouvrier. À quelques encablures seulement des beaux quartiers, il découvre, ébahi, la réalité poisseuse des faubourgs. Un monde nouveau s’ouvre à lui, baroque et hanté : celui de la pauvreté et du crime. De cette immersion naissent Les Mystères de Paris. Un succès miraculeux qui hypnotise la France entière, de l’ouvrier au ministre, et dont la rédaction quotidienne devient une aventure virevoltante mêlant dans un délicieux vertige la réalité à la fiction…

Paris 1825, Eugène Sue abandonne ses études de médecine au gram dam de son père qui souhaiter le voir embrasser la profession médicale qui est la sienne. Le jeune dandy préfère taquiner la muse et parvient à faire paraître ses écrits dans la presse.

Très vite, son nom court tout Paris et il s’adonne à tous les plaisirs que peut lui procurer la capitale : de jolies femmes, de la bonne chair et des tables de jeux. Il a beaucoup de succès en tant que feuilletoniste et ne connaît de Paris que les beaux quartiers et les belles avenues.

Lorsqu’il découvre la misère des bas-fonds, il décide de lui consacrer sa grande œuvre : Les mystères de Paris. Et pour côtoyer au mieux les petites gens, il décide de prendre des habits d’ouvrier et se glisser dans les lieux fréquentés par les miséreux et partager leur pitance…

L’an dernier, j’avais acheté Au jour le jour totalement par hasard, n’en ayant jamais entendu parlé mais ayant étudié Les mystères de Paris pour le bac de français il y a très très longtemps, j’ai eu envie de découvrir la genèse de ce roman fleuve.

Paul Vacca nous retrace ici tout le parcours de feuilletoniste de Eugène Sue, de ses premiers écrits jusqu’à son roman le plus célèbre. Il nous dépeint sa famille, le goût de l’écrivain pour le dandysme et les plaisirs, et surtout il nous montre l’envers du décor du métier de feuilletoniste.

La presse a connu un immense succès au 19è siècle, les journaux étaient fort nombreux, se vendaient très bien, notamment grâce aux feuilletons que les lecteurs pouvaient retrouver chaque jour. Les auteurs étant payés à la ligne, les longueurs étaient nombreuses, les rebondissements aussi puisqu’il fallait donner envie aux lecteurs de se ruer le lendemain sur l’édition du jour.

Cette thématique de la presse au 19è siècle est un sujet qui me passionne, je pourrai en parler des heures et j’avoue que j’ai adoré retrouver cet aspect dans ma lecture. J’ai beaucoup apprécié également de faire connaissance avec Eugène Sue dont je ne savais absolument rien.

Pour lui l’avènement du feuilleton dans la presse est une providence et va lui permettre de se faire un nom parmi les plumitifs en vogue : « Ecrire et séduire au jour le jour, pour quelqu’un qui voulait vivre et jouir au jour le jour, n’était-ce pas l’occupation rêvée ? ». Son succès est grand mais il finit par manquer d’inspiration et sur les conseils de son beau-frère, va s’intéresser au petit peuple, celui qui vit à mille lieux de lui.

Pour se documenter, il ôte ses plus beaux habits pour revêtir des oripeaux et sillonne ainsi vêtu les bas-fonds de la capitale dans ses recoins les plus sordides. Ce qui ne l’empêche pas de retourner vivre dans son bel appartement avec domestique au matin et se régaler des mets les plus fins.

Le génie de Sue est d’aborder tous les problèmes de l’époque : la condition de l’homme, de la femme, de l’enfant, les ouvriers, les prostituées, les lieux qu’ils fréquentent, ce qu’ils mangent, etc. Il parle des classes les plus déshéritées et le peuple va lui en être grandement reconnaissant : enfin un auteur qui ne travestit pas leur quotidien mais le montre tel qu’il est, sans juger.

Ce projet ambitieux, personne n’en veut, sauf un obscur quotidien qui va connaître grâce à Sue un immense succès ! Au jour le jour rend un hommage complice à ce genre populaire qu’est le roman feuilleton, un genre addictif comme peuvent l’être certaines séries télévisées d’aujourd’hui. Il révèle l’étonnante puissance de la littérature, sa capacité à changer le monde et les mentalités même quand elle s’écrit au jour le jour.

Paul Vacca nous plonge sans peine dans cette période foisonnante, il a bien travaillé son sujet c’est certain, interpelle volontiers le lecteur, ce que j’ai trouvé amusant. Son style est jubilatoire, souvent drôle même si l’abondance d’adjectifs rend parfois le récit un peu indigeste.

Le roman est parsemé de détails et de clins d’œil anachroniques, donnant une teinte très fantaisiste au récit pour nous entraîner parfois dans des situations abracadabrantes voire des rebondissements un peu énormes, l’auteur en fait trop, tombe alors dans la caricature, ce qui est toujours dommage.

Une lecture néanmoins intéressante et divertissante pour celles et ceux qui s’intéressent comme moi à ce genre littéraire alors très en vogue au 19è siècle.

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

challenge-un-pave-par-mois

Quand Mme Shepherd vient voir Samson O’Brien à l’Agence de Recherche des Vallons, convaincue que quelqu’un essaie de la tuer, le détective privé pense avoir affaire à une vieille dame un peu sénile. Pourtant, après une série de curieux incidents à la maison de retraite de Fellside Court, il se demande s’il n’aurait pas dû prendre la chose un peu plus au sérieux…
Alors que Noël approche, Samson se lance dans une enquête qui l’oblige à renouer avec les habitants de Bruncliffe, ceux-là mêmes qu’il a fuis une dizaine d’années auparavant et qui le traitent à présent comme un paria. Et qui mieux que la tempétueuse Delilah Metcalfe, propriétaire de l’Agence de Rencontre des Vallons, peut l’aider à regagner leur confiance ?

Quelques jours avant Noël, à Bruncliffe. Deux clients viennent à l’Agence de Recherche des Vallons afin d’engager Samson O’Brien : Clive Knowles, propriétaire de la ferme de Mire End, vient de se faire voler son bélier de compèt et attend de Samson qu’il confirme le vol afin de toucher la prime d’assurance, Alice Shepherd est persuadée qu’il se passe de drôles de choses à la maison de retraite de Fellside Court et que quelqu’un cherche à la tuer.

Du côté de Delilah c’est le calme plat. L’agence matrimoniale ne gagne pas de nouveaux clients et elle peine à trouver des hommes pour sa prochaine séance de Speed Dating. Ses finances sont au point mort et comme un malheur n’arrive jamais seul, son ex-mari entend demander la garde de son braque, Calimero.

Comme elle a beaucoup de temps libre, elle convainc Samson de la laisser lui prêter main forte et de rechercher le bélier à deux. Le policier pense que les allégations de Alice Shepherd sont très fantaisistes mais lorsqu’elle est trouvée morte, sa belle assurance commence à se fissurer.

D’autant que quelques jours plus tard, Eric, un autre résident de la maison de retraite, est sauvé de la mort in-extremis par Arty, un ancien bookmaker, résident lui aussi de la maison de retraire, qui soupçonne la toute nouvelle directrice de ne pas être aussi honnête que ça…

Rendez-vous avec le mal est le second tome des Détectives du Yorshire, et comme j’avais beaucoup aimé le premier opus, Rendez-vous avec le crime, j’ai été ravie de retrouver notre duo d’enquêteurs dans leur nouvelle aventure toute aussi réussie que la précédente.

Si vous aimez les un cosy misteries, cette série est faite pour vous car elle comporte tous les ingrédients nécessaires à ce genre, à savoir un cadre cosy, une bonne enquête, de l’humour et des personnages sympathiques, sans oublier un duo d’enquêteurs original et attachant.

Comme vous le savez, j’adore ces polars qui ont pour cadre la campagne anglaise et cette jolie couverture signée Emily Sutton donne le ton et surtout très envie de découvrir cette histoire signée Julia Chapman !

Si vous craignez que cette série soit du même acabit que la série Agatha Raisin que j’adore, il n’en est rien. Il y a certes la campagne anglaise et l’humour so britsh mais les ressemblances s’arrêtent là. Alors que les énigmes tricotées par M.C Beaton sont souvent farfelues et assez secondaires, Julia Chapman nous propose ici une vraie intrigue policière bien construite même si j’ai trouvé l’identité du coupable bien avant la fin, cela ne m’a pas gâché mon plaisir pour autant, d’autant que l’auteure a choisi cette fois-ci la période de Noël pour planter son intrigue, un petit plus pour moi.

J’aime beaucoup l’ambiance de ce petit village de fermiers où tout le monde se connaît et où aucun secret n’est bien gardé, Julia Chapman nous immerge sans problème au cœur du Yorkshire, avec sa campagne verdoyante, ses fermes et ses pubs.

J’ai également aimé les personnages : notre sympathique duo d’enquêteurs bien sûr mais aussi les résidents de la maison de retraite, des papys et des mamys pour la plupart pleins de charme.

Le style de Julia Chapman est agréable et fluide même si la mise en page ramassée n’est pas toujours très heureuse : difficile parfois de savoir quel personnage est le narrateur car l’auteure jongle entre Samson, Delilah et d’autres personnages en sautant simplement une ligne !

Vous l’aurez compris, j’ai passé un très bon moment avec Rendez-vous avec le mal et je ne peux que vous conseiller cette série si vous aimez les cosy misteries. Pour ma part, je serai ravie de retrouver notre duo d’enquêteurs du Yorshire dans leur nouvelle enquête à paraître en novembre.

Ma copinaute Claire qui m’a accompagné dans sa lecture a elle aussi aimé, vous pouvez retrouver son avis ici.

Un grand merci à Filipa et aux éditions Robert Laffont pour cette lecture so british !