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Anne-Gaëlle Huon a une passion pour les listes et une tendresse particulière pour les vieilles dames. Sa plume lumineuse et optimiste met en scène des personnages attachants empreints d’une vraie joie de vivre. Après le succès du Bonheur n’a pas de rides, elle nous invite en Provence avec Même les méchants rêvent d’amour. 

Rosa a quinze ans quand elle prend la route avec sa soeur Alma, un froid matin d’automne, avec une seule idée en tête : rejoindre le Pays basque pour devenir couseuse d’espadrilles et échapper à son destin.

Mais en chemin, un drame survient qui marquera son existence à tout jamais. Heureusement, quelques semaines après son arrivée à Mauléon, elle rencontre les Demoiselles, des femmes fantasques et mystérieuses vivant au milieu des livres, des jarretières et des coupes de champagne.

Qui sont-elles ? Quel secret cachent-elles ? Libres et incandescentes, accompagnées d’un majordome plus grand qu’une cathédrale, d’un chauffeur louche et d’un perroquet grivois, les Demoiselles n’auraient jamais dû croiser la route de Rosa. Pourtant, ces femmes vont changer sa vie.

Les demoiselles signent mes retrouvailles avec Anne-Gaëlle Huon dont j’avais apprécié Même les méchants rêvent d’amour mais pas du tout Le bonheur n’a pas de rides.

Vous connaissez mon intérêt pour les années 20, ce roman historique ne pouvait qu’atterrir dans ma PAL et il n’a pas eu le temps d’y rester puisque je l’ai lu quelques jours après l’avoir acheté.

Ce troisième roman de l’autrice d’origine basque fut une agréable parenthèse qui m’a accompagnée le temps d’un week-end. L’histoire, portée par l’écriture fluide et agréable d’Anne-Gaëlle Huon, m’a beaucoup plu. Elle fait la part belle aux femmes libres et indépendantes, à une époque où le rôle des femmes était dévolu au foyer.

Anne-Gaëlle Huon s’attache à dévoiler la condition féminine de cette époque encore corsetée où les femmes passaient du joug de leur père à celui de leur mari sans ciller.

Un temps où les violences faites aux femmes semblent bien normales et ordinaires que ce soit dans le mileu familial ou du travail. Un temps où les hommes sont tout-puissants, comme aujourd’hui hélas !

Une époque où la sexualité était affaire de mariage et où les filles-mères étaient montrées du doigt, souvent contrainte de quitter leur région voire d’abandonner leur enfant.

De tout ceci, il est question dans ce roman mais pas que ! L’autrice nous parle de deuil, d’amour, de relations entre soeurs, entre mères et filles, de sororité, de rivalité et de mode.

Ce roman nous permet aussi de découvrir l’existence des Hirondelles, ces jeunes filles espagnoles qui traversaient les Pyrénées pour aller coudre des espadrilles au pays basque six mois par an et qui leur permettait de s’offrir ensuite leur trousseau de mariage.

Au-delà de l’intrigue et des thématiques, le point fort de ce roman ce sont les personnages : Rosa, Colette, Bernadette, Marcel, Lupin, Melle Thérèse et Melle Véra sont attachants et plutôt hauts en couleurs, j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution de leurs vies.

Petit bémol pour moi : le côté historique n’est pas assez travaillé, on passe de 1923 à 1939 puis aux années 50 de façon trop précipitée et cela ne me semble pas crédible qu’une héroïne née en 1908 soit encore vivante en 2021 pour raconter son histoire.

En dépit de ce bémol qui peut décevoir les adeptes de l’Histoire comme moi, je vous conseille ce roman si vous êtes à la recherche d’une histoire pétillante et pleine d’émotion !

Pierre Pevel, né en 1968, est l’un des meilleurs écrivains de Fantasy français. Auteur de 7 romans, il a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2002 pour Les Ombres de Wielstadt. Avec une verve et un talent digne des plus grandes heures du feuilleton romanesque de cape et d’épée, il s’approprie avec bonheur les codes de deux genres littéraires dans ce roman d’aventure et de Fantasy épique.

1911, dans le Paris des Merveilles, un Paris qui n’est ni tout à fait le nôtre, ni tout à fait un autre. C’est en effet le Paris bien connu d’Arsène Lupin, de Fantômas et des Brigades du Tigre… mais où vivraient des fées, des enchanteurs, des gnomes et même quelques dragons, ce qui n’est pas sans conséquences.

Entre autres merveilles, la Tour Eiffel est en bois blanc, les Champs Élysées sont bordés d’arbres dont les feuilles rendent de la lumière dès la nuit tombée et une ligne de métro mène directement à Ambremer, capitale du Monde Féérique.

C’est dans ce décor que les Artilleuses font un retour fracassant en se livrant à l’une de leurs activités favorites : l’attaque de banque à main armée. Aventurières et hors-la-loi, ces artilleuses sont trois : l’anglaise Lady Remington, l’américaine Miss Winchester et la parisienne Mam’zelle Gatling.

N’hésitant jamais à faire parler la poudre, elles sont connues de toutes les polices d’Europe. Ce coup, cependant, pourrait bien être leur dernier. Car le vol d’une mystérieuse relique, la Sigillaire, leur vaut d’être pourchassées non seulement par les Brigades du Tigre, mais également par les redoutables services secrets du Kaiser, bien décidés à mettre la main sur l’artefact…

La fantaisy et le steampunk ne sont habituellement pas ma tasse de thé, exception faite de Pierre Pevel dont j’avais beaucoup aimé la trilogie le Paris des Merveilles.

L’univers créé par l’auteur mêlant bestiaire de la fantaisy comme les fées, les gnomes, les gargouilles, les licornes… et le Paris de la Belle Époque est très réussi et j’avais pris beaucoup de plaisir à suivre Griffont et Isabelle.

L’an dernier, j’avais adoré Le vol de la sigillaire, premier tome de cette trilogie portée par des héroïnes badasses, aussi lorsque j’ai vu Le portrait de l’antiquaire dans ma librairie, je suis repartie avec et l’ai lu dans la foulée, ravie de retourner dans ce Paris qui m’a tellement plu et je dois dire que cette bande dessinée a comblé mes attentes.

L’univers est bel et bien là, formidablement mis en images par Etienne Willem : l’atmosphère, les décors, personnages, costumes, véhicules… on en prend plein les yeux.

J’ai beaucoup aimé son style graphique qui sied merveilleusement bien à la Belle Epoque, à l’histoire et à l’univers créés par Pierre Pevel.

Les trois héroïnes, ces artilleuses braqueuses de banque (une magicienne, une humaine et une fée) sont badasses à souhait, sympathiques et sexy en diable, avec des personnalités propres, que l’on a plaisir à suivre de la première à la dernière page.

Les dialogues sont percutants, l’histoire est menée tambour battant avec des scènes de poursuites, de règlements de comptes très rythmées qui font que l’on tourne les pages avec avidité et que l’on arrive trop vite au point final. Heureusement, le troisième tome arrive en fin d’année car l’auteur nous laisse en plein cliffhanger !

C’est une formidablement bande dessinée tant par l’histoire que par l’ambiance, qui met les femmes à l’honneur, avec une pointe d’humour. Une série qui plaira aux amateurs et amatrices du Paris des merveilles, ça ne fait aucun doute, pour ma part j’ai beaucoup aimé !

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Jean-Luc Bannalec est le pseudonyme d’un écrivain allemand qui a trouvé sa seconde patrie dans le Finistère sud. Après Un été à Pont‑Aven (2014), il écrit la suite des aventures du commissaire Dupin dans Étrange printemps aux Glénan (2015), Les Marais sanglants de Guérande (2016) puis L’Inconnu de Port Bélon (2017) et Péril en mer d’Iroise (2018). Tous ses romans ont été publiés aux Presses de la Cité et repris chez Pocket. En 2019 paraît Les Disparus de Trégastel, chez le même éditeur.

Après cinq enquêtes palpitantes, Dupin part avec sa compagne Claire, dans les Côtes-d’Armor, entre Trégastel et Ploumanac’h. Histoire de profiter de la mer, de la beauté des lieux et de quelques jours de vacances… De tout repos ?

Trégastel… Brise légère, bleu lumineux du ciel allié au turquoise de la mer, au rose du sable. Et à ces fantastiques rochers de granit rose parsemant la côte qui ont donné à cette région des Côtes-d’Armor son nom poétique.

Un spectacle d’une beauté à couper le souffle pour un tête à tête en amoureux. Dupin et Claire son en vacances. Deux semaines entières. Le bonheur ?

Pour Dupin, l’enfer ! Rien ne le rend plus nerveux que ce repos obligé, pourtant fermement prescrit par sa compagne, Claire, inquiète de son hyperactivité.

Alors qu’il se promène dans le jardin de l’hôtel l’Ile Rose, Dupin apprend qu’on a volé une statue dans la chapelle Sainte-Anne. Bientôt, le commissaire est informé, de la bouche de l’hôtelier, de la mort suspecte d’une des résidentes de leur hôtel et qui avait disparue suite à une dispute mémorable avec son mari sous les yeux de Dupin et de Claire…

Il y a maintenant deux ans que Les disparus de Trégastel attendait dans ma pal et je suis bien en peine de vous dire pourquoi tant j’adore cette série policière qui a pour cadre la Bretagne, ma région.

Depuis Un été à Pont-Aven, je retrouve avec grand plaisir le commissaire Dupin, sa secrétaire Nolwenn et ses adjoints Le Ber et Labat qui enquêtent dans des lieux emblématiques de la Bretagne. Et à chaque fois, je prends beaucoup de plaisir à suivre les enquêtes de ce policier parisien exilé en Bretagne, accro à la caféine et à l’entrecôte frites.

Ce sixième volume ne fait pas exception à la règle avec une immersion à Trégastel dans les Côtes d’Armor pour le commissaire Dupin, qui, pour une fois, délaisse la Bretagne sud pour le nord.

L’auteur se documente très bien sur chaque coin de Bretagne qui sert de décor à l’enquête et cette fois-ci, il nous emmène sur tous les lieux emblématiques de la Côte de granite rose que sont le Sentier des Douaniers, Perros-Guirec, les Sept îles, la Vallée des Traouïero, l’Aquarium Marin de Trégastel et bien sûr, La Plage de Trégastel.

Cette série policière classique ne brille pas par un suspens de fou qui mettrait vos nerfs en pelote, mais l’éditeur allemand Jörg Bong qui a pris pour nom de plume Jean Luc Bannalec, se révèle être un formidable conteur de la Bretagne et il a l’art de nous tricoter des intrigues policières qui tiennent la route et rien que pour ça, elles valent la peine d’être lus.

Lire une enquête du commissaire Dupin, c’est avant tout lire la Bretagne, Bannalec n’a pas son pareil pour raconter la Bretagne et ses légendes ainsi que ses spécialités gastronomiques. Dupin est un épicurien et un fin gourmet dans l’âme, pour moi c’est à chaque fois un réel bonheur de mettre mes pas dans ceux de ce commissaire breton d’adoption (comme moi) et de respirer l’iode à pleins poumons au fil du récit.

Comme je le disais plus haut, c’est un polar classique, l’important est ailleurs, dans l’atmosphère, dans la galerie de personnages, dans les dialogues toujours savoureux avec une pointe d’humour bien dosée. On ne s’ennuie jamais avec Dupin et au contraire ses intrigues se révèlent plutôt passionnantes.

Au-delà de l’intrigue policière et des légendes bretonnes, Jean-Luc Bannalec met aussi sur la table des thématiques très actuelles comme les difficultés des agriculteurs, les magouilles financières ou politiques, la préservation de la faune et de la flore, l’identité bretonne, etc.

L’intrigue policière est comme toujours de qualité, elle se révèle efficace et prenante de bout en bout et je ne peux que vous conseiller cette série si vous aimez les policiers classiques et la Bretagne, précipitez-vous sur les enquêtes du commissaire Georges Dupin !

Merci à Marie-Jeanne et aux Presses de la Cité pour cette carte postale de la Bretagne tellement agréable, j’ai adoré une fois de plus.

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Auteur et illustratrice née à Chicago, Mira Bartók a déjà été récompensée pour son autobiographie The Memory Palace, best-seller du New York Times, qui raconte sa douloureuse enfance. Elle a déjà écrit de nombreux essais primés, ainsi que vingt-huit livres pour enfants.

Mademoiselle Furonkle est une femme méchante et acariâtre, affublée d’une perruque orange, qui dirige le Foyer pour Créatures Ingérables et Bâtardes. Cette institution accueille les créatures fraîchement orphelines et dont personne ne veut !

La directrice considère que ses jeunes pensionnaires doivent vivre dans la peur et n’existent que pour souffrir et la servir. Hybrides mi-animaux, mi-humains, ces pupilles travaillent comme des forçats à l’école autant qu’à l’usine et ont l’interdiction de se livrer à des activités d’enfants de leur âge, et surtout de chanter ou de faire de la musique. 

Notre héros, sorte de renard à une oreille et au cœur pur, qu’on appelle Numéro 13 (d’après le médaillon avec lequel on l’a trouvé) à défaut de véritable prénom, n’a jamais connu d’autre maison.

D’une timidité maladive, il prend pourtant la défense d’une jeune camarade oiseau sans ailes, Babiole, qui va lui faire deux dons en retour : un vrai prénom – Arthur – … et une amitié indéfectible…

Le wonderling traînait dans ma PAL depuis trois ans déjà, comme souvent les tomes 1 car j’ai une mémoire de poisson rouge et je préfère lire les trilogies d’un coup. Mais ne voyant pas les autres tomes pointer le bout de leur nez et trouvant cette couverture printanière, je me suis enfin décidée.

Cet épais roman d’apprentissage à destination des 9 / 12 ans, met en scène des êtres hybrides dans un univers steampunk. Notre jeune héros Arthur est harcelé par un trio emmené par un rat qui fait régner la terreur dans le foyer où les pensionnaires sont bien maltraités.

Les jeunes lecteurs apprécieront Arthur et ses amis Babiole, Pomme de pin et Peevil et leurs aventures qui connaissent moult péripéties. Par beaucoup d’aspects, il m’a fait penser à Oliver Twist de Charles Dickens car Arthur est maltraité, s’évade du foyer, s’allie à des voleurs, etc.

Mais l’univers de Mira Bartok est bien différent de l’auteur victorien et il est très chouette avec ses machines, ses inventions, ses décors. Il y a des méchants faits pour être détestés et des héros faits pour être aimés, c’est très manichéen comme souvent en littérature jeunesse mais ça ne m’a pas gêné.

Tout au long du récit, l’autrice aborde des thèmes importants tels que le harcèlement, la stigmatisation, le rejet des êtres différents, la maltraitance… et met en lumière de belles valeurs auxquelles j’ai été sensible comme l’amitié, l’entraide, la générosité, l’abnégation, etc.

Une lecture que je ne regrette pas d’avoir faite mais qui souffre pour moi d’un manque de rythme. La première partie traîne en longueurs et se révèle assez laborieuse, faut s’accrocher, heureusement ensuite, l’intrigue accélère et devient plus intéressante.

Attention toutefois, les jeunes lecteurs les plus sensibles doivent être accompagnés car nos héros croulent sous les avanies, les punitions et les mauvais traitements dans la première partie et cela pourrait sans doute les heurter.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont et à la collection R jeunesse pour cette découverte !

Passé maître dans l’art du dialogue et de la mise en scène, Alain Ayroles aime revenir à la source des grands récits pour se les réapproprier. C’est ainsi qu’il revisite l’univers des Vikings, celui des vampires ou le roman picaresque. Étienne Jung est illustrateur pour la presse, l’édition jeunesse, scolaire et religieuse.

1873, tandis que les empires terrestres s’affrontent pour la maitrise du système solaire, l’actrice Hélène Martin embarque pour Vénus à la recherche de son fiancé Aurélien, prisonnier des bagnes de Napoléon III.

Poète déporté par l’empereur que ses écrits déplaisent, Aurélien d’Hormont s’évade du bagne de Nouvelle Cythère pour retrouver son Hélène bien aimée.

Lorsqu’Hélène et les passagers de l’aéronef Excelsior débarquent à la capitale de Vénus, Eugenia, ils découvrent que la planète ressemble à la terre mais qu’elle est restée figée à la Préhistoire.

Vénus est peuplée de dinosaures, de reptiles marins et volants qu’il ne faut pas trop aller titiller…

Les chimères de Vénus est le premier tome d’une nouvelle trilogie avec aux manettes Alain Ayroles pour le scénario et Etienne Jung pour les dessins. Cette bande dessinée nous plonge dans l’univers du Château des étoiles d’Alex Alice, et avec elle, la conquête de l’espace continue.

Dans cette série parallèle, ce n’est plus sur Mars où vont nos héros portés par l’éther mais sur Vénus. L’univers est steampunk comme la série d’origine mais nul besoin d’avoir lu les cinq tomes déjà parus pour embarquer dans cette histoire.

Pour bâtir son scénario, Alain Ayroles s’est inspiré des grands récits de voyages fantastiques à l’image de Jules Verne, Arthur Conan Doyle, H.G Wells… et franchement c’est une très bonne idée !

Vous avez du le remarquer, je ne suis pas une lectrice de SF, contrairement à mes ados qui adorent et qui ont plébiscité les tomes du Château des étoiles, mais ici j’ai beaucoup aimé car je suis friande de littérature du XIXè siècle et j’ai retrouvé la gouaille des milieux populaires, mais aussi ces bourgeois et ces aristocrates pleutres et pédants qui peuplent les romans de cette époque.

Les personnages particulièrement pittoresques et bien croqués d’Hélène, jeune femme déterminée terriblement badass, de Prudence sa fidèle femme de chambre, de l’infâme Duc de Chouvigny, affairiste typique du Second Empire, du bagnard Aurélien, dont les âpres conditions de vie vénusiennes n’entament en rien son âme de poète, de Bartholomée François et Juste Romain qui contribuent financièrement à la conquête spatiale ne sont pas pour rien dans la réussite de l’histoire…

Ajoutons un décor steampunk avec d’immenses machines, une ambiance Second Empire et de redoutables dinosaures et l’on obtient un premier tome enthousiasmant et très réussi !

Les planches d’Etienne Jung sont aussi une véritable valeur ajoutée, j’adore son coup de crayon, les couleurs qu’il utilise, le dynamisme qu’il met dans ses dessins numériques et ses décors sont véritablement sublimes.

En bref, un premier tome dépaysant et très prometteur qui me donne très envie de découvrir la suite des aventures de nos héros sur Vénus, décidément pas la planète de l’amour.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture qui a enchanté toute la famille !

Nous sommes déjà le 3 mai, il est donc plus temps pour moi de revenir sur mes quatre dernières semaines de lecture. Des romans policiers, historiques ou contemporains, de la jeunesse et des graphiques ont jalonné le mois d’avril avec de de belles lectures à la clé !

Côté chiffres, j’ai lu vingt-et-un titres dont 7 pavés et 2 albums pour les tout petits : 13 services de presse, 1 emprunt et 7 achats.

La plupart de ces lectures a déjà fait l’objet d’une chronique, les autres le seront dans les prochains jours. Comme d’habitude, j’ai pioché allègrement dans ma pal d’avril, preuve que concocter ces petites piles à lire me convient bien.

On commence par les romans policiers et tout d’abord Erectus L’armée de Darwin, un thriller scientifique addictif et un sujet très intéressant qui questionne beaucoup. J’ai retrouvé avec bonheur Rose et Léonard dans La reine se confine de Frédéric Lenormand, dernier volet de la série Au service de Marie-Antoinette. Un régal de lecture comme toujours. Et j’ai retrouvé grand plaisir le commissaire Dupin dans Les disparus de Trégastel de Jean-Luc Bannalec.

On passe aux romans historiques avec La vraie vie de Gustave Eiffel de Christine Kerdellant, une biographie romancée très bien documentée et passionnante. Direction les Etats-Unis et la ségrégation raciale pour toile de fond : Les chemins de la liberté de Lisa Wingate. J’ai retrouvé Karine Lebert et la seconde guerre mondiale avec Pour l’honneur des Rochambelles, un récit très bien documenté sur cette unité d’infirmières et ambulancières dans le sillage de Leclerc. Un classique et la découverte de la plume de Joseph Kessel avec Première guerre mondiale qui s’inspire du quotidien de Kessel lors du premier conflit mondial. Seconde guerre mondiale maintenant pour le troisième tome des Enfants du désastre de Pierre Lemaître inaugurée par Au revoir là-haut et poursuivie avec Couleurs de l’incendie : Miroir de nos peines. Un très bon roman même si il ne m’a pas autant passionné que les autres.

On continue avec des titres plus contemporains et Les mots qu’on ne me dit pas de Véronique Poulain qui nous raconte avec beaucoup d’humour son enfance auprès de ses parents sourds-muets. Un coup de coeur pour poursuivre avec le dernier-né de Lorraine Fouchet : Face à la mer immense, un roman iodé que je vous conseille absolument. On poursuit avec un roman qui fait beaucoup parler de lui à juste titre et qu’il faut lire : Les enfants sont rois de Delphine de Vigan. L’autrice nous questionne brillamment sur notre rapport à l’image et aux réseaux sociaux. Dans un registre plus léger : Le premier amour est-il éternel ? de Geneviève Senger, un contemporain aux thèmes actuels. Et direction le Japon avec Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa qui m’a beaucoup émue.

De la jeunesse maintenant avec Le wonderling de Mira Bartok qui croupissait dans ma PAL depuis trois ans déjà. Un roman d’apprentissage avec des touches de steampunk qui ne manque pas d’intérêt même si je l’ai trouvé un peu trop long. Et Toffee et moi de Sarah Crossan, ma dernière lecture d’avril et une déception pour ce roman en vers libres que j’ai trouvé plombant.

Quelques graphiques pour conclure et un gros coup de coeur pour Le jardin, Paris de Gaëlle Geniller que j’ai absolu adoré, tant l’histoire que les personnages et le coup de crayon. Chaplin est de retour sur le blog avec Prince d’Hollywood, le second tome de Laurent Seksik et David François qui explorent avec brio la vie du génie du cinéma. Bonne pioche aussi que Les chimères de Vénus d’Alain Ayroles au scénario et Etienne Jung pour les planches.

Pour les plus jeunes : Le plus petit yack de Kate Hindley et Lu Fraser, un album avec de jolis messages. J’ai adoré retrouver ma chère Astrid Bromure dans sa nouvelle aventure toujours signée Fabrice Parme, Comment fricasser le lapin charmeur. Vous le savez j’adore cette série pétillante et je vous la conseille encore une fois. On poursuit avec Zhinü de Pog et Stéphanie Léon qui permet aux petits de dédramatiser la peur du noir et des cauchemars.

On se retrouve en ce premier mai pour vous dévoiler ma pile à lire mensuelle, un rendez-vous que vous affectionnez particulièrement et j’en suis ravie.

Au menu des prochaines semaines, dix titres comme toujours très variés, provenant de mes achats et de mes réceptions de ces derniers mois. Une pal resserrée et éclectique qui me permettra, je l’espère, de faire de belles découvertes.

Romans historiques :
– Ces ombres sur le fleuve de Nathalie de Broc (SP)
– La vie qu’on m’a choisie d’Ellen Mary Wiseman (SP)
– Les voleurs de curiosités de Jess Kidd
– Les demoiselles de Anne-Gaëlle Huon

Romans policiers :
– Enquête étrusque au Louvre de Carole Declercq
– Le labyrinthe des femmes de Coline Gatel (SP)
– La part du démon de Mathieu Lecerf (SP)

Romans contemporains :
– Célestine du bac de Tatiana de Rosnay (SP)

Romans graphiques, BD :
– Idiss de Richard Malka et Fred Bernard (SP)
– Alicia prima ballerina absoluta d’Eileen Hofer et Mayalen Goust (SP)

En avez-vous lu certains ? Lesquels vous tentent ?

Né à Tokyo en 1962, Durian Sukegawa est poète, écrivain et clown, diplômé de philosophie et de l’École de pâtisserie du Japon. Après une carrière de scénariste, il fonde en 1990 la Société des poètes qui hurlent, dont les performances alliant lecture de poèmes et musique punk défraient la chronique. De 1995 à 2000, il anime sur les ondes d’une radio nationale une émission nocturne plébiscitée par les collégiens et les lycéens. Il est l’auteur de nombreux romans et essais.

« Écouter la voix des haricots »  : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises.

Sentaro est un cuisinier désabusé qui tient une boutique de dorayaki qu’il prépare machinalement, sans imagination particulière. Un jour, alors qu’il recherche une aide pour sa boutique, une très vieille dame, Tokue, se propose pour l’emploi mais Sentaro la refuse car il la trouve trop âgée.

Sentarô, accepte malgré tout d’embaucher Tokue dans son échoppe, en dépit de son âge et de ses doigts déformés. Le succès arrive et Sentarô voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière.

Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Le Japon est un pays qui me fascine et que je rêve d’aller visiter mais mes incursisions dans sa littérature doivent se compter sur les doigts d’une main. C’est pour cette raison que Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa a rejoint ma PAL pour en sortir quasi-immédiatement.

Et comme j’ai bien fait car j’ai beaucoup aimé cette histoire que j’ai trouvé terriblement belle et émouvante. A travers cette rencontre entre Sentarô le désabusé et Tokue l’optimiste, Durian Sukegawa nous raconte une autre histoire, que je ne connaissais pas du tout.

Ce roman nous relate en effet la tragédie subie par des milliers de personnes au Japon, atteintes de la maladie de Hansen, qui même une fois réhabilitées, ne peuvent pourtant que difficilement exister dans la société.

L’histoire est assez triste sans jamais être plombante. Tokue est une femme très attachante et la tragédie qu’elle a vécue est réellement bouleversante. Malgré tout ce qu’elle a traversé, elle est généreuse, lumineuse et pleine d’optimiste, une belle leçon de vie qui va inspirer Sentarô et le sortir de sa dépression et de son alcoolisme.

Deux personnages attachants, au passé riche et lourd qu’on a plaisir à suivre de la première à la dernière page. Une grand-mère comme on aimerait tous en avoir, qui a tant à nous apprendre. Les générations se rencontrent et se lient d’une amitié profonde.

La plume de Durian Sukegawa est très jolie, le récit se lit très bien et permet de voyager jusqu’au Japon et ses cerisiers en fleurs depuis son canapé à défaut de pouvoir réellement y aller. Je vous le conseille !

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Née en Normandie, Karine Lebert a notamment publié aux Presses de la Cité Les Demoiselles de Beaune (2017), Les Amants de l’été 44 (2018), sa suite, indépendante, Pour l’amour de Lauren (2019) et Les Murmures du lac (2020).

De nos jours, à Trouville, lors d’une remise de médaille pour saluer son action héroïque durant la Libération, Alma est victime d’un malaise. Elle a ces mots : « Pardonne-moi, Lucie… » car elle porte en elle un secret qui a hanté longtemps son existence hors du commun.

En 1944, Alma s’est enrôlée parmi les Rochambelles, ces infirmières et ambulancières de la 2e DB. Elle était au plus près des soldats, de l’Angleterre aux plages du Débarquement, de Paris à l’Allemagne, conciliant son engagement et sa vie de femme.

Au sein d’une famille désunie, sa petite-fille, Marion, va chercher à remonter le fil du temps et le passé d’Alma, en interrogeant des témoins de l’époque. Afin de savoir qui est Lucie. Et de découvrir le secret coupable d’Alma…

Quel plaisir de retrouver la plume de Karine Lebert à l’occasion de son tout nouveau roman : Pour l’honneur des Rochambelles. Vous le savez si vous me suivez depuis un petit moment, j’avais adoré sa duologie Les amants de l’été 44 et Pour l’amour de Lauren qui avaient pour cadre la seconde guerre mondiale.

Si, comme moi, vous aimez les romans sur deux temporalités, les secrets de famille, les destins de femmes et que vous aimez retrouver la guerre 39/45 dans vos lectures, je ne peux que vous conseiller ces trois romans, vous allez à coup sûr les apprécier.

Karine Lebert connaît manifestement très bien cette époque de notre histoire qu’elle prend pour toile de fond de ses romans. La romancière alterne la narration entre le présent et le passé, entre Marion et Alma, en donnant tour à tour la parole à ses deux héroïnes et aborde un sujet assez méconnu de la seconde guerre mondiale : les Rochambelles.

Je ne connaissais pas avant d’entamer cette lecture l’existence des Rochambelles, nom donné aux conductrices ambulancières de l’unité Rochambeau, qui faisait partie de la 2ᵉ division blindée du général Philippe Leclerc pendant la Seconde Guerre mondiale et j’ai beaucoup aimé découvrir le quotidien de ces femmes courageuses de l’Afrique du Nord à l’Angleterre, de la France à l’Allemagne, c’était réellement passionnant.

Si le récit au passé est intéressant, celui au présent, une fois n’est pas coutume, l’est tout autant. L’enquête de Marion pour remonter le fil de l’histoire de sa grand-mère, même si cela est un peu trop facile pour être tout à fait crédible, se révèle très addictive, avec des thématiques fortes comme les filles-mères et le sort réservé à leurs bébés, la santé mentale et les conditions de vie dans les asiles psychiatriques pendant la guerre et les deux décennies qui suivent.

Certaines scènes sont réellement bouleversantes et émouvantes tant l’autrice arrive à nous plonger dans cette histoire. C’est un roman est très complet : bien documenté d’un point de vue historique, instructif, avec du suspense, des rebondissements, de lourds secrets.

Karine Lebert fait aussi un clin d’oeil à Gemma, l’une des héroïnes de Pour l’amour de Lauren, et nous balade dans des villes normandes chères à mon coeur que sont Deauville, Trouville et Honfleur. Un voyage immobile bienvenu en plein confinement.

Passionnant de bout en bout, le dernier opus de Karine Lebert est une belle ode aux femmes, ne le manquez pas !

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette très belle lecture.

Issu d’études en arts appliqués, Pog en garde le goût des concepts. Il aime développer des projets avec des binômes issus des quatre coins d’Internet. Venu à l’écriture par le biais de chansons, il se consacre aujourd’hui aux albums jeunesse et aux bandes dessinées pour petits et grands.

Après un bac littéraire, Stéphanie Léon part s’ennuyer sur les bancs de la fac qu’elle quitte pour aller passer un CAP d’ébénisterie. C’est en restaurant des portes d’églises et des plafonds moulurés qu’elle développe un goût immodéré pour l’univers fantaisiste de la Renaissance et les éclairages tamisés qui peuplent aujourd’hui ses dessins.

Pour notre petite héroïne, le coucher est le pire moment de la journée. Heureusement, elle a des complices pour rendre la nuit et le noir moins effrayants.

Zhinu veille. Zhinu, c’est une lumière qui brille au milieu de la nuit. Il y a également Puck, une peluche cousue de fil d’or et d’argent qui fait figure de garde du corps.

Comme chaque nuit, Zhinu et Puck combattent les créatures tapies sous le lit. Mais ce soir, la bataille sera plus grande. Adieu monstres et croquemitaines !

Si votre enfant craint le moment du coucher, si il a peur du noir, si il vous demande chaque soir de vérifier les placards et le dessous de son lit pour lui prouver qu’il n’y a pas de monstre tapi dans l’ombre, je ne peux que vous conseiller Zhinü.

Cette création signée Little Urban entièrement réalisée en clair/obscur, va illuminer les rêves de tous les enfants, et je l’espère, les aider à combattre leur peur du noir. Car si notre héroïne craint l’obscurité et les monstres, à la fin de cette histoire, ce ne sera plus le cas, cette nuit est la dernière où elle a peur.

Zhinü est un album pour les 3 / 5 ans absolument magnifique : le papier est glacé, le texte et les illustrations merveilleux, les personnages sont absolument chous, avec leurs bouilles toutes en rondeurs.

Malgré la noirceur de la nuit, les personnages sont éblouissants, tels des feux follets dansant dans l’obscurité. L’histoire est onirique, magique et les couleurs oscillant entre le blanc, le rose et le mauve, renforcent le côté féerique de l’album et contrastent avec les teintes sombres.

Notre jeune héroïne s’appuie sur son doudou et sa veilleuse, objets transitionnels qui la rassurent, pour terrasser sa peur et cela parlera à coup sûr aux petits lecteurs qui pourront s’identifier à cette petite fille. Quant aux enfants un peu plus grands, ils reconnaitront l’évocation du roi Arthur et de son épée magique Excalibur.

Cet album est un petit bijou d’illustrations et d’aventures pour apprendre à aimer la nuit. Chaque enfant a besoin de son Zhinü, la meilleure veilleuse qui soit. Magique, même pour ceux qui ne craignent pas la nuit.

Un texte riche et des illustrations sublimes font de cet album, une parenthèse enchantée que je vous conseille absolument.

Un grand merci aux éditions Little Urban pour cette très belle lecture et ce coup de coeur collégial.