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Erectus – Xavier Müller

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Xavier Müller a 44 ans. Journaliste et écrivain, il est docteur ès Sciences. Erectus est son premier roman.

Province de Mpumalanga, Afrique du Sud, le 13 juin. Petrus-Jacobus Willems s’apprête à faire sa ronde avec sa chienne lorsque le laboratoire dans lequel il travaille, se vide de ses occupants dans une panique générale.

Voulant se faire un peu d’argent, il décide de voler l’un des singes sur lesquels les scientifiques font des expériences et se fait mordre. A quelques kilomètres de là, dans une réserve naturelle, des espèces disparues depuis des milliers d’années apparaissent comme par magie.

Quelques jours plus tard, un homme s’est métamorphosé : il arbore des mâchoires proéminentes, est couvert de poils, ne parle plus. Et semble totalement amorphe. Stephen Gordon de l’OMS dépêche son adjoint sur place, Lucas Carvalho, pour qu’il enquête sur le virus à l’origine des mutations : le Kruger.

Anna Meunier, une paléontologue décriée pour ses positions sur les mutations des espèces, est appelée à la rescousse alors qu’à New York, Paris, Genève, des Homo Erectus apparaissent en meutes, déboussolés, imprévisibles, semant la panique dans la population.

Que se cache-t-il derrière cette terrifiante épidémie ? Anna, Lucas et Gordon, se lancent dans une course contre la montre pour comprendre et freiner cette régression de l’humanité.

Erectus me faisait de l’œil depuis sa parution il y a près d’un an déjà, il n’a donc pas eu le temps de croupir dans ma PAL tant j’étais pressée de lire ce thriller scientifique et j’ai eu le plaisir de le découvrir avec ma copinaute Belette qui l’a, comme moi, beaucoup apprécié, vous pouvez retrouver son avis ici.

Véritable page turner, ce roman d’anticipation s’est révélé passionnant et très prenant, angoissant aussi bien sûr car tout les évènements décrits par l’auteur sonnent terriblement vrais grâce aux connaissances scientifiques de Xavier Müller.

Le point de départ de ce roman c’est la cupidité d’un grand laboratoire qui va engendrer une catastrophe écologique sans précédent et la plus grande pandémie que la terre ait jamais connu.

Xavier Müller nous plonge alors en plein cauchemar car toute vie sur terre peut muter : les hommes, les animaux mais aussi les végétaux. Les espèces passées et présentes peuvent-elles cohabiter sans risques ?

La terre s’apprête donc à devoir gérer des famines mais aussi composer avec nos lointains ancêtres. L’auteur nous interroge alors sur la place des homos erectus : sont-ils encore des hommes ? Faut-il les considérer comme des ancêtres à protéger ? Ou sont-ils seulement des bêtes sauvages à éliminer à tous prix sous peine de voir l’espèce humaine telle que nous la connaissons aujourd’hui, disparaître ?

Au-delà des hommes, il y a aussi des questions politiques et écologiques qui agitent chaque pays et continent. C’est très bien amené, très réaliste et crédible. Les chapitres sont courts et bien rythmés et franchement dès les premières pages, j’ai été ferrée au point d’avoir du mal à le lâcher.

L’angoisse monte crescendo, l’histoire, très originale, tient en haleine jusqu’au point final et le dénouement qui remet tout en question surprend.

Une très bonne lecture en ce qui me concerne qui me réconcilie avec le thriller car mes dernières lectures en la matière se sont révélées très décevantes. Un roman que je vous conseille vivement !

Simple – Marie-Aude Murail

Qui n’a pas entendu parler de Nils Hazard, l’étruscologue-détective? Ou d’Emilien, héros du quotidien dont on sait à peu près tout depuis «  »Baby-Sitter Blues » »? Ainsi, Marie-Aude Murail explore différentes veines, qu’elles soient politiques, réalistes ou fantastiques, avec pour devise : ne jamais se répéter, ne jamais être là où on l’attend. Elle nous a étonnés avec un roman qui a enthousiasmé adolescents et adultes et remporté plusieurs prix : «  »Oh, boy! » », publié en 2000, inclassable et déjà classique.

Simple dit « oh, oh, vilain mot » quand Kléber, son frère, jure et peste. Il dit « j aime personne, ici » quand il n’aime personne, ici. Il sait compter à toute vitesse : 7, 9, 12, B, mille, cent. Il joue avec des Playmobil, et les beaud hommes cachés dans les téphélones, les réveils et les feux rouges.

Barnabé, surnommé Simple par son frère, a 22 ans mais trois ans d’âge mental. Son petit frère Kléber, lui, a 17 ans, il est en terminale, il est très très courageux et très très fatigué de s’occuper de Simple car depuis la mort de leur mère et la défection de leur géniteur, Kléber a son frère à charge et c’est loin d’être simple. Il pourrait bien entendu le mettre à Malicroix, comme son père le souhaite, mais le jeune homme ne veut pas faire enfermer son aîné.

Simple a un autre ami que son frère : c’est Monsieur Pinpin, son lapin en peluche qui ne le quitte pas d’une semelle. Monsieur Pinpin est son allié, à la vie, à la mort. Il va tuer Malicroix, l’institution pour débiles où le père de Simple a voulu l’enfermer, où Simple a failli mourir de chagrin. Monsieur Pinpin, dans ces cas-là, il pète la gueule.

Rien n’est simple, non, rien n’est simple dans la vie de Simple et Kléber. Mais le jour où Kléber a l’idée d’habiter en colocation avec des étudiants, trois garçons et une fille, pour sauver Simple de Malicroix, alors là, tout devient très compliqué…

Simple signe mes retrouvailles avec Marie-Aude Murail en attendant la saison 5 de Sauveur et fils que j’attends avec grande impatience !

Et comme à chaque fois avec cette romancière de grand talent, j’ai adoré cette histoire qui m’a remué, fait rire et pleurer à chaudes larmes. En même temps comment ne pas aimer la plume de Marie-Aude Murail et l’histoire qu’elle nous propose ici, c’est tout simplement impossible !!

Comment ne pas s’attacher à Kléber et à Simple, deux frères qui veulent seulement vivre ensemble, contre l’avis de leur père qui ne fait que passer dans leur vie, trop occupé à roucouler avec sa nouvelle femme, et contre l’avis des services sociaux qui souhaitent pour Kléber une vie sans contrainte et des soins pour Simple.

La relation entre les deux frères est au cœur de ce roman pour adolescents. On les voit dans leur quotidien : Simple tout occupé à jouer aux Playmobil ou avec monsieur Pinpin et Kléber qui se démène pour que son frère ait la meilleure existence possible tout en suivant ses études.

Zahra, Enzo, Corentin et Aria, les personnages secondaires, sont tout aussi touchants, chacun avec son histoire, chacun avec ses doutes et ses espoirs. J’ai beaucoup aimé Enzo, l’apprenti romancier, qui sans l’air de rien mène son petit bout de chemin au contact de Simple, qui va beaucoup s’attacher à lui et pallier aux absences de Kléber. Tout comme leur vieux voisin, Georges Villedieu, plein de bons conseils pour Enzo et d’attention pour Simple.

Marie-Aude Murail, vous l’aurez compris, aborde avec ce roman un thème fort, celui du handicap mental avec Barnabé, déficient mental, idiot comme il se définit lui-même, et physique avec Amira, sourde et muette qui vont devenir très amis sous l’œil bienveillant des parents Larbi.

L’occasion aussi pour la romancière d’aborder la tolérance et le regard des autres, autant de thèmes difficiles et importants qui doivent être abordés avec les enfants et les adolescents.

Simple fait peu à peu la conquête de tous les colocataires qui craignaient tous de ne pouvoir vivre avec un handicapé et qui vont finalement tous s’attacher à lui et aider Kléber de leur mieux.

J’ai également beaucoup aimé la façon décalée que choisit Marie-Aude Murail pour nous faire ressentir les sentiments de Kléber pour son frère : amour, tendresse, exaspération, amusement, ras-le-bol, découragement, fierté…

Une réussite pour moi et un roman à découvrir absolument comme tous les romans de Marie-Aude Murail !

Ces contes sont extraits des Oeuvres I de la bibliothèque de la Pléiade.

Dans les jardins enchantés d’Andersen, les fleurs et les animaux parlent aux enfants, fées, elfes et lutins essaient de vivre en harmonie. Mais derrière l’aimable façade du conte de fées se dissimule souvent une satire mordante de la société et de ses travers. Dix histoires pleines de poésie et de fantaisie pour redécouvrir l’univers merveilleux des contes de notre enfance avec un regard d’adulte.

Vous le savez si vous me suivez depuis longtemps, j’aime beaucoup les contes de fées, et spécialement ceux des 17 et 18è siècles, et tout particulièrement les contes de Madame d’Aulnoy que je trouve tout simplement merveilleux, je vous invite à les découvrir si vous ne les connaissez pas.

Mais depuis quelques temps, je sors de ma zone de confort pour découvrir ceux du 19è siècle écrits par les frères Grimm et Hans Christian Andersen.

Cet été, j’ai donc extrait de ma PAL L’elfe de la rose et autres contes du jardin de l’auteur danois qui sont rassemblés dans ce recueil. En tout, dix contes qui ont une thématique en commun : les fleurs.

C’est une thématique que j’aime beaucoup, j’étais donc plutôt emballée en commençant ce recueil et je dois dire qu’en écrivant cet avis, une quinzaine de jours après l’avoir lu, qu’il ne me reste quasiment rien en mémoire de cette lecture.

Je me souviens que j’ai beaucoup aimé L’elfe de la rose qui donne son titre au récit, à mon sens le meilleur du lot, Le perce-neige et Le jardinier et ses maîtres. Pour le reste, rien de bien marquant. Il est bien entendu question de fées, d’elfes, de jardins et de fleurs qui dansent et parlent.

Mais aussi en filigrane, Andersen fait une description sans concession de la nature humaine et de ses faiblesses : méchanceté, cruauté, jalousie et bêtise notamment. Les points forts de ce recueil sont le retour aux sources des contes de fées, les contes français des 17 et 18è siècle ont en effet souvent pour décor des jardins et pour personnages des animaux, des fées et des fleurs.

J’ai apprécié aussi les descriptions détaillées et le double niveau de lecture enfant / adulte. J’ai moins goûté en revanche les nombreuses références à la religion dues à l’époque où ces contes ont été écrits !

Si cette lecture fut plaisante, je continue à préférer mes conteuses des 17 et 18è siècles mais je continuerai néanmoins à découvrir l’œuvre de ce conteur danois.

Après la publication du très remarqué L’Embaumeur, lauréat de deux prix, Isabelle Duquesnoy revient avec un nouveau roman érudit et jubilatoire. Fascinée par la figure de Constanze Mozart, elle y a travaillé vingt ans.

5 décembre 1791, Wolfgang Mozart meurt. Accablée de tristesse mais surtout de dettes, Constanze Mozart reste avec ses deux fils mais ne se laisse pas abattre pour autant et décide de travailler à la postérité de l’œuvre de l’artiste.

Elle se révèle alors une femme de poigne et, dans cette quête de reconnaissance et d’argent, rien ne semble l’arrêter. Pour rembourser les créanciers, Constanze va vendre, à la hâte, les compositions de Mozart et réquisitionne un des anciens élèves de feu son époux pour terminer le Requiem inachevé, empochant au passage l’argent de la commande.

Elle rebaptise son plus jeune fils Wolfgang Amadeus II et le force à monter sur scène. L’enfant n’est pas aussi doué que son père, mais qu’importe ! Il se ridiculise, vit mal l’entêtement de sa mère.

Enfin, pour s’assurer une situation, elle se remarie avec un diplomate danois qui ne partage jamais son lit et risque la peine de mort pour ses mœurs sexuelles. Elle vécut ainsi toutes ces années après la mort du compositeur, pendant lesquels elle inventa le système de propriété intellectuelle, créa un festival dédié à Mozart, érigea des monuments et remit la musique de son défunt mari au goût du jour.

Isabelle Duquesnoy nous propose avec La redoutable veuve Mozart un formidable roman historique qui nous dresse le portrait de Constanze Mozart du jour où le compositeur autrichien succombe à la fièvre jusqu’au seuil de sa propre mort.

Je ne connaissais Constanze Mozart qu’à travers le film de Milos Forman, Amadeus. Autant dire que je ne savais rien et j’ai découvert sous la plume de la romancière, une femme d’une très grande modernité, bien éloignée du personnage frivole du film.

Frivole, elle l’était un peu, elle le confesse volontiers car elle adorait la mode et les colifichets français, elle était dépensière également mais elle s’est surtout révélée une remarquable femme d’affaires, d’une grande intelligence, qui s’est démenée tout au long des cinquante et un ans pendant lesquels elle a survécu à son époux, pour faire vivre son œuvre, pour qu’il continue à être joué, loué à Vienne et à Salzbourg.

L’ouvrage est un long monologue de Constanze, veuve de Mozart adressé à son fils ainé Carl, en aucun cas une biographie du génie qu’était son mari. Le rythme est donc assez lent, il y a beaucoup d’introspection et peu de dialogues mais cela ne m’a gênée.

Très bien documenté et immersif, ce roman s’attache à nous dévoiler la femme qu’était Constanze, une femme pas réellement attachante, dure et distante avec ses fils, l’époque est très différente d’aujourd’hui, et il était difficile pour une femme d’élever seule ses enfants, tant la peur d’en faire des invertis était grande.

Si Constanze a beaucoup d’amour pour son mari tout au long de son existence, elle ne porte pas dans son cœur les compositeurs, notamment Salieri et Beethoven et affichera une grande animosité envers sa belle-sœur Nannerl jusqu’au décès de celle-ci.

Très bien écrit, cette histoire romancée mais où tout est vrai, se révèle passionnante de bout en bout. J’y ai découvert une femme forte et intransigeante, moderne mais surtout une femme terriblement amoureuse, inconsolable par la perte de son mari et qui va remuer ciel et terre pour que son homme ne sombre pas dans l’oubli. Un destin extraordinaire et romanesque d’une femme d’une grande modernité pour son époque qu’Isabelle Duquesnoy a mis vingt ans à écrire.

Pour conclure, un roman érudit que je vous conseille vivement, que vous aimiez Mozart ou non, la plume d’Isabelle Duquesnoy vaut à elle seule le détour !

Un grand merci aux éditions La Martinière pour cette très belle lecture, j’ai adoré.

Tsuiska est l’assistante d’un vétérinaire pas comme les autres puisque ce dernier soigne des créatures fantastiques. Fille d’une magicienne, elle est triste que la science ait remplacé la magie pour exercer ce métier. Après le travail, elle se rend en secret dans la forêt où elle a découvert un animal magique qu’elle pense être la seule à voir. Il est gravement blessé et malgré les soins prodigués par la jeune fille, son état empire. Le docteur remarque que son apprentie est distraite et il la suit un soir pour savoir pourquoi. Il découvre alors l’animal qu’il peut voir lui aussi, et après avoir réprimandé Tsuiska, il décide de soigner la bête en employant la magie puisque la science semble impuissante. Il laisse son assistante préparer un médicament selon les recettes et les incantations que cette dernière a appris de sa mère et ce procédé fonctionne. L’apprentissage de Tsuiska pour maitriser la magie ne fait que commencer !

La science a remplacé la magie dans le cœur des hommes. Elle est sur le point de faire basculer le monde dans une nouvelle ère, entraînant les créatures fantastiques dans l’oubli.

Descendante d’une lignée de mages, la jeune Ziska est apprentie vétérinaire. Avec son maître Nico, elle cherche à soigner et préserver les bêtes mythiques menacées d’extinction.

En poursuivant un voleur, Ziska tombe nez à nez avec un fantôme. Peu après, elle fait la connaissance d’un homme mystérieux qui, après l’avoir aidé à retrouver un chat fugueur lui adresse une requête pour le moins étrange…

Après les tome 1 et tome 2 que j’avais beaucoup aimé, j’étais ravie de retrouver Ziska, Nico et leurs Créatures fantastiques dans la suite de leurs aventures et ce nouvel opus ne fait pas exception à la règle, je ressors enchantée par ma lecture, déjà pressée de lire le tome 4, pas encore paru hélas.

Dans ce troisième volet, on suit toujours Ziska, une apprentie vétérinaire, douée de pouvoirs magiques dans un monde où la magie ne fait plus recette. J’aime beaucoup cette petite fille particulièrement attachante, à la fois naïve et généreuse mais aussi très tenace.

Aux côtés de son maître Nico, elle vient en aide aux créatures fantastiques malades ou en détresse telles qu’un chat ailé ou une gargouille pour ce troisième tome.

J’aime l’univers merveilleux à la fois magique et fantaisy que nous propose le scénariste et dessinateur de ce manga, Kaziya. Ses dessins sont fins et agréables à regarder et les pages se tournent franchement toutes seules.

Découpée en six parties, l’histoire fait la part belle aux créatures dans la première moitié du volume mais un nouveau personnage très étrange fait son arrivée, bouleversant le quotidien de notre apprentie détective.

Contrairement aux deux précédents volets qui s’attardaient davantage sur des animaux, ici l’intrigue principale liée à Ziska est plus développée et se révèle mystérieuse et prenante.

La future vétérinaire vient en aide à deux animaux alors qu’auparavant c’était autour de 5 à 6 créatures mais l’auteur s’attarde davantage sur son héroïne et le nouveau personnage, Monsieur Jean. L’intrigue gagne en épaisseur, prend une tonalité plus sombre, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Au-delà du fantastique et de la magie, ce qui me plait beaucoup c’est le message écologique de cette saga : l’auteur en profite pour sensibiliser son lectorat à l’environnement et à la protection des espèces, ce que l’on ne peut qu’approuver.

Mes garçons apprécient aussi cette série pour son message mais surtout pour son bestiaire fantastique fait de créatures qui peuplent l’imaginaire collectif. Nous continuerons donc ce manga dès qu’un nouveau tome sera publié.

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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L’éblouissante lumière des deux étoiles muges a conduit Davide Morosinotto jusqu’en Russie, un pays si grand que les voyages qu’on y entreprend ne finissent jamais…

Septembre 1941. Hitler décide d’envahir l’Union soviétique. Les chars allemands progressent sur l’immense territoire russe vers le Nord en direction de Leningrad. Dans la précipitation, avant que la ville ne soit encerclée, le parti ordonne l’évacuation des milliers d’enfants via la voie ferroviaire.

Viktor et Nadia âgés de douze ans doivent quitter leur appartement communautaire et leurs parents, conservateurs au musée. Le père, qui vient de s’engager dans la Milice, enjoint à Viktor de ne jamais quitter sa sœur.

Mais, pour la première fois de leur vie, les voilà séparés. Nadia monte dans le train 76 et Viktor dans le convoi suivant, le 77. Le garçon se retrouve dans un kolkhoze à Kazan, pendant que Nadia se retrouve bloquée à proximité du front des combats.

Désormais, Viktor n’a plus qu’une idée en tête : traverser le pays dévasté par la guerre, les bombardements et la faim, pour retrouver sa sœur. Et pour cela il doit être prêt à tout. Car dans un pays en guerre, nécessité fait loi.

Comme vous le savez peut-être, je suis passionnée par l’histoire de la Russie, L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges L’affaire des cahiers de Viktor et Nadia ne pouvait donc qu’éveiller ma curiosité et je dois dire que je n’ai pas été déçue par cette lecture, bien au contraire.

Davide Morosinotto qui s’est fait connaître en France avec Le Célèbre Catalogue Walker & Dawn (paru en 2018 à l’école des loisirs), nous propose ici un formidable périple dans l’U.R.S.S tenue d’une main de fer par le camarade Staline !

Tout d’abord, je salue le travail éditorial de l’Ecole des loisirs qui propose une très belle couverture à rabat et un magnifique objet livre que l’on a plaisir à feuilleter, une idée cadeau idéale pour intéresser les adolescents à l’histoire !

Pendant plus de 500 pages, on suit alternativement Nadia et Viktor pris dans la tourmente de la guerre, grâce à leurs cahiers dans lesquels ils livrent leur quotidien, leurs sentiments, leurs peurs… à l’encre bleue pour Nadia et rouge (la couleur du communisme) pour Viktor.

Régulièrement, sont insérés des photos, des affiches, des cartes postales, que les enfants sont censés avoir trouvés dans leur périple.

Nous avons également les annotations manuscrites dans les marges du colonel Smirnov du Commissariat du peuple aux affaires intérieures qui a ces cahiers entre ses mains au lendemain de la fin du conflit, en 1946. Il est chargé de mener une instruction contre nos deux héros qui ont commis bien des infractions pendant la guerre.

L’originalité du roman tient dans le fait qu’il s’agit du rapport de police du colonel Smirnov, composé des écrits des deux frères et sœurs que l’on nous donne à lire. Ces journaux sont commentés et annotés par Smirnov qui souligne consciencieusement chaque infraction commise au regard de la loi par les enfants.

Autant dire que leur débrouillardise et leurs initiatives sont perçues par l’officier comme de graves manquements : vol de matériel, sabotage, complicité d’évasion, espionnage anti-soviétique, j’en passe et des meilleurs, tout cela passible de nombreuses années de prison ou de goulag voire du peloton d’exécution.

Une façon pour l’auteur de montrer aux jeunes lecteurs toute la brutalité du régime stalinien, adepte de méthodes arbitraires c’est le moins que le puisse dire.

Car si Nadia et Viktor ont enfreint la loi à de multiples reprises, c’est que l’auteur ne les a pas malmenés : ils vont être confrontés à l’ennemi nazi, connaître la faim, côtoyer de près la mort mais aussi nouer de solides amitiés.

Au-delà de l’aspect historique, Davide Morosinotto revisite brillamment le journal intime et permet aux lecteurs de se rendre mieux compte du quotidien des soviétiques durant la seconde guerre mondiale qui ont, eux aussi, beaucoup souffert des privations.

Le récit est passionnant, bien documenté, j’ai adoré suivre Nadia et Viktor, des personnages attachants et courageux dans l’adversité. Ce roman destiné aux adolescents ne manquera pas de faire mouche auprès de ce lectorat mais aussi auprès des adultes car on ne peut qu’être ému par ce duo de héros pris dans la tourmente de la guerre. Un roman à découvrir et à mettre entre toutes les mains absolument !

Un grand merci aux éditions L’école des Loisirs pour cette lecture passionnante !

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Aussi sombre que les profondeurs d’un hiver nordique, aussi lancinant qu’un cauchemar, La Neuvième tombe confirme Stefan Ahnhem comme la nouvelle révélation du thriller suédois depuis son best-seller Hors cadre, prix Crimetime Specsavers en Suède.

C’est la nuit la plus froide de l’hiver. Stockholm, le ministre de la justice vient de vivre une séance houleuse au Parlement. Alors qu’il s’apprête à rejoindre sa voiture et son chauffeur, il disparaît.

Cette même nuit, à Tibberup, un petit village au nord du Danemark, la femme d’un célèbre présentateur est violée et assassinée chez elle. Bientôt d’autres corps, mutilés, sont retrouvés de part et d’autre du détroit d’Öresund.

Chargés de l’enquête, l’inspecteur suédois Fabian Risk et son homologue danoise Dunja Hougaard vont faire face au pire complot qu’on puisse imaginer… et à cette question qui tourne à l’obsession : jusqu’où peut-on aller par amour ?

Les polars venus du froid connaissent un grand engouement depuis quelques années déjà, et malgré cela, j’ai pour l’instant assez peu lus de romans suédois, danois ou norvégiens.

Mais lorsque Babelio et les éditions Albin Michel m’ont proposé de recevoir La neuvième tombe, je n’ai pas hésité tant j’avais adoré Hors cadre le premier thriller du suédois Stefan Ahnhem.

Je m’attendais donc à une histoire trépidante et éprouvante, ce fut le cas. L’auteur plonge volontiers dans la noirceur de l’âme humaine et le gore, âmes sensibles d’abstenir donc !

Il y a des scènes très dures car les meurtres perpétrés sont violents et assez descriptifs et qu’il est beaucoup question de tortures et de cannibalisme, par moment j’en avais la nausée.

Pourtant, si l’enquête est plutôt bien rythmée avec de courts chapitres, ce qui m’a posé problème ce sont les chapitres sur la vie personnelle des enquêteurs, loin d’être palpitante !

Car La neuvième tombe est un beau bébé de 672 pages et l’auteur casse régulièrement le rythme du récit pour nous narrer en long, en large et en travers les déboires conjugaux de ses enquêteurs, et notamment Fabian Risk qui tente de sauver son mariage avec Sonja.

Je me serai volontiers passée de ces atermoiements et lamentations pour me consacrer sur la double enquête menée par Stefan et Malin (Suède) et Dunja (Danemark) et sur la course contre la montre entre la Suède et le Danemark, sur les pas d’un tueur en série sans pitié dont a bien du mal à percevoir le mobile.

D’autres choses m’ont gêné : les trop nombreux personnages, une noirceur bien too much pour moi, un enquête que j’ai fini par trouver brouillonne et qui n’en finit plus.

Pour tout vous dire, j’ai terminé ce roman en diagonale tant l’auteur a fini par me lasser et me perdre. Je ressors donc déçue de ma lecture, m’attendant à l’aimer autant qu’Hors Cadre, hélas ce fut loin d’être le cas.

Il y a tout de même de bonnes choses dans ce roman, de nombreuses fausses pistes, un mobile et un meurtrier difficiles à trouver, pour autant, j’ai fini par me lasser au bout de plus de 400 pages.

Mais si le sujet vous tente, ne vous fiez pas trop à mon avis, ceux que j’ai lus sont dithyrambiques, preuve que je suis sûrement passée à côté de ce titre.

Merci aux éditions Albin Michel et à Babelio pour cette leur confiance !