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Après une formation de journaliste, puis quelques années de travail dans la communication d’entreprise, elle publie ses premiers livres à l’École des loisirs (« Rude samedi pour Angèle », 1994; « Le Sac à dos d’Alphonse », 1993), puis rencontre un premier succès avec, pour les plus grands, la publication d’un recueil de nouvelles « Trop sensibles » (1995). « Verte », Prix Tam-Tam 1996, et « Sans moi » (1998) lui permettent d’atteindre un public plus large.

Que faire de sa vie quand on a treize ans et qu’on est une fille pauvre, pas laide, sachant lire, sans autre protection que celle d’un vieux curé, d’une tante prostituée et d’une veuve ronchon ?

Nonne ? Jamais. Séraphine est trop insolente. Couturière ? Non plus. Elle a trop envie de parler et de voir du monde.

Peut-être qu’un jour les femmes pourront devenir juges, gendarmes ou avocats et faire de la politique… Peut-être même qu’un jour Dieu Lui-même sera une femme.

Mais, pour l’instant, nous sommes en 1885, à Paris, ou plutôt à Montmartre. Et Séraphine ne voit qu’une solution pour mener la vie libre et sans misère dont elle rêve : s’en remettre à sainte Rita, la patronne des causes désespérées…

Souvenez-vous, il y a quelques semaines de cela, j’ai découvert et beaucoup apprécié La capucine et Satin Grenadine troisième et premier tomes de la trilogie de Marie Desplechin, Les filles du siècle. J’avais donc très envie de découvrir le dernier opus et comme les trois ouvrages peuvent se lire séparément car les héroïnes sont différentes, j’ai découvert Séraphine.

Dans ce nouveau roman d’apprentissage, nous ne suivons plus Louise ou Lucie, mais Séraphine, une orpheline qui vit sur la butte Montmartre, et si j’ai beacoup aimé les trois héroïnes et leurs histoires, je crois que j’ai une petite préférence pour Phine qui n’a pas connu ses parents et a cruellement manqué d’amour.

Si les évènements de la Commune et certains personnages sont les fils rouges de cette trilogie, c’est ici que le combat des communards et leur sort après leur défaite, nous est le plus conté. Il faut dire que les parents de notre héroïne et sa nourrice, ont combattu sur la butte et ont vu leurs espoirs et leurs rêves réduits à néant.

On croise Louise Michel revenue de Cayenne mais aussi des peintres, nombreux à Montmartre en cette fin du XIXè siècle et surtout la misère qui y fait rage : les enfants en proie à la faim et livrés à eux-mêmes, des mères si malades qu’elles ne peuvent plus subvenir aux besoins de leur famille…

Marie Desplechin nous conte fort bien le quotidien de ce peuple de Paris mais aussi les revendications féministes de ses héroïnes. Séraphine est tiraillée entre ses origines communardes et sa foi, sa volonté de soulager la misère de son prochain.

Un opus une fois encore très agréable à lire, avec des thématiques intéressantes et bien traitées, porté par une héroïne pétillante, entourée d’une galerie de personnages hauts en couleurs, le tout dans un Paris bouillonnant à la Zola qui bruisse d’idées nouvelles d’un point de vue artistique, politique et social.

Je ressors enchantée de la lecture de cette trilogie et je la conseille volontiers aux adolescent.e.s qui souhaiteraient se documenter sur cette période et sur les combats féministes que furent le droit de vote mais aussi celui à l’instruction.

Un grand merci à L’école des Loisirs pour cette lecture passionnante !

Jérôme Hallier est né à Caen et vit à Francfort après avoir habité plusieurs années à Kyoto. Cet amoureux du Japon a publié Les Portraits sonores du docteur Léon Azoulay, son premier roman chez Flammarion en 2018.

Kyoto, fin 1899. La jeune geisha O-miya rêve de s’échapper de la somptueuse maison de thé où elle vit confinée depuis son enfance. Grâce à un shamisen mystérieux que lui offre un fameux luthier, elle se voit confier une mission de la plus haute importance : représenter le Japon à l’Exposition Universelle de Paris.

Au même moment, Tommy, casseur de pierres dans les Appalaches, abandonne travail et amis pour partir à l’aventure avec son banjo. Sa destination : New York. Avec son patron, ils sont engagés pour faire le show lors de la traversée New-York Le Havre.

Tandis que débutent leurs voyages, un étrange docteur, Léon Azoulay, arpente les allées de la gigantesque Exposition universelle à Paris. Muni de son phonographe à roulettes, il marche sans cesse, avec une obsession en tête : enregistrer les voix et les musiques du monde.

La geisha et le joueur de banjo est un court roman qui mêle personnages historiques et de fiction. Jérôme Hallier plante son décor à Paris, tout au long de l’Exposition Universelle de Paris qui eut lieu du 15 avril au 12 novembre 1900.

Au coeur de la Belle Epoque donc, une période foisonnante que j’adore, comme vous l’avez sans doute déjà compris, d’autant que cette thématique de l’Exposition Universelle est très intéressante !

Dans l’effervescence d’un siècle qui commence, on suit la trajectoire d’O-miya, de Tommy et de Léon qui rêve de créer un musée des sons de l’humanité.

Trois univers et pays différents, la découverte du métier de geisha et d’un instrument traditionnel japonais, le shamisen, et un petit régal de lecture pour moi que ce récit plein de douceur et de musique.

Un roman totalement inconnu si j’en crois vos retours sur Instagram et quelle belle découverte pour moi que cette histoire charmante et délicate, portée par des personnages tellement attachants. Des trajectoires aux antipodes les unes des autres, qui vont finir par se rejoindre au coeur de cette exposition universelle.

J’ai été très touchée par le personnage d’O-miya, cette geisha achetée par une maison de thé et sa petite soeur de coeur au destin tragique et par la démarche de Léon qui veut coucher sur cylindre et rendre éternelles toutes les musiques du monde

Dans ce roman choral, on suit tour à tour, on suit O-miya, Tommy et Léon dans leurs aventures et le moins que l’on puisse dire c’est que leur chemin est sillonné d’embûches et de rebondissements.

Le style de Jérôme Hallier est fluide et agréable, toutes les pages consacrées à la musique sont vraiment agréables à lire et je dois dire que j’ai eu du mal à lâcher ce roman tant l’auteur a su m’embarquer de la première à la dernière page.

Une très bonne lecture et un roman méconnu que je vous encourage à découvrir, il est dépaysant, charmant, délicat, vraiment j’ai beaucoup aimé !

Kiku Hughes est une jeune auteure américano-japonaise qui vit dans la région de Seattle où elle crée des histoires de romance et de science-fiction sur le thème de l’identité. Les indésirables est son premier album.

Kiku a 16 ans alors que la campagne électorale qui va mener Donald Trump au pouvoir fait rage. Americano-japonaise, elle se sent déconnectée de son héritage japonais et en sait peu sur l’histoire de sa famille qui cultive le secret.

Alors qu’elle est en vacances avec sa mère à San Francisco, elle se retrouve brusquement dans les années 1940, propulsée dans un des camps qui a fleuri sur le territoire américain au lendemain de Pearl Harbor.

Parquée, Kiku partage le quotidien de sa jeune grand-mère et de 120 000 citoyens nippo-américains déchus de tous leurs droits civiques par leur propre gouvernement, car accusés d’être des ennemis de la nation…

Les indésirables de Kiku Hughes met un coup de projecteur sur un épisode plutôt méconnu de la seconde guerre mondiale : le sort des ressortissants japonais sur le sol américain au lendemain de l’attaque de Pearl Harbour.

Avec quelques touches de fantastique, l’autrice et illustratrice retrace le sort des japonais déchus de leurs droits et parqués dans des camps tout en rendant hommage à sa grand-mère et à ses arrières-grands-parents, eux-mêmes détenus.

Un récit devoir de mémoire réussi et très intéressant sur cette déjaponisation par le pouvoir qui fait que les descendants de ces victimes sont tellement devenus américains qu’ils ne savent souvent pas parler japonais et ne connaissent rien de leur héritage nippon.

Je savais que l’on avait interné les japonais pendant la guerre mais j’ignorai tout de leur quotidien et du traitement dont ils avaient fait l’objet. Pour ne plus être considérés comme les ennemis de l’oncle Sam, ils ont du renié leurs origines, refusé que leurs enfants apprennent leur langue, leurs traditions… une effroyable perte pour ces descendants qui méconnaissent tout de leur héritage.

Tout au long du récit, l’autrice n’est jamais dans le jugement, elle rappelle les faits tels qu’ils se sont passés avec justesse et sans aucun pathos. Elle n’oublie rien de l’humiliation, de la peur, de l’indignation des prisonniers mais elle met aussi en avant toute la solidarité et l’entraide de ces hommes et femmes réunis malgré eux.

Kiku Hughes n’oublie pas non plus d’ancrer son récit dans la société américaine d’aujourd’hui et met en parallèle le sort de ces japonais avec ceux des mexicains du XXIè siècle et ce mur de la honte voulu par Trump.

Vous l’aurez compris, un roman graphique important par son travail de mémoire, qui aborde des évènements dont il faut continuer à parler, à mettre entre toutes les mains. Je compte bien pour ma part le faire découvrir à mes ados qui abordent la seconde guerre mondiale en ce moment dans leur programme d’histoire.

Merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture instructive et pleine d’émotion, j’ai adoré !

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Après avoir travaillé comme infirmière et secrétaire, Lesley Kara devient professeure puis directrice dans l’enseignement supérieur. Elle vit dans l’Essex, sur la côte nord. La Rumeur, son premier roman, s’est déjà vendu à 300 000 exemplaires au Royaume-Uni.


Après une quinzaine d’années passées à Londres, Joanna est de retour dans sa ville natale. Son fils Alfie était harcelé dans son ancienne école et la jeune mère n’a qu’une idée en tête : qu’il s’intègre au mieux.

Afin de devenir amies avec les autres mamans, Joanna tente de s’intégrer dans les conversions et ne pense pas à mal en répétant, lors de son club de lecture, la rumeur entendue devant les grilles de l’école : Sally McGowan, accusée dans les années 1960 d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans, serait revenue habiter dans la ville de Flinstead sous une autre identité.

Mais ces quelques mots enflamment la tranquille station balnéaire et ravivent le traumatisme laissé par ce meurtre épouvantable. Pour enrayer cette machine infernale, Joanna ne voit qu’une solution : enquêter pour découvrir la vérité. Mais le danger est déjà si proche…

Avec La rumeur, Lesley Kara s’empare du phénomène de la rumeur : un simple sujet de conversation pour l’héroïne de ce thriller psychologique qui souhaite simplement s’intégrer aux autres mamans et devenir l’une des leurs, va faire vaciller la vie de Joanna et de son petit garçon qui vont devenir la cible de l’ancienne enfant tueuse qui a scandalisé l’Angleterre toute entière dans les années 60.

Et je dois dire que Lesley Kara a réussi son pari en dépit d’un début poussif, j’ai été tenue en haleine jusqu’à la dernière page par ce roman glaçant où règnent paranoïa, suspicion et accusations. C’est bien simple avec ma copinette Belette dont vous pouvez lire l’avis ici, nous avons suspecté à peu près tout le monde.

Elle est malgré tout bien meilleure enquêtrice que moi, car elle a deviné l’identité de Sally alors que moi, pas du tout, j’en suis restée comme deux ronds de flan !

Bien que le rythme soit lent, j’ai apprécié l’atmosphère de cette petite ville balnéaire, lointaine banlieue de Londres, sur fond de morosité économique liée au brexit. Peu à peu, l’angoisse monte, le drame s’installe, la suspicion règne en maître : Joanna ne sait plus qui croire et en qui elle peut avoir confiance.

Réalité ou paranoïa ? Le récit devient peu à peu suffoquant, par petites touches, un échange de regards, un mensonge, ou encore une conversation anodine cache-t-elle un lourd secret ou une inquiétante vérité ?

Le charme immuable de ces petites villes balnéaires et leurs cottages, l’accueil chaleureux des nouveaux arrivants, l’esprit communautaire, l’entraide… tout ici va être mis à mal. Une innocente est vite prise à partie, les réseaux sociaux jettent de l’huile sur le feu avec en point d’orgue une question : la réinsertion d’un tel monstre est-elle possible ? Le mérite-t-elle alors qu’un petit garçon a perdu la vie ?

Il est très facile de s’identifier à Joanna, une maman solo lambda qui tente de trouver des solutions à ses problèmes, et affronte les conséquences tragiques de sa maladresse, qui vont bien vite lui échapper et faire dérailler son quotidien.

Une histoire intéressante et bien menée, avec une angoisse qui monte crescendo et une dernière phrase qui nous laisse K.O debout. Un thriller psychologique vraiment bien fichu que je conseille aux amateurs du genre.

Un grand merci aux éditions Les escales pour cette lecture terriblement addictive !

Comme chaque premier jour du mois, on se retrouve aujourd’hui pour ma traditionnelle pile à lire, l’article que vous préférez lire sur mon blog si j’en crois mes statistiques !

Au menu de ce mois de mars, quinze titres comme toujours très variés, provenant de mes achats ou de mes réceptions de ces dernières semaines. Une pal un peu moins conséquente par rapport aux précédentes afin de pouvoir lire aussi les titres sur lesquels je craque en librairie.

Romans historiques :
– Le chant du bison d’Antonio Pérez Henares (SP)
– La brodeuse de Winchester de Tracy Chevalier
– Les lueurs du lendemain de Jennifer Cody Epstein (SP)
– La plantation de Leila Meacham

Romans policiers :
– La mystérieuse affaire de Styles d’Agatha Christie
– C’est arrivé la nuit de Marc Levy (SP)
– Arsène Lupin contre Herlock Sholmès
– Cottage, fantômes et guet-apens d’Ann Granger

Romans contemporains :
– La danse de la tarentule de Claire Blanchard (SP)
– Aurore de Bertrand Touzet (SP)
– La tresse de Laëtitia Colombani

Romans jeunesse :
– Les soeurs Mouais tome 2 Terminus de Karen Lareau (SP)
– Angie de Marie-Aude & Lorris Murail (SP)

Romans graphiques, BD :
– Les spectaculaires contre les brigades du pitre de Régis Hautière (SP)
– Blanc autour de Wilfried Lupano

En avez-vous lu certains ? Lesquels vous tentent ?

En ce dernier jour du mois le plus court de l’année, je reviens sur mes quatre dernières semaines de lecture. Des romans policiers, historiques ou contemporains, de la jeunesse et des graphiques sont venus ponctuer le mois de février en apportant leur lot de bonnes découvertes, de coups de coeur mais aussi de gros flops !

Au cours de ce second mois de l’année, j’ai lu dix-huit titres dont 6 pavés (+ 2 albums pour les tout petits) : 9 services de presse, 1 emprunt et 11 achats.

La plupart de ces lectures a déjà fait l’objet d’une chronique, les autres le seront dans les prochains jours. Comme d’habitude, j’ai pioché allègrement dans ma pal de février, preuve que concocter ces petites piles à lire me convient bien.

On commence par les romans policiers et tout d’abord mon coup de coeur pour Rien ne t’efface de Michel Bussi, un titre efficace avec un twist de folie ! Très bonne pioche aussi que le quatrième tome des détectives du Yorkshire de Julia Chapman, Rendez-vous avec le poison, qui m’a beaucoup plu. Belle découverte aussi que La rumeur de Lesley Khara, un titre très addictif mais déception pour Le mystère de l’auberge des cygnes d’Anne Mahé qui m’a peu intéressée malgré une toile de fond historique de qualité.

On passe aux romans historiques avec La petite couturière du Titanic de Kate Alcott, une histoire simple, plutôt sympathique mais sans surprise. J’ai nettement préféré Mademoiselle Coco et l’eau de l’amour de Michelle Marly qui revient sur la création du célèbre N°5. Immense flop en revanche pour Cent ans de Laurelfield de Rebecca Makkai dont je n’ai rien aimé : ni l’intrigue, ni l’ambiance et encore moins les personnages ! Très belle découverte en revanche pour La geisha et le joueur de banjo de Jerôme Hallier que j’ai trouvé très beau et délicat. Et enfin, Reine des lumières de Karin Hann, une biographie romancée de la marquise de Pompadour.

On continue avec des titres plus contemporains et L’habit ne fait pas le moine de Zoé Brisby, un covoiturage pas comme les autres qui m’a valu de grands éclats de rire. Flop en revanche pour Chambre 128 de Cathy Bonidan, un roman épistolaire qui m’a paru bien fade. Enfin, Les petites robes noires de Madeleine St John fut une lecture agréable mais trop légère pour être marquante.

De la jeunesse maintenant avec Le mystère de la chambre morne de Loïc Clément et Anne Montel, une très chouette histoire fantastique pour les enfants. Deux titres historiques pour continuer : Mission Sibérie d’Elisabeth Rivoire qui retrace l’épopée du seul survivant de l’expédition Lapérouse et Séraphine de Marie Desplechin, de la trilogie Les filles du siècle, qui a pour cadre Montmartre en 1885 et que j’ai beaucoup apprécié.

Quelques graphiques pour conclure et Le renard de Morlange de Maxe L’Hermenier et Mathieu Moreau, un conte de fée très chouette. Pour les plus jeunes : Pas le loup ? d’Alex Sanders, une fois de plus très efficace et le très beau Projet Barnabus des Fan Brothers. Direction la Russie avec Yaga d’Antoine Ozanam et Pedro Rodriguez qui nous propose la genèse de la plus célèbre sorcière slave que j’ai beaucoup apprécié comme Les indésirables de Kiku Hughes qui met un coup de projecteur sur un épisode relativement méconnu de la seconde guerre mondiale.

Et vous, quels sont vos coups de cœur ou déceptions de février ?

Anne Mahé est professeure d’histoire-géographie, diplômée en histoire de l’université du Texas à Dallas. Aux Éditions L’Harmattan, elle a publié trois romans historiques : Le serment de Thermidor (2017), dont Le mystère de l’auberge des Cygnes est la suite, Beurre salé (2018) et L’étoile boréale (2019).

À Paris, le 3 vendémiaire an IV (25 septembre 1795), quatre hommes ont été empoisonnés à l’auberge des cygnes. Accompagné de son fidèle Bertin, le commissaire Nérac est chargé de l’enquête. Tout désigne le citoyen Pasquier, ce qui semble un peu trop facile pour Nérac.

Cependant, il voit avec angoisse ressurgir le passé de la petite orpheline, Jeanne, que son épouse et lui ont adoptée. Son véritable père, qui n’est point mort mais devenu l’adjoint de Bonaparte, la réclame…

Après les tragédies de la Terreur, de nouveaux riches apparaissent, organisant fêtes, bals et réjouissances. Des banquiers, des fournisseurs aux armées, des hommes politiques y croisent les Merveilleuses tandis que les difficultés économiques plongent une grande partie du peuple dans la pauvreté…

Vous connaissez mon penchant pour les polars historiques, Le mystère de l’auberge des cygnes avait donc tout pour me plaire sur le papier, d’autant que l’intrigue prend vie au coeur du Directoire, une époque que je connais mal mais qui me fascine à travers ses silhouettes que sont les Incroyables et les Merveilleuses.

C’est au cours de cette période tourmentée et foisonnante qu’Anne Mahé met en scène le commissaire Jean Nérac de la section de l’Homme-armé dans cette seconde enquête.

Dommage pour moi qui n’ai pas lu le premier opus car toute l’intrigue familiale repose sur des faits antérieurs dont on ne sait rien, du coup j’ai été un peu perdue et à la peine de savoir qui était qui et je ne me suis attachée à aucun des personnages !

Côté intrigue policière à proprement parler, elle est plutôt intéressante mais mince, peu d’indices, impossible de réellement mener l’enquête aux côtés de nos héros, ce que j’adore faire, et un coupable qui tombe comme un cheveu sur la soupe dans les toutes dernières pages.

La toile historique de fond, en revanche, est de grande qualité, Anne Mahé est historienne et cela se sent. Elle nous fait croiser les reines des Merveilleuses que sont Thérésa Tallien et Joséphine de Beauharnais, nous plonge au coeur de complots monarchistes et babouvistes, nous parle du problème des assignats et de la misère qui règne à la fin de la Révolution.

Cependant, le récit est tellement court, que tout s’enchaîne trop vite. L’Histoire prend trop le pas sur la petite et c’est un peu dommage.

En bref, un bon roman historique mais un polar raté de mon point de vue !

Un grand merci à Babelio et aux éditions de L’Harmattan pour leur confiance.

Février va bientôt tirer sa révérence, et comme chaque mois, j’ai le plaisir de vous présenter les petits nouveaux de ma pile à lire, une fois encore bien nombreux, mais quand on aime on ne compte pas !

Entre services de presse, achats neufs et d’occasion, ce ne sont pas moins de vingt titres qui sont venus grossir mes étagères au cours de ces quatre dernières semaines.

Quelques-uns ont d’ores et déjà été lus, les autres, je l’espère, ne croupiront pas trop longtemps avant d’être lus à leur tour.

On commence par les polars et une série que je retrouverai avec plaisir avec Ne tirez pas sur le philosophe ! de Frédéric Lenormand qui a du réserver encore de belles frayeurs à notre Voltaire pour notre plus grand plaisir. On quitte Paris et le siècle des Lumières pour Venise et la plume de Metin Arditi : Carnaval noir qui me tentait depuis sa parution en grand format il y a quelques années déjà. Enfin, après mon petit coup de coeur pour le premier tome des aventures du gentleman, il me tarde de retrouver Maurice Leblanc avec Arsène Lupin contre Herlock Sholmès et L’aiguille creuse.

On continue avec les romans historiques et le Hollywood des années 30 avec Si près des étoiles de Kate Alcott que j’ai découverte La petite couturière du Titanic il y a quelques semaines. Il y a près de deux ans j’avais beaucoup aimé la plume élégante et délicate de Marie Sizun, je me réjouis de la retrouver dans la suite de ce roman, Les soeurs aux yeux bleus. Paris et son exposition universelle de 1900 sont au coeur de La geisha et le joueur de banjo de Jérôme Hallier que j’ai beaucoup aimé, je vous en reparle dans les jours à venir. Enfin, le siècle d’or de la peinture hollandaise sert de toile de fond à Bleu de Delft de Simone van der Vlugt.

Quelques titres contemporains pour continuer et Chambre 128 de Cathy Bonidan, un roman épistolaire qui fut un flop, je vous en ai parlé hier, je ne m’étends pas dessus. Bonne pioche en revanche pour L’habit ne fait pas le moineau de Zoé Brisby qui m’a fait beaucoup rire. J’ai également apprécié Les Petites robes noires de Madeleine St John même si il ne me restera pas longtemps en mémoire. Trois nouveautés envoyées par Les presses de la cité et HC édition ont également rejoint ma pal : Aurore de Bertrand Touzet, La danse de la tarentule de Claire Blanchard et Petits arrangements avec l’histoire de Jodi Taylor, le tome 7 des chroniques de St Mary, une série que j’adore.

J’ai aussi eu la chance de recevoir deux albums : Pas le loup ? d’Alex Sanders chez L’école des Loisirs que les petits et moi avons adoré une fois encore (en même temps nous sommes très fans) et Enigmes au coeur de la science de Victor Escandell chez Saltimbanque dont j’ai déjà apprécié les volumes précédents, nul doute que ce sera le cas une fois de plus.

Le nouveau roman de Marie-Aude Murail écrit en collaboration avec son frère Lorris paru à L’école des Loisirs, est également arrivé à la maison. Vous savez combien j’aime cette autrice, il fait donc partie des prochaines lectures !

Trois graphiques pour finir autant pour mes ados que pour moi : Sherlock tome 1 Une étude en rose de Steven Moffat et Mark Gatiss, mon ado n°1 est, comme moi, terriblement fan de Holmes et de cette série, il était évident que ce manga dérivé atterrirait dans nos pals un jour ou l’autre. J’apprécie beaucoup Wilfried Lupino et le sujet traité dans Blanc autour me parait évidemment très important à mettre dans toutes les mains. Enfin, je vais me jeter sur Les spectaculaires contre les brigades du pitre de Régis Hautière et Arnaud Poitevin chez Rue de Sèvres tant j’adore cette série totalement loufoque !

En avez-vous lus certains ? Lesquels vous tentent ?

Chambre 128 – Cathy Bonidan

Cathy Bonidan est institutrice près de Vannes. Son premier roman Le Parfum de l’hellébore a reçu 11 prix et 13 sélections littéraires.

Qui n’a pas rêvé de voir survenir un petit grain de sel romanesque dans sa vie ? Un peu de merveilleux pour secouer la routine et oublier les ennuis de bureau ?

Quand Anne-Lise réserve la chambre 128 de l’hôtel Beau Rivage pour de courtes vacances en Bretagne, elle ne sait pas encore que ce séjour va transformer son existence.

Dans la table de chevet, elle découvre un manuscrit sur lequel figure juste une adresse où elle décide de le réexpédier. Retrouvera-t-elle son auteur ? La réponse, qui lui parvient quelques jours plus tard, la stupéfait.

Au point qu’Anne-Lise va tenter de remonter la trace de tous ceux qui ont eu ce livre entre les mains. Chemin faisant, elle va exhumer histoires d’amour et secrets intimes. Pour finalement peut-être se créer une nouvelle famille…

Voilà un court roman qui me faisait particulièrement envie depuis sa parution en grand format, alléchée par un pitch prometteur : un manuscrit retrouvé dans une chambre d’hôtel de Bretagne, qui change à jamais la vie de ses lecteurs, de quoi séduire n’importe quel amoureux des livres !

Hélas pour moi, je n’avais pas vu que Chambre 128 était un roman par lettres et je n’aime pas du tout le genre épistolaire, ce n’est vraiment pas de chance, sinon je pense que j’aurai adoré ce titre alors que j’ai été à la peine tout au long de ma lecture.

C’est bien simple j’ai mis une semaine pour venir à bout de ce court roman pourtant très joliment écrit mais dès que je lisais quelques lettres, il me tombait inexorablement des mains, incapable de m’immerger dans les échanges entre la poignée de personnages proposée par l’autrice.

La faute à cette correspondante qui n’est décidément pas ma tasse de thé même si je suis parvenue à aller jusqu’au point final – ce qui n’est pas le cas des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos dont je n’ai jamais pu dépasser les cent premières pages – je suis totalement passée à côté de ce roman !

L’histoire de ce manuscrit n’est pourtant pas totalement dénuée d’intérêt, et à quelques moments je m’y suis laissée prendre, mais j’ai trouvé ce roman dans l’ensemble terriblement monotone, fade et plat.

Les différents personnages sont plutôt sympathiques mais je n’ai pas réussi à m’attacher à aucun d’entre eux ni à m’intéresser réellement aux rebondissements de ce roman et j’ai parcouru en diagonale les dernières missives, pressée d’en finir.

Un grosse déception en ce qui me concerne, largement du au genre épistolaire, vous l’aurez compris !

Terry Fan a suivi une formation artistique à l’Université d’Art et Design d’Ontario à Toronto, au Canada. Ses illustrations sont un subtil mélange de techniques traditionnelles et contemporaines associant l’encre et le crayon avec des outils numériques. Terry passe ses jours (et ses nuits) à créer des portraits, des illustrations et des peintures emplies de magie.
Eric Fana suivi une formation à l’Université d’Art et Design d’Ontario où il a étudié l’illustration, la sculpture et le cinéma. Il voue une passion sans bornes aux vélos vintage, aux rouages d’horlogerie et aux rêves irréalisables. En 2017, il publie Le Noir de la Nuit (Éditions des Éléphants) avec Terry Fan, son frère. Surnommé les « Fan Brothers », le talentueux duo publie en 2018 Le Fabuleux Voyage du bateau-cerf et Le Jardinier de la nuit aux éditions Little Urban.

A plusieurs mètres en-dessous du magasin « Parfaites Créatures », il y a un laboratoire secret. C’est là que vit Barnabus, notre adorable petit héros, mi-éléphant-mi-souris, sous sa cloche de verre.

Il n’est pas seul. Il y a plusieurs étagères d’autres projets ratés comme lui. Son ami Pip le cafard lui raconte la vie au dehors, les étoiles, les montagnes de la ville qui chatouillent le ciel, l’air frais.

Alors, Barnabus rêve lui aussi de liberté, de sortir de sa cloche de verre et de découvrir le vaste monde. Le jour les bonhommes verts apposent une étiquette « raté » sur leurs cloches, il comprend qu’un sort funeste les attend et qu’ils doivent s’enfuir…

Vous connaissez mon amour pour les albums des éditions Little Urban qui ont le grand talent de dénicher de véritables pépites et la merveilleuse idée de publier les albums des Fan Brothers. Je ne pouvais donc pas résister au dernier-né de leur production : Le projet Barnabus

Son format carré permet une bonne prise en mains, ses pages épaisses sont un vrai plaisir à tourner et la mise en page épatante, puisque la quasi-totalité des dessins s’étale sur deux pages à la fois, ce qui permet au talent d’Eric et Terri Fan de se déployer totalement.

L’histoire proposée aux enfants  est une belle ode à l’amitié, à la solidarité et à l’entraide et montre qu’ensemble, on peut déplacer des montagnes car ces projets ratés vont marcher main dans la main pour se sortir de ce laboratoire et gagner leur liberté.

Mais Terry et Eric Fan en profitent aussi pour faire une critique au vitriol de notre société et des atrocités commises tout au long du XXè siècle.

Le projet Barnabus c’est aussi la dénonciation à peine couvert de la privation de liberté et du rejet dont souffre les gens aux physiques différents, ceux qui ne sont pas dans la norme.

Les auteurs et illustrateurs enseignent à leurs petits lecteurs de ne pas juger et d’accepter les autres tels qu’ils sont, que quoi qu’il arrive, chacun a le droit à la différence, a le droit d’exister.

Une fois de plus, j’ai été conquise par le talent des frères Fan, la beauté de leurs illustrations bien sûr mais aussi les messages véhiculés dans cet album intelligent et sensible.

Un grand merci aux éditions Little Urban pour cette lecture que j’ai adoré !