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Lu dans le cadre du Mois américain

Née en 1918 à Philadelphie, Jacqueline Susann est mondialement connue pour ses romans à succès. Après son mariage avec un producteur, elle devient chroniqueuse de mode. Jacqueline Susann décède en 1974 à New York.

Septembre 1945. Anne Welles a fui un avenir tout tracé à Lawrenceville, quitté sa famille et son fiancé de Nouvelle-Angleterre pour débarquer à New York, la tête pleine de rêves et de gloire.

Elle y devient la secrétaire d’Henry Bellamy, un avocat spécialisé dans le théâtre, qui la prend sous son aile. Elle fait alors la connaissance de deux autres jeunes femmes qui prévoient de faire carrière dans le monde du spectacle : l’ambitieuse et prometteuse Neelly O’Hara et la très belle mais peu talentueuse Jennifer North.

Des bureaux d’artistes aux coulisses de Broadway, des plateaux d'Hollywood aux premières émissions TV, le roman suit leur ascension (et chute) respective, au rythme de leurs rencontres plus ou moins heureuses, carrière, amitié, amours bien sûr et autres trahisons et désillusions…

Pilules rouges, vertes ou jaunes. Pilules pour s’évader, dormir, maigrir, ou rester jeune. De l’alcool pour les avaler. Du sexe. Voici le monde cruel de La Vallée des poupées, best-seller de Jacqueline Susann paru en 1966 et qui va battre tous les records de vente de l’époque, ayant fait l’objet d’une adaptation au cinéma par Mark Robson avec Patty Duke, Barbara Parkins et Sharon Tate dans les rôles-titres.

Les poupées du titre désignent tout autant les trois héroïnes du récit, qui prennent tour à tour la parole et que l’on va suivre pendant deux décennies, que les pilules multicolores dont elles abusent pour tenter de percer à New York : somnifères, coupe-faim, amphétamines et autres psychotropes.

Neely est chanteuse de music-hall et va connaître un succès foudroyant qui va lui faire perdre les pédales, Jennife rêve d’être épouse et mère mais les hommes ne voient que sa plastique parfaite et Anne, la plus intelligente des trois, devient le visage d’une marque de cosmétiques et tombera amoureuse d’un homme volage.

Véritable page-turner, ce roman se révèle addictif et passionnant. Jacqueline Susann, à travers ses héroïnes, révèle le côté sombre d’Hollywood et du show-business. On voit des carrières avortées dans l’oeuf pour ne pas froisser des gloires vieillissantes, des jeunes femmes dont on exploite le talent et la beauté avant de les délaisser et de les jeter façon kleenex, des ascensions fulgurantes et des chutes vertigineuses.

En quête de gloire, d’argent et de stabilité familiale, elles sont manipulées par les hommes (agents, producteurs, réalisateurs…) qui ne sortent pas grandis du récit : ils sont en effet faibles, inconstants ou manipulateurs selon les personnages.

Jacqueline Susann traite avec finesse ces morceaux de vie qui font la Une des magazines people. Tout au long de récit grinçant et emprunt d’un grand réalisme, j’ai pensé à des femmes broyées par le système telles que Marilyn Monroe, Jean Seberg ou encore Judy Garland dont les existences, brèves, ont été émaillées de tentatives de suicide, d’abus d’alcool, de drogues, de dépressions et qui ont abusé de ces poupées pour dormir, maigrir ou se réveiller…

Un très bon roman que je vous conseille vivement et ce n’est pas ma Belette qui va me contredire, elle est aussi enthousiaste que moi. Vous pouvez retrouver son avis ici.

Lu dans le cadre du Pumpkin Automne Challenge

Originaire de Cherbourg, Nathaniel Legendre, ancien élève des Beaux-arts et ancien président de l’association Sugar Comga réunissant des auteurs de BD à travers la France, participe dès 2003 à la réalisation de séries dans les Pockets Semic ou Image comics comme scénariste sur « Jäger VS le Corbeau » ou sur « Gallix », comme dessinateur des « Origines de Morgane », « Kidz » ou « Le Destin de Jäger » et comme encreur pour « L’Ombre du Phénix  » avec Fred Grivaud au dessin.

Dans le village de Rosheim, Alduin et Léna sont devenus les meilleurs amis du monde alors que tout les sépare : Alduin est le fils du chef et Léna est la fille de la guérisseuse.

Lors d’une promenade en forêt, ils découvrent que les Guerriers de Glace, ces êtres cruels qui vivent au-delà des montagnes, reviennent au village pour enlever une jeune fille.

Alors qu’il s’apprête à révéler à son père leur retour, Alduin surprend une discussion entre villageois : ils sont prêts à sacrifier son amie pour épargner leurs filles.

Il prévient aussitôt Léna qui décide alors de s’enfuir…

Les guerriers de glace, premier tome des aventures d’Alduin et Léna est l’adaptation graphique du roman éponyme d’Estelle Faye destiné aux enfants. Le scénario de Nathaniel Legendre reprend donc la trame de l’histoire imaginée par Estelle Faye, habituée du genre.

Comme elle a été écrite pour les jeunes lecteurs, elle ne s’embarrasse pas de détail et va droit au but, ce qui comblera les enfants, cible visée par Estelle Faye et Nathaniel Legendre mais qui a un peu frustré l’adulte que je suis qui en aurait voulu plus !

L’histoire est vraiment chouette, menée tambour battant, impossible de s’ennuyer avec Alduin et Léna et se révèle être une formidable introduction à la fantaisy avec un univers attrayant mêlant Moyen-Age et créatures fantastiques.

Les personnages sont attachants et courageux, et on a plaisir à les suivre de la première à la dernière page qui arrive bien trop vite à mon goût.

Les planches signées des italiens Antonio Baldari et Estelle Pocetta sont à tomber : j’adore ce genre de dessins, les couleurs utilisées, l’ambiance… de ce côté-là c’est pour moi un sans faute !

Une bande dessinée pour les 8 ans et plus que je vous recommande si vous aimez les univers de fantaisy, vous devriez y trouver votre compte.

Un grand merci aux éditions Jungle pour cette lecture, j’ai adoré.

Cela fait déjà quatre ans que Guimause organise le désormais célèbre Pumpkin Autumn Challenge mais ce sera une grande première pour moi.

Autant vous le dire d’emblée, je ne suis pas une inconditionnelle de l’automne et contrairement à la majorité des participants au challenge, je ne trépigne pas à l’idée de retrouver la pluie et les premiers frimas !

Mais cette année, cela m’amusait de participer et de concocter une pile à lire, vous savez que j’adore ça !

Le PAC est un challenge littéraire et cinéphile qui commence le 1er Septembre et qui se termine le 30 novembre. L’objectif est de nous faire passer la saison de l’automne sous les meilleurs auspices tout en lisant et en découvrant, si on le souhaite, des films et des séries !

Il y a trois menus et chacun d’entre a son propre univers, ses propres thématiques. Pour ma part, j’ai choisi deux menus et si vous êtes intéressé.e.s pour participer, je vous invite à aller lire les explications de Guimause ici. Vous pouvez également rejoindre le groupe Facebook si le coeur vous en dit !

Ma pal est, pour une fois, raisonnable mais je ne m’interdis pas de l’étoffer en piochant dans mes bibliothèques si j’en ai envie.

Menu Automne Frissonnant

Je suis Médée, vieux crocodile (polar, thriller, trahison)

Le loup des Cordeliers d’Henri Loevenbruck

Les chimères de la Sylve rouge (gothique, vampire, créature de la nuit)

L’hôtel hanté de Wilkie Collins

Les supplices de la Belladone (livre à la couverture noire)

Le coeur et la chair d’Andrew Parry

Esprit, es-tu là ? (fantômes, classique, historique, histoire et secrets de famille)

109 rue des soupirs tome 2 Fantomes sur le grill de Mr Tan

Automne douceur de vivre

Il fait un temps épouvantail (automne, Halloween, Samhain)

Marina de Carlos Ruis Zafon

Siroter un chocolat chaud à la cannelle sous les saules (enfance, feel good, cooconing)

L’île des mensonges de Frances Hardinge

Fafnir ton assiette, sinon pas de piécette (créatures fantastiques, féérie, mythe, petit peuple)

Les aventures d’Alduin et Léna tome 1 Les guerriers de Glace de Nathaniel Legendre

A window to the past (sorcellerie, SFFF, nostalgie)

L’hôpital des sorciers de Catherine Cuenca

Et vous participez-vous au Pac ? Avez-vous des titres à me recommander ?

Lu dans le cadre du Pumpkin Automne Challenge

Catherine Cuenca est née en 1982. Son premier roman publié en 2001, elle se lance dans le métier d’écrivain à temps plein en 2010. Elle est l’autrice d’une quarantaine de romans historiques pour la jeunesse.

31 janvier 1916, les hommes sont mobilisés sur le front. À l’arrière, les femmes prennent la relève dans tous les secteurs de l’économie. Dans les campagnes, elles sont aux champs. En ville, elles sont dans les usines, les hôpitaux, les bureaux et même les transports !

Parmi elles, Agnès est embauchée comme conductrice de tramway. Elle qui peinait à payer ses factures et les colis pour son mari, au front, a quitté l’usine pour entrer à la régie des transports lyonnais, un travail moins pénible et plus rémunérateur.

Lorsque son mari, Célestin, rentre blessé de la guerre, il supporte mal qu’elle gagne plus que lui. Il lui somme de retourner à l’usine, ce qu’Agnès refuse d’autant qu’elle peine à reconnaître l’homme dont elle était amoureuse en 1914.

Célestin est devenu aigri et alcoolique, les disputes éclatent de plus en plus jusqu’au jour où la guerre s’achève. Agnès est alors renvoyée car les hommes doivent retrouver leur place, pour le plus grand plaisir de son époux.

Révoltée par cette injustice, elle s’engage dans le mouvement des suffragettes. C’en est trop pour Célestin…

Celle qui voulait conduire le tram signe mes retrouvailles avec Catherine Cuenca dont j’avais déjà apprécié Le choix d’Adélie, L’assassin du Marais et La marraine de guerre.

Comme toujours avec cette autrice, un roman court et percutant, solidement documenté, porté par une héroïne forte et attachante, abordant des thèmes importants de façon juste et pertinente.

Vous connaissez mon intérêt pour le mouvement suffragiste et la première guerre mondiale, j’ai été servie avec ce roman pour adolescents qui aborde avec justesse l’un et l’autre.

Catherine Cuenca s’attache à nous dépeindre la condition féminine pendant le premier conflit mondial : appelées à remplacer les hommes, les femmes ont répondu présentes, mettant pour certaines leur vie en péril.

Elles ont découvert ainsi qu’elles pouvaient être fortes et indépendantes, capables de travailler comme les hommes, à des postes d’hommes, ce qui leur était refusé en temps de paix.

Of course, aussitôt la guerre achevée, elles ont été priées de rentrer dans leur foyer, reléguées aux rôles d’épouses et de mères.

D’où la révolte de notre héroïne qui va militer pour le droit des femmes en dépit de l’opposition de son mari et du refus de ses collègues à se battre pour leurs droits car il ne faut pas l’oublier, toutes les femmes n’étaient pas féministes, et se rangaient aux cotés de leurs époux, fustigeant tout autant qu’eux les suffragettes !

L’autrice s’attache aussi à démontrer les ravages de la guerre sur les hommes revenus du front. Certains étaient devenus alcooliques, d’autres traumatisés par ce qu’ils avaient vécu dans les tranchées ou aigris de voir les femmes aux manettes.

L’histoire est dure et triste mais nécessaire, je vous la recommande vivement. Les adolescents, cible visée par l’autrice, se rendront compte du dur combat qu’ont mené les féministes pour le droit de vote et pourront juger de la réalité de la guerre.

Je découvre grâce à ce très bon roman les éditions Talents Hauts et leur collection Les héroïques et j’ai bien envie de découvrir les autres titres déjà parus !

Après des études de lettres puis aux Beaux-Arts, Fanny André a décidé de se consacrer à l’écriture. Jeune romancière, elle a remporté plusieurs prix littéraires, et est l’auteur de plusieurs romans (romance, fantastique, young adult) parus aux éditions Milady et Marabout : A jamais, Premier rôle, Camping dating…

A Trouville, lors de l’enterrement de son fils Arnaud mort d’un AVC, Camille Chardin, quatre-vingts ans, guette l’arrivée de son ex-belle-fille, Isabelle, la quarantaine, avec laquelle elle s’entendait très bien.

Les deux femmes restent ensemble après l’enterrement et leur complicité passée resurgit. Isabelle ne va pas bien : triste et amaigrie, elle a fait un burn-out et quitté son cabinet d’avocats.

Camille est aussi à une étape clé de sa vie. Veuve depuis de nombreuses années, plus rien ne la retient en Normandie alors elle décide de mettre en vente sa maison de Trouville où elle vit depuis soixante ans, pour retourner dans sa Bretagne natale.

Au cours de leur conversation, elles font le projet de réaliser un ancien rêve : un voyage ensemble. Chacune montrerait à l’autre les beautés de son terroir : Isabelle, la Normandie et Camille, la Bretagne, afin de mettre un terme à la gentille rivalité qu’elles ont toujours entretenue autour de la plus jolie région d’origine.

C’est surtout l’occasion pour Camille de fuir le deuil qu’elle vient de vivre et pour Isabelle de reprendre pied et d’arrêter de se morfondre chez elle…

Avec Pour le sourire d’Isabelle, Fanny André met en scène Camille et Isabelle, chacune à un tournant de leur vie. Deux héroïnes attachantes liée par une touchante relation quasi filiale en dépit du divorce d’Arnaud et Isabelle.

Les deux femmes qui s’étaient perdues depuis quelques années entreprennent un voyage à travers la Bretagne et la Normandie pour prouver à l’autre, la beauté de sa région.

De Honfleur à Giverny, de Locronan à Douardenez, de maisons d’hôtes en restaurants ou salons de thé, nous suivons l’itinéraire de ces deux gourmandes qui se livrent peu à peu.

Vous connaissez mon attrait pour la gourmandise et les romans ayant pour cadre ma région, la Bretagne, ce roman ne pouvait qu’aiguiser ma curiosité et atterrir dans ma PAL, d’autant que sa jolie couverture est un vrai plus (oui parfois je peux être très superficielle !).

Au-delà du dépaysement que procure cette lecture qui m’a beaucoup plu et donné envie de revoir ces lieux emblématiques bretons et normands, car l’autrice plante très bien ses décors et franchement on s’y croirait !

J’ai aimé le cheminement de ces deux femmes, leurs caractères et leurs conversations. L’autrice aborde une foule de thématiques très intéressantes comme la famille, le désir de non maternité, le deuil, le veuvage, la solitude, le déracinement, le burn-out, et plus généralement la place des femmes.

C’est un roman à deux voix où chaque héroïne se raconte et raconte le voyage de son point de vue. Tout au long du roman, on fait le plein d’émotion, il y a des moments graves et d’autres joyeux et comme dans tous les feel-good books, il va être question de changement de vie et de nouveau départ, d’amitié et d’amour aussi.

J’ai été touchée par les deux femmes, spécialement Camille qui m’a beaucoup attendrie, et la jolie relation qu’elles entretiennent, l’amour qu’elles se portent.

De la sororité et une belle complicité féminine et intergénérationnelle face au deuil, une échappée savoureuse à deux voix entre Normandie et Bretagne, voilà ce qu’est ce roman.

Un road-trip pas comme les autres que je vous conseille en cette fin d’été / début d’automne, vous serez certainement aussi touché.e que moi par ces deux femmes fortes et indépendantes que je l’ai été.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture sensible et dépaysante !

Lu dans le cadre du Mois américain

Auteur de romances historiques écrites sous pseudo, Beatriz Williams a véritablement rencontré le succès avec L’Été du cyclone (Belfond, 2015), son deuxième roman signé sous son nom, le premier publié en France, qui s’est hissé rapidement en tête des best-sellers sur les listes du New York Times. Il est suivi de La vie secrète de Violet Grant, paru en 2016 chez le même éditeur. Elle vit dans le Connecticut aux États-Unis.

Christina Schuyler était prédestinée : une éducation dans les meilleures écoles de New York, un mariage de rêve avec un beau parti et un chemin tout tracé vers la Maison Blanche.

Car rien ne semble pouvoir arrêter l’ascension fulgurante de son mari, Frank Hardcastle. Bientôt, c’est sûr, Tiny sera la nouvelle First Lady. Seule ombre au tableau : Tiny a déjà plusieurs fausses couches et se désespère de ne pas mener une grossesse à terme.

Mais une série d’événements va venir assombrir le ciel bleu de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur QG. C’est d’abord l’arrivée de Pepper, la cadette des sœurs Schuyler, écervelée et insolente.

Puis une lettre anonyme, menaçant la réputation de Tiny et de son époux. Enfin, les retrouvailles inattendues avec le séduisant cousin de Frank. Un homme que Tiny a aimé autrefois…

Combien de temps avant que l’image de l’épouse modèle se fissure ? Dans la course au pouvoir suprême, les sentiments ont-ils une place ?

Après mon énorme coup de coeur pour La vie secrète de Violet Grant, premier volet de la série consacrée aux soeurs Schuyler, j’étais impatiente de retrouver Beatriz Williams et découvrir la soeur ainée de Vivian, Christina, avec Les lumières de Cape Cod.

Et je dois bien avouer que j’ai été moins charmée par cet opus que le précédent même si l’ambiance des sixties et l’histoire en elle-même rappellant celle des Kennedy m’a plutôt plu mais il m’a manqué un petit quelque chose pour être tout à fait emportée.

L’héroïne est plutôt attachante et ne manque pas d’intérêt : coincée dans un rôle de femme parfaite, on découvre une femme docile et fragile, cachant une forte personnalité.

Conditionnée depuis sa plus tendre enfance à répondre aux exigences de sa mère et à se marier à un bon parti, elle découvre que le pouvoir, le luxe et les apparences ne sont pas toujours le plus important.

Beatriz Williams oscille entre deux époques très proches : 1966, Tiny est mariée et fait l’objet d’un chantage par le biais de photos compromettantes ; et 1964, les semaines précédant son mariage alors qu’elle rencontre Caspian, le cousin de son fiancé dont elle tombe amoureuse.

Dans ce monde d’apparence, les secrets de famille, l’hypocrisie et les dissimulations au sein de la bonne bourgeoisie américaine, sont nombreux et on voit notre héroïne louvoyer comme elle le peut dans ce panier de crabes.

Globalement, j’ai apprécié cette histoire qui se lit toute seule et m’a tenu en haleine jusqu’au bout, je compte donc bien découvrir le dernier volet consacré aux soeurs Schuyler, Une maison sur l’océan, qui a pour héroïne la piquante Pipper !

Brigitte Aubert est née à Cannes en 1956. Programmatrice de cinéma, elle a également publié une quinzaine de thrillers (aux Editions du Seuil), dont La mort des bois qui a obtenu Le Grand Prix de Littérature Policière, en 1997, et , avec sa co-auteur G.Cavali autant de romans policiers et d’héroïc fantasy pour la jeunesse. Elle s’essaye aujourd’hui au polar historique.

Lors de l’extraordinaire vague de froid qui s’abat sur Paris pendant l’hiver 1895, le jeune reporter Louis Denfert découvre le corps sans vie d’un petit ramoneur en bord de Seine.

L’enfant n’a pas succombé à une mort naturelle et Louis apprend bientôt qu’une rumeur enfle dans les bas-fonds de la capitale : un homme en frac et en haut-de-forme, surnommé le Vicomte, rôderait dans Paris, attirant les enfants des rues à bord de son fiacre sous prétexte de leur montrer un fabuleux jouet optique…

Tandis que les inventeurs de tout poil se livrent une bataille acharnée pour mettre au point le cinématographe, l’intrépide reporter se lance dans une traque sans merci, du Moulin-Rouge aux ors délabrés du carnaval de Venise, à la recherche d’une mystérieuse caméra et d’un pervers assoiffé de sang.

Mais dans les brouillards méphitiques de la lagune, il s’avère plus insaisissable qu’un démon…

Après Le miroir des ombres, place à La danse des illusions, second opus de la série consacrée à l’intrépide journaliste Louis Denfert, signé Brigitte Aubert.

A l’instar du premier tome, j’ai beaucoup aimé cette intrigue policière qui nous mène de Paris à Venise sur les traces d’un tueur en série même si je regrette les longueurs et les schémas narratifs sont un peu trop proches similaires : à savoir la course au cinématographe et un tueur en série particulièrement sadique et sanguinaire qui va entraîner notre héros et ses amis jusqu’en Italie mais c’est mon seul bémol.

Formidablement bien documenté, ce polar historique renferme tout ce que j’apprécie dans ce genre : un contexte historique de qualité, une intrigue bien troussée, un suspense jusqu’au bout, des personnages attachants que j’aurai plaisir à retrouver dans les tomes suivants puisqu’ils sont tous dans ma pal !

Dès les premières pages, j’ai été happée par cette histoire qui met en lumière la dure condition des enfants vendus ou abandonnés, sous la coupe de souteneurs ou de caïds sans merci, condamnés à devenir voleurs ou prostitués et dont personne ne se soucie.

Brigitte Aubert mêle habilement fiction et réalité historique, personnages réels et de papier. Les rebondissements et les fausses pistes viennent agrémenter une intrigue classique mais efficace qu’on suit avec plaisir de la première à la dernière page.

Malgré mes petits bémols, je vous conseille cette série méconnue que je compte poursuivre en octobre, vous retrouverez donc Louis Denfert et ses acolytes dans quelques semaines sur le blog !

Terry Fan est né dans l’Illinois, aux États-Unis. Il a suivi une formation artistique à l’Université d’Art et Design d’Ontario à Toronto, au Canada. Ses illustrations sont un subtil mélange de techniques traditionnelles et contemporaines associant l’encre et le crayon avec des outils numériques. Terry passe ses jours (et ses nuits) à créer des portraits, des illustrations et des peintures emplies de magie.
Eric Fan est un artiste et écrivain né à Hawaii, vivant aujourd’hui à Toronto, au Canada. Il a suivi une formation à l’Université d’Art et Design d’Ontario où il a étudié l’illustration, la sculpture et le cinéma. Il voue une passion sans bornes aux vélos vintage, aux rouages d’horlogerie et aux rêves irréalisables. En 2017, il publie Le Noir de la Nuit (Éditions des Éléphants) avec Terry Fan, son frère. Surnommé les « Fan Brothers », le talentueux duo publie en 2018 Le Fabuleux Voyage du bateau-cerf et Le Jardinier de la nuit aux éditions Little Urban.

Hiver comme été, printemps ou automne, nul n’ose s’approcher du champ. La faute à l’épouvantail abandonné, qui ne bouge pas d’un pouce du premier au dernier jour de l’année.

Tous les oiseaux sont effrayés par le gardien de paille vêtu de son chapeau, de sa chemise à carreaux et de sa salopette en jean.

A toute heure du jour de la nuit, il est là, seul. Pourtant, ce coeur de paille ne demande qu’à aimer et à être aimé…

Vous connaissez mon amour pour les albums des éditions Little Urban, le petit dernier des Fan Brothers, L’épouvantail au coeur de paille, ne pouvait qu’atterrir dans ma pile à lire pour mon plus grand plaisir et celui de mes petits lecteurs.

Son format à l’italienne permet une mise en page splendide puisque la quasi-totalité des dessins s’étale sur deux pages à la fois, ce qui permet au talent d’Eric et Terri Fan de se déployer totalement.

L’histoire proposée par Beth Ferry est d’une douceur, d’une sensibilité et d’une poésie folle car l’intégralité du texte, rimé, se découpe à la manière des poèmes : tercets, quatrains ou quintils principalement.

Le texte est beau et plein d’émotion : on suit le morne quotidien de l’épouvantail, qui est seul, en toute saison. Puis, est venu le temps de l’amitié avec un oiseau blessé, qui m’a rappelé Le lion et l’oiseau de Marianne Dubuc, et d’un coup la vie est belle !

Les illustrations des Fan Brothers sont de toute beauté et accompagnent merveilleusement bien la poésie de Beth Ferry, on en prend plein les mirettes de la première à la dernière page.

Un album réussi autant sur la forme que sur le fond et coup de coeur pour moi et mes petits lecteurs que je vous recommande vivement si vous appréciez les albums poétiques ou les beaux ouvrages en particulier, vous serez aussi charmé(e)s que moi !

Un grand merci aux éditions Little Urban pour cette lecture toute poétique, j’ai adoré.

David Foenkinos est l’auteur de plusieurs romans dont Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations, Les souvenirs et Je vais mieux. La délicatesse, paru en 2009, a obtenu dix prix littéraires. En 2011, David Foenkinos et son frère Stéphane l’ont adapté au cinéma, avec Audrey Tautou et François Damiens. Ils ont également réalisé le film Jalouse, avec Karin Viard. En 2014, Charlotte a été couronné par les prix Renaudot et Goncourt des lycéens. Les romans de David Foenkinos sont traduits en plus de quarante langues.

A Crozon, en Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs.

Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits de toute la France. Delphine, éditrice chez Grasset et originaire du village, profite de ses congés avec son amoureux, auteur dont la première publication n’a pas connu le succès, pour se rendre à la bibliothèque et découvrir ce département pas comme les autres.

Parmi les manuscrits refusés, ils découvrent ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, Les dernières heures d’une histoire d’amour, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain qui se trouve être un pizzaiolo et apprend qu’il est mort deux ans auparavant.

Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un immense succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire.

Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination ?

Le mystère Henri Pick signe mes retrouvailles avec David Foenkinos que j’avais découvert avec La délicatesse et Charlotte.

Comme toujours avec cet auteur, ce fut une lecture agréable de la première à la dernière page, une petite parenthèse de légèreté qui est arrivée au bon moment.

L’idée de depart est originale et vraiment bien trouvée et malgré quelques longueurs au début consacrées au lancement du livre, on ne s’ennuie pas car les rebondissements sont nombreux, notamment le dernier qui m’a vraiment surprise.

Beaucoup de personnages bien dessinés peuplent ce roman : certains plus importants ou intéressants que d’autres, certains franchement inutiles et les passages qui leur sont liés m’ont paru clairement de trop.

Cecis mis à part, David Foenkinos aborde avec un ton léger et souvent drôle, des sujets de fond très intéressants tels que la manipulation médiatique, l’idolâtrie dont sont l’objet certains ecrivains (Houellebecq par exemple), la solitude, les affres de la création, les coulisses de l’édition…

Le récit se dévoile façon poupées russes avec plusieurs récits entrelacés à l’histoire principale, c’est bien construit et il y a un certain suspens mené jusqu’au bout car jusqu’à la dernière page on se demande : supercherie littéraire ou pas ? Et si oui, qui est derrière ?

En bref, une comédie sur le monde de l’édition bien sympathique et distrayante, idéale pour passer un chouette moment. Et même si le dénouement est surprenant, je ne pense pas qu’il me restera longtemps en mémoire ! Maintenant je compte bien découvrir le film avec Fabrice Luchini et Camille Cottin.

Frédéric Baptiste écrit et met en scène des spectacles pour différentes productions et pour des artistes de théâtre. Il est également scénariste. Amoureuses est son premier roman.

Le Havre, printemps 1939. Claire est l’épouse d’un riche industriel peu présent et volage. Sa seule joie réside dans les moments passés avec sa fille. Son mariage avec l’associé de son frère Tristan a été arrangé et lorsqu’elle reçoit la visite d’une femme qui lui annonce que son mari est le père de ses deux enfants, une dispute éclate avec son mari qui se finit en viol conjugal.

Apprenant quelques temps plus tard qu’elle est enceinte, Claire quitte la ville pour se faire avorter par Marthe une rebouteuse, dont l’épouse, Edouard, est ami avec Tristan. Mais Marthe refuse car sa grossesse est trop avancée et lui propose d’adopter cet enfant non désiré car elle ne peut pas avoir d’enfant.

Claire accepte et découvre un univers rural qui lui était jusque-là étranger. Au fil des semaines, elle prend goût à cette nouvelle vie, se lie de plus en plus avec Marthe au point d’en tomber amoureuse et rêver de divorce…

Avec Amoureuses, Frédéric Baptiste aborde le thème de l’émancipation des femmes par l’amour. Pudique et délicat, ce récit inspiré de l’histoire vraie des arrières-grands-mères de l’auteur, nous plonge au coeur de l’intimité de deux femmes qu’apparemment tout oppose.

J’ai trouvé ce premier roman très touchant. L’histoire de Marthe et Claire m’a plu, j’ai trouvé leur histoire d’amour très belle, pleine d’une douceur et d’une sensualité lumineuse qui m’a rappelé Amours de Leonor de Recondo.

L’écriture de Frédéric Baptiste est fluide et les pages se tournent toutes seules et on arrive au point final à regret car si ce premier roman comporte quelques maladresses, s’attardant sur des choses que j’ai parfois trouvé inutiles au détriment d’autres qui étaient plus intéressantes, je l’ai lu avec plaisir même si il n’est pas exempt de clichés sur la bourgeoisie : femmes écervelées, hommes volages et brutaux…

Au-delà de l’histoire d’amour et de la critique de la bourgeoisie des années 30, ce que j’ai apprécié ici c’est la peinture de la condition féminine de l’époque, la maternité et les efforts de Claire pour prendre sa vie en main en dépit des écueils placés sur sa route.

Les personnages de Claire, Marthe et Edouard sont attachants même si ils manquent un peu de profondeur et j’ai pris plaisir à les suivre tout au long du récit.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette découverte !