Le Paris des Merveilles tome 2 L’élixir d’oubli – Pierre Pevel

Paris, 1909. A peine remis de sa précédente enquête, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, se retrouve mêlé à une bien étrange affaire, dont les ramifications pourraient remonter à plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’années. Secondé – plus ou moins – par la baronne Isabel de Saint-Gil, Griffont va devoir affronter bien des dangers. Mais il se pourrait que ce soit l’avenir de notre monde et de l’OutreMonde, lui-même, rien moins, qui soit en jeu. Cela justifie bien de se replonger dans son passé, voire de mettre sa propre vie en péril.

Paris 1909. Quelques mois après l’épilogue des Enchantements d’Ambremer, Louis Denizart Hippolyte Griffont se voit de nouveau confronté à un tourbillon d’événements tous plus incompréhensibles les uns que les autres.

Griffont, membre reconnu d’un club de gentlemen magiciens, est sur une nouvelle affaire de meurtre. La victime est un antiquaire apparemment sans histoires, mais l’enquête du mage le conduit à un nom que beaucoup redoutent : Giacomo Nero.

Cet ambitieux mage noir pourrait bien être mêlé à une intrigue trouvant ses origines à l’époque de la Régence. En ce temps-là, Griffont était le chevalier de Castelgriffe. Érudit désinvolte et mage libertin, il s’apprêtait à affronter une société secrète et, ce faisant, collaborait pour la première fois avec une certaine baronne de Saint-Gil.

Un mois après ma lecture du premier volume de la trilogie Le Paris des merveilles, j’ai retrouvé avec grand plaisir l’univers fantaisy et steampunk de Pierre Pevel et l’ensemble des protagonistes de cette saga, et en premier lieu Griffont et la baronne bien sûr, notre duo de héros sympathique en diable.

Ce deuxième tome fut un véritable bonheur de lecture, j’aime décidément beaucoup ce mélange de Paris de la Belle Époque mâtiné de magie et de fantaisy avec des personnages issus des bestiaires médiévaux comme les fées, les chats-ailés, les gnomes et les dragons de l’Outremonde et de Belle Époque avec ses brigades du Tigre.

Pour moi qui adore cette série qui a bercé mon enfance, c’est un vrai plaisir de retrouver au détour de cette lecture les personnages de Faivre, Valentin, Terrasson et Pujol !

Pierre Pevel invite aussi Arsène Lupin dans son Paris des merveilles en lui faisant endosser le rôle de soupirant de la Baronne, un soupirant qui provoque l’ire et la jalousie de Griffont toujours amoureux de sa femme sans toutefois l’avouer à la principale intéressée qui nourrit les mêmes sentiments en secret elle aussi.

La plume de Pierre Pevel est vive et savoureuse et l’intrigue est menée tambour battant entre Paris et l’Outremonde du début du 20è mais aussi au temps de la Régence avec des flashbacks bien amenés qui nous permettent d’assister à la rencontre de Griffon et d’Isabelle, d’expliquer les origines du complot et d’en apprendre plus sur ce mage et cette fée.

Pour celles et ceux qui comme moi ne sont pas familiers de ce genre parfois complexe, ils ne seront pas perdus car Pierre Pevel ne nous assomme pas sous des dizaines de pages d’explications de son monde et tout ceci est amené avec simplicité et légèreté, du grand art !

Comme vous le savez déjà, j’ai un gros faible pour cette Belle Époque et j’ai été vraiment séduite par celle que nous propose Pierre Pevel à la fois réelle et fantasmée pour devenir un Paris d’uchronie auquel on croit sans problème.

C’est un roman qui tient à la fois du merveilleux, de la fantaisy, du roman d’aventures et du roman policier avec aussi une pointe d’humour, un récit qui comme je le disais plus haut fut un moment de pur bonheur de lecture pour moi.

Un second opus on ne peut plus réussi et maîtrisé que le premier et une trilogie qui m’enchante tellement que je compte la terminer le mois prochain.

Le travailleur de la nuit – Matz & Léonard Chemineau

Alexandre Jacob a connu un destin hors du commun. Son gang de cambrioleurs, surnommé « Les Travailleurs de la nuit » par les journalistes, a écumé la France entière, défrayé la chronique, et Jacob, qui laissait sa carte avec un mot d’humour à ses victimes, distribuait ses butins énormes aux nécessiteux, vivant modestement. Il aurait inspiré Arsène Lupin. Auparavant, il a couru le monde, depuis son plus jeune âge, comme mousse et marin. Il en a retiré une vision du monde personnelle et de solides convictions anarchistes. Il ne supporte pas l’injustice et l’hypocrisie. Mais son engagement politique le conduit en prison et à ne plus pouvoir travailler, ce qui le jette dans la carrière criminelle. Après un procès retentissant, où il insulte les juges et les jurés, menacés de mort par ses complices, il est condamné à finir sa vie au bagne, à Cayenne. Mais ce serait mal le connaître de penser qu’il se plierait à une telle sentence…

Paris, 1905. Alexandre Jacob fait face à ses juges et ses réparties ne manquent pas de sel. D’un milieu populaire, Jacob, 26 ans, a déjà vécu mille vies lorsqu’il se fait arrêter en flagrant délit de cambriolage. De mousse à typographe, apprenti pharmacien et anarchiste, Jacob est un homme instruit, aimant les livres, qui mène malgré les millions acquis par ses vols, une vie des plus simples, refusant la vie de bourgeois, pour rester fidèle à ses engagements.

Il ne vole que les riches oisifs et le clergé, en bon anticlérical qu’il est et fait figure de modèle d’inspiration pour le personnage de Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur, même si Maurice Leblanc s’en défendra toujours, il y a quelques similarités qui ne trompent pas.

Matz et Léonard Chemineau retracent dans Le travailleur de la nuit la vie singulière d’Alexandre Jacob, un personnage haut en couleur et terriblement attachant, un homme droit dans ses bottes qui voulait imposer l’anarchisme en tapant où ça fait mal, au portefeuille, et non en usnat de violence, en refusant de poser des bombes comme bon nombre d’anarchistes de la fin du 19è et début du 20è.

Un voleur anarchiste aux antipodes de Jules Bonnot et sa bande, plein d’humour, qui signe ses forfaits d’une carte au nom d’Attila, sur laquelle il inscrit parfois des mots, comme « Dieu des voleurs, recherche les voleurs de ceux qui en ont volé d’autres. » (Rouen, église Saint-Sever, nuit du 13 au 14 février 1901).

Homme intelligent et ingénieux, il achète tous les modèles disponibles de coffres-forts pour mieux les fracturer, coince des morceaux de papier dans les portes de ses futures victimes et passe le lendemain vérifier s’ils sont toujours en place, il monte soigneusement chaque coup, ne laissant rien au hasard et va ainsi avec sa bande, piller aux quatre coins de la France, en se déplaçant rapidement grâce aux chemins de fer et en trouvant ses proies grâce au bottin dans lequel les plus riches sont fiers d’apparaître !

Avec sa bande, dont sa propre mère et sa compagne, il a réussi plus de 500 cambriolages dans tout l’hexagone et même à l’étranger avant son arrestation et sa déportation pour le bagne de Cayenne.

Une personnalité hors du commun dont je ne soupçonnais pas l’existence et que j’ai découvert grâce à cette biographie très fidèle signée Matz pour le scénario et mise en dessins et couleurs avec talent par Léonard Chemineau.

Un récit scindé en plusieurs parties : une jeunesse en mer qui raconte l’engagement du jeune Alexandre en tant que mousse parcourant le monde et subissant les assauts pédophiles de son chef, l’illégaliste qui revient sur sa découverte du mouvement anarchiste, les travailleurs de la nuit qui nous narre les cambriolages de Jacob et sa bande, la guillotine sèche qui nous dévoile ses années de bagne et enfin je me suicide un samedi qui nous dresse brièvement ses dernières années.

Un homme qui ne sera pas brisé par le bagne, il y a restera vingt-cinq ans lorsque la plupart de ses camarades meurent dans les cinq premières années, grâce à sa grande volonté et son intellect, qu’il ne se cessera de nourrir par ses lectures, notamment celle du code pénal.

Cette bande dessinée passionnante, emmenée sur un rythme élevé et sans temps mort, a la bonne idée de mettre en lumière la vie d’un homme en révolte permanente, généreux et cultivé, qui n’a jamais courbé l’échine et s’est battu pour ses idées, pour une vraie égalité entre les êtres humains, et qui prônait la solidarité avant tout.

Que vous dire de plus sinon que j’ai beaucoup aimé ce personnage et le travail réalisé par Matz et Chemineau, ça vous l’aurez compris, et que je vous la recommande chaudement, j’espère que vous l’avez compris aussi.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette découverte !

La lettre volée – Jean d’Aillon

1644, alors que la France gronde contre le Mazarin, pourquoi Paul de Gondi, coadjuteur de Paris est-il autant terrifié par le vol d’une lettre qu’il conservait dans sa chambre du Petit Archevêché ?

Un an déjà que Louis XIII et son fidèle premier ministre le cardinal de Richelieu sont passés de vie à trépas lorsque le coadjuteur de Paris, Paul de Gondi, fait appel à son ancien condisciple du collège de Clermont, Louis Fronsac.

Le notaire établi à Mery près de Chantilly est de passage à Paris avec son épouse Julie pour soigner la duchesse de Rambouillet. Ses talents d’enquêteur aussi discret que hors pair auprès du cardinal Mazarin en font l’homme idéal pour mettre la main sur une mystérieuse lettre volée au coadjuteur et lever le voile sur son ravisseur.

Aidé de son ami Gaston de Tilly, commissaire, et de soldats chevronnés tels que Gaufredi et Bauer, il va mener à bien cette enquête épineuse dans le cercle que fréquente le futur cardinal de Retz.

Louis Fronsac est un personnage ayant réellement existé auquel Jean d’Aillon redonne vie dans une série d’une dizaine de polars historiques qui, si je me fis à La lettre volée, une courte nouvelle, doivent être particulièrement passionnants, formidablement bien écrits, sur des bases historiques indéniablement sérieuses.

Cet ancien notaire anobli par Louis XIII, marquis de Vivonne, conduisait donc des enquêtes criminelles au XVIIe siècle, sa vie a d’ailleurs été racontée par Aurore Laforêt dans La vie de Louis Fronsac, en 1709.

Paul de Gondi, cet ecclésiastique qui n’avait pas la foi et qui avait été jeté dans la carrière religieuse par volonté familiale, s’entourait volontiers de libertins et de poètes tels que Gilles Ménage, Vincent Voiture ou Gédéon Tallemant des Réaux, autant de noms qui sont familiers aux amateurs de littérature du début du 17è mais totalement inconnus du grand public, que Jean d’Aillon nous fait côtoyer tour à tour.

C’est pour ma part une période littéraire que j’aime beaucoup et que j’ai étudié à la fac, j’étais donc en terrain de connaissance, et cette nouvelle policière m’a plongé avec délice dans ce Paris de la première moitié du 17è siècle que Jean d’Aillon connaît fort bien et dans il rend à merveille l’atmosphère et les intrigues politiques entre Mazarin et ses adversaires.

Une première incursion, trop brève hélas, dans cet univers qui me donne envie de découvrir les autres enquêtes de Louis Fronsac. Si elles sont du même acabit, c’est-à-dire aussi remarquablement écrites et documentées, elles me promettent de belles heures de lecture.

Et dire qu’il m’aura fallu quatre années avant de sortir ce court opus de ma PAL…

Ça ne va pas arranger ma PAL # 55

Quatre semaines se sont déjà écoulées depuis mon précédent book haul et une fois de plus ma PAL a connu un régime grossissant puisqu’entre mes achats et les services presses reçus,  j’ai une belle fournée de livres à vous présenter, principalement une fois n’est pas coutume des bandes dessinées, de la jeunesse, des contemporains et des thrillers.

En ce mois de mai pas moins de vingt romans et bandes dessinées ont rejoint mes étagères : seize services presse et quatre achats que je vous propose de découvrir sans plus attendre :

On commence par les romans contemporains et tout d’abord deux titres reçus des éditions Albin Michel : Le plus beau reste à venir de Hélène Clément et Un été invincible de Alice Adams, deux belles briques d’ailleurs sur l’adolescence et les années fac.

Un roman tendre et drôle qui ne m’a pas tout à fait convaincue mais m’a fait passé un très agréable moment : Mémé dans les orties de Aurélie Valognes.

On poursuit avec le dernier roman de Laurence Peyrin, Miss Cyclone chez Calmann-Levy. J’espère que je l’apprécierai autant que La drôle de vie de Zelda Zonk et Hanna, ses précédents romans.

Et un roman historique qui est aussi un roman d’aventures avec pour toile de fond le Mexique, La Havane, les Antilles et l’Andalousie : Soledad de Maria Duenas chez Robert Laffont.

On passe aux bandes dessinées maintenant avec une série qui me faisait de l’oeil depuis longtemps 14-18 tome 1 Le petit soldat (août 1914) de Eric Corbeyran que je me suis procuré pour seulement 1€ !

Les deux autres titres m’ont été envoyés par Rue de Sèvres : Le travailleur de la nuit de Léonard Chemineau qui dresse le portrait d’un anarchiste ayant réellement existé, un roman graphique passionnant que je vous présente très vite et Les petites victoires de Yvon Roy qui a pour sujet l’autisme, un thème qui me tient à coeur.

On passe aux thrillers avec deux titres envoyés par Les presses de la cité : La dernière expérience de Annelie Wendeberg, qui je l’espère sera à la hauteur du premier opus Le diable de la Tamise. Et A sa place de Ann Morgan sur le thème de la gémellité.

Et un nouveau titre issu de l’excellente collection La bête noire chez Robert Laffont : Tu tueras l’ange de Sandrone Dazieri.

On passe à la jeunesse maintenant avec un huis-clos qui promet d’être palpitant : Piégés dans le train de l’enfer de Hubert Ben Kemoun chez Flammarion Jeunesse.

De l’aventure avec Les prisonniers du Nether de Frigiel et Fluffy chez Slalom qui devrait ravir mes garçons addicts à Minecraft !

Un petit roman historique qui se déroule au 19è siècle : Les compagnons de la cigogne tome 2 : Le fantôme des trois châteaux de Sophie Humann chez Gulf Stream Editeur.

On continue avec un roman à la fois gourmand et mystérieux : L’auberge entre les mondes tome 1 Péril en cuisine ! de Jean-Luc Marcastel chez Flammarion jeunesse aussi.

Deux achats maintenant, toujours à 1€, ça ne valait pas le coup de s’en priver : La quête d’Ewilan tome 1 D’un monde à l’autre adapté du roman de Pierre Bottero et La guerre des Lulus tome 1 La maison des enfants trouvés 1914 de Régis Hautière.

Et pour finir trois bandes dessinées envoyées par Rue de Sèvres : La guerre de Catherine de Julia Billet ; Yin et le dragon tome 2 Les écailles d’or de Richard Marazano et Fleur de bambou de Richard Marazano également.

En avez-vous lu certains ? En attendant de vous en reparler, je vous souhaite un bon week-end et de belles lectures.

Irena tome 1 Le ghetto – Jean-David Morvan, Séverine Trefouël & David Evrard

1940, l’armée nazie a envahi la Pologne. À Varsovie, les Juifs de la ville ont été parqués dans le ghetto : un quartier entier entouré de murs. Quiconque tente de s’en échapper est abattu sans sommation ; les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du département d’aide sociale. Parmi eux, Irena vient tous les jours apporter vivres et soutien à ceux qui sont enfermés dans cet enfer et qui souffrent de maladies et de malnutrition. Ici, tout le monde la connait, les enfants l’adorent. Car Irena est un modèle de courage : elle n’hésite pas à tenir tête aux gardiens, à faire toujours plus que ce qu’autorise l’occupant nazi. Le jour où, sur son lit de mort, une jeune mère lui confie la vie de son fils, Irena se met en tête de sortir clandestinement les orphelins du ghetto. Pour que l’innocence soit épargnée de la barbarie, elle doit être prête à risquer sa vie.

1940, l’armée nazie a envahi la Pologne et a y déployé ses lois antisémites en quelques mois. Peu à peu, les juifs n’ont plus aucun droit et à Varsovie, les voilà parqués dans le guetto.

Personne n’a droit d’y entrer ni d’en sortir sous peine d’être abattu sans sommation, exceptés les membres du département d’aide sociale qui viennent chaque jour apporter repas, vêtements, médicaments aux détenus souffrant de diverses maladies et de malnutrition.

Parmi le personnel, la plus engagée est sans conteste Irena Sendlerowa, elle tient sa vocation sociale et d’aide aux plus démunis de son père, un médecin mort du typhus pendant la grande guerre.

Irena est un modèle de courage, elle n’hésite pas à tenir tête au commandant nazi et s’en tient à ça jusqu’au jour où une mère mourante l’implore de prendre son fils et de l’emmener loin du ghetto.

A partir de ce jour, Irena et son collègue, risquent leur vie pour faire sortir un à un les enfants du camp…

Décédée en 2008, déclarée Juste parmi les nations en 1965, Irena Sendlerowa, résistante et militante polonaise, fut lune des plus grandes héroïnes de la Seconde Guerre Mondiale, sauvant près de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. Et pourtant elle m’était totalement inconnue jusqu’à ce que je tombe sur Irena tome 1 Le ghetto écrit par Jean-David Morvan qui a découvert son histoire en lisant par hasard un article sur elle qui a eu le déclic : sa vie devait être racontée.

Avec Séverine Tréfouël et David Evrard, il retrace sur trois albums le combat humaniste de cette « mère des enfants de l’Holocauste. » Ce premier tome sans pathos m’a émue aux larmes, le destin de cette femme hors du commun qui n’a pas hésité à mettre sa vie en danger pour sauver des enfants, est vraiment bouleversant.

Le travail de documentation des auteurs est remarquable et leur approche est très pédagogique car l’histoire se lit facilement et propose différents niveaux de lectures permettant aux adultes de prendre conscience des atrocités de cette période tout en restant accessible à des lecteurs plus jeunes qu’il faut néanmoins accompagner dans cette lecture car certains passages, vous vous en doutez, sont très durs et ne sont pas à mettre dans les mains des plus émotifs.

Porté par un dessin tout en simplicité et en sensibilité, Irena réussit le tour de force de parler sans lourdeur d’un sujet fort, poignant et profondément actuel. C’est évidemment une bande dessinée nécessaire car il ne faut jamais oublier ce que fut la Shoah et le sort des juifs et plus généralement des opposants à Hitler pendant son règne.

Elle met en lumière une oubliée des livres d’histoire car une fois de plus, l’injustice frappe les femmes qui n’ont pas le droit d’apparaitre sur les manuels scolaires, qu’Irena Sendlerowa soit totalement inconnue du grand public, voilà une injustice réparée par les auteurs.

Il est essentiel de continuer à parler de la shoah et des Justes afin que les plus générations soient sensibilisées à l’heure où de plus en plus de pays ont la tentation du repli sur soi et du nationalisme.

Toucher, émouvoir, parler d’hier pour raconter aujourd’hui, une mission remplie haut la main par Jean-David Morvan et un coup de coeur que je vous recommande vivement ! J’ai d’ores et déjà réservé le tome 2 Les justes à la médiathèque et j’ai hâte de m’y plonger !

Miss Dashwood nurse certifiée tome 2 Attention enfant fragile ! – Gwenaële Barussaud

Daisy Dashwood, nurse anglaise formée à la très réputée Perfect Children Academy, croyait avoir tout vu avec les enfants Godefroy et Charlotte de Grandville. Mais lorsqu’elle est appelée auprès de la Duchesse de Rochebelle pour s’occuper de la jeune Marie-Printemps, la voilà confrontée à des obstacles inattendus : l’enfant vit sous la férule d’une mère hantée par la peur des « microzoaires » et se croit constamment malade ou en danger.

Adieu jeux de plein air, jardinages et autres excursions champêtres pourtant recommandées par la célèbre pédagogue Mrs Stenford : désormais pour Daisy Dashwood ce sera sirop, pansements et broderies dans l’atmosphère confinée de la chambre. Heureusement, l’espiègle Léon, fils du gardien du domaine, vient mettre un peu d’animation au château. Mais d’animation à révolution, il n’y a qu’un pas que le duc et la duchesse de Rochebelle ne veulent surtout pas franchir. A moins qu’il en aille de la santé de Marie-Printemps…

Daisy Dashwood est une jeune nurse anglaise formée au sein de la prestigieuse école de nurses londonienne, la Perfect Children’s Academy. Ses vertus pédagogiques et ses prouesses auprès de Godefroy et Charlotte de Grandville ont fait le tour des châtelains normands.

C’est ainsi que le duc et la duchesse de Rochebelle font appel à ses services pour venir s’occuper de leur nièce Marie-Printemps, venue de Paris en convalescence. Voilà notre Miss Dashwood contrainte de quitter ses chers petits et Rodolphe Aiglefin, le professeur de piano de Charlotte pour lequel la nurse a le béguin.

Elle est accueillie par un colosse et son chien et conduite auprès de la duchesse, bavarde comme une pie et du duc, passionné de cactus. Elle fait ensuite la rencontre avec Marie-Printemps, assise dans son lit dans la pénombre la plus complète.

Prétendument de santé fragile, la jeune fille totalement hypocondriaque, ne doit pas voir le jour sous peine de migraines ni sortir de son lit de peur d’attraper microbes et maladies, abonnée à un régime à base de jus et de soupes en tous genre mitonnés par Arlette Lepic, sa cuisinière, qui suit à la lettre les préceptes du docteur Larivoisier.

Miss Dashwood va-t-elle convaincre Marie-Printemps de sortir faire des ricochets avec Léon Talbot, le fils du gardien, salir ses vêtements et essayer la nouvelle invention qui fait fureur à la cour de Napoléon III, le vélocipède ?

Comme vous le savez j’affectionne particulièrement la plume de Gwenaële Barussaud découverte à la lecture de sa série pour les adolescentes, Les lumières de Paris, une série pour laquelle j’ai eu un immense coup de cœur et dont j’attends avec impatience le quatrième tome.

J’étais donc ravie de retrouver sa série à destination des enfants entre 9 et 12 ans, Miss Dashwood nurse certifiée dont j’avais beaucoup aimé le premier opus, De si charmants bambins. Nous retrouvons donc dans ce deuxième volume notre nurse rousse so british, désormais épicurienne et grande amatrice de cuisine et de produits normands aux prises avec Marie-Printemps, une enfant intelligente et futée, très instruite en pharmacopée.

Attention enfant fragile ! est un vrai bonheur de lecture qui ravira les jeunes lectrices mais aussi celles qui ont gardé leur âme d’enfant et qui aimaient lire les charmants romans de la comtesse de Ségur dont Gwenaële Barussaud est sans aucun doute la digne héritière.

Ce second volume est tout aussi réussi que le premier, l’intrigue est menée tambour battant par Miss Dashwood avec des quiproquos linguistiques, de l’humour, des retournements de situation à la clé, impossible de s’ennuyer.

Un roman pertinent, joliment illustré, virevoltant et drôle, porté par des personnages ô combien attachants, avec pour toile de fond la Normandie de Napoléon III, comme toujours très bien restituée.

Gwenaële Barussaud montre bien à travers ce roman les différences entre Paris et la province dans les comportements et les us et coutumes, nous dévoilent les jeux en vogue sous Napoléon III ainsi que les avancées scientifiques de ce règne, de ce point de vue, c’est tout à fait passionnant et instructif pour les enfants.

Vous l’aurez compris Miss Dashwood est un roman délicieux et pétillant avec une vraie qualité littéraire et une jolie plume, je vous recommande cette série assurément.

Un grand merci à Flora et aux éditions Fleurus pour cette charmante lecture !

Une aventure des Spectaculaires tome 1 Le cabaret des ombres – Régis Hautière & Arnaud Poitevin

Professions : homme fort, télépathe, lanceur de couteaux et homme canon. Signe particulier : des talents ébouriffants pour le trucage et l’illusion. Mission : Sauver le monde ! Ou presque… Seul problème, la joyeuse bande des spectaculaires n’a aucun pouvoir extraordinaire, mais un risque clair de fermer leur cirque pour dettes. Alors quand le doux dingue professeur Pipolet leur propose de l’aider à sauver la planète, plus de doute, il est temps pour eux d’être inventifs. Et attention, ça va être explosif.

Paris, 1909. Les Spectaculaires sont une troupe de quatre artistes de cabaret un peu ratés qui vivotent dans leur cabaret des ombres. Les spectateurs se font rares et les recettes se réduisent à peau de chagrin. 

Évariste est l’homme volant de la troupe et assurément le clou du spectacle, son cousin Eustache est l’homme fort, Félix un féroce lycanthrope et Pétronille les mène à la baguette. Derrière chaque tour, un trucage et point de pouvoirs magiques : Évariste vole grâce à un fil, Eustache est un colosse en carton-pâte soulevant des enclumes poids plume et Félix porte un costume qui le fait ressembler à un loup-garou.

Leurs finances et leurs perspectives d’avenir sont bien peu reluisantes et la banque les menace de leur prendre leur seul bien, leur cabaret bien-aimé. C’est alors qu’ils sont approchés par l’un de leurs spectateurs d’un soir, le professeur Pipolet.

Cet inventeur loufoque, bluffé par leurs pouvoirs, leur propose de les engager afin de récupérer l’une des inventions qu’on lui a volé, une arme de destruction massive particulièrement dangereuse qui pourrait anéantir le monde !

Cette bande dessinée me faisait de l’oeil ainsi qu’à mon Sami-Chameau depuis sa parution, je n’ai donc pas hésité à l’acquérir lorsque je l’ai trouvé d’occasion dans un état impeccable et je dois dire que je ne regrette pas mon achat car cette première Aventure des spectaculaires Le cabaret des ombres s’est révélée très sympathique.

J’affectionne particulièrement comme vous le savez cette période de la Belle Époque et j’aime la retrouver dans mes lectures. Le récit se déroule ici à Paris en 1909 et le scénario de Régis Hautière nous plonge au coeur de ce Paris où le cinématographe fait de plus en plus d’adeptes au détriment des cirques et cabarets qui font grise mine.

Mais le scénariste ne se contente pas de rendre fidèlement cette époque, il fait aussi la part belle au steampunk, un genre que l’on ne retrouve pas fréquemment dans les lectures proposées aux 9 / 12 ans.

L’intrigue n’est pas des plus nouvelles mais le vernis steampunk lui donne un peu d’originalité et surtout elle est menée tambour battant par Régis Hautière qui ne laisse pas de temps mort à ses héros et à ses jeunes lecteurs, bien aidé par les dessins d’Arnaud Poitevin que je trouve très réussis.

Les quatre Spectaculaires sont sympathiques en diable et le professeur Pipolet, savant particulièrement barré aux inventions scabreuses, apporte une touche humoristique indéniable qui font de ce premier volume, un sympathique divertissement.

C’est frais, pétillant, avec une ambiance burlesque réussie et des rebondissements à la clé, et je ne peux que la recommander aux 9 / 12 ans et à ceux qui aiment le steampunk.

Un premier opus somme toute très amusant qui donne envie de suivre cette série en cours de réalisation !