Lulu et son dragon tome 1 – Ingrid Chabbert & Cédrick Le Bihan

Lulu est une petite fille qui a une seule et grande passion : les dragons ! Elle aime plus que tout les histoires de dragons, les peluches en forme de dragons, les imprimés dragons et surtout… dessiner des dragons.
Un jour, un orage éclate alors que Lulu est en train de réaliser son plus beau dessin. L’encre et les couleurs coulent au sol : quel gâchis !
La nuit même quelque chose toque à la fenêtre de Lulu. Elle manque de tomber à la renverse : le dragon de son dessin a pris vie, grandeur nature !

Lulu est une petite fille rousse, un brin garçon manqué, qui aime par dessus tout les dragons ! Elle est fascinée par ces créatures mythiques et collectionne tout ce qui a en rapport avec eux.

Et bien sûr, elle adore les dessiner et leur fait la peau très colorée. Une après-midi, alors qu’elle dessine dans le jardin, elle doit rentrer précipitamment à la maison à cause de l’orage. Son beau dragon a tout dégouliné sous l’effet de la pluie et Lulu se couche fort marrie.

Mais en pleine nuit, son dragon a pris vie et toque à la porte. Il se prénomme Zygo et lui propose de lui faire découvrir son île…

Voilà une bande dessinée qui a irrémédiablement attiré mon attention avec cette belle couverture toute colorée. Destinée aux 7 / 9 ans, cette bd se révèle très mignonne et plutôt originale, puisque pour une fois, ce n’est pas un garçon qui aime les dragons mais une fille, ça change des codes habituels !

Cette histoire d’amitié est toute simple mais confère suffisamment de magie pour satisfaire les enfants et ceux qui le sont restés. Au-delà de la thématique de l’amitié, Ingrid Chabbert offre à ses lecteurs, des aventures qui plairont aussi bien aux garçons qu’aux filles, ce qui est bien vu !

Les dessins tout en rondeurs et en couleurs de Cédrick Le Bihan charment les yeux et les très jeunes lecteurs n’auront pas de mal à lire cette histoire qui comporte peu de mots dans une typographie facile à déchiffrer.

Cet album est donc bien conçu pour le lectorat auquel il est destiné, à l’instar de la série Astrid Bromure de Fabrice Parme qui a tout de même ma préférence pour son côté piquant et son multiple niveau de lecture.

En résumé, une bande dessinée amusante qui devraient plaire aux jeunes lecteurs, surtout à celles et ceux qui ont des étoiles plein les yeux lorsqu’ils pensent aux dragons bien sûr !

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Le choix du roi tome 1 Première trahison – Jean-Claude Bartoll & Aurélien Morinière

Janvier 1936. Alors que Georges V vient de mourir, son fils Édouard, prince de Galles, s’apprête à devenir le prochain roi d’Angleterre. Le premier réflexe, inattendu, du futur souverain est d’appeler sa maîtresse : Wallis Simpson, une nord-américaine à la réputation sulfureuse qui ne cache pas sa sympathie pour le régime nazi en Allemagne…

Janvier 1936, le roi Georges V rend son dernier soupir, permettant l’accession au trône de son fils aîné Edward, comme le veut la tradition. Le prince de Galles, très populaire dans l’opinion publique, considéré comme moderne et progressiste par son peuple, n’a pourtant pas la cote auprès de l’aristocratie au sein de laquelle il traine une réputation sulfureuse.

Pire encore, son propre père craignait de le voir devenir roi, le jugeant dilettante, noceur et peu porté sur les affaires du royaume. Mais tradition oblige, Edouard VIII devient roi le 20 janvier 1936.

Son règne sera très court puisqu’il sera roi du Royaume-Uni et des autres dominions du Commonwealth britannique et empereur des Indes du 20 janvier 1936 jusqu’au 11 décembre 1936.

La légende dorée voudra que l’on présente l’abdication de Edouard VIII comme une preuve d’amour et que le couple qu’il formera jusqu’à mort avec Wallis Simpson, roturière américaine deux fois divorcée, comme l’une des plus belles histoires d’amour du 20è siècle.

Depuis plusieurs années cette belle légende est mise à mal par certains historiens qui révèlent que si abdication il y a eu, c’est sous la contrainte des politiciens britanniques de l’époque, horrifiés par les sympathies nazies de leur monarque.

C’est cette version que nous proposent Jean-Claude Bartoll (scénariste) et Aurélien Morinière (dessinateur) en nous dévoilant un roi dans son intimité et dans celle de sa maîtresse. Un homme sympathique par certains égards puisqu’il refuse le protocole rigide de la cour en s’habillant d’une façon moderne et par son mépris des conventions établies, en considérant son personnel avec bonté comme faisant partie de sa famille.

C’est un germanophile, passionnément amoureux d’une femme, qu’il a littéralement dans la peau, au point de ne penser qu’à elle, d’être incapable de vivre sans elle. Un amour mal payé en retour car Wallis est une femme froide et cassante, qui ne l’aime pas et le traite sans égard. Elle l’a littéralement sous sa coupe, l’infantilisant par le biais de jeux sexuels pendant lesquels elle le brutalise sans vergogne.

Elle est par ailleurs la maîtresse de Joachim von Ribbentrop l’ambassadeur allemand en Grande Bretagne, ce que Edouard VIII ignore. Il est ici montré comme faible, négligeant dans les affaires du royaume, au point que Wallis a accès aux dossiers confidentiels et qu’elle aurai espionné pour le compte des nazis, c’est le parti pris de Jean-Claude Bartoll ici.

Avec un règne de 326 jours, Édouard VIII est l’un des monarques ayant eu le règne le plus cours de l’histoire de la monarchie britannique, il ne fut même jamais couronné. Un roi qui malgré ses sympathiques nazies est tout de même touchant dans son besoin d’amour et sa modernité.

Le scénario respecte donc la réalité historique et le récit de ce premier volume nous est raconté par Nadège, l’une des domestiques de Wallis Simpson qui nous dévoile un portrait sans fard des deux amants.

Les illustrations graphiques d’Aurélien Morinière s’accordent avec le récit, avec un choix judicieux de couleurs sombres pour mieux nous relater la noirceur de cette histoire mais je n’y ai pour ma part pas été sensible. Je trouve les traits trop épais, notamment au niveau des visages mais tout cela est bien évidemment subjectif.

Si le règne de Edouard VIII vous intéresse, je ne peux que vous conseiller Le choix du roi qui me semble tout à fait bien documenté et au plus près de la vérité historique.

L’énigme de la Vallée aux Loups – Margot Bruyère

Été 1810. François-René de Chateaubriand, écrivain et homme politique, est en disgrâce depuis qu’il a publié dans le journal Le Mercure de France en 1807 un article retentissant contre le despotisme napoléonien.
Il vit tranquillement à la Vallée-aux-Loups, près de Paris, et partage son temps entre ses travaux littéraires et les plaisirs du jardinage.
Un jour, Mesnil, son cuisinier, découvre un cadavre dans le four a pain, puis un autre dans la glacière, mais tout le monde pense qu’il est sujet aux hallucinations à cause de son penchant pour le vin.
Mais lorsque M. de Chateaubriand lui-même trouve au milieu du bois sa jeune servante blessée d’un coup de poignard, il faut bien se rendre a l’évidence : il se passe des choses étranges à la Vallée-aux-Loups. Et si tout ceci avait un rapport avec l’arrivée d’Henri ?

Été 1810. M. de Chteaubriand a une femme qu’il respecte mais n’aime guère. Un jardinier qui partage sa passion des arbres. Un cuisinier aussi talentueux qu’alcoolique.

Tout ce petit monde vit sans histoire à la Vallée-aux-Loups, près de Sceaux, retraite forcée du maitre qui, dans un article retentissant, a accusé l’empereur Napoléon Ier de tyrannie, suite à la mort du duc d’Enghien.

Mais lorsque arrive un mystérieux enfant aux yeux clairs, porteur d’une étrange médaille, que des cadavres sont retrouvés près de la propriété et que l’Empereur lui-même vient pointer le bout de son bicorne, Chateaubriand est bien forcé d’admettre qu’il se passe des choses pas très claires et qu’il ferait mieux de s’en mêler…

Chateaubriand est loin de faire partie de mon panthéon littéraire, je trouve ses écrits plutôt ennuyeux, en tout cas ceux que je me suis risqués à lire, mais comme personnage littéraire, je le trouve plutôt sympathique.

Margot Bruyère est une romancière historique spécialiste de la Bretagne et de Chateaubriand, autant dire que ce court roman pour les 11 / 13 ans est très bien documenté et qu’il permettra aux jeunes lecteurs d’en apprendre sur le contexte politique de la France à cette époque.

Napoléon Ier est à son apogée mais les Bourbon attendent en exil leur revanche, c’est ce que nous montre l’autrice dans son premier roman historique pour la jeunesse, L’énigme de la Vallée aux Loups.

Dans ce contexte politique brûlant, Margot Bruyère a imaginé toute une intrigue autour de la descendance du duc d’Enghien, exécuté en 1804, au terme d’un procès plus qu’expéditif, condamné à mort pour faits d’armes contre la France.

François-René Chateaubriand ne cache pas ses sympathies royalistes et attend le retour des Bourbon sur le trône de France et il a beaucoup écrit sur Louis-Antoine-Henri Bourbon et sa mort. Pour le vicomte, il ne fait pas de doute que le duc d’Enghien a été assassiné et que le responsable de ce lâche assassinat est l’Empereur lui-même.

A partir de la présomption d’existence d’une descendance au duc d’Enghuin, ici un garçon prénommé Henri, Margot Bruyère nous entraîne dans une énigme historique où vont se côtoyer et s’affronter des personnages ayant réellement existés, tels que Chateaubriand bien sûr mais aussi le docteur Laënnec (inventeur du stéthoscope) Talleyrand et Napoléon, permettant au jeune lectorat visé de connaître ces différentes personnes et de comprendre leur rôle et influence dans l’Histoire de France.

Un roman passionnant et sans temps mort qui ne manquera pas d’intéresser les collégiens et les férus d’Histoire !

Le cœur de Lucy tome 1 Au-delà de la raison – Marilyn Stellini

Angleterre, époque victorienne. Lucy Hadley n’a que faire des mondanités de la haute société et ses talents de guérisseuse lui valent une réputation de sorcière. Appelée au chevet du comte de Lauderdale, qui est gravement malade, elle rencontre le meilleur ami de celui-ci, Jack de Nerval. C’est le début d’une liaison orageuse avec un homme qu’elle aime d’un amour inconditionnel. Mais le coeur du duc n’est plus à prendre : Jack est marié et père de famille… Les tourments de Lucy ne font que commencer.

Lucy Hadley est une jeune fille de 19 ans. Orpheline de père depuis quelques années, elle a été abandonnée par sa mère alors qu’elle avait à peine cinq ans et traîne de ce fait une mauvaise réputation. Elle vit à Dunram avec son demi-frère Henry et sa femme lady Bethany, son neveu et son autre demi-frère Aaron.

Bien que lady par sa naissance, Lucy ne se comporte pas comme telle puisqu’elle aide les domestiques dans leurs tâches et surtout, elle a appris la science des plantes et développé son don de guérisseuse auprès de Mrs Abernathy.

Un jour, alors qu’elle se rend chez sa vieille amie pour se procurer des herbes, elle tombe sur le valet du comte de Lauderdale, venu quérir l’aide de Mrs Abernathy.

Ce dernier est gravement malade et Lucy n’hésite pas à chevaucher jusqu’au chevet de lord Allan Maitland. Au domaine, elle fait la connaissance du meilleur ami du comte, Jack de Nerval. Lucy tombe sous le charme de Jack, mais celui-ci est marié…

Le cœur de Lucy est à mille lieux de mes lectures habituelles. Vous savez que j’adore les romans historiques mais je n’avais jusque là jamais lu de romance historique. L’autrice, qui m’a proposé son dytique, m’avait pourtant convaincu il y a un an déjà de me plonger dans cette histoire victorienne.

L’intrigue de ce roman était prometteuse et je dois dire que la plume de Marilyn Stellini est suffisamment fluide pour qu’on tourne les pages sans s’en rendre compte. Il faut dire que l’histoire est légère et reposante lorsque l’on a enchaîné La serpe et La servante écarlate, deux lectures plus exigeantes !

J’ai bien aimé l’aspect historique de cette romance et notamment la description des lieux même si j’aurai préféré qu’il soit plus marqué car on n’a pas toujours l’impression d’être sous l’ère victorienne.

Il est en effet difficile de concevoir qu’une jeune fille de bonne famille puisse se promener librement et sans chaperon et surtout, qu’elle puisse se déshabiller et s’habiller toute seule à une époque où la femme était corsetée et disposait d’une multiplicité de couches de vêtements (corset, jupe tombant jusqu’aux chevilles et de plusieurs couches de jupons à volants au minimum).

Car notre héroïne passe un certain temps dans le plus simple appareil c’est là la grande différence notable avec un roman historique, les scènes érotiques en abondance, je dois le dire plutôt bien écrites même si je trouve dommage la grande soumission de Lucy face à son amant qui fait d’elle ce qu’il veut.

Mais si l’histoire est sympathique, je l’ai trouvé peu crédible et emplie de clichés : qu’une jeune fille capable de rébellion soit à ce point soumise à son amant, ça me dépasse. Improbable qu’une jeune lady envoie sa virginité cul par-dessus tête au premier regard même si Jack de Nerval est apparemment irrésistible, on a du mal à le croire à une époque où la virginité tenait une si grande place.

Si l’histoire manque pour moi de subtilité et de cohérence, reste que la plume de Marilyn Stellini est agréable à lire et son vocabulaire, soutenu. Je vais donc lire le second tome dans les semaines à venir car ce premier opus fut une amusante récréation même si je ne pense pas que les romances historiques deviennent ma tasse de thé pour autant, elles sont un peu trop légères pour moi.

Merci à Marilyn Stellini et aux éditions Milady pour leur confiance.

Les collèges fantômes – Jean d’Aillon

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Paris, 1er octobre 1625 : c’est le jour de la rentrée pour Louis Fronsac, qui réintègre le très prisé collège de Clermont. Bon élève, Louis est aussi un adolescent intrépide toujours en quête d’aventures. Avec son fidèle Gaston de Tilly et d’autres compagnons, il décide d’explorer le bâtiment abandonné mitoyen de Clermont. Ne dit-on pas qu’il était un repaire de ligueurs et que ses murs sont encore hantés par le souvenir de la Saint-Barthélemy ? Au cours de leurs incursions secrètes, les amis trouvent dans le cellier des tonneaux de vin…De contrebande ? Possible, car partout, dans les rues de la capitale corruption et tromperie sont de mise. Les deux garçons, surpris lors d’une de leurs visites, vont devenir les proies d’impitoyables individus, tandis que se trame, entre les murs du collège désaffecté, une conspiration contre le ministre du roi, Richelieu…

Paris, 1er octobre 1625, c’est le jour de la rentrée des classes au collège de Clermont, prisé des nobles et des bourgeois. Louis Fronsac, treize ans, est heureux de retrouver ses amis Gaston de Tilly, Paul de Gondi, Jehan Le Pontonnier, Jacques Hérisson et Jacques La Chesnay, ses compagnons de la confrérie des Six.

Le collège des jésuites n’ayant pas la capacité d’accueillir de nouveaux étudiants, son recteur souhaite acquérir le collège mitoyen abandonné, celui du Mans. Louis et Gaston, pris de curiosité pour ce lieu désert, décident d’explorer le vieux bâtiment, qui, selon certains, serait un repaire de ligueurs ou un lieu hanté par les âmes des protestants égorgés lors de la terrible nuit de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572.

Au cours de leur incursion secrète, les deux amis découvrent dans le cellier des muids de vin de contrebande mais leur escapade ne passe pas inaperçue…

Louis Fronsac est un personnage ayant réellement existé auquel Jean d’Aillon redonne vie dans une série de polars historiques dont Les collèges fantômes est le 17è opus. Cet ancien notaire anobli par Louis XIII, marquis de Vivonne, conduisait des enquêtes criminelles au XVIIe siècle.

Exceptée La lettre volée, une courte nouvelle, je n’en ai lu aucun mais cela ne m’a absolument pas gêné car ils peuvent être lus séparément puisqu’ils se passent à des périodes différentes, aussi bien pendant l’adolescence du héros qu’à l’âge adulte.

J’avais trouvé ma précédente lecture passionnante, fort bien documentée et très bien écrite, ce roman confirme tout le bien que je pense de Jean d’Aillon et de cette série, mêlant habilement aventure et enquête policière.

Les aventures de Louis Fronsac nous permettent de croiser au détour de notre lecture, un grand nombre de personnages passés à la postérité : Louis XIII et Richelieu bien sûr mais aussi Alexandre et César de Vendôme, les fils naturels du feu roi Henri IV, la reine Anne d’Autriche et le comte de Chalais.

Le cardinal de Richelieu est alors le tout puissant premier ministre de la France, un homme presque aussi puissant que le roi Louis XIII, aux prises avec la ville de La Rochelle, ville protestante qui lui donne du fil à retordre.

Mais le puissant ministre compte bon nombre d’ennemis qui ne rêvent que d’une chose : le mettre hors d’état de nuire et pourquoi pas renverser le roi. Dans ce roman, pas de temps mort puisqu’on nous donne à lire un trafic de muids de vin, une conspiration visant à renverser Richelieu et à éradiquer l’ordre des jésuites, des duels…

Jean d’Aillon situe habilement son intrigue en 1626, un an avant le siège de La Rochelle, au moment où a lieu la première (mais non la dernière) conspiration de la noblesse contre le ministre. Celle-ci sera axée entièrement sur le mariage de Gaston, frère du roi, et de l’absence de descendance de Louis XIII, et brouillera durablement celui-ci d’avec sa femme Anne d’Autriche.

Le roi, qui n’a pas de descendance, veut marier Monsieur son frère à Mademoiselle de Montpensier. Gaston, refuse d’épouser cette riche héritière, et un parti de l’« aversion au mariage » se créé autour de lui, défiant le roi.

Cette conspiration de Chalais qui va mobiliser Gaston et les deux demi-frères du roi, entre autres est au cœur de l’intrigue des collèges fantômes et nos jeunes amis vont tout faire pour venir en aide au cardinal et au roi. Un récit rempli d’action, sans temps mort, basé sur une solide connaissance historique de ce Paris du début du 17è et de son contexte politique font que ce roman se révèle absolument passionnant de bout en bout.

Une seconde incursion dans cet univers qui me donne envie de découvrir les autres enquêtes de Louis Fronsac. Si elles sont du même acabit, c’est-à-dire aussi remarquablement écrites et documentées, elles me promettent de belles heures de lecture.

Un grand merci à Marie-Jeanne et aux éditions Presses de la Cité pour cette plongée au cœur du Paris de Louis XIII !

Chaussette – Loïc Clément & Anne Montel

Chaussette et son chien Dagobert sont inséparables. Merlin, leur petit voisin, les connaît bien et les observe arpenter chaque jour la petite ville suivant un parcours bien établi. Pourtant, ce matin-là, quelque chose ne tourne pas rond. Chaussette est seule et se comporte étrangement. Pour tirer cette histoire au clair, Merlin va la suivre discrètement…

Assis dans sa cabane, Merlin a une vue imprenable sur le jardin de sa voisine, Chaussette. La vieille dame qui s’appelle en réalité Josette, a reçu ce sobriquet de Merlin lorsqu’il était plus petit.

Chaussette est veuve et vit avec son chien Dagobert, un corgi blanc et roux. Depuis le décès de son mari, ils sont inséparables et on ne les voit jamais l’un sans l’autre.

Chaque jour Dagobert accompagne sa maîtresse dans tous ses déplacements, toujours les mêmes : au parc, chez le boucher, le marchand de journaux et le boulanger. Le toutou ne la quitte pas d’une semelle.

Jusqu’à un matin où Merlin croise Chaussette seule. La vieille dame a un comportement étrange et il décide de la suivre…

Après Les jours sucrés publié l’an dernier et que j’avais beaucoup aimé, le duo Loïc Clément et Anne Montel revient et nous propose cette fois-ci un album pour les enfants.

Le scénario de Loïc Clément tout en douceur et en émotion est une fois de plus superbement mis en dessins et couleurs par Anne Montel qui insuffle de la délicatesse et de la poésie au récit.

L’histoire est toute simple et tient en peu de mots. Elle nous raconte avec tendresse et bienveillance, le temps qui passe, la vieillesse, la solitude et la mort. Et s’attarde sur les invisibles, ces gens que l’on ne voit pas et qui mènent leur petite vie toute simple, avec leurs joies et leurs peines, sans que quiconque se préoccupe d’eux.

C’est un album touchant, tout en émotion et en réflexion sur les petits bonheurs de la vie, racontée avec beaucoup de subtilité et une touche d’humour. Quant aux aquarelles d’Anne Montel, fourmillantes de couleurs et de détail, quel régal pour les yeux !

Si vous recherchez un joli album à mettre entre les mains de vos enfants, Confiez-leur Chaussette, son histoire leur plaira assurément.

La servante écarlate – Margaret Atwood

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred,  » servante écarlate  » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler…

Defred est une Servante Ecarlate, vêtue de rouge, au service de la République de Gilead fondée par des fanatiques religieux, et a pour obligation de procréer. Du jour où Gilead a renversé le président et le parlement, les femmes ont disparu des sphères de la société.

Seuls les hommes sont habilités à travailler, les femmes doivent rester la maison et sont dorénavant classées en trois catégories : les Épouses, seules femmes ayant du pouvoir, elles dominent la Maison ; les Marthas, domestiques qui entretiennent la maison et s’occupent de la cuisine et enfin les Servantes écarlates dont le rôle est entièrement dévolu à la reproduction.

Toutes les autres femmes (trop âgées, infertiles, indociles…) sont déportées dans les Colonies où elles manipulent des déchets toxiques, les condamnant à une mort certaine. Dans ce futur, le taux de natalité est très bas à cause de la pollution et des déchets toxiques de l’atmosphère, beaucoup de femmes sont stériles et les rares nouveau-nés sont souvent inaptes et jugés inutiles à vivre.

L’héroïne du roman, June, rebaptisée Defred, est une Servante écarlate. Elle ne peut pas séduire, son rôle est la reproduction. Elle raconte peu à peu son histoire, se remémore sa famille, Luke, sa fille, Moira, sa mère…

La servante écarlate est un roman dystopique paru en 1985 et devenu un classique, au point d’avoir été adapté en série télévisée, ce qui a remis ce roman à la première place des ventes de livres.

Ce roman était sur ma wish list depuis un certain nombre d’années, j’ignorais tout de l’histoire, je savais seulement que c’était un roman important pour la cause des femmes et à ce titre, je voulais absolument le lire.

Je le confesse bien volontiers c’est le battage autour de la série qui m’a donné envie de le faire entrer dans ma PAL et une fois n’est pas coutume, il a été très vite lu, grâce à ma copinaute Céline qui m’a soufflé l’idée de le lire avec elle.

J’avoue, que mise à part des réserves sur les cinquante dernières pages, j’ai adoré cette lecture que j’ai trouvé passionnante même si elle est particulièrement glaçante.

Il y a beaucoup à dire sur ce roman anxiogène car au-delà de la place des femmes dans la société de Gilead, il s’agit d’un roman sur la privation des droits et des libertés pour la très grande majorité de la population qui vit dans la crainte car les oeils, nom donné aux espions, sont légion. Tout le monde se méfie de tout le monde.

Les femmes sont au premier rang des victimes de Gilead, condamnées à trois types de rôles celui d’épouse, de domestique ou d’esclave sexuelle. Les hommes ne sont pas mieux lotis, les dirigeants mis à part, puisque eux seuls ont accès au pouvoir mais ils vivent aussi dans la peur des dénonciations si ils ne respectent pas à la lettre la doctrine de Gilead.

Les autres hommes sont cantonnés au rôle de domestique, sans espoir de fonder une famille puisque Gilead décide qui a le droit d’avoir une famille. Toute la société vit par ailleurs au rythme des différentes cérémonies instaurées par la république au cours desquelles les exécutions vont bon train.

Il ne fait pas bon non plus de penser autrement que Gilead : les catholiques, les juifs, les protestants… non convertis à la nouvelle foi sont tout simplement pendus ou pour les plus chanceux exilés.

Difficile de revenir sur chaque point marquant de ce grand roman, il y en a beaucoup et je ne souhaite pas trop en dévoiler ici afin de ne pas gâcher la lecture de celles et ceux qui n’ont pas encore lu La servante écarlate.

En refermant ce roman, je ne peux que vous conseiller de vous y plonger à votre tour, c’est une lecture importante qui me restera longtemps en mémoire. Elle fait bien évidemment froid dans le dos car la situation décrite par Margaret Atwood est hélas crédible. Quant à moi, j’ai hâte de découvrir la série éponyme.

Un grand merci à Filippa et aux éditions Robert Laffont pour cette lecture passionnante et à Céline pour m’avoir accompagné, vous pouvez retrouver son avis ici !