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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois et du Pumpkin Automne Challenge :

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Stacey Halls est une journaliste anglaise née dans le comté de Lancashire, où a eu lieu le funeste procès des sorcières de Pendle en 1612. Fascinée par cette histoire, elle se documente, retrace les évènements et écrit un roman historique acclamé par la critique. Les Sorcières de Pendle est son premier livre et est devenu un best-seller.

Pendle, Lancashire, 1612. À 17 ans, Fleetwood Shuttleworth est enceinte pour la quatrième fois. Mais après trois fausses couches, la maîtresse du domaine de Gawthorpe Hall n’a toujours pas donné d’héritier à son mari.

Lorsqu’elle croise le chemin d’Alice Gray, une jeune sage-femme qui connaît parfaitement les plantes médicinales, Fleetwood voit en elle son dernier espoir de donner la vie à un garçon. Les mois passent et Alice est d’une aide précieuse pour soulager les maux de sa jeune parturiente.

Mais quand s’ouvre un immense procès pour sorcellerie à Pendle, tous les regards se tournent vers Alice, accusée comme tant d’autres femmes érudites, solitaires ou gênantes et promise à la pendaison.

Alors que le ventre de Fleetwood continue de s’arrondir, la jeune fille n’a plus qu’une obsession pour sauver sa vie et celle de son bébé : innocenter Alice. Le temps presse et trois vies sont en jeu…

Si il y a bien un roman qui me faisait terriblement envie cet autome, c’est bien Les sorcières de Pendle, le premier roman de Stacey Halls, inspiré de faits réels. Vous savez que les romans historiques sont mon péché mignon et j’ai littéralement dévoré cette petite brique en deux jours seulement tant j’ai été embarquée dès la première page !

Dans ce roman, nous suivons Fleetwood, mariée depuis l’âge de douze ans à Richard Shuttleworth, seigneur de Gawthrope Hall et promis à un grand avenir. Je me suis très vite attachée à cette jeune fille forte et courageuse qui a du mal à trouver sa place entre une mère qui ne lui a jamais montré le moindre signe d’affection et qui ne cesse de la critiquer et son époux qui lui laisse une très grande liberté.

Mais Fleetwood est bien consciente qu’elle se doit de perpétuer la lignée de son mari et sa rencontre avec Alice va tout changer et lui permettre de mener une bien meilleure grossesse à condition qu’elle puisse la suivre jusqu’à l’accouchement.

Lorsqu’Alice va être soupçonnée, elle va la cacher et lorsqu’elle est arrêtée, Fleetwood va se battre pour que justice soit faite, mener un combat féministe pour qu’Alice soit libérée et tenter d’ouvrir les yeux des hommes sur les autres accusées car elle ne croit pas en leur culpabilité

A travers cette héroïne et toutes les femmes qui gravitent autour d’elle, Stacey Hall nous raconte la condition féminine du début du XVIIè siècle en Angleterre, celle de la bourgeoisie avec les mariages arrangés, le devoir d’être une bonne maitresse de maison et d’enfanter des garçons.

Et celle du peuple avec ces femmes célibataires qui ont un certain savoir et une indépendance qui font d’elles des cibles de choix pour les hommes d’église ou de loi car être une femme à cette époque, est le plus grand risque qui soit.

Les faits historiques sont très bien restitués, les décors, les descriptions, très bien travaillés et retranscrits, je me suis très vite immergée dans l’atmosphère et l’époque que Stacey Halls nous conte si bien. Il est aussi question de plantes et de remèdes pour soulager les maux des femmes enceintes à travers Alice et ses connaissances médicinales.

On voit également très bien le mécanisme de dénonciation de ces femmes accusées de sorcellerie, comment les témoins sont invités à inventer si besoin est, à imaginer des choses. On assiste également au procès de ces sorcières, on voit dans quelles conditions innomables elles sont emprisonnées, etc.

Un roman véritablement passionnant et avec un certain suspens que j’ai adoré et que je vous invite vivement à découvrir à votre tour si les thématiques abordées vous intéressent !

Aujourd’hui on se retrouve avec un challenge que j’aime beaucoup car il est lieu à une période magique, celle de Noël et des fêtes de fin d’année, j’ai nommé le Cold winter Challenge organisé pour cette 9è édition par L’enluminée !

Je suis une inconditionnelle de Noël et à cette période, vous le savez si vous me suivez depuis longtemps, j’adore lire des romans, romances, polars, contes, albums… qui se déroulent en hiver et si possible à Noël. Les challenges autour de Noël sont nombreux mais mon choix s’est porté pour la quatrième année consécutive sur le CWC car il ne présente aucune contrainte, ce qui me va très bien.

Cette nouvelle édition se déroulera du 1er décembre 2020 au 28 février 2021 et nous avons cinq menus au choix, de quoi satisfaire tout le monde :

Yule : mythologie, légendes, divinités

  • Le diamant du dieu crocodile d’Evelyne Brisou-Pellen

Reine des neiges : femmes de pouvoir, féminisme, sorcières

  • Les simples de Yannick Grannec
  • Les graciées de Kiran Millwood Hargrave

New year, new me : métamorphose, transformation, évolution

  • La fille de l’hiver (The Snow Child) de Eowyn Ivey

Rennes du père Noël : animaux, nature, écologie

  • Mission mammouth de Xavier-Laurent Petit
  • Watership Down de Richard Adams

Aurore boréale : aventure, périple, voyage

  • Coeur de loup de Katherine Rundell

Carolls of the bell : roman choral

  • Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux de Martha Hall Kelly

Grands enfants : livre jeunesse

  • Révoltées de Carole Trébor
  • Minuit-Cinq de Malika Ferdjoukh

Vitrine de Noël : lecture graphique, livre illustré, album

  • Les voyages de Lotta, tome 1 : Les renards de feu de Marie Zimmer et Elena Bia
  • Pikkeli Mimou de Anne Brouillard
  • 3 histoires de Noël

Chocolat chaud : livre qui apporte du bien-être

  • La cerise sur le gâteau d’Aurélie Valognes

Fantômes des Noëls passés : fantôme, revenant, jeu avec les époques, voyage temporel

  • Comme la mer en hiver / La mer en hiver de Susanna Kearsley
  • Des jours et des vies de Gill Paul

Frissonner sous un plaid : horreur, épouvante, thriller, suspens

  • La disparue de Noël de Rachel Abbott
  • Petits crimes d’Anne Perry
  • La mort d’une sirène de A. J. Kazinski et Thomas Rydahl

Nuit du Solstice : livre de moins de 300 pages

  • Un destin russe de Lise Chasteloux

Under the mistletoe : romance de Noël, feel good qui se passe à Noël/Avent/Nouvel an

  • Un jour en décembre de Josie Silver
  • Christmas pudding de Nancy Mitford
  • Sur ma liste de Rosie Blake
  • Noël Actually de la team Rom’Com
  • Les grands écrivains racontent Noël

Raclette : famille, secrets, amis

  • Un hiver pour s’écrire de Angeles Donate

Danse de la fée dragée : rêve, univers onirique, fantaisy, fantastique

  • Lumikko de Pasi Ilmari Jääskeläinen
  • Contes et récits du Paris des merveilles de Pierre Pevel
  • Le cirque des rêves d’Erin Morgenstern

Comme d’habitude, ma peur du vide et du manque étant désormais légendaire, je me suis concocté une véritable PAL de compétition mais cette année, toutes les catégories me font envie.

Pour partager le challenge sur les réseaux sociaux : le tag #ColdWinterChallenge et un groupe Facebook est à notre disposition, histoire de papoter et de nous donner des idées de lecture.

Pour toutes les modalités, je vous invite à consulter la vidéo de Laure !

Et vous, vous participez au CWC ? Vous aimez faire des lectures en rapport avec Noël et l’hiver ?

Pascale Frey est journaliste culture et chroniqueuse littéraire au magazine Elle où elle s’occupe également du prix des lectrices. Soledad Bravi est diplômée de l’ESAG en 1988 et l’auteur de nombreux livres chez différents éditeurs (Gallimard, Seuil, Mila Editions) et dessine pour le magazine Elle.

Vous n’avez toujours pas lu Les habits neufs de l’Empereur ? Vous ne vous rappelez plus pourquoi La peste a connu un grand succès dès sa parution ni comment se termine L’aiguille creuse ?

Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul(e)s ! Soledad Bravi et Pascale Frey l’ont bien compris et viennent à notre rescousse.

En quelques cases, elles nous proposent une synthèse de vingt-quatre grands classiques de la littérature française et étrangère, l’occasion de se rafraichir la mémoire ou de découvrir certains monuments qui font un peu peur, il ne faut pas se le cacher.

Avez-vous lus les classiques de la littérature ? met en lumière des romans et des pièces de théâtre de la littérature française et étrangère, écrits par vingt-trois hommes et une femme, pour la plupart parus entre le 19è siècle et les années 60.

Au menu de cette bande dessinée de vulgarisation littéraire : La religieuse de Denis Diderot, Orgueil et préjugé de Jane Austen, Les fiancés d’Alessandro Manzoni, Les habits neufs de l’Empereur d’Hans-Christian Andersen, Une vieille maîtresse de Jules de Barbey-d’Aurevilly, La chèvre de monsieur Seguin d’Alphonse Daudet, Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, L’étrange cas du Dr Jekyll et mister Hyde de Robert Louis Stevenson, L’aiguille creuse de Maurice Leblanc, Martin Eden de Jack London, Le grand Meaulnes d’Alain-Fournier, Le diable au corps de Raymond Radiguet, Thérèse Desqueyroux de François Mauriac, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig, Les raisins de la colère de John Steinbeck, Aurélien de Louis Aragon, Antigone de Jean Anouilh, La peste d’Albert Camus, Vipère au poing d’Hervé Bazin, 1984 de George Orwell, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee, Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez et Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier.

Après deux excellents tomes, Soledad Bravi illustratrice qu’on ne présente plus et Pascale Frey, journaliste littéraire à ELLE, récidivent et nous proposent un troisième opus tout aussi réussi. Elles nous proposent des résumés malicieux et pétris d’humour qui dépoussièrent des œuvres vieilles de quelques dizaines d’années à quelques siècles.

Pourquoi ces titres et pas d’autres ? Et pourquoi si peu de femmes ? Mystère et boule de gomme c’est la seule chose que je reproche à cet ouvrage : ne pas avoir expliqué les choix de Soledad Bravi et Pascale Frey.

Chaque oeuvre est d’abord présentée par Pascale Frey sous forme d’une note d’une dizaine de lignes, accompagnée d’une courte biographie de l’auteur(e) concerné(e).

Puis c’est au tour de Soledad Bravi de résumer l’ouvrage en images et en quelques mots sur quatre à cinq pages de manière humoristique à grands renforts de renvois à la culture populaire à travers des phrases de chansons et du vocabulaire très actuel. Ce système fait d’anachronismes fait mouche à chaque fois !

Un ouvrage synthétique, intelligent, pédagogique et clair à mettre entre toutes les mains dès l’adolescence, peut-être que nos chères têtes blondes sortiront un peu de leur zone de confort et se dirigeront vers des classiques, tout comme les lecteurs et lectrices adultes qui ne gardent pas forcément de bons souvenirs des classiques étudiés au collège ou au lycée et qui craignent parfois de se lancer dans ce genre de lectures.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture éclairante et amusante, en espérant qu’elle puisse permettre à tous de repartir sur de bonnes bases ! Une série que je vous recommande !

Françoise Bourdon est née dans les Ardennes. Dès l’enfance, elle a le goût de l’écriture et rédige son premier roman à l’âge de dix ans. Professeur de droit et d’économie, elle décide, après dix-sept ans d’enseignement, de se consacrer exclusivement à sa passion de l’écriture. Journaliste depuis 1993, elle a régulièrement publié des nouvelles dans plusieurs revues. A ses débuts, Françoise Bourdon s’est beaucoup inspirée de sa région natale, puis c’est en Provence, sa terre d’adoption, qu’elle a poursuivi son œuvre, dense, riche, qui mêle grandes sagas familiales, portraits de femmes et évocation de métiers.

1965, cap Ferret. Charlotte Galley, 93 ans, est bouleversée : son petit-neveu Jérôme a reçu l’offre d’un promotteur immobilier et veut vendre la Maison du Cap, conçue par le père de Charlotte, l’architecte James Desormeaux, à la fin du XIXè siècle.

La demeure sera rasée pour laisser place à un ensemble d’appartements qui bénéficieront de la vue incomparable sur le bassin d’Arcachon.

Paniquée, révoltée, Charlotte, aidée par ses petits-enfants Violette et Paul, fait appel à un cabinet d’architectes bordelais afin de demander le classement de la demeure par les monuments historiques.

Pierre-Loup propose à son associée Iris de se charger de l’affaire. La jeune femme se rend alors au cap Ferret pour rencontrer Charlotte et les siens. Tombée sous le charme de la maison et de la famille, Iris épouse leur combat…

Voilà quatre ans déjà, j’avais eu un quasi coup de coeur pour la saga familiale, La maison du Cap, qui courait sur plusieurs générations et dont La maison de Charlotte est une suite indépendante.

Dans son nouveau roman, Françoise Bourdon raconte le combat de deux femmes pour que subsiste une maison de famille, riche de mille souvenirs, de vies et d’histoires, au cap Ferret. Si les deux opus peuvent se lire indépendemment, je vous conseille tout de même de commencer par La maison du Cap pour comprendre toutes les ramifications qui se poursuivent dans La maison de Charlotte.

Porté par plusieurs femmes, ce récit fait la part belle aux secrets de famille, mon péché mignon ! D’un côté, nous suivons Charlotte dans son combat pour sauver sa maison ; Violette, atteinte d’une sclérose en plaques, qui souhaite sauver son mariage avec son photographe de mari, Diego ; et Iris, qui vient d’hériter de la maison familiale des Landes, Chantecler.

L’histoire se déroule principalement en 1965 mais aussi de 1937 à 1944 via les carnets de sa tante Anna dont Iris prend connaissance après le décès de celle-ci et qui nous ramène aux heures sombres de l’Occupation et de l’épuration.

J’ai beaucoup aimé retrouver le cap Ferret, Charlotte, Diego et Violette, les protagonistes de La maison du Cap et j’ai trouvé l’apport d’Iris et de son histoire familiale complexe, intéressant.

Les trois femmes sont fortes, combattantes et indépendantes, et on a plaisir à les voir se battre pour ce qu’il leur tient à coeur.

L’autrice aborde plusieurs thématiques (maladie, deuil, divorce, homosexualité, la guerre d’Indochine…) mais sans jamais les approfondir, ce que j’ai trouvé dommage, elle effleure les sujets, fait des sauts de puces entre ses personnages et les époques de façon bien trop brève.

La plume de Françoise Bourdon est toujours aussi fluide et agréable à lire, elle a un réel talent de conteuse et je n’ai pas boudé mon plaisir de la première à la dernière page même si je déplore quelques facilités dans les différents dénouements.

Un moment de lecture tout de même bien agréable et que je vous recommande si vous aimez les sagas familiales.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture !

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois et du Pumpkin Automne Challenge :

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Ann Mah est journaliste et écrivain. Elle vit entre Paris et Washington. Passionnée de voyages et de cuisine elle écrit régulièrement pour de nombreux journaux et magazines américains comme Le New-York Times, Vogue ou Condé Nast.
Elle a remporté le prix des lectrices de Elle aux Etats-Unis pour son essai Mastering the Art of French Eating en 2013.

Pour faire partie des rares experts en vins certifiés au monde, Kate doit réussir le très prestigieux concours de Master of Wine. Sur les conseils de son mentor, elle fait le choix de se rendre en Bourgogne, dans le domaine appartenant à sa famille depuis des générations.

Elle pourra y approfondir ses connaissances sur le vignoble et se rapprocher de son cousin Nico et de sa femme, Heather, qui gèrent l’exploitation. La seule personne que Kate n’a guère envie de retrouver, c’est Jean-Luc, un jeune et talentueux vigneron, son premier amour qu’elle a refusé d’épouser quelques années plus tôt.

Alors qu’elle se lance dans le rangement de l’immense cave avec Heather, elle découvre une chambre secrète contenant un lit de camp, des tracts écrits par la Résistance et une cachette pleine de grands crus.

Intriguée, Kate commence à explorer l’histoire familiale, une quête qui la mènera aux jours les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale et à des révélations très inattendues.

Vous commencez à connaître la chanson si vous me lisez régulièrement mais j’aime beaucoup les romans historiques, les secrets de famille et notamment ceux qui sont portés par deux héroïnes à deux époques différentes.

La mémoire des vignes fait indéniablement parti de cette catégorie puisque nous suivons tour à tour Kate de nos jours, une franco-américaine, de retour sur les terres familiales et Hélène-Marie, pendant la seconde guerre mondiale, sa grand-tante dont elle et la jeune génération ignoraient l’existence.

La partie au présent nous immerge dans le monde de la viticulture avec les vignes, les vendanges, le métier de vigneron, les difficultés d’en vivre et de faire côtoyer méthodes ancestrales, tenants de la tradition et marketing. Et le métier d’oenologue qu’exerce Kate. Cette partie est plutôt intéressante, Ann Mah s’est très bien documentée et on apprend une foule de choses à cette lecture lorsque l’on est, comme moi, totalement néophyte sur le sujet.

Les recherches que font Kate et Heather sur Hélène-Marie dont elles découvrent l’existence, sont passionnantes à suivre. Auprès des deux jeunes femmes, on lève le voile sur les secrets honteux de la famille au grand dam du patriarche qui refuse absolument qu’elles remuent le passé.

La partie au passé est très intéressante. Auprès d’Hélène-Marie, on assiste aux réunions de la Résistance, aux arrestations, aux actions de celles et ceux qui avaient décidé de résister à l’Occupant, la faim et le froid qui les étreignent. On voit aussi ceux qui collaborent, qui recourrent au marché noir ou dénoncent les membres de leurs familles lorsqu’ils découvrent qu’ils appartiennent à la Résistance. On suit aussi la vague d’épuration qui va toucher les femmes.

Mais il n’y a pas que des points positifs dans ce roman : il y a tout de même beaucoup de longueurs, des pages entières de dialogues ou de narrations totalement inutiles à l’intrigue et une histoire d’amour qui n’était absolument pas indispensable.

Il y a également pour moi des maladresses au niveau de la narration au passé, l’autrice passe d’extraits du journal intime d’Hélène-Marie à des pages entières de récit comprenant des dialogues : pourquoi avoir mélangé les deux ? J’aurai préféré un réel roman à deux voix que le choix qu’a fait Ann Mah qui apporte du déséquilibre au récit.

Une lecture prenante et agréable malgré tout, idéale à lire en automne !

Seaerra Miller est américaine. Elle a étudié l’illustration au Pacific Northwest College of Art de Portland. Diplômée en 2017, elle a d’abord travaillé pour Snapchat avant l’édition jeunesse, elle a notamment illustré les romans adaptés du roman graphique Hilda de Luke Pearson. Mason Mooney est un de ses premiers titres. Quand elle ne dessine pas, elle aime écouter de la musique des années 80 et s’occuper de son vieux chat.

Mason Mooney a pour ambition de devenir le plus prodigieux enquêteur paranormal du monde. Son objectif : prouver qu’il est incomparablement supérieur à ces tocards de la Société du Paranormal et notamment le beau Trent Reilly, l’idole des adolscentes.

Et pour cela, il doit élucider les mystères les plus mystérieux de Grimbook et prouver qu’il a affronté quelques-unes des créatures les plus inquiétantes de la ville.

Le jour où il reçoit un appel à l’aide d’Iris qui habite le manoir hanté de Grimbrook, il comprend qu’il tient enfin l’opportunité de sa vie. Mais Mason est-il vraiment de taille à affronter la terrible malédiction qui menace les occupants de cette maison ?

Enquêteur paranormal certifié est le premier tome de la série signée Seaerra Miller, mettant en scène Mason Mooney, un adolescent depuis toujours versé dans l’occulte et l’étrange.

Ce comic américain ultra coloré, destiné à un jeune public joue avec les codes du genre en revisitant la chasse aux fantômes. Il sera ici question de fraternité et de malédiction avec l’histoire d’Iris bien malmenée par sa soeur aînée June. Et pourtant, la cadette adore sa soeur et va tout mettre en oeuvre pour ne pas être privée d’elle.

L’histoire est menée tambour battant, trop pour moi, je regrette un petit manque de profondeur mais je n’ai pour autant pas boudé mon plaisir. Elle fait la part belle à l’entraide, la générosité, l’humanité et l’altruisme, de belles valeurs qu’il est toujours utile de prôner auprès des enfants et des adolescents.

Mason est un anti-héros franchement pas sympathique au premier abord tant il est égocentrique et imbuvable mais c’est pour mieux cacher ses faiblesses. Son duo avec la gentille et attachante Iris fonctionne super bien et je serai ravie de les retrouver dans de nouvelles aventures.

C’est drôle et piquant, plein de clins d’oeil aux centres d’intérêt des ados. Les dessins sont punchy, fourmillant de détails, avec des mises en pages très variées. L’autrice se joue là aussi des codes en alternant des pages avec des cases, des pleines pages, des bulles, des encadrés… et j’ai vraiment bien aimé cet aspect.

J’avoue que le graphisme terriblement kitsch avec ce héros laid à souhait, n’est pas ma tasse de thé, je préfère des dessins plus élégants mais cela n’enlève rien au talent de Seaerra Miller et surtout, cela plaira sans aucun doute au lectorat auquel cette bd est destinée.

Une lecture en tout cas idéale pour cet automne et pour Halloween que je vous conseille si vous aimez les comics.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte !

Emiri Hayashi est diplômée de littérature française de l’université Sophia de Tockyo.

Dans la jungle, petit Jaguar se réveille.Vite, il part retrouver les singes qui se balancent, les toucans et les perroquets qui chantent, mais pas trop fort, car les paresseux dorment encore.

Il se camoufle au milieu des grenouilles, des papillons et des caméléons. Jouer dans la jungle est un peu fatiguant, heureusement c’est l’heure de la sieste avec maman…

Au fil des douze pages qui forment cet album, Regarde dans la jungle invite les tous petits lecteurs à un voyage dans la jungle, en compagnie d’un petit jaguar. Ils y croiseront des singes, un serpent, des toucans, des paresseux, des caméléons, des papillons, des grenouilles, des perroquets et des éléphants.

Cette collection Regarde… chez Petit Nathan fait le bonheur des bébés dès six mois, j’en possède plusieurs qui sont manipulés chaque jour par les petites mains de la maison et ils sont sacrément costauds car ils en voient de toutes les couleurs et restent en parfait état.

Les atouts de cette collection et de cet album sont les dessins ronds qui plaisent aux petits, les couleurs vives agrémentées de paillettes, un texte rimé à la manière d’une comptine.

Le format de ce tout carton permet une bonne prise en main par l’enfant et ses bouts arrondis, sont pensés pour qu’ils ne se blessent pas et pour qu’il les manipulent sans que forcément l’adulte est besoin d’intervenir.

Les bébés de 6 mois ne peuvent bien sûr pas les manipuler ni interagir mais ils adorent regarder les images et toucher les endroits en relief et les plus grands adorent les parcourir encore et encore, ils ne s’en lassent jamais !

Une excellente collection qui comprend d’autres titres qui permettent d’explorer la forêt, le ciel, la nuit, la neige, l’herbe, la mer… à mettre dans les mains des petits.

Un grand merci aux éditions Nathan !

Lucy Maud Montgomery [1874-1942], est l’autrice canadienne la plus lue au monde. Tout n’était pourtant pas bien parti. Une mère emportée par la tuberculose et un père qui l’abandonne à des grands-parents peu aimants à Cavendish, sur l’Île-du-Prince-Édouard. Elle réagit en laissant libre cours à son imagination, qu’elle nourrit en s’adonnant à la lecture et à l’écriture. En 1905, elle achève son premier roman, Anne de Green Gables. Elle l’abandonne plusieurs années dans une boîte à chapeaux après qu’il ait été rejeté par tous les éditeurs auxquels elle l’ait soumis, avant de retenter sa chance et parvenir à le faire publier en 1908.

Cheveux désespérément roux, visage constellé de taches de rousseur, Anne Shirley est une petite fille curieuse, pleine d’énergie, souvent perdue dans ses pensées, parfois d’une gravité solennelle, sans aucun doute.

Orpheline à l’esprit vif, à l’imagination sans bornes et qui adore employer de « grands mots », Anne se retrouve par erreur chez Marilla et Matthew Cuthbert qui attendaient un garçon pour les aider à la ferme.

Féministe, romantique, poète, elle est impulsive, dramatique, maligne, drôle, et telle une authentique naïve, elle va bousculer le calme et la monotonie de la vie à Green Gables, en semant partout joies et rêveries, en dénichant la beauté dans les moindres recoins, en ne s’exprimant qu’en points d’exclamation, même dans « les affres du désespoir ».

Anne a aussi un immense besoin d’amour, une face sombre, hantée par la mort de ses parents et les abandons, et qui va se faire aimer de tous…

Vendu à 60 millions d’exemplaires à travers le monde, adapté des dizaines de fois, aimé par des générations de lecteurs, Anne de Green Gables de Lucy Maud Montgomery est un hymne à la joie et au pouvoir de l’imagination que les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont eu la bonne idée de réimprimer dans une magnifique édition que je vous encourage vivement à vous procurer.

Magnifiquement écrit, construit autour d’une héroïne parfaitement imparfaite à l’imagination débordante, féministe involontaire et romantique impénitente, terriblement attachante, ce roman empreint de poésie et d’humour nous raconte bien plus que la vie d’une orpheline qui va bousculer le calme de son nouveau foyer.

Il nous raconte un autre monde, fait d’une nature enchanteresse et féérique, de naïveté et d’idées saugrenues qui se déploie à travers les yeux de la virevoltante et bavarde Anne. Un grand classique que je suis ravie d’avoir enfin découvert car je ne connaissais d’Anne que le trio de téléfilms Le bonheur au bout du chemin, vus sur M6, il y a de nombreuses années de cela.

Et mon Dieu, quelle pépite que cette petite Anne de Green Gables : un roman unique, solaire et intemporel, qui offre une véritable parenthèse magique, une petite bulle de bonheur pendant 400 pages, et que ça fait du bien !

Tout au long de ma lecture, je me suis sentie si bien à Avonlea, ce petit village de l’Île-du-Prince-Édouard où tout le monde se connait, où les secrets sont certes impossibles mais où la solidarité règne en maître, que j’ai été bien peinée de quitter.

Heureusement, les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont prévu d’éditer l’intégralité des huit tomes qui composent la saga, je sais donc d’ores et déjà que je retournerai à Avonlea car, bien sûr, j’ai très envie de savoir ce que réserve l’avenir à Anne et à Marilla.

Une histoire pleine d’humour mais aussi d’émotion qui m’a enchantée, j’ai ri, j’ai versé ma petite larme et j’ai été très touchée par ce récit bien que j’ai quitté le monde de l’enfance depuis bien longtemps déjà, c’est la force des classiques merveilleusement écrits, qui savent vous happer dès la première ligne pour ne plus vous lâcher.

Une pépite, un bijou, une magnifique incursion au coeur du Canada du XIXè siècle qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie, surtout dans cette édition si soignée et élégante qui offre un écrin magnifique à ce texte enchanteur.

Un grand merci à Babelio et Monsieur Toussaint Louverture pour ce coup de coeur !

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois et du Pumpkin Automne Challenge :

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Henri Lœvenbruck est né en 1972 à Paris. écrivain, musicien et parolier, il est l’auteur de plus de quinze romans traduits dans de nombreuses langues dont Le Loup des cordeliers et L’Apothicaire, son plus grand succès.

La Bastille vient de tomber. Danton, Desmoulins et Robespierre entrent dans l’Histoire. Au milieu du tumulte, le jeune et brillant journaliste Gabriel Joly a découvert l’identité du Loup des Cordeliers.

Mais ce mystérieux justicier qui hante, la nuit, les rues de Paris disparaît alors qu’il est sur le point de le confondre !

La course-poursuite s’engage, menant Gabriel sur les mers, jusque dans les maquis de l’île de Corse, sur les traces de la Manorossa, la Main rouge, étrange société secrète dont les membres tentent d’influer sur la Révolution en cours.

Accompagné du pirate Récif et de l’intrépide Théroigne de Méricourt dont la tête a été mise à prix par la confrérie, Gabriel parviendra-t-il à retrouver le Loup des Cordeliers et à découvrir ses plus noirs secrets ?

Entre complots et trahisons, il devra faire usage de sa plus grande sagacité pour résoudre l’énigme de la Main rouge…

Souvenez-vous, j’avais eu un quasi coup de coeur pour Le loup des cordeliers il y a quelques semaines seulement, dont le final m’avait vraiment surprise, et j’avais grande hâte de découvrir la suite des aventures de Gabriel, Lorette, Récif, Théroigne et tous les autres protagonistes de cette grande fresque alliant avec brio Histoire et intrigue policière.

Le mystère de la main rouge commence exactement là on avait laissé Gabriel, terrassé par un violent coup au crâne, alors qu’il venait de découvrir, et nous avec lui, l’identité du fameux loup des cordeliers qui nous avait tenu en haleine pendant près de 600 pages !

Comme dans le premier opus, Henri Loevenbruck nous fait prendre part d’entrée de jeu aux différents évènements qui ont émaillé les mois de juillet et août 1789 : l’éxécution de Foullon et de son gendre devant l’hôtel de ville alors qu’il étaient emmenés sous bonne escorte en prison, l’abolition des privilèges, en autres, aux côtés de son héros Gabriel mais aussi de personnages ayant réellement existé comme l’écrivain Louise-Sébastien Mercier, Théroigne de Méricourt, Camille Desmoulins, Georges Danton, pour ne citer qu’eux.

Et c’est aspect historique est véritablement passionnant, Henri Loevenbruck s’est remarquablement documenté et nous propose ici une fresque magistrale des premiers jours de la révolution magnifquement racontée. Il imprime beaucoup de rythme à son récit, et surtout il écrit très très bien.

Hélas, je trouve qu’ensuite il s’éloigne trop de cette matière historique au fil du récit au profit d’une intrigue autour de la Main rouge qui m’a moins intéressée. Le rythme se fait alors moins haletant, plus lent, ce qui ne m’a pas empêché de dévorer ce récit car chapitres après chapitres, de nouveaux mystères se succédent, relançant sans cesse mon envie d’aller plus loin dans ma lecture.

Si Le loup des cordeliers offrait une véritable intrigue policière, ce second opus est davantage un roman d’aventures, on voyage avec notre héros et son ami pirate à la recherche d’un trésor. Il y a de la cape et de l’épée, un combat naval, une mystérieuse société qui rend un culte à Mythra et qui tente de faire basculer la Révolution à son avantage.

J’ai apprécié qu’il y ait de nombreuses illustrations d’époque tout au long du roman, une très bonne idée ! Malgré mes petites réserves, je lirai la suite avec grand plaisir car j’aime beaucoup les protagonistes de cette saga. Le plus dur sera d’attendre un an avant de l’avoir dans les mains ! Belette a beaucoup aimé aussi, son avis ici.

Un grand merci à Babelio et aux éditions X.O pour cette lecture.

Ann Granger est une romancière britannique, auteur de nombreux romans policiers historiques. Elle vit près d’Oxford avec sa famille.

Mars 1870. Londres est recouvert de brouillard et de glace. Mais Ben Ross, inspecteur de Scotland Yard, a bien d’autres soucis que la météo lorsque le cadavre d’une jeune femme est retrouvée dans une poubelle derrière un restaurant de Piccadilly.

Ben doit dresser le portrait de la victime avant de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Son enquête le conduit d’abord chez un bottier de Salisbury, puis chez un propriétaire terrien du Yorkshire.

Au même moment, Lizzie, l’épouse de Ben, secondée par Bessie, leur domestique à qui rien n’échappe, enquêtent sur une mystérieuse affaire de femme emprisonnée dans sa propre maison.

Tandis que Ben se lance dans une enquête de plus en plus complexe, Lizzie va découvrir une pièce essentielle du puzzle qui lui permettra de s’approcher au plus près de la vérité…

J’avais aimé Un intérêt particulier pour les morts et La curiosité est un péché mortel, lus respectivement en 2014 et 2015, commencé et terminé l’année 2016 avec Un assassinat de qualité et Un flair infaillible pour le crime puis repris cette série en 2017 avec Le témoignage du pendu et en 2018 Le brouillard tombe sur Deptford. Comme la série était prévue en six tomes, je m’attendais à en rester là, lorsque ô miracle L’orpheline de Salisbury est apparue dans les rayons de ma librairie !

Comme vous le savez déjà, j’affectionne tout particulièrement les polars historiques qui pour cadre la capitale anglaise au temps de la reine Victoria et dans ce genre, j’ai un gros faible pour le duo Lizzie et Ben que j’ai été ravie de retrouver et une nouvelle fois, le charme a opéré avec cette série qui me rappelle beaucoup celle consacrée aux Pitt écrite par Anne Perry, que j’adore !

Fog londonien et secrets victoriens sont au coeur de cette septième enquête de Ben Ross et de sa femme Lizzie. J’aime l’atmosphère et les personnages de cette saga même si je déplore la place de plus en plus réduite de Lizzie au fil des tomes qui devient une héroïne très secondaire, dommage !

Ann Granger met, comme toujours, son temps pour bâtir une intrigue plutôt bien ficelée mais qui n’a rien de révolutionnaire non plus car le coupable n’est pas très difficile à découvrir mais je n’ai, pour autant, pas boudé mon plaisir car ce roman d’ambiance se lit formidablment bien grâce à la plume fluide de l’autrice et à son décor historique bien documenté et bien rendu.

C’est le gros point fort d’Ann Granger, tout au long de sa lecture, on est plongé dans cette période victorienne et on y croit, on a l’impression d’arpenter les pavés londoniens, de se perdre dans le brouillard qui a une importance capitale dans le récit.

C’est une série doudou que j’aime retrouver, à chaque fois le plaisir de lecture est là même si comme je le disais, les intrigues n’ont rien d’extraordinaire, l’atmosphère, la description du quotidien des londoniens de cette époque, les personnages, ont suffisamment de charme pour que je me plonge dans chaque volume avec délice.

Si vous ne connaissez pas encore Ben et Lizzie Ross et que vous aimez les cosy mysteries ou les polars historiques, découvrez sans tarder cette série !