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Novembre s’achève demain et l’heure du bilan a sonné ! Je vais donc vous présenter ici mes lectures de ces quatre dernières semaines. Au menu de cet avant-dernier mois de l’année 2022, des romans historiques, fantastiques et contemporains, des polars, de la jeunesse, des graphiques.

Côté chiffres, j’ai lu 26 titres : 16 romans adultes dont 4 pavés, 2 bandes dessinées, 2 romans jeunesse et 6 albums jeunesse. Soit 13 services de presse et 13 achats. De très bonnes lectures dans l’ensemble, pourvu que ça dure !

La plupart de ces lectures a déjà fait l’objet d’une chronique, les autres le seront dans les prochains jours. Comme d’habitude, j’ai pioché allègrement dans ma pal mensuelle, preuve que concocter ces petites piles à lire me convient bien.

On commence par les polars et un coup de cœur pour Place aux immortels de Patrice Quélard, un roman magistral sur le rôle de la gendarmerie pendant la première guerre mondiale. On poursuit avec un cosy mystery : Couronnement fatal à Middle Fenton de Faith Martin, la nouvelle enquête de Loveday & Ryder, une série que j’adore et cet opus est aussi réussi que les précédents. Autre bonne pioche : Alabama 1963 de Ludovic Manchette et Christian Niemec, un page-turner très réussi sur fond de ségrégation raciale. J’ai retrouvé avec plaisir Valentin Verne et la plume exquise d’Éric Fouassier avec Le fantôme du vicaire, un polar historique très bien écrit et documenté.

On passe aux titres historiques et un roman gothique : Meredith de Morgane Stankiewiez, un court roman avec des vampires. Je suis retournée à Augsbourg grâce à Retour à la villa aux étoffes d’Anne Jacob, une saga familiale que j’aime beaucoup. Une courte biographie romancée pour continuer, consacrée à l’un de mes peintres préférés, Lautrec par Matthieu Mégevand. Direction l’Irlande avec Ce que murmure le vent d’Amy Harmon qui ne m’a pas emporté autant que je l’espérais. Enfin, coup de coeur pour un roman poignant inspiré d’une histoire vraie : Dernier train pour Londres de Meg Waite Clayton qui a pour thème le sauvetage des enfants juifs alors que le troisième Reich est au pouvoir.

On poursuit avec le fantastique et les cinquième et sixième tomes de la saga Blackwater, La fortune et Pluie de Michaël McDowell et Le remake de Clay McLeod Chapman.

Côté contemporains, on commence par Disparaître de Mathieu Menegaux, un récit addictif qu’il m’a été impossible de le lâcher ! Très prenant aussi le premier roman de Judith Elmaleh, Une reine, lu d’une traite. Un sympathique feel-good book qui ne me laissera pas un souvenir inoubliable : Le curieux manoir de tante Aglaé d’Ena Fitzbel. Et une comédie de Noël : Vous reprendrez bien un peu de magie pour Noël ? de Carène Ponte.

Place à la jeunesse et Pitsi Mitsi du temps où les animaux parlaient de Marie-Aude Murail, un conte adorable pour les enfants. Et pour les ados, un thriller victorien absolument génial par Malika Ferdjoukh : Griffes.

Côté graphiques, j’ai lu Séraphine d’Édith, l’adaptation réussie du roman éponyme de Marie Desplechin. Le loup qui ne fout pas les chocottes est revenu en grande forme dans Le loup en slip s’arrache de Wilfrid Lupano et Mayana Itoiz.

Pour les plus jeunes, que de bonnes pioches avec Le bébé yack de Kate Hindley, Une journée au soleil de Mathieu Maudet et des albums de Noël extras : La petite souris et le père Noël de Laurent et Olivier Souillé, La lettre du père Noël de Yukiko Tanno et Mako Taruishi, Petit yéti de Angélique Léone et Christine Davenier et C’est Noël aujourd’hui : Traditions de tous les pays de Hannah Barnaby et Joao Fazenda.

En avez-vous lu certains ? Lesquels vous tentent ?

Après un doctorat en pharmacie puis un autre en droit, Éric Fouassier s’est spécialisé dans l’histoire de la médecine, qu’il enseigne à l’université. Passionné d’énigmes et de codes secrets, il est l’auteur de romans historiques. Le bureau des affaires occultes est le premier opus d’une série policière au héros récurrent : Valentin Verne.

Valentin Verne, inspecteur en charge du Bureau des Affaires Occultes, doit résoudre une nouvelle affaire : un médium aurait recours au spiritisme et à de mystérieux pouvoirs extralucides pour ramener à la vie de la fille de Ferdinand d’Orval, un noble très fortuné. Tables tournantes, étranges apparitions, incarnations inexplicables… Mystification ou réalité?

Des bas-fonds parisiens aux salons de la haute société, des espions de Vidocq aux troublants mystères du spiritisme, l’auteur nous entraîne dans un polar crépusculaire et addictif.

Cela faisait plusieurs mois que je me gardais bien au chaud Le fantôme du vicaire d’Eric Fouassier, second tome du Bureau des affaires occultes, certaine de passer un très bon moment car j’avais adoré le premier tome il y a un an déjà et vous n’ignorez pas que les polars historiques sont mes petits péchés mignons.

Formidablement bien documenté, ce roman nous immerge dans ce Paris bouillonnant de 1830 alors que Louis-Philippe succède à Charles X suite aux trois glorieuses. Dans la lignée des grands détectives de l’Histoire, de Vidocq à Lecoq en passant par Nicolas le Floch, un nouveau héros est né : Valentin Verne.

Epris de chimie et de sciences, c’est un policier moderne qui met ses connaissances au service de la justice et l’époque est riche en découvertes : spiritisme, nouvelles substances, pouvoirs mystérieux des plantes, balbutiements de la photographie… tout ceci est réellement passionnant !

Valentin, droit dans ses bottes et épris de justice, n’hésite pas non plus à sortir sa canne épée pour mater souteneurs et voyous. C’est un héros bien campé, avec un côté sombre et mystérieux, avec une soif de justice, de vérité et de vengeance qui va l’animer de la première page au point final.

Ici, il va devoir enquêter sur un spirite qui a tout l’air d’être un escroc mais son esprit est aussi préoccupé par le vicaire, l’homme qui l’a abusé et fait prisonnier pendant des années alors qu’il n’était qu’un enfant. Passé traumatisant qui le hante et l’empêche de mener une vie amoureuse, au grand dam de la comédienne Aglaé dont il épris et aimé en retour.

Ce polar historique contient tout ce que j’attends de ce genre : une trame historique de qualité au service d’une intrigue bien ficelée, sans jamais tomber dans la leçon d’histoire. Tout est précis, documenté, pour nous offrir une totale immersion dans le Paris de 1830.

L’écriture d’Eric Fouassier est très agréable, très fluide. Les explications chimiques ou scientifiques sont distillées avec beaucoup de pédagogie. Des révélations, des rebondissements tout au long du récit, aucun temps mort, des raisonnements pertinents et une galerie de personnages fictifs et historiques très agréable à suivre, j’en redemande !

Même si j’avais deviné l’individu se cachant derrière le médium et le masque du vicaire, je n’ai pas boudé mon plaisir tant le roman est passionnant de bout en bout, je retrouverai donc avec grand plaisir Valentin Verne lorsque le troisième tome paraîtra, d’autant qu’il sera aidé de la charmante et féministe Aglaé.

Et ce n’est pas Belette qui dira le contraire. Comme moi, elle a beaucoup aimé cette histoire même si elle a été aussi bonne détective que moi. Son avis ici !

On se retrouve en ce dimanche pour faire la synthèse de la semaine qui s’achève ce soir. Je suis très contente que ce format hebdomadaire vous plaise autant !

Cette semaine, je vous ai proposé mes avis sur :

Je vous ai partagé les petits nouveaux de ma pal :

J’ai lu :

  • Le fantôme du vicaire d’Éric Fouassier
  • Blackwater tome 6 Pluie de Michaël McDowell
  • Le remake de Clay McLeod Chapman 
  • Vous reprendrez bien un peu de magie pour Noël ? de Carène Ponte

Je lis :

  • Isolde ou le secret des fleurs de Mireille Pluchard

Je lirai ensuite :

  • Les 12 Noëls de Kate de Jenny Bayliss

Bon dimanche !

On se retrouve aujourd’hui pour mon traditionnel book haul mensuel, et une fois de plus, ma pal ne connaît pas la crise puisque ce sont 26 titres qui ont rejoint mes étagères depuis le début du mois de novembre, entre services de presse (SP), achats neufs et d’occasion !

Vous connaissez la chanson : tous me font bien évidemment très envie, et j’espère que j’aurai l’occasion de tous les faire vite sortir de ma pal. Certains ont déjà été lus, vous pouvez retrouver mes avis en cliquant directement sur les titres.

On commence par les romans à suspens et tout d’abord le sixième tome des enquêtes de Loveday & Ryder : Couronnement fatal à Middle Fenton de Faith Martin. Une enquête à double temporalité avec Le roman oublié (SP) de Jean-Michel Lecocq. Direction la Bretagne avec Cruels sont les rivages (SP) d’Eric Le Nabour. Place aux Cornouailles avec Meurtres en Cornouailles (SP), second tome des enquêtes de Miss Sharp signées Leonie Swann. On reste en Angleterre avec Son espionne royale et le Baron irlandais (SP) de Rhys Bowen.

Côté romans historiques, j’ai jeté mon dévolu sur Les heures étincelantes (SP) de Iona Grey et sur La baronne des glaces de Nicole Vosselier.

On continue avec des titres qui sentent bon Noël : L’hôtel du bord de l’eau sous la neige de Jenny Colgan et Les tortues ne fêtent pas Noël sous la neige de Sophie Jomain. J’ai hâte de retrouver Claire Keegan avec Ce genre de petites choses qui se passe à Noël également. Un roman addictif : Disparaître de Mathieu Ménégaux. J’ai eu la chance de recevoir la très jolie édition poche des Confessions inachevées (SP) de Marilyn Monroe.

Place à la jeunesse avec Pax automata (SP) d’Ariel Holzl, une uchronie très tentante. Du suspens avec Oscar Goupil a london mystery (SP) de Camille Guénot. Des frissons avec Griffes (SP) de Malika Ferdjoukh à l’ambiance gothique à souhait. Et un adorable conte pour les plus jeunes : Pitsi Mitsi du temps où les animaux parlaient (SP) de Marie-Aude Murail.

Des graphiques pour finir et l’adaptation graphique des Confessions inachevées de Marilyn Monroe (SP) par Sandrine Revel et Stéphanie Sphyras. J’ai retrouvé avec plaisir Wilfried Lupano et Maya Itoïz pour une nouvelle aventure de leur héros poilu : Le loup en slip s’arrache (SP).

Des albums pour les plus jeunes : Il était une fois la chouette de Noël (SP) de Daisy Bird et Anna Pirolli, Le bébé yack de Kate Hindley, C’est Noël aujourd’hui : Traditions de tous les pays (SP) de Hannah Barnaby et Joao Fazenda, La lettre du père Noël (SP) de Yukiko Tanno et Mako Taruishi, Une journée au soleil (SP) de Mathieu Maudet, La petite souris et le père Noël (SP) de Laurent et Olivier Souillé, Petit yéti (SP) d’Angélique Leone et Christine Davenier et Le renard et le lutin (SP) d’Astrid Lundgren et Erika Erikson.

En avez-vous lus certains ? Lesquels vous tentent ?

Griffes – Malika Ferdjoukh

Malika Ferdjoukh est née à Bougie en Algérie. Ce qui explique le « h » final à son nom (quand on l’oublie, elle a horreur de ça !), et sa collection de chandelles. Elle vit à Paris depuis sa petite enfance. Elle a séché quelques films à la Cinémathèque pour suivre des cours à la Sorbonne. On peut dire qu’elle est incollable sur le cinéma américain, ses dialogues fameux et ses distributions pléthoriques, du western au polar noir, mais son genre adoré reste la comédie musicale dont elle est…

Fin du XIXè siècle. Morgan’s Moore, au nord de l’Angleterre. Ses villageois, ses notables, son unique auberge et ses crimes épouvantables…

Un crime non élucidé reste à ce point mystérieux que Scotland Yard a dépêché sur place le superintendant Tanyblwch et son jeune adjoint, Pitchum Daybright, tout juste diplômé de la Royal School of Studies in Criminology.

Ce dernier voit d’un mauvais oeil les interventions de Flannery, la fille des aubergistes, qui est convaincue de pouvoir les aider dans leur enquête.

Non seulement, Miss-Je-sais-Tout-sur-Tout a la langue bien pendue, mais elle a le chic pour lui faire monter le rouge aux joues. Il faut dire que la demoiselle est une peste fort charmante…

Avec Griffes, Malika Ferdjoukh propose aux adolescents un thriller gothique diablement passionnant et délicieusement frissonnant, dans un petit coin de campagne de l’Angleterre à l’époque victorienne.

J’aime beaucoup la plume de cette autrice, elle a ce talent de conteuse qui m’embarque, peu importe le genre du roman et l’époque à laquelle elle plante son intrigue, j’aime à chaque fois et ce nouveau récit ne fait pas exception, c’est un vrai régal de lecture.

Médium, meurtres, accusés potentiellement innocents, histoires d’amour contrariées, menaces bien présentes, secrets de famille enfouis mais aussi humour, dialogues savoureux et personnages pittoresques, sont les points forts de ce roman à suspens qui tient toutes ses promesses. 

J’ai adoré l’atmosphère gothique que nous propose Malika Ferdjoukh et les petites sueurs froides qu’elle nous occasionne au gré de la lecture. Car mine de rien la tension monte crescendo et on tremble pour nos protagonistes aux prises avec un tueur sans pitié.

L’histoire à la fois sombre et mystérieuse est bien construite et nous tient en haleine jusqu’au bout tant les meurtres relatés tout au long du récit sont intrigants. Des assassinats commis de sang-froid et pour les deux premiers d’entre eux dans des endroits clos à l’arrivée de la police.

Comment diable le meurtrier fait-il pour commettre ses méfaits et quitter les scènes de crime sans qu’on ne sache comment il s’y prend ? Il faudra toute la sagacité de Pinch et de Flannery pour découvrir le fin mot de l’histoire.

Bien malin le lecteur qui parviendra à deviner les tenants et aboutissements de cette série de meurtres. Pour ma part, je n’ai deviné qu’une partie de cette intrigue rudement bien ficelée et j’ai été surprise par les dernières révélations mitonnées par Malika Ferdjoukh.

Une petite pépite, voilà ce qu’est Griffes et j’en profite pour remercier L’école des loisirs pour cette lecture haletante, j’ai adoré et je vous la recommande chaudement !

Qu’ils adaptent en français des dialogues de séries et de films américains ou qu’ils écrivent, c’est toujours à quatre mains que travaillent Christian Niemiec et Ludovic Manchette. Après douze ans de collaboration, Alabama 1963 est leur premier roman.

Birmingham, Alabama, 1963. Le corps sans vie d’une fillette noire est retrouvé. La police s’en préoccupe de loin. Mais voilà que d’autres petites filles noires disparaissent…

Bud Larkin, détective privé bougon, alcoolique et raciste, accepte d’enquêter pour le père de la première victime. Adela Cobb, femme de ménage noire, jeune veuve et mère de famille, s’interroge : « Les petites filles, ça disparaît pas comme ça… »

Deux êtres que tout oppose. A priori. Et qui vont pourtant enquêter main dans la main…

Si vous avez aimé La couleur des sentiments ou Un long, si long après-midi, je ne saurai que trop vous recommander Alabama 1963 qui connait un joli succès depuis l’an dernier.

J’avais peur d’être déçue tant j’avais pu lire d’avis élogieux et bien, je rejoins la cohorte de celles et ceux qui ont adoré ce polar sur fond de lutte pour les droits civiques et de ségrégation raciale dans le sud des Etats-Unis.

Le premier roman de Ludovic Manchette et Christian Niemiec est une réussite tant au niveau de l’intrigue policière diablement bien ficelée avec un dénouement que je n’ai absolument pas vu venir, et pourtant comme d’habitude, j’ai soupçonné à peu près tout le monde, que d’un point de vue historique.

Les auteurs connaissent fort bien la période dans laquelle ils ont planté leur décor et n’ont pas choisi l’année 1963 au hasard car elle est vraiment charnière dans la lutte des droits civiques.

Manchette & Niemiec nous rappellent, tout au long du roman, les dates et évènements importants qui ont jalonné 1963 et notamment l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy, sans jamais virer à la leçon d’histoire, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Tout au long du roman, on suit Adela dans son quotidien de femme de ménage noire au service des blancs et on assiste à des scènes et des réflexions totalement lunaires mais qui reflètent hélas les conditions de vie de cette époque avec les lois raciales encore en vigueur et qui sont si révoltantes.

Mais aussi Bud, flic viré de la police pour avoir tué son coéquipier alors qu’il était en état d’ébriété. Depuis lors, l’alcool est son meilleur ami et il vivote tant bien que mal en tant que privé.

Raciste, comme je pense la majorité des blancs de cette époque, il va pourtant enquêter sur le sort de ces petites filles noires enlevées puis tuées par un serial killer.

Mais comme il est blanc, les familles noires ne veulent pas lui parler et Adela, sa femme de ménage, va devenir son assistante et lui permettre d’enquêter.

Au-delà de cette enquête pleine de suspens qui nous fait tourner les pages avec avidité, en cela c’est un page-turner très efficace, Ludovic Manchette et Christian Niemiec nous offre une galerie de personnages intéressante dans les deux communautés et nous font assister à l’émancipation d’Adela et j’ai beaucoup aimé cet aspect.

Un roman écrit à quatre mains avec beaucoup de talent que je vous invite vraiment à découvrir, c’est une petite pépite !

Trois amis sont coincés à la maison car il ne cesse de pleuvoir. Ils décident d’utiliser l’armoire à voyager pour aller au soleil. Ils arrivent SUR le soleil ! Et sur le soleil il fait vraiment trop chaud. Ca brûle !

Vite, dans l’armoire pour aller ailleurs ! Les voilà sur l’eau maintenant. Mais sur l’eau, ce n’est pas mieux : il y a trop de vagues, ils vont se noyer !

Est-ce que l’armoire va finir par les emmener dans un endroit où il fait beau, pas trop chaud et sans risque de couler ? Avec les onglets, on peut aussi choisir la page du temps qu’on préfère !

Une journée au soleil est un album qui a beaucoup amusé mes petits lecteurs. Il faut dire qu’avec la météo maussade de ces derniers jours, on rêve tous de passer une journée au soleil comme les héros de cet album tout carton qui séduit les enfants dès 2 ans.

Matthieu Maudet qui signe textes et illustrations propose un chouette exercice aux enfants : découvrir les saisons et la météo grâce à une armoire magique qui téléporte ses héros de l’automne à l’été en passant par l’hiver.

L’occasion pour les plus jeunes de verbaliser le temps qu’il fait et les différentes perturbations qui peuvent ponctuer une journée : soleil, pluie, neige… et de bien visualiser chacun de ces états grâce aux onglets.

Les textes et les dessins sont simples mais pas simplistes et ils font mouche ! Mes petits lecteurs se sont pris au jeu et ont voulu eux aussi appuyer sur l’interrupteur et emprunter cette armoire qui fait voyager.

Un album plein d’humour, de pep’s et de couleurs qui prouve aux enfants que l’on peut s’amuser par n’importe quel temps, il suffit juste d’une bonne dose d’imagination et des habits adéquats et le tour est joué !

Un grand merci aux éditions L’école des loisirs pour avoir illuminé nos jours de pluie.

Une reine – Judith Elmaleh

Judith Elmaleh est auteure et metteuse en scène pour le théâtre, la télévision et le cinéma. Une reine est son premier roman.

Casablanca, au siècle dernier. Mimi n’a jamais porté une aussi belle robe. Depuis le matin, sa mère et sa sœur s’affairent autour d’elle. À quatorze ans, c’est la première fois qu’elle est invitée à un tel banquet et ainsi mise à l’honneur.

Paris, de nos jours. Pour la seconde fois, Anna divorce. Tandis que les déménageurs s’activent, elle observe, sidérée, sa vie qui vient d’éclater en morceaux, et mesure ce qui lui reste à accomplir : dénicher un nouvel appartement, élever ses deux enfants comme si de rien n’était – et s’organiser avec leurs pères respectifs –, décrocher ce job de scénariste dont elle a besoin… Mais en a-t-elle seulement la force ?

Sur un coup de tête, Anna décide d’aller reprendre son souffle à Casa, chez sa grand-mère, dans cet appartement où tout est à sa place. Un monde et deux générations séparent ces deux femmes. Face à sa petite-fille désorientée, Mimi va peu à peu lever le voile sur des secrets de famille jusqu’alors bien gardés…

Une reine est le premier roman de Judith Elmaleh et j’espère bien qu’elle n’en restera pas là car ce récit fut une très belle découverte.

Avec ce roman, l’autrice raconte l‘histoire de deux femmes, Mimi, la grand-mère et Anna, sa petite-fille. Deux générations. Deux histoires. Deux femmes en quête d’elles-mêmes. Et surtout une histoire inspirée du vécu de la grand-mère de Judith Elmaleh, ce qui la rend encore plus poignante.

Le roman s’ouvre sur Simha, ses mots, l’innocence de celle qui n’a que quatorze ans et qui ne se doute pas de ce qui l’attend en cette journée où on la pare avec soin et élégance. Puis, c’est Anna qui entre en scène, c’est elle qui va découvrir le passé de sa grand-mère et qui nous raconte son quotidien de femme sur le point de divorcer pour la seconde fois.

Nous ne sommes pas, en dépit de ce que la quatrième de couverture pourrait nous laisser penser, dans un roman à double temporalité. C’est Anna, qui de nos jours, est la narratrice de cette histoire et qui, totalement éberluée, découvre tout un pan de l’histoire familiale dont elle ignorait tout.

Son retour aux sources nous fait découvrir le quotidien de sa grand-mère juive marocaine, les coutumes anciennes de ce pays, les traditions juives très éloignées de sa vie parisienne. Anna se remémore son enfance, les repas de famille bruyants et exubérants et surtout apprend les secrets et non-dits bien cachés depuis plusieurs dizaines d’années qui entourent Mimi.

Les révélations de Mimi vont être un choc pour Anna qui va s’interroger sur son identité son rapport aux hommes et à la faillite de ses deux mariages. Ses problèmes ne viendraient-ils pas de tous ces mensonges et secrets enfouis ?

J’ai beaucoup aimé ce récit qui m’a serré le cœur. Anna est une femme attachante à laquelle on peut facilement s’identifier puisqu’elle doit mener de front ses enfants et son travail, jongler entre les rendez-vous professionnels et personnels, ce que l’on connaît bien toutes à partir du moment où l’on devient maman.

Mais j’ai eu un coup de cœur pour Mimi, femme de l’ombre, sacrifiée sur l’autel familial. Sa vie m’a émue, sa personnalité, dure en apparence, se comprend aisément par tout ce qu’elle a vécu, subi, sans jamais avoir son mot à dire. J’ai dévoré avec avidité et d’une traite cette histoire tant il m’était impossible de quitter Mimi et Anna.

Un très beau premier roman que je vous conseille vivement et un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette très belle lecture.

Anne Jacobs écrit sous pseudonyme de nombreux romans historiques et sagas exotiques, mais c’est sa série La Villa aux étoffes qui la propulse au rang d’auteur best-seller, aussi bien en Allemagne qu’à l’international. Composée de La Villa aux étoffes (2020), des Filles de la villa aux étoffes (2020), de L’Héritage de la villa aux étoffes (2021), de Retour à la villa aux étoffes (2021) et de Tempête sur la villa aux étoffes (2022), cette saga, publiée en France aux éditions Charleston, a déjà conquis près de 3 millions de lecteurs.

Un vent de bonheur souffle sur la villa aux étoffes : le troisième enfant de Marie et Paul Melzer vient de fêter ses quatre ans et le couple file le parfait amour.

Mais la crise économique qui se répand en Europe met bientôt en péril l’usine textile familiale. Croulant sous des dettes qu’il ne peut rembourser, Paul est confronté à un choix déchirant.

Afin de préserver le sort de la famille, mais aussi des ouvriers et des domestiques, doit-il se résoudre à vendre la demeure qui abrite les joies et les peines des Melzer depuis tant de générations ?

Au coeur du tumulte des années 1930, passions individuelles et questions sociales se mêlent dans ce nouveau tome, Retour à villa aux étoffes.

Prenant de bout en bout, ce quatrième opus est tout aussi réussi que les précédents, et cette saga familiale digne de Downton Abbey, ne me déçoit jamais.

Quel plaisir de retrouver les maîtres, Paul, Marie, Kitty, Tilly, entre autres, mais aussi Liesel, Bruni, Humert et les autres et les voir évoluer de tome en tome.

Cette fois-ci, l’autrice met davantage en avant la jeune génération et c’était très chouette de voir quels destins ils vont embrasser.

Un manoir et une famille puissante dans la tourmente de la Grande Dépression : pourront-ils faire face ?

L’Allemagne est ruinée par le traité de Versailles, les usines ferment, la famine est là, Hitler et les siens attendent tapis dans l’ombre et promettent que la race aryenne reviendra sur le devant de la scène.

L’autrice a vraiment bien travaillé sa trame historique et nous révèle le quotidien des allemands frappé de plein fouet par le chômage, l’inflation et la dévaluation de leur monnaie et la montée du nazisme.

Anne Jacobs entremêle la petite et la grande histoire et c’est ce que j’aime beaucoup ici, d’autant plus que les personnages sont attachants et qu’on a plaisir à suivre leur évolution de décennies en décennies.

Je serai bien évidemment au rendez-vous du tome 5 et je tremble d’ores et déjà pour les Melzer, farouchement anti-nazis !

Si vous aimez les sagas familiales, je vous recommande vivement La villa aux étoffes, vous ne serez pas déçus !

On se retrouve en ce dimanche pour faire la synthèse de la semaine qui s’achève ce soir. Je suis très contente que ce format hebdomadaire vous plaise autant !

Cette semaine, je vous ai proposé mes avis sur :

J’ai lu :

  • Ce que murmure le vent d’Amy Harmon
  • Alabama 1963 de Ludovic Manchette et Christian Niemec
  • Griffes de Malika Ferdjoukh
  • Dernier train pour Londres de Meg Waite Clayton

Je suis en train de lire :

  • Le fantôme du vicaire d’Éric Fouassier

Je lirai ensuite :

  • Le remake de Clay McLeod Chapman

Bon dimanche !