La guerre de Catherine – Julia Billet & Claire Fauvel

1941. Rachel étudie à l’internat de la maison de Sèvres, où ses parents l’ont placée par sécurité. Elle y noue de belles amitiés mais y découvre surtout sa passion, la photographie. Bientôt, les lois contre les Juifs s’intensifient, il n’y a plus de sécurité nulle part en zone occupée. Un réseau de résistants organise la fuite des enfants juifs. Du jour au lendemain, ils quittent tout et doivent oublier, le temps de la guerre, tout de leur vie d’avant, à commencer par leurs prénoms. Rachel devient Catherine.

Seconde guerre mondiale. En cette année 1941, les lois françaises contre les juives promulguées par le régime de Vichy se durcissent encore (ouverture du camp de Drancy et port de l’étoile jaune). Rachel n’a plus de nouvelles de ses parents depuis qu’ils l’ont confié aux bons soins de la maison de Sèvres pour qu’elle y soit en sécurité.

La scolarité est assez libre dans l’établissement qui accueille des pensionnaires, pour la plupart des juifs cachés aux autorités. Responsable de l’atelier photo, Rachel se voit confier un Rolleiflex par Pingouin, le mari de Goëland, la directrice. Elle et lui seront désormais inséparables et Rachel va passer son temps à immortaliser son quotidien et celui de ses camarades.

Mais ce bonheur simple va bientôt prendre fin pour Rachel, obligée d’abandonner son identité juive pour endosser celle d’une française bon teint en devenant Catherine Colin et de quitter la maison des enfants et ses amis Sarah et Jeannot pour rejoindre la France libre…

Avant d’être un roman graphique, La guerre de Catherine est un roman jeunesse de Julia Billet édité à L’école des Loisirs dont j’ignorais l’existence, je ne sais donc pas si cette adapation est en tous points fidèles à l’œuvre originelle mais ce que je peux vous dire en revanche c’est de la lire ou la faire lire à vos enfants absolument !

L’histoire de Catherine est inspirée de celle de la mère de Julia, Tamo Cohen dite France, recueillie elle aussi à la maison de Sèvres. Les personnages de Pingouin et Goëland ont réellement existé et l’auteure leur rend ici un bel hommage, ils ont d’ailleurs été déclarés justes après la guerre.

Le dessin enfantin de Claire Fauvel associé au scénario de Julia Billet font mouche et retracent à merveille le parcours de ses enfants juifs cachés par la résistance dans des écoles ou des couvents.

J’ai adoré cette bande dessinée pleine d’émotions, on s’attache fatalement à Rachel, aux enfants et aux adultes qui croisent sa route. Ses hommes et ses femmes qui risquaient leurs vies pour sauver des enfants d’une mort certaine en déportation sont formidablement mis en lumière ici.

L’histoire est bouleversante et passionnante à suivre, d’autant qu’elle est en partie véridique et qu’elle nous montre le sort des enfants et les réseaux qui les aidaient à fuir.

Les rebondissements sont nombreux et on suit tout le parcours de Rachel à travers la zone libre d’un point de chute à l’autre, certains passages sont bouleversants et franchement on a la boule au ventre en pensant à tous ces enfants et à ceux qui malheureusement n’ont pas été sauvés.

Un récit très touchant, la guerre à travers l’œil et l’appareil photo d’une adolescente, à mettre entre toutes les mains, dès 12 ans.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette belle lecture !

Paris au siècle des Lumières – Arlette Farge

Paris comme vous ne l’avez jamais vu, à travers le quotidien des Parisiens du XVIIIe siècle !

Vous connaissez mon amour pour le siècle des Lumières, ce tout nouveau livre signé Arlette Farge ne pouvait que m’intéresser et je remercie Babelio et les éditions Le Robert pour m’avoir permis de le lire.

Arlette Farge est une historienne spécialisée dans l’étude du XVIIIe siècle, directrice de recherche au CNRS, autant dire qu’elle connaît le siècle des Lumières comme personne et plus particulièrement la vie du petit peuple et celle de la capitale ainsi que les rapports hommes-femmes sous l’Ancien Régime.

Autant dire que lire un ouvrage d’Arlette Farge c’est l’assurance de lire quelque chose de très documenté, fiable et sérieux. J’avais déjà lu sa plume il y a fort longtemps avec Vivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle que je vous recommande au passage si le sujet vous intéresse tout comme je vous invite à lire Paris au siècle des Lumières, un livre passionnant et surtout à la portée de tous.

Arlette Farge a beau être une historienne très sérieuse, ses essais ne sont pas assommants pour autant bien au contraire, elle fait revivre à la perfection le Paris de Louis XV et Louis XVI en s’appuyant sur les archives, la presse et les écrits de l’époque, le tout abondamment illustré, et le tout concourt à rendre notre lecture facilitée et très vivante !

A travers toutes ces bribes du passé, on a l’impression de vivre à Paris au 18è le temps de notre lecture. Arlette Farge nous transporte dans un Paris oublié agrémenté de nombreux témoignages : ici, une lavandière des bords de Seine frappe son linge avec un battoir, là un cabaretier propose une chopine de vin pour trois sols…

Une plongée réussie dans le dédale des rues de la capitale, ses lieux de vie bruyants, encombrés et envahis par les animaux, entrecoupés de majestueuses promenades : le Palais-Royal, les Tuileries, les Champs-Élysées, où se croisent alors toutes les classes sociales.

Le livre est découpé en quatre parties (Paris comme décor, Le quotidien des parisiens, La vie en société, Parler et se parler) et aborde dans l’ordre suivant : la nature omniprésente, les bords de Seine, un déluge d’animaux battant le pavé, migrer, se loger, se nourrir, travailler, s’unir, avoir des enfants, s’informer, montrer sa dévotion, être malade et se soigner, surveiller et punir, s’habiller ou l’art de la toilette, se promener, badiner, se réunir et converser, jouer, boire et s’amuser au cabaret, assister à des spectacles, le langage de la rue et celui des salons, le mélange des patois.

A travers tous ces points présentés de façon synthétique, Arlette Farge nous offre un beau panorama de ce qu’était la vie au sein de la capitale d’autant qu’elle brasse toutes les couches sociales, des plus démunis aux plus riches et nous livre une vision intime et humaine du XVIIIe siècle.

Un ouvrage de vulgarisation idéal pour les néophytes qui apprendront une foule de choses en un peu plus de 200 pages, qui leur donneront peut-être envie d’aller plus loin en lisant d’autres essais consacrés aux différents sujets qui sont ici survolés et une piqure de rappel pour les initiés qui se rafraichiront la mémoire et glaneront une multitude d’anecdotes.

Un coup de cœur en ce qui me concerne et un ouvrage que je suis ravie d’avoir dans ma bibliothèque car je pourrai ainsi régulièrement le feuilleter et en relire des passages.

Pax tome 3 Le myling frappe – Asa Larsson & Ingela Korsell

Alors que la fête d’Halloween bat son plein, l’esprit d’un enfant disparu erre dans les rues de Mariefred à la nuit tombée et se met à attaquer la population. Dans la mythologie nordique, on appelle Myling les incarnations spectrales d’enfants morts non baptisés, contraints de hanter la Terre jusqu’à ce qu’ils trouvent quelqu’un pour les enterrer dignement. Quelqu’un – une Sorcière maléfique ? – semble avoir réveillé ce Myling du royaume des morts pour réclamer vengeance. Alors qu’Alrik et Viggo enquêtent sur cet étrange fantôme qui terrorise la ville, Iris, une jeune fille mystérieuse débarque à Mariefred et fait battre le coeur d’Alrik un peu plus vite.
Mais celle-ci porte des secrets inavouables et semble beaucoup mieux connaître la magie qu’elle ne le laisse paraître.

A Mariefred, une petite ville suédoise, c’est l’heure de fêter Halloween. Les enfants et les adolescents sont déguisés en sorciers, loups-garous, squelettes, fantômes…

Alors que les festivités aux quatre coins de la cité battent leur plein, un fantôme vient semer la zizanie chez Martin et s’en prend à Loke et Tove, ses enfants, camarades de classe de Alrik et Viggo.

Estrid et Magnar demandent l’aide des deux jeunes garçons pour enquêter sur ce fantôme. Dans un livre de la bibliothèque magique, Alrik découvre qu’il s’agit d’un Myling, un enfant assassiné qui n’a pas reçu de sépulture et qui revient s’en prendre aux descendants de son meurtrier.

Après enquête auprès de Martin, Viggo et Alrik se rendent compte que le fantôme en question serait celui d’une petite fille placée dans la maison de Martin qui servait après la guerre d’orphelinat…

Ce troisième tome de la série Pax, Le myling frappe, est à la hauteur des deux précédents quoique nettement plus sombre et angoissant ! Je croyais qu’il s’agissait d’une trilogie mais le quatrième opus sortira en octobre et il semblerait qu’il y ait au moins sept tomes de parus en Suède, de belles heures de lecture en perspective pour mon Sami-Chameau qui adore cette atmosphère et moi-même.

Après Les ténèbres avancent et Le grimm rôde, place au Myling frappeur ! Une ambiance beaucoup plus sombre comme je le disais plus haut, parfaite au moment d’Halloween mais qui fait quand même son petit effet en juin car l’angoisse monte crescendo tout au long du récit, de façon habile et bien dosée.

Aucun temps mort une fois de plus pendant plus de deux cent pages, un rythme trépidant et des héros toujours aussi malmenés par les créatures étranges qui viennent errer dans ce coin perdu de Suède.

Les deux frères sont plus soudés que jamais et ils se révèlent diablement sympathiques même si j’ai une nette préférence pour l’aîné Alrik, plus posé et réfléchi.

J’ai une fois de plus partagé cette lecture avec mon Sami-Chameau de fils qui a 10 ans et qui est pile la cible de ce roman écrit par Asa Larsson et Ingela Korsell, deux auteurs suédois confirmés que je découvre pour ma part à la lecture de cette série.

C’est un roman fantastique le disais-je pour les 9 / 12 ans avec un rythme soutenu, des chapitres courts et de nombreuses illustrations en noir et blanc façon comics signées Henrik Jonsson, qui concourent à rendre ce nouveau tome macabre à souhait, à l’instar de la couverture.

Mon Sami-Chameau a un vrai coup de cœur pour cette série, il s’est aisément glissé dans la peau de Viggo, blond et cadet comme lui, aussi coléreux que lui aussi soit dit en passant et il est a hâte que le quatrième volume paraisse en octobre.

Un roman fantastique et une série à découvrir d’autant qu’elle met en valeur le courage et la solidarité, deux belles valeurs que les jeunes doivent cultiver à absolument.

Un grand merci aux éditions Slalom pour cette lecture palpitante !

Tu comprendras quand tu seras plus grande – Virginie Grimaldi

Lu dans le cadre du challenge  1 pavé par mois

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Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit plus guère au bonheur. Une fois sur place, elle se souvient aussi qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Mais au fil des jours, la jeune femme découvre que les pensionnaires ont  des choses à lui apprendre. Son quotidien avec des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé lui réserve des surprises qui pourraient bien l’aider à retrouver le sourire. Sans oublier Raphaël, le petit-fils d’une résidente, qui ne lui est pas indifférent…

Un samedi soir comme les autres à Paris… Julia regarde un nouvel épisode de Game of thrones avec son chéri Marc lorsque le téléphone sort. Lorsqu’elle découvre le numéro de sa mère, elle est tentée de ne pas répondre mais finit par décrocher et apprend que son père vient de faire une crise cardiaque mortelle au pays Basque.

Sa vie s’écroule et Marc ne la soutient pas du tout, obnubilé par sa petite personne et son travail. Quelques temps plus tard, sa grand-mère maternelle qu’elle appelle affectueusement Maminou fait un A.V.C, c’en est trop pour Julia qui plaque son fiancé pour squatter le canapé de sa meilleure amie.

Lorsqu’elle voit qu’une maison de retraite de Biarritz cherche une psychologue en remplacement de leur titulaire partant en congé maternité, Julia, postule et décroche le poste. Elle quitte La clinique du cheveu sur un coup de tête pour travailler parmi les personnes âgées, que pourtant elle ne porte pas dans son coeur…

Virginie Grimaldi, d’abord blogueuse, s’est fait connaître avec Le premier jour du reste de ma vie qui a fait un véritable carton et que je ne pense pas lire car ce qu’en dit la quatrième de couverture ne me tente pas, j’avais en revanche très envie de découvrir Tu comprendras quand tu seras plus grande et je ressors de ma lecture séduite par son style fluide et dynamique.

La vieillesse dans les romans a le vent en poupe depuis quelques temps, dans un registre similaire, j’ai lu il y a quelques semaines Mémé dans les sorties d’Aurélie Valognes qui m’avait laissé un sentiment un peu mitigé, ce qui n’est pas le cas ici je dois le dire, l’auteure gère nettement mieux son récit, prend le temps de l’installer avant de dérouler son intrigue mais le roman est aussi deux fois plus épais, il est donc plus abouti !

Je crois que c’est la première fois que je lis un roman qui a pour cadre une maison de retraite et je trouve formidable qu’une jeune auteure s’intéresse au 3è et au 4è âges, car le doyen de la maison de retraite souffle ses 99 bougies, et démontre que la vie ne s’arrête pas à 80 ans, qu’on soit seul(s) ou en couple.

Profitons de chaque jour qui nous reste telle pourrait être la maxime de Tu comprendras quand tu seras plus grande qui met en scène une brochette de papys et de mamys pas piqués des hannetons, qui malgré les pépins de santé, veulent encore s’amuser, aimer, prendre du plaisir.

Bien sûr l’histoire est calibrée pour plaire au plus grand nombre, la maison de retraite est loin d’être sinistre et ses pensionnaires plutôt enjoués, pleine de bons sentiments mais Virginie Grimaldi s’est y faire et nous embarque dans son récit et une fois ferré(s), difficile de le lâcher, un vrai page turner !

Le roman fait sourire, rire mais il nous offre aussi des pages très émouvantes sur le deuil, la mort… qui m’ont mis la larme à l’œil plus d’une fois. L’ensemble des protagonistes, à l’exception de Léon le vieillard acariâtre, sont attachants, qu’ils soient pensionnaires ou employés, on prend plaisir à les suivre au fil du récit.

Il est aussi beaucoup question de tendresse, de résilience, de sagesse, d’amitié, d’humanisme, d’amour et on en tire une belle leçon de vie : carpe diem ! Un roman que je vous conseille d’emmener dans votre valise de vacances car je l’ai trouvé très prenant et agréable à lire ! Un feel-good book qui met du baume au coeur et ça fait tellement de bien.

Ça ne va pas arranger ma PAL # 56

Les semaines filent à une vitesse et entre deux lectures pour le mois anglais, je vous propose mon traditionnel book haul mensuel, toujours aussi conséquent ! Ma PAL décidément ne connaîtra jamais la crise et c’est tant mieux et une fois de plus j’ai pas mal de titres à vous proposer, entre les services et les achats : des bandes dessinées, de la jeunesse, des contemporains, des romans historiques et des polars.

Heureusement quelques-un d’entre eux sont déjà lus et chroniqués car c’est une fois de plus pas moins de vingt romans et bandes dessinées ont rejoint mes étagères : douze services presse et huit achats que je vous propose de découvrir sans plus attendre :

On commence par les romans contemporains qui sont au nombre de deux et tout d’abord Le début des haricots de Fanny Gayral reçu des éditions Albin Michel, un feel good book sympathique et frais, idéal pour les vacances.

Une romance contemporaine recommandée par Sophie Kinsella et qui m’a l’air d’être toute aussi idéale pour les vacances, Miss You de Kate Eberlen chez Nil que j’espère lire très vite.

On poursuit avec un document diablement intéressant paru chez Le Robert : Paris au temps des Lumières  de Arlette Farge. C’est ma lecture de chevet et je dois dire que ce livre est une mine d’or, ça sent le coup de coeur…

On reste au 18è avec La soeur du roi de Alexandra de Broca chez Albin Michel dont j’avais beaucoup aimé La princesse effacée, je sais d’ores et déjà qu’il va me plaire !

Roman historique toujours avec Les trois veuves de Michel Jeury chez Robert Laffont, un roman avec une trame policière et des secrets de famille, je sens que je vais me régaler.

Un roman qui lui aussi parle de secrets de famille et qui me faisait envie depuis sa sortie en grand format : Il était une lettre de Katryn Hugues que je me suis procuré tout spécialement pour cet été.

On passe aux bandes dessinées maintenant avec deux biographies de grandes romancières du 20è siècle : Les apprentissages de Colette de Anne Goetzinguer dont j’avais bien apprécié Jeune fille en Dior.

Et Agatha la vraie vie d’Agatha Christie de Anne Martinetti, Guillaume Lebeau et Alexandre Franc que je vous recommande si vous souhaitez connaître la femme derrière l’écrivain, un titre très intéressant.

Un classique pour continuer : Monkton le fou de Wilkie Collins que je ne désespère pas de lire d’ici la fin du mois anglais car c’est un court récit.

On passe aux polars avec tout d’abord Le témoignage du pendu de Ann Granger, la cinquième enquête de Lizzie et Ben Ross, une série que j’aime beaucoup et que je prévois de lire dans le cadre d’une lecture du mois anglais.

Et La voix secrète de Michaël Mention qui m’a totalement captivé et que je ne peux que vous recommander chaudement, j’ai adoré l’ambiance, l’intrigue et les personnages.

Toujours au rayon polars, deux acquisitions et deux services presse qui m’ont permis de compléter ma série des Agatha Raisin de M.C Beaton chez Albin Michel : Pas de pot pour la jardinière, Randonnée mortelle, Pour le meilleure et pour le pire et Vacances tous risques, de très bons moments de lecture en perspective !

On passe à la jeunesse maintenant avec le premier tome d’une nouvelle série, Les chasseurs de livres de Jennifer Chambliss Bertman chez Robert Laffont dans leur nouvelle collection consacrée à la jeunesse, avec un tel titre comment résister ? 

Une suite de série maintenant avec le troisième tome de Aliénor Mandragore de Séverine Gauthier et Thomas Labourot, Les portes d’Avalon, envoyé par Rue de Sèvres, je suis ravie de retrouver à nouveau tous les héros de la forêt de Brocéliande.

Autre nouveauté de la collection jeunesse de Robert Laffont et suite de série : L’île des monstres de Tuutikki Tolonen, j’espère que ce second tome sera tout aussi distrayant que le premier !

On continue avec de la fantaisy avec L’appel du dragon de Jean-Luc Bizien envoyé par les éditions Naos, un roman qui devrait plaire à mes garçons et qui me permettra de connaitre la plume de Jean-Luc Bizien.

Et pour finir un roman écologique dont le pitch m’a séduite : Les kobotlz tome 1 Mission Uluru de Benoit Grelaud chez Slalom.

En avez-vous lu certains ? En attendant de vous en reparler, je vous souhaite un bon week-end et de belles lectures.

Les enquêtes d’Alfred et Agatha tome 3 L’extraordinaire invention du docteur Sorenson – Ana Campoy

Lu dans le cadre du mois anglais :

Agatha reçoit un mystérieux paquet par la poste avec une lettre de son oncle qui lui recommande de veiller sur ce colis avec interdiction de l’ouvrir. Le lendemain, elle reçoit des instructions : elle doit remettre le précieux paquet à un inconnu. Mais on le lui vole. Avec Alfred, son fidèle complice, ils se lancent à la poursuite de l’homme, à leurs risques et péril.

Snouty Jones, l’adorable chienne à deux queues d’Agatha s’est blessée une patte en cachant un os dans le jardin de la propriété des Miller. Heureusement Miller & Jones, l’agence de filature d’Agatha et d’Alfred Hitchcock n’a aucune affaire sur le feu.

Mais ce calme plat ne dure pas car le célèbre explorateur Monty Bohermer envoie un mystérieux colis à sa nièce Agatha. Elle doit veiller dessus et ne l’ouvrir sous aucun prétexte.

Craignant que sa mère, grande curieuse devant l’éternel, ne veuille ouvrir le paquet, Agatha le confie à Alfred en attendant le retour de son oncle. Quelques jours plus tard, elle reçoit un télégramme de Monty lui demandant de remettre le mystérieux colis à un inconnu dans les jardins du Parlement. Mais on le lui dérobe !

Alfred avoue alors à Agatha avoir regardé à l’intérieur du colis et découvert un appareil de cinématographe en 3 dimensions. Agatha, Snouty et leur fidèle complice Alfred se lancent à sa recherche et découvrent que cette invention prodigieuse est l’œuvre du Dr Sorenson, assassiné à Bruxelles, en marge de l’Exposition Universelle, le jour même où le colis a été posté par Monty…

A l’occasion du mois anglais 2015 j’avais lu et adoré le premier tome des enquêtes d’Alfred et Agatha, L’affaire des oiseaux et lu le tome 2, Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ?, lors du mois anglais 2016, il était donc évident que j’allais sortir le tome 3 de ma PAL au cours du mois anglais 2017 !

J’avais pris beaucoup de plaisir à la lecture des deux premiers opus, et je dois le confesser, je me suis régalée à la lecture de L’extraordinaire invention du Dr Sorenson.

Certes, je suis une grande admiratrice d’Alfred Hitchcock et d’Agatha Christie, je suis donc de parti pris, n’empêche que je trouve cette série vraiment bien fichue mêlant humour et suspens  et qu’à chaque nouvelle lecture, c’est un vrai bonheur que de suivre leurs aventures.

Ana Compoy rend un bel hommage à ces deux maîtres incontestés du suspens qu’étaient Agatha Christie et Alfred Hitchcok et sait formidablement bien intéresser les 10 / 12 ans au genre policier tout en prenant garde à leur bâtir une solide toile de fond historique.

Cette fois-ci il sera beaucoup question du cinématographe qui en 1910 reste une attraction qui séduit beaucoup les enfants. Nous découvrons un Alfred passionné de sciences et d’invention, contrairement à Agatha qui reste assez hermétique à ces domaines, et un futur réalisateur déjà intéressé par le cinéma.

Était-ce le cas du jeune Alfred à l’âge de 10 ans, je ne le sais pas, mais l’auteure met sur sa route Alma Reville qui deviendra sa scénariste et son assistante de réalisation mais également son épouse. Ce nouveau personnage, dont j’ignore si nous le retrouverons dans le 4è volume déjà paru et accessoirement dans ma PAL depuis peu, éveille un sentiment qu’Agatha ne connaissait pas : la jalousie !

On croisera aussi Thomas Edison, l’inventeur de l’ampoule électrique, du phonographe et des piles alcalines, qui n’hésitait pas s’approprier des inventions qui n’étaient pas les siennes et qui nous est dépeint ici sous des traits particulièrement antipathiques.

Quant à l’intrigue policière, elle est bien ficelée, pleine de rebondissements et de fausses pistes, très amusante à suivre pour les adultes et palpitantes pour les jeunes lecteurs.

Vous l’aurez compris aisément, je conseille ce titre et toute la série aux nostalgiques d’Agatha et d’Alfred mais aussi aux apprentis détectives à partir de 10 ans.

Pamela – Stéphanie des Horts

Lu dans le cadre du mois anglais :

Légère, séduisante, insolente, Pamela décide très tôt de capturer l’homme qui la mènera à la gloire. Randolph Churchill, qu’elle épouse à dix-neuf ans, Ali Khan, Agnelli, Sinatra, Harriman, Druon, Rubirosa, Rothschild… aucun ne résiste à son charme. S’ils ont le pouvoir, elle exerce sur eux une attirance fatale. Ils l’ont tous désirée. Elle les a tous aimés. Les conquêtes de Pamela sont des alliances, des trophées qu’elle brandit sans crainte de choquer les cercles mondains. Elles vont lui ouvrir les portes du pouvoir et de la diplomatie, jusqu’alors réservées aux hommes, et lui permettre d’assumer toutes ses libertés.

Scandaleuse ? Intrigante ? Courtisane ? Pamela Digby, rousse incendiaire issue d’une famille d’aristocrates désargentés, née le 20 mars 1920 à Farnborough, dans la campagne anglaise est tout ça à la fois et bien plus encore. Sa réputation sulfureuse ne l’empêchera pas de se faire mettre la bague au doigt par Randolf Churchill, le seul fils du grand Winston qu’elle appelait Dear Papa.

Stéphanie des Horts en fait ici une vraie héroïne de roman et nous peint le portrait d’une femme qui a mené une existence flamboyante, la vie d’une séductrice hors norme qui a marqué l’histoire de son temps. Une femme qui a collectionné les riches amants et s’est servi de son corps pour mener une vie d’oisiveté et de luxe.

Si vous aimez les destins de femmes et voir l’histoire par le bout de la lorgnette, Pamela est fait pour vous car quelle femme et quelles vies a vécues Pamela Churchill connue aussi sous le nom de Pamela Harriman ! Cette femme n’a pas eu une vie mais plusieurs et son regard a croisé plus d’un homme d’influence du 20è siècle.

Ses amants sont riches, célèbres et puissants et se nomment tour à tour Ali Khan, Gianni Agnelli, Stavros Niarchos, Franck Sinatra… Ses maris, trois au total avaient pour nom Randolph Churchill, Leland Hayward et William Averell Harriman.

Des hommes, elle en a eu beaucoup, attractive physiquement, n’ayant aucune pudeur ni tabou, Pamela mène une vie libre, se servant de son corps pour ferrer ses proies mais une fois la proie bien en main, elle ne s’est pas contenté de dépenser leur argent, elle les a vraiment aimés.

L’auteure nous emmène dans la vie dorée de Pamela, dans son sillage, au rythme effréné de ses conquêtes. Pamela a la réputation de mangeuse d’hommes et de briseuse de ménages, à raison car les hommes étaient fous d’elle et les femmes la détestaient et s’en méfiaient beaucoup.

Mais qu’importe, rien ni personne ne peut la faire dévier de la route qu’elle s’est tracée. Pamela n’a que faire des critiques à son sujet ni qu’on la traite de pute, c’est un mot qui revient une dizaine de fois sous la plume de Stéphanie des Horts, ce que j’ai trouvé un peu dommage, j’avais parfois l’impression que l’auteure dénigrait son sujet et que Pamela valait mieux que ça.

Certes Pamela est une femme qui toute sa vie sera en quête de pouvoir et de richesse et elle se servira de son corps pour parvenir à ses fins, ne se préoccupera jamais de son fils qu’elle oubliera dans des pensions ou chez des amis, absorbée par ses histoires d’amour et elle n’apparait pas forcément sous un jour des plus favorables dans ce récit et paraît même parfois terriblement antipathique.

Pour autant, si je n’ai aucun point commun avec elle et que je n’ai pas la même vision des choses ni de la vie, j’ai trouvé cette femme fascinante, surprenante, brillante, sa capacité à n’avoir jamais peur de choquer m’épate. Sa dernière vie est toute aussi surprenante lorsqu’elle se passionnera pour la politique, s’investissant sans relâche pour le parti démocrate.

Une personnalité hors du commun qui a un connu un destin exceptionnel, de simple courtisane à ambassadrice des États-Unis à Paris. Une femme à découvrir assurément dans ce roman biographique où Stéphanie des Horts retrace son existence de son premier mariage à son décès, dans la piscine du Ritz.

Merci à Ophélie et aux éditions Albin Michel pour cette lecture intéressante !