Feeds:
Articles
Commentaires

Aujourd’hui on se retrouve avec un challenge que j’aime beaucoup car il est lieu à une période magique, celle de Noël et des fêtes de fin d’année, j’ai nommé le Cold winter Challenge organisé pour cette 8è édition par Margaud du blog Margaud liseuse !

Je suis une inconditionnelle de Noël et à cette période, vous le savez si vous me suivez depuis longtemps, j’adore lire des romans, romances, polars, contes, albums… qui se déroulent en hiver et si possible à Noël. Les challenges autour de Noël sont nombreux mais mon choix s’est porté pour la quatrième année consécutive sur le CWC car il ne présente aucune contrainte, ce qui me va très bien.

Cette nouvelle édition se déroulera du 1er décembre 2019 au 31 janvier 2020 et nous avons quatre menus au choix, de quoi satisfaire tout le monde :

Le but est de choisir 1 menu minimum et de lire un livre du menu choisi. Ou de choisir plusieurs menus. Pour ma part, je vais me concentrer sur La magie de Noël, Flocons magiques et Stalactites ensanglantées

Pour les grands challengeurs, il y a des catégories bonus qui permettent de gagner des points. 1 catégorie = 1 point. Je vous invite à aller voir la vidéo de Margaud qui explique tout très bien.

Comme d’habitude, ma peur du vide et du manque étant désormais légendaire, je me suis concocté une véritable PAL de compétition :

· La magie de Noël

Surprises de Noël d’Andreï Kourkov

Un Goût de cannelle et d’espoir de Sarah McCoy

Le cupcake café sous la neige de Jenny Colgan

La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard

De feu et de neige d’Anne-Marie Pol

La Maison des intentions particulières de John Boyne

Le réveillon du jeune tsar de Léon Tolstoï

Noël & préjugés de la Team Rom Com

Christmas Pudding de Nancy Mitford

· Flocons magiques

Dickens, Charles : Contes de Noël

Aliénor Mandragore tome 5 : Le val sans retour de Séverine Gauthier

· Stalactites ensanglantées

Contes de Noël d’Anne Perry

Lumikko de Pasi Ilmari Jääskeläinen

La disparue de Noël de Rachel Abbot

Crimes et fantômes de Noël

Of course, je ne lirai pas que des titres autour de Noël durant les deux prochains mois mais si j’arrive à sortir la moitié de ces titres de ma PAL, ce sera déjà très bien.

Et vous, vous participez au CWC ? Vous aimez faire des lectures en rapport avec Noël et l’hiver ?

Pour partager le challenge sur les réseaux sociaux : le tag #ColdWinterChallenge et un groupe Facebook est à notre disposition, histoire de papoter et de nous donner des idées de lecture.

Et vous, allez-vous participer ?

Charlye Ménétrier McGrath a longtemps travaillé dans l’industrie musicale. Son temps est désormais partagé entre son activité à l’Université de Lyon et l’écriture.

Jeanne a été placée en maison de retraite par ses enfants. Et le pire, c’est que chacun se renvoie la balle pour déterminer qui a été à l’initiative de cette mascarade.

Elle a beau avoir 81 ans, une ribambelle de petits-enfants et des tonnes de carnets noircis au fil du temps, preuves de son (très) long passage sur Terre, elle n’a pas dit son dernier mot. Son plan : simuler la démence et les rendre tous dingues.

Sauf que, ce lieu dans lequel elle ne voyait qu’hostilité va lui révéler bien des surprises. En prenant part, d’abord sur la pointe des pieds, puis avec une ardeur qu’on ne lui connaissait pas, aux rendez-vous mensuels d’une clique de pensionnaires plus agités qu’une colonie de vacances.

Jeanne va réveiller des pans de sa personnalité qu’elle pensait à jamais enfouis : la curiosité, l’espoir… et surtout : l’audace. Elle va enfin kiffer comme dirait l’un de ses petits-fils car qu’on se le dise : au  » jeu des regrets  » de l’avant-dernier vendredi du mois, rien n’est jamais perdu.

Les sales gosses de Charlye Ménétrier McGrath est un feel-good book comme je les aime, à la fois drôle et émouvant. J’aurai pu totalement passer à côté de ce petit bonbon si mon regard n’avait pas croisé cette couverture gourmande (les religieuses au café sont mon petit péché gourmand) lors d’une de mes virées à la médiathèque.

J’aime beaucoup lorsque les auteurs s’emparent du troisième voire du quatrième âge, je vous conseille d’ailleurs au passage Un clafoutis aux tomates cerises de Véronique de Bure (une merveille !) et Même les méchants rêvent d’amour de Anne-Gaëlle Huon.

Ici notre héroïne s’appelle Jeanne et elle vient de fêter ses 81 ans. Veuve depuis quelques années déjà, elle vit dans un très confortable appartement de Lyon lorsque ses cinq enfants décident qu’elle ne peut plus rester seule et lui proposent de prendre un studio dans une maison de retraite.

Au lieu de se battre, elle en reste coite et ne réagit pas jusqu’au jour où elle va emménager dans son nouveau chez elle. Dans son milieu bourgeois, on n’élève pas le ton et on ne se dispute pas avec ses enfants.

Au début, elle va refuser de parler puis, elle va simuler la démence. Jusqu’à ce que Léon, l’un des pensionnaires, lui tende la main. Avec lui, Jo, Loulou, Lucienne et Paddy, elle va reprendre sa vie en main et vivre enfin pour elle-même.

Cette histoire est essentiellement drôle et pétillante, Jeanne va se révéler assez cash, les dialogues sont d’ailleurs très savoureux. On suit avec elle, les péripéties de la bande d’octogénaires qui sont tous devenus ses amis, entre repas copieux, soirées « jeu des regrets »…

L’autrice aborde le quotidien de son héroïne dans sa maison de retraite, les relations parents/enfants, grands-parents/petits-enfants, l’amour, l’amitié et surtout l’envie pour ses personnes d’un âge avancé, d’une solide envie de croquer la vie à pleines dents, aimer tant qu’ils le peuvent encore.

Charlye Ménétrier McGrath montre beaucoup de bienveillance envers le troisième âge et les maisons de retraite. Il y a certes quelques clichés liés à la vieillesse (technologies, réseaux sociaux…) mais on passe tout de même un très bon moment avec ce roman narré à la façon d’un journal intime.

Un feel-good book touchant que j’ai dévoré d’une traite et que je vous conseille si vous aimez ce genre.

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

challenge-un-pave-par-mois

Françoise Bourdon est née dans les Ardennes. Dès l’enfance, elle a le goût de l’écriture et rédige son premier roman à l’âge de dix ans. Professeur de droit et d’économie, elle décide, après dix-sept ans d’enseignement, de se consacrer exclusivement à sa passion de l’écriture. Journaliste depuis 1993, elle a régulièrement publié des nouvelles dans plusieurs revues. A ses débuts, Françoise Bourdon s’est beaucoup inspirée de sa région natale, puis c’est en Provence, sa terre d’adoption, qu’elle a poursuivi son œuvre, dense, riche, qui mêle grandes sagas familiales, portraits de femmes et évocation de métiers.

1879, Tourrettes-sur-Loup. Rosine, cueilleuse de violettes et fille de modestes paysans d’origine italienne, succombe aux avances d’Emmanuel Moulins, le fils du domaine de la Fontaine aux Violettes.

Persuadée que son amant est amoureux d’elle, elle découvre qu’elle est enceinte et la réaction du futur père est sans équivoque.

Elle n’a plus qu’à quitter son village pour ne pas jeter l’opprobre sur sa famille et gagne la capitale. Après avoir donné naissance à une fille, elle devient la Lionne aux violettes, une courtisane en vue de la capitale.

Sa fille, Eloïse, mène une vie plus rangée près de Lyon auprès de son mari instituteur. Suivront Emma aux amours ardentes, créatrice de mode qui traverse intensément les Années folles, et sa fille Béatrice,  » nez  » de talent dans la ville de Grasse.

La fontaine aux violettes signe mes retrouvailles avec la romancière provençale Françoise Bourdon après La maison du Cap, Les chemins de Garance et A travers la nuit et le vent qui avaient respectivement pour cadre le bassin d’Arcachon, la Provence et Berlin.

Retour en Provence avec cette fresque qui nous raconte de 1879 aux années 1940, de Tourrettes-sur-Loup, sur les hauteurs de Nice, à Paris, le destin de quatre générations de femmes volontaires et indépendantes.

Dans ce nouveau roman, découpé en quatre parties, on suit successivement Rosine et ses descendantes, Eloïse, Emma et Béatrice. A travers elles, on voit l’évolution de la société française et celle de la place des femmes de la fin du XIXè siècle jusqu’à la seconde guerre mondiale, c’est ce qui m’a surtout plu ici.

Tout commence par une histoire classique et banale, celle d’une fille-mère qui va devenir une horizontale à une époque où les courtisanes connaissent leur heure de gloire. La vie de ses descendantes sera plus sage mais elles ne seront pour autant pas épargnées mais toutes se battront en dépit des coups du sort pour mener la vie qu’elles entendent.

Outre la plume toujours fluide et agréable de François Bourdon qui fait que les pages se tournent toutes seules, l’aspect historique véritablement bien rendu se révèle intéressant. Je ne me suis pas forcément attachée aux personnages mais j’ai aimé suivre leurs trajectoires qui épousent parfaitement la condition féminine de leurs époques.

On traverse la Belle Époque, deux guerres mondiales et on croise des peintres aux côtés de Rosine, on découvre la mode avec Emma et la création des parfums avec Béatrice, autant de sujets qui ne manquent pas d’attraits à mes yeux et que j’ai aimé retrouver sous la plume de Françoise Bourdin.

Petit bémol toutefois pour moi : on suit chaque héroïne durant une centaine de pages, un format un peu trop court pour moi qui aurait préféré plus de développement, m’attarder davantage sur certains évènements, notamment avec Rosine.

Un roman historique néanmoins de qualité, très bien documenté, et un très bon moment de lecture comme toujours avec cette autrice. Un titre que je vous recommande si le sujet vous intéresse.

Un grand merci à Marie-Jeanne et aux Editions Presses de la cité pour cette lecture passionnante !

Malika Ferdjoukh a séché quelques films à la Cinémathèque pour suivre des cours à la Sorbonne. Elle a publié une trentaine de romans pour la jeunesse. Elle vit entre Paris, la Normandie… et Parci-Par-là. Se vit recevoir quelques jolis prix au début de sa carrière… Puis plus rien du tout depuis… depuis… depuis… Oh, forget it, Jake ! it’s Chinatown. Ne tweete pas, ne facebooke pas, ne rézo-socialise pas (bon zut, quoi, elle a une vie.)

Aujourd’hui, 31 octobre, trois générations de Coudrier sont réunies à la Collinière, la grande demeure familiale entourée de forêts et d’étangs, pour fêter, comme chaque année, l’anniversaire de Papigrand, le patriarche.

Comme c’est aussi Halloween, Mamigrand a envoyé les petits chercher des citrouilles au potager pour les voisins américains. Mais dans le carré de cucurbitacées encore enveloppé des brumes de l’aube, il y a comme un pépin.

Un homme étendu de tout son long, plein de taches rouges, silencieux. Mort. Pour ne pas gâcher la fête, les enfants décident de cacher le corps.

Les soupçons gagnent les esprits des cousins qui observent les comportements pour le moins étrange des adultes. Tous semblent avoir un mobile qui les accuse. Peu à peu, l’écheveau se dénoue, révélant de lourds secrets de famille et plusieurs assassins potentiels…

Rue de Sèvres et Nicolas Pitz ont eu la bonne idée d’adapter le roman Sombres citrouilles de Malika Ferdjoukh et de le faire paraître pour Halloween, c’est donc entre la soirée du 31 octobre et le 1er novembre au matin que j’ai découvert cette histoire pleine de secrets de famille et de rebondissements.

Les protagonistes de ce roman graphique sont nombreux, je me suis parfois perdue entre les cousins et leurs parents, mais ceci mis à part ce fut une bonne lecture. On suit donc la famille Coudrier réunie au grand complet pour l’anniversaire de son patriarche.

L’occasion pour les cousins Hermès, Madeleine, Violette, Annette et Colin-six ans de se retrouver et pour nous de les découvrir. Il y a les ados Hermès et Madeleine qui seront les narrateurs de l’histoire et qui vont tenter de découvrir l’identité du mort et surtout le coupable du meurtre, ce qui sera loin d’être simple car cette famille cumule les secrets et les non-dits !

Côté graphisme, j’ai beaucoup apprécié le travail de Nicolas Pitz. Les planches sont bien découpées et agréables à lire, les couleurs font la part belle à l’automne avec du rouge, de l’orange, du noir et du vert.

Mention spéciale pour les scènes de nuit qui sont très réussies : toutes noires avec des traits verts, c’est très bien vu et ça permet vraiment de démarquer le jour de la nuit.

Les personnages sont bien croqués et sont facilement repérables, une fois qu’on a bien en tête les prénoms, ce qui est un très bon point vu la multiplicité des protagonistes.

Je ne saurai vous dire si le scénario est totalement conforme au roman éponyme ou si l’intrigue a été simplifiée puisque je ne l’ai pas lu mais j’ai trouvé la narration bien rythmée et fluide. Les sentiments et les animosités au sein de cette famille sont également bien reproduits et sonnent vrais.

En bref, un bon roman graphique pour les adolescents et adultes, idéal à lire en automne. Si vous ne le connaissez pas encore, c’est le moment où jamais.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette chouette lecture !

Faith Martin, également connue sous son véritable nom, Jacquie Walton, est l’auteure de nombreux romans policiers à succès. Née à Oxford et amoureuse de la campagne anglaise, elle situe nombre de ses romans dans le cadre bucolique de la région oxonienne.

Oxford, 1960. Lorsque Sir Marcus Deering, un riche industriel de la région, reçoit plusieurs lettres de menace anonymes, il prend le parti de ne pas s’en inquiéter.

Mais lorsque le corbeau menace de s’en prendre à son fils chéri, il décide de faire appel à la police. Lorsque l’ultimatum prend fin, Deering et les policiers sont soulagés : l’auteur des missives n’a pas mis ses menaces à exécution…
Mais bientôt, un meurtre est commis, et les meilleurs éléments de la police d’Oxford sont mobilisés.

La toute jeune policière stagiaire Trudy Loveday rêverait de participer à une affaire aussi importante, mais ses supérieurs coupent rapidement court à ses ambitions.

Écartée de l’enquête et chargée d’assister le brillant mais peu amène Dr Clement Ryder, médecin légiste, sur une affaire classée, elle se retrouve pourtant très vite au cœur d’une énigme qui pourrait bien la mener sur la piste du mystérieux corbeau d’Oxford…

Vous connaissez mon intérêt pour les romans policiers anglais et plus particulièrement pour les cosy mysteries, je ne pouvais donc que me jeter sur la première enquête de Loveday & Ryder : Le corbeau d’Oxford.

Cet opus plaira aux fans d’Agatha Christie, de Julia Chapman et de M.C. Beaton dont je fais partie, je suis tout à fait la cible visée par l’autrice et je me suis régalée à suivre ce duo attachant.

Les deux héros sont tout à fait antagonistes : d’un côté nous avons Trudy Lovely, la jeune stagiaire inexpérimentée, seule femme du poste de police, plutôt naïve mais néanmoins ambitieuse puisqu’elle caresse le vœu de devenir enquêtrice à une époque où la femme ne fait pas carrière dans la police, au grand dam qui souhaite vite la voir convoler en justes noces.

Elle va se révéler être une assistante précieuse pour le coroner puisqu’elle va savoir se servir de ses petites cellules grises comme dirait Hercule Poirot pour faire avancer l’enquête.

Et de l’autre, nous avons le docteur Clement Ryder, ex chirurgien atteint de la maladie de Parkinson qui a du renoncer aux opérations pour devenir coroner. Nul ne sait que ce vieux briscard est malade et il est redouté par tous car il a l’oreille du maire et il est doté d’une intelligence remarquable.

L’intrigue policière est de facture classique mais néanmoins prenante, le suspens est bien dosé, les fausses pistes et les secrets fort nombreux et je me suis laissée bernée comme une débutante !

Tout au long de ma lecture, j’ai cherché le corbeau, accusé plusieurs protagonistes sans jamais arriver à mettre la main sur le coupable. J’adore quand l’auteur arrive à me balader et là je dois bien admettre que j’ai été servie.

Faith Martin m’a bien eue, j’étais totalement à côté de la plaque. Heureusement, ce ne fut pas le cas de Trudy et Clement qui ont trouvé la clé de l’énigme et brillamment réussi cette enquête.

Je retrouverai donc avec plaisir ce duo d’enquêteurs lorsque le tome 2 paraîtra en France, espérons que l’éditeur ait la bonne idée de ne pas nous faire attendre trop longtemps.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Harper Collins noir pour cette lecture, j’ai adoré !

« Il est souvent difficile pour les autres de saisir la nature de ce don que je suis le seul à avoir. Il me permet de déceler la vérité là où les autres ne voient qu’illusion… Car le monde est une scène et il semblerait que je sois le seul spectateur capable de voir derrière le rideau. »

Fin janvier 1892 en Nouvelle-Angleterre. Abigail Rook, 17 ans, débarque à New Fiddleham, en Amérique après avoir fui sa famille qui refusait de lui voire entreprendre des études de paléontologie.

La tête pleine de rêves, elle espère vivre l’aventure avec un grand A. Dans une auberge, elle fait la connaissance d’un étrange personnage, Jackaby, qui lui offre un emploi d’assistante.

Détective doué de facultés de médium, il est capable de voir les phénomènes surnaturels. Pour sa première mission, Abigail accompagne son nouveau patron sur les lieux d’un crime particulièrement sanglant.

Jackaby soupçonne l’assassin de ne pas être humain, ce que la police refuse de croire. Mais les meurtres s’enchaînent et confirment les soupçons du détective…

J’avais repéré Jackaby lors de sa parution il y a plus d’un an maintenant et lors d’une virée à la médiathèque, mon regard a croisé cette couverture à la fois belle et énigmatique et je suis repartie avec !

Ce premier tome d’une série qui en compte déjà trois en français et un quatrième en anglais, nous emmène donc à la fin du XIXè siècle dans une petite ville des Etats-Unis et nous permet de faire la connaissance d’un duo d’enquêteurs pas comme les autres : Jackaby et sa toute nouvelle assistante Abigail Rook.

Jackaby est un détective d’un genre particulier puisqu’il voit ce que les autres ne voient pas : les créatures et phénomènes surnaturels. Abigail Rook est devenue son assistante et comme c’est elle la narratrice de ce roman, nous suivons cette première enquête de son point de vue alors, qu’elle est totalement dépourvue de pouvoirs, contrairement à son employeur.

Notre duo de héros se révèle attachant et on a plaisir à les suivre dans cette première aventure. Jackaby est excentrique dans sa façon d’être, de se vêtir. Son intelligence est hors du commun et il a un sens de l’humour et du sarcasme savoureux.

Abigail ne manque pas de charme et elle se révèle une narratrice très intéressante même si elle est davantage dans la réserve en raison de son éducation et de la place réservée aux femmes au XIXè siècle.

Le duo fonctionne bien, il y a une certaine alchimie et une complicité qui s’instaurent au fur et à mesure du récit. Quant aux personnages secondaires, ils valent eux aussi le détour : l’ancien assistant de Jackaby devenu un canard à cause d’un sort, un fantôme, un jeune policier métamorphe…

L’enquête sur le tueur en série qui sévit à New Fiddleham est bien menée avec un suspens qui monte crescendo, ce qui en fait un bon thriller historique pour adolescents.

L’atmosphère est aussi très réussie : violente, sombre et glauque juste ce qu’il faut pour imprimer une ambiance surnaturelle et paranormale crédible. Dommage que cette série ne soit pas plus visible car elle a de nombreux atouts et j’ai passé un bon moment avec ce premier tome. J’ai d’ores et déjà réservé le second volume à la médiathèque car je suis très curieuse de découvrir la suite des aventures de Jackaby et Abigail !

Nouvelles extraites de Nouvelles complètes, I (Bibliothèque de la Pléiade)

Qu’une maison puisse être hantée, c’est une affaire entendue. Mais la ferme du capitaine Diamond n’est pas seulement hantée, mais bien louée, moyennant monnaie sonnante et trébuchante, par le fantôme de sa propre fille qu’il avait répudié !

Que s’est-il vraiment passé lors de la mort mystérieuse de la jeune femme, survenue après une violente dispute avec son père ? Pourquoi son corps n’a-t-il jamais été retrouvé ?

Quelque part dans le Massachussetts, Mrs Willoughby est veuve et a trois enfants. Son fils revient à la maison après ses études et présente à sa famille, son ami Arthur Lloyd.

Ses deux soeurs, Viola et Perdita, tombent aussitôt amoureuses mais Arthur choisit la cadette Perdita qui mourra en couches. Mais avant de trépasser, elle fait promettre à son époux de conserver l’intégralité de sa garde-robe pour que sa fille en hérite le moment voulu.

Le fantôme locataire, écrit en 1876, et Histoire singulière de quelques vieux habits écrit en 1868, sont les deux nouvelles contenues dans ce recueil.

Ces récits fantastiques m’ont permis de retrouver Henry James, un auteur m’avais charmé avec Les ailes de la colombe, Le tour d’écrou et Les ambassadeurs, j’étais donc ravie de le découvrir dans un registre dans lequel je ne les connaissais pas, le fantastique !

Et sans beaucoup de surprise, j’ai beaucoup apprécié ces deux histoires sombres et inquiétantes dont les constructions diffèrent : l’une étant plus fantastique que l’autre mais elles se révèlent toutes deux réussies.

Histoire singulière de quelques vieux habits pourrait s’apparenter à un conte de fées, elle se révèle moins angoissante, plus feutrée mais la chute de l’histoire est très bien trouvée et rappelle Barbe-Bleue.

J’ai néanmoins préféré Le fantôme locataire pour son aspect purement gothique et sa thématique : la maison hantée. L’atmosphère propre à ce genre de récit est bien rendue ici grâce aux nombreuses descriptions des paysages et lieux de cette campagne américaine du milieu du XIXè siècle. Les ingrédients du roman gothique sont aussi présents : la maison lugubre, les paysages brumeux, les personnages mystérieux et inquiétants. Sans oublier la chute de l’histoire, absolument terrible.

La plume fluide et élégante, l’humour d’Henry James sont toujours aussi agréables à lire et je ne peux que vous encourager à découvrir cet immense auteur américain avec ces nouvelles si vous ne le connaissez pas encore.