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Novembre s’achève dans quelques heures, il est donc temps pour moi de revenir sur les quatre semaines de lectures qui viennent de s’écouler. Au menu de ce mois de onzième mois de l’année, des romans historiques et contemporains, des polars, de la jeunesse, des graphiques et documents.

Côté chiffres, j’ai lu 15 romans, 4 bd, 1 essai et 3 albums jeunesse dont 4 pavés : 10 service de presse, 8 achats et 5 emprunts. De très bonnes lectures dans l’ensemble sans réelle déception, pourvu que ça dure !

La plupart de ces lectures a déjà fait l’objet d’une chronique, les autres le seront dans les prochains jours. Comme d’habitude, j’ai pioché allègrement dans ma pal mensuelle, preuve que concocter ces petites piles à lire me convient bien.

On commence par un polar historique que j’ai adoré : Le bureau des affaires occultes d’Eric Fouassier, une histoire formidablement bien tissée et documentée. On reste au XIXè mais cette fois-ci dans un Londres steampunk avec Cendres de Johanna Marines. Et enfin, j’ai retrouvé Bruncliffe avec Rendez-vous avec la ruse, sixième opus des Détectives du Yorkshire. Et, cerise sur le gâteau : Code 612 Qui a tué le petit prince ? de Michel Bussi.

On passe aux titres historiques et un recueil de nouvelles que j’ai beaucoup aimé : Contes et récits du Paris des Merveilles de Pierre Pevel, quel bonheur de replonger dans l’univers merveilleux de cet auteur. J’ai enfin découvert la plume poétique de Laurent Gaudé avec La mort du roi Tsongor, une lecture partagée avec mon grand fils ! Autre très bonne pioche : La sorcière de Sealsea de Philippa Gregory dont j’ai adoré l’héroïne pour laquelle j’ai tremblé tout au long du récit.

On reste avec cette thématique avec cet ouvrage documentaire très intéressant, Sorcières : de Circé aux sorcières de Salem d’Alix Paré. Un roman gothique dans le sillage de Daphne du Maurier pour continuer : Seule en sa demeure de Cécile Coulon. La sororité à l’honneur avec Le coeur des fileuses d’Aurélie Haderlé, un roman féministe et social qui m’a beaucoup plu. J’ai également lu Assassins ! de Jean-Paul Delfino qui revient sur le décès de Zola mais qui ne m’a pas vraiment convaincue. Enfin, un classique très court mais qui fait mouche : Le bal d’Irène Nemirovsky.

On continue avec des romans contemporains et un chouette feel-good book : Petits mystères et grands bonheurs à Willow Road de Frédérique Hespel dont je n’ai fait qu’une bouchée. Petite déception en revanche pour Pommes d’amour au marché de Noël de Heidi Swain, une romance de Noël un peu trop longue à mon goût. Et une dystopie : Q.I de Christina Dalcher qui m’a laissé un goût d’inachevé.

Place à la jeunesse avec La-gueule-du-loup d’Eric Pessan, un roman ado au sujet grave et d’actualité qui m’a intéressée mais aussi mise mal à l’aise.

Côté graphiques, j’ai lu le soir d’Halloween Fantômes d’extérieur de Mr Tan et Yomgui Dumont, troisième tome de leur chouette série 109 rue des soupirs. Changement de registre et d’époque avec Ceux du Chambon de Matz qui rend hommage aux résistants pendant la seconde guerre mondiale. Retour à notre époque avec Le club des inadapté.e.s de Cati Baur qui met en lumière un groupe de harcelés unis par une indéfectible amitié. Radium Girls de Cy nous plonge au coeur des années 20 avec une histoire tragique et scandaleuse, inspirée de faits réels.

Pour les plus jeunes, un album de circonstance : Minusculette en automne de Kimiko et Christine Davenier où notre petite fée préférée rencontre son ami le muscardin. Autre lecture parfaite pour Halloween : Regarde par la fenêtre de Katarina Gorelik qui invite les enfants à découvrir comme les apparences peuvent être trompeuses ! Et une histoire 100% animée avec Il est fou ce loup ! d’Anne-Sophie Baumann et Thomas Baas.

Et vous, quels sont vos coups de cœur ou déceptions de novembre ?

Originaire de Clermont-Ferrand, Cécile Coulon publie son premier livre à seize ans. Depuis, elle ne cesse de nous surprendre, de nous émerveiller. En quelques années, elle a publié sept romans dont Une bête au paradis, un grand succès de librairie, récompensé par le prix littéraire du Monde, et deux recueils de poèmes dont l’un a reçu le prix Apollinaire en 2018. Cécile Coulon est également éditrice à l’Iconopop, une collection de textes brefs et poétiques à l’Iconoclaste.

« Le domaine Marchère lui apparaîtrait comme un paysage après la brume. Jamais elle n’aurait vu un lieu pareil, jamais elle n’aurait pensé y vivre. »

C’est un mariage arrangé comme il en existait tant au XIXe siècle. À dix-huit ans, Aimée se plie au charme froid d’un riche propriétaire du Jura.

Mais très vite, elle se heurte à ses silences et découvre avec effroi que sa première épouse est morte peu de temps après les noces. Tout devient menaçant, les murs hantés, les cris d’oiseaux la nuit, l’emprise d’Henria la servante.

Jusqu’au jour où apparaît Émeline. Le domaine se transforme alors en un théâtre de non-dits, de désirs et de secrets enchâssés « car ici les âmes enterrent leurs fautes sous les feuilles et les branches, dans la terre et les ronces, et cela pour des siècles ».

J’avais quelques appréhensions avant d’attaquer Seule en sa demeure de Cécile Coulon, échaudée par les avis mitigés voire négatifs que j’avais parcouru, mais heureusement pour moi, je ressors agréablement surprise de cette lecture.

L’histoire n’est pas sans rappeler Rebecca, sans le brio de Daphne du Maurier, avec cette jeune héroïne naïve qui épouse un veuf dont elle ne sait rien, à la tête d’un domaine, personnage à part entière du récit, doté d’une gouvernante qui veille farouchement sur la famille.

Je vous rassure la ressemblance s’arrête là, Cécile Coulon développe une intrigue tout à fait différente, à la manière d’un conte de fées cruel.

Au fil des pages, nous suivons le destin d’Aimée, jeune femme intrépide et timide à la fois, déterminée à découvrir les secrets que son mari lui cache. Peu à peu, elle explore ce domaine qui l’ensorcelle et l’intrigue.

Entre la gouvernante, le fils qui ne parle pas, son époux taciturne, les ouvriers et Emeline, sa professeure de flûte qui éveille ses sens, Aimée aura fort à faire pour trouver sa place, sa raison et ses envies, mais aussi pour percer tous les secrets de ce domaine décidément bien secret.

Cécile Coulon nous propose ici un roman historique à l’ambiance gothique plutôt réussi, porté par une plume poétique et travaillée. Le mystère s’installe peu à peu, la tension monte crescendo au fur et à mesure que l’intrigue avance, l’ambiance oppressante imprime le récit et, au final, je l’ai dévoré tant j’avais envie de connaître le fin mot de l’histoire.

C’est clairement un roman d’ambiance, l’action est peu présente et l’autrice prend son temps pour dérouler son intrigue, le rythme est donc assez lent, alors si vous aimez les histoires qui vont à cent à l’heure, ce roman n’est clairement pas pour vous, d’autant qu’il recèle de longues pages de descriptions et que les dialogues sont peu présents.

J’ai aimé les personnages intrigants et déroutants, bien dessinés et les descriptions de tout l’environnement : les paysages, la forêt, le domaine aux allures féroces… qui concourent à donner une ambiance gothique au récit.

La condition féminine de l’époque, très bien rendue, dans cette bourgeoisie de campagne où la religion est très présente, les unions arrangées, les apparences sauvegardées à tout prix et où les femmes devaient s’en tenir à ce qu’on attendait d’elle : perpétuer la lignée, obéir à son mari et tenir sa maison sans faillir, est aussi l’un des aspects qui m’a le plus emballée.

Un roman idéal à lire en automne, bien au chaud sous le plaid et avec une bonne tasse de thé à portée de main !

Titulaire d’un doctorat de lettres classiques, Aurélie Haderlé est également passionnée d’Histoire. Elle vit en Provence où elle partage son temps entre l’écriture et l’enseignement des lettres.

1910, au coeur des Cévennes. Eulalie Bastide devient, après le décès de son père, l’unique héritière d’une prospère filature de soie, à condition de trouver un mari dans les deux ans. Désormais patronne, sous la férule d’un contremaître qui voit d’un très mauvais oeil la moindre de ses suggestions, elle découvre que son usine est un véritable bagne féminin.

Révoltée par les conditions de travail de ses ouvrières, elle décide, malgré de nombreux détracteurs, de bouleverser l’ordre social. Bientôt la guerre éclate et le pays se vide de ses hommes. Eulalie réalise alors son voeu le plus cher : transformer son entreprise en communauté de femmes fondée sur l’entraide et la solidarité.

Des amitiés se nouent, des amours se tissent. Mais Eulalie saura-t-elle s’affranchir d’un mariage malheureux et affronter les fantômes du passé ?

Avec Le coeur des fileuses, Aurélie Haderlé met la sororité au coeur de son récit et nous brosse le portrait d’une femme de cœur, engagée au début du XXe siècle pour améliorer le sort d’ouvrières de filature de soie dans les Cévennes.

Vous le savez, ces thèmes sont chers à mon coeur et j’ai beaucoup aimé ce roman qui en dit long sur la condition féminine de l’époque, et notamment les conditions de travail des ouvrières. Dans cette usine de vers à soie, il n’est pas bon d’être une femme ! Eulalie vers le découvrir dès sa première journée.

Les ouvrières ne sont que des numéros de matricule, bien mal payées, travaillant dans des conditions assez assez épouvantables et, cerise sur le gâteau, on les décrit comme bêtes à manger du foin. La jeune patronne qui découvre que la fabrique est prospère voudrait arranger les choses mais n’en fait rien sous la pression de son contremaitre et des notables du village qui ont tout intérêt à ce que les choses restent en l’état.

Puis, au fil des pages, elle change son regard sur la vie, sur les conditions d’exploitation des ouvrières, sur ces hommes qui ont soif de pouvoir et qui la manipulent. Eulalie va se métamorphoser et faire sa révolution. Elle expérimente différents rôles et statuts pour trouver sa voie. Contre son éducation, elle devient patronne, femme mariée et soumise, puis socialiste, révolutionnaire et enfin, émancipée.

Ce roman m’a beaucoup plu même si je trouve qu’Eulalie vit un peu trop de dramas qui prennent parfois le devant de la scène au détriment du volet social qui m’intéressait davantage. La galerie de personnages, en revanche, est épatante : toutes ces femmes sont attachantes et j’ai aimé les suivre au fil du récit. Les hommes et les notables en prennent pour leur grade à juste titre.

Aurélie Haderlé aborde, au-delà de la sororité, des thèmes très intéressants comme l’éducation des filles, le poids social, les conventions, les conditions de travail, le socialisme, le suffragisme, les relations familiales… Elle s’est bien documentée sur tous ces thèmes et sur la première guerre mondiale qui intervient dans la deuxième moitié du récit et tout au long du récit, on est à leurs côtés au coeur des Cévennes.

Un roman historique qui a bien des atouts et que je vous conseille même si je suis un peu restée sur ma faim tant le dénouement est vite balayé, ce que j’ai trouvé un peu dommage. Pour le reste, c’est un roman captivant qui m’a réellement intéressé.

Merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture féministe !

On se retrouve aujourd’hui pour mon traditionnel book haul mensuel, et une fois de plus, ma pal ne connaît pas la crise puisque ce sont 31 titres (un record !) qui ont rejoint mes étagères tout au long de ce mois de novembre, entre services de presse (SP), achats neufs et d’occasion !

Vous connaissez la chanson : tous me font bien évidemment très envie, et j’espère que j’aurai l’occasion de tous les faire vite sortir de ma pal. Un certain nombre de ces titres sont noëliques, ils feront partie de ma pile à lire de décembre.

On commence par les polars et un titre historique : Les feux de Noël de Marie-Bernadette Dupuy qui a pour cadre un atelier de couture dans les années 20, il n’en fallait pas plus pour me donner envie. Direction la cour de Louis XVI avec Le coiffeur frise toujours deux fois de Frédéric Lenormand, le dernier tome de la série Au service secret de Marie-Antoinette que j’adore, je me réjouis de retrouver Rose et Léonard ! Retrouvailles aussi avec Michel Bussi à l’occasion de son dernier titre : Code 612 qui a tué le petit prince ? que j’ai lu aussitôt reçu, je vous en parle très vite.

On continue avec les romans historiques et tout d’abord un essai : Vice et Versailles d’Alain Baraton qui a l’air passionnant. On reste à Versailles avec Un rhinocéros à Versailles (SP) d’Alexandra de Broca, une romancière que j’aime beaucoup et que je suis ravie de retrouver. L’ombre de nos nuits, un court roman de Gaëlle Josse dont j’avais beaucoup aimé Les heures silencieuses. Un roman gourmand avec Aux douceurs du temps de Véronique Chauvy.

Et coté classiques, j’essaie d’en acheter et d’en lire un par mois : Le bal d’Irène Nemirovski, une romancière au destin tragique dont j’ai envie de lire tous les livres, surtout après avoir lu ce court récit qui fait mouche. Et Les quatre filles du dr March de Louisa May Alcott, ma madeleine de Proust dont j’ai lu la première partie pour la énième fois mais la première dans cette belle édition Gallmeister.

On passe aux contemporains avec La chambre aux papillons de Lucinda Riley, une belle brique que m’a gentiment offert ma maman lors de son passage à France Loisirs. Un chouette feel-good book dont je n’ai fait qu’une bouchée : Petits mystères et grands bonheurs à Willow Road de Frédérique Hespel dont je vous reparle très vite. Une année douce-amère (SP) d’Olivia Potts qui semble allier gourmandise et émotion a vraiment tout pour me plaire, j’espère que ce sera bien le cas. Et last but not least : Pour rien au monde (SP) de Ken Follett et je suis trop contente de retrouver la plume de ce génial conteur.

On enclanche le mode hivernal avec Mission Hygge de Caroline Franc et Vous prendrez bien un dessert ? de Sophie Henrionnet. Et, of course, des romances de Noël : Christmas Actually de Joanna Bolouri, Les étoiles brillent plus fort en hiver de Sophie Jomain, Noël au bord de l’eau de Jenny Colgan.

Côté jeunesse, je n’ai pas pu résister à l’appel de ce très beau recueil de contes : Les contes de Noël de Pierre Lapin de Beatrix Potter, n’est-il pas chou ? Je me réjouis de découvrir Le renne mystérieux (SP) de Natacha Godeau découpé en calendrier de l’Avent que je vais lire du 1er au 24 décembre. Je compte aussi lire L’étrange manoir de Hoarder Hill (SP) de Mikki Lish et Kelly Ngai, un titre un peu creepy mais qui se passe aussi à Noël.

Des titres graphiques pour finir et La sentinelle déchue de Marianne Alexandre, le second tome de la série consacrée à Lothaire Flammes que nous aimons beaucoup avec mon fils cadet. Un manga historique : Cesare tome 1 de Fuyumi Soryo qui nous faisait de l’oeil avec mon fils aîné qui adore l’Histoire. Un grand classique adapté en bd : Casse-Noisette et le roi des souris (SP) de Natalia Andrewson, une histoire que j’aime beaucoup et que je suis curieuse de redécouvrir. Un album qui m’a l’air féérique : Isidore Dé couturier des fées (SP) de Frédéric Clément.

Trois titres contemporains et adultes : Lumière noire (SP) de Claire Fauvel et Thomas Gilbert, Sous les galets (SP) la plage de Pascal Rabaté et La servante écarlate (SP) de Margaret Atwood version comics.

Pour les plus jeunes : Tombée du ciel (SP), le dernier-né des Fan Brothers que j’adore et qui a l’air à tomber, comme toujours. Coup de coeur pour Regarde par la fenêtre (SP)de Katerina Gorelik, un album réussi tant sur la forme que sur le fond. Bonne pioche aussi pour Il est fou ce loup ! (SP) d’Anne-Sophie Baumann et Thomas Baas, un album 100% animé qui fait le bonheur de mes petits lecteurs.

En avez-vous lus certains ? Lesquels vous tentent ?

Adolescent, Éric Pessan aimait beaucoup lire. C’est alors qu’il a commencé, tout naturellement, à écrire ses propres histoires. L’un ne va pas sans l’autre : celui qui aime le foot a envie de shooter dans un ballon, celui qui aime le rock a envie de s’emparer d’une guitare. Un jour, bien plus tard, un éditeur s’est intéressé à ses textes. De la même façon qu’il était un lecteur curieux, il est devenu un écrivain curieux : la trentaine d’ouvrages qu’il a publiés mêle plusieurs genres, romans pour adultes et romans pour la jeunesse, nouvelles, pièces de théâtre, poésies, textes écrits en compagnie d’artistes ou de photographes, recueils de croquis. La littérature est un bonheur qu’il partage aussi en animant, ça et là, des ateliers d’écriture.

La première vague du coronavirus touche la France et le président l’a annoncé, le pays va entamer un confinement qui pourrait être long.

Rester confiné dans leur appartement à Nantes ? Impensable pour Jo, 16 ans, son petit frère de 7 ans et sa mère. Ils laissent le père de famille, infirmier aux urgences de l’hôpital, donc en première ligne et Ils s’en vont à La Gueule-du-Loup, dans la maison d’enfance de leur maman.

La maison est en fait celle des grands-parents que Jo n’a pas connus, leur mère ayant coupé les ponts avec eux dès majorité, et elle est inoccupée depuis leur décès, deux ans auparavant.

Et il n’y a pas que des inconvénients : Jo peut faire du sport, profiter de la forêt toute proche, et jeter sur un cahier ses essais de poèmes.

Mais bientôt, des phénomènes étranges se produisent. Des bruits inexpliqués. Une peluche qui disparaît. Un animal ensanglanté dans la maison. Qu’est-ce qui hante La Gueule-du-Loup ? Et pourquoi leur mère n’est plus la même ?

La gueule-du-loup m’a permis de renouer avec la plume d’Eric Pessan découverte avec Dans la forêt de Hokkaido, un auteur qui aime aborder des thématiques graves qui touchent particulièrement les adolescents si j’en crois mes deux lectures. La première traitait du suicide, et pour connaître la seconde, il faudra lire ce roman !

C’est un récit âpre et angoissant de part sa thématique que je préfère vous taire et par son ancrage au coeur du confinement, si douloureux pour certaines personnes dix-huit mois après. Son atmosphère creepy et gothique, avec cette maison en apparence si paisible et personnage à part entière du récit, se prêtent fort bien à l’automne et concourent à mettre dans l’ambiance.

La tension monte crescendo au gré des chapitres et on découvre au fil des découvertes de Jo, des secrets de famille ô combien difficiles et les conséquences qui peuvent planer sur une vie entière. L’auteur le fait de façon intelligente, ce qui permet d’engager des réflexions avec les ados, cibles du roman.

La psychologie des personnages est bien travaillée, les réactions des uns et des autres crédibles même si je trouve que l’attitude du petit garçon est bien trop mature pour son âge. En tout cas, les adolescents qui le liront ne pourront qu’être marqués par cette lecture dans l’air du temps.

L’auteur a tellement bien fait son travail que ce récit m’a beaucoup angoissée et mise terriblement mal à l’aise, pour tout vous dire, j’avais du mal à retourner à ma lecture et j’ai mis près d’une semaine à venir à bout de ce roman de moins de 200 pages tant l’idée de retrouver le confinement et cette thématique me pesaient.

C’est néanmoins une lecture que je recommande, elle est nécessaire, mais doit être accompagnée car si une adulte comme moi en a été perturbée, un.e ado le sera encore davantage.

Un grand merci à L’école des loisirs pour cette lecture dérangeante mais nécessaire.

Alix Paré, diplômée de l’École du Louvre, est conférencière spécialisée en peinture occidentale des XVIIe, XVIIIe et XXe siècles. Elle a travaillé pendant huit ans au musée du Louvre et au château de Versailles. Elle donne des cours d’histoire de l’art et intervient dans les grandes expositions parisiennes.

Magicienne volant sur un balai ? Hérétique condamnée au bûcher ? Femme fatale détournant les hommes du droit chemin ? Empoisonneuse maîtrisant l’art des poisons ? Oui mais pas que… 

La sorcière, honnie au Moyen Âge, est devenue une icône féministe incarnant pouvoir et indépendance. Elle peuple les œuvres d’art et les cultures populaires du monde entier depuis des millénaires.

Au fil des pages, parcourez les œuvres de Jérôme Bosch, Albrecht Dürer,  Francisco de Goya ou René Magritte. Découvrez des représentations des sorcières de Salem, héroïnes de Shakespeare, ou de Circé, enchanteresse qui transforme les compagnons d’Ulysse en cochons.

Mon automne livresque est décidément riche en sorcières ! Après Sorcières la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet, Le loup des ardents de Noémie Adenis et La sorcière de Sealsea de Philippa Gregory, place à Sorcière : de Circé aux sorcières de Salem !

Mais ici point de fiction ou d’essai féministe, Alix Paré nous fait découvrir la place des sorcières dans les oeuvres d’art du Moyen-Age à nos jours et c’est diablement intéressant, vous me pardonnerez le jeu de mots, je n’ai pas pu résister.

Dans cet ouvrage que je pensais picorer mais que j’ai finalement lu d’une traite tant je l’ai trouvé riche et intéressant, l’autrice nous explique les chasses aux sorcières et la figure de la sorcière à travers ses attributs, des chronologies, des cartes, des graphiques, des encadrés variés reprenant des anecdotes, des influences et des mises en contextes très pertinents.

Puis dans une sélection précise d’une quarantaine d’oeuvres incontournables ou inattendues, au cours des six derniers siècles. J’en connaissais quelques-unes seulement, ce fut donc pour moi une découverte de bon nombre d’oeuvres assez surprenantes, souvent d’une grande modernité.

Je ne m’attendais pas du tout à ce genre de livre lorsque je l’ai emprunté à la médiathèque mais je ressors enchantée de ma lecture. Je pensais, à tort donc, découvrir quarante sorcières de la littérature ou de femmes ayant été condamnées pour sorcellerie mais il s’agit en fait de représentations artistiques de sorcières connues ou non, à travers des toiles, dessins, sculptures, vases…Pour chaque œuvre, l’autrice explique la vision de l’artiste et donne le contexte de l’époque.

Comment les sorcières étaient-elles considérées ? Depuis quand ? Pourquoi ? Dans quelles régions ? Avec quels traitements ? Comment cela s’est-il arrêté ? Comment ont-elles inspiré les artistes et la fiction ? Quel lien entre elles et le féminisme ? Autant de questions qui trouvent ici leurs réponses et le fait de s’appuyer sur des oeuvres pour expliquer tout cela est vraiment passionnant, pour peu qu’on aime un tant soit peu l’art bien évidemment.

Un ouvrage réussi tant sur le fond que sur la forme que je vous conseille si cette thématique vous intéresse !

Après des études de lettres à la Sorbonne, Anne-Sophie Baumann exerce le métier d’éditrice pour la jeunesse pendant plusieurs années (éditions Nathan, Tourbillon, Gallimard…). Diplômé en 2000 des Arts Décoratifs de la ville, Thomas Baas est illustrateur et affichiste. Il travaille aussi bien pour des maisons d’édition que pour la presse jeunesse.

Le loup vient de dévorer une bonne grosse poulette. Et il serait le plus heureux des loups si une plume n’osait pas le défier ! Oust ! Du balai ! Le loup arrivera-t-il à se débarrasser de cette plume qui le chatouille ? Mystère et boule de gomme…

Il est fou ce loup ! est un album 100% animé et 100% drôle pour les enfants dès 3 ans. Le principe est ultra simple : aider le loup à se débarrasser de cette maudite plume qui le rend fou !

Au fil des pages, les enfants découvrent sa mésaventure et ses multiples tentatives pour tenter de se débarrasser de cette plume qui l’embête.

Anne-Sophie Baumann (textes) et Thomas Baas (dessins) sont aux manettes de cet album dont les enfants sont partie prenante et c’est tout à fait le genre de livre qui plait aux petits car il est intéractif.

Très peu de texte, des couleurs vives et plein d’animations sont les atouts de cet album : les enfants peuvent tirer la langue du loup, fermer ses yeux, le chatouiller… fous rires garantis !

Les images sont tellement parlantes que le texte finalement importe peu, les enfants comprennent très bien l’histoire et s’en emparent en donnant vie au loup et en faisant eux-mêmes les dialogues.

Une bonne idée cadeau à l’approche de Noël et un grand merci aux éditions Nathan pour cet envoi qui fait le bonheur de mes petits lecteurs.

Pierre Pevel, né en 1968, est l’un des fleurons de la Fantasy française. Il a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2002, le prix Imaginales 2005 et le David Gemmell Morningstar Award en 2010 pour Les Lames du Cardinal, dont les droits ont été acquis dans une quinzaine de pays, y compris en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Les droits de Haut-Royaume ont été également acquis dans plusieurs pays.

Bienvenue dans le Paris des Merveilles, un Paris qui n’est ni tout à fait le nôtre, ni tout à fait un autre… et qui, désormais, n’appartient plus seulement à Pierre Pevel. Vous le savez, mes incursions en fantaisy sont plus que rares mais lorsqu’il s’agit de l’univers crée par Pierre Pevel, j’accours, que dis-je je fonce !

Contes et récits du Paris des Merveilles est un recueil comprenant six nouvelles situées dans le monde du Paris des Merveilles. Pierre Pevel est l’auteur de deux d’entre elles, qui ouvrent et clôturent l’ouvrage : Veni, Vidi, V… et Sous les ponts de Paris, qui sont excellentes avec pour l’une des trolls gardiens des ponts de la capitale, une trouvaille épatante et l’autre où il est question de science et de Léonard de Vinci.

Les quatre autres sont l’oeuvre de jeunes plumes, parfois débutantes mais toujours talentueuses, qui se sont approprié avec brio l’univers d’Isabel, Griffont et Azincourt pour notre plus grand plaisir : L’urne de Râ de Catherine Loiseau que j’ai adoré car l’autrice fait intervenir la mythologie égyptienne et signe une histoire ô combien féministe !

Les révoltés d’Argecimes de Sylvie Poulain où il est question d’aviation avec une héroïne badass, digne des Artilleuses ! Les portes de l’Outre-Monde de Benjamin Lupu nous fait entrer dans la magie du cercle d’or et du cercle Cyan avec Griffont. Et enfin, Une enquête d’Etienne Tiflaux, détective changelin de Bénédicte Vizier nous permet de renouer avec l’un des personnages du Paris des Merveilles.

Nul besion d’avoir lu la trilogie du Paris des Merveilles pour apprécier ces récits mais si, comme moi, vous avez aimé les romans de Pierre Pevel, cette anthologie est du pain béni. Quel bonheur de replonger dans cet univers si riche que j’adore et de découvrir de nouvelles histoires approuvées par le créateur en personne.

Chaque auteur et autrice apporte, grâce à son imagination et ses inventions, sa pierre à ce monde, et ils/elles le font de fort belle manière. Dès les premières lignes de chacun de ces récits, on se trouve projeté dans ce Paris des Merveilles pour ne le quitter qu’une fois arrivé aux toutes dernières lignes.

Les personnages repris ou inventés pour l’occasion sont attachants, on a plaisir à les suivre et leurs aventures sont exaltantes. Ces nouvelles sont des histoires d’enquêtes, d’espionnage ou de cambrioles mettant en scène ce Paris de la Belle-Epoque mâtiné de magie et de féérie qui y sont présentes depuis la révélation de l’existence de l’Outre-Monde.

Une excellente lecture que je vous recommande, que vous aimiez déjà Le Paris des Merveilles ou non, vous passerez un chouette moment !

Cendres – Johanna Marines

Passionnée par les sciences et la biotechnologie, Johanna Marines prépare actuellement une thèse de recherche après des études en pharmacie. Très influencée par les lectures de l’imaginaire et les romans d’anticipation comme La Nuit des Temps de René Barjavel ou Un éclat de givre d’Estelle Faye, elle aime imaginer les futurs probables vers lesquels pourraient tendre les hommes. Elle signe aujourd’hui avec Cendres, un roman Steampunk qui prend place à Londres au XIXe siècle à l’ère de la Révolution industrielle.

Londres, 1888. Nathaniel Depford, un jeune homme de 27 ans, travaille comme allumeur de réverbères dans la vieille ville. Orphelin, il ne sait presque rien de ses origines et vit dans un quartier mal famé de l’East-End avec sa soeur Luna qui multiplie les rapines.

Au même moment, à Westminster, Agathe espère devenir la domestique de la famille Henwoorth. C’est une jeune femme plutôt naïve, prête à tout pour payer les médicaments de sa mère malade. Elle va être embauchée comme parurière chez les Henwoorth et lors de sa première soirée, elle fait la rencontre de Luna et de Nathaniel.

Au petit matin, Agathe rentre sans son collier, volé par Luna pendant son sommeil. Mais bientôt, Luna disparaît et Nathaniel est en proie à d’étranges cauchemars qui refont surface, son monde fragile vacille…

Réussira-t-il à retrouver Luna avec l’aide de l’inspecteur Frederick Abberline qui lui fait part de la disparition d’autres jeunes filles ressemblant à sa soeur ? Ou devra-t-il faire chemin seul pour comprendre les forces obscures qui tirent les ficelles en coulisse ? Et si son passé le rattrapait ?

Cendres m’intriguait depuis sa parution il y a deux ans déjà, alléchée par un pitch prometteur qui annonçait la couleur : meurtres, drogues et pauvretés, le tout dans un Londres victorien steampunk. Je suis novice en la matière mais j’aime beaucoup les univers steampunk et ici, j’ai trouvé mon bonheur !

L’histoire va graviter autour d’un manoir victorien, où vivent les Henwoorth, une riche famille en apparence parfaite qui a fait fortune grâce au commerce de diamants dans la capitale.

Mais, il semblerait que de nombreux secrets planent autour du manoir et de ses habitants. Comment expliquer les nuées de cendres mystérieuses qui s’échappent de leur atelier ?

Pour mener l’enquête, nous suivons tour à tour deux personnages fictifs Agathe Sildarat et Nathaniel Depford, mais aussi une figure historique : Frederick Abberline, bien connu pour avoir mené l’enquête sur Jack l’éventreur, sans mettre la main dessus hélas !

Des rues sombres de la capitale, en passant par un manoir victorien, de soirées mondaines où le diamant est roi, aux tavernes où l’opium circule dans les veines, Johanna Marines nous propose un récit enlevé dont je n’ai fait qu’une bouchée. Pour tout vous dire, je l’ai quasiment l’une d’une traite tant j’ai été embarquée dans cette histoire qui m’a passionnée.

Les chapitres sont courts, l’intrigue est menée tambour battant, sans aucun temps mort, et les pages défilent toutes seules grâce à la plume fluide de l’autrice.

L’atmosphère steampunk est légère, par petites touches, mais suffisante à mon goût. Les personnages sont bien campés et cette histoire de barbe-bleue amateur de jeunes filles blondes fait son petit effet, bien joué Johanna Marines, pour un premier roman, c’est vraiment pas mal du tout.

Le dénouement est un peu trop rapide mais n’oublions pas qu’il a été écrit pour les adolescents qui n’aiment pas les longueurs et les récits plus développés.

Reste que je me suis régalée à cette lecture et que je vous la conseille si comme moi vous êtes novice en steampunk. Ma Belette a bien aimé aussi, son avis ici !

Cati Baur est née en 1973 à Genève. Elle a exercé de nombreux métiers : libraire, « blonde de l’accueil », assistante d’édition en bande dessinée… Elle a également tenu un blog de dessin et publié en plus de l’adaptation des Quatre soeurs, deux autres bandes dessinées à ce jour : J’arrête de fumer et Vacances.

Martin, Edwige, Erwan et Fred forment un quatuor uni quoiqu’il arrive. Mais au collège, ils sont loin d’être populaires ! Leurs camarades les trouvent étranges, leurs looks ne sont pas à la mode et leurs centres d’intérêt non plus, ils sont mis à l’index, rejetés et moqués à l’envi.

Ils savaient que ça finirait par arriver un jour… et c’est le plus gentil d’entre eux qui s’est fait tabasser, sans que l’on sache par qui ni pourquoi. Erwan, le bricoleur de la bande se retrouve à l’hôpital et cette injustice les a tous blessés.

Et leur colère débordante les a poussés à agir, à leur manière… forcément particulière.

Cati Baur, habituée des adaptations on ne peut plus réussies de la saga des Quatre soeurs de Malika Ferdjouk, s’attaque cette fois-ci à un court roman de Martin Page avec Le club des inadapté.e.s

Cati Baur scrute le petit monde de Martin Page avec son œil de lynx, son humour et la tendresse de son dessin. L’histoire de ces ados qui ne rentrent pas dans les cases ni dans la norme est touchante et en tant que maman de deux ados j’y ai été sensible.

J’ai beaucoup aimé la solidarité dont ils font preuve, leur gentillesse naturelle et la révolte qui va les habiter suite à l’agression gratuite d’Erwan, un collégien doux et rêveur, qui ne ferait pas de mal à une mouche, tabassé par une bande de lâches.

Les sujets traités ici sont importants et sont bien traités : le harcèlement en premier lieu, thématique centrale du récit, le droit à la singularité, le fait de ne pas vouloir rentrer dans les cases pour être bien vus des autres, l’amitié, la solidarité, le deuil, la dépression, le chômage, les difficultés financières… autant de sujets qui touchent les adolescents et dont il est important de leur parler lorsque l’on est parent.

Mon bémol, c’est que le récit est bien trop court mais c’est l’adaptation d’un roman lui même très court mais je pense qu’il est parfait pour la cible qui est le sien, les jeunes de 11 à 15 ans.

Un album à conseiller aux ados qui trouvent que la vie est nulle, que grandir ça craint, mais qui croient aux super pouvoirs de la solidarité et de l’amitié !

Merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette découverte, elle a rejoint la bibliothèque de mes ados qui l’ont beaucoup apprécié !