Maharajah – M.J Carter

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Calcutta, 1837. Le pays est sous la régence de la Compagnie britannique des Indes orientales. Figure haute en couleur chez les expatriés anglais, l’écrivain Xavier Mountstuart vient de disparaître dans les profondeurs de la jungle, alors qu’il faisait des recherches sur une secte d’assassins, les thugs. L’armée de la Compagnie envoie à sa recherche Jeremiah Blake, un agent spécial, grand spécialiste des mœurs du pays, accompagné d’un jeune officier, William Avery. C’est le début d’une aventure passionnante au pays des temples et des maharajahs. En approchant de la région où Mountstuart a disparu, celle des thugs, adorateurs de Kali, déesse de la mort et de la destruction, Blake et Avery vont bientôt découvrir une incroyable conspiration.

Calcutta, 1837. L’Inde est sous la régence de la Compagnie britannique des Indes orientales depuis plus de deux cents ans. Toute puissante, elle fait et défait les rois et dicte les lois à la population indigène qui vit sous son joug.

Xavier Mounstuart, un célèbre écrivain anglais, dont les romans ont pour toile de fond l’Inde, a disparu depuis son départ de Jabalpour où il était l’hôte de William Sleeman, passionné de dinosaures et de botanique et grand spécialiste du thuggisme, raison pour laquelle l’écrivain est venu le voir.

Le commandant de la compagnie, craignant qu’il ne ait été capturé par les Thugs, adorateurs de Kali, déesse de la mort, dépêche son enquêteur spécial Jeremiah Blake afin de faire toute la lumière sur cette affaire et lui adjoint le lieutenant William Avery, fraichement débarqué en Inde…

Lorsque Maharajah a été annoncé, j’ai aussitôt eu envie de le lire. Le sujet, le décor, la couverture, tout m’indiquait que j’allais passer un excellent moment de lecture mais en refermant ce roman, je suis un peu déçue.

Tout d’abord je m’attendais à un polar historique, vous savez combien je les affectionne, mais Maharajah est en fait un formidable roman d’aventures à suspens et non pas un polar à proprement parler. M.J Carter qui signe ici son premier roman, nous propose une véritable plongée au coeur de l’Inde en 1837 avec son lot de mystères et d’ombres.

De ce point de vue là, je n’ai pas été déçue, on sent que l’auteur s’est documenté et même un peu trop car il nous abreuve d’énormément de renseignements dont certains ne m’ont pas apparu comme nécessaires.

C’est un roman très dense avec beaucoup de descriptions, on n’a aucun mal à visualiser les lieux, les odeurs, les moeurs… doublé d’un bon page turner, franchement les pages se tournent toutes seules même si j’ai trouvé pas mal de longueurs tout de même et vous savez que je n’en suis pas friande.

Polar historique, non mais roman à suspens, oui ! Les rebondissements ne manquent pas, le chemin de nos héros est semé d’embûches et de contretemps, surtout dans les cent dernières pages et je vous avoue que l’auteur m’a eue car à chaque fois, j’étais à côté de la plaque et ça ne m’arrive pas souvent même si j’ai trouvé là aussi une surenchère dans les péripéties qui arrivent à Blake et Avery !

J’ai été séduite par le duo que forment Blake et Avery, aux antipodes l’un de l’autre : Blake est veuf d’une indienne et parle un nombre incroyable de dialectes indiens et Avery, typiquement britannique qui voit dans les indiens des êtres inférieurs. L’auteur a bien travaillé ses personnages et leur psychologie et on a plaisir à les suivre dans cette aventure et leur évolution même si Avery m’a tout de même énervé à plusieurs reprises par ses réflexions.

Pourquoi cette petite déception alors ? Parce que je m’attendais à un véritable polar historique et que cela n’en est pas un déjà et ensuite car je l’ai trouvé trop long, allégé d’une centaine de pages, je pense qu’il aurait été plus percutant et plus passionnant à lire.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Cherche-Midi pour cette plongée au coeur de l’Inde et pour cette lecture qui ne manque pas d’intérêts.

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Un clafoutis aux tomates cerises – Véronique de Bure

Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d’écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, d’événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l’Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches.

Premier jour du printemps, Jeanne, pimpante nonagénaire, entame son premier journal intime. Jour après jour, elle nous livre son quotidien, ses petits bonheurs, ses chagrins, le tout émaillé de ses souvenirs.

Jeanne va se remémorer son enfance, ses années de pension, l’Occupation, sa rencontre, son mariage et sa vie avec René, son défunt mari et ses enfants. Sa difficile adaptation à la vie campagnarde, elle qui était parisienne en diable. La cohabitation douloureuse avec sa belle-mère, ses relations avec ses parents et avec son frère…

Au soir de sa vie, Jeanne évoque ses journées avec ses copines, entre bridges et goûters, sur un ton tantôt pétillant tantôt nostalgique, au moment où ses dernières connaissances, amies, membres de sa famille, peu ou prou du même âge qu’elle, rendent leur dernier soupir et où elle nous parle du bon dieu.

Un clafoutis aux tomates cerises est un très beau roman sur le grand âge, mené par une héroïne ô combien attachante, qui a plutôt bon pied bon œil pour ses 90 ans, puisqu’elle a toute sa tête et une peur panique de l’Alzheimer, elle conduit, parfois les yeux fermés, sa petite voiture, elle vit seule et s’occupe de son jardin, se fait à manger, qui lit, qui joue aux cartes…

C’est une chronique d’une femme qui vit ses dernières saisons au cœur de la campagne, entre Moulins et Vichy, avec pour seuls voisins Marcelle accro au sucre qui perd la tête et son mari Fernand. Ses enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants sont à Paris mais viennent régulièrement la voir, au grand dam de la vieille dame qui n’aspire qu’à une chose : sa tranquillité.

Jeanne est une sympathique vieille dame qui vit entre le présent et le passé, s’étonne de notre monde moderne et de ses inventions, vit au rythme des saisons en se suffisant de peu, nostalgique d’une époque révolue et pourtant dure.

Elle ne comprend pas ce monde qui a gommé Dieu, où les gens vivent à un rythme fou et se réjouit de bientôt clore sa vie avant d’être tout à fait dépassée par cette nouvelle époque dans laquelle elle ne s’adapte pas.

Se posant mille questions sur l’utilité de nos objets contemporains, établissant un parallèle entre le monde d’hier et celui d’aujourd’hui, elle m’a fait tantôt sourire ou rire, tantôt émue aux larmes.

La liberté de vie et de ton est l’un des privilèges du très grand âge et Véronique de Bure ne s ‘en prive pas : aussi Jeanne fait-elle ce qu’elle veut et ce qu’elle peut : regarder pousser ses fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, faire des parties de bridges, s’amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d’à côté, accueillir pas trop souvent ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine…

Je trouve que l’auteure s’est merveilleusement coulée dans le personnage de Jeanne, on a beau savoir qu’Un clafoutis aux tomates cerises est un roman, on a vraiment l’impression de lire le journal intime d’une vieille dame et on n’a qu’une envie : la prendre dans nos bras, l’aider à faire ses choux, boire un petit muscat bien frais à ses côtés, équeuter ses haricots verts, etc.

Vous l’aurez compris, j’ai eu un coup de cœur pour ce très très joli roman sur la vieillesse et le temps qui passe que j’ai dégusté et quitté à regret. Je vous le recommande vivement !

Ça ne va pas arranger ma PAL # 61

On se retrouve aujourd’hui pour un nouveau book haul ! Et oui, comme toujours, ma PAL ne connaît pas la crise et ce sont pas moins de 22 nouveaux titres qui ont rejoint mes étagères. Seuls quatre ont été lus hélas mais le cinquième est en cours, ouf.

Au menu de ce mois de novembre des romans historiques et contemporains, une biographie, de la jeunesse et deux bandes dessinées dont seize services presse ou gains via des concours ou masse critique Babelio et par conséquent six achats et oui je continue à acheter des livres malgré la taille impressionnante de ma PAL !

On commence par les contemporains avec Le sourire des femmes de Nicolas Barreau, récupéré dans une boîte à livres, un roman qui a l’air bien sympathique !

Un roman feel good qui m’a beaucoup plu pour poursuivre : Les coeurs brisés ont la main verte de Abbi Waxman gagné lors d’un concours organisé par les éditions Belfond, qui traite du deuil de très jolie façon, un très bon moment de lecture.

On poursuit avec deux romans envoyés par les éditions Presses de la cité que je n’avais pas sollicité : Nocturne pour Stanislas de Annie Degroote et Les ambitieuses de Stephanie Clifford. Je ne me suis pas penchée sur ces récits, je ne sais donc pas de quoi ils parlent !

Toujours chez Presses de la cité trois romans historiques cette fois-ci et tout d’abord L’autre héritière de Lauren Willig, qui a pour thème la vengeance et pour toile de fond le Londres des années 20. Un roman que j’ai dévoré et que j’ai trouvé bien documenté et passionnant.

Je retrouverai avec plaisir la plume de Françoise Bourdon dans Les chemins de Garance et celle de David Safier dans 28 jours qui traite de la Shoah, un registre bien différent de ses romans humoristiques auxquels il nous avait habitués.

J’ai pu lire dans le cadre des matchs littéraires de PriceMinister le prix Pulitzer : Underground Railroad de Colson Whitehead chez Albin Michel qui m’a laissé une impression mitigée hélas.

Chez Albin Michel toujours, une biographie concernée au fils de la reine Victoria signée Stephen Clarke, Edouard VII un roi anglais made in France, un roi francophile dont je ne sais rien, ce livre tombe donc à pic.

Deux achats maintenant avec L’élégance des veuves de Alice Ferney et Le brouillard tombe sur Deptford de Ann Granger qui me permettra de retrouver Lizzie et Ben dans une nouvelle enquête.

Deux autre polars historiques : Seules les femmes sont éternelles de Frédéric Lenormand chez La Martinière et Maharajah de M.J Carter chez Le Cherche Midi qui est actuellement ma lecture en cours.

Des romans policiers contemporains pour continuer avec deux titres de La bête noire chez Robert Laffont ; Sous son toit de Nicole Neubauer et Le tueur au miroir de Fabio Mitchelli.

Et les deux nouveaux Agatha Raisin chez Albin Michel, A la claire fontaine et Coiffeur pour dames qui me permettront de retrouver les Cotswolds.

Deux bandes dessinées maintenant : Marie-Antoinette la reine fantôme de Annie Goëtzinger et Edouard Manet et Berthe Morisot une passion impressionniste qui retrace l’histoire d’amour entre les deux peintres impressionnistes.

Et pour finir trois romans jeunesse et tout d’abord Miss Charity de Marie-Aude Murail, un grand classique que j’ai hâte de découvrir. On poursuit avec Horizon crash de Scott Westerfeld chez Albin Michel jeunesse. Et enfin un roman historique passionnant qui retrace la jeunesse de Marie Curie et de sa soeur bronia toujours chez Albin Michel jeunesse: Marie et Bronia le pacte des deux soeurs de Natacha Henry.

En avez-vous lu certains ?  

Jane, le renard & moi – Fanny Britt & Isabelle Arsenault

Hélène est victime de harcèlement et d’intimidation à son école. Elle trouve alors refuge dans le monde de Jane Eyre, le premier roman de Charlotte Brontë…

Montréal, dans les années 80. Hélène est une jeune adolescente et le canard boiteux de son établissement scolaire depuis plusieurs mois.

Rejetée par son groupe d’amies, mise à l’écart, sujette aux moqueries et aux insultes, liées à son physique et à son poids, elle se réfugie dans la lecture de Jane Eyre de Charlotte Brontë.

Au gré de sa lecture, elle s’identifie à l’héroïne, se voyant terne et grosse, se dévalorisant sans cesse, persuadée d’être « une saucisse de Toulouse », « un bébé truie » ou « un coussin à fourchettes ».

Et le pire est à venir. Une semaine en camp de vacances avec les 40 élèves de cinquième, prêts à la martyriser. Mais deux rencontres vont illuminer son quotidien…

Depuis ma lecture coup de coeur de Rose à petits pois, je m’étais promis de me pencher sur les publications des éditions La Pastèque, une maison d’édition québécoise fondée en 1998, qui propose des bandes dessinées intimistes à destination des enfants et des adultes.

C’est chose faite avec Jane, le renard & moi, un album pour les adolescents qui traite du harcèlement scolaire à travers le personnage de Hélène, qui, pour oublier sa souffrance, s’évade dans Jane Eyre de Charlotte Brontë.

Le scénario de Fanny Britt montre le difficile quotidien de Hélène, moquée pour son physique, qui se voit énorme alors qu’elle a une silhouette tout à fait normale. On ne comprend pas d’où viennent ces moqueries ni pourquoi elle est devenu la tête de turc de son collège, ce que j’ai trouvé un peu dommage pour la compréhension mais ceci mis à part, j’ai trouvé le reste de la bande dessinée très réussi.

Il n’empêche que l’on ne peut qu’être touchée et avoir de l’empathie pour cette jeune fille rejetée de tous, qui subit insultes et quolibets, à longueur de journée, et qui trouve du réconfort dans l’histoire de Jane Eyre, cette gouvernante au physique terne, qui rencontre malgré tout l’amour.

Les illustrations magnifiques de Isabelle Arsenault, qui a une merveilleuse maîtrise des couleurs, accompagnent le texte poétique de Fanny Britt et abordent d’une façon très sensible et poétique le harcèlement mais aussi les thèmes propres au passage à l’adolescence qui sont évoqués avec brio tout au long de l’album tels que l’amitié, l’amour, la solitude, les changements physiques…

Vous l’aurez compris Jane, le renard & moi est une bande dessinée qui aborde des thèmes très importants pour les adolescents avec beaucoup de justesse et que je ne peux que vous encourager à découvrir à votre tour tant elle me parait essentielle à mettre entre les mains des plus jeunes mais aussi des parents !

Les cœurs brisés ont la main verte – Abbi Waxman

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Californienne de trente-quatre ans, mère de deux adorables chipies et illustratrice pour une super maison d’édition, Lili semble mener une vie rayonnante. Pourtant, derrière son sourire et son grand sens de l’autodérision, la jeune femme peine à se remettre du décès accidentel de son mari, trois ans plus tôt. Depuis, et au grand dam de Rachel, sa sœur cadette qui s’évertue à placer de sémillants célibataires sur son chemin, le cœur de Lili est en stand by.
Mais un vent nouveau s’apprête à souffler. Chargée d’illustrer une encyclopédie de botanique, la jeune femme se voit imposer des cours de jardinage, le samedi matin, au beau milieu d’un parc de L.-A. L’heure est venue pour la jeune femme de troquer pyjama et télé contre une paire de bottes et du compost ! Mais comment tisser des liens avec des inconnus ? Lili est-elle vraiment prête à quitter sa zone de confort ?

Lilian Girvan habite Los Angeles, elle est maman de deux fillettes Annabelle et Clare et veuve depuis quatre ans. Inconsolable depuis la mort accidentelle de son mari, décédé quasi sous ses yeux, elle a fait une croix sur sa vie de femme pour se consacrer à ses enfants âgées de cinq et sept ans.

Illustratrice pour Poplar Press, une maison d’édition spécialisée dans les manuels scolaires, Lili mène une vie très routinière entre d’un côté son job et de l’autre sa vie de maman.

Heureusement, elle peut compter sur sa sœur cadette Rachel qui s’incruste chaque soir pour le diner et qui a pris le relai de sa sœur auprès des filles lorsque Lili a fait une terrible dépression et a du être internée dans un hôpital psychiatrique pendant plusieurs mois.

Un beau matin, sa chef Roberta, la convoque dans son bureau. Lili est persuadée qu’elle va être licenciée car Poplar Press est en difficulté mais en fait elle lui offre une nouvelle mission confiée par la société Bloem : illustrer une encyclopédie de botanique entièrement consacrée aux légumes.

Pour ce faire, elle a carte blanche mais doit suivre un cours de jardinage orchestré par le séduisant Edward Bloem…

Les cœurs brisés ont la main verte est un feel good book comme je les aime, plein d’émotion, que j’ai littéralement dévoré. Il faut dire que la plume fluide et vive de l’auteure nous fait tourner les pages toutes seules et qu’il renferme tous les ingrédients nécessaires à un roman doudou : de l’amour, de l’humour, des personnages attachants et cabossés par la vie.

Abbi Waxman nous livre aussi un très beau roman sur le deuil, sans jamais tomber dans le pathos, à travers Lili, qui peine à refaire sa vie après la mort de son mari, qui n’a pas envie de l’oublier ni de le remplacer. Mais aussi à travers les deux fillettes : Annabelle qui souffre beaucoup de l’absence de son père et qui considère ses parents toujours unis par les liens du mariage. Elle n’avait que trois ans à la mort de son père et son souvenir s’efface peu à peu et elle en souffre. Quant à Annabelle qui n’était qu’un bébé, elle n’a bien évidemment aucun souvenir de Dan et estime que sa mère peut se remarier.

A travers Rachel également, une brillante avocate célibataire, qui a mis sa vie amoureuse entre parenthèse pour mieux épauler sa sœur et ses nièces. Les deux jeunes femmes ont une relation fusionnelle et Rachel ne cesse de dire à Lili qu’elle doit tourner la page et qu’en le faisant, elle ne trahira pas Dan pour autant. Elle adorait son défunt beau-frère qu’elle considérait comme son meilleur ami et ne supporte plus que sa sœur passe à côté de sa vie en s’oubliant à ce point et lui organise des rendez-vous malgré elle !

Ce roman aborde aussi l’amitié, celle de Lili avec les autres participants du cours de jardinage, tous cabossés par la vie, tous très différents et attachants, qui apprennent à cultiver l’amitié en même temps que les légumes.

Malgré le thème principal du roman, le deuil, le récit ne tombe jamais dans le pathos comme je l’ai dit plus haut, il est au contraire bourré d’humour et finit par lorgner du côté de la romance, sans qu’elle ne soit jamais au premier plan.

On pourra sans doute reprocher à Abbi Waxman de ne pas sortir des sentiers battus et de nous offrir une galerie de personnages biens comme il faut : les profs retraitées et lesbiennes, le trader malade du cœur, le geek surdoué qui vit dans une caravane, la mère célibataire issue du ghetto, etc. mais on lui pardonne bien volontiers tant son roman met du baume au cœur et le sourire aux lèvres.

Si vous avez envie d’un bon roman feel good, avec des personnages attachants, de l’émotion, de l’humour et de l’amour, je ne peux que vous conseiller Les cœurs brisés ont la main verte, il vous fera passer un joli moment, assurément !

Puzzle – Franck Thilliez

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer au jeu ultime, celui dont on ne connaît que le nom : Paranoïa.
Le jour venu, ils reçoivent la règle numéro 1 : Quoi qu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu.
Suivie, un peu plus tard, de la règle numéro 2 : L’un d’entre vous va mourir.
Et quand les joueurs trouvent un premier cadavre, jeu et réalité commencent à se confondre.
Paranoïa peut alors réellement commencer…

Ilan Dedicet est concepteur de jeux vidéos qui ne trouvent pas preneur. Alors, il travaille la nuit dans une station service sur l’autoroute et vit dans la maison de ses parents depuis leurs décès.

Avec son ex petite amie Chloé, il a participé à plusieurs chasses aux trésors et, alors qu’il n’a plus de ses nouvelles depuis un an, elle débarque un beau matin pour l’inviter à renouer avec le jeu ultime sur lequel ils se sont cassés les dents : Paranoïa.

La jeune femme a trouvé une porte d’entrée et ils passent avec succès les dernières sélections et débarquent à quelques jours de Noël dans un hôpital psychiatrique désaffecté près de Grenoble où ils retrouvent six autres candidats.

A la clé : 300 000 euros pour le vainqueur. Une tempête de neige et de solides cadenas leur interdisent toute fuite. Commence alors un huis clos oppressant où chaque joueur doit se défier des autres…

Franck Thilliez est un auteur prolifique et reconnu de polars et de thrillers dont les titres caracolent en tête des meilleures ventes de livres. Ce n’est pas pour cette raison que j’avais acheté Puzzle il y a déjà deux ans mais parce que les billets le concernant sont en général très élogieux. J’étais donc curieuse de découvrir enfin son univers, c’est désormais chose faite !

Huit clos glaçant, Puzzle est un thiller addictif et particulièrement anxiogène. D’après ses fidèles lecteurs et lectrices, ce n’est pas le meilleur de ses romans mais j’avoue que pour une première lecture, je ressors plutôt séduite. J’en profite pour remercier Belette, ma partenaire de lecture, qui l’a marathonné de son côté en un temps record !

Il faut dire que le combo neige, isolement dans la montagne, hôpital psychiatrique désaffecté, mélange de réel et de délire, schizophrénie… ça fait toujours son petit effet et ça donne une ambiance angoissante réussie.

Même si j’avais deviné bien avant la fin là où voulait nous emmener Franck Thilliez, je dois admettre que Puzzle est un bon page turner, bien haletant, avec sa cohorte de personnages douteux voire glauques et cette chasse au trésor qui part en vrille.

Certes le sujet ne brille pas par son originalité, il fait beaucoup penser à Shutter Island de Dennis Lehane, Dix petits nègres de Agatha Christie et même au Mystère Sherlock de J.M Erre (dans un genre différent puisque totalement barré et drôle), pour autant je me suis laissée embarquée par l’histoire mise en place par Franck Thilliez jusqu’à son dénouement même si, assez vite, j’ai pressenti comme je vous le disais plus haut, quelle en serait la fin grâce ou à cause de quelques indices disséminés au fil du récit.

Vous l’aurez compris Puzzle est un roman efficace avec une ambiance qui fait froid dans le dos et une histoire suffisamment bien développée pour qu’on se laisse embobiner. Une première incursion réussie dans l’univers de Franck Thilliez, un auteur que je lirai avec plaisir à nouveau !

Je vous invite maintenant à découvrir l’avis de Belette ici, un grand merci à elle pour cette lecture anxiogène et prenante.

Le jour où elle a pris son envol – BeKa, Marko & Maëlla Cosson

Depuis sa rencontre avec Antoine, le sage-épicier, Clémentine a changé pas mal de choses dans sa vie. Mais elle n’a toujours pas trouve ce qu’elle cherchait : le bonheur et l’apaisement. Quand elle retourne à l’épicerie, Clémentine fait la connaissance de Simon, un physicien apiculteur ami d’Antoine. Grâce à lui, Clémentine va entrevoir tous les chemins de vie possibles qui s’offrent à elle. Mais comment faire pour trouver le bon ? Pour le savoir, une seule solution… essayer !

Deux ans ont passé depuis sa rencontre avec Antoine, l’épicier philosophe. Clémentine n’est plus cette jeune citadine effacée qui se laissait toujours marcher sur les pieds.

Elle a semble-t-il tout ce dont elle a un besoin : un job, un appartement et un petit ami mais elle ne s’épanouit pas, toujours en quête à donner du sens à sa vie. Elle fait du yoga, de la médiation, en vain.

Clémentine décide de retourner voir Antoine dans son épicerie mais trouve à la place un apiculteur du nom de Simon, en charge de l’épicerie et de la maison pendant qu’Antoine parcourt le monde.

Il lui indique qu’il y a toute une série de chemins possibles afin qu’elle puisse progresser dans sa vie et lui propose d’embarquer pour l’Allemagne afin de rencontrer son premier professeur…

Après les romans feel-good, voilà la bande dessinée positive. Je dois vous avouer que les livres de développement personnel, la méditation, le zen, le yoga, etc, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé, peut-être parce que je ne ressens pas le besoin de me mettre en position du lotus pour passer mes problèmes au crible et que je préfère la parole au silence.

Je ne suis donc clairement pas la cible pour ce genre de titre et pourtant, j’avais été charmée par Le jour où le bus est reparti sans elle, premier tome de la série.

Je pensais donc être toute aussi séduite par Le jour où elle a pris son envol mais il n’en a rien été. Trop semblable au premier opus, ce second volume fait redite des propos tenus précédemment et je l’ai trouvé plus agaçant que ressourçant, trop bavard aussi.

Si le scénario est pour moi simple et sans saveur, sans aucun réalisme car je veux bien qu’on plaque tout pour aller à Berlin, en Norvège, à Bali, au Japon… il faut tout de même un sacré budget pour que peut-être Clémentine trouve un jour sa voie !

Heureusement, j’aime toujours autant les dessins de Marko mis en couleur avec talent par Maëla Cosson, ce qui a un peu sauvé ma lecture.

Vous l’aurez compris, un second tome très décevant et dont on aurait pu se passer, qui ne clôt pas les aventures de Clémentine mais qui les achèvent pour moi car je ne compte pas poursuivre cette série après le fiasco de ce second tome.