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Paris, 1875. Alors que ses Raboteurs de parquet sont refusés par le jury de l’Académie des Beaux-Arts, Gustave Caillebotte est invité à exposer aux côtés des « intransigeants ». Ce groupe de peintres réunissant des artistes comme Monet, Manet, Renoir, Pissarro ou Degas tous refusés au Salon de Paris possède en commun une vision moderne de l’art. Privilégiant les sensations, élargissant le choix des sujets, des compositions et des couleurs, ceux que les critiques nomment avec mépris les « impressionnistes » marquent une véritable rupture avec l’académisme. Collectionneur et mécène, Caillebotte participera à l’essor de ce courant naissant en finançant ses amis et organisant des expositions. Artiste original et audacieux, il en peindra également quelques-uns de ses plus grands chefs-d’oeuvre…

Retracer une partie de la vie du peintre Gustave Caillebotte sous le biais d’un roman graphique, voici ce que nous propose le scénariste et dessinateur Laurent Colonnier, auteur du très remarqué Georges & Tchang.

L’impressionnisme est mon courant pictural préféré. Lorsque je travaillais à Paris, j’adorais arpenter les salles qui lui sont consacrées au musée d’Orsay. Je ne me lasse pas de regarder les toiles de Monet, Pissaro, Renoir, Sisley, Cézanne, Degas, Caillebotte ou Berthe Morisot.

Cette biographie graphique commence au moment où le jury de l’Académie des Beaux-Arts refuse son chef d’œuvre, les Raboteurs de parquet, refus qui signe son entrée dans le club des Impressionnistes, qui vont fonder un salon parallèle, celui des refusés, financé par Caillebotte lui-même, à la tête d’une fortune qu’il mettait volontiers au service de ses amis.

Passionné par l’œuvre de Gustave Caillebotte, Laurent Colonnier signe ici une biographie respectueuse et fidèle de l’artiste, en même temps qu’un portrait tout en nuance de cette période charnière de l’histoire de l’Art : celle de la naissance de l’impressionnisme et des débuts de l’art moderne.

L’histoire qu’il nous propose est intéressante, truffée d’anecdotes savoureuses, bien documentée, un très bon travail de Laurent Colonnier grâce à qui j’ai pu découvrir Caillebotte intime, peintre et philanthrope.

L’auteur s’attache à nous montrer comment travaillait cet artiste longtemps resté dans l’ombre de ses camarades car il a fallu attendre 1994, soit un siècle après son décès, pour voir une rétrospective de ses œuvres !

Caillebotte était pourtant un visionnaire qui travaillait différemment de ses amis : il cherchait ses motifs à l’extérieur, mais réalisait ses croquis, retravaillait ses esquisses à l’atelier. On est frappé de voir la modernité de son oeuvre, de ses cadrages et de ses sujets, c’est aussi lui qui a fait entrer la vie urbaine dans la peinture

Dans les années 1890, il est influencé par le courant japoniste et de son vivant, il est fréquemment exposé aux Etats-Unis.

Laurent Colonnier rappelle, qu’outre ses talents de peintre, Caillebotte était aussi un mécène au goût très sûr, qui était souvent le premier acheteur de ses amis impressionnistes. Il a notamment beaucoup aidé financièrement Claude Monet, toujours sans le sou, en lui payant le loyer de son atelier et en achetant ses peintures.

Eternel célibataire, il a fait don d’une partie de ses oeuvres et celles de ses amis à travers un legs au Louvre. Grâce à lui nous pouvons admirer 69 peintures impressionnistes qui seraient certainement aujourd’hui chez des particuliers ou dans les musées américains.

Une figure très intéressante et altruiste, grand amateur de frégate, qui mérite qu’on s’intéresse de plus près à sa vie et à son œuvre.

Vous l’aurez compris je ne peux que vous recommander Gustave Caillebotte un rapin chez rupins si vous vous intéressez à l’art du XIXè et le mouvement impressionniste en particulier !

Sylvain Balmont, commercial dans une entreprise agroalimentaire, gagne le jackpot de l’Euromillions grâce à un SDF. Son premier réflexe est de retrouver le vagabond pour le remercier et lui venir en aide. Mais son bienfaiteur est mort.
En pleine procédure de divorce, le Parisien n’a aucun projet. Et comme il se sent infiniment redevable, il décide d’enquêter sur le passé du SDF, Xavier Rosa, afin d’honorer sa mémoire.
Sylvain Balmont, commercial dans une entreprise agroalimentaire, gagne le jackpot de l’Euromillions grâce à un SDF. Son premier réflexe est de retrouver le vagabond pour le remercier et lui venir en aide. Mais son bienfaiteur est mort.
Ses investigations le conduisent à Villard-sur-Armançon, un village de deux cents âmes, perdu en Bourgogne à proximité d’Alésia. Deux familles de paysans – deux véritables clans – s’y livrent une guerre absurde à laquelle Rosa ne semble pas étranger.
Malgré lui, Sylvain déterre des secrets que le maire voulait étouffer. Le conflit entre les deux hommes prend des proportions déraisonnables, chacun essayant de pousser l’autre à bout. Bien aidé par ses millions, le Parisien tient bon. Et au milieu des querelles qui agitent le village, il trouve enfin le moyen d’honorer la mémoire de son bienfaiteur : exaucer un rêve de jeunesse de Rosa, un projet un peu fou qui n’a pas fini de faire enrager le maire.

Sylvain Balmont a quarante ans, un job de commercial et une vie sociale proche du néant depuis qu’il s’est fait plaquer par sa femme. Alors qu’il est en déplacement, il fait brièvement connaissance de Xavier Rosa, un sdf, qui lui propose une grille de l’Euromillions.

L’homme lui étant sympathique, Sylvain lui achète son billet et découvre quelques jours plus tard, qu’il a gagné le jackpot. Il veut lui venir en aide mais apprend qu’il est décédé dans la rue.

Il ne peut plus rien faire pour Rosa à part honorer sa mémoire alors il part sur les traces du grand amour du sans abri, Marie, à Villard-sur-Armançon, une petite bourgade de Bourgogne.

Deux familles de paysans s’y livrent une guerre sans merci depuis plusieurs générations et Sylvain découvre que Rosa a été accusé d’avoir tué Marie. Le millionnaire achète l’ancienne école du village, engage un détective privé afin de laver l’honneur de Rosa et prévoit de réaliser le rêve du défunt.

Louis Vichot, le maire, et frère de Marie, ne l’entend pas de cette oreille et compte bien empêcher Sylvain de déterrer les secrets bien enfouis. Le conflit entre les deux hommes va prendre des proportions déraisonnables…

Je suis tombée sur A chacun ses rêves totalement par hasard sur les tables de recommandations de mon libraire mais le nom de l’auteur, Paul Ivoire, ne m’était pas inconnu puisqu’il a signé une trilogie que mon SamChameau de fils a adoré : Poules, renards, vipères.

Ce titre est néanmoins son premier pour le lectorat adulte et pour un premier roman c’est plutôt réussi. Alors certes ce n’est pas de la grande littérature mais un bon feel-good book comme je les aime avec de l’humour et de l’émotion, qui met du baume au cœur et qui pose cette question : et vous, que feriez-vous si vous gagniez à l’Euromillions ?

Même si je n’y joue jamais, ça ne m’a pas empêché de me poser la question plus d’une fois et d’échaffauder des plans sur la comète : arrêter de travailler ? Faire le tour du monde ? Créer sa fondation ? Aider des œuvres caritatives ? Ou tout claquer en égoïste ?

Le thème de ce roman est donc plutôt original avec cette fortune soudaine à dépenser et que notre héros va commencer à dépenser non pas pour lui mais pour le sdf qui lui a permis d’être riche.

En effet, Sylvain ne sait pas quoi faire de ce jackpot inattendu. Il ne dit mot à personne et entend bien ne pas partager ses millions avec sa future ex-femme qui l’a laissé tomber commune vieille chaussette du jour au lendemain, il compte même continuer à travailler mais ce qu’il veut surtout c’est honorer la mémoire du sdf qui lui a permis de gagner et il ne va pas lésiner sur les moyens pour parvenir à son but ! Ce personnage est très attachant et sympathique et on a plaisir à le suivre jusqu’au dénouement.

J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de ce roman qui m’a rappelé Clochemerle de Gabriel Chevallier avec ses querelles de clocher et cette guerre des tranchées que se livrent les deux clans rivaux : les Vichot d’un côté et les Germain de l’autre. Dans ce jeu de quille, notre parisien arrive à se mettre à dos la quasi-totalité des deux familles mais va pouvoir compter sur quelques soutiens pour mener à bien son projet.

Il y a des scènes très drôles et l’intrigue sans temps mort concoctée par Paul Ivoire se révèle bien agréable à lire et même assez addictive car sans s’en apercevoir, on tourne les pages avec avidité afin de savoir jusqu’où iront les Vichot pour empêcher Sylvain de découvrir la vérité sur la mort de Marie.

L’auteur nous donne à lire une histoire avec de la gentillesse, de la générosité, saupoudrée d’un peu de suspens et de beaucoup de tendresse. Un roman qui fait passer un agréable moment et que l’on referme le sourire aux lèvres, idéal pour se détendre.

Sur une île déserte, un vieillard raconte l’histoire du dieu Poséidon, roi des mers et des océans. De sa rivalité avec sa soeur Athéna à ses terribles vengeances envers les humains qui l’ont trahi. Poséidon est le dieu protecteur des navigateurs, mais il peut aussi être redoutable… Voici son histoire…

Le dieu Poséidon, roi des mers et des océans, conté par des navigateurs grecs échoués sur une île déserte.

Véritable épopée tragique, de sa rivalité avec sa nièce Athéna à ses terribles vengeances envers les humains qui l’ont trahi. Poséidon est un dieu puissant, redoutable, mais aussi protecteur des navigateurs…

Vous n’êtes pas sans savoir que mon Empereur et mon Sami-Chameau de fils sont férus de mythologie grecque, Poséidon le terrible ne pouvait que rejoindre notre bibliothèque familiale !

Ce titre fait partie de la collection Mythologie éditée par les éditions Flammarion jeunesse qui permet aux enfants dès 10 ans de découvrir les plus grands dieux et héros de la mythologie grecque à travers des récits d’aventures peuplés de monstres, tels que Ulysse le voyageur, Antigone la courageuse, Poséidon le terrible, Déméter la généreuse, Achille l’invicible, Héraclès le valeureux et Orphée l’ensorceleur.

Martine Laffon conte ici aux jeunes lecteurs l’histoire de Poséidon, frère de Zeus et Hadès, qui règne sur les mers et les océans, à contre-courant de ce qui nous est parvenu par l’entremise de l’Odyssée d’Homère.

Grâce à Noétios, le conteur choisi par le Dieu lui-même pour nous raconter son histoire, on retrouve Polyphème, Ulysse, le minotaure, Méduse, Pégase, Triton et Amphitrite et on découvre le royaume du dieu sis dans les profondeurs de la mer.

L’auteure ne prend pas les enfants pour des pommes et leur propose une histoire qui sort des sentiers battus, racontée telle une veillée au coin de feu, ce qui donne une aura mystérieuse aux différents récits qui peuplent ce roman.

Le décor mythologique est très riche avec la guerre de Troie, la construction de la muraille de Troie, l’origine de sa haine pour Ulysse, le combat entre Ulysse et Polyphème, l’amour de Poséidon pour Méduse, son lien avec le Minotaure… et surtout bon nombre de personnages passés à la postérité que j’ai déjà cités plus haut.

Un récit bien servi par un vocabulaire soutenu juste ce qu’il faut pour que les collégiens y trouvent leur compte. Mon fils de 11 ans qui l’a lu avec moi a adoré cette histoire et compte bien continuer à découvrir les titres de la collection qu’il n’a pas encore découvert.

Cerise sur le gâteau : les connaissances mythologiques sont astucieusement intégrées au récit afin que même les novices en mythologie grecque ne soient pas perdus.

Un roman idéal pour les élèves de 6è qui ont la mythologie à leur programme d’histoire et de français et à tous ceux qui s’ y intéressent ou veulent s’y intéresser.

Orphée l’ensorceleur nous attend dans notre PAL commune, parions qu’il ne va pas attendre très longtemps son tour.

Merci à Brigitte et aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture instructive !

Olympe a 38 ans, un emploi de photographe culinaire qui ne lui plaît qu’à moitié, une fille de 12 ans bien plus mature qu’elle, une famille déjantée, des copines délurées et un ex-mari, Bertrand, qui l’appelle chaton. Lorsqu’elle perd son job elle supplie son meilleur ami Hugo, qui tient une agence de détectives spécialisée dans les arnaques aux assurances, de l’embaucher. Faisant valoir son expérience de photographe, elle réussit à intégrer l’équipe de détectives à une condition : elle ne devra s’occuper que des affaires les plus simples. Bien entendu, Olympe n’est pas assez sage pour respecter les consignes. L’appel des commissions versées à chaque résolution d’affaire est trop fort pour qu’elle garde ses fesses confortablement posées sur le siège de sa voiture…
Mais que va-t-il se passer quand les cadavres commencent à s’accumuler et que l’on cherche à l’éliminer à son tour ?

Olympe Posteur est une parisienne de 38 ans, photographe culinaire de son état. Divorcée, elle est la mère de Aglaé, une ado de 12 ans, nettement plus mature qu’elle.

Alors qu’elle rejoint son boss Paul-Henri Foulque au Plazza Athénée pour un shooting photo, son chemin croise la route d’un homme sur le point de se jeter du pont Alexandre III.

N’écoutant que son bon cœur, elle empêche l’homme singulièrement dépressif de sauter mais se retrouve dans la scène, le tout sous les caméras d’une chaine d’info en continu.

Son patron, furieux qu’elle ne soit pas au rendez-vous, la licencie sur le champ. Sans job, elle supplie son meilleur ami Hugo de l’embaucher en tant qu’enquêtrice au sein de son agence de détectives spécialisée dans les arnaques à l’assurance.

Dès lors, le quotidien d’Olympe, ne sera plus du tout sous contrôle…

Tout n’est pas sous contrôle du tout est une comédie policière signée Sophie Henrionnet. Autant vous le dire d’emblée, j’ai préféré dans ce genre Les aventures improbables de Julie Dumont que j’avais trouvées vraiment hilarantes.

On va donc suivre pendant près de 400 pages la sympathique Olympe dans son quotidien de maman mais aussi dans ses filatures et ses enquêtes. Et si, au départ, ce job est purement alimentaire, elle va vite se prendre au jeu et se révéler plutôt futée et courageuse, même si elle est aussi un véritable paratonnerre à poisses !

Gaffeuse en diable, elle va tout de même mener sa barque comme une grande, se faire accepter des autres enquêteurs, en prenant pas mal de risques au passage.

C’est un récit pétillant, bourré d’humour, enlevé et sans temps mort, qui se lit tout seul et qui remplit formidablement bien son job de roman de détente.

Côté personnages, ils sont plutôt sympathiques et attachants, Olympe et Aglaé en tête qui forment un duo mère / fille assez extra, la grand-mère surnommée Barbara Cartland et le voisin policier au charme ravageur.

On pourrait néanmoins reprocher à l’auteure une intrigue cousue de fil blanc, une surenchère dans les aventures d’Olympe parfois tirées par les cheveux qui m’a fait lever les yeux au ciel, un humour un peu facile et pas mal de clichés.

Il n’en reste pas moins que si vous cherchez une lecture de vacances divertissante, Tout n’est pas sous contrôle du tout est fait pour vous !

Paris, an II. La France vibre sous le souffle de la Terreur.
Jane, une jeune Anglaise cachée dans l’appartement d’aristocrates émigrés, Théodose, un moine qui a renié sa foi par peur de la guillotine, Marthe, la lingère de Marie-Antoinette emprisonnée au Temple, David, le fameux peintre et député de la Convention, ou encore une Normande du nom de Charlotte Corday, tout juste arrivée à Paris… Ils sont nombreux, ceux qui tournent autour du logis de la rue des Cordeliers où Marat, cloîtré, immergé dans des bains de soufre, traque les suspects hostiles aux idées de la République.
Il ignore que certains d’entre eux souhaitent sa mort et qu’il ne lui reste plus que trois jours à vivre.

Le dernier bain, c’est celui de Jean-Paul Marat, ancien médecin, reconverti dans le journalisme depuis le début de la révolution, fondateur d’un journal politique L’Ami du peuple.

Marat, en ce très chaud mois de juillet 1793, vit cloitré, malade, affligé d’une terrible maladie de peau particulièrement nauséabonde, dans son appartement de la rue des Cordeliers, entouré de sa sœur et de sa maîtresse.

Orchestrant depuis sa baignoire la valse des dénonciations, il condamne à mort par ses signatures tous ceux qu’il soupçonne d’être hostiles à la révolution, sans preuve aucune.

Marat n’a plus que trois jours à vivre mais ça il ne le sait pas. Une jeune fille prénommée Marie Anne Charlotte de Corday d’Armont, retenue par l’Histoire sous le nom de Charlotte Corday, vient d’arriver à Paris depuis sa Normandie natale avec un projet funeste en tête : tuer Marat qu’elle estime coupable de la Terreur et sauver grâce à son geste la Révolution…

Le dernier bain est le second roman de Gwenaële Robert après le très réussi Tu seras ma beauté. Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que je suis particulièrement friande de ses romans pour la jeunesse qu’elle signe sous le nom de Gwenaëlle Barussaud.

Cette fois-ci l’auteure nous entraîne dans un passionnant roman historique au cœur de la Terreur et au plus près d’un épisode les plus marquants de cette période : l’assassinat de Jean-Paul Marat. Une période sinistre où chacun vit dans la peur de se faire dénoncer et de finir comme les aristocrates : à la lanterne.

A travers le regard d’une poignée de protagonistes réels ou fictifs qui gravitent autour de Marat, l’auteure retrace les jours qui ont précédé et suivi son assassinat : le peintre David et grand ami de Marat, Théodose, un moine défroqué reconverti en écrivain public, son père perruquier de son état, Marthe la lingère de Marie-Antoinette, Jane une jeune anglaise en soif de vengeance et Charlotte Corday.

Beaucoup de ces personnages auront une bonne raison de vouloir la mort de Marat, une seule aura le courage d’aller jusqu’au bout de son dessein et en paiera le prix fort, en montrant un courage et une détermination sans faille jusqu’à la guillotine, forçant le respect de Fouquier-Tinville, l’accusateur public.

Que vous dire à part que j’ai eu un coup de cœur pour ce roman d’un grande qualité littéraire comme toujours avec Gwenaële Robert, j’adore son écriture qui manie une vocabulaire soutenu et particulièrement ciselé, tout en étant fluide, vif et haletant.

J’ai adoré les personnages qu’elle met en scène en particulier les figures féminines que sont Marthe, Jane et Charlotte. Je m’attendais à suivre Charlotte Corday et en fait, elle n’est qu’une des protagonistes de cette histoire et intervient finalement assez tard dans l’intrigue, j’ai été agréablement surprise par cet aspect et par le talent de l’auteure car tous les éléments du récit apportés par chaque personnage s’imbriquent et convergent vers l’assassinat. Tous vont se retrouver au plus près de l’événement qui va bouleverser le cours de leurs existences.

J’ai tout autant apprécié la forme de ce roman, proche du roman policier qui démarre par une analyse du célèbre tableau de Marat. Comme dans tout polar, il y a la victime, particulièrement antipathique qu’on ne plaint pas, les protagonistes qui ont tous un mobile et si je ne connaissais pas déjà la fin, je me serai demandé tout au long du récit, lequel d’entre eux était finalement le coupable.

Gwenaële Robert rend aussi ici un bel hommage aux femmes fortes, qui osent malgré la peur, faire quelque chose, à travers la lingère, l’anglaise et Charlotte Corday, et montre à l’inverse la couardise de certains hommes qui préfèrent fuir et se terrer pour garder la vie sauve.

Vous l’aurez compris, Le dernier bain est une réussite, un très très beau roman bien documenté que je vous conseille vraiment de lire à votre tour pour cette rentrée littéraire.

Un grand merci à Gwenaële Robert pour sa délicate dédicace, à Filipa et aux éditions Robert Laffont pour cette magnifique lecture !

La jeune Gabrielle vit avec son père Denis, qui tient le café le Mascaret, à Meschers, village de pêcheurs de l’estuaire de la Gironde. Elle devient auxiliaire au phare de Cordouan, le  » Versailles des mers « , situé à sept kilomètres en mer sur le plateau de Cordouan. Même si le lieu ravive le souvenir de Léa, sa mère morte lors d’un naufrage dix ans plus tôt, elle s’y sent bien. Parfois, au-dessus de sa chambre, vient se percher une mouette à la gorge noire. Pour la jeune fille, c’est comme si cet oiseau des mers lui transmettait des messages de la disparue. Parmi les gardiens, il y a Alexis, de dix ans son aîné, dont elle tombe amoureuse. Quand la guerre est déclarée, Meschers se vide de sa jeunesse et Alexis disparaît sans plus donner de nouvelles… Sur la côte, les Allemands ordonnent la construction du mur de l’Atlantique, et l’extinction des feux de Cordouan.

On l’appelle le paradis des enfers. Pour Gabrielle, marquée à jamais par la mort de sa mère Léa lors d’un naufrage une dizaine d’années plus tôt, le phare de Cordouan est un refuge, l’endroit où elle se sent le plus proche de la disparue.

Nommée auxiliaire, elle tombe amoureuse d’Alexis son tuteur, déjà fiancé à une autre. Elle tait son amour pour lui bien qu’elle ait l’impression que ses sentiments sont partagés. C’est alors que la déclaration de guerre arrive. Les hommes sont mobilisés et bientôt Alexis disparaît, suite au suicide de sa promise.

Gabrielle se met à dépérir et ni son père ni sa grand-mère n’arrivent à lui changer les idées. La région est bientôt occupée, le phare pris par les allemands. Les lois antijuives commencent à faire peur à Denis, son père, qui craint plus que jamais pour sa fille unique et l’incite vivement à ne plus quitter Cordouan…

Il y a deux ans déjà, j’avais découvert la plume de Madeleine Mansiet-Bertahaud avec Les nuits blanches de Lena qui dépeignait la chute du régime tsariste et que j’avais beaucoup aimé.

Changement de lieu et d’époque avec La valse des mouettes qui nous emmène du côté de Royan, une région que j’affectionne particulièrement, pendant la seconde guerre mondiale.

Avec ce roman, Madeleine Mansiet-Berthaud signe le portrait d’une femme déterminée qui, au-delà des conventions, a choisi un métier d’homme au quotidien rude mais exaltant. Un roman d’apprentissage et d’émancipation qui se révèle agréable à lire et plein de rebondissements.

L’auteure nous raconte donc le destin de Gabrielle qui a une belle complicité avec son père et sa grand-mère, qui n’a de cesse de découvrir les secrets de sa famille, les raisons pour lesquelles sa mère l’a abandonnée et les circonstances dans lesquelles Léa a perdu la vie. Une absence qui la marque encore, une dizaine d’années après sa disparition.

Gabrielle est une héroïne atypique à l’allure plutôt masculine qui se passionne par un métier jusqu’alors occupé uniquement par les hommes, qui vit entre le phare et le café Le Mascaret de son père.

Si l’intrigue est très longue à démarrer, l’auteure prend en effet son temps pour planter son décor et nous dévoiler les protagonistes de son histoire, jusqu’à ce que la guerre éclate mettant en place les événements qui rendront intéressante l’histoire de Gabrielle et d’Alexis.

Car si l’histoire de Gabrielle peut paraître banale, dès que l’Occupations s’installe, sa vie prend un tournant. Les drames, les secrets de famille, les révélations sur le passé de sa mère et ses propres amours contrariées vont précipiter le destin de Gabrielle dans la tourmente de la guerre et très loin des siens, jusqu’au camp d’Auschwitz Birkenau et nous tenir en haleine pendant plus de trois cents pages.

Le contexte historique est bien rendu et j’ai aimé retrouver une région chère à mon cœur et suivre Gabrielle au sein de son phare.

La jeune femme se révèle courageuse et l’ensemble des personnages sont assez attachants, Gabrielle bien sûr mais aussi Denis son père, sa grand-mère, Charles et Alexis.

Bien documenté, porté par une héroïne non conventionnelle, La valse des mouettes est un bon roman du terroir, à réserver aux adeptes du genre.

Un grand merci à Laëtitia et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture !

Louis Feyrières doit faire un stage d’une semaine, comme tous les élèves de troisième. Où ? Il n en sait rien. Ce qui est sûr, c’est qu’il n aime pas l’école et qu’il ne se sent bon à rien. « J’ai ma coiffeuse qui prend des apprentis, dit Bonne-Maman, lors d’un repas de famille. Stagiaire, c’est presque pareil. » Coiffeur ? C ‘est pour les ratés, les analphabètes, décrète M. Feyrières qui, lui, est chirurgien. Louis se tait. Souvent. Mais il observe. Tout le temps. Comme il n a rien trouvé d’autre, il entre comme stagiaire chez Maïté Coiffure. Et le voilà qui se découvre ponctuel, travailleur, entreprenant, doué ! L’atmosphère de fièvre joyeuse, les conversations avec les clientes, les odeurs des laques et des colorants, le carillon de la porte, les petits soucis et les grands drames de Mme Maïté, Fifi, Clara et Garance, tout l’attire au salon. Il s’y sent bien, chez lui. Dès le deuxième jour, Louis sait qu’il aura envie de rester plus d’une semaine chez Maïté Coiffure. Même si son père s y oppose.

Louis Feyrières a 14 ans, il vit à Orléans et est en classe de 3è. Fils d’un brillant chirurgien et d’une mère au foyer, il déteste le collège et n’a aucun plaisir à aller en cours. Nul en tout, il a droit aux récriminations de son père qui, à l’inverse, était un brillant élève.

Arrive le moment de faire la fameuse semaine de stage obligatoire et comme il n’a aucune idée de ce qu’il pourrait faire, il accepte la proposition de sa grand-mère d’intégrer Maïté coiffure, le salon qu’elle fréquente.

Dès le premier jour, il est bien accueilli par madame Maïté qui trône derrière son comptoir, Clara en charge des couleurs, Fifi, maestro des ciseaux, et Garance, l’apprentie. Fifi, le seul homme du salon, le prend sous sa coupe et découvre que Louis est très doué avec des ciseaux en mains.

Louis s’aperçoit qu’il est enfin dans son élément, il aime l’ambiance du salon, le travail de coiffeur et se retrouve bien dépourvu lorsque son stage prend fin…

Avec Maïté coiffure, je poursuis ma découverte de l’œuvre de Marie-Aude Murail après Oh, Boy !, La fille du docteur Baudoin, 22 !, Sauveur et fils saison 1, saison 2, saison 3 et saison 4 ; et je suis, une fois de plus, sous le charme de sa plume et des histoires qu’elle tricote.

Dans ce récit, Marie-Aude Murail aborde avec une fois encore beaucoup de justesse des thèmes liés à l’adolescence, ici l’échec scolaire et la différence. A travers Louis, elle redonne confiance à celles et ceux pour qui les études ne coulent pas de sources et démontre qu’un travail manuel peut mener à l’épanouissement professionnel et personnel.

Issu d’une famille bourgeoise, Louis est destiné à faire de longues études, son père rêve d’en faire un chirurgien et il ne va cesser de dénigrer les aspirations de son fils. Heureusement, Louis peut compter sur son proviseur, sa mère, sa grand-mère, sa jeune sœur et le personnel du salon, pour réaliser son rêve : devenir coiffeur.

D’autant que si il n’est pas doué pour les études, il déborde d’idées marketing et commerciales et que sous son impulsion, Maïté coiffure va connaître un nouveau souffle.

Marie-Aude Murail n’en oublie pas d’aborder des thèmes sociaux qui traversent ses autres romans comme l’amitié, le handicap, la violence, les préjugés, l’homosexualité…

Un très joli roman qui donne de l’espoir, montre qu’avec une grande détermination, on peut réaliser ses rêves, réussir ce que l’on entreprend malgré un environnement hostile.

Un récit à mettre dans les mains des collégiens dès 13 ans.