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À son procès pour meurtre, Gladys Eysenach, femme ambiguë, jeune, vieille, charmante ou malfaisante, est comparée à la Jézabel biblique. L’accusation la pourfend ; la défense ne comprend rien. Après le prologue judiciaire, le flashback permet de suivre le processus qui fait d’une adolescente lumineuse une mère monstrueuse, puis une grand-mère criminelle. Avec le personnage de Gladys, cette Phèdre, cette Médée actualisée qui se perçoit comme une innocente persécutée, ce roman surprenant se présente comme une grande tragédie moderne.

Paris, 1936. Dans la salle d’un tribunal, se tient le procès d’une femme accusée du meurtre d’un jeune homme de vingt ans, Bernard Martin. Gladys Eysenach a soixante ans mais elle a été très belle. Les témoins défilent à la barre, l’avocat et le procureur s’affrontent.

Assise dans le box des accusés, elle subit par bribes le récit de sa propre vie et refuse de répondre aux questions qui lui sont posées. Elle l’a tué, elle ne veut pas en dire davantage. Au terme du procès, les jurés d’assises, tous des hommes, ont été cléments : elle est condamnée à cinq ans de prison.

C’est alors qu’elle revient sur son enfance, son mariage, ses relations avec sa fille et les hommes qui ont jalonné sa vie…

Huit clos cruel et inquiétant, Jézabel est paru en 1936 alors que son auteure, Irène Némirovski, est déjà auréolée de plusieurs succès depuis son premier roman, Le Malentendu, en 1926. D’autres suivront.

Mais la Seconde Guerre mondiale éclate et le 13 juillet 1942, Irène Némirovsky est arrêtée par la gendarmerie française. Internée au camp de Pithiviers puis déportée à Auschwitz, elle y meurt le 17 août 1942.

Cela faisait longtemps que je voulais découvrir la plume de cette autrice prolifique fauchée par la barbarie nazie, aussi lorsque je suis tombée sur Jézabel d’occasion je n’ai pas hésité et il n’a pas eu le temps de croupir dans ma PAL, pressée de me faire enfin ma propre opinion.

Et, je dois bien l’admettre, je ressors totalement séduite de ma lecture car ce portrait d’une femme à la beauté parfaite qui refuse de vieillir est d’une grande force.

Au fur et à mesure qu’Irène Némirovski brosse le portrait de son héroïne et que se révèlent les détails de son passé, anodins ou tragiques, Gladys dévoile ses différents visages.

Sans jamais porter de jugement, la romancière saisit d’une écriture fluide et avec beaucoup de finesse psychologique, la réalité derrière les apparences, les ambivalences affectives et les contradictions de l’âme humaine.

Ce texte m’a beaucoup fait penser au Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde : cette femme d’une rare beauté, qui refuse les ans qui passent, ne cessera sa vie durant à cacher son âge par de nombreux subterfuges.

Toujours à la recherche du bonheur et de l’amour, Gladys ne pensera qu’à elle, au détriment des autres et notamment de sa fille dont elle va gâcher la vie avec un rare égoïsme.

Habituée à séduire les hommes, elle n’accepte pas de vieillir et est obsédée par son âge. Elle est prête à tout pour plaire, même à tuer, même à sacrifier ses proches. Son désir de rester jeune est littéralement maladif et relève de la psychiatrie.

Si le texte m’a plu, je ne vous cache pas qu’il est tout de même daté car il n’a plus beaucoup de sens. En effet, en 1936, une femme n’était plus courtisée dès 30 ans, considérée par les hommes comme n’étant plus de première fraicheur, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, heureusement d’ailleurs !

Reste que ce roman m’a conforté dans mon envie de découvrir d’autres romans d’Irène Némirovksi, si vous en avez déjà lu, n’hésitez pas à me conseiller je suis toute ouïe !!

1970, Le Camboudin, petit village breton. Alfréd, neuf ans, a un prénom dont l’accent aigu lui déplaît, une mère qui picole trop et un grand-père qui tient à lui comme à la prunelle de ses yeux. Il adore traîner au bistrot avec ses copains, une joyeuse bande de vieux qui lui apprennent la vie.

1970, Le Camboudin, village perdu du Morbihan. Alfréd Le Bossenec, 10 ans bientôt, porte le même prénom que son grand-père dont il partage aussi le jour de naissance, à soixante ans de distance.

Sa mère, manutentionnaire chez Ker Viande et alcoolique notoire, l’a affublé en plus d’un accent aigu sur le e et l’élève seule depuis que son père s’est fait la malle juste avant sa naissance.

Mais le vénérable papi Alfred vit en face et c’est chez lui qu’il passe le plus de temps en-dehors de l’école, à se gaver de pâté de lapin maison.

Mais le jour où une nouvelle institutrice, Mlle Annie, arrive à l’école, rien ne va pas plus au Camboudin : le cœur d’Alfréd s’emballe – et avec lui celui des autres habitants. Alfred-le-Vieux finira-t-il par déclarer sa flamme à Victoire ? Odette restera-t-elle célibataire ? Et quid de Roger, disparu il y a longtemps, mais dont l’âme semble être enfermée dans une urne au bistrot ?

Les amours d’Alfréd est le second roman de Maude Mihami, une libraire bretonne, qui nous donne à lire ici un roman particulièrement nostalgique et jubilatoire. Ce deuxième titre est la suite directe de son précédent roman Les dix vœux d’Alfréd et ce fut une nouvelle fois un vrai régal de lecture.

J’ai adoré ce récit à la fois pétillant, drôle, émouvant, qui pose un regard tendre sur la vieillesse et sur l’enfance. Les personnages sont attachants et en premier lieu ce petit Alfréd, gamin intelligent un peu trop gros, qui passe son temps avec son grand-père et les amis de celui-ci dans une petite bourgade bretonne où il ne se passe jamais rien.

Ce garçon très attendrissant pour plusieurs raisons : il souffre du manque d’amour et d’attention de sa mère, il aimerait connaître son père, il tombe amoureux de la maitresse et ses kilos en trop lui filent des complexes.

Alors pour plaire à celle qu’il aime, il squatte le premier rang, lit le dictionnaire chaque soir et fait une croix sur la pâté de lapin dans l’espoir d’affiner sa silhouette.

Heureusement il peut compter sur son papi qu’il vénère et la jolie complicité qui unit Alfred-le-vieux et Alfréd, ce débordement d’amour que l’on ressent entre eux est vraiment touchant. L’auteure alterne des moments drôles et d’autres plus émouvants, nous rappelle des souvenirs d’enfance (pour celles et ceux qui comme moi sont nés dans les années 70).

Quant aux autres protagonistes du village, ils sont authentiques, truculents à souhait et font couler la trouspignôle à flots ! On apprend à mieux connaître les différents habitants de ce village qui cachent bien des secrets, on assiste à des histoires d’amour…

Le récit, bien écrit et enlevé, se lit avec grand plaisir. L’histoire est certes toute simple, les personnages ordinaires, mais on ressort de cette lecture de bonne humeur et le sourire aux lèvres, pour ma part j’ai été bien désolée de quitter si vite des personnages attachants avec lesquels je serai bien restée encore un peu.

Je ne peux que vous inviter à découvrir à votre tour Alfréd, Alfred-le-vieux, Gégène, Victoire, Nini, Nénette et tous les habitants du Camboudin, quelque part en Bretagne.

Un grand merci à Filipa et aux éditions Nil pour cette bouffée d’air frais, j’ai adoré !

Paris, Siècle des Lumières. Alors que Diderot et d’Alembert travaillent d’arrache-pied à l’Encylopédie, une série de meurtres assombrit leur horizon. Toutes les victimes travaillaient pour leur grande œuvre. Qui cherche à tuer les champions de la raison ?

Paris, 1750. Un cercle d’intellectuels travaille à la rédaction d’un dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers : L’Encyclopédie, destiné à éduquer les lecteurs et à diffuser les Lumières.

Dans leur projet, Diderot, D’Alembert, d’Holbach, Buffon, Hume et leurs compagnons subissent les menaces qui pèsent sur tous ceux qui développent des opinions antireligieuses et antimonarchistes.

Un jour, l’un d’entre eux, Monsieur Raynal, est mystérieusement assassiné. Puis ce sera le tour d’un second. Diderot, accompagné de Marie, une jeune illustratrice qu’il a pris sous son aile, va mener l’enquête.

Ses premiers soupçons se portent sur les Croisés, de fervents catholiques soutenus par l’archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, grand adversaire du projet…

Vous connaissez mon goût pour le XVIIIè siècle et lorsque je tombe, totalement par hasard, sur un roman graphique qui met en scène mon philosophe préféré, Denis Diderot, comme dans Les encylopédistes, impossible pour moi de résister !

Vous le savez peut-être si vous me suivez depuis longtemps, je voue une passion au siècle des Lumières et plus particulièrement à l’Encylopédie de Diderot et d’Alembert, j’étais donc très curieuse en commençant ma lecture de voir le traitement qu’en avaient fait les espagnols José A. Pérez Ledo au scénario et Alex Orbe aux dessins.

Et je dois bien admettre que je ressors conquise de ma lecture car non seulement le scénariste s’est très bien documenté sur le sujet mais en plus il nous offre une intrigue policière pleine de rebondissements et d’intérêt.

Si l’intrigue policière est fictive, aucun philosophe n’a été assassiné pendant l’écriture de l’Encyclopédie, la trame principale est bien replacée dans son contexte historique et s’appuie sur des éléments bien réels.

L’auteur aborde pêle-mêle l’appui de la marquise de Pompadour à l’Encyclopédie (même si elle n’a jamais été l’amante de Diderot) et la défiance du roi Louis XV envers le projet, le séjour de Diderot à Vincennes, les rapports houleux du philosophe avec sa femme Antoinette, les relations parfois tendues entre d’Alembert et Diderot, les problèmes de censure, les interdictions de publication qui pleuvaient sur le projet, le conflit ouvert avec l’archevêque Christophe de Beaumont… José A. Perez Ledo n’omet rien, tout y est !

Le féminisme de Diderot n’est pas non plus oublié avec le personnage fictif de Marie qu’il choisit pour croquer les visages des encyclopédistes lors des séances de travail et pour les planches illustrées car l’Encyclopédie, éditée entre 1751 et 1772, comprend 17 volumes de texte, 11 volumes de planches et 71 818 articles, un travail colossal !

Le scénario retransmet également très bien la perception qu’avaient l’Eglise et le pouvoir de ce projet qu’ils jugeaient dangereux : un peuple éclairé se laisserait moins facilement gouverné. L’encyclopédie fournit en effet une compilation des connaissances de l’époque dont la cohérence était obtenue par la riche documentation des articles d’astronomie, et les renvois vers des articles de différentes disciplines.

Les planches signées Alex Orbe sont plutôt agréables à regarder, je n’aime pas trop sa façon de dessiner les visages mais les couleurs plutôt vives et tranchées pour lesquelles il a opté sont bien choisies.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé Les encyclopédistes et je ne peux que vous inciter à lire cette bande dessinée à votre tour. Si vous aimez cette époque ou que vous souhaitez en savoir plus sur l’Encyclopédie, c’est le titre idéal.

Ridiculisée par la presse people, Kat Stanford abandonne son émission de télévision à succès pour se réfugier au fin fond dans la campagne anglaise. Sa mère vient d’acheter une vieille bicoque à Honeychurch, un domaine appartenant à une prestigieuse famille d’aristocrates aussi désargentés qu’excentriques.
Ah, les joies de la campagne ! Enfin, les joies, c’est vite dit… La maison de sa mère est une véritable ruine et un projet de ligne de train à grande vitesse doit passer tout près de Honeychurch…

Une ligne de train à grande à vitesse qui va passer tout près de Honeychurch ?

Impensable pour les habitants du village refusent d’en entendre parler. Décidés à préserver la tranquillité de ce coin de campagne anglaise, la résistance s’organise et Kat Stanford, célèbre pour son émission consacrée aux antiquités, prend la tête de la révolte, bien malgré elle.

Pas question pour autant de s’affranchir des lois, ils font appel à un militant écologique, Benedict Scroope pour monter un dossier contre l’opération Bullet. Mais lorsque Valentin Prince-Avery, le représentant du ministère des Transports est assassiné, tout le monde devient suspect.

Pire : les meurtres s’enchaînent comme les scones à l’heure du thé ! Vendetta d’opposants au projet ? Règlement de comptes local ? Kat Stanford, qui vit dans l’une des vieilles bicoques du domaine, doit absolument découvrir qui est le coupable.

D’autant que les meurtres parviennent bientôt aux oreilles de son ennemie jurée, Trudy Wynne. Cette journaliste de la presse à scandale est bien décidée à se venger de Kat qui lui a « volé » son mari ! C’est une occasion bien trop belle pour la laisser passer…

Un meurtre peut en cacher un autre est le second volume de la série signée Hannah Dennison, Les mystères à Honeychurch. Le premier tome Petits meurtres en héritage m’avait séduite, j’étais donc ravie de découvrir la suite des aventures de Kat et de sa mère Iris, d’autant que ma copinaute Belette était censée être de la partie. Censée car, est-ce la chaleur, le surmenage, une étourderie ? Elle a lu le tome 1 alors que moi je lisais le tome 2.

Anybref, je l’ai dispensée de lire ce second opus car rien ne lui a plu dans Petits meurtres en héritage comme vous pouvez le voir ici.

Pour ma part, j’aime beaucoup les ambiances de campagne anglaise et les cosy misteries comme Agatha Raisin de M.C Beaton ou Les détectives du Yorkshire de Julia Chapman, et j’avoue que cette série, si elle est en deçà des deux autres, ce fut tout de même une sympathique lecture détente !

Comme dans tout bon cosy mistery qui se respecte, Mystères à Honeychurch comporte tous les ingrédients nécessaires à ce genre, à savoir un cadre cosy, une ambiance de campagne anglaise, une bonne enquête, de l’humour, des personnages sympathiques et hauts en couleur, des secrets et des rebondissements savamment distillés.

Le style de Hannah Dennison est agréable et fluide, les dialogues sont nombreux, les longueurs absentes, ce qui est toujours un bon point pour moi. Autre avantage : l’humour britannique bien présent tout au long du récit, les situations farfelues s’enchaînent et donnent lieu à des moments vraiment drôles. Il y a aussi beaucoup de secrets de famille et vous savez comme j’en suis friande.

Les personnages sont très attachants, Kat et sa mère en premier lieu, et j’ai eu plaisir à les suivre tout au long de ce second opus. Néanmoins j’ai trouvé que ce second volume manquait de rythme, l’intrigue est cousue de fil blanc et le coupable n’est vraiment pas difficile à débusquer.

Vous l’aurez compris Un meurtre peut en cacher un autre est une sympathique comédie policière de détente, si vous cherchez un polar avec du rythme, des rebondissements et une intrigue qui tient la route, il ne remplira pas vos attentes, mais pour la plage, il est très chouette.

Un grand merci aux éditions City pour cette lecture so british !

On n’aura jamais été aussi proche de Gustave Courbet que dans ce roman où il est saisi dans les yeux d’une femme. Comme par enchantement, ses toiles les plus célèbres s’éclairent soudain d’un jour nouveau, passionnant.

Que reste-t-il du premier grand amour de Gustave Courbet, Virginie Binet, une douce Dieppoise qui l’accompagna vers la gloire pendant plus de dix ans, et du fils qu’elle lui donna ?

Rien, presque aucune trace, à l’exception de quelques tableaux où la compagne et la muse pose pour son grand homme. Toute la correspondance amoureuse de Courbet a été détruite.

Il faut aller chercher sous les couches de peinture, comme dans L’Homme blessé où Gustave effaça l’aimée, scruter les détails des tableaux pour distinguer, parfois, une silhouette perdue…

Virginie, modèle abandonné, et le petit Émile Binet, le fils de Courbet qu’il n’a jamais reconnu, ressuscitent entre ces pages. Des appartements parisiens où ils vivent avec Courbet, taraudé par sa quête du succès, on entend le vacarme du XIXe siècle, celui des barricades, coups d’État, émeutes, répressions, débats où résonnent les voix de l’ami Baudelaire, de Flaubert, Proudhon, Champfleury, Gautier ou Victor Hugo, vibrant aux funérailles de Balzac.

Lorsque j’ai repéré Le modèle oublié parmi les nouveautés de l’excellente collection Les passe-murailles chez Robert Laffont, je n’ai eu qu’une envie : le lire. Vous savez combien j’aime les romans historiques, les peintres du 19è siècle et comme de Gustave Courbet, je ne savais rien, je pensais en apprendre beaucoup grâce à ce roman.

Ce fut effectivement le cas car Pierre Perrin connaît fort bien son sujet que l’on côtoie de près à travers ses œuvres, ses expositions mais aussi dans ses amitiés avec les artistes de son temps et notamment Baudelaire et Champfleury.

On le suit pas à pas à Paris, à Ornans (sa ville de naissance et de cœur), à Dieppe et dans ses nombreux voyages et pérégrinations car l’homme à la bougeotte !

Très bien documenté, on apprend une foule de choses sur Courbet et sur son époque car l’auteur nous entraine au cœur des bouleversements politiques de ce siècle : la fuite de Louis-Philippe, les barricades, l’avènement de la seconde république puis de l’Empire et enfin la Commune.

Et si Courbet est la figure centrale du roman, Pierre Perrin s’attache surtout à nous dévoiler et à mettre en lumière une femme de l’ombre totalement oubliée : Virginie Binet. De dix ans l’aînée du peintre, cette grande lectrice fut sa plus fidèle alliée, sa muse, sa compagne et la mère de son fils unique.

Si Virginie Binet apparaît comme une femme lettrée, humble, douce et généreuse, toute dévouée à son grand homme, Gustave Courbet ne nous est pas présenté sous un jour favorable. L’homme se révèle colérique, lâche, méprisant égocentrique…

Peu importe, j’ai apprécié découvrir la naissance de plusieurs de ses toiles et notamment Un enterrement à Ornans, Les casseurs de pierre ou L’Après-dînée à Ornans. Pierre Perrin revient également sur les différents scandales qui ont émaillé la carrière de ce peintre réaliste et les commandes qui ont été confiées, notamment L’origine du monde.

Deux bémols toutefois : j’aurai préféré que l’auteur s’attarde davantage sur l’intimité du couple, ce qui doit être compliqué je le conçois vu le peu de matériel à sa disposition et moins sur les évènements politiques qui prennent parfois un peu trop de place.

Je n’ai pas ressenti de plaisir à cette lecture, sans doute parce qu’il manque un souffle romanesque pour moi. J’ai eu parfois l’impression que l’auteur étalait un peu trop ses connaissances (name dropping notamment) et qu’il n’a pas su choisir entre biographie pure et roman.

Un titre intéressant néanmoins pour celles et ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur Gustave Courbet, je leur conseille de le découvrir peu à peu et non d’une traite pour éviter l’indigestion.

Je remercie Les éditions Robert Laffont pour leur confiance.

« Bonjour, je suis Lottie Lipton. Saisis-toi vite de ton carnet et de ton crayon, et aide-moi à résoudre cette énigme en décodant les messages secrets ! »

Londres, 1928. Lottie vit avec son grand-oncle le professeur Bertram West au sein du British Museum depuis que ses parents ont péri lors de fouilles archéologiques alors qu’elle n’avait que 4 ans.

Lady Violette, célèbre chercheuse de trésors, se rend dans la bibliothèque du musée afin de faire des recherches sur l’Aigle de Rome. L’oncle Bert, responsable du département d’Egyptologie, et Lottie l’aident dans ses recherches et découvrent que si elle retrouve le précieux étendard, elle le vendra au plus offrant !

Afin d’éviter qu’il ne tombe entre les mains de lady Violette, Lottie, Bert et George se lance à la recherche de l’Aigle de Rome dans tout Londres. Qui de Lottie ou de Violette sera la première à s’emparer du précieux étendard ?

J’ai découvert en juin Le papyrus d’Alexandrie, le sixième volume des enquêtes de la perspicace Lottie Lipton, une petite héroïne aussi intelligente qu’aventureuse qui va devoir déjouer les nombreux pièges qui l’attendent dans cet opus.

Sous le charme de Lottie, je n’ai donc pas tardé à sortir de ma PAL L’aigle de Rome qui se révèle être une formidable enquête pour les enfants.

Dan Metcalf propose aux apprentis détectives de 8 à 10 ans, des enquêtes au cœur du plus célèbre musée anglais à la fin des années 20. Une chouette ambiance, des personnages sympathiques et l’opportunité pour les enfants de décoder des messages secrets tout au long de l’histoire sont les grands atouts de ce roman.

Il permet aux enfants de se familiariser avec le genre policier mais aussi apprendre une foule de choses sur Londres et l’Histoire ancienne. Si dans Le papyrus d’Alexandrie il était question d’égyptologie, dans L’aigle de Rome, c’est bien sûr Rome qui est mis à l’honneur.

L’histoire est facile d’accès et narrée sans temps mort, ponctuée d’illustrations, avec des chapitres assez courts, un procédé idéal pour intéresser les enfants, qu’ils soient de bons lecteurs ou non, tous y trouveront leur compte et auront envie de connaître le fin mot de l’histoire.

Toute la série portée par cette Indiana Jones au féminin diablement sympathique, est un savant mélange d’intrigue policière, d’Histoire et d’archéologie, une trouvaille épatante pour intéresser les jeunes à ces trois genres.

Le travail éditorial de Flammarion Jeunesse est à souligner : le livre, illustré par Rachelle Panagarry, est proposé dans un coffret comprenant un carnet et un crayon qui permettent aux enfants de prendre des notes et de décoder les messages secrets.

Ils peuvent d’ailleurs prolonger le jeu en retrouvant à la fin de l’ouvrage des casse-têtes et des messages codés.

Une pépite à la fois divertissante et enrichissante que je conseille au jeune public qui goûtera lui aussi les aventures de Lottie !

Un grand merci aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture pleine de charme.

« La personne qui aime est toujours la plus forte. »

1970, quelque part en province. Claude se fait plaquer par Reine qui lui préfère Jean-Louis. Il jure alors de se venger par tous les moyens.

Dominique a 25 ans. Elle est secrétaire, choyée par ses parents dont elle est l’enfant unique, et contente de son célibat. Alors qu’elle prend un verre en terrasse, elle est abordée par Claude, visiblement sous son charme.

Il a beau depuis lors lui faire une cour assidue, Dominique n’est pas amoureuse jusqu’au jour où Claude lui offre un flacon de Chanel N°5. La jeune femme accepte alors sa demande en mariage.

Ils partent pour Paris où Claude a fondé sa société. Dominique ne travaille plus mais son mari lui met la pression pour avoir un enfant. Au bout de trois ans, leurs efforts sont récompensés : Dominique est enfin enceinte.

Prenant conscience qu’ils portent des prénoms épicènes (qui ne sont d’aucun genre), ils baptisent leur fille Epicène. Tout pourrait aller pour le mieux mais Claude n’aime pas l’enfant, laquelle ne va pas tarder à lui rendre son mépris…

A chaque rentrée, Amélie Nothomb nous propose un court roman de son cru, il y a de bonnes années et d’autres nettement moins. Mes dernières lectures de cette romancière prolifique, Riquet à la houppe (cuvée 2016) et Frappe-toi le cœur (cuvée 2017) m’ayant convaincue, j’ai jeté mon dévolu sur Les prénoms épicènes (cuvée 2018) que j’ai trouvé très réussi aussi.

L’autrice belge aborde avec ce titre une nouvelle fois les difficiles relations parents / enfants. Alors que Claude veut à tout prix avoir une descendance, il se désintéresse de sa fille dès le jour de sa naissance, la trouvant décevante.

Dominique est désemparée par cette attitude d’autant que son mari lui fait part de son désir d’avant d’autres enfants, ce qu’elle refuse. La petite Epicène, enfant jolie, précoce et particulièrement brillante va souffrir de l’attitude de son père avant de lui vouer une haine féroce, n’attendant qu’une chose : sa mort.

Amélie Nothomb, met en tout premier lieu l’accent sur le problème de l’indifférence paternelle, qui rejette sa fille autant qu’il a tant voulue. On découvrira le pourquoi de la chose avec une certaine horreur à l’heure où Dominique l’apprend elle-même.

Il y a des similitudes avec Frappe-toi le cœur qui pourrait être le pendant de celui-ci puisqu’Amélie Nothomb y abordait l’indifférence maternelle. Comme toujours avec cette auteur, des thématiques choquantes et très intéressantes bien servies par la plume intelligente d’Amélie Nothomb toujours aussi vive, avec des phrases courtes comme écrites au scalpel et pleines d’humour.

L’histoire, machiavélique, aurait pu tourner en rond mais il n’en est rien car Amélie Nothomb sait habilement tisser sa toile et une fois prise dans l’histoire, j’ai lu ce roman d’une traite, happée jusqu’à la chute finale, plutôt habile même si j’avais deviné où la romancière souhaitait nous entrainer.

Un roman noir, glaçant, incisif et machiavélique qui m’a tenu en haleine du début à la fin, je vous le recommande que vous soyez adepte de la romancière belge ou pas, il se lit formidablement bien.