L’enfant léopard

16 octobre 1793. Dans sa cellule de la Conciergerie, Marie-Antoinette se prépare à mourir. Au-dehors, un ultime complot s’est formé. Il ne reste que douze heures pour sauver la reine. Pendant ce temps, dans ce Paris tumultueux de la Révolution, on traque un mystérieux enfant léopard. Certains pour le protéger. D’autres pour le tuer. Mais qui est cet enfant léopard si convoité ? Est-il vrai qu’il est le fils caché d’une grande dame du royaume, voire de la reine elle-même ? Difficile à croire. Et pourtant…

Par un surprenant bouleversement spatiotemporel, Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, les deux policiers noirs de Harlem rendus célèbres par Chester Himes, débarquent en plein Paris sur une enquête peu ordinaire puisqu’il s’agit de retrouver un jeune métis qui pourrait bien être le fils de Marie-Antoinette, laquelle vit ses dernières heures.

Choisir la Terreur pour cadre d’un roman d’aventures garantit une intrigue riche en coups d’éclat et en complots sanglants. Daniel Picouly qui s’est fait connaître par des romans policiers et plusieurs livres inspirés de l’enfance réunit ici tous les thèmes qui lui sont chers, celui de l’identité, de l’enfance dans un récit bondissant où Ed Cercueil et Fossoyeur Jones croisent Robespierre, la princesse de Lamballe, la Comtesse du Barry, Marie-Antoinette, Danton et Olympe de Gouges.

L’auteur nous invite à une cavalcade littéraire et nous plonge dans les tourments de la Révolution, une période où le tribunal révolutionnaire, son accusateur public Fouquier-Tinville et la guillotine ne chômaient pas. L’intrigue va elle aussi à vive allure et nous entraine dans Harlem à la recherche de cet enfant léopard. Les rebondissements multiples et les protagonistes nombreux, font feu de tout bois, on ne s’ennuie pas une seconde.

Picouly nous livre ici roman historique original et une véritable déclaration d’amour aux mots qui ne peut qu’enthousiasmer la lectrice que je suis. Il en invente (dixit les en-bourgeois de Mac, temple de la restauration rapide qui offre des figurines historiques avec les repas ou les fous-de-balle, prisonniers de St Lazare et de Ste Pélagie qui inventent le football cent ans avant sa création) et grâce à deux de ses personnages, il en offre à notre appétit de lecteur : Piqueur, qui ne sait pas lire, est un chasseur de mots qui les ramasse grâce à sa pique et La Marmotte vit lui littéralement dans les livres, reconvertis en meubles.

Picouly nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne et c’est avec un vrai regret que je quitte ses personnages et son univers, qui me hantent encore plusieurs heures après l’avoir fini. La vérité historique est respectée à la lettre et la dernière heure de Marie-Antoinette est particulièrement poignante.

Un livre jubilatoire, virtuose, avec un vrai souffle littéraire, ne passez pas à côté.

Lu dans le cadre du Challenge Animaux du monde

Advertisements

7 réflexions sur “L’enfant léopard

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s