La dame en noir – Susan Hill

Angleterre, début du XXe siècle. Par un mois de novembre froid et brumeux, Arthur Kipps, jeune avoué londonien, est dépêché dans le nord du pays pour assister aux funérailles d’Alice Drablow, 87 ans, puis trier ses papiers en vue d’organiser sa succession.

À Crythin Gifford, village où Kipps pose ses valises, les habitants lui battent froid dès qu’il prononce le nom de feue Mme Drablow, unique occupante du Manoir des Marais, demeure isolée, battue par les vents et située sur une presqu’île uniquement accessible à marée basse.

Lors de l’inhumation, dans une église quasi déserte, Arthur remarque la présence, un peu en retrait, d’une femme tout de noir vêtue, le visage émacié, comme rongée par une terrible maladie. Il l’aperçoit ensuite dans le cimetière, mais elle s’éclipse avant qu’il ait le temps de lui parler…

Cette femme en noir, Arthur la verra de nouveau aux abords du manoir, une fois qu’il s’y sera installé pour commencer son travail. Mais se produisent alors nombre de phénomènes mystérieux qui ébranleront le jeune homme et feront vaciller sa raison…
Comme il l’apprendra peu à peu, une malédiction plane sur ces lieux…

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Ce titre a éveillé ma curiosité lors de la sortie au cinéma il y a quelques mois du film avec Daniel Radcliffe. Le sujet m’intéressait mais ne goûtant pas du tout les films d’horreur, je suis bien trop trouillarde pour ça, j’ai préféré me rabattre sur le livre, disponible à la médiathèque, et édité pour la première fois en français à cette occasion.

Je pensais emprunter un thriller mais La dame en noir n’en est pas un, contrairement à la mention sur la couverture, c’est un roman gothique, tout droit dans la lignée de Rebecca du Daphné du Maurier, l’un de mes coups de cœur 2012. Comme dans Rebecca, trois figures se détachent : une défunte, une grande maison isolée et un narrateur (dans Rebecca il s’agit en l’occurrence d’une narratrice).

Arthur Kipps, jeune clerc de notaire londonien, est chargé par son employeur de régler la succession d’une de leurs plus vieilles clientes qui vient de rendre l’âme et qui est sans héritier. Mme Drablow habitait un vieux et sombre manoir isolé, cernée de marais, un décor idéal pour un roman gothique, et il doit donc se rendre sur place pour trier les papiers et mettre la maison en vente. Le jeune homme, tout heureux de quitter Londres pour quelques jours, veut s’installer dans la vieille demeure car celle-ci est seulement accessible à marée basse mais il est tout de suite mis en garde par les habitants. La demeure est réputée maudite mais Arthur n’y croit pas jusqu’à ce qu’il y voit un fantôme, celui d’une jeune femme défigurée. Il prend néanmoins son courage à deux mains et après une nuit à l’hôtel, s’installe dans La maison du marais.

Cette trame est effectivement parfaite pour un film angoissant mais la lecture est toute autre. Je n’ai malheureusement pas ressenti la peur de notre héros, pauvre Arthur, bien attachant par ailleurs, qui doit faire face aux apparitions, aux meubles qui bougent tout seuls et aux cris dans la nuit, ceux des morts revenus hanter les lieux de leur décès, le marais qui borde le manoir, etc.

Je ne suis pas experte en romans gothiques mais j’ai l’impression que Susan Hill a oublié de mettre de la de tension psychologique dans son roman, là où ont su le faire ses ainés. Elle a repris tous les ingrédients des gothic novels sans pour autant arriver à les égaler. Susan Hill n’a pas su faire monter la tension crescendo, ce que je trouve dommage, alors qu’encore une fois, tous les ingrédients qui font le sel de ce type de romans sont là. Le récit aurait du être allongé d’une bonne centaine de pages car l’histoire prend du temps à se mettre en place et se précipite tout à coup. Plus long, il n’en aurait été sans doute que meilleur.

L’intrigue est quant à elle finalement plutôt classique, ce qui n’est pas pour me déplaire bien au contraire, très agréable à lire, les pages s’avalent en quelques heures seulement, de ce point de vue là c’est réussi, on ne s’ennuie pas une seconde. La fin est malheureusement à l’envie du reste de l’ouvrage, trop prévisible. Susan Hill arrive à surprendre son héros, pas ses lecteurs !

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Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin, ABC Babelio 2012-2013 et God save the livre :

     critiquesABC2013     

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21 réflexions sur “La dame en noir – Susan Hill

    • Bianca dit :

      L’histoire en elle-même est très différente puisqu’il s’agit de fantôme mais néanmoins divertissante. Si je ne dois t’en conseiller qu’un, c’est sûr c’est Rebecca qu’il faut lire d’autant que je suis sûre qu’il te plaira !

  1. Natiora dit :

    J’avais beaucoup aimé pour ma part, j’adore les romans gothiques, et même s’il est vrai qu’il est loin d’égaler un Daphné du Maurier, je m’étais laissé charmer 🙂

    • Bianca dit :

      J’ai passé un bon moment à cette lecture, c’était très agréable, mais je n’ai pas ressenti d’angoisse ou de peur pour le héros, ce que je trouve dommage, d’où ma déception

  2. evilys2angel dit :

    Dommage donc! J’ai vu la bande-annonce du film qui, elle, fait plutôt froid dans le dos contrairement à ce que tu dis de l’écrit… Moi non plus je ne suis pas fan des films de peur, ça me fiche trop la trouille 😉

    • Bianca dit :

      Hé oui c’est là ma déception, il ne fiche pas la trouille du tout, le film quant à lui, il a l’air flippant, donc pas pour moi ni pour toi 😉

    • Bianca dit :

      Rebecca est un grand livre, contente que tu l’ai aimé toi aussi Sybille 🙂 Si tu aimes les histoires de fantômes, lis La dame en noir, même si la fin est trop prévisible, ce roman est très agréable à lire !

  3. Lou At Myloubook's dit :

    Je me demande si la couverture française et le fait que le film ait mis l’accent sur les scènes à sensations (qui font sursauter) n’a pas desservi Susan Hill. J’ai lu ce roman ainsi que « The Man in the Mirror », deux lectures très agréables (j’ai une préférence pour « The Woman in Black », j’avoue avoir beaucoup apprécié ce roman). J’ai aimé le fait qu’elle reprenait les codes des histoires de mystère ou à suspense victoriens, elle recrée la même atmosphère, la trame est assez similaire (vraiment très classique !). J’ai trouvé l’ambiance assez glauque, oppressante… un soupçon de frissons pour moi in fine !
    Je vois que nous avons beaucoup de lectures et chroniques en commun, je compte bien revenir par ici, je ne doute pas d’y piocher de bonnes idées de lecture 🙂

    • Bianca dit :

      Je pense que tu as tout à fait raison, l’adaptation cinématographique a fait du tord au roman de ce point de vue, car je m’attendais à du terrific ce qui n’a pas été le cas, d’où ma déception, alors que je l’ai bien aimé au fond, il a été agréable à lire. Merci pour ton passage ici Lou, je file découvrir ton blog car je sens que je vais moi aussi piocher de bonnes idées de lecture chez toi 🙂

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