La mafia du chocolat – Gabrielle Zevin

La fille chérie du défunt parrain du chocolat n’a que faire de son héritage. Pour elle, la vie doit être une routine absolue. Aller au lycée, prendre soin de son frère adoré et de sa grand-mère mourante. Et surtout, éviter Gable, parfait loser et ex-petit ami. Oui, tout allait bien jusqu’à ce que cet imbécile de Gable soit empoisonné par le chocolat issu de la fabrique illégale des Balanchine. Que la police la croie coupable, passe encore. Qu’elle se retrouve à la une des journaux télévisés, inévitable. Qu’on la harcèle au lycée en la traitant de criminelle, d’accord. Mais voir revenir dans sa vie sa famille mafieuse au complet est le pire des châtiments. Anya se demande si elle ne va pas devoir renoncer aux cours et sortir son revolver, histoire de mettre de l’ordre dans les affaires…

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Jusqu’où mes bonnes résolutions vont-elles me mener, on se le demande ! L’une d’elles était de lire des romans jeunesse, et j’avoue qu’à force d’en lire, j’y prends goût, au point de lire une dystopie, La mafia du chocolat, moi qui ai en horreur la SF et l’anticipation, il faut le faire, et une trilogie qui plus est, alors que je n’en lis jamais. Il faut dire que le sujet a forcément éveillé ma curiosité, moi qui suis une grande gourmande devant l’éternel et une croqueuse de chocolat invétérée.

En 2083, le chocolat et le café sont illégaux, le papier est difficile à trouver, l’eau est précieusement rationnée, et la ville de New York est dominée par le crime et la pauvreté. Anya est la fille du défunt criminel le plus célèbre de la ville, Leonyd Balanchine, à la tête des chocolats Balanchine et de la mafia locale. Assassiné dans son bureau, il laisse trois enfants : Léo, 19 ans, l’ainé de la fratrie, qui accuse un retard mental depuis un grave accident de la route alors qu’il avait 9 ans, dans lequel sa mère a été tuée. Ils avaient été pris pour cible par des tueurs voulant éliminer le parrain, depuis Léo est resté bloqué en enfance. Anya, 16 ans, sa fille ainée, qui a en réalité la charge de son frère et de sa jeune sœur Natalia, 12 ans. Vivent également avec eux, Galina (Nana), la mère du parrain défunt, gravement malade depuis des années et branchée en permanence à des machines qui lui permettent de survivre et Imogen Goodfellows, sa garde-malade, par ailleurs lectrice infatigable de romans victoriens.

On fait connaissance d’Anya, à la veille de la rentrée scolaire. La jeune fille va entamer sa première dans la très catholique école de la Sainte Trinité. Elle a fait vœu de rester vierge pour son mariage et son petit ami, Gable Arsley, devient trop pressant et tente de la violer. Heureusement Léo intervient et chasse l’adolescent, début des ennuis. Car dès le lendemain, il commence à répondre des calomnies sur le dos d’Anya et finit avec un plat de lasagnes sur la tête. Elle est bien sûr punie, car on ne rigole pas avec la discipline à Sainte Trinité, et c’est ensuite que tout va réellement démarrer. Anya, qui déjà n’a pas bonne réputation, est la meilleure amie de Scarlett, une apprentie comédienne, qui n’a pas elle non plus la meilleure réputation. Elles sont un peu mises au banc par les élèves et par les professeurs mais vont faire la connaissance de Win, le fils de l’adjoint du procureur, new-yorkais de fraiche date, qui suit le même cours de français que Scarlett et qui devient le binôme d’Anya en cours de science médico-légale. Un soir, en rentrant du lycée, son cousin Jacks sonne à la porte. La famille souhaite que Léo les rejoigne et travaille à la piscine, le Q.G des Balanchine, la jeune fille voit cela d’un très mauvais oeil mais fini par accepter sur les conseils de sa grand-mère même si elle n’a aucune confiance dans son cousin. Celui-ci laisse en partant un carton empli de chocolat (denrée interdite vous vous souvenez ?) pour Nana. La vieille dame offre deux tablettes d’extra-noir, le préféré d’Anya, afin qu’elle le partage avec quelqu’un qu’elle aime. Elle n’aura pas l’occasion de les savourer car Gable débarque pour soi-disant faire la paix et s’excuser, mais surtout pour se faire offrir du chocolat, puisqu’il sait qu’il y en a toujours chez les Balanchine. Elle veut se débarrasser de lui au plus vite et lui offre les deux tablettes, malheureusement pour lui, le chocolat est empoisonné et va l’envoyer tout droit à l’hôpital, et Anya, tout droit en prison, à Liberty, une maison de correction construite dans les fondements mêmes de la statue de la liberté, qui elle a disparu.

Dans ce New-York de 2083, beaucoup de choses ont disparu : les musées, les bibliothèques, les fêtes foraines et les ménages, les cafés, tous ces lieux de connaissance et de réjouissance n’existent plus. Le rationnement fait partie du quotidien et l’argent n’a plus cours : les protagonistes paient la moindre de leurs dépenses en coupons (coiffeur, eau, nourriture…). On ne fabrique plus ni livres ni vêtements, on lit sur tablette et on s’habille avec les habits de ses parents. Bien qu’ancrée dans le futur, cette histoire nous rappelle le temps de la Prohibition américaine sur les interdictions (alcool, tabac, café, chocolat), sinon elle reprend tous les codes de l’anticipation : les restrictions d’eau, de papier, de bois, d’électricité, de tissus et de matériaux. La criminalité fait rage, les autorités sont toutes puissantes, les rues ressemblent à des coupe-gorge, il y a des couvre-feu, le monde de 2083 apparait bien sombre et inquiétant.

Heureusement, il y a aussi une lueur d’espoir, avec l’histoire d’amour en Anya et Win, véritables Roméo et Juliette du futur, qui plairont davantage aux adolescents, pour qui le livre est destiné qu’aux adultes. Reste que ce roman se lit très facilement, les personnages sont attachants, surtout Anya, l’héroïne, une jeune fille bien courageuse. Ce premier tome sert surtout à planter le décor et à faire connaissance avec le personnage et le monde de 2083, il faudra attendre les tome 2 et 3 pour entrer vraiment dans le vif du sujet. Je retrouverais avec grand plaisir Anya dans le tome 2, La fille du parrain car j’ai eu beaucoup de plaisir à tourner les pages de ce roman que j’ai dévoré comme une tablette de chocolat !

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Lu dans le cadre des challenges Cartable et tableau noir et La plume au féminin édition 2013 :

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23 réflexions sur “La mafia du chocolat – Gabrielle Zevin

    • Bianca dit :

      Le titre français est pourtant bien représentatif du contenu, ce qui n’est pas toujours le cas malheureusement. Ce récit se lit vite et bien, il m’a plu en tout cas, j’espère qu’il en sera de même pour toi !

  1. Laure dit :

    Oui alors moi aussi je suis étonnée de savoir que c’est une dystopie et ravie, moi j’aime bien 😉 En tout ca je le note pour dans l’an 2045 😆 oui car ma pal est immense 😀 Enfin je plaisante mais ça me plairait bien de le lire alors il est dans le carnet 😉
    Bonne journée ma Bianca (orage aujourd’hui chez nous) bisous bis ous 😀

    • Bianca dit :

      J’ai aimé à ma plus grande surprise 😉 En parlant de PAL immense, tu ne fais pas le challenge de Métaphore qui met la PAL au régime, moi non ! Bonne journée ma Laure, gros orages ce matin aussi, bisous 🙂

      • Laure dit :

        Rha non non non, je ne fais plus de challenges ! 😀 je ne pourrais pas les honorer sinon et j’ai déjà bien peur d’avoir des difficultés pour ceux que j’ai déjà…

      • Bianca dit :

        Je viens de finir un roman pour ton challenge, je pense même changer de catégorie, j’arrive au bout de la mienne 🙂

  2. faelys dit :

    dévoreuse de petits carrés mais aussi amatrice de dystopies jeunesse, j’ai noté et commandé ce titre pour mes zélèves. ton billet me fait penser qu’il faudrait que je le mette de côté pour le lire…

    • Bianca dit :

      J’adore tes commentaires toujours emplis d’humour 🙂 tant pis pour la mafia du chocolat mais avec ta PAL, qui pèse une tonne, cette gourmandise lui resterait sur les hanches et alors, adieu le bikini !!

  3. Claire dit :

    J’hésitais à me lancer dans cette série. J’avais tellement aimé les précédents romans de l’auteure (une vie ailleurs et je ne sais plus pourquoi je t’aime) que je me demandais ce que rendrait son incursion en SF.
    Ton beau billet m’a convaincu de mon erreur!
    Biz

    • Bianca dit :

      En ce qui me concerne j’ai trouvé ce roman agréable à lire, je suis rentrée dedans sans problème, je compte bien lire les tomes 2 et 3 mais aussi découvrir les autres romans de Gabrielle Zevin. J’espère que tu aimeras en tout cas ! Bises

    • Bianca dit :

      Je l’ai trouvé original en effet et plutôt bien fait, il se lit très bien. Désolée d’agrandir ta whishlist, je crois qu’on aura jamais assez d’une vie pour lire tout ce qu’on a noté 😀

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