Velvet – Mary Hooper

Velvet n’a pas une vie facile. Orpheline dans le Londres des années 1900, elle survit tant bien que mal en travaillant jour après jour dans l’enfer d’une blanchisserie. Lorsque l’occasion lui est donnée de s’occuper du linge de clients fortunés, la jeune fille saisit sa chance et attire bientôt l’attention de l’intrigante Madame Savoya, qui se révèle être l’un des médiums les plus courus de la capitale. Emménageant à la Villa Darkling aux côtés de Madame et de son jeune assistant, Georges, qui ne la laisse pas insensible, Velvet ne va pas tarder à découvrir les usages et secrets de cet univers fascinant qu’est celui du spiritisme. Elle est pourtant loin de se douter que le danger qui la guette ne vient pas du royaume des morts…

velvet-mary-hooperauteur-éditeur-pagesAujourd’hui on se retrouve une fois encore avec un roman jeunesse ! Vous avez remarqué que depuis quelques semaines, j’explore avec un certain bonheur la littérature jeunesse après l’avoir longtemps boudée. J’avais profité du Mois Anglais pour lire Waterloo Necropolis de Mary Hooper, un roman à la Dickens qui m’avait beaucoup plu et je m’étais promis de lire les autres œuvres de l’auteure. Aussi, sur les conseils de Claire, je me suis empressée d’emprunter lors de mon dernier passage à la médiathèque son dernier roman, Velvet.

L’auteure plante cette fois-ci son décor en 1900, quelques semaines avant la mort de la reine Victoria. Et comme pour Waterloo Necropolis, Mary Hooper, prend pour héroïne une jeune orpheline londonienne pauvre, Kittie, rebaptisée Velvet. Porteuse d’un lourd secret et d’une enfance très difficile, la jeune fille trime dur dans la blanchisserie Ruffold. Toute la journée, dans la moiteur de la blanchisserie, elle prend soin des vêtements des clientes, et plus particulièrement, des habits délicats et raffinés de Madame Savoya, la médium la plus en vue de Londres. Lorsque cette dernière propose à Velvet de devenir sa dame de compagnie, la jeune fille accepte avec joie, soulagée d’échapper à sa condition misérable. Là, elle va découvrir, et nous aussi, les séances de spiritisme, très en vogue dans la bourgeoisie londonienne. Les médiums pullulent et se disputent une clientèle fortunée et désespérée, prête à se délester de ses bijoux, de ses maisons et de sa fortune, pour parler avec ses disparus. On croise même Arthur Conan Doyle, spiritualiste averti, qui assistait régulièrement aux séances d’Eusapia Palladino à Londres.

Mary Hooper s’inspire, comme dans le précédent opus, de faits réels comme les fermières de bébés et les méthodes des médiums.  Ces « fermières » étaient des femmes abjectes qui prenaient en pension des nourrissons et les laissaient tranquillement mourir de faim en toute impunité. Amelia Dyer, le personnage du livre, a réellement existé et a fini par être exécutée mais il y en avait malheureusement beaucoup d’autres. La pratique du spiritisme est à son apogée vers 1900, malgré les nombreuses escroqueries à l’encontre de personnes vulnérables, en deuil depuis peu, comme on le voit dans Velvet.

J’avais peur d’être déçue après le très bon Waterloo Necropolis et ce ne fut pas le cas. J’ai trouvé l’intrigue plutôt bien menée et intéressante. Mary Hooper s’est une fois de plus remarquablement documentée et j’ai pour ma part pris beaucoup de plaisir à assister à ces séances de spiritisme et à m’immerger dans le Londres de la Belle Époque et de ses innovations (téléphone, électricité et automobile). Le style est fluide, on le lit facilement, rien à redire de ce côté-là. Mon bémol vient des personnages : l’auteure se contente de les effleurer, et j’aurais bien aimé que Mary Hooper les développe davantage. Velvet se révèle aussi à mon sens un personnage superficiel, moins attachant que Grace et Lilie, elle m’a même par moment un brin agacée.

Mary Hooper nous livre ici un roman intéressant, même si je le trouve moins bon que Waterloo Necropolis, et aux multiples rebondissements, même si ils sont sans réelle surprise au fond pour une adulte. Si le sujet vous intéresse, foncez, vous ne serez pas déçues.

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Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin édition 2013, God save the livre édition 2013, Au service de… :

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22 réflexions sur “Velvet – Mary Hooper

  1. labiblidonee dit :

    En général les critiques trouvent celui-ci moins bon effectivement que waterloo necropolis mais si toi non je sais que je pourrais tenter le premier qui me tombera sous la main !

    • Bianca dit :

      Je le trouve moins bon aussi Onee, tu n’as pas lu jusqu’au bout vilaine 😀 ! si tu dois n’en lis qu’un, opte pour Waterloo Necropolis, vraiment formidable

  2. Claire dit :

    Une fois encore, nos impressions se rejoignent…J’avais adoré comme toi Waterloo Necropolis.
    Mais Velvet dont le sujet m’intéresse beaucoup m’a fait passer un bon moment.
    En revanche, je n’ai pas du tout accroché à la messagère de l’au-delà…Je ne sais pas si ta médiathèque l’a dans ses rayons…Je serai curieuse de voir ton avis.

    • Bianca dit :

      Nos avis se rejoignent souvent même si de temps en temps nous avons de micros divergences ! La messagère de l’au-delà est aussi à la médiathèque, je l’emprunterais plus tard

  3. belette2911 dit :

    Les blanchisseries, c’était une horreur pour ces orphelines !

    J’ai lu un article dernièrement sur le Net, sur le site d’une amie et elle rappelait de scandale qu’il y avait eu il y a quelques années, en Irlande, où sévissait aussi des blanchisseries « blanchisserie Madeleine » qui désignait une institution catholique destinée en principe à la rééducation des « femmes perdues », des « femmes de mœurs légères ». Un promoteur immobilier, après avoir acheté le terrain, fit des travaux et on découvrit les restes de 155 pensionnaires, qui avaient été inhumées dans des tombes anonymes dans la propriété…

    Les institutions pour jeunes filles, qu’elles soient orphelines ou de moeurs légères (la légèreté arrivait, à cette époque), étaient bien souvent l’occasion de les faire travailler pour pas cher. Pareil du côté des garçons.

    Ce livre est bien tentant !

    • Bianca dit :

      Oui, il ne faisait pas bon être pauvre et orphelin(e) à cette époque-là. Ici, la blanchisserie n’est pas un lieu de mauvais traitement mais de dur labeur. Le roman porte surtout sur les médiums et les séances de spiritismes, si le sujet t’intéresse, n’hésite pas !

  4. Emma dit :

    « Waterloo Necropolis » était une telle découverte qu’il est presque normal d’être déçu… Enfin, d’après ce que tu dis, cela tient surtout au personnage, et ça, c’est bien dommage (c’est vrai que Grace est particulièrement attachante, dans WN).
    Spiritisme et Belle-Epoque restent néanmoins de sacrés atouts, apparemment, et la plume de Mary Hooper m’a tellement séduite que j’ai envie de découvrir tous ses romans !
    Tu as de la chance d’avoir dégoté celui-ci ; je vais poursuivre la traque 😉
    Des bises ma petite Bianca, hooperisée ^^

    • Bianca dit :

      Ce n’est pas une déception mais je l’ai trouvé moins bien à cause en effet du personnage principal, moins intéressant que Grace. Sinon je te confirme je suis hoopérisée, toi aussi apparemment ! Des bises ensoleillées ma chère Emma 🙂

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