Absences – Alice Laplante

Amanda O’Toole, soixante-quinze ans, a été retrouvée morte à son domicile, amputée des quatre doigts de la main droite. La police soupçonne la voisine et amie d’Amanda, le docteur Jennifer White – chirurgien orthopédiste à la retraite – d’être l’auteur de ce meurtre. Mais Jennifer est atteinte de la maladie d’Alzheimer et ne sait pas elle-même si elle est coupable. Elle partageait une relation extrêmement intime avec Amanda, même si ces deux femmes énergiques et orgueilleuses avaient été aussi par moments des adversaires redoutables. Amanda entendait parfois régir la vie de son amie et, sous prétexte d’honnêteté, dévoiler certains secrets qui auraient dû rester enfouis, relatifs notamment au mari de Jennifer, James, avocat retors, décédé depuis peu. Sans enfant et marraine de Fiona, la fille de Jennifer, Amanda instaurait une rivalité et un rapport de forces constant avec son amie, plus brillante, plus gâtée qu’elle par la vie. C’est la voix de Jennifer qui raconte cette amitié complexe et sa vie passée, de façon fragmentée, par des bribes, des souvenirs, des conversations, ou encore par le biais d’un journal qu’elle tient pour tenter de combattre la détérioration de son esprit et où ses enfants et amis sont amenés à témoigner de temps à autre. Ils émergent également de ce brouillard de la conscience, tour à tour confuse et lucide, de Jennifer : Amanda, bien sûr, Fiona, mais aussi Mark, le fils de Jennifer, ambigu comme son père, ou encore Magdalena, la garde-malade dévouée mais qui a des secrets, elle aussi. Jennifer White finira-t-elle par retrouver dans sa mémoire malade des révélations sur le meurtre d’Amanda ? Est-ce elle qui l’a tuée et lui a ainsi mutilé la main ? Pour quelle raison ? Face à une personnalité aussi imprévisible et tourmentée, la vérité ne peut être simple.

absences-alice-laplanteauteur-éditeur-pagesOn se retrouve aujourd’hui pour vous présenter le polar de la sélection ELLE de novembre et si jusqu’à présent j’avais été séduite par les romans policiers de septembre et d’octobre, Zone de non-droit et La maison des absents, ce ne fut pas le cas ce mois-ci. Absences d’Alice LaPlante n’est à mes yeux pas du tout un roman policier et encore moins un thriller, c’est un roman psychologique qui aurait pu être intéressant mais qui tourne très vite en rond, et si j’ai été jusqu’au bout, c’est en espérant qu’à un moment donné un semblant de suspens ou de tension, viendrait répondre à mes attentes mais il n’en fut rien. Ne vous fiez donc surtout pas au bandeau apposé par l’éditeur et signé The New York Times « Définir Absences comme un thriller, ce serait le confiner à un genre qu’il transcende », moi il ne m’a en tout cas pas transcendé du tout !

Le sujet était pourtant intéressant et le thème de la mémoire qui flanche a le vent en poupe en ce moment puisque plusieurs romans policiers s’en sont emparés. J’avais d’ailleurs lu et beaucoup aimé Avant d’aller dormir de S.J Watson dont l’héroïne, Christine, était amnésique et oubliait chaque matin la journée de la veille, elle essayait de raviver sa mémoire grâce à son journal qu’elle écrivait chaque jour. Alice LaPlante offre ici une variante à ce thème de la mémoire avec le personnage de Jennifer White, ancienne chirurgienne orthopédique, spécialiste de la main, une sommité poussée à la retraite pour cause de démence sénile précoce. Cette femme froide et hautaine n’a vécu toute sa vie que pour son travail et les seuls souvenirs qui lui restent ont traits à la médecine et la chirurgie. Elle ne se souvient pas que son mari est mort il y a déjà un an, qu’elle vit avec Magdanela, une garde-malade dévouée que notre héroïne méprise, et qu’elle a deux enfants, Mark et Fiona. Elle n’a aucun souvenir non plus de la mort de sa meilleure amie Amanda, assassinée à deux pas de chez elle et qui a subit une ablation des quatre doigts d’une main, une amputation chirurgicale réalisée de main de maître. On comprend alors pourquoi la police soupçonne Jennifer de meurtre d’autant qu’un témoin a aperçu les deux femmes se disputer violemment le jour de la mort d’Amanda. Pourquoi Jennifer aurait-elle supprimé sa meilleure amie depuis trente ans et surtout pourquoi l’avoir mutilée post-mortem ? C’est ce que la policière en charge de l’enquête va essayer de découvrir.

On va suivre ainsi pendant 400 pages (et c’est long 400 pages lorsqu’il ne se passe rien ou presque) la longue descente aux enfers de Jennifer, la narratrice du roman, à travers des bribes de souvenirs qu’elle a du passé, à travers ses pensées, ses propos souvent embrouillés, le témoignage de ses proches, ses enfants, sa garde-malade, des passages du journal qu’elle tient au jour le jour mais aussi les interrogatoires de police qu’elle subit à mesure que progresse l’enquête. L’héroïne est, comme nous, dans le brouillard. L’auteure essaie de redonner un souffle à son roman à chaque début de partie (il y en a trois) mais j’ai trouvé qu’elle s’enlisait très vite à chaque fois et qu’on tournait vraiment en rond.

Vous l’aurez compris je n’ai pas du tout aimé ce roman et il m’a profondément ennuyée, et sitôt refermé, je l’ai déjà oublié !

heart_2

Lu dans le cadre du Grand prix ELLE des lectrices 2014 et des challenges La plume au féminin édition 2013  et A tous prix (prix Welcome Trust 2011) :

 logo-grand-prix-lectrices-ELLE     logo-challenge-c3a0-tous-prix

Publicités

32 réflexions sur “Absences – Alice Laplante

  1. LesFutilitésDeLili (@LesFutilites) dit :

    Je l’ai lu c’est été à la plage. Je ne me suis pas ennuyée mais j’ai été bien déçue. Je trouvais qu’il y avait trop de ressemblances avec la mère de Mérédith de Grey’s Anatomy. J’ai l’impression de regarder un spin-off peu original qui ne décollait pas.

  2. belette2911 dit :

    Hello,

    Souvent les journaux ou les magazines ajoutent des bandeaux-titres pour booster les ventes ! C’est à cette théorie que je suis arrivée à force de me faire avoir par certaines pubs qui vantaient les mérites de livres qui ne les méritaient pas (ou n’en méritaient pas tant).
    Pareil avec les recommandations d’autres auteurs, souvent usurpées, elles aussi.

    Ouf, je ne l’ajouterai pas, pas envie de m’emmer*** dans une lecture ou de tourner en rond 😀

    Comme pour Aspho, ma PAL et ma wish-list te disent merci (ainsi que mon portefeuille et mon homme).

    • Bianca dit :

      Mon autopsie est très claire, lire ce livre provoque un certain ennui. Comme toi je me méfie des bandeaux racoleurs en général je suis déçue aussi !

      • belette2911 dit :

        Le racolage, c’est pas interdit, au fait ? 😀 Oui, souvent, ils exagère à fond, c’est comme la poudre qui lave plus blanc que blanc. Mon c.., heu, mon oeil !

    • Bianca dit :

      Ce qui m’a le plus gêné c’est l’absence de suspens et surtout ce n’est absolument pasun roman policier, ma note aurait été moins sévère s’il n’avait pas été dans cette catégorie. Et en plus il ne se passe presque rien.

  3. sous les galets dit :

    bon déjà tu as oublié de mettre ton billet en lien sur notre page…ensuite, moi j’ai détesté zone de non droit, et les polars de ma sélection, je suis donc exaspérée d’avance de recevoir celui-là. mais peut-être que je serai moins sévère que toi (mais 400 pages où il ne se passe rien pffff)

    • Bianca dit :

      Je n’ai pas oublié j’ai préféré m’abstenir ne sachant pas qui l’avait lu ou pas et je ne voulais pas influencer les autres avec mon jugement. Si en effet tu n’as pas aimé les autres polars tu aimeras peut être davantage celui-ci, je te le souhaite en tout cas

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s