La blancheur qu’on croyait éternelle – Virginie Carton

Mathilde aimerait bien devenir chocolatière mais elle est trop diplômée pour ça. Elle ne sort pas beaucoup et n’aime pas se déguiser. Ce qu’elle préfère, c’est regarder le concours de Miss France à la télé en mangeant des palets bretons trempés dans du lait. Quand elle avait sept ans, Mathilde a été traumatisée par la mort de Romy Schneider. À trente-quatre ans, elle pense encore à Julien, et Éléonore, sa meilleure amie, est décidée à lui trouver un bon parti.

Lucien est pédiatre, il aime les films avec Jean-Louis Trintignant, et Deauville. Il n’aime pas tellement danser. Ça remonte à son enfance, à l’époque des premières boums ratées. Chaque année, au Nouvel An, il envoie une carte de voeux à ses parents. À trente-cinq ans, il est célibataire. Il aimerait bien que ça change. Mais il n’est pas très à l’aise avec les SMS, alors c’est pas gagné.

Mathilde et Lucien habitent le même immeuble mais ne le savent pas. Un jour, le nouveau voisin les invite à sa soirée déguisée. La Blancheur qu’on croyait éternelle est l’histoire de deux solitudes, deux sentimentaux perdus dans un monde plus vraiment sentimental.

la-blancheur-qu-on-croyait-eternelle-virginie-cartonauteur-éditeur-pagesParfois le hasard fait bien les choses ! Lorsqu’Amandine, l’attachée de presse de la maison Stock m’a proposé de lire La blancheur qu’on croyait éternelle je n’ai pas dit oui tout de suite, par peur d’être déçue. J’aime beaucoup la chanson d’Alain Souchon dont est extraite cette phrase que Virginie Carton a choisi pour le titre de son roman. Et puis j’ai lu le billet de Jostein et j’ai senti que j’allais être moi aussi sous le charme de ce roman et je ne me suis pas trompée, car non seulement j’ai été séduite, et mieux encore, par la plume de l’auteure, le sujet du roman et les personnages, tout m’a vraiment beaucoup beaucoup plu.

Comment faire lorsqu’au vingtième siècle on aime envoyer ses vœux par courrier, espérer rencontrer l’âme sœur de façon fortuite et ne pas avoir de téléphone portable ? Lorsque l’on vit en complet décalage avec son temps, qu’on aime les choses surannées ? Quand on est sentimental dans un monde où les sentiments sont si maltraités ?

Mathilde, diplômée d’HEC et chocolatière et Lucien, pédiatre tout juste installé, vivent dans le même immeuble parisien sans le savoir. Lui est fan de Jean-Louis Trintignant et du film Un homme et une femme de Claude Lelouch. Elle admire Romy Schneider. Tous deux sont restés scotchés dans les années 60, une époque qu’ils n’ont pourtant pas connus. Tous deux romantiques et entiers, sont totalement perdus dans notre époque où internet, les réseaux sociaux et les textos sont au centre de tout, même des relations amoureuses ou amicales.

Virginie Carton nous propose ici l’histoire tendre et vintage d’une fille fragile et solitaire, encore sous la coupe de sa mère qui la mène à la baguette depuis la Bretagne, et d’un garçon aux bonnes manières terriblement old school. Je me suis sentie en empathie et en osmose avec ces deux personnages que j’aurais volontiers pour amis, qui me ressemblent dans leurs failles, leur rapport aux autres et dans leurs références cinématographiques et musicales.

Grâce aux flash-back dans leurs enfances, on replonge avec eux dans l’ambiance des années 70-80, on se revoie à l’époque des premières boums où l’on se déhanchait sur les Forbans. On sourit de leurs déconvenues, on s’émeut de leurs tristesses et de leurs désarrois, de ce mal-être qu’ils trainent depuis l’enfance, parce qu’ils ne sont pas de leur époque, parce qu’ils sont en décalage, et comme ils ont raison !

Un très beau roman plein d’optimisme qui flirte avec le coup de cœur et qui m’a fait un bien fou. A la fois drôle et mélancolique, tendre, magnifique tout simplement !

Je remercie les Editions Stock pour l’envoi de ce très beau roman, je ne suis pas prête de l’oublier !

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31 réflexions sur “La blancheur qu’on croyait éternelle – Virginie Carton

  1. jostein59 dit :

    Ravie d’être un peu « responsable » de cette belle lecture. Il est vrai que l’on sort de ce roman avec une sensation de bonheur grâce à la nostalgie et le plaisir des choses simples. Merci pour le lien.

  2. Tasse de culture dit :

    J’aimais déjà beaucoup le titre et ton billet me donne encore plus envie de le découvrir ! Je sens que c’est le genre de roman que je pourrais aimer.

  3. frenchbooklover dit :

    Magnifique billet! Tu donnes vraiment envie de se plonger dans le roman. Cette histoire de deux solitudes a l air très belle. Bizzz

  4. lydieetseslivres dit :

    Ce titre me fait immédiatement penser à la chanson de Souchon et je suis curieuse de comprendre ce choix par rapport à ce roman. Ton avis est irrésistible, il me donne envie de me précipiter dans la librairie la plus proche.

  5. Alexandra dit :

    Avant même de lire ta chronique, le résumé m’a parlé : je pense que beaucoup de personnes peuvent se retrouver dans ces deux personnages, coincés dans un passé pas si lointain et pourtant si différent. Ton article me donne envie de me plonger dans ce roman — et de me réconcilier avec la littérature contemporaine !

    • Bianca dit :

      Je le crois aussi Alexandra. J’espère que lorsque tu le liras tu seras à ton tour sous ton charme et qu’il te réconciliera avec la littérature contemporaine !

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