La bête – Catherine Hermary Vieille

Au XVIIIe siècle, dans le petit village de La Besseyre-Sainte-Marie, en Gévaudan, on a moins peur des loups, que l’on sait traquer depuis longtemps, que du Diable. Seul le père Chastel sait le tenir à distance avec ses potions et ses amulettes. On respecte, on craint cet homme qui détient tant de «secrets». Mais lorsque la région devient la proie d’un animal aussi sanguinaire qu’insaisissable, comme vomi par l’enfer, le sorcier reste impuissant. La perte de ses pouvoirs serait-elle liée au retour de son fils Antoine, cet étrange garçon solitaire et sauvage, échappé des geôles du dey d’Alger ?

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L’automne arrive sur le Gévaudan, ses habitants qui sont, à quelques exceptions près, de pauvres gens, s’apprêtent à affronter les rudesses de l’hiver et les attaques de loups.

Jean Chastel, surnommé le Masque, mi sorcier mi guérisseur, est craint de tous car on dit qu’il connaît le diable mais il est aussi très respecté car il a du savoir. Il est veuf et a deux fils, aussi différents l’un de l’autre qu’on peut l’être. Tous deux savent lire et écrire, le Masque voulait qu’ils soient instruits.

Pierre, l’aîné, cultive la terre à ses côtés et Antoine, le cadet, garde forestier timide et solitaire, préfère la compagnie des bêtes à celle des hommes. Antoine, bien qu’il soit heureux dans ses forêts, parmi ses arbres, rêve d’une autre vie. Il veut voir du pays et surtout devenir un colporteur fortuné. Il quitte donc, sans en souffler mot à quiconque le petit village de La Besseyre-Sainte-Marie pour gagner le sud.

Arrivé à Marseille, il s’engage sur La Gorgone, un navire marchand en partance pour Tripoli. Son travail à bord : s’occuper des bêtes. Mais voilà que tout ne se passe pas comme prévu et le navire, vivres et équipages compris, est capturé par les barbaresques et Antoine se retrouve esclave du Dey.

Catherine Hermary-Vieille, en fine connaisseuse de l’Ancien Régime et de ses faits divers, notamment l’affaire des poisons qui a secoué le règne de Louis XIV, signe ici un court mais dense roman autour de la bête du Gévaudan.

L’auteure nous plonge dans une atmosphère particulièrement sombre et cruelle, qui met par moment vraiment mal à l’aise et en cela il est très réussi. Les mystères autour de la bête du Gévaudan sont nombreux et les détails cruels puisqu’il est question d’assassinats sauvages de femmes et de jeunes filles dans un premier temps, puis d’enfants, filles ou garçons, dans un second temps.

Des corps mutilés, égorgés, éventrés, des visages défigurés par le loup, une bête qui a bon dos et qu’on accuse de tous les maux. Un animal que l’on traque et que l’on veut abattre coûte que coûte.

D’aucuns évoquent « une bête grande comme un veau, au poil roussâtre, rayée de brun sur l’échine, avec des oreilles courtes, une longue queue très mobile, de puissantes mâchoires, des yeux méchants. » D’autres affirment qu’il s’agit d’un loup garou ou d’un homme loup. Les supputations vont bon train mais personne ne connaît la vérité, même deux siècles après les faits.

Le roman, même s’il comporte une grande partie fictionnelle totalement inventée par Catherine Hermary-Vieille, reprend aussi toutes les données historiques sur ce fait-divers sanglant, les Chastel ont réellement existé par exemple. On marche dans les pas de la bête et dans celui de ses traqueurs qui la cherchent en vain.

Je ne vous en dis pas plus mais si le sujet de la bête du Gévaudan vous intéresse, La bête, ne peut que vous plaire même s’il est réaliste et dur. Je vous conseille aussi l’excellent film de Christopher Gans, Le pacte des Loups, et Les nuits blanches du Chat botté de Jean-Christophe Duchon-Doris.

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19 réflexions sur “La bête – Catherine Hermary Vieille

  1. marinesbooks dit :

    J’attendais ta chronique 🙂 Mais les scènes sont vraiment sanglantes? J’ai tendance à faire des cauchemars avec les livres et je ne sais pas si je devrais le lire ou pas ^^

  2. lorouge dit :

    Un sujet qui a déjà été beaucoup utilisé, du coup on a l’impression de tout savoir ;0) Le pacte des loups était très bien, quoi que très cruel à mon souvenir. Mais c’est vrai que ça serait une lecture idéale pour le challenge Halloween :0)

  3. frenchbooklover dit :

    Je ne connaissais pas du tout ce titre. Merci pour la découverte! Mais je pense plus commencer par un autre que tu cites dans ce billet: Les nuits blanches du chat botté.

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