Dieu me déteste – Hollis Seamon

Etat de New York, hôpital Hilltop, Richard Casey aura bientôt 18 ans. Il voudrait faire la fête, draguer et tomber amoureux. Richard sait qu’il ne fêtera jamais ses 19 ans. Il est plus pressé que les autres et pour vivre comme il veut, il lui faut déjouer les pièges de ceux qui préféreraient le voir vivre un peu plus longtemps.

dieu-me-deteste-hollis-seamonauteur-editeur-pagesRichard Casey va fêter ses 18 ans, un anniversaire qui compte pour chaque adolescent mais qui revêt pour lui une importance toute particulière puisqu’il est dans l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Hilltop à New-York. Son cancer est en phase terminale et il lui reste moins d’un mois à vivre.

A son étage, des gens comme lui, tous plus âgés, tous sauf Sylvie, une adolescente de 15 ans au crâne duveteux qui croit dur comme fer en sa rémission. Richard lui s’est fait une raison, il est prêt à mourir même s’il est triste à l’idée de laisser sa mère seule.

Si le sujet peut paraître plombant d’emblée, il n’en est pourtant rien à la lecture, et c’est bien là l’une des étonnantes qualités de ce roman : il ne tombe jamais dans le pathos, dans l’apitoiement ni dans les lamentations.

Les deux adolescents mourants veulent vivre le mois qu’il leur reste à fond : ils veulent vivre l’adolescence dont ils ont été privés par la maladie et les longs séjours à l’hôpital. Ils tombent amoureux et comme tous les amoureux, ils veulent faire l’amour, malgré la fatigue, la maigreur, les dents qui se déchaussent…

Si la mort est omniprésente tout au long du récit, la vie l’est aussi. L’énergie que mettent Sylvie et Richie à réaliser leurs rêves est touchante. Seulement voilà, comme Roméo et Juliette, leurs familles refusent cet amour et leur envie d’appartenir l’un à l’autre.

La galerie de personnages secondaires est aussi très intéressante : Jeannie et Edward, les soignants, les autres malades, la harpie, la famille de Richard : Sisco sa mère, son oncle Phil totalement déjanté et sa grand-mère complice sont vraiment savoureux, et de l’autre côté, le père de Sylvie dévasté par le chagrin et l’alcool qui en devient violent.

L’auteure saupoudre son récit d’une bonne dose d’autodérision, d’humour et d’acidité, mêle bêtises de gamins, gravité de la maladie et le quotidien difficile et douloureux des malades, une recette délicate à réaliser et qu’elle réussit plutôt bien.

J’ai toutefois des bémols sur la fin du récit qui pour moi ne cadre pas avec le reste du roman, lumineux et drôle. La touche surnaturelle qu’Hollis Seamon donne à la fin du livre tombe pour moi comme un cheveu sur la soupe !

Reste que ce roman est une belle leçon de vie qui fait passer nos petits et gros tracas du quotidien au rang de vétilles et un formidable hommage au personnel soignant de ces unités de fin de vie qui font tout pour soulager la douleur des malades et leur permettre d’accéder au peu de bonheur qu’il leur reste.

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27 réflexions sur “Dieu me déteste – Hollis Seamon

  1. latetedansleslivres dit :

    Ah, du surnaturel à la fin du livre? Effectivement ça n’a pas trop l’air de coller avec le reste… Il a l’air intéressant, ce que tu en dis m’a tout de même beaucoup fait penser à Nos étoiles contraires!

  2. lydieetseslivres dit :

    Ce roman à cependant l’air triste et difficile. Mais je dis pourquoi pas même si l’apparition du surnaturel à la fin sans que rien ne nous y prépare risque également de me déranger.

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