Pauline demoiselle des grands magasins – Gwenaële Barussaud

1866, Paris est en ébullition. Napoléon III a juré de faire de la ville « la capitale la plus brillante d Europe ». Pauline et ses soeurs, fraîchement débarquées du Havre, découvrent ébahies les boulevards, les théâtres et les grands magasins. Mais lorsqu’on a seize ans, plus de mère et peu de fortune, les lumières de la vie parisienne semblent inaccessibles… Pauline est pourtant déterminée à prendre sa part dans la marche du siècle. Séduite par le luxe de l’Élégance parisienne, le grand magasin édifié par le célèbre Émile Bauvincard, elle réussit à s’y faire embaucher et grimpe peu à peu les échelons. Mais lorsque ses soeurs réclament son aide, sa carrière se trouve menacée.

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Pauline a 16 ans. Orpheline de mère et dotée d’un père marin toujours absent, quitte Rouen et le commerce de parapluies de son oncle pour la capitale, avec ses deux sœurs Lucille et Ninon âgées de quatorze et six ans. Lorsqu’elles arrivent à Paris, elles découvrent et s’extasient devant la vitrine du grand magasin dont tout le monde parle : L’Élégance parisienne créé par Emile Bauvincard.

Dès le lendemain, les deux aînées confient leur petite sœur à leur tante, en quête d’un emploi dans ce temple de la mode. Pauline est embauchée sur le champ mais Lucille, trop jeune, devra se contenter d’un emploi de domestique tandis que Ninon se verra confier à une nourrice en attendant d’avoir l’âge d’aller à l’école.

Pauline va commencer tout en bas de l’échelle, comme simple vendeuse au rayon confection grâce au renvoi d’une jeune femme pour vol. Les nouvelles doivent faire leur place et jouer des coudes faces aux anciennes et aux chefs de rayon et aux désirs rois de la clientèle.

Comme Aristide Boucicaud, Emile Bauvincard a connu une ascension rapide et a su faire preuve d’audace. Son magasin n’en finit plus de s’agrandir et son génie des affaires lui permet de devancer les envies des clientes, mieux encore, de les susciter et Pauline va être aux premières loges pour nous faire vivre cette ascension.

Vous connaissez ou pas mon intérêt pour cette période du second Empire et pour la série des Rougon-Macquart aussi dès que Pauline demoiselle des grands magasins est sorti, j’ai eu envie de le lire et je dois dire que je ne suis pas déçue, bien au contraire ce roman d’apprentissage est un vrai coup de cœur.

Comme Denise dans Au bonheur des dames d’Emile Zola, Pauline va travailler A l’élégance parisienne, un de ces fameux grands magasins, symboles du luxe et de l’opulence, dans ce Paris du Second Empire, transformé par les travaux du baron Haussman.

Grâce à cette héroïne très attachante, persévérante et courageuse, on fait connaissance de ce temple de la mode, on emprunte ses couloirs, on traverse ses rayons. On en apprend beaucoup sur la vie des vendeuses de cette époque, sur leurs journées de travail sans fin et leur unique jour de repos.

Corvéables à merci, les jeunes filles ne cessent de porter des rouleaux de tissus, de marcher, piétiner… un travail qu’on imagine harassant. Le soir venu, elles regagnent leur mansarde au dernier étage de l’immeuble dans laquelle elles n’avaient bien sûr droit à aucune visite, elles n’avaient même pas le droit de parler en elles pour se détendre, une fois leur journée terminée !

La fougue du modernisme de l’époque, les idées novatrices qui prennent vie, les possibilités de progression sociale par le travail et l’ambition, sont très bien rendues même si l’auteure nous démontre bien aussi que faire carrière pour une femme est impossible à moins de se destiner au célibat : les vendeuses qui souhaitaient prendre époux étaient automatiquement renvoyées, chaque employée appartenait en quelque sorte au magasin et était logée sur place.

Gwenaële Barussaud est passionnée par son sujet et connaît bien cette époque qu’elle couche sur le papier et nous fait découvrir un Paris fiévreux et ses alentours bucoliques avec beaucoup de talent, dans un style très évocateur que j’ai pris grand plaisir à lire. Et quel bonheur de sillonner cette ville et les coulisses de L’Elégance Parisienne dans les pas de Pauline.

Son style est très fluide, le vocabulaire est accessible, Pauline plaira sans aucun doute aux adolescentes à partir de 14 ans comme aux adultes, personnellement j’ai lu ce livre d’une traite.

En résumé, un roman historique totalement réussi et captivant que je n’ai pas réussi à lâcher dès le premières pages, vivement la suite !

Un grand merci à Amanda et les éditions Fleurus pour ce coup de cœur !

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24 réflexions sur “Pauline demoiselle des grands magasins – Gwenaële Barussaud

  1. labiblidonee dit :

    Quand on a lu au bonheur des dames, on l’apprécie quand même ou tu n’avais pas lu au bonheur des dames avant ? J’ai juste peur que ça fasse redite, copiage, un truc comme ça en moins bien, non ?

  2. belette2911 dit :

    Napoléon… on en bouffe à toutes les sauces en Belgique depuis janvier (et même avant), alors je vais passer, même si c’est le numéro 3 ! Et comme disait l’autre « je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre ! »

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