La ballade de Willow – Jamie Ford

1934. Depuis qu’il a été abandonné quand il avait 7 ans, William Eng est pensionnaire de la très stricte institution du Sacré-Cœur, à Seattle. Cinq années ont passé, personne n’est venu le chercher. Aucune nouvelle de Liu Song, sa mère. Un jour pourtant, alors qu’il est au cinéma avec les autres garçons de l’orphelinat, il reconnaît le visage de sa mère dans une bande-annonce. Troublé par cette apparition qu’il n’osait plus espérer, William décide de s’enfuir pour retrouver celle qui se nomme désormais Willow Frost…

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William Eng, 12 ans, est pensionnaire de l’orphelinat du Sacré-Cœur à Seattle depuis cinq longues années, depuis qu’il a retrouvé sa mère inanimée dans la baignoire de leur sordide appartement du Bush. Il n’a aucun souvenir de son père et n’a plus revu sa mère depuis cette nuit tragique, il ne sait même pas si elle morte ou vive.

Sa plus proche amie, Charlotte, est aveugle et placée depuis la mort de sa mère, son père est en prison pour trafic d’alcool. Un dimanche après-midi, lui et les autres garçons du Sacré-Cœur vont au cinéma et sur l’écran, il reconnaît sa mère dans les traits de Willow Frost, une actrice sino-américaine.

Dès lors, William se met en tête de retrouver cette mère dont il garde un tendre souvenir et part à sa recherche en compagnie de Charlotte. Les deux enfants s’enfuient alors dans la camionnette de la blanchisserie et filent jusqu’au théâtre où Willow doit chanter. Mais la vedette semble ne pas reconnaître le jeune garçon… William est-il vraiment son fils ou se berce-t-il d’illusions, avide d’amour ?

Jamie Ford nous plonge avec La ballade de Willow en pleine Dépression américaine, une période que je connais mal et que j’ai eu l’occasion de découvrir ici.

L’histoire se passe principalement en 1934 avec William mais il y a des aussi des allers / retours en 1921, 1925 et 1927 avec l’histoire de Willow. Cette américaine née de parents chinois, tous deux chanteurs d’opéra, a grandi au cœur de Chinatown dans les us et coutumes de l’Empire du Milieu.

L’auteur connaît bien cette période ou s’est très bien documenté car il nous entraine vraiment au cœur de cette période et de la communauté chinoise. C’est vraiment intéressant de découvrir la vie de la diaspora chinoise aux Etats-Unis dans les années 20, de prendre conscience des mœurs patriarcales de cette époque tout simplement odieuses où la mère n’est vue que comme un ventre et où seul le père est reconnu parent !

Ses ressortissants, même s’ils sont nés sur le sol américain, sont en butte au même racisme que les afro-américains, William en tant que sino-américain n’a même aucune chance d’être adopté par des américains bien blancs.

Jamie Ford nous narre également les ravages de la Grande dépression, avec ces cohortes de miséreux qui n’ont pour maison qu’un bout de trottoir. Mais à côté de ses sujets très durs, ce mélodrame nous conte également l’industrie du cinéma muet puis sonore et où là aussi les acteurs et actrices d’origine chinoises voient les rôles leur échapper aux profits de comédiens et comédiennes blancs que l’on grime pour les faire ressembler à des chinois.

En bref, un roman d’apprentissage touchant et véritablement dépaysant même s’il est un peu trop lent à mon goût.

Merci à Anne et aux Presses de la Cité pour cette lecture si intéressante.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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21 réflexions sur “La ballade de Willow – Jamie Ford

  1. Tasse de culture dit :

    Je suis tentée, même s’il est un peu lent. Je connais mal la période de la grande dépression et ce roman pourra me permettre de combler mes lacunes. Si je le trouve en médiathèque, je n’hésiterai pas !

  2. frenchbooklover dit :

    Il a l’air intéressant ce roman. Pourtant, je ne sais pas pourquoi mais je crois que je vais passer mon tour. La lenteur que tu évoques me fait un peu peur.

  3. Karine:) dit :

    J’hésite… j’ai beaucoup lu sur cette période à une époque. et on dirait que je ne peux plus lire sur tant de misère. Bref, peut-être, peut-être…

    • Bianca dit :

      Pour moi cette période est une totale découverte, c’est ce qui m’a beaucoup intéressée mais je comprends que tu sois un peu lasse de toute cette misère

  4. choupynettederestin dit :

    Sur le même sujet lis donc Les raisins de la colère de Steinbeck, un chef d’oeuvre passionnant! Pour ma part, je note ce titre, notamment pour la plongée dans la communauté chinoise aux Etats-Unis.

    • Bianca dit :

      Je fais un gros blocage sur Steinbeck, depuis que l’on m’a forcé à lire La perle, deux années de suite, du coup depuis je le déteste cordialement !

      • choupynettederestin dit :

        ah quel dommage! Forcer la lecture, c’est la pire des choses! Je n’ai pas lu La perle, donc je ne peux pas dire si tu pourrais plus aimer Les raisins… J’avais aussi adoré Des souris et des hommes (très court, si jamais tu veux, dans un moment d’égarement re-tenter Steinbeck!! ^^) et les pâturages du ciel. Mas je comprends ton aversion. jai la même pour J. echenoz et Th. Mann et pour les mêmes raisons!

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