Un océan d’amour – Wilfrid Lupano & Grégory Panaccione

Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c’est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C’est le début d’un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes.

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Quelque part en Bretagne. Comme tous les matins que Dieu fait, monsieur se lève, mange sa galette à l’œuf et au lard préparée avec amour son épouse, boit son café, écoute la météo à la radio, regarde sa douce lui préparer son panier repas, invariablement le même : des sardines à l’huile, que le pêcheur pourtant déteste. Il prend sa douche, s’habille puis rejoint le port où l’attendent déjà sa petite embarcation de pêche et son second.

Mais ce jour-là alors que la pêche est maigre, le bateau de monsieur va se retrouver pêché par un de ces énormes bateau-usine. Lorsque le soir venu, madame ne voit pas monsieur revenir, elle ne doute pas qu’il est vivant et quelque part sur l’océan.

Elle décide alors de ne pas écouter les bigoudènes qui pleurent déjà la mort de monsieur et part à sa recherche, direction Cuba car une voyante lui a prédit que son petit mari est là-bas.

Voilà un roman graphique que j’ai vu fleurir sur bon nombre de blogs ces derniers mois, aussi lorsque je l’ai vu disponible à la médiathèque en juin, je n’ai pas hésité à le prendre mais il m’a fallu trois mois pour me décider à le lire !

L’objet ressemble à s’y méprendre à une boîte de sardines que ce soit la couverture ou la quatrième, tout y est : « Ce livre ne contient que des idées pêchées au grand large par Wilfrid Lupano, selon des techniques artisanales, respectueuses de l’environnement culturel, et mises en boîte à la sardinerie graphique Panaccione, Milan, Italie (Union européenne).

Ingrédients : océan (eau, sel, détritus), amour (eau de rose, baisers, mariage), sardines, mouettes, crêpes, homard, Bigoudènes endeuillées, sauce (aventure, suspense, second degré, drame sentimental, rebondissements absurdes, gags désopilants), Che Guevera (0,5%), arôme artificiel de Vierge Marie.

Garanti sans dauphins, sans texte ni onomatopées. »

Il n’est pas si courant de lire un roman graphique sans textes ni mots, un livre muet qui m’a beaucoup rappelé dans son graphisme et dans sa forme Les triplettes de Belleville, l’un des films cultes de mon empereur de fils qui aiment les films muets ou quasi muets, où il est aussi d’ailleurs question d’une traversée de l’Atlantique.

Un océan d’amour c’est d’abord, comme son titre l’indique, une formidable histoire d’amour entre le pêcheur et sa femme, pourtant très différents dans leurs physiques et caractères. Le pêcheur est petit et sec, sa femme grande et toute en rondeur. Une histoire d’amour tendre et drôle, pleine de rebondissements ébouriffants et amusants.

Histoire d’amour certes mais pas que. Wilfrid Lupano en profite pour aborder pas mal de thèmes comme l’écologie, la pêche industrielle qui tarit les espèces, les dégazages sauvages au large…

Un roman humaniste comme l’est aussi sa série Les vieux fourneaux Ceux qui restent et Bonnie and Pierrot et qui confirme mon intérêt pour ce scénariste de talent qui insuffle toujours une touche de poésie dans chacune de ses oeuvres.

Le propos est bien servi par les très beaux dessins de Grégory Panaccione qui a un grand sens de la couleur avec des planches tantôt sombres, tantôt sépias, tantôt très colorées suivant le degré d’intensité du scénario.

Un roman graphique muet très réussi, qui flirte avec le coup de cœur, j’ai adoré !!

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28 réflexions sur “Un océan d’amour – Wilfrid Lupano & Grégory Panaccione

  1. laroussebouquine dit :

    Je l’ai lu ce mois-ci et c’était un coup de coeur pour ma part. J’ai été un peu désarçonnée par l’absence de texte au début, mais au final, je trouve que les auteurs réussissent à créer une atmosphère superbe, pleine de poésie.
    J’espère trouver d’autres livres de Lupano en bibliothèque !

    (ma chronique, si le coeur t’en dit : http://laroussebouquine.wordpress.com/2015/09/11/revue-un-ocean-damour-lupano-et-panaccione )

  2. titine75 dit :

    Je l’ai moi aussi empruntée à la bibliothèque après avoir lu le billet de Miss Léo. J’ai tellement aimé les Vieux fourneaux que je ne pouvais pas résister !

  3. frenchbooklover dit :

    Très joli billet. Cela fait des mois que je vois fleurir comme toi sur la blogosphère des avis enthousiastes.
    Il faudrait que je me décide car je passe vraiment-j’en ai l’impression à côté de quelque chose.

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