Je meurs de ce qui vous fait vivre – Paul Couturiau

Pour gagner sa liberté, la jeune Caroline Rémy choisit le mariage. Cage dorée dont elle s’échappe après avoir donné le jour à un fils, dont elle ne s’occupera guère. A Bruxelles, elle rencontre Jules Vallès, en exil à cause de son engagement aux côtés des Communards. Il perçoit le talent de Caroline qui deviendra  » son  » secrétaire. Confrontée à l’opposition de ses parents, la jeune femme décide de  » mourir de ce qui vous fait vivre « , ainsi qu’elle l’écrit à Vallès. Par bonheur, la balle passe à côté d’un cœur qui bat trop vite, trop fort… A vingt-six ans, Caroline Remy peut, enfin, assouvir sa soif de liberté et son amour de justice. A vingt-huit ans, elle publie son premier article. Caroline devient Séverine…

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Paris, mars 1881. Caroline Rémy a 26 ans lorsqu’elle se tire une balle dans la poitrine au domicile de ses parents. Mal mariée à un homme qui se révèle frustre et qui la viole le soir de ses noces, dont elle est séparée, elle n’est pas libre pour autant.

Elle ne peut pas divorcer puisque ce droit a été supprimé plusieurs décennies auparavant et ne peut pas travailler sans l’accord de son père qui refuse qu’elle soit journaliste.

Heureusement, cette tentative de suicide ratée va lui permettre d’enfin accéder à son rêve, son père va céder et elle devient le secrétaire de Jules Vallès, l’insurgé, le communard, auteur de la trilogie L’enfant, Le bachelier et L’insurgé, qui va prendre Caroline sous son aile et faire son éducation politique et journalistique.

De 1881 à la mort de Vallès en 1885, elle sera à ses côtés et fondera avec lui le quotidien Le Cri du Peuple, un journal d’extrême-gauche qui accueille aussi bien les plumes socialistes, anarchistes que marxistes.

Paul Couturiau nous donne à lire ici les années de formation (1881-1888) de celle qui deviendra Séverine, une pionnière du journalisme libertaire et une infatigable féministe engagée dans la lutte pour le droit de vote des femmes .

Une célèbre figure aussi du Paris de cette fin du 19è siècle, peinte par Auguste Renoir et surtout une femme libre, affranchie des convenances. Séparée de son mari Antoine-Henri Montrobert, qu’elle a épousé contrainte et forcée dont elle a eu un fils, elle vit maritalement avec Adrien Guebhard, un professeur de médecine dont elle a également un fils qu’elle quittera lorsqu’elle tombera folle amoureuse de Georges de Labruyère, un journaliste qui collabore avec elle au Cri du peuple.

Une femme qui ne veut pas, malgré ses deux grossesses, être une mère et qui confiera ses fils à des nourrices, ce qui ne manque pas de choquer à son époque. Une femme qui m’ait apparue passionnante à travers ce roman historique passionnant qui m’a semblé trop court tant j’aurai aimé continuer à découvrir Séverine dans la suite de son parcours professionnel.

Car si l’auteur nous livre les éléments de sa vie privée qui nous permettent d’appréhender au mieux la personnalité de cette femme hors du commun, il ne tombe jamais dans la romance, ce que j’ai vraiment apprécié.

Vous connaissez mon goût pour cette époque mais vous ignorez peut-être mon intérêt pour l’histoire du journalisme, un thème qui me passionne et où les figures féminines sont bien rares, surtout au 19è car Séverine et Delphine de Girardin, épouse du grand patron de presse Émile de Girardin apparaissent comme des exceptions dans un monde résolument masculin. Aussi, lorsque j’ai vu ce roman dans les nouveautés Presses de la Cité, je n’ai pas résisté et pour une fois il n’a pas trainé dans ma PAL.

L’auteur nous brosse également un portrait de en creux de Jules Vallès, un auteur que je n’ai jamais lu et dont je ne connaissais absolument rien et qui apparaît très intéressant sous la plume de Paul Couturiau.

Un homme combattant pour les droits du peuple et des ouvriers mais aussi pour l’égalité homme/femme. Il va imposer Caroline/Séverine comme son bras droit, son secrétaire, et non sa secrétaire, au sein même des rédactions des différents journaux auxquels il collabore qui sont loin d’être féministes, eux.

Je meurs de ce qui vous fait vivre est un roman très réussi, véritablement passionnant et que je vous recommande chaudement si comme moi vous aimez toucher du doigt les pionnières quelqu’elles soient, les esprits libres et les frondeuses, ce roman ne manquera pas de vous intéresser.

Merci à Marie-Jeanne et aux Editions Presse de la Cité pour ce très beau portrait de femme, j’ai adoré ! Et un grand merci à Paul Couturiau pour ce roman et pour sa dédicace dont j’ai été très touchée.

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23 réflexions sur “Je meurs de ce qui vous fait vivre – Paul Couturiau

  1. Alison Mossharty dit :

    Je ne connaissais pas du tout cette l’histoire de cette femme mais ça m’intrigue forcément. Surtout si on ne tombe pas dans la romance et que l’auteur décrit bien son parcours. A noter donc ^^ Merci pour cette découverte 😉

  2. à la page des livres dit :

    Le titre m’a attirée… la couverture m’a confortée : elle est jolie… Le sujet est brûlant et dramatique… Oui, pourquoi pas ? Je prends vite en note ce beau livre que cette chronique met très en valeur ! Merci pour cette découverte !

  3. lorouge dit :

    Tu en parles si joliment que tu me tente terriblement, une femme qui cherche son indépendance, ça ne peut que me touche, tu es tout à fait convaincante ;0) Bises, bonne semaine Bianca

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