L’atelier des poisons – Sylvie Gibert

Paris, 1880. A l’académie Julian, le premier atelier à ouvrir ses portes aux femmes, la vie n’est pas facile. L’apprentissage du métier de peintre est ardu, long et coûteux. Seules les jeunes filles dotées d’un véritable talent et, surtout, d’une grande force de caractère, parviennent à en surmonter les obstacles.

Du talent, Zélie Murineau n’en manque pas. De la force de caractère non plus. N’a-t-elle pas déjà prouvé qu’elle était prête à tout pour parvenir à ses fins ? Pourtant, lorsque Alexandre d’Arbourg, le commissaire du quartier du Palais-Royal, lui demande de faire le portrait de sa filleule, sa belle assurance est ébranlée : comment ne pas croire que cette commande dissimule d’autres motifs ? Même si elle en connaît les risques, elle n’est pas en mesure de refuser le marché que lui propose le beau commissaire : elle sera donc  » ses yeux « .

Des auberges mal famées jusqu’aux salons de la grande bourgeoisie, elle va l’aider à discerner ce que les grands maîtres de la peinture sont les seuls à voir : les vérités qui se cachent derrière les apparences.heart_4auteur-editeur-pagesl-atelier-des-poisons-sylvie-gibert

Paris, hiver 1880, Zélie peine à joindre les deux bouts. Bien qu’ayant hérité de sa tante un appartement très confortable, sa vie est dure car Zélie est peintre et à cette fin, elle prend des cours à l’académie Julian, la seule qui accueille des femmes.

Et en attendant que les premières commandes arrivent, elle doit économiser sou à sou pour qu’elle puisse continuer d’acheter ses couleurs et que sa vieille bonne et elle mangent à leur faim.

Heureusement pour elle Alexandre d’Arbourg, commissaire du quartier du Palais-Royal, dont elle a fait la connaissance quelques jours auparavant, lui demande de faire le portrait de sa filleule Juliette.

La jeune femme veut dans un premier temps refuser, pensant que cette commande dissimule d’autres motifs moins avouables car Zélie pour payer ses chères études a du commettre un délit et elle se demande si la rencontre avec le commissaire était réellement fortuite mais finit par accepter sous la pression de monsieur Julian, le directeur de l’académie.

Le policier lui confie alors qu’outre le tableau, il souhaite que Zélie soit ses yeux dans la maison de sa cousine car il semblerait qu’on veuille attenter à la vie du maître de maison. Zélie y consent à condition que le commissaire enquête sur la disparition du bébé d’une nourrice dont elle fait le portrait afin de l’exposer au Salon.

La jeune femme bouleversée par la douleur de cette mère qui a du renvoyer son bébé auprès de sa famille et qui s’est volatilisé en chemin, veut à tout prix que l’enfant soit retrouvé. Arbourg animé d’un grand sens de la justice, décide d’enquêter sur son temps libre sur cette disparition.

Vous savez combien j’affectionne cette période de la fin du 19è siècle et les destins de femmes, j’ai donc accepté avec joie ce service presse car sur le papier il avait tout pour me plaire, et dès les premières pages j’ai su que ce serait le cas.

Sylvie Gibert que je découvre ici, signe un très beau roman historique, sur la place des femmes à cette époque. Bourgeoise, artiste ou nourrice, la vie d’une femme à cette époque n’est guère enviable, on en a la preuve ici une fois de plus.

Avec Zélie, on pénètre dans le quotidien d’une femme peintre : ses cours à l’académie Julian, les séances de pose avec ses modèles, l’ascension des peintres impressionnistes, son goût pour le naturalisme… mais là où réside l’originalité du roman, outre la personnalité de son héroïne, c’est le duo singulier d’enquêteurs que forment Zélie et Alexandre.

Avec Alexandre, on découvre le quotidien d’un commissaire de quartier et les relations déjà difficiles qu’entretiennent la police et la gendarmerie.

Zélie, par son sens de l’observation, va accompagner le commissaire dans ses ballades dans Paris et aux abords de la capitale, pour retrouver l’enfant disparu et ils vont découvrir un trafic de vin empoisonné.

Sylvie Gibert connaît manifestement très bien ce Paris de cette fin du 19è siècle, le monde de la peinture de cette époque et va nous faire croiser au gré des pérégrinations du duo, Auguste Renoir, Alphonse Allais ou Guy de Maupassant.

L’atelier des poisons est un roman que j’ai trouvé plaisant et passionnant, quant au style de Sylvie Gibert je l’ai trouvé bon et très agréable, je lirai avec plaisir cette romancière à nouveau c’est sûr !

Merci à Jade et aux éditions Plon pour cette belle lecture, j’ai adoré l’atmosphère de ce roman et son héroïne, Zélie.

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