A l’intérieur – Jodi Picoult

Lu dans le cadre du challenges 1 pavé par mois et Les 10 pavés que j’aimerai sortir de ma PAL cet été (2/10) :

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Jacob, 18 ans, est atteint du syndrome d’Asperger et se passionne pour les enquêtes criminelles. Quand Jess, la jeune fille qui lui donnait des cours de socialisation, est retrouvée morte, tous les indices convergent vers l’adolescent. Lorsqu’il est accusé de meurtre, sa famille se décompose. Sa mère, divorcée et dans une situation précaire, trouve à peine de quoi embaucher un avocat débutant. Théo, son frère cadet, fugue pour demander de l’aide à un père absent, accaparé par sa nouvelle famille. Jacob, quant à lui, impassible, regarde à la télé jour après jour sa série policière préférée, ignorant l’implacable machine qui s’est mise en branle autour de lui.
Plus le procès avance, plus Théo semble prendre les événements à cœur. Alors que tout le monde est convaincu que Jacob a tué Jess, seul Théo continue à clamer l’innocence de son frère. Mais pourquoi est-il aussi désespéré ? Et pourquoi Jacob ne lui dit-il rien de ce qu’il semble savoir ? Comment l’amener à parler, lui qui s’enferme si facilement dans son monde ? Face à un système judiciaire inadapté à leur cas, Jacob et son frère risquent le pire.heart_4auteur-editeur-pagesa-l-interieur-jodi-picoult

Jacob Hunt est un lycéen qui a tout juste 18 ans. Il vit avec son frère de trois ans son cadet Théo et sa mère Emma. Son père a pris la fuite peu après la naissance de Théo lorsque lui et sa femme ont appris que Jacob n’était pas un enfant comme les autres. Il a deux ans lorsque suite à une vaccination, son comportement change du tout au tout et le verdict tombe : autisme.

Depuis lors, il vit en Californie et a fondé une nouvelle famille, laissant Emma gérer absolument tout, toute seule. Toute la journée, sa vie est rythmée selon les besoins de Jacob et la nuit, elle devient tante Em et rédige la rubrique courrier du cœur du quotidien local.

Jacob est asperger, il a de grandes capacités intellectuelles et se passionne pour la criminalistique, au point d’en savoir davantage que les policiers chargés de résoudre les enquêtes criminelles mais il est totalement incapable d’avoir une vie sociale ou de ressentir de l’empathie et s’intéresser aux autres.

Depuis quelques mois, il fait cependant des progrès dans ce domaine grâce à Jess, une étudiante doctorante qui veut se spécialiser dans les enfants différents et notamment les autistes, que sa mère a engagé pour lui donner des leçons de socialisation.

Pour la première fois de sa vie, Jacob ressent des sentiments, il aimerait bien que Jess soit sa petite amie mais ne sait pas comment lui dire. Lors d’une sortie à la pizzéria, Jess emmène son petit-ami mais celui se met à se moquer de Jacob et Jess et lui se disputent. Après son départ, Jess s’en prend à Jacob et disparaît. Deux jours plus tard, Jess est introuvable alors qu’elle avait rendez-vous avec Jacob et une semaine après, la police retrouve son corps enveloppé dans la couette de Jacob qui est aussitôt arrêté.

L’autisme est un sujet qui me touche beaucoup, c’est la raison pour laquelle j’ai acheté il y a quelques mois de cela cette belle brique qu’est A l’intérieur de la romancière américaine à succès Jodi Picoult que je découvre ici.

Et on peut dire que je ne suis rudement pas déçue par ce roman, très agréablement surprise au contraire car l’autisme est vraiment au cœur de ce roman. Il ne fait aucun doute que l’auteure a potassé son sujet et qu’elle maîtrise le syndrome Asperger sur le bout des doigts.

Le personnage de Jacob est criant de vérité : incapable de se lier aux autres, il ne sait pas communiquer normalement, prend tout au pemier degré, ne supporte pas qu’on lui change sa routine, atteint de stérotypies (reproduction involontaire et continue des mêmes mots ou gestes ou tics), il a besoin d’une vie rythmée par des rituels, des temps bien codifiés et au moindre grain de sable dans ce quotidien bien huilé, Jacob part en vrille, en proie à des crises violentes, difficilement maîtrisables.

Jodi Picoult donne tour à tour la parole à l’ensemble des protagonistes de ce roman choral : Jacob bien sûr, Emma sa mère, Théo son frère, Oliver son avocat, Rich le policier qui a procédé à son arrestation.

Elle montre bien la difficulté d’être d’un autiste mais aussi d’être un proche de quelqu’un atteint d’autisme : Théo qui passe toujours après son frère et qui doit se plier aux rituels des repas notamment (chaque jour de la semaine a sa couleur), qui l’aime et le déteste aussi parfois, Emma, la mère dévouée qui consacre sa vie à ses enfants, surtout à Jacob qui prend tout l’espace même si ce n’est pas volontaire, Oliver qui veut aider vraiment Jacob à affronter le procès et à lui éviter la prison mais se heurte à son comportement parfois déroutant, choquant.

L’intrigue policière nous pousse aussi à réfléchir : et si Jacob est coupable, est-il responsable ? Peut-on, doit-on traiter les malades mentaux comme tous les autres accusés ?

A l’intérieur est un roman passionnant qui se lit très bien grâce à la plume fluide de l’auteure, aux chapitres courts, avec des personnages touchants et cette alternance de points de vue selon les personnages qui rendent le récit crédible. J’ai dévoré ce roman en trois jours et c’est le quasi coup de cœur, je vous le recommande absolument !

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12 réflexions sur “A l’intérieur – Jodi Picoult

  1. Tesrathilde dit :

    Je grince un peu des dents face à  » Il a deux ans lorsque suite à une vaccination, son comportement change du tout au tout et le verdict tombe : autisme. » – Bien que cela ait fait polémique à une époque (polémique qui a d’ailleurs fait beaucoup de mal notamment aux Etats-Unis où des maladies infectieuses se sont réactivées et répandues) il semblerait que personne pour le moment n’ait de piste franchement sérieuse qui pourrait expliquer d’où vient l’autisme (et donc le limiter), et je trouve cela dommage de relancer le débat.
    Cela dit ton avis me donne bien envie de lire ce livre, qui me fait un peu penser, à cause du combo Asperger + enquête, au Bizarre incident du chien pendant la nuit, que j’avais beaucoup aimé.
    Je m’amuse par contre toujours autant des histories de couleurs, car le seul Asperger que je connais bien ne semble pas du tout avoir ce problème ! Je lui demanderai à l’occasion si c’est répandu parmi les autres Aspies qu’il connaît ou si ça semble plus être un trait que les auteurs aiment bien utiliser.

    • Bianca dit :

      Je ne pense pas non plus qu’un vaccin puisse transmettre l’autisme mais c’est ce que pense la mère du héros. Après il y a plusieurs formes d’autismes et tous les aspies ne sont pas des copies conformes les uns par rapport aux autres et heureusement

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