Emmett Till Derniers jours d’une courte vie – Arnaud Floc’h

Mississippi, 21 août 1955. Quand Emmett Till, jeune adolescent noir de quatorze ans venu de Chicago passer ses vacances chez Moïse, son grand-oncle, descend du train en gare de Money, il ne sait pas encore qu’il va vivre les sept derniers jours de sa courte vie… Un épisode terrifiant de l’histoire américaine. Pour ne jamais oublier.heart_4auteur-editeur-pagesemmett-till-derniers-jours-d-une-courte-vie-arnaud-floch

21 août 1955, Emmett Till a 14 ans et vient de Boston. Il ne connaît pas le sud lorsqu’il débarque en cette chaude journée d’été à Money, Mississipi, où la ségrégation fait rage et les meurtres et lynchages de noirs restent impunis par la justice des blancs.

Son oncle Moïse Wright l’accueille à la gare, le jeune adolescent est venu l’aider ainsi que ses cousins à ramasser le coton, un travail dur pour lequel le citadin n’est pas préparé.

Il tient malgré tout quelques jours et en ce  28 août 1955, il souhaite s’acheter quelques bonbons et se rend à l’épicerie. Carolyn Bryant qui la dirige est une ségrégationniste notoire et après son départ, elle dit à son mari Roy Bryant et son demi-frère Milam, qu’Emmett Till l’a ouvertement outragé.

Les deux hommes arrivent chez Moïse et embarquent Emmett qui va être torturé et assassiné.

Dans cet album parrainé par Amnesty International, Arnaud Floc’h revient sur ce crime horrible et nous relate la dernière semaine de la trop courte vie d’Emmett Till, un garçon jovial qui avait de belles années devant lui.

Cet acte odieux est la pierre angulaire de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis, il va révolter ceux qui luttent pour l’égalité entre noirs et blancs mais pas que, puisque les deux hommes vont être acquittés de cet assassinat grâce à un jury composé uniquement d’hommes blancs, ce qui va également révolter certains habitants blancs du comté, d’autant plus qu’on ne sait toujours pas ce qui s’est réellement passé dans l’épicerie de Mme Bryant où il s’est rendu (seul ? En groupe ?) pour acheter des bonbons ? Emmet a t-il sifflé Carolyn Bryant ? A t-il tenté de lui prendre la main ? Autant de questions qui demeurent sans réponse aujourd’hui encore.

L’histoire nous est racontée par un musicien de blues qui a connu Emmett Till pendant cette semaine au cours de laquelle le garçon a perdu la vie. Ce fait divers tragique est devenu emblématique même si il est en France assez méconnu, pour tout vous dire avant d’emprunter cette bande dessinée, je ne connaissais pas le nom de ce garçon et encore moins son histoire tragique.

Arnaud Floc’h met à la portée de tous et notamment des adolescents ce qu’était la ségrégation raciale aux Etats-Unis il y a soixante ans seulement et leur fera prendre conscience combien les noirs vivant dans le sud des États-Unis étaient considérés comme des citoyens de seconde zone, qui vivaient la peur au ventre, la peur d’être lynché et pendu pour le bon plaisir de blancs ivres de haine.

Si le sujet vous intéresse et que vous souhaitez en savoir plus sur la courte vie d’Emmett Till, je vous recommande ce roman graphique qui comporte un cahier explicatif très intéressant également.

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13 réflexions sur “Emmett Till Derniers jours d’une courte vie – Arnaud Floc’h

  1. Ma toute petite culture dit :

    C’est terrifiant de se dire que cette barbarie s’est déroulée il y a quelques dizaines d’années, et qu’en plus les meurtriers s’en sont vantés dans les médias sans être inquiétés par la suite… J’ai beaucoup aimé cette BD pour son propos et les émotions qu’elle m’a fait ressentir, par contre j’ai moins adhéré au trait de crayon.

  2. alltimereadings dit :

    Je me passionne pour tous ce qui concerne l’Amérique des années 50-60 et principalement la lutte pour les droits civiques. Comme tu le dis, la tragédie qu’a vécu Emmett Till est encore trop peu connu en France… Je ne connaissais pas ce livre mais grâce à ta jolie chronique il file directement dans ma wish-list !

    • Bianca dit :

      Je suis ravie de te l’avoir fait découvrir ! Perso je ne connaissais pas cette affaire avant mais elle fait vraiment froid dans le dos, pauvre gamin…

  3. belette2911 dit :

    Oh, purée, une histoire vraie dont on connait à l’avance l’issue tragique… dur !

    Maintenant, que le garçon ait été malpoli, insolent, ai sifflé une fille, ça ne méritait pas la torture ni la mort. Une claque, une fessée, une remontrance, mais rien de plus. :/

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