Chanson douce – Leïla Slimani #RL2016 #MRL16

Lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire

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Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.heart_4chanson-douce-leila-slimani

Paul et Myriam Massé sont des bobos parisiens d’une trentaine d’années. Parents de deux enfants, Mila et Adam, ils s’enlisent dans un train-train quotidien, proche de l’implosion. Paul travaille dans un studio de musique et Myriam, avocate, n’a jamais exercé, se consacrant entièrement à sa vie de famille.

Mais, un jour, elle croise Pascal, en revenant du parc. Son ancien camarade de fac lui propose alors de rejoindre le cabinet qu’il a créé avec des associés et qui est en plein essor.

Pour elle, qui est proche du burn-out maternel, c’est l’aubaine et bien que Paul soit réticent à la voir travailler, il accepte d’engager une nounou. Et après une demi-journée d’entretiens et une poignée de femmes aux profils différents, leur choix se porte sur Louise, qui a près de vingt ans d’expérience professionnelle.

Et dès son embauche, Louise se révèle être au-delà de leurs espérances les pus folles : une vraie perle à l’ancienne qui leur mitonne de bons petits plats, s’occupe de leur intérieur et de leurs enfants comme personne.

Inéluctablement, ses qualités lui octroient une place centrale dans la famille au sein de laquelle elle devient vite indispensable à l’équilibre de la famille, au point que les Massé l’emmènent avec eux en vacances sur une île grecque…

Chanson douce, qui figure parmi les finalistes au prestigieux prix Goncourt, est sans doute le livre de la rentrée littéraire 2016 qui fait le plus parler de lui de par son sujet. C’est justement ce sujet dramatique aux allures de fait-divers qui m’a interpellé et je n’ai pas hésité une seconde avant de le sélectionner lors des Matchs de la rentrée PriceMinister que je remercie puisque grâce à eux, j’ai enfin pu lire ce titre.

Voilà une chanson douce qui n’a rien d’une berceuse. J’ai été cueillie dès la première phrase de ce récit implacable et glaçant « Le bébé est mort. » Comme Louise, l’héroïne de ce drame, je suis une nounou, et comme elle, je m’occupe d’un garçon et d’une fille, qui sont encore des bébés, vous comprendrez donc pourquoi ce sujet m’intéressait autant.

Leïla Slimani nous propose dans ce roman l’autopsie du drame dont on connaît le dénouement dès les premières lignes : l’assassinat de deux jeunes enfants par leur nounou. L’auteure remonte le fil des événements qui ont abouti à ce drame, nous dresse le portrait de cette femme seule et endettée, et dont le travail occupe une place centrale dans sa vie, au point de ne pas savoir quoi faire de ses jours de repos.

C’est ainsi qu’elle arrive à s’immiscer de plus en plus dans la vie de cette famille jusqu’à se rendre totalement indispensable, les parents se concentrant sur leurs carrières respectives et rentrant de plus en plus tard, ne culpabilisant jamais pour les soirées de plus en plus nombreuses où leur nounou reste jusque très tard alors qu’elle habite en lointaine banlieue. Que ferait-elle de mieux d’ailleurs puisqu’elle n’a qu’eux ?

Leïla Slimani nous distille au compte-gouttes les éléments explicatifs et l’on comprend au fil des pages comment cette femme en arrive à commettre l’irréparable, on ne l’excuse pas – c’est inexcusable – mais la détresse émotionnelle et affective dans laquelle elle est, fait peine à voir.

Au-delà du fait-divers, Chanson douce est un roman sociologique qui en dit long sur notre époque, notre société, notre mode de vie, la pression exercée sur les mères déchirées entre le besoin d’une vie extérieure et la nécessité de s’occuper de leurs enfants adorés qu’elles doivent confier à d’autres femmes dont on ne sait rien et qui, pour beaucoup, sont des femmes issues de l’immigration.

Je ne peux que vous recommande ce roman coup de poing, dur par son sujet, mais brillant et qui se révèle être un véritable « page turner » hyper bien fichu, qui glace le sang, grâce au talent certain de Leïla Slimani.

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21 réflexions sur “Chanson douce – Leïla Slimani #RL2016 #MRL16

  1. Ingrid Fasquelle dit :

    Le sujet avait quelque chose d’irrésistiblement glaçant, je n’ai pas pu m’empêcher de m’y plonger et j’ai été complètement sonnée ! Certainement pour moi une des lectures les plus marquantes de cette année !

  2. bibliblogueuse dit :

    Tout à fait d’accord avec ta critique ! Tu as dû effectivement être particulièrement touchée par cette histoire si tu exerces la même profession que Louise. J’ai trouvé que c’était plus un roman psychologique que sociologique, même si les deux aspects coexistent.

  3. laroussebouquine dit :

    Ma chronique devrait sortir demain, enfin j’espère !
    J’ai aussi autant aimé l’histoire et la façon dont elle est amenée (avec finesse), que les problématiques traitées par l’auteur. Un page-turner dont j’aurai beaucoup à dire !

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