Mathilde – Philippe Lemaire

C’est une rêveuse, Mathilde. Ses grands yeux bleus la trahissent. Sur son vélo ou parmi ses livres, l’adolescente, pleine d’impatience, fuit la solitude de la maison familiale ancrée dans un Haut-Jura secret et rugueux. Et la monotonie de l’atelier de couture où elle travaille.

Emma, Suzy, Claire, Jean et Pierre forment une bande d’amis à l’image de la jeunesse insouciante et laborieuse d’avant-guerre. Dans leur sillage, Mathilde s’ouvre à la magie des salles obscures, aux discussions engagées dans les cafés. Surtout, elle capte tout de leurs jeux amoureux qui la troublent tant…

L’imminence de la guerre puis l’Occupation, un talent révélé pour la photo et les valses-hésitations de son cœur feront grandir Mathilde. De spectatrice de la vie des autres, deviendra-t-elle, enfin, l’actrice de sa propre existence ?heart_3mathilde-philippe-lemaire

Les Bouchoux, 1935, Mathilde a des yeux couleur de banquise et tout juste 15 ans. Brillante élève, elle vient de décrocher son certificat d’études et passionnée de lecture, elle rêve d’intégrer l’école normale et devenir institutrice.

Justin Guerraz, son institutrice pense qu’elle est faite pour les études et tentera de convaincre Joseph Cournerot, tavaillonneur de ce petit village du Jura, de la laisser poursuivre sa scolarité, en vain.

Mathilde a donc été engagée dans l’atelier de couture d’Agostina Guardi à Saint Claude et au fil des semaines, l’adolescente se fait une bande d’amis, tous plus âgés qu’elle.

Emma, originaire du nord, a fui sa richissime famille, Suzy, fille d’un vendeur de charbon et Claire sont ses collègues, Jean et Pierre, deux ouvriers d’horloger, leur font du gringue et tous mènent une vie insouciante entre leur travail, les salles obscures et les bals.

Les années s’écoulent pour Mathilde qui voit ses parents se séparer, ses amis s’épanouir dans leurs amours et elle qui reste inexorablement seule. Plutôt spectatrice qu’actrice de sa vie, c’est la guerre et la découverte de la photographie qui vont changer le cours tout tracé de son existence…

Les romans qui ont pour cadre la seconde guerre mondiale sont nombreux de ma PAL, preuve que cette période reste très appréciée des écrivains. Mathilde démarre en plein front populaire et fait la part belle aux années d’avant la guerre et s’achève au cœur de la Libération.

Dans ce roman d’apprentissage, Philippe Lemaire nous conte les années de formation de Mathilde, une jeune fille perdue dans le Haut-Jura, une jeune fille intelligente mais que son père prive d’études et qui va réussir à s’émanciper grâce à sa bande d’amis et à la découverte de la photographie.

Le leica offert par Emma va en effet lui permettre d’échapper à sa vie étriquée de couturière mais ça, l’auteur ne nous le dévoile que dans les cent dernières pages, ce qui est dommage car c’est ce qui m’intéressait le plus.

J’ai néanmoins dévoré ce roman qui se lit fort bien même si Mathilde m’a parfois parue un peu terne, j’ai aimé son évolution, le fait qu’elle prenne de plus en plus sa liberté et s’affranchisse des carcans qui enfermaient les jeunes filles de cette époque, notamment les rapports avec les garçons qui se devaient d’être irréprochables.

L’auteur aborde aussi le cinéma de cette époque, j’ai beaucoup aimé les passages liés aux séances de cinéma, puis la guerre venant, le sujet de l’occupation avec l’officier allemand que la famille Cournerot est obligée d’héberger, un mélomane amoureux de Mendelssohn dont Mathilde s’éprend sans toutefois succomber. Et aussi la résistance, les camps… de façon certes assez brève et superficielle mais tous ces éléments permettent à la trame historique du récit de se tenir.

Une belle découverte dans l’ensemble même si je regrette que la place dévolue à la photographie soit finalement assez mince alors que je l’aurai voulue plus développée mais un personnage féminin attachant que j’ai eu plaisir à découvrir et à suivre.

Un grand merci à Laëtitia et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture et pour leur confiance.

Advertisements

5 réflexions sur “Mathilde – Philippe Lemaire

  1. anaverbaniablog dit :

    Justement, je viens de lire les Hauts de Hurlevent, et j’ai beaucoup aimé. Sinon pour répondre à ta question, quels livres je n’ai pas et j’aimerais avoir… difficile à dire car la liste est fort fort longue… et que finalement j’ai déjà une bonne PàL qui devrait m’occuper plusieurs mois.^^

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s