La femme qui tuait les hommes – Eve de Castro

« Jeanne pense souvent au point de bascule. L’instant où la vie change de cours. Où l’homme qui n’était qu’un voisin, un parent, un amant, un fonctionnaire, un commerçant, devient un criminel ou une victime. Quand elle compulse ses dossiers, quand elle punaise une coupure de presse sur son mur, c’est ce mystère qui la hante. L’instant où le passé, le présent et l’avenir cristallisent sans remède. »

Saint-Pétersbourg, 1909. Léna vit ses dernières heures et crache sa haine au visage de Vladimir Illich Oulianov.

Paris, 2017. Jeanne, couturière retraitée de l’Opéra de Paris, fait la connaissance de Lucie, sur un quai de métro. La jeune fille confie à la vieille dame un trousseau de clés, celui du 21 rue Godot-de-Mauroy, où vit Paul Brideau.

Le célèbre romancier coureur de jupons a brisé le cœur de Lucie qui l’aime follement. Jeanne a décidé de s’immiscer dans le quotidien de l’écrivain en manque d’inspiration, et va lui souffler l’histoire de Léna, la femme qui tuait les hommes…

Lorsque j’ai vu La femme qui tuait les hommes dans le catalogue des nouveautés de Robert Laffont, je n’ai pas hésité une seconde avant d’accepter le roman de Eve de Castro. Il faut dire que l’un de ses précédents romans, Le roi des ombres, avait été un énorme coup de cœur.

L’histoire à deux voix et sur deux époques avait tout pour me plaire et dans l’ensemble cette lecture fut très prenante même si je ne suis pas totalement séduite par ce roman, il a des atouts.

Eve de Castro nous emmène sur les pas de Léna, une femme russe du peuple, amoureuse du futur Lénine, que l’on va suivre des années 1880 jusqu’à sa condamnation à mort en 1909, pour l’assassinat de près de 300 hommes.

J’ai beaucoup aimé cette intrigue du passé, totalement fictive. L’auteure a un talent certain pour nous immerger au cœur de la Russie tsariste, au point que l’on pourrait croire que l’on est en train de lire un roman russe !

Même si je comprends les raisons qui ont poussé Léna à tuer ces hommes qui valaient pire que pendre, ce n’est pas forcément cet aspect qui m’a réellement intéressé mais la personnalité même de cette tueuse, folle amoureuse de Vladimir Illich Oulianov, et qui montre à merveille le mécanisme de pensée du futur Lénine, avide de pouvoir, qui n’avait que mépris pour le bas peuple et pour les femmes.

L’intrigue du présent menée par Jeanne ne manque pas d’intérêt non plus, cette femme silencieuse et invisible, va parvenir à se rendre indispensable au volage et superficiel écrivain, avide d’honneur, qui méprise lui aussi les femmes et le bas peuple.

Le parallèle entre les deux histoires est intéressant tout comme la fin du roman qui m’a cueillie même si je me doutais que Eve de Castro nous réservait un dénouement proche de l’intrigue du passé.

Ce que j’ai trouvé en revanche sans intérêt, c’est les allers et retours dans le passé de Jeanne où l’on côtoie une comtesse savoyarde, un cirque ambulant et un poseur de rails. De longs passages que j’ai fini par passer, tant ils me semblaient superflus, même si là aussi il y a comme un effet miroir entre la jeunesse de Jeanne et celle de Léna, je pense que l’auteure aurait pu nous démontrer ces parallèles de façon plus fugace.

Ceci mis à part, j’ai lu avec beaucoup d’empressement et d’avidité La femme qui tuait les hommes et je remercie Filipa et les éditions Robert Laffont pour cette lecture prenante !

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4 réflexions sur “La femme qui tuait les hommes – Eve de Castro

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