Fleur de bambou tome 1 Les larmes du grand esprit – Richard Marazano & Cat Zaza

Tout allait dans la forêt jusqu’à ce que les bambous se mettent à fleurir, ce qui, comme chacun sait, annonce la mort imminente de ces arbres. Devant ce phénomène, les animaux parlementent et s’organisent : il faut réagir ! Une seule solution s’impose : partir en quête du grand esprit fondateur de la forêt, et lui demander de nouvelles graines de bambou. Panda Roux l’intrépide et la Fouine, nettement moins courageux, se mettent en route.

Tout allait bien dans le meilleur des mondes dans la forêt de bambous jusqu’à ce que les bambous se mettent à fleurir. Cette fleuraison annonce la mort imminente des arbres.

Devant cette tragédie annoncée, il faut réagir. Une seule solution apparaît alors : partir en quête du grand esprit fondateur de la forêt et obtenir auprès de lui, de nouvelles graines de bambou.

Le courageux Panda roux s’associe avec le moins valeureux Fouine et une petite humaine pour cette périlleuse mission qui va leur faire traverser la forêt primordiale…

Septembre est décidément sous le signe de la nature et de l’écologie, en tout cas dans mes lectures jeunesse. Après les Koboltz, place à la nouvelle série écrite par Richard Marazano, Fleur de bambou.

Dans ce premier tome Les larmes du grand esprit, nous faisons la connaissance avec un trio courageux, chargé de rejoindre l’antre du grand esprit, en quête de graines de bambous.

Dans cet univers japonisant et enchanteur créé par Cat Zaza, nous suivons les aventures de héros pas comme les autres puisqu’il s’agit de Panda Roux, Fouine et d’une jeune enfant, vivant jusque là seule dans la carlingue abandonnée d’un avion.

L’histoire est mignonne et plaira sans aucun doute aux jeunes lecteurs entre 8 et 12 ans, mes enfants lorgnent déjà dessus avec une certaine envie au moment où j’écris ce billet.

L’adulte que je suis l’a trouvé un peu simple et simpliste mais après tout je ne suis pas la cible visée alors ce n’est pas grave, les enfants apprécieront cet album faisant la part belle aux animaux.

Fleur de bambou est une fable écologique et animalière, qui prône l’entraide, la générosité, la solidarité, des thèmes qui me sont chers, qu’il est important d’inculquer aux plus jeunes et que j’ai été ravie de retrouver ici. Des valeurs malheureusement un peu trop oubliées dans notre époque hélas où il set de bon ton de ne penser qu’à soi.

Un scénario signé Richard Marazano bien servi par les dessins superbes de Cat Zaza, très plaisants à regarder pour les enfants comme pour les adultes.

Une bande dessinée sympathique qui offre une jolie leçon d’écologie, je dis oui et je la mets illico entre les mains de mes garçons. Quant à moi, je retrouverai avec plaisir cet univers dès la parution du second tome.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette jolie lecture !

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Les quatre de Baker street tome 7 : L’affaire Moran – Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand & Daniel Etien

1894. Après trois ans de guerre secrète contre les anciens associés de Moriarty, il est temps pour Sherlock Holmes de sortir de l’ombre et de retrouver Baker Street… Mais avant cela, il lui faut mettre échec et mat le dernier et le plus dangereux des lieutenants du défunt professeur : le Colonel Moran, tireur d’élite et tueur aux nerfs d’acier. La chasse est lancée mais qui est le chasseur et qui est le gibier ? Pendant que Holmes avance ses pions, Moran lâche ses chiens : une meute d’assassins, menée par le sinistre Deadeye… et c’est sur les francs-tireurs de Baker Street que le piège mortel va se refermer !

1894, un an après avoir damé le pion au superintendant Blackstone, Sherlock Holmes se fait toujours passer pour mort. Dans sa ligne de mire, le bras droit de l’homme du Yard, le colonel Moran qu’il rêve de prendre dans ses filets.

Pendant ce temps-là, Billy Fletcher, Charlie, Tom et le chat Watson le chat, rongent leur frein. Fidèles assistants et compagnons de clandestinité du grand détective, ils vont pourtant se retrouver en première ligne de cette fin de partie meurtrière lorsque leurs pas les mènent jusqu’à Bloody Percy junior qui va les filer et découvrir ainsi où se cache Holmes et le révéler à Moran…

On se retrouve aujourd’hui pour la suite de la série Les Quatre de Baker Street et volume après volume, cette série me passionne toujours autant. Après L’affaire du rideau bleu, le Dossier Raboukine, Le rossignol de Stepney, Les orphelins de Londres, La succession Moriarty et L’homme du Yard, place au dernier volume en date : L’affaire Moran.

Ce septième opus est aussi réussi que les précédents, tome après tome, mes billets se ressemblent décidément tant j’aime cette série et ses jeunes protagonistes hyper attachants que sont Billy l’intello, Charlie la garçon manqué qui accepte peu à peu sa féminité et Tom l’irlandais ombrageux que j’ai eu grand plaisir à retrouver une fois de plus, sans oublier le chat Watson of course.

Le trio est particulièrement à l’honneur dans ce nouvel opus qui marque la fin d’un cycle car on se demande comment les auteurs vont donner naissance à un 8e volume puisque celui-ci se conclut par la naissance des fameux francs-tireurs de Baker Street, la police auxiliaire de Holmes.

L’intrigue est la suite directe du sixième volume et toujours aussi bien construite, le scénario dument ficelé et la qualité des dessins toujours au rendez-vous, j’aime le trait élégant et la maitrise des couleurs de David Etien, une belle réussite une fois de plus, je me répète mais je n’ai pas grand chose à en dire de plus, sinon qu’il faut lire cette série si vous ne la connaissez pas.

Les plus jeunes apprécieront beaucoup les scènes d’action, notamment les scènes de course poursuite et de bagarres, nos jeunes héros ont l’adrénaline qui montent en flèche à plusieurs reprises et Charlie se pose bien des questions sur son avenir au sein de la bande.

Une série très réussie que je ne peux que vous recommander et qui j’espère continuera car j’aimerai beaucoup retrouver nos apprentis détectives si attachants !

 

La guerre de Catherine – Julia Billet & Claire Fauvel

1941. Rachel étudie à l’internat de la maison de Sèvres, où ses parents l’ont placée par sécurité. Elle y noue de belles amitiés mais y découvre surtout sa passion, la photographie. Bientôt, les lois contre les Juifs s’intensifient, il n’y a plus de sécurité nulle part en zone occupée. Un réseau de résistants organise la fuite des enfants juifs. Du jour au lendemain, ils quittent tout et doivent oublier, le temps de la guerre, tout de leur vie d’avant, à commencer par leurs prénoms. Rachel devient Catherine.

Seconde guerre mondiale. En cette année 1941, les lois françaises contre les juives promulguées par le régime de Vichy se durcissent encore (ouverture du camp de Drancy et port de l’étoile jaune). Rachel n’a plus de nouvelles de ses parents depuis qu’ils l’ont confié aux bons soins de la maison de Sèvres pour qu’elle y soit en sécurité.

La scolarité est assez libre dans l’établissement qui accueille des pensionnaires, pour la plupart des juifs cachés aux autorités. Responsable de l’atelier photo, Rachel se voit confier un Rolleiflex par Pingouin, le mari de Goëland, la directrice. Elle et lui seront désormais inséparables et Rachel va passer son temps à immortaliser son quotidien et celui de ses camarades.

Mais ce bonheur simple va bientôt prendre fin pour Rachel, obligée d’abandonner son identité juive pour endosser celle d’une française bon teint en devenant Catherine Colin et de quitter la maison des enfants et ses amis Sarah et Jeannot pour rejoindre la France libre…

Avant d’être un roman graphique, La guerre de Catherine est un roman jeunesse de Julia Billet édité à L’école des Loisirs dont j’ignorais l’existence, je ne sais donc pas si cette adapation est en tous points fidèles à l’œuvre originelle mais ce que je peux vous dire en revanche c’est de la lire ou la faire lire à vos enfants absolument !

L’histoire de Catherine est inspirée de celle de la mère de Julia, Tamo Cohen dite France, recueillie elle aussi à la maison de Sèvres. Les personnages de Pingouin et Goëland ont réellement existé et l’auteure leur rend ici un bel hommage, ils ont d’ailleurs été déclarés justes après la guerre.

Le dessin enfantin de Claire Fauvel associé au scénario de Julia Billet font mouche et retracent à merveille le parcours de ses enfants juifs cachés par la résistance dans des écoles ou des couvents.

J’ai adoré cette bande dessinée pleine d’émotions, on s’attache fatalement à Rachel, aux enfants et aux adultes qui croisent sa route. Ses hommes et ses femmes qui risquaient leurs vies pour sauver des enfants d’une mort certaine en déportation sont formidablement mis en lumière ici.

L’histoire est bouleversante et passionnante à suivre, d’autant qu’elle est en partie véridique et qu’elle nous montre le sort des enfants et les réseaux qui les aidaient à fuir.

Les rebondissements sont nombreux et on suit tout le parcours de Rachel à travers la zone libre d’un point de chute à l’autre, certains passages sont bouleversants et franchement on a la boule au ventre en pensant à tous ces enfants et à ceux qui malheureusement n’ont pas été sauvés.

Un récit très touchant, la guerre à travers l’œil et l’appareil photo d’une adolescente, à mettre entre toutes les mains, dès 12 ans.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette belle lecture !

Une aventure des Spectaculaires tome 1 Le cabaret des ombres – Régis Hautière & Arnaud Poitevin

Professions : homme fort, télépathe, lanceur de couteaux et homme canon. Signe particulier : des talents ébouriffants pour le trucage et l’illusion. Mission : Sauver le monde ! Ou presque… Seul problème, la joyeuse bande des spectaculaires n’a aucun pouvoir extraordinaire, mais un risque clair de fermer leur cirque pour dettes. Alors quand le doux dingue professeur Pipolet leur propose de l’aider à sauver la planète, plus de doute, il est temps pour eux d’être inventifs. Et attention, ça va être explosif.

Paris, 1909. Les Spectaculaires sont une troupe de quatre artistes de cabaret un peu ratés qui vivotent dans leur cabaret des ombres. Les spectateurs se font rares et les recettes se réduisent à peau de chagrin. 

Évariste est l’homme volant de la troupe et assurément le clou du spectacle, son cousin Eustache est l’homme fort, Félix un féroce lycanthrope et Pétronille les mène à la baguette. Derrière chaque tour, un trucage et point de pouvoirs magiques : Évariste vole grâce à un fil, Eustache est un colosse en carton-pâte soulevant des enclumes poids plume et Félix porte un costume qui le fait ressembler à un loup-garou.

Leurs finances et leurs perspectives d’avenir sont bien peu reluisantes et la banque les menace de leur prendre leur seul bien, leur cabaret bien-aimé. C’est alors qu’ils sont approchés par l’un de leurs spectateurs d’un soir, le professeur Pipolet.

Cet inventeur loufoque, bluffé par leurs pouvoirs, leur propose de les engager afin de récupérer l’une des inventions qu’on lui a volé, une arme de destruction massive particulièrement dangereuse qui pourrait anéantir le monde !

Cette bande dessinée me faisait de l’oeil ainsi qu’à mon Sami-Chameau depuis sa parution, je n’ai donc pas hésité à l’acquérir lorsque je l’ai trouvé d’occasion dans un état impeccable et je dois dire que je ne regrette pas mon achat car cette première Aventure des spectaculaires Le cabaret des ombres s’est révélée très sympathique.

J’affectionne particulièrement comme vous le savez cette période de la Belle Époque et j’aime la retrouver dans mes lectures. Le récit se déroule ici à Paris en 1909 et le scénario de Régis Hautière nous plonge au coeur de ce Paris où le cinématographe fait de plus en plus d’adeptes au détriment des cirques et cabarets qui font grise mine.

Mais le scénariste ne se contente pas de rendre fidèlement cette époque, il fait aussi la part belle au steampunk, un genre que l’on ne retrouve pas fréquemment dans les lectures proposées aux 9 / 12 ans.

L’intrigue n’est pas des plus nouvelles mais le vernis steampunk lui donne un peu d’originalité et surtout elle est menée tambour battant par Régis Hautière qui ne laisse pas de temps mort à ses héros et à ses jeunes lecteurs, bien aidé par les dessins d’Arnaud Poitevin que je trouve très réussis.

Les quatre Spectaculaires sont sympathiques en diable et le professeur Pipolet, savant particulièrement barré aux inventions scabreuses, apporte une touche humoristique indéniable qui font de ce premier volume, un sympathique divertissement.

C’est frais, pétillant, avec une ambiance burlesque réussie et des rebondissements à la clé, et je ne peux que la recommander aux 9 / 12 ans et à ceux qui aiment le steampunk.

Un premier opus somme toute très amusant qui donne envie de suivre cette série en cours de réalisation !

Verte – Marie Desplechin & Magali Le Huche

À onze ans, la petite Verte ne montre toujours aucun talent pour la sorcellerie. Pire que cela, elle dit qu’elle veut être quelqu’un de normal et se marier. Elle semble aussi s’intéresser aux garçons de sa classe et ne cache pas son dégoût lorsqu’elle voit mijoter un brouet destiné à empoisonner le chien des voisins. Sa mère, Ursule, est consternée. C’est si important pour une sorcière de transmettre le métier à sa fille. En dernier ressort, elle décide de confier Verte une journée par semaine à sa grand-mère, Anastabotte, puisqu’elles ont l’air de si bien s’entendre. Dès la première séance, les résultats sont excellents. On peut même dire qu’ils dépassent les espérances d’Ursule. Un peu trop, peut-être. BD Jeunesse.

Verte est une préado de 11 ans qui a en horreur son prénom, elle aurait largement préféré s’appeler Blanche ou Violette. Verte vit avec sa mère Ursule, elle n’a jamais connu son père, et elle est issue d’une longue lignée de sorcières.

Verte est en quête de normalité, tout ce qu’elle veut c’est se marier et avoir des enfants. De ses pouvoirs magiques, Verte n’en veut à aucun prix au grand dam de sa maman qui, consternée par un tel déni, décide de demander de l’aide à sa propre mère, Anastabotte.

A elle, d’enseigner les rudiments de la magie à Verte et tant pis si la demoiselle ne veut pas, sorcière elle est née, sorcière elle le restera !

Mais tout ne se passe pas exactement comme prévu car Verte préfère passer son temps avec Soufi, un jeune footballeur de sa classe et Anastabotte a bien du mal à forcer sa petite-fille à quoique ce soit…

Verte est l’adaptation du roman éponyme de Marie Desplechin publié aux éditions École des Loisirs en 1996, couronné de plusieurs prix et premier tome d’une trilogie composée également de Pome et de Mauve.

Autant de romans dont je n’avais jamais entendu parler mais c’est la couverture et le pitch de cet album qui m’ont donné envie de le lire et le livre refermé, je dois dire que j’ai passé un délicieux moment de lecture en compagnie de Verte et d’Anastabotte, un duo de sorcières bien attachant !

L’adaptation que signe ici Marie Desplechin elle-même avec un scénario tendre, espiègle et plein d’humour est bien servi par les illustrations signées de Magali Le Huche dont je découvre le travail et qui m’ont bien plu avec des traits tout en rondeur, un joli travail autour des couleurs pastel et des décors soignés.

Mon bémol c’est que j’en aurai voulu bien plus. L’histoire file à toute vitesse : on a à peine le temps de rentrer dedans qu’elle se résout vite, en trois coups de cuillères à pot alors que quelques dizaines de pages n’auraient pas été superflues tant l’ambiance charmante et surannée de cette bande dessinée s’y prêtait.

Il y a un peu trop de raccourcis à mon goût et je trouve ça dommage car les thématiques abordées dans cet album sont très intéressantes : la relation mère-fille, la relation petite-fille et grand-mère, l’amitié, la famille, l’amour, la différence, la filiation et la quête du père, etc, méritaient comme je le disais quelques pages supplémentaires.

Une lecture en tout cas très agréable et un album que je conseille aux enfants et aux grands enfants à partir de 9 ans.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette découverte !

Astrid Bromure tome 3 Comment épingler l’enfant sauvage

Astrid, petite fille solitaire élevée dans l’hôtel particulier de ses riches parents, est toujours à la recherche de compagnons de jeux. Aussi quand elle entend parler à la radio des enfants sauvages du Gabokonga, ni une ni deux, elle convainc ses parents d’y partir en voyage.

Astrid Bromure s’ennuie ferme dans l’hôtel particulier de ses parents, planté sur le toit d’un des plus hauts gratte-ciels de New-York. Seulement entourée d’adultes, elle rêve d’avoir un petit frère. Malheureusement pour elle, ses parents qui sont pourtant très oisifs se sentent déjà débordés par leur petite fille chérie.

Mais qu’à cela ne tienne, elle n’a pas dit son dernier mot ! Et lorsqu’elle entend dans le poste de radio qu’il y a pléthore d’enfants sauvages abandonnés au Gabokonga, elle convainc son petit monde d’aller y faire un tour grâce au ballon dirigeable paternel.

Arrivée sur place, elle compte bien faire changer ses parents d’avis et recueillir l’un des enfants sauvages…

Souvenez-vous j’avais adoré le tome 1 Comment dézinguer la petite souris ainsi que le tome 2 Comment atomiser les fantômes et je dois bien admettre que le troisième tome est tout aussi réussi et savoureux avec des piques, des gags et des traits d’humour à chaque page et des situations scabreuses pour notre Astrid et sa famille qui se retrouve aux prises avec des pygmées gastronomes, un enfant qui parle l’oiseau et un tigre tapi dans l’ombre.

Ce séjour dans la jungle du Gabokonga sera l’occasion pour Astrid et les siens d’apprendre à côtoyer un autre peuple, de confronter leur culture, leur savoir vivre ou leurs habitudes culinaires avec les habitants locaux… et de tordre le cou à de nombreux préjugés ! Non l’Afrique n’est pas une terre où l’homme blanc peut se servir à loisir et Astrid va recevoir une grande leçon.

Fabrice Parme envoie quelques pics bien sentis à propos de la colonisation et des ravages de l’homme blanc sur le territoire africain et sur sa prétendue « supériorité » à une époque, les années 20, où les occidentaux considéraient l’Afrique comme leur terrain de chasse dans lequel ils pouvaient piller allégrement.

Quant au thème de l’adoption, il reste d’actualité, notamment avec certaines stars américaines qui agrandissent leurs familles avec des enfants venus des quatre coins de l’Afrique noire.

Outre cet humour, j’adore l’atmosphère délicieusement vintage qui se dégage de cette série : le graphisme, les couleurs, la typographie, les décors somptueux, les visages expressifs… l’ensemble du travail éditorial est soigné, ce qui ne m’étonne pas de Rue de Sèvres d’ailleurs qui offre décidément à ses jeunes lecteurs des bandes dessinées réussies tant sur le fond que sur la forme.

Les dialogues de Fabrice Parme sont toujours aussi bons et font mouche à chaque fois par leur drôlerie et leur intelligence. Une série qui ne s’essouffle pas et que je vous recommande chaudement que vous soyez petit ou grand !

Vous l’aurez compris Comment épingler l’enfant sauvage est une bande dessinée loufoque à mettre entre toutes les mains dès 9 ans, et ce n’est pas mon Sami-Chameau qui dira le contraire car il adore aussi, et attend chaque tome avec beaucoup d’impatience ! Comme quoi, Astrid plaît aussi aux garçons…

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour ce coup de cœur collégial !

Rose à petits pois – Amélie Callot & Geneviève Godbout

Quand il fait beau, elle sourit, elle sifflote, elle chante à tue-tête, elle ouvre les fenêtres et laisse la porte ouverte. Mais dès qu’il pleut, Adèle reste enfermée. Elle n’y peut rien, elle perd son entrain. La pluie, c’est gris, froid et sombre. Vous aurez alors beau dire tout ce que vous voulez, argumenter tant que vous pourrez, ça n’est pas la peine de discuter, Adèle ne mettra pas une mèche de cheveux dehors…

Adèle est une jeune femme joyeuse et pétillante qui habite un petit bourg de bord de mer. Elle tient l’unique café du village, Le tablier à pois, qui est ouvert chaque jour que Dieu fait, même le dimanche.

Mais Le tablier à pois c’est bien plus qu’un café. Le mercredi, Lucas, l’épicier du canton installe au fond du café, un étal de fruits, de légumes frais et de produits d’épicerie.

Le samedi, le lieu fait office de ciné et certains jours se terminent en soirées à thème pour le plus grand bonheur des habitués.

Adèle adore que son café bruisse de monde et de vie mais elle fait grise mine les jours de pluie. Ces jours-là, elle trouve refuge sous sa couette et ne met pas le nez dehors.

Jusqu’au jour où elle trouve des bottes de pluie roses sur le pas de sa porte…

Quel bonheur d’explorer ce très bel album destiné aux enfants de 6 à 9 ans ! Un album où tout absolument tout m’a plu : le texte joliment troussé bien sûr mais aussi les dessins, l’atmosphère délicieusement surannée, jusqu’à la police de caractère que j’ai trouvé charmante.

L’histoire que nous raconte Amélie Callot est donc celle d’Adèle qui est un vrai rayon de soleil pour les habitants de ce hameau, voire même l’âme de ce hameau puisqu’elle tient le seul lieu de rencontre et de ravitaillement de ses habitants.

J’ai adoré cette jeune femme qui s’étiole à la moindre goutte de pluie, la tendresse, la poésie qui émane de cet album, la romance que l’on voit poindre entre Adèle et Lucas.

J’ai tout autant aimé les dessins pastel signés Geneviève Godbout qui servent à merveille le texte de l’auteure, l’aspect suranné et nostalgique qu’elle leur imprime, son travail de la couleur que j’ai trouvé tout simplement merveilleux.

Vous l’aurez compris Rose à petits pois est un album joli et touchant, totalement réussi, pour lequel j’ai eu un gros coup de cœur et que je vous recommande vivement !