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Archive for the ‘Albums et bd jeunesse’ Category

Lu dans le cadre du Mois anglais

Après sa participation à quelques albums collectifs, Philippe Charlot publie Bourbon Street, son premier projet au long cours dessiné par Alexis Chabert et dans lequel il réunit ses deux passions : musique et écriture.
Xavier Fourquemin est diplômé de l’académie des Beaux-Arts de Tournai. Avec Dieter au scénario, il lance sa première série, Alban, aux éditions Le Téméraire puis chez Soleil, puis entame Outlaw chez Glénat. En septembre et octobre 2007, avec le scénariste Jean-Christophe Derrien, son diptyque Miss Endicott paraît au Lombard pour la collection « Signé ». Suivront La Légende du Changeling (2008-2012) et Le Train des orphelins (2012-2013).

Lord Harold Alaister Cunningham Talbot, douzième du nom, est l’héritier de l’une des plus grandes familles de l’Angleterre victorienne. Il vit avec ses vieilles tantes, son chien et ses domestiques au petit soin pour lui.

Mais alors que ses nobles ascendances lui assureraient un train de vie confortable et sans effort, ce grand amateur de littérature romanesque décide de se plier à la dure loi du travail en mettant les fruits de sa prestigieuse éducation au service de la police.

Et pas n’importe où : le voilà propulsé inspecteur novice à Blackchurch, l’un des quartiers les plus mal famés de tout Londres ! En arrivant sur place avec son chien Hermès qui ne le quitte pas d’une semelle, le candide Harold va découvrir un univers bigarré, peuplé d’escrocs et de fieffés forbans, où l’unique loi qui vaille est celle du silence.

Ses trop bonnes manières risquent de ne pas passer inaperçues… surtout auprès des trois jeunes femmes qui semblent tenir cette zone de non-droit où règnent la pègre, la débauche et où commissaire et agents locaux ont depuis longtemps décidé de laisser faire par lâcheté ou par cupidité plutôt que de faire leur métier…

Avec Blackchurch, Philippe Charlot au scénario et Xavier Fourquemin aux dessins, lancent Lord Harold douzième du nom, une nouvelle série enlevée dans la fascinante Londres de l’époque victorienne.

Ces chroniques policières d’un héros en décalage total avec son environnement, source de quiproquos mais surtout d’aventures est destinée à la jeunesse d’où le scénario léger et le héros candide et gaffeur !

Ce premier tome sert évidemment à planter le décor, à nous dévoiler les différents protagonistes de la série et le fonctionnement d’un poste de police vérolé par la corruption. Mais il possède tout de même une bonne dose de mystère qui a éveillé mon intérêt et qui promet d’intéressants développements dans les volumes suivants !

Le scénario est sympathique à suivre, les dessins sont simples mais efficaces. La trame historique est bien documentée et permettra aux jeunes lecteurs d’avoir une idée des bas-fonds de la capitole anglaise sous la reine Victoria.

Avec un humour et un flegme tout britanniques, Lord Harold se révèle être un héros attachant et j’espère que les prochains volets nous en apprendront davantage à son sujet. Un détective concurrent de Sherlock Holmes dans le Londres victorien qui devrait plaire aux lecteurs dès 12 ans. Pour ma part, je serai au rendez-vous du tome 2 !

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Maman de trois grands enfants. Mamie aussi. Maîtresse d’école pendant plus de quinze ans. Maintenant, Catherine Latteux joue avec les mots pour imaginer des albums, des romans illustrés ou des bandes dessinées. Morbihannaise d’adoption, elle vit près de la petite mer. Mais elle aime à sortir de son atelier pour rencontrer les mômes en écoles, médiathèques ou/et salons, pour partager sa démarche de création. Diplômeée en arts graphiques et illustration, Jess Pauwels vit et travaille en Belgique. Libraire un temps, elle a d’abord travaillé pour la presse et quelques labels de musique. Depuis huit ans elle se consacre totalement à l’illustration jeunesse.

Manon est une petite fille impertinente qui n’a pas la langue dans sa poche. Elle répond vertement à ses parents, ment… bref ses parents sont à bout et ne voient plus qu’une seule solution pour lui apprendre les bonnes manières : Le croc-m !

La voilà donc qui débarque dans l’antre du Yéti mais loin d’être intimidée, Manon n’a, au contraire, pas dit son dernier mot !

Vous le savez si vous me lisez régulièrement, j’ai une tendresse particulière pour les publications de Little Urban, Le mangeur de marmots malpolis mitonné par Catherine Latteux au scénario et Jess Pauwels aux illustrations, ne pouvait donc que passer dans mes mains et dans celles de mes petits lecteurs !

Comme dans A force de crier au lion, notre jeune héroïne fait tourner les adultes en bourrique et il va lui arriver une drôle d’aventure chez ce yéti tout gentil qui va voir sa patience mise à rude épreuve par Manon.

L’histoire de Catherine Latteux est à la fois drôle, charmante, tendre, très vive et permet de faire prendre conscience aux enfants de l’importance de la politesse !

Cette grosse peluche de yéti est attendrissante et attachante, on a envie de la serrer dans nos bras et d’être un marmot malpoli pour qu’elle s’occupe de nous. Tout gentil qu’il est, il est incapable de manger les marmots malpolis… à moins que l’horripilente Manon ne parvienne à le faire changer d’avis !

Outre les belles valeurs qu’il véhicule, cet album est pétillant et joyeux, bourré de fantaisie. Le travail de Jess Pauwels accompagne merveilleusement les textes de l’auteur : ses illustrations sont très chouettes et délicieusement vintage, fourmillant de détails, et plus généralement j’ai aimé la façon dont elle utilise sa palette de couleurs.

Je ne peux que conseiller Le mangeur de marmots malpolis aux petits lecteurs et à leurs parents qui prendront beaucoup de plaisir à la lecture de cet album !

Un grand merci aux éditions Little Urban pour cette lecture.

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Lu dans le cadre du Mois anglais

Víctor Escandell est né à Ibiza. Il raconte avoir commencé à marcher en s’appuyant sur un immense crayon. C’est à ce moment précis que la passion pour le dessin se serait emparée de lui, l’aidant à comprendre chaque jour davantage le monde qui l’entoure. Victor aime, pour chaque nouveau projet, choisir la technique qui correspond le mieux à ce qu’il souhaite exprimer.

Qui est à l’origine de l’invasion zombie ? Qui, parmi les villageois, est un loup-garou ? Pourquoi le comte Dracula a-t-il pu être vaincu par deux enfants ?

Grâce au décrypteur accompagnant le livre, le lecteur cherche des indices, des preuves, observe les dessins et remonte les pistes !

Astucieux et ludique, cet album rassemble dix énigmes de niveaux et de difficultés différents, à résoudre et à raconter, en solo ou en équipe, pour jouer entre amis ou en famille, dès 9 ans.

Après Enigmes et Enigmes au fil de l’histoire, Victor Escandell continue de mettre à l’épreuve l’intelligence des enfants tout en les amusant avec Horribles énigmes.

Cette fois-ci, l’auteur propose des histoires plus longues, de quatre à six pages, introduites par un texte explicatif sur le roman, la légende ou la tradition effrayante qui a inspiré l’énigme.

Les énigmes sont classées par niveaux de difficulté, et chaque niveau de difficulté donne un nombre de points différents. Au fur et à mesure que les détectives résolvent des affaires, ils reportent leurs scores sur une feuille pour déterminer qui est finalement le meilleur enquêteur.

Toutes les réponses se trouvent dans les textes ou dans les dessins et si jamais, vous n’avez pas trouvé, il suffit de décoder l’explication à l’aide du décrypteur.

Pour élucider ces mystères, il s’agit donc de lire les histoires sans omettre le moindre détail, tous pouvant avoir leur importance, d’être attentif aux images afin d’y découvrir des indices, de suivre des pistes en se fiant à son intuition ou en faisant appel à son sens de la logique.

Un seul mot d’ordre : se servir de ses petites cellules grises comme dirait Hercule Poirot !

Au menu de cet opus : des légendes ou des œuvres littéraires telles que Frankenstein, le monstre du Loch Ness, Docteur Jekyll et mister Hyde, la momie, le loup-garou, les fantômes, Dracula, les sorcières, les zombies…

Je vous conseille vivement ce livre d’énigmes car mes enfants et moi-même avons passé un chouette moment de jeu et si certaines peuvent paraître faciles, d’autres le sont nettement moins !

Les énigmes sont intéressantes et l’objet livre est très réussi avec son graphisme vintage et ses jeux de couleurs, une bonne idée pour se distraire intelligemment pendant les vacances.

Un grand merci aux éditions Saltimbanque pour ce coup de coeur familial !

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Lu dans le cadre du Mois anglais

Loïc Clément est scénariste de bandes dessinées pour les adultes et la jeunesse et auteur de romans et albums illustrés. Il est né en 1981 et réside en Bretagne. Anne Montel est graphiste et illustratrice pour la bande dessinée et les beaux livres. Elle a étudié la communication visuelle à l’ÉSAA Duperré, suivi une FCIL illustration au Lycée Corvisart de Paris. Elle partage son temps de travail entre les livres illustrés pour la jeunesse et la bande dessinée.

Charity est une petite fille débordante de curiosité, assoiffée de contacts humains, de paroles et d’échanges, elle est impatiente de créer et de participer à la vie du monde. Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880 doit se taire et ne pas se faire remarquer ou à l’église, à la rigueur.

Les adultes qui l’entourent ne font pas attention à elle, ses petites soeurs sont mortes. Charity se réfugie alors au troisième étage de sa maison en compagnie de Tabitha, sa bonne.

Pour ne pas mourir d’ennui, ou sombrer dans la folie, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare par coeur et dessine inlassablement des animaux qui conduiront Miss Charity vers son destin, tout d’abord naturaliste, puis, illustratrice de livres pour enfants mondialement connue.

Après avoir lu le roman éponyme de Marie-Aude Murail pour lequel j’avais eu un coup de cœur, j’étais très impatiente de découvrir l’adaptation graphique qu’en ferait un duo que j’aime beaucoup : Loïc Montel au scénario et Anne Montel aux illustrations.

Et je dois dire que je ressors charmée de ma lecture du premier tome, L’enfance de l’art, splendide version naturaliste du chef d’œuvre de Marie-Aude Murail. Rue de Sèvres continue d’adapter de grands romans au format graphique et c’est tant mieux car la qualité est toujours au rendez-vous et je me régale de chacune de mes lectures. Celle-ci n’a pas fait exception.

Le scénario de Loïc Clément est très fidèle au texte de Marie-Aude Murail que l’on retrouve ici dans ses grandes lignes. On a plaisir à retrouver Charity, une petite fille intelligente et très attachante, délaissée par ses parents qui se voue corps et âme à la science et à sa ménagerie sise dans la nursery.

Superbement mis en dessins et couleurs par Anne Montel dont les aquarelles insufflent de la délicatesse et de la poésie au récit, on en prend plein les yeux.

Les couleurs sont chaudes et douces et on retrouve bien l’ambiance du roman. Sous son pinceau, les animaux prennent vie et sèment un joyeux brouhaha dans la vie bien austère de la petite fille.

L’objet livre en lui-même est très beau : les pages sont épaisses et glacées, la couverture et la quatrième de couverture soignées, quant au dos en toile épaisse bleu, il est sublime !

Que vous ayez lu le roman de Marie-Aude Murail ou non, je ne peux que vous conseiller cet album de qualité, que vous refermerez à regret dès la dernière page tournée.

J’attends désormais vivement le tome 2 pour me replonger dans cette univers onirique et so british.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour ce coup de cœur, j’ai adoré !

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Née en 1982, Hope Larson est considérée comme l’une des dessinatrices américaines les plus talentueuses de la jeune génération. Elle a reçu un très prestigieux Eisner Award en 2007.

New York, années 1860. Lorsque le père adoptif de Cléopâtra et Alexandre disparait, les jumeaux rejoignent le gang du Crochet Noir à la tête duquel sévit Luther, surveillé par la police pour ses multiples larcins.

Lorsque leur premier cambriolage tourne mal, les jumeaux sont arrêtés par les forces de l’ordre qui leur proposent un deal au lieu de filer tout droit en prison.

Ils acceptent donc de trahir le gang, contre un ticket de train pour la Nouvelle Orléans, où ils espèrent tourner la page.

Mais sur le chemin qui doit les mener à leur nouvelle vie, Alex est capturé et embarqué de force comme main-d’oeuvre sur un cargo faisant route pour San Francisco. Cléo prend la route sur un steamer, en passagère clandestine, pour tenter de rejoindre son frère.

Mais les deux adolescents sont loin de suspecter les dangers qui les guettent : le gang a informé une bande de pirates, redoutés et impitoyables, que les jumeaux sont en possession de deux objets constituant une carte au trésor, un couteau et une montre, seuls biens laissés par leur défunte mère.

La course commence pour nos héros : course au trésor, vers leur père et pour leur vie.

Cavale au bout du monde et Cap sur l’île aux trésors constituent la duologie Pile ou face signée Hope Larson au scénario et Rebecca Mock aux dessins. Une fois n’est pas coutume, j’ai enchaîné les deux volumes en une après-midi, captivée par cette histoire pleine d’aventures, je vous les présente donc réunis en un seul billet.

Aventure et piraterie sont au menu de ces romans graphiques pour adolescents de plus de deux cents pages chacun qui se lisent d’une traite tant l’histoire est prenante et pleine de rebondissements : les neuf chapitres se dévorent et j’aurai lu avec grand plaisir un troisième tome dans la foulée si il avait existé !

Ce diptyque est porté par un duo de héros bien attachants, à la fois courageux, pugnaces mais aussi avec des failles : Alexandre et Cléopâtra, des jumeaux âgées d’une douzaine d’années qui vont traverser une bonne partie de l’Amérique afin de retrouver leur père puis le trésor laissé par leur géniteur, un pirate décédé avant leur naissance, qui se trouverait quelque part près des Iles Marshall.

Tout au long de leurs aventures, ils seront pourchassés par Luther et par un autre pirate, le célèbre Felix Worley, qui comptent bien mettre la main sur le magot. Mais aussi aidés dans leurs quêtes par une autre paire de jumeaux et le capitaine d’un bateau.

Aucun temps mort, un scénario bien construit, des rebondissements en cascade, de l’humour, de l’aventure, des personnages attachants, une ambiance à la Tom Sawyer plairont sans nul doute aux enfants, aux ados et aux adultes.

Comme toujours chez Rue de Sèvres, l’objet livre est une vraie invitation à la lecture avec sa couverture souple à rabat, sa pagination claire, sa typographie facile à lire, son découpage varié avec différents formats de vignettes et des dessins simples et dynamiques.

Autant de points forts qui participent à la réussite de ces deux albums que je vous encourage à découvrir à votre tour.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture, j’ai adoré !

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1894. La tension monte sur les docks londoniens… D’un côté, la loi du silence d’Oncle Wang et de ses sbires, qui règnent d’une main de fer sur le quartier chinois. De l’autre, la violence aveugle des Mad Dogs, truands cockneys bien décidés à venger leur chef mystérieusement assassiné.

Chargés par Sherlock Holmes de surveiller cette situation explosive, Billy, Charlie et Black Tom, accompagnés du fidèle matou Watson, vont se retrouver pris entre le marteau et l’enclume…

Qui se lèvera pour tenir tête aux Maîtres de Limehouse ? Qui se cache derrière le signe du Scorpion Écarlate ? Et qui sera la prochaine victime ?

On se retrouve aujourd’hui pour la suite de la série Les Quatre de Baker Street et volume après volume, cette série me passionne toujours autant. Après L’affaire du rideau bleu, Le Dossier Raboukine, Le rossignol de Stepney, Les orphelins de Londres, La succession Moriarty, L’homme du Yard et L’affaire Moran, place au dernier volume en date : Les maîtres de Limehouse.

Ce huitième opus est aussi réussi que les précédents, tome après tome, mes billets se ressemblent décidément tant j’aime cette série et ses jeunes protagonistes hyper attachants que sont Billy l’intello, Charlie la garçon manqué qui accepte peu à peu sa féminité et Tom l’irlandais ombrageux que j’ai eu grand plaisir à retrouver une fois de plus, sans oublier le chat Watson of course.

Le trio est particulièrement à l’honneur dans ce nouvel opus, Holmes et Watson étant en voyage en France, c’est Billy qui est aux manettes de l’enquête. Située au cœur de Limehouse, le « Chinatown » de Londres, cette nouvelle enquête des Quatre de Baker Street nous plonge dans un univers inédit où le crime se fait plus exotique mais non moins redoutable. Une nouvelle aventure pleine d’action, de mystère et d’émotion !

L’intrigue est la suite directe du septième volume et toujours aussi bien construite, le scénario dument ficelé et la qualité des dessins toujours au rendez-vous, j’aime le trait élégant et la maitrise des couleurs de David Etien, une belle réussite une fois de plus, je me répète mais je n’ai pas grand chose à en dire de plus, sinon qu’il faut lire cette série si vous ne la connaissez pas.

Les plus jeunes apprécieront beaucoup les scènes d’action, notamment les scènes de course poursuite et de bagarres, nos jeunes héros ont l’adrénaline qui montent en flèche à plusieurs reprises et Billy connaît ses premiers émois amoureux. Nos héros grandissent et il me tarde de savoir ce que l’avenir leur réserve.

Une série très réussie que je ne peux que vous recommander et qui j’espère continuera car j’aimerai beaucoup retrouver nos apprentis détectives si attachants !

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« Il y avait peut-être une place pour moi dans ce monde, après tout. Une place où je ne serais ni étrange ni égoïste, où je ne serais une déception pour personne. Qui pourrait être déçu par une femme qui découvrirait tant de merveilles scientifiques ? Ma mère, sans doute. Mais je ne voulais pas y penser.

Eté 1899, comté de Caldwell, au Texas. Calpurnia Virginia Tate (Callie V.) a 12 ans et a trois frères ainés et trois frères cadets : Harry 17 ans, Sam Houston 14 ans, Lamar 13 ans, Travis 10 ans, Sul Ross 8 ans et Jim Boure 3 ans.

Seule fille de la fratrie, elle subit la sévérité de sa mère qui entend bien en faire une future femme d’intérieur accomplie alors que Callie ne rêve que d’être dehors, son père dirige la fabrique de coton de Fentress.

Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia Tate, onze ans, continue de partager avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes quant à ses découvertes. Elle affirme sa personnalité au milieu de ses six frères et se confronte aux difficultés d’être une jeune fille à l’aube du XXe siècle. Apprendre la cuisine, la couture et les bonnes manières, comme il se doit, ou se laisser porter par sa curiosité insatiable ? Et si elle ne voulait pas faire son entrée dans le monde comme toutes les jeunes filles de son âge ? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté ?

Calpurnia est l’adaptation éponyme du roman d’apprentissage signé Jacqueline Kelly. J’avais trouvé le roman charmant même si il y avait trop de longueurs à mon goût et cette adaptation très fidèle du roman n’a pas ce travers, j’ai donc passé un excellent moment avec cette bande dessinée qui reprend la trame du roman et qui fait la part belle à l’héroïne, sa découverte de la nature et à la belle relation qui l’unit à son grand-père.

Les planches de Daphne Collignon sont comme toujours superbes, ses dessins tout en rondeur sont un régal pour les yeux, sa maîtrise des couleurs (noir et blanc, sépia ou ocre) fait merveille et c’est un vrai plaisir que de parcourir les pages, de la première jusqu’à la dernière.

Les personnages sont très expressifs et les planches sont variées : tantôt sous forme de cases, tantôt sous forme de planches naturalistes, quant à la police de caractère façon écriture manuscrite, elle est très lisible et agréable à lire.

Comme le roman, l’adaptation aborde très intelligemment l’adolescence, la condition féminine et l’envie d’émancipation de son héroïne qui déteste jouer au piano, faire du crochet ou converser en français, entre autres choses, tout ce que sa mère considère comme essentielles à une jeune fille.

Il faut dire qu’à l’époque la science était un domaine réservé aux hommes et peu de femmes ont alors accès aux études supérieures mais Bon-Papa croit en elle et refuse que sa petite-fille si vive d’esprit, soit cantonnée aux tâches ménagères.

Un second volume tout aussi réussi que le précédent que je conseille à tous et plus particulièrement aux jeunes filles qui délaissent souvent les études scientifiques, Calpurnia, personnage très attachant, les fera peut-être changer d’avis !

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture pleine de charme !

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La petite Lucie Lupin a l’air si sage, si adorable, si charmante, si innocente, qu’on lui donnerait le bon Dieu sans confession !

Pourtant, ne la croyez pas ! Lucie adore raconter des mensonges, de très très gros mensonges… des mensonges si gros, bien plus gros qu’elle, et elle adore qu’on la croie.

Son terrain de jeu préféré est la bibliothèque et à chacun de ses passages, elle crie au lion.

Elle alerte la bibliothécaire qui, affolée, fait sortir tout le monde. Son mensonge fait déplacer pompiers, policiers et vétérinaires, pour le plus grand plaisir de Lucie qui savoure la panique qu’elle a semé derrière elle.

Qui a dit que la vérité sortait de la bouche des enfants ? Pas Dave Skinner qui, avec A force de crier au lion !, réinterprète le conte d’Esope popularisé par Prokofiev dans son conte musical Pierre et le loup.

Dans cet album, l’auteur, aidé de l’illustratrice Aurélie Guillerey, met en scène une petite fille en apparence modèle qui s’amuse à semer la panique en faisant croire à tout le monde qu’un lion est dans la bibliothèque.

Et bien sûr, il n’y a pas de lion dans la bibliothèque, et Lucie de rire de sa bonne blague à gorge déployée.

Et on pourrait croire que son mensonge ne marche qu’une fois mais que nenni, à chaque fois que Lucie crie au lion, la panique reprend et Lucie, de rire. Le manège pourrait durer indéfiniment sauf que la bibliothécaire, le gardien et le pompier finissent par se dire qu’ils se sont faits dupés.

Et lorsque Lucie crie au lion une nouvelle fois car cette fois-ci, incroyable mais vrai mais il y a bel et bien un lion dans la bibliothèque, personne ne la croit ! Je ne vous dévoilerai pas le dénouement mais je ne peux que vous encourager à le découvrir avec vos enfants.

J’ai beaucoup aimé le travail malicieux d’Aurélie Guillerey qui imprime une atmosphère vintage, très années 50, au récit imaginé par Dave Skinner.

Comme toujours chez Little Urban, la mise en page est soignée, l’accent est mis sur les couleurs, sur certains mots ou phrases avec des changements de typographies (tailles, épaisseur) qui permettent au lecteur adulte de mettre l’intonation au bon endroit.

L’album à destination des 3 / 6 ans délivre une belle morale : il ne faut jamais mentir sous peine d’être bien mal récompensé en retour. La petite Lucie va l’apprendre à ses dépens et les petits lecteurs aussi.

Vous l’aurez compris, A force de crier au lion ! est un album à mettre entre toutes les mains, je vous le conseille vivement !

Un grand merci à Clémentine et aux éditions Little Urban pour cette chouette lecture !

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A peine remis des émotions provoquées par les évènements d’Avalon, Aliénor et Lancelot se voient confier une mission par Morgane : aller chercher un mystérieux objet que la fée avait confié autrefois au roi des Korrigans. Mais pour pouvoir le récupérer, nos héros vont devoir relever de nombreux défis et survivre à une série d’épreuves, sous peine d’être à jamais prisonniers des geôles de pierre de ce royaume souterrain.

Brouillée avec son ami Lancelot, qui la tient responsable des cornes qui lui ont poussé sur la tête après leurs aventures dans le monde souterrain des Korrigans, tiraillée entre l’héritage druidique de Merlin et son attirance grandissante pour la magie des fées, Aliénor ne sait plus où elle en est.

Et si la seule personne susceptible de l’aider était l’ermite ? Et si les réponses à ses questions se trouvaient là où personne n’oserait aller les chercher ? Dans le Val sans retour…

Après avoir assisté à la mort, puis la résurrection, puis de nouveau à la mort de son père Merlin dans Merlin est mort vive Merlin !, avoir combattu un dragon avec le jeune Lancelot dans Trompe-la-mort, découvert Excalibur dans Les portes d’Avalon et affronté les Korrigans dans Le chant des Korrigans, revoilà notre jeune héroïne, sans son ami Lancelot, dans Le Val sans retour.

Ce cinquième tome clôt la série consacrée à la très attachante fille de Merlin, Aliénor Mandragore, et fait la lumière sur les origines de la jeune fille. On apprend les circonstances de sa naissance, l’identité de sa mère et l’autrice répond aux questions que l’on se posait depuis le premier tome.

Dans cette histoire, Séverine Gauthier nous fait explorer une fois encore le territoire de Brocéliande et plus particulièrement le célèbre Val sans retour, lieu d’où l’on ne revient pas comme son nom l’indique.

L’histoire s’assombrit une fois de plus mais la lumière revient en fin de tome, pour autant, elle se lit formidablement bien grâce à l’humour déployé par Séverine Gauthier par petites touches et surtout aux planches de Thomas Labourot, une fois de plus très réussies et qui servent bien l’aspect fantaisy du récit, elles sont aussi très agréables à regarder, ce qui ne gâte rien.

Les personnages restent intéressants : Aliénor est une héroïne attachante, Merlin est un vieux ronchon au grand cœur, Morgane n’est pas aussi méchante qu’elle voudrait le faire paraître et Lancelot, toujours prêt à aider son amie.

Comme pour les précédents opus, Séverine Gauthier et Thomas Labourot nous proposent à la fin du volume, L’écho de Brocéliande, avec un bestiaire, l’interview de l’ermite, le petit guide de la forêt, des révélations sur Merlin…

Un cinquième tome réussi, qui vient clore en beauté cette saga jeunesse originale, avec des personnages attachants et hauts en couleur dans un monde féérique et magique où peuple, druides et fées cohabitent.

Une série jeunesse bien sympathique que je vous invite à découvrir si vous aimez la Bretagne et son folklore, la légende arthurienne et surtout le mythe de Merlin l’Enchanteur !

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette parenthèse enchantée !

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Bernard est un lapin. Il sait se comporter comme ses congénères : il remue le nez, dresse les oreilles, mange de l’herbe… parce que c’est ce que font tous les lapins !!

Et pourtant, Bernard se sent différent des autres lapins, il n’a ni les mêmes rêves ni les mêmes aspirations que ses amis et ça le rend bien triste.

Il ne comprend pas pourquoi il ne rêve pas de carottes et, à force de vouloir ressembler à tout le monde, il en oublierait presque son RÊVE. Osera-t-il affronter le regard des autres ?

N’oublie pas ton rêve est un album très touchant qui pourrait avoir cette punchline : Je rêve donc je suis.

Simon Philip encourage ses petits lecteurs à assumer leurs différences et à croire en eux. Son héros, le lapin Bernard, lui, a su le faire et nous inspire pour suivre nos rêves !



Un album idéal pour aider les enfants à cultiver leur confiance en eux, à lire et à rêver dès 4 ans mais qui se lit aussi quand on est grand !

Car à tous âges, il est bon de ne pas oublier certains messages : nous sommes tous uniques, inutiles donc de suivre les autres comme des moutons ou des mignons petits lapins.

Oubliez les normes : vous êtes VOUS, vous êtes MERVEILLEUX, croyez en vous et en vos REVES !!

Outre les belles valeurs qu’il véhicule, cet album est pétillant et joyeux, bourré de fantaisie. Le travail de Kate Hindley accompagne merveilleusement les textes de l’auteur : ses illustrations sont très chouettes et délicieusement vintage, fourmillant de détails, et plus généralement j’ai aimé la façon dont elle utilise sa palette de couleurs.

Je ne peux que conseiller N’oublie pas ton rêve aux petits lecteurs et à leurs parents !

Un grand merci aux éditions Little Urban pour cette lecture.

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