Les gastronomes parisiens – Philippe Mellot

A l’heure où les Français renouent avec les valeurs de la grande cuisine qui ont fait de notre pays, depuis le XVIIe siècle, la référence culinaire mondiale, Les Gastronomes parisiens en dévoile les richesses et les faces cachées sous la forme

Des grands restaurants du Palais-Royal et des Grands Boulevards aux gargotes et autres marchands d’arlequins des Halles, la gastronomie parisienne offrait hier de multiples visages, souvent élégants mais parfois terriblement sordides.

Philippe Mellot nous présente ici en une centaine de pages, un panorama des restaurants & gargotes du Palais-Royal, des Halles, des Grands Boulevards, des Champs-Elysées et du Quartier Latin depuis la création par Boulanger du premier restaurant au monde en 1765 jusqu’à 1914 et la disparition des tables historiques qui avaient fait accourir princes, artistes et courtisanes du monde entier, en passant par la famine de 1870.

L’auteur, spécialiste du Paris disparu auquel il a consacré une douzaine d’albums dont Les Montmartrois, a puisé dans sa documentation iconographique exceptionnelle pour brosser, par le texte et par l’image, la vie quotidienne de ces parisiens et des lieux dans lesquels ils se rendaient pour déjeuner, dîner ou souper.

Les témoignages de la clientèle de ces restaurants et gargotes, le plus souvent des écrivains, des artistes et critiques du temps sont illustrés par près de deux cents documents rares ou inédits composés de peintures, d’affiches, de photographies, de menus, de publicités, de gravures… Un festin d’images et d’émotions.

Remplaçant les auberges traditionnelles, ces nouveaux temples du goût s’imposèrent presque aussitôt, attirant une clientèle riche et fantasque parisienne mais aussi internationale.

Mais pendant que les plus riches se régalaient de mets rafinés, ouvriers et employés s’offraient un plat chez les petits traiteurs, alors que les plus pauvres devaient se contenter d’une soupe chaude sur un coin de trottoir, d’une friture ou d’un arlequin (restes des repas des bourgeois), à moins qu’ils ne s’aventurent dans l’une de ces effrayantes bibines où le contenu des assiettes était souvent bien difficile à identifier…

Philippe Mellot, à travers les quartiers emblématiques de la capitale, met à notre disposition toutes les bonnes adresses parisiennes, le plus souvent disparues, et nous explique par le menu où et comment les parisiens du 19è siècle se nourrissaient, des plus riches aux plus pauvres. De la création des premiers restaurants aux bouillons, en passant par les traiteurs, les arlequins et les gargotes, les guinguettes et les cabarets, l’auteur nous montre l’étendue de son savoir.

Si vous vous intéressez à l’histoire de Paris et à celle de la gastronomie, je ne peux que vous recommander Les gastronomes parisiens de Philippe Mellot, un livre aussi beau qu’instructif.

Un grand merci à Marie-Jeanne et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture très intéressante !

Les montmartrois l’album de famille – Philippe Mellot

Avant que les fêtards, les touristes et les prostituées n’envahissent le bas Montmartre, la Butte vivait en famille, une vie de quartier avec ses commerçants bonhommes, ses enfants bruyants, ses petits métiers de la rue, ses fonctionnaires et ses déshérités, une sarabande de gens si ordinaires qu’ils ne doivent aujourd’hui leur survie qu’à quelques photos jaunies et anonymes.

Qui étaient les montmartrois au temps du Chat Noir, du Moulin rouge et du Lapin agile ? Des peintres, des chansonniers, des musiciens, des écrivains venus de tous les horizons ? Des marginaux et des excentriques venus de leur province tenter leur chance sur la butte ? Des grisettes, des lorettes et des filles aux moeurs légères ou dissolues ? De simples commerçants, des artisans, des ouvriers, des employés et des fonctionnaires ?

Montmartre était la somme de toutes ces personnes car la butte ne se résumait pas alors aux seuls artistes venus taquiner la muse mais était un vrai village avec des commerces, des marchés, des fermes, parcouru par des petits métiers, ces cris de Paris aujourd’hui disparus comme les vitriers, les rémouleurs ou les porteurs d’eau.

Philippe Mellot, grand spécialiste du Paris du XIXè siècle nous propose ici un album de famille car avant d’être un livre historique c’est avant tout un album abondement illustré, avec une richesse iconographique exceptionnelle (photos, cartes postales, affiches, dessins, peintures…) dont certaines photos ou cartes postales étaient jusqu’à aujourd’hui totalement inconnus.

L’auteur nous brosse avec des courts textes et des images le portrait de ces montmartrois qui n’existent plus et nous raconte la vie quotidienne de ces parisiens de 1870 à 1940 : marchands de vin, restaurateurs et gargotiers, cabaretiers et bistrotiers, artistes et rapins, petits commerçants et petits métiers…

Philippe Mellot nous brosse également le portrait des figures les plus emblématiques de la Butte comme Poulbot, Willette, Bibi la purée, la Goulue, Valentin le désossé, Aristide Bruant, Steinlen, Toulouse-Lautrec… ainsi que les lieux incontournables : Moulin Rouge, le Bateau Lavoir, le Maquis, les Quat’z’arts…

Commenté par les témoins du temps exhumés pour l’occasion à travers leurs correspondances ou leurs mémoires, cet album de famille consacré aux habitants de Montmartre nous dévoile un temps où coexistaient braves gens du peuple et artistes excentriques, une association inédite qui contribua à faire de la butte une légende.

Si vous vous intéressez à l’histoire de Paris et à celle de Montmartre, je ne peux que vous recommander Les montmartrois de Philippe Mellot, un livre aussi beau qu’instructif.

Un grand merci à Marie-Jeanne et aux éditions Presses de la cité pour cette belle lecture !

Marie-Antoinette carnet d’une reine – Benjamin Lacombe

Qui n’a jamais rêvé de s’immerger dans l’intimité de Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche, dernière reine de France et de Navarre, femme célèbre et controversée devenue un véritable mythe ? Sous la forme d’une belle édition à la fabrication soignée, nous vous proposons de découvrir son journal intime.

Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche, dernière reine de France et de Navarre, est sans conteste la souveraine la plus importante de l’Histoire de France. Son destin tragique qui finit sur l’échafaud a fait d’elle une icône, un mythe qui inspirent les créateurs d’aujourd’hui, qu’ils soient cinéastes, stylistes, romanciers ou illustrateurs.

Benjamin Lacombe, un illustrateur qui comme beaucoup d’entre vous j’en suis sûre, j’adore, nous propose le journal intime de Marie-Antoinette, cette reine qui n’aimait pas écrire comme le rappelle si bien en préambule l’historienne Cecile Berly, spécialiste de Marie-Antoinette, qui signe une préface absolument passionnante.

L’illustrateur nous donne à lire le carnet fictif de cette reine d’une richesse graphique absolument éblouissante avec des peintures, des aquarelles, des crayonnés, un vrai plaisir pour les yeux.

De la fiction intime certes mais mêlée des lettres authentiques de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche écrivant à sa fille Marie-Antoinette ou la dernière lettre de la reine à sa belle-sœur emprisonnée au Temple écrite le jour même de sa mort, le 16 octobre 1793.

Un récit qui commence le 21 avril 1770 à Shönbrunn avec le règlement écrit par l’impératrice à destination de sa fille et qui se termine au pied de l’échafaud. Benjamin Lacombe revient sur les moments importants de la vie de la reine comme son mariage, sa difficulté à devenir mère, la naissance de sa première enfant (Mousseline la sérieuse), l’affaire du fameux collier, la mort du Dauphin, la fuite à Varennes…

Il y aussi des intermèdes plus légers avec la recette des palais au chocolat que Marie-Antoinette affectionnait tant, la signification des mouches de la du Barry (baiseuse, effrontée, coquette, capricieuse, enjouée, majestueuse, passionnée, galante), les différentes coiffures à la mode de la reine qui la faisait justement et qu’on lui a tant reproché, une scène du Barbier de Séville que la reine a joué dans son théâtre…

Que dire du travail graphique de cet album à part qu’il est magnifique ? Les illustrations tantôt sur une page tantôt sur deux rendent hommage à la reine, en s’inspirant parfois de tableaux de Madame Vigée Le Brun restés célèbres ou de caricatures, et tantôt de l’inspiration même de Benjamin Lacombe qui insuffle à chaque fois une touche de modernité avec un sens du détail poussé à la perfection.

Quant aux reproductions des lettres, elles sont tout aussi soignées, imitant remarquablement l’écriture du XVIIIè siècle.

Un livre raffiné qui rend la reine très humaine, on la découvre très angoissée, certes dispendieuse mais aussi victime politique, contrainte de quitter les siens pour Versailles alors qu’elle n’a que 14 ans.

Un portrait très humain comme je le disais, bien loin de celui hautain qu’on pu en faire ses contemporains. Un album que je suis ravie d’avoir dans ma bibliothèque car je ne manquerai pas de le feuilleter encore et encore.

Mon seul bémol : qu’il soit trop court ! Mais si vous êtes fans de Benjamin Lacombe ou de Marie-Antoinette, voire des deux, ce bel album est pour vous.

La cuisine bretonne du commissaire Dupin – Jean-Luc Bannalec, Arnaud & Catherine Lebossé

Bienvenue à l’Amiral, le restaurant de prédilection de Georges Dupin, commissaire ronchon et imprévisible,  » caféinodépendant  » et amateur de homard mayonnaise pour résoudre ses enquêtes.

Vous savez, si vous me suivez depuis un moment déjà, qu’à chaque printemps, j’ai le bonheur de me plonger dans l’une des enquêtes du commissaire Dupin signées Jean-Luc Bannalec.

Ce commissaire épicurien et accro à la caféine 100% parisien se retrouve muté à Concarneau après une bisbille avec une huile de la PJ.

Chaque histoire a pour cadre un magnifique village ou île bretons : Un été à Pont-Aven, Étrange printemps aux Glénan ou Les marais sanglants de Guérande et rien que pour ça, les romans de Jean-Luc Bannalec valent la peine d’être lus car ils sont une vraie invitation à découvrir la Bretagne.

Mais venons-en maintenant à l’objet de cet article :  La cuisine bretonne du commissaire Dupin. Dans ce bel ouvrage en hardback édité par les éditions Presses de la Cité, Arnaud et Catherine Lebossé, propriétaires de l’Amiral à Concarneau, le QG de Dupin, nous présentent pas moins de cent recettes bretonnes.

De l’apéritif au dessert en passant par les entrées, les crustacés et coquillages, les poissons, les viandes et les incontournables crêpes, Jean-Luc Bannalec et les deux chefs nous invitent à nous régaler les papilles tout au long de l’année puisqu’il y a des plats tantôt hivernaux et tantôt estivaux.

On découvre les spécialités locales et les plats préférés du commissaire Dupin of course mais on apprend aussi à ouvrir les huitres, à distinguer crêpe et galette, à se familiariser avec la pêche à pied, à mieux connaître les poissons et coquillages bretons et où s’approvisionner en produits locaux.

Chaque recette est bien entendue agrémentée d’une photo du plat final et chaque fin de chapitre abondamment illustrée aussi de photos de paysages emblématiques des enquêtes de Dupin. Pour les petits curieux, j’ai posté quelques photos sur mon instagram.

Un livre de recettes indispensable si vous aimez la cuisine bretonne, que vous soyez un(e) inconditionnel(le) de Dupin ou non, cette bible trouvera une place dans votre cuisine comme elle a d’ores et déjà rejoint la mienne et je compte bien exécuter certaines recettes comme la poêlée de pétoncles, les filets de rouget grillés, le gâteau breton…

Un grand merci à Marie-Jeanne et aux éditions Presses de la Cité pour cette belle breizh initiative !