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Archive for the ‘Biographies, romans biographiques, Autobiographies’ Category

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Christine Kerdellant est journaliste. Directrice de la rédaction de L’Usine nouvelle après avoir été directrice adjointe de la rédaction de L’Express et directrice de la rédaction du Figaro Magazine, elle participe régulièrement à des débats télévisés et notamment à C dans l’air. Elle a écrit une quinzaine d’essais et de romans, dont Alexis, biographie romancée d’Alexis de Tocqueville.

Ingénieur et inventeur de génie, Gustave Eiffel a bâti des édifices sur toute la planète, de la statue de la Liberté au viaduc de Garabit, de la gare de Budapest au pont de Porto. Il a connu la gloire et la descente aux enfers, les têtes couronnées et la prison.

La construction de la Tour, clou de l’Exposition universelle de 1889, a constitué une incroyable aventure humaine et Gustave a dû se battre pendant vingt ans pour que son œuvre ne soit pas démolie.

Patron social avant l’heure, capable de risquer sa vie pour sauver un ouvrier de la noyade, il est devenu à soixante-dix ans un pionnier de la météorologie et de l’aéronautique, au point que ses découvertes lui ont valu l’équivalent du prix Nobel.

Veuf à quarante-cinq ans, il vouait un culte à sa fille Claire, mais n’a jamais oublié son amour de jeunesse, Adrienne Bourgès, retrouvée sur le tard.

Tout le monde connaît la tour Eiffel, mais personne ne connaît vraiment Gustave Eiffel, sa vie, son oeuvre car la tour a éclipsé l’homme, mondialement connu et reconnu de son vivant.

Avec La vraie vie de Gustave Eiffel, Christine Kerdellant, nous retrace le destin d’un homme hors du commun par son intelligence et son charisme, qui a marqué son époque.

Cette biographie romancée dévoile un personnage fascinant et pourtant méconnu, dont la créativité et les exploits industriels ont fait rayonner l’image de la France dans le monde entier.

En cinq cents pages, l’autrice qui s’est formidablement bien documentée, retrace l’existence de l’ingénieur Gustave Bönickhausen dit Eiffel depuis la cellule de sa prison où l’a conduit le scandale de Panama et où il commence la rédaction de ses mémoires.

On découvre Eiffel à différentes étapes de sa vie, de son enfance à ses études d’ingénieur, de sa rencontre avec sa femme et mère de ses cinq enfants, à la construction de sa grande oeuvre : la Tour inaugurée lors de l’exposition universelle de 1889.

Tout au long du récit, nous sommes aux côtés d’Eiffel, assistons à ses différentes réalisations, à sa bataille pour imposer et sauvegarder sa Tour qui devait être détruite sitôt les portes de l’exposition universelle refermées. On découvre sa modernité, sa poigne de fer mais aussi son humanisme, son engagement social envers ses employés.

L’autrice nous dit aussi tout des relations uniques qu’a noué Gustave Eiffel avec les femmes de sa vie : ses amours de jeunesse, son épouse Marguerite trop tôt disparue, sa soeur Marie et sa fille ainée Claire qui va régenter la maisonnée de son père jusqu’à son dernier souffle, sans doute la personne la plus importante de sa vie.

Christine Kerdellant qui connaît bien l’industrie nous offre ici une biographie romancée qui n’occulte jamais les détails techniques par ailleurs passionnants et qui reste agréable, facile à lire tout en étant riche d’enseignements. Si vous souhaitez découvrir la vie de Gustave Eiffel, je ne peux que vous la conseiller.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture passionnante !

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Véronique Poulain est l’auteur chez Stock d’un récit très remarqué, Les mots qu’on ne me dit pas, sur son enfance et son adolescence entre deux parents sourds. 

« Salut, bande d’enculés ! » C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison. Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds. Je vais leur prouver que je dis vrai. « Salut, bande d’enculés ! » Et ma mère vient m’embrasser tendrement.

Avec Les mots qu’on ne me dit pas, Véronique Poulain raconte sans tabou, avec un humour corrosif, son enfance aux côtés de ses parents sourds et muets. Son oncle Guy, lui aussi est sourd comme un pot.

Véronique et ses trois cousins et cousines sont entendants et les interprètes de leurs parents auprès des autres entendants.

Elle raconte des bribes du quotidien. Les sorties. Les vacances. Le sexe. D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie. D’une famille différente, un livre, pas comme les autres.

Ce court récit autobiographique vif, cru, piquant, mordant et tendre a connu un joli succès lors de sa publication il y a quelques années de cela déjà et il n’a pas eu le temps de croupir dans ma pal car aussitôt acheté, aussitôt lu.

Et je ressors de cette autobiographie plutôt séduite par la plume de Véronique Poulain et par la façon dont elle nous relate ses souvenirs, dont elle nous parle de ses parents et de la société en général face aux sourds et muets.

L’auteure a réussi à me captiver dès les premières pages et à me faire ressentir beaucoup d’émotions. J’ai ri, j’ai été touchée, émue ou révoltée par les anecdotes qu’elle partage et devant la réaction de certains entendants face au handicap de ses parents.

J’ai également beaucoup apprécié apprendre des choses sur les sourds muets que j’ignorais totalement, comme leur rapport totalement décomplexé face au corps et au sexe, à leur « voix », aux bruits qu’ils font…

Si comme moi, le handicap est un sujet qui vous intéresse beaucoup, je ne peux que vous conseiller ce témoignage à la fois intéressant et cocasse !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Karin Hann doctorante en lettres, membre du Grand Prix du roman historique, est l’auteur des romans historiques Althéa ou la colère d’un roi (Robert Laffont, 2010), Les Lys Pourpres (2012), Les Venins de la Cour (2013) et Raison Souveraine (2015) aux Éditions du Rocher.Elle est aussi membre du jury du prix Marcel Pagnol et auteur de deux livres de fond aux Éditions du Rocher : Marcel Pagnol, un autre regard (2014) et Passionnément Gainsbourg (2016), qui éclairent les oeuvres de ces écrivains.

1745. Jeanne-Antoinette Le Normant d’Étiolles, née Poisson, accède officiellement au statut de favorite du roi. C’est une véritable révolution de palais qui voit s’établir une femme de petite noblesse aux côtés de Louis XV.

La reine, qui a subi certaines humiliations avec les soeurs de Nesles et les enfants du roi, en premier lieu le Dauphin, lui battent froid et les mauvaises langues parient d’ailleurs sur la brièveté de sa faveur.

Or, grâce à son charme, à son intelligence, à sa jovialité et à sa bienveillance, celle qui est bientôt titrée marquise de Pompadour conquiert au contraire durablement le coeur du roi et devient, au-delà de l’alcôve, une éminence grise dont l’influence politique et artistique s’accroît inexorablement.

Bâtisseuse infatigable, esprit éclairé, esthète cultivée et raffinée, elle est l’amie des philosophes, des hommes de lettres, des scientifiques, des peintres et des musiciens, qu’elle protège, pensionne et encourage…

Reine des Lumières revient sur le règne de la marquise de Pompadour, de sa rencontre avec Louis XV à sa mort, vingt années plus tard.

Avec talent et érudition, Karin Hann nous livre, à travers une fresque romanesque très vivante, l’étourdissante chronique d’un règne singulier, à la rencontre des plus grandes figures qui l’ont éclairé.

Voltaire, Rousseau, Diderot, Casanova, Boucher, Beaumarchais, Buffon, le chevalier d’Éon, y côtoient l’audacieuse marquise dont l’éclat incomparable rayonne sur cette époque foisonnante.

Femme attachante et mystérieuse, madame de Pompadour intrigue et séduit, car plus encore que la favorite du roi, elle fut bel et bien la reine du siècle des Lumières !

Le titre choisi par Karin Hann est très à propos car si Marie Leszczynska était reine de France, celle qui a régné sur le coeur de Louis XV et sur les Lumières, c’est bel et bien madame de Pompadour. Maîtresse du roi, elle réussit le tour de force de quitter son lit sans rien perdre de son aura.

Bien au contraire, elle fut une infatigable ministre des arts et lettres au temps où ce portefeuille n’existait pas. Mécène, amie de Marivaux, Voltaire et Montesquieu, elle défendra L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert et soutiendra la création de la manufacture de Sèvres.

Elle fera et défera des ministres, se mêlera de diplomatie, toujours aux côtés du roi qui avait confiance en elle. Madame de Pompadour s’occupera aussi des menus plaisirs du roi, une fois qu’elle ne sera plus que l’amie de Louis XV.

Personnalité fascinante aux multiples facettes contée avec talent par Karin Hann, ce roman retrace brillamment le règne de cette femme autant décriée par la famille royale que par le peuple qui se régalaient des Poissonnades.

Pour résumer, un très bon roman biographique, idéal pour celles et ceux qui ne connaissent pas cette figure des Lumières. Pour ma part, j’ai assez peu appris mais je ressors enchantée de cette lecture. Cette plongée à la cour de Louis XV, une époque que j’adore, m’a comblée.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois 

Michelle Marly a longtemps vécu à Paris et habite aujourd’hui entre Berlin et Munich. Mademoiselle Coco et l’eau de l’amour est un immense succès en Allemagne avec plus de 300 000 exemplaires vendus.

Hiver 1919-1920. Après la perte brutale et tragique du grand amour de sa vie, Boy Capel qui a trouvé la mort alors qu’il sillonnait la Côte d’Azur à bord de son auto, Gabrielle Chanel, dévastée par le décès de l’homme de sa vie, traverse une terrible crise existentielle.

Ni ses amis les plus proches, Misia et José Maria Sert, ni son travail dans lequel elle se jette corps et âme, ne réussissent à la sortir d’une tristesse profonde. Jusqu’au jour où elle se rappelle leur dernier projet commun : créer sa propre eau de toilette.

Bien que Coco ne connaisse rien au métier des grands parfumeurs, elle va se lancer dans cette folle aventure afin de rendre un hommage éternel à l’homme perdu. Sa persévérance va lui permettre de repousser ses limites, et l’aider peu à peu à revenir parmi les vivants.

Avec l’aide de son nouvel amant, Dimitri Romanov, prétendant au trône de Russie, elle va donner naissance à une des plus grandes et des plus belles créations de la parfumerie, le N°5, qu’elle compte offrir à ses meilleures clientes…

Gabrielle Chanel est à mes yeux l’une des figures les plus fascinantes du vingtième siècle. Née pauvre, elle va mener une vie libre et se hisser au sommet de la mode en révolutionnant la garde-robe des femmes tout au long de sa carrière.

Je n’ai donc pas pu résister à l’envie de me procurer et lire dans la foulée Mademoiselle Coco et l’eau de l’amour de Michelle Marly, qui a également écrit sur Maria Callas, Edith Piaf et Romy Schneider.

Plutôt que de nous raconter par le menu la longue vie de Mademoiselle, l’autrice a eu la bonne idée de se consacrer sur une courte période, charnière, dans l’existence de la couturière.

Dans ce roman, nous allons suivre Coco du 22 décembre 1919, jour où Boy Capel se tue, à 1922, date à laquelle le célébrissime n°5 nait. Une courte période particulièrement passionnante que Michelle Marly fait revivre avec brio.

Nul doute que la romancière allemande se soit particulièrement bien documentée sur la vie de Coco mais aussi sur ses amis et sur la vie culturelle intense que connait la capitale à cette époque bouillonnante du début des années 20 !

Même si il y a quelques longueurs, j’ai beaucoup aimé ce roman et l’atmosphère qui s’en dégage. Suivre Coco dans ce projet de parfum se révèle passionnant et très instructif.

Le style de l’autrice est fluide et j’ai tourné les pages avec beaucoup de plaisir, voyageant avec la modiste de Paris à Venise, du Ritz à Monte-Carlo.

Bien que Michelle Marly ait du parfois romancer les évènements de la vie de Coco, ce récit à la toile de fond historique de qualité, est formidable pour celles et ceux, qui comme moi, aiment cette période de notre histoire.

On y croise les ballets russes de Diaghilev, Jean Cocteau, Pablo Picasso, Igor Stravinski, les russes blancs de Paris et de Nice. On apprend pourquoi Gabrielle avait fait du 5 son chiffre fétiche, la naissance du célèbre logo Chanel et ses deux C entremêlés et surtout comment elle a crée son parfum qui reste cent ans après, l’une des fragrances les pus vendues au monde.

Vous l’aurez compris, j’ai passé un très moment avec Mademoiselle et je vous recommande ce roman distrayant et instructif !

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Avocate pendant dix ans, passionnée d’histoire et d’archéologie, l’Américaine Marie Benedict a écrit plusieurs romans historiques. Après Madame Einstein, paru aux Presses de la Cité en 2018, La femme qui en savait trop est son deuxième livre publié en France.

Vienne, 1933. À 19 ans, Hedy Kiesler, séduisante actrice d’origine juive, fait un triomphe dans une pièce de théâtre consacrée à l’impératrice Sissi. Elle tente de faire oublier son rôle scandaleux dans le film Extase où elle apparaissait entièrement nue.

Un admirateur lui offre tous les soirs des fleurs, Friedrich Mandl à une réputation sulfureuse et la séduisante Hedy succombe bientôt. Son père la met en garde, l’homme est puissant et côtoie les fascistes italiens.

Hedy finit par épouser quelques semaines plus tard le riche marchand d’armes bien qu’elle doive mettre une croix sur sa carrière d’actrice, elle devra être son épouse et rien d’autre. Conscients de la menace qui vient d’Allemagne, ses parents cherchent, par ce mariage, à la protéger.

Malheureusement, Mandl s’avère être un homme possessif, violent et opportuniste, qui fraye bientôt avec les nazis. Horrifiée, Hedy parvient à s’enfuir et s’installe aux États-Unis, où elle devient Hedy Lamarr, superstar hollywoodienne.

La jeune femme ne peut cependant oublier l’Europe et décide de contribuer à sa façon à l’effort de guerre. Celle qui est aussi une scientifique de talent met alors au point avec le compositeur George Antheil, un système de codage des transmissions révolutionnaire, utilisé de nos jours pour la téléphonie mobile ou le Wifi…

Comme avec Madame Einstein, Marie Benedict nous propose avec La femme qui en savait trop, un roman biographique qui retrace, non pas la vie complète de l’actrice Hedy Lamarr, mais seulement une période de dix ans pendant lesquels la jeune femme épouse son premier mari, puis son second (elle en aura six !) et met surtout au point son système de codage sans lequel nous ne pourrions peut-être pas avoir de téléphone mobile et d’internet !

Hedy Lamarr a une plastique parfaite, elle fut couronnée femme la plus belle du monde, mais elle a surtout une tête bien faite. Pour autant, elle ne sera pas prise au sérieux par l’armée américaine qui la renverra aux collectes de fonds et autres soirées organisées pour soutenir le moral des troupes alors que son invention aurait pu éviter aux sous-marins de se faire torpiller.

Dans ce récit à la première personne, très bien documenté, Marie Benedict redonne vie à une femme hors du commun, dont le plus grand rôle fut oublié, voire ignoré, durant des décennies avant d’être récompensé à la toute fin des années 1990, alors qu’Hedy est au soir de sa vie.

Malgré le faste et les mondanités, Hedy, impuissante à enrayer la solution finale qui frappe ses compatriotes, ne peut oublier l’Europe et décide de contribuer à sa façon à l’effort de guerre. On découvre une femme indépendante, très intelligente, qui fait de la science pour se divertir, qui veut bousculer les codes du glamour, prouver qu’on peut être belle et savoir se servir de son cerveau.

Elle va malgré tout se heurter à la société patriarcale de son époque qui ne va pas accorder le moindre crédit à la plus belle femme du monde. Une scientifique une fois de plus invisiblisée par les hommes et qui ne gagnera pas à sou grâce à son brevet qui tombera peu à peu dans l’oubli.

Avec ce roman, Marie Benedict révèle, au-delà des apparences, une femme au destin hors du commun. Si vous ne connaissez pas encore Hedy Lamarr, jetez-vous sur ce roman !

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour cette lecture instructive et passionnante !

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Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, est né en 1977, sous le soleil de la Seine-Saint-Denis.Enfant, il veut devenir prof de sport. Mais la vie lui réserve un autre destin. Armé d’une béquille et d’un stylo, il se lance dans la musique : en 2006, son premier album, Midi 20, se vend à plus de 600 000 exemplaires et l’artiste est primé deux fois aux Victoires de la musique.

À tout juste 20 ans, alors qu’il est animateur dans une colonie de vacances du sud de la France, Fabien heurte le fond d’une piscine. Transporté à l’hôpital, il restera un mois dans le coma.

Les médecins diagnostiquent alors à ses parents une probable paralysie à vie. Pour un sportif comme Fabien qui rêve de devenir professeur d’E.P.S, c’est le drame absolu. Heureusement pour lui, le pronostic médical est erronné et, grâce à son kiné et à son ergothérapeute, il va peu à peu récupérer de la mobilité.

Autant vous le dire d’emblée, je ne prise pas le slam et je ne suis absolument pas une admiratrice de Grand Corps Malade, que je trouve au demeurant, bien sympathique. Tout ça pour dire que je n’aurai probablement jamais lu Patients si mon Sami-Chameau n’avait du le lire dans le cadre de son programme de 3ème. Et comme il fallait le motiver un peu, je l’ai accompagné et je ne le regrette pas du tout !

Dans un style poétique drôle et incisif, Grand Corps malade relate les péripéties vécues avec ses colocataires d’infortune lors de sa première année passée un centre de rééducation de la région parisienne.

Jonglant avec émotion et dérision, ce récit est avant tout celui de sa renaissance. Il y raconte le combat qu’il livre contre sa paralysie, l’acceptation de faire une croix sur l’avenir qu’il avait imaginé mais aussi son quotidien dans ce centre où se côtoient tétraplégiques, paraplégiques, grands brûlants et traumatisés craniens de toutes sortes.

Avec beaucoup d’humour, il raconte l’horreur vécue par ces colocataires, la réalité crue et sans fard du handicap physique. Avec lui, on découvre les lieux, les personnels soignants (infirmiers, aide-soignants, kiné, ergothérapeute, médecin), les autres patients, au fur et à mesure que son état s’améliore.

Il va y nouer des amitiés avec Farid, Toussaint et les autres, y faire des parties endiablées de tétra-boxes, faire quelques échappées en fauteuil roulant, nous raconte les problèmes rencontrés par les handicapés et les solutions, quand il y en a. Et finalement ce n’est pas tant son histoire qu’il raconte, mais celle de chaque handicapé qui le côtoie.

Avec pédagogie, pudeur, mais surtout beaucoup d’humour et de pragmatisme, il nous relate la vie au jour le jour des paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, grands brûlés et autres handicapés neurologiques.

Un récit court et percutant qui m’a beaucoup plu et que je vous encourage à découvrir à votre tour si cette thématique du handicap vous intéresse.

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Évelyne Brisou-Pellen est née en Bretagne et, hormis un petit détour par le Maroc, elle y a passé le plus clair de son existence. Elle a écrit beaucoup de contes et de romans, publiés chez divers éditeurs (Gallimard, Bayard, Hachette, Rageot, Nathan, Pocket, Milan, Casterman, Flammarion, Millefeuille, Belin…) Elle est notamment l’autrice de la série « Le Manoir’ chez Bayard Jeunesse, dont les six tomes de la première saison se sont vendus à plus de 184 000 exemplaires à ce jour.

Sacré phénomène, Isadora Duncan ! À six ans, elle improvise une petite école de danse, à onze, elle donne de vrais cours, inventant ce qui deviendra la danse moderne.

En attendant le succès, malgré son jeune âge, elle doit faire des prouesses pour trouver de quoi manger à sa famille (tous des originaux, qu’elle adore !) et de quoi payer le loyer, sous peine qu’ils se retrouvent tous les cinq à la rue…

Isadora Duncan fait partie des icones de la Belle-Epoque qui me fascinent. Il y a plusieurs années de cela, j’avais lu une biographie très complète et découvert une femme libre et indépendante marquée par les deuils, qui connut une fin tragique.

Avec Danse, Isadora ! Evelyne Brisou-Pellen revient sur l’enfance de la danseuse américaine, de sa découverte de la danse à son départ pour l’Europe où elle va connaître la gloire.

Un peu court pour ceux qui souhaitent se familiariser davantage avec la carrière d’Isadora mais idéal pour les jeunes lecteurs à qui est destiné ce texte, qui découvriront une femme hors du commun et un message : croyez en vous et en vos rêves, ils se réaliseront !

L’histoire plaira aux 12 ans et plus qui s’apercevront que l’enfance d’Isadora ressemble un peu à la leur. Née en 1877 à San Francisco, elle est la benjamine de quatre enfants, élevée dans une famille monoparentale éprise d’arts mais pauvre. Elle révolutionne la pratique de la danse par un retour au modèle des figures antiques grecques.

Par sa grande liberté d’expression, qui privilégie la spontanéité, le naturel, elle apporte les premières bases de la danse moderne européenne, à l’origine de la danse contemporaine.

Influencée par son frère Raymond Duncan sur un retour à l’hellénisme et le culte du corps, elle a redonné toute sa place à la beauté, à l’harmonie du corps, osant s’exhiber presque nue, dissimulée seulement par quelques voiles.

Avec cette biographie romancée très bien documentée, Evelyne Brisou-Pellen nous dépeint une enfant puis une jeune fille débrouillarde et courageuse, loin des conventions de son époque.

Pédagogue, elle ouvre, avec sa soeur, une école de danse où les cours sont gratuits, pour populariser son art et se fiche comme d’une guigne de l’argent, elle réinvestit toujours ce qu’elle gagne. L’important pour elle est de se produire, de faire des tournées…

Elle va connaître bien des échecs et des écueils mais saura toujours rebondir. Une figure du début du XXè siècle très intéressante à découvrir et c’est tant mieux qu’Evelyne Brisou-Pellen se soit emparée d’elle pour en faire l’héroïne de ce sympathique roman. J’espère qu’il permettra aux jeunes lecteurs et lectrices, danseurs ou non, de découvrir celle qui a fait entrer la danse dans la modernité.

Un grand merci aux éditions Scrinéo pour cette lecture disponible dès aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Annabel Abbs s’est imposée comme la nouvelle auteure anglaise de romans biographiques à succès. Son premier titre, The Joyce Girl, a été publié dans huit pays et a reçu le Impress Prize pour les nouveaux auteurs en 2015. Frieda est son deuxième roman.

En 1912, une jeune baronne allemande vivant à Nottingham avec son mari Ernest Weekley, un philologue britannique commet l’irréparable : elle quitte son confortable foyer et ses trois adorables enfants pour vivre son amour.

La décision de Frieda von Richthofen va donner naissance à l’un des plus grands scandales de son temps. Son histoire va inspirer son second mari, D.H Lawrence, son très sulfureux roman L’amant de Lady Chatterley.

Mais qu’est-ce qui peut pousser une femme à quitter ses enfants ? Quel amour peut être plus fort que celui d’une mère ?

A travers la vie de Frieda, Annabel Abbs dépeint avec finesse la condition féminine au début du XXè siècle, époque où la femme avait peu de rôle à jouer. Frieda von Richthofen est la troisième fille du baron Friedrich Ernst Emil Ludwig von Richthofen.

La famille est aisée et évolue dans les meilleurs cercles de Munich jusqu’à ce que le père perde toute leur fortune. Frieda est privée de dot et se marie bien en-dessous de son rang avec un professeur anglais dont le père est pasteur. Elevée dans la foi catholique, elle fait ce que l’on attend d’elle : tenir sa maison et mettre au monde des enfants.

Jusqu’à la visite d’une de ses soeurs qui lui apprend qu’elle mène une vie libre avec son mari, chacun s’épanouissant dans une vie sexuelle débridée avec d’autres partenaires mais aussi dans une vie intellectuelle brillante.

Frieda se rend compte alors combien sa vie est étriquée, coincée entre ses devoirs domestiques et son mari, très prude, qui ne la touche quasiment jamais. Son séjour à Munich va être le déclencheur de sa vie future. Une vie qu’elle veut libre, sans entrave.

Je n’ai jamais lu L’amant de Lady Chatterley et je ne connaissais absolument pas la vie de Frieda et ce personnage m’a séduite. Cette personnalité hors norme est mise en lumière par Annabel Abbs et on découvre une femme exceptionnelle et une histoire d’amour devenue symbole de libération sexuelle.

L’autrice aborde aussi les tourments de l’amour maternel, de la rivalité entre soeurs et d’une vie sacrifiée sur l’autel du génie littéraire. Plus encore qu’une biographie parfaitement documentée, c’est un page-turner bouleversant.

L’histoire s’étend de 1907 à 1914 et si j’ai globalement beaucoup apprécié cette lecture et son héroïne pour laquelle j’ai eu beaucoup d’empathie, j’ai passablement détesté D.H Lawrence, son égoïsme envers Frieda qui contraint sa muse à abandonner ses enfants et qui ne doit aimer que lui, quel horrible personnage et quel sacrifice inhumain à exiger d’une mère !

A travers l’histoire de Frieda, nous suivons la destinée d’une femme moderne à une époque, dans un milieu social et un pays où ce n’était pas acceptable.

Partagée entre son amour de la vie et celui de ses enfants, divisée entre son milieu social d’origine, noble, où les femmes sont également plus libres d’esprit et de corps et celui imposé par son mari, allemande étrangère en Angleterre alors que la guerre approche, Frieda est écartelée face à ses envies et ses choix !

Un portrait passionnant d’une femme moderne et libre, en avance sur son époque et qui en a payé le prix.

Un grand merci aux éditions H.C et à Agnès Chalnot pour cette découverte !

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Guy Goffette est un poète et écrivain belge. Il a été tour à tour enseignant, libraire, éditeur des cahiers de poésie Triangle et de L’Apprentypographe. Il a parcouru nombre de pays d’Europe avant de poser ses valises à Paris où il vit actuellement. Il est lecteur chez Gallimard, où sont édités la plupart de ses ouvrages.

Paris, décembre 1893. La jeune Maria Boursin manque de se faire écraser par un tramway, sauvée de justesse par un jeune peintre qui a le coup de foudre : Pierre Bonnard.

Cette rencontre va être décisive : Maria rebaptisée Marthe de Méligny, c’est le nom d’emprunt qu’elle a endossé en fuyant le Berry, va devenir la muse et le modèle préféré de Bonnard. Et son épouse quelques décennies plus tard.

Pierre Bonnard va inlassablement peindre Marthe nue et dans la splendeur de sa jeunesse même lorsque celle-ci sera depuis longtemps éteinte. Si parmi ses amis les nabis, il n’est pas le plus connu, lui qui a vénéré les impressionnistes, va tracer son chemin personnel à l’écart des avant-gardes qui suivront : fauvisme, cubisme, surréalisme.

Il produit énormément et connaît le succès dès le tournant du siècle. Pour autant, il va peu à peu se couper de ses amis proches tels que Vuillard, Marthe ayant de l’emprise sur lui. La muse est très jalouse et vit volontiers en ermite avec son homme et Bonnard l’accepte même si il a des périodes de voyages qui l’emmène loin de Paris.

Avec Elle, par bonheur et toujours nue et en une centaine de pages, Guy Goffette, de son écriture belle et éminemment poétique, nous raconte Pierre et Marthe Bonnard. Plus volontiers Pierre car Marthe reste un mystère plus de quatre-vingt ans après sa mort, nous ne savons d’elle que bien peu de choses.

J’ai beaucoup aimé ce court récit, petit bijou ciselé, qui nous fait entrer dans l’intimité du peintre que je ne connaissais que de nom. Loin de la biographie classique, Guy Goffette nous donne à lire une évocation toute en finesse, en subtilités, de la vie d’artiste de Bonnard.

On y rencontre ses amis et Marthe, représentée plus de 150 fois dans les oeuvres de son mari. Par petites touches, telles un peintre, l’auteur nous fait entrer dans l’atmosphère feutrée du couple tantôt sur les boulevards parisiens, tantôt dans l’atelier du peintre, dans leur maison normande ou dans leur retraite ensoleillée du Cannet.

J’ai été immédiatement happée par ce récit qui donne une irrépressible envie de revoir toute l’oeuvre de Bonnard. J’ai adoré m’immerger dans le paris bohème de la Belle Epoque, côtoyer les Nabis et Toulouse-Lautrec, me glisser dans cette belle histoire d’amour et de fidélité entre le peintre et sa femme.

Une biographie romancée délicate et poétique que je ne peux que vous conseiller si vous vous intéressez à la peinture !

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Paulo Coelho, l’un des écrivains les plus lus dans le monde, est né en 1947 à Rio de Janeiro. Ses livres ont été traduits en quatre-vingts langues et publiés dans cent soixante-dix pays. L’Alchimiste, paru en 1988 au Brésil, est un best-seller mondial. En 2007, il a été nommé Messager de la paix de l’ONU. Également membre de l’Académie brésilienne des lettres, il a reçu de nombreux prix et décorations.

Paris, 15 octobre 1917. Il est un peu moins de cinq heures du matin, lorsque l’on extrait de sa cellule de la prison de St Lazare, Margaretha Geertruida Zelle plus connue sous le nom de Mata Hari.

On l’informe que son recours en grâce auprès du président Raymond Poincaré a été rejeté, elle va être aussitôt menée au peloton d’éxécution. L’ancienne danseuse exotique accepte son sort et fera montre d’un grand courage en refusant le bandeau et en envoyant des baisers aux poilus.

La veille, elle a écrit une longue lettre (fictive) à son avocat et ancien amant maître Clunet. Elle raconte son mariage raté avec Rudolf John MacLeod, son séjour à Java et son arrivée à Paris sans un sou en poche.

Rebaptisée Mata Hari et introduite par Guimet sur la scène éxotique, s’impose rapidement comme une danseuse vedette du début du XXe siècle.

Insaisissable et indépendante, elle séduit le public, ensorcelle les hommes les plus riches et les plus puissants de l’époque. Mais son mode de vie flamboyant fait scandale et attire bientôt les soupçons tandis que la paranoïa s’empare du pays en guerre.

Arrêtée en 1917 dans sa chambre d’hôtel sur les Champs-Elysées, elle est accusée d’espionnage malgré ses dénégations et sans la moindre preuve de sa trahison…

Ayant un véritable intérêt pour la Belle Epoque et ses figures emblématiques, je me réjouissais d’en apprendre davantage sur l’une des plus célèbres danseuses de cette période : Mata Hari.

Sa vie libre, le métier d’effeuilleuse qu’elle a popularisé, ses amours, sa beauté et sa fin tragique et prématurée font qu’elle reste célèbre et intrigante un siècle après son décès.

Avec L’espionne, Paulo Coelho fait entendre la voix de Mata Hari, nous conte l’histoire inoubliable d’une femme qui paya de sa vie son goût pour la liberté. Loin d’être une biographie rigoureuse et détaillée, l’auteur brésilien a préféré opter pour un roman qui présente brièvement certains moments clés de la vie de son héroïne.

Et pourtant, je ressors bien déçue de cette lecture, attendant bien plus de ce roman que ce nous offre Paulo Coelho. Raconter l’histoire de Mata Hari par le biais d’une série de lettres écrites à son avocat depuis la prison de Saint-Lazare dans les deux premières parties et du point de vue de l’avocat pour la troisième et dernière partie, est un procédé narratif banal mais ce n’est pas ça qui m’a gêné.

Le titre tout d’abord m’a induit en erreur : je pensais que l’auteur se concentrerait sur la guerre et sur les éléments qui ont permis son arrestation et il n’en est rien. On fait des sauts de puce dans l’existence de Mata Hari mais sans aucune date, ce qui donne un aspect brouillon au roman.

La partie concernant la guerre proprement dite est vite expédiée, l’auteur part du principe, à raison, que Mata Hari était innocente et qu’elle a été condamnée à cause de sa réputation sulfureuse et de ses mensonges répétés.

Le style de Paulo Coelho est poussif, indigeste et malgré la petitesse du volume, j’ai eu du mal à en venir à bout en dépit de mon intérêt réel pour Mata Hari !

Vous l’aurez compris, un roman biographique qui m’a beaucoup déçue et que je ne vous conseille pas.

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