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Archive for the ‘Biographies, romans biographiques, Autobiographies’ Category

Ingénieure en informatique, Catherine Dufour publie Blanche Neige et les lance-missiles, premier tome du cycle Quand les dieux buvaient (prix Merlin), qui l’a imposée, avec son roman de science-fiction Le Goût de l’immortalité (prix Bob Morane, Rosny aîné, prix du Lundi et Grand Prix de l’Imaginaire), comme une figure centrale de l’imaginaire actuel français. Elle a depuis été récompensée par le prix Masterton pour son roman Entends la nuit, et les prix Imaginales et Bob Morane pour Danse avec les lutins.

Ada Lovelace, fille du poète Lord Byron, est une lady anglaise perdue dans les brumes du XIXe siècle. Nous voilà cent ans avant le premier ordinateur, et personne ne se doute que cette jeune femme maladive, emprisonnée dans un corset, étouffant entre un mari maltraitant et une mère abusive, s’apprête à écrire le premier programme informatique au monde.

À vingt-cinq ans, déjà mère de trois enfants qu’elle n’aime guère, Ada Lovelace se prend de passion pour les mathématiques. Elle rencontre Charles Babbage, qui vient de concevoir une machine à calculer révolutionnaire pour l’époque.

C’est en la voyant qu’Ada a soudain l’intuition de ce qui deviendra l’informatique. Sans elle, pas d’Internet, pas de réseaux sociaux, pas de conquête de l’espace…

Catherine Dufour nous propose avec Ada ou la beauté des nombres une biographie truculente, la première consacrée à Ada Lovelace en français.

Vous le savez, j’aime beaucoup la thématique de l’invisibilisation des femmes par les hommes dans l’histoire et plus particulièrement dans les sciences où les femmes sont déjà si peu représentées et où leurs travaux et découvertes ont beaucoup été pillés par leurs collègues masculins.

Je vous ai déjà présenté plusieurs romans, biographies, essais ou bandes dessinées qui retracent les trajectoires de ces femmes ayant contribué à l’avancée de la science et j’attendais avec impatience la parution en poche de cette courte biographie tant j’étais curieuse de découvrir Ada Lovelace, pionnière de l’informatique.

Catherine Dufour met ici en lumière le destin méconnu d’une femme qui a marqué notre civilisation par son génie et son audace. Ses collaborations avec les mathématiciens les plus brillants de son époque comme Charles Babbage qui fut le premier à énoncer le principe d’un ordinateur, Mary Somerville et Auguste De Morgan sont au coeur de ce récit.

J’ai découvert une femme née des amours malheureuses du poète Lord Byron et d’Annabella Milbrank surnommée la princesse des parallélogrammes. Ada a reçu une solide éducation. Sa mère, mathématicienne, y a veillé mais au lieu de favoriser le don de sa fille, elle a passé son temps à la rendre malade et à l’infantiliser.

Cette même mère s’entendra à merveille avec son gendre pour continuer à malmener Ada qui ne s’épanouit ni dans le mariage ni dans la maternité. Seule compte pour elle les mathématiques et sa courte vie sera tournée vers les calculs. Malheureusement sa santé précaire et ses ennuis pécuniers car son riche mari lui verse une ridicule pension, vont l’empêcher d’aller plus loin dans ses travaux.

Elle a tout de même eu le temps d’écrire le premier programme publié, destiné à être exécuté par une machine, ce qui fait considérer Ada Lovelace comme la première programmatrice du monde. 

Tombés dans l’oubli, Ada Lovelace et ses travaux furent exhumés avec l’avènement de l’informatique. Et c’est en son hommage qu’on a appelé Ada le langage de programmation conçu entre 1977 et 1983 pour le département de la Défense américain.

Si elle est assez connue dans les pays anglo-saxons et en Allemagne, notamment dans les milieux féministes, elle l’est moins en France, mais de nombreux développeurs connaissent le langage Ada, nommé en son honneur.

Pour moi qui ne connaissait aucunement la vie d’Ada, cette biographie synthétique fut très instructive et vraiment agréable à lire car Catherine Dufour l’a écrit dans un style très actuel en parsemant son texte de nombreux traits d’humour et de geekeries.

L’autrice montre la place très inconfortable des femmes dans cette société anglaise et à cette époque, éternelles mineures passant de la tutelle de leur père ou mère à celle de leur époux voire de leur fils, si Dieu leur prête longue vie.

Tout est bien contextualisé, avec des exemples provenant de l’entourage direct d’Ada. Elle retrace également son ascendance, revient sur ses mentors, ses enfants, son intimité et surtout sur ses travaux, notamment sa fameuse note G.

Une biographie que je vous recommande si vous souhaitez entrer dans l’intimité de cette mathématicienne de génie, y compris si vous êtes nulle en maths comme moi, ce n’est jamais aride ni rébarbatif !

Lu dans le cadre du Mois Anglais :

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Aîné d’une fratrie de cinq, le jeune Vincent est doué pour le dessin mais connaît des difficultés relationnelles dès l’enfance. Tour à tour employé d’un marchand d’art puis pasteur dans une ville de mineur, il trouve finalement sa voie grâce à son frère Théo.

Convaincu du talent de son aîné, ce dernier lui conseille de devenir peintre et lui promet de le soutenir financièrement. Après un passage à Paris où il rencontre de nombreux artistes en vogue, Van Gogh part s’installer à Arles pour y peindre au calme.

Cependant, sa santé mentale se détériore petit à petit et chaque contrariété provoque en lui des crises de démence, qui le précipiteront vers son décès prématuré à l’âge de 37 ans.

Si je ne suis pas férue de mangas, j’en lis très rarement, mes ados, eux, les adorent. Aussi, lorsque je suis tombée sur cette biographie du peintre Vincent Van Gogh, j’étais sûre qu’il allait nous plaire à tous les trois et c’est bel et bien ce qui s’est passé !

Si mon ado n°2 apprécie peu l’art, mon aîné l’aime beaucoup, particulièrement la peinture de la fin du XIXè comme sa maman, et son peintre préféré est justement Vincent !

Faire le pari de raconter la vie de ce peintre en cent pages peut sembler impossible sur le papier mais le pari est relevé et j’en suis la première surprise.

Cet ouvrage est idéal pour initier le jeune public à Van Gogh. L’ouvrage a beau être bref, Shouko Fukaki aux dessins, et Taiji Kimura au scénario, synthétisent assez bien la vie du peintre pour offrir une première approche intéressante.

Les auteurs reviennent sur les points importants de la destinée de l’artiste flamand, ce qui permet de bien cerner la personnalité et le parcours tumultueux de Vincent, venu à la peinture sur le tard.

Et en à peine dix ans, il va réaliser plus de 2000 toiles et dessins et laisser une trace indélébile dans l’art contemporain. Post-impressionniste, il sera l’ami des impressionnistes des pointillistes et le précurseur des fauvistes et des expressionnistes.

Les auteurs s’attardent sur des épisodes incontournables de la vie de Vincent, sur ses amours et expériences professionnels ratés, sur sa relation conflictuelle avec Gauguin, ses aspirations, ses influences mais aussi sur le lien très fort qui l’unissait à Théo qui ne survivra que six mois à son illustre frère.

Le dossier en fin d’ouvrage est également très intéressant et revient sur sa famille, les dates clés de la vie de Vincent, le contexte historique, les différents mouvements picturaux, etc.

Ce titre consacré à Van Gogh fait partie de la collection Les grands noms de l’histoire en manga qui comprend à ce jour des volumes sur Napoléon, Marie-Antoinette, Cléopâtre, Jeanne d’Arc et Mozart, si ils sont aussi bien réalisés que celui-ci, je ne peux que vous les conseiller.

Vous l’aurez compris, cette vulgarisation sous forme de manga est une très bonne idée et un chouette concept pour intéresser les enfants et les ados à l’Histoire !

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Vincent Duluc est l’auteur chez Stock de trois récits très remarqués et salués par la presse (Le Cinquième Beatles, Un printemps 76 et Kornelia). Il est le leader de la rubrique football de L’Équipe depuis plus de vingt ans.

Ils étaient plus que des stars de cinéma. Ils étaient le couple rêvé, un feuilleton national. Entre 1930 et 1940, Carole Lombard et Clark Gable incarnaient une certaine idée du bonheur et Hollywood qui aimait les chimères était à leurs pieds.

Carole Lombard était le glamour, elle était drôle, parlait comme un marin, imposait sa loi. Son charme agissait comme un sortilège, sur certaines photos elle était presque nue et on ne regardait que ses yeux.

Clark Gable était l’homme qui embrassait les femmes, une aura reposant toute entière sur un geste originel, une manière d’agripper sa partenaire par le bras, qui disait où était le pouvoir, où était l’électricité.

Il était la star de  Autant en emporte le vent, elle irradiait dans La Joyeuse suicidée, ils s’étaient rencontrés sur le plateau d’Un mauvais garçon. Il est possible que tous les deux aient eu moins de partenaires à l’écran que dans la vraie vie. Ils essayeraient de rester ensemble au milieu du désir des autres, dans ces existences irréelles que les studios contrôlaient et inventaient, même.

Du fantasme à l’envers du décor, de l’ironie à la tendresse, ce serait Elle & Lui, et puis Lui sans Elle, une succession de remords et de rédemptions, un crépuscule essoufflé, avant de s’allonger à ses côtés sous le marbre de Los Angeles.

Vous l’ignorez sans doute mais j’aime beaucoup l’histoire d’Hollywood des années 1910 à 1950 et surtout les films de ces années-là, notamment les screwball comedy des 30’s et 40’s, genre dans lequel Carole Lombard excellait.

J’ai donc jeté mon dévolu sur Carole & Clark, curieuse d’en apprendre plus sur cette actrice, drôle et libre, d’une beauté époustouflante, et sur le couple qu’elle a formé avec Gable de 1939 jusqu’à sa mort en janvier 1942.

Vincent Duluc nous fait côtoyer ces deux stars dans leur intimité, montre leurs caractères, leurs défauts et je dois avouer qu’en lisant ce roman, les bras m’en sont tombés ! Comment Carole Lombard a-t-elle pu tomber amoureuse d’un homme comme Gable ? Je ne me l’explique pas !

Elle si solaire, brillante, intelligente, qui adorait donner des fêtes, démocrate et libre. Lui, le républicain si ladre, obsédé par la peur de la pauvreté, qui collait ses trop grandes oreilles, avait un dentier et qui la trompait sans vergogne ! On est loin du glamour du King of Hollywood et de la MGM.

Quel couple m’a assorti et pourtant, ils s’aimaient profondément et Gable, qui se remarie deux fois encore, restera inconsolable du décès si brutal de Carole.

Si j’ai appris quelques petites choses sur Carole et Clark dont on suit les vies en parallèle et finalement assez peu sur leur couple à proprement parler, j’ai trouvé ce livre tout de même bien décevant.

C’est un roman bourré d’anecdotes certes parfois intéressantes et de commentaires de l’auteur dont on aurait pu se passer, mais qu’il est mal écrit. Les phrases sont alambiquées, absolument pas fluides. Le récit est décousu, j’ai du relire certains passages pour en comprendre le sens, l’auteur s’attarde sur des faits sans importance, désireux de montrer l’envers du décor mais en oublie son sujet principal, etc.

J’ai eu davantage l’impression de lire une compilation d’articles mis bout à bout et tant pis si ils ne collent pas les uns aux autres, et en aucun cas, un roman bien construit.

Dommage pour ces deux monstres sacrés qui méritaient mieux que cette biographie romancée particulièrement décousue et au final, plus ennuyeuse qu’enrichissante.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Christine Kerdellant est journaliste. Directrice de la rédaction de L’Usine nouvelle après avoir été directrice adjointe de la rédaction de L’Express et directrice de la rédaction du Figaro Magazine, elle participe régulièrement à des débats télévisés et notamment à C dans l’air. Elle a écrit une quinzaine d’essais et de romans, dont Alexis, biographie romancée d’Alexis de Tocqueville.

Ingénieur et inventeur de génie, Gustave Eiffel a bâti des édifices sur toute la planète, de la statue de la Liberté au viaduc de Garabit, de la gare de Budapest au pont de Porto. Il a connu la gloire et la descente aux enfers, les têtes couronnées et la prison.

La construction de la Tour, clou de l’Exposition universelle de 1889, a constitué une incroyable aventure humaine et Gustave a dû se battre pendant vingt ans pour que son œuvre ne soit pas démolie.

Patron social avant l’heure, capable de risquer sa vie pour sauver un ouvrier de la noyade, il est devenu à soixante-dix ans un pionnier de la météorologie et de l’aéronautique, au point que ses découvertes lui ont valu l’équivalent du prix Nobel.

Veuf à quarante-cinq ans, il vouait un culte à sa fille Claire, mais n’a jamais oublié son amour de jeunesse, Adrienne Bourgès, retrouvée sur le tard.

Tout le monde connaît la tour Eiffel, mais personne ne connaît vraiment Gustave Eiffel, sa vie, son oeuvre car la tour a éclipsé l’homme, mondialement connu et reconnu de son vivant.

Avec La vraie vie de Gustave Eiffel, Christine Kerdellant, nous retrace le destin d’un homme hors du commun par son intelligence et son charisme, qui a marqué son époque.

Cette biographie romancée dévoile un personnage fascinant et pourtant méconnu, dont la créativité et les exploits industriels ont fait rayonner l’image de la France dans le monde entier.

En cinq cents pages, l’autrice qui s’est formidablement bien documentée, retrace l’existence de l’ingénieur Gustave Bönickhausen dit Eiffel depuis la cellule de sa prison où l’a conduit le scandale de Panama et où il commence la rédaction de ses mémoires.

On découvre Eiffel à différentes étapes de sa vie, de son enfance à ses études d’ingénieur, de sa rencontre avec sa femme et mère de ses cinq enfants, à la construction de sa grande oeuvre : la Tour inaugurée lors de l’exposition universelle de 1889.

Tout au long du récit, nous sommes aux côtés d’Eiffel, assistons à ses différentes réalisations, à sa bataille pour imposer et sauvegarder sa Tour qui devait être détruite sitôt les portes de l’exposition universelle refermées. On découvre sa modernité, sa poigne de fer mais aussi son humanisme, son engagement social envers ses employés.

L’autrice nous dit aussi tout des relations uniques qu’a noué Gustave Eiffel avec les femmes de sa vie : ses amours de jeunesse, son épouse Marguerite trop tôt disparue, sa soeur Marie et sa fille ainée Claire qui va régenter la maisonnée de son père jusqu’à son dernier souffle, sans doute la personne la plus importante de sa vie.

Christine Kerdellant qui connaît bien l’industrie nous offre ici une biographie romancée qui n’occulte jamais les détails techniques par ailleurs passionnants et qui reste agréable, facile à lire tout en étant riche d’enseignements. Si vous souhaitez découvrir la vie de Gustave Eiffel, je ne peux que vous la conseiller.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture passionnante !

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Véronique Poulain est l’auteur chez Stock d’un récit très remarqué, Les mots qu’on ne me dit pas, sur son enfance et son adolescence entre deux parents sourds. 

« Salut, bande d’enculés ! » C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison. Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds. Je vais leur prouver que je dis vrai. « Salut, bande d’enculés ! » Et ma mère vient m’embrasser tendrement.

Avec Les mots qu’on ne me dit pas, Véronique Poulain raconte sans tabou, avec un humour corrosif, son enfance aux côtés de ses parents sourds et muets. Son oncle Guy, lui aussi est sourd comme un pot.

Véronique et ses trois cousins et cousines sont entendants et les interprètes de leurs parents auprès des autres entendants.

Elle raconte des bribes du quotidien. Les sorties. Les vacances. Le sexe. D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie. D’une famille différente, un livre, pas comme les autres.

Ce court récit autobiographique vif, cru, piquant, mordant et tendre a connu un joli succès lors de sa publication il y a quelques années de cela déjà et il n’a pas eu le temps de croupir dans ma pal car aussitôt acheté, aussitôt lu.

Et je ressors de cette autobiographie plutôt séduite par la plume de Véronique Poulain et par la façon dont elle nous relate ses souvenirs, dont elle nous parle de ses parents et de la société en général face aux sourds et muets.

L’auteure a réussi à me captiver dès les premières pages et à me faire ressentir beaucoup d’émotions. J’ai ri, j’ai été touchée, émue ou révoltée par les anecdotes qu’elle partage et devant la réaction de certains entendants face au handicap de ses parents.

J’ai également beaucoup apprécié apprendre des choses sur les sourds muets que j’ignorais totalement, comme leur rapport totalement décomplexé face au corps et au sexe, à leur « voix », aux bruits qu’ils font…

Si comme moi, le handicap est un sujet qui vous intéresse beaucoup, je ne peux que vous conseiller ce témoignage à la fois intéressant et cocasse !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Karin Hann doctorante en lettres, membre du Grand Prix du roman historique, est l’auteur des romans historiques Althéa ou la colère d’un roi (Robert Laffont, 2010), Les Lys Pourpres (2012), Les Venins de la Cour (2013) et Raison Souveraine (2015) aux Éditions du Rocher.Elle est aussi membre du jury du prix Marcel Pagnol et auteur de deux livres de fond aux Éditions du Rocher : Marcel Pagnol, un autre regard (2014) et Passionnément Gainsbourg (2016), qui éclairent les oeuvres de ces écrivains.

1745. Jeanne-Antoinette Le Normant d’Étiolles, née Poisson, accède officiellement au statut de favorite du roi. C’est une véritable révolution de palais qui voit s’établir une femme de petite noblesse aux côtés de Louis XV.

La reine, qui a subi certaines humiliations avec les soeurs de Nesles et les enfants du roi, en premier lieu le Dauphin, lui battent froid et les mauvaises langues parient d’ailleurs sur la brièveté de sa faveur.

Or, grâce à son charme, à son intelligence, à sa jovialité et à sa bienveillance, celle qui est bientôt titrée marquise de Pompadour conquiert au contraire durablement le coeur du roi et devient, au-delà de l’alcôve, une éminence grise dont l’influence politique et artistique s’accroît inexorablement.

Bâtisseuse infatigable, esprit éclairé, esthète cultivée et raffinée, elle est l’amie des philosophes, des hommes de lettres, des scientifiques, des peintres et des musiciens, qu’elle protège, pensionne et encourage…

Reine des Lumières revient sur le règne de la marquise de Pompadour, de sa rencontre avec Louis XV à sa mort, vingt années plus tard.

Avec talent et érudition, Karin Hann nous livre, à travers une fresque romanesque très vivante, l’étourdissante chronique d’un règne singulier, à la rencontre des plus grandes figures qui l’ont éclairé.

Voltaire, Rousseau, Diderot, Casanova, Boucher, Beaumarchais, Buffon, le chevalier d’Éon, y côtoient l’audacieuse marquise dont l’éclat incomparable rayonne sur cette époque foisonnante.

Femme attachante et mystérieuse, madame de Pompadour intrigue et séduit, car plus encore que la favorite du roi, elle fut bel et bien la reine du siècle des Lumières !

Le titre choisi par Karin Hann est très à propos car si Marie Leszczynska était reine de France, celle qui a régné sur le coeur de Louis XV et sur les Lumières, c’est bel et bien madame de Pompadour. Maîtresse du roi, elle réussit le tour de force de quitter son lit sans rien perdre de son aura.

Bien au contraire, elle fut une infatigable ministre des arts et lettres au temps où ce portefeuille n’existait pas. Mécène, amie de Marivaux, Voltaire et Montesquieu, elle défendra L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert et soutiendra la création de la manufacture de Sèvres.

Elle fera et défera des ministres, se mêlera de diplomatie, toujours aux côtés du roi qui avait confiance en elle. Madame de Pompadour s’occupera aussi des menus plaisirs du roi, une fois qu’elle ne sera plus que l’amie de Louis XV.

Personnalité fascinante aux multiples facettes contée avec talent par Karin Hann, ce roman retrace brillamment le règne de cette femme autant décriée par la famille royale que par le peuple qui se régalaient des Poissonnades.

Pour résumer, un très bon roman biographique, idéal pour celles et ceux qui ne connaissent pas cette figure des Lumières. Pour ma part, j’ai assez peu appris mais je ressors enchantée de cette lecture. Cette plongée à la cour de Louis XV, une époque que j’adore, m’a comblée.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois 

Michelle Marly a longtemps vécu à Paris et habite aujourd’hui entre Berlin et Munich. Mademoiselle Coco et l’eau de l’amour est un immense succès en Allemagne avec plus de 300 000 exemplaires vendus.

Hiver 1919-1920. Après la perte brutale et tragique du grand amour de sa vie, Boy Capel qui a trouvé la mort alors qu’il sillonnait la Côte d’Azur à bord de son auto, Gabrielle Chanel, dévastée par le décès de l’homme de sa vie, traverse une terrible crise existentielle.

Ni ses amis les plus proches, Misia et José Maria Sert, ni son travail dans lequel elle se jette corps et âme, ne réussissent à la sortir d’une tristesse profonde. Jusqu’au jour où elle se rappelle leur dernier projet commun : créer sa propre eau de toilette.

Bien que Coco ne connaisse rien au métier des grands parfumeurs, elle va se lancer dans cette folle aventure afin de rendre un hommage éternel à l’homme perdu. Sa persévérance va lui permettre de repousser ses limites, et l’aider peu à peu à revenir parmi les vivants.

Avec l’aide de son nouvel amant, Dimitri Romanov, prétendant au trône de Russie, elle va donner naissance à une des plus grandes et des plus belles créations de la parfumerie, le N°5, qu’elle compte offrir à ses meilleures clientes…

Gabrielle Chanel est à mes yeux l’une des figures les plus fascinantes du vingtième siècle. Née pauvre, elle va mener une vie libre et se hisser au sommet de la mode en révolutionnant la garde-robe des femmes tout au long de sa carrière.

Je n’ai donc pas pu résister à l’envie de me procurer et lire dans la foulée Mademoiselle Coco et l’eau de l’amour de Michelle Marly, qui a également écrit sur Maria Callas, Edith Piaf et Romy Schneider.

Plutôt que de nous raconter par le menu la longue vie de Mademoiselle, l’autrice a eu la bonne idée de se consacrer sur une courte période, charnière, dans l’existence de la couturière.

Dans ce roman, nous allons suivre Coco du 22 décembre 1919, jour où Boy Capel se tue, à 1922, date à laquelle le célébrissime n°5 nait. Une courte période particulièrement passionnante que Michelle Marly fait revivre avec brio.

Nul doute que la romancière allemande se soit particulièrement bien documentée sur la vie de Coco mais aussi sur ses amis et sur la vie culturelle intense que connait la capitale à cette époque bouillonnante du début des années 20 !

Même si il y a quelques longueurs, j’ai beaucoup aimé ce roman et l’atmosphère qui s’en dégage. Suivre Coco dans ce projet de parfum se révèle passionnant et très instructif.

Le style de l’autrice est fluide et j’ai tourné les pages avec beaucoup de plaisir, voyageant avec la modiste de Paris à Venise, du Ritz à Monte-Carlo.

Bien que Michelle Marly ait du parfois romancer les évènements de la vie de Coco, ce récit à la toile de fond historique de qualité, est formidable pour celles et ceux, qui comme moi, aiment cette période de notre histoire.

On y croise les ballets russes de Diaghilev, Jean Cocteau, Pablo Picasso, Igor Stravinski, les russes blancs de Paris et de Nice. On apprend pourquoi Gabrielle avait fait du 5 son chiffre fétiche, la naissance du célèbre logo Chanel et ses deux C entremêlés et surtout comment elle a crée son parfum qui reste cent ans après, l’une des fragrances les pus vendues au monde.

Vous l’aurez compris, j’ai passé un très moment avec Mademoiselle et je vous recommande ce roman distrayant et instructif !

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Avocate pendant dix ans, passionnée d’histoire et d’archéologie, l’Américaine Marie Benedict a écrit plusieurs romans historiques. Après Madame Einstein, paru aux Presses de la Cité en 2018, La femme qui en savait trop est son deuxième livre publié en France.

Vienne, 1933. À 19 ans, Hedy Kiesler, séduisante actrice d’origine juive, fait un triomphe dans une pièce de théâtre consacrée à l’impératrice Sissi. Elle tente de faire oublier son rôle scandaleux dans le film Extase où elle apparaissait entièrement nue.

Un admirateur lui offre tous les soirs des fleurs, Friedrich Mandl à une réputation sulfureuse et la séduisante Hedy succombe bientôt. Son père la met en garde, l’homme est puissant et côtoie les fascistes italiens.

Hedy finit par épouser quelques semaines plus tard le riche marchand d’armes bien qu’elle doive mettre une croix sur sa carrière d’actrice, elle devra être son épouse et rien d’autre. Conscients de la menace qui vient d’Allemagne, ses parents cherchent, par ce mariage, à la protéger.

Malheureusement, Mandl s’avère être un homme possessif, violent et opportuniste, qui fraye bientôt avec les nazis. Horrifiée, Hedy parvient à s’enfuir et s’installe aux États-Unis, où elle devient Hedy Lamarr, superstar hollywoodienne.

La jeune femme ne peut cependant oublier l’Europe et décide de contribuer à sa façon à l’effort de guerre. Celle qui est aussi une scientifique de talent met alors au point avec le compositeur George Antheil, un système de codage des transmissions révolutionnaire, utilisé de nos jours pour la téléphonie mobile ou le Wifi…

Comme avec Madame Einstein, Marie Benedict nous propose avec La femme qui en savait trop, un roman biographique qui retrace, non pas la vie complète de l’actrice Hedy Lamarr, mais seulement une période de dix ans pendant lesquels la jeune femme épouse son premier mari, puis son second (elle en aura six !) et met surtout au point son système de codage sans lequel nous ne pourrions peut-être pas avoir de téléphone mobile et d’internet !

Hedy Lamarr a une plastique parfaite, elle fut couronnée femme la plus belle du monde, mais elle a surtout une tête bien faite. Pour autant, elle ne sera pas prise au sérieux par l’armée américaine qui la renverra aux collectes de fonds et autres soirées organisées pour soutenir le moral des troupes alors que son invention aurait pu éviter aux sous-marins de se faire torpiller.

Dans ce récit à la première personne, très bien documenté, Marie Benedict redonne vie à une femme hors du commun, dont le plus grand rôle fut oublié, voire ignoré, durant des décennies avant d’être récompensé à la toute fin des années 1990, alors qu’Hedy est au soir de sa vie.

Malgré le faste et les mondanités, Hedy, impuissante à enrayer la solution finale qui frappe ses compatriotes, ne peut oublier l’Europe et décide de contribuer à sa façon à l’effort de guerre. On découvre une femme indépendante, très intelligente, qui fait de la science pour se divertir, qui veut bousculer les codes du glamour, prouver qu’on peut être belle et savoir se servir de son cerveau.

Elle va malgré tout se heurter à la société patriarcale de son époque qui ne va pas accorder le moindre crédit à la plus belle femme du monde. Une scientifique une fois de plus invisiblisée par les hommes et qui ne gagnera pas à sou grâce à son brevet qui tombera peu à peu dans l’oubli.

Avec ce roman, Marie Benedict révèle, au-delà des apparences, une femme au destin hors du commun. Si vous ne connaissez pas encore Hedy Lamarr, jetez-vous sur ce roman !

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour cette lecture instructive et passionnante !

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Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, est né en 1977, sous le soleil de la Seine-Saint-Denis.Enfant, il veut devenir prof de sport. Mais la vie lui réserve un autre destin. Armé d’une béquille et d’un stylo, il se lance dans la musique : en 2006, son premier album, Midi 20, se vend à plus de 600 000 exemplaires et l’artiste est primé deux fois aux Victoires de la musique.

À tout juste 20 ans, alors qu’il est animateur dans une colonie de vacances du sud de la France, Fabien heurte le fond d’une piscine. Transporté à l’hôpital, il restera un mois dans le coma.

Les médecins diagnostiquent alors à ses parents une probable paralysie à vie. Pour un sportif comme Fabien qui rêve de devenir professeur d’E.P.S, c’est le drame absolu. Heureusement pour lui, le pronostic médical est erronné et, grâce à son kiné et à son ergothérapeute, il va peu à peu récupérer de la mobilité.

Autant vous le dire d’emblée, je ne prise pas le slam et je ne suis absolument pas une admiratrice de Grand Corps Malade, que je trouve au demeurant, bien sympathique. Tout ça pour dire que je n’aurai probablement jamais lu Patients si mon Sami-Chameau n’avait du le lire dans le cadre de son programme de 3ème. Et comme il fallait le motiver un peu, je l’ai accompagné et je ne le regrette pas du tout !

Dans un style poétique drôle et incisif, Grand Corps malade relate les péripéties vécues avec ses colocataires d’infortune lors de sa première année passée un centre de rééducation de la région parisienne.

Jonglant avec émotion et dérision, ce récit est avant tout celui de sa renaissance. Il y raconte le combat qu’il livre contre sa paralysie, l’acceptation de faire une croix sur l’avenir qu’il avait imaginé mais aussi son quotidien dans ce centre où se côtoient tétraplégiques, paraplégiques, grands brûlants et traumatisés craniens de toutes sortes.

Avec beaucoup d’humour, il raconte l’horreur vécue par ces colocataires, la réalité crue et sans fard du handicap physique. Avec lui, on découvre les lieux, les personnels soignants (infirmiers, aide-soignants, kiné, ergothérapeute, médecin), les autres patients, au fur et à mesure que son état s’améliore.

Il va y nouer des amitiés avec Farid, Toussaint et les autres, y faire des parties endiablées de tétra-boxes, faire quelques échappées en fauteuil roulant, nous raconte les problèmes rencontrés par les handicapés et les solutions, quand il y en a. Et finalement ce n’est pas tant son histoire qu’il raconte, mais celle de chaque handicapé qui le côtoie.

Avec pédagogie, pudeur, mais surtout beaucoup d’humour et de pragmatisme, il nous relate la vie au jour le jour des paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, grands brûlés et autres handicapés neurologiques.

Un récit court et percutant qui m’a beaucoup plu et que je vous encourage à découvrir à votre tour si cette thématique du handicap vous intéresse.

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Évelyne Brisou-Pellen est née en Bretagne et, hormis un petit détour par le Maroc, elle y a passé le plus clair de son existence. Elle a écrit beaucoup de contes et de romans, publiés chez divers éditeurs (Gallimard, Bayard, Hachette, Rageot, Nathan, Pocket, Milan, Casterman, Flammarion, Millefeuille, Belin…) Elle est notamment l’autrice de la série « Le Manoir’ chez Bayard Jeunesse, dont les six tomes de la première saison se sont vendus à plus de 184 000 exemplaires à ce jour.

Sacré phénomène, Isadora Duncan ! À six ans, elle improvise une petite école de danse, à onze, elle donne de vrais cours, inventant ce qui deviendra la danse moderne.

En attendant le succès, malgré son jeune âge, elle doit faire des prouesses pour trouver de quoi manger à sa famille (tous des originaux, qu’elle adore !) et de quoi payer le loyer, sous peine qu’ils se retrouvent tous les cinq à la rue…

Isadora Duncan fait partie des icones de la Belle-Epoque qui me fascinent. Il y a plusieurs années de cela, j’avais lu une biographie très complète et découvert une femme libre et indépendante marquée par les deuils, qui connut une fin tragique.

Avec Danse, Isadora ! Evelyne Brisou-Pellen revient sur l’enfance de la danseuse américaine, de sa découverte de la danse à son départ pour l’Europe où elle va connaître la gloire.

Un peu court pour ceux qui souhaitent se familiariser davantage avec la carrière d’Isadora mais idéal pour les jeunes lecteurs à qui est destiné ce texte, qui découvriront une femme hors du commun et un message : croyez en vous et en vos rêves, ils se réaliseront !

L’histoire plaira aux 12 ans et plus qui s’apercevront que l’enfance d’Isadora ressemble un peu à la leur. Née en 1877 à San Francisco, elle est la benjamine de quatre enfants, élevée dans une famille monoparentale éprise d’arts mais pauvre. Elle révolutionne la pratique de la danse par un retour au modèle des figures antiques grecques.

Par sa grande liberté d’expression, qui privilégie la spontanéité, le naturel, elle apporte les premières bases de la danse moderne européenne, à l’origine de la danse contemporaine.

Influencée par son frère Raymond Duncan sur un retour à l’hellénisme et le culte du corps, elle a redonné toute sa place à la beauté, à l’harmonie du corps, osant s’exhiber presque nue, dissimulée seulement par quelques voiles.

Avec cette biographie romancée très bien documentée, Evelyne Brisou-Pellen nous dépeint une enfant puis une jeune fille débrouillarde et courageuse, loin des conventions de son époque.

Pédagogue, elle ouvre, avec sa soeur, une école de danse où les cours sont gratuits, pour populariser son art et se fiche comme d’une guigne de l’argent, elle réinvestit toujours ce qu’elle gagne. L’important pour elle est de se produire, de faire des tournées…

Elle va connaître bien des échecs et des écueils mais saura toujours rebondir. Une figure du début du XXè siècle très intéressante à découvrir et c’est tant mieux qu’Evelyne Brisou-Pellen se soit emparée d’elle pour en faire l’héroïne de ce sympathique roman. J’espère qu’il permettra aux jeunes lecteurs et lectrices, danseurs ou non, de découvrir celle qui a fait entrer la danse dans la modernité.

Un grand merci aux éditions Scrinéo pour cette lecture disponible dès aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies.

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