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Archive for the ‘Biographies, romans biographiques, Autobiographies’ Category

Jean Teulé est l’auteur de treize romans. Parmi les plus notables, Je, François Villon a reçu le Prix du récit biographique ; Le Magasin des suicides a été traduit dans dix-neuf pays (best-seller à Taïwan !). Son adaptation en film d’animation par Patrice Leconte est en cours de réalisation et sortira sur les écrans en 2012. Darling a été adapté au cinéma par Christine Carrière, avec Marina Foïs et Guillaume Canet dans les rôles principaux ; Le Montespan, prix Maison de la presse et grand prix Palatine du roman historique, a été élu parmi les vingt meilleurs livres de l’année 2008 par le magazine Le Point. 

Si l’oeuvre éblouit, l’homme était détestable. Charles Baudelaire ne respectait rien, ne supportait aucune obligation envers qui que ce soit, déversait sur tous ceux qui l’approchaient les pires insanités.

Drogué jusqu’à la moelle, dandy halluciné, il n’eut jamais d’autre ambition que de saisir cette beauté qui lui ravageait la tête et de la transmettre grâce à la poésie.

Dans ses vers qu’il travaillait sans relâche, il a voulu réunir dans une même musique l’ignoble et le sublime. Il a écrit cent poèmes qu’il a jetés à la face de l’humanité. Cent fleurs du mal qui ont changé le destin de la poésie française.

Jean Teulé, spécialiste des biographies romancées, nous propose avec Crénom, Baudelaire !, celle du grand poète Charles Baudelaire, comme vous l’avez deviné grâce au titre.

Avec sa gouaille que j’apprécie tant, il brosse ici un portrait de Baudelaire, version scandaleuse. En effet, il retrace ici l’existence du poète sur une courte période, celle où il le présente volontiers comme le premier punk de l’histoire.

Ce livre est le fuit d’un long travail et de nombreuses lectures mais ne vous attendez pas à des pages élogieuses vantant le génie de Charles Baudelaire dont on sait qu’il était volontiers détestable, misogyne. Certes, les poèmes issus des Fleurs du Mal parsèment ça et là le récit mais l’auteur s’attarde plutôt sur la vie dissolue de l’homme et son caractère outrancier.

Loin de retracer la vie de Baudelaire de sa naissance à son décès, Jean Teulé préfère nous raconter le débauché, l’odieux, le goujat, le pervers sexuel, tour à tour épris de Marie Daubrun, Apollonie Sabatier et Jeanne Duval.

Syphilitique, celui qui brûle la vie par les deux bouts, drogué jusqu’à la moelle car adepte de la confiture verte dont il abusera, provocateur… voilà la quintessence de ce roman biographique, autant dire que si l’on recherche une biographie plus fouillée du poète, on repassera !

Poète révolutionnaire, Baudelaire choquait son monde et trouvera difficilement un éditeur qui réussira à le convaincre de publier ses Fleurs du Mal. Peu apprécié de son vivant, il a autour de lui un petit cénacle tout de même mais il faudra attendre les générations futures pour que certains deviennent des baudelairiens convaincus.

Dans son sillage, l’auteur nous fait côtoyer les figures célèbres que Baudelaire fréquentait comme Gustave Flaubert, Théophile Gautier, Gustave Doré, les frères Goncourt, Edouard Manet, Gustave Courbet, Nadar ou encore Auguste Poulet-Malassis, dit Coco Mal Perché, cet éditeur qui va oser publier Les Fleurs du mal.

Pour autant, Jean Teulé a fait un vrai travail de recherche comme je le disais plus haut et certaines anecdotes sont vraiment savoureuses. Lorsque l’on ne connait rien à la vie de Baudelaire, on sort de ce roman enrichi. Lorsqu’on le connaît bien, comme moi, rien de bien nouveau sous le soleil mais le plaisir intact de lire la plume de Jean Teulé.

Un roman loin d’être indispensable mais qui se lit fort bien. A vous de voir si vous souhaitez connaître cette face sombre, ce versant peu honorable de la vie de Baudelaire ou pas !

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Sylvie Lausberg est historienne et psychanalyste, diplômée de l’Université Libre de Bruxelles, où elle enseigne actuellement la psychologie. En parallèle, elle poursuit depuis plusieurs années une carrière de journaliste indépendante. Également très impliquée dans la lutte pour l’égalité des sexes, elle est présidente du Conseil des Femmes Francophones de Belgique et membre du Conseil fédéral de l’Égalité des chances entre les Femmes et les Hommes. Madame S. est son premier roman.

Avec Madame S, Sylvie Lausberg nous dresse le portrait de Marguerite Steinheil, une femme à la réputation sulfureuse depuis la mort de son célèbre amant, le président de la république Félix Faure, le 16 février 1899.

L’anecdote est célèbre : alors que le président Félix Faure agonise, sa  » connaissance  » s’est sauvée par l’escalier de service. Cette mort en épectase va changer le cours de l’affaire Dreyfus et bouleverser le destin de celle que l’on surnomme depuis la  » pompe funèbre « …

Vous le savez, j’aime beaucoup les destins de femmes et les biographies qui leur sont consacrées. Je me réjouissais donc de découvrir la vie de Marguerite Japy-Steinheil, personnalité troublante dont le traitement politique et médiatique dit long sur les secrets d’un État français toujours aux prises avec les mêmes démons : antisémitisme, antiféminisme, petits arrangements entre amis et journaux avides de scandales.

Une femme aussi accusée du meurtre de son mari, le peintre Adolphe Steinheil et de sa mère Emilie Japy, la nuit du 30 mai 1908, en leur hôtel particulier de l’impasse Ronsin. Elle parviendra à sauver sa tête grâce à un art virtuose du mensonge, un charme dévastateur et une profonde intelligence politique, restés ensevelis sous des torrents d’injures misogynes qui en disent long sur notre rapport au sexe, au pouvoir et aux femmes qui en jouent.

Biographie d’une femme donc, salonnière et connue pour ses mœurs légères. Elle est mariée à un peintre de vingt ans son aîné qu’elle n’aime pas et multiplie les liaisons et amants célèbres. Mais volage, elle est aussi connue pour ses nombreuses aventures extra-conjugales.

Si il est incontestable que le sujet est intéressant et que son autrice s’est appuyée sur les mémoires de Margurite et s’est admirablement renseignée durant vingt ans pour nous proposer la réhabilitation de cette femme trop longtemps décriée, la mayonnaise n’a pas pris avec moi : je n’ai jamais réussi à entrer dans cette biographie qui m’a ennuyée dès le premier chapitre.

Le livre traîne en longueur, sans rythme, et le style de l’autrice est si lourd que j’ai peiné à tourner les quelques 400 pages proposées. Dès les premières pages, je n’ai pas aimé la narration : l’intrigue autour de Meg est diluée dans une telle multitude de faits, de personnes, qu’on s’y perd ! En tout cas, moi, elle m’a rapidement perdue !

Cette biographie fourmille de tant de détails dont on aurait pu se passer, ne cesse de se raccrocher à l’affaire Dreyfus et s’appesantit trop sur la vie politique au temps de la Belle-Epoque, d’autant que bon nombre de personnages qui la traverse nous sont totalement inconnus à ce jour et qu’on peine à distinguer qui est qui entre la gauche, la droite, l’extrêm-droite de l’époque !

L’autrice aussi m’a lassée : elle intervient trop pour nous expliquer ses recherches, son ressenti, nous répète à l’envi qu’elle écrit dans la maison de la journaliste Séverine, personnalité que j’aime beaucoup, mais franchement le fait qu’elle habite cette maison n’apporte rien à la biographie de Meg.

Je ressors bien déçue de cette lecture que j’ai fini par abandonner tant elle me pesait, dommage ! Merci à Babelio pour cette lecture.

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Jean-Paul Delfino est un écrivain, scénariste et ancien journaliste français né en 1964. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, il a notamment publié une série de romans consacrée à l’histoire du Brésil, intitulée Suite brésilienne. 

En 1898, la publication de « J’accuse… ! » en Une du journal de Georges Clémenceau, L’Aurore, plonge la France dans un climat délétère où l’antisémitisme s’affiche fièrement.

Au cœur de l’affaire, Émile Zola, conspué par les ligues d’extrême droite, est identifié comme l’homme à abattre.

Aussi, lorsque le 29 septembre 1902, le père du naturalisme succombe à une intoxication au gaz méphitique, la piste du meurtre ne peut être écartée. Reste à savoir qui avait tout intérêt à le faire taire.

Avec Assassins !, Jean-Paul Delfino retrace la vie du gamin d’Aix-en-Provence devenu un mythe littéraire et revient abondamment sur le climat politique de ce début du 20è siècle, dominé par un antisémitisme banalisé.

Très bien documenté, fouillé et renseigné, ce roman biographique donne tour à tour la parole à Emile Zola puis à son adversaire Edouard Drumont, chantre de l’extrême-droite.

Lors de cette nuit du 28 au 29 septembre où il passe de vie à trépas, Emile Zola, l’italien, pris par un malaise soudain, se remémore les grands moments de sa vie, de son enfance à son combat pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus.

Convaincu qu’il va mourir, il réfléchit à celui ou celle qui aurait pu attenter à sa vie et se pose bien des questions : que valent les honneurs face au poème dédié à un premier amour ? Que pèse le succès face aux caresses d’une lingère ? Au cours de ses derniers instants, de cette nuit à bout de souffle, les souvenirs se bousculent et les suspects s’invitent dans les dernières pensées du condamné.

Après son décès la police conclut à un accident au monoxyde de carbone dû à un poêle défectueux. Mais pour Jean-Paul Delfino, la réalité est vraisemblablement toute autre : un véritable complot a été ourdi contre l’homme qui a osé défendre Dreyfus.

Les acteurs nationalistes, racistes, antisémites sont des politiciens, écrivains, journalistes, hommes du peuple et même religieux. Ces individus sont aptes à tuer au nom d’une idéologie, celle de rendre la France aux français. Haine, propos abjects et virulents animent ces populistes menés par Edouard Drumont et une presse délétère.

Ce court roman est fondé sur cette théorie de l’assassinat par des anti-dreyfusards, théorie qui court depuis la mort de Zola, cela ne date donc pas d’hier et je m’attendais à ce que l’auteur me démontre par A + B que la théorie officielle était mensongère.

Hélas, il n’en est rien car il n’a aucune preuve de ce qu’il avance, je ressors donc un peu déçue de ma lecture ! Heureusement, j’ai aimé l’évocation de la vie de Zola, ses interrogations même si je n’y ai rien appris.

Si vous connaissez déjà bien la vie du père du naturalisme, passez votre chemin, les autres pourront peut-être apprécier cet ouvrage plus que moi.

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Ariana Neumann est née et a grandi au Venezuela. Journaliste, elle vit aujourd’hui à Londres avec son mari et leurs trois enfants. Ombres portées est son premier livre.

À Caracas, dans le vaste domaine familial, Ariana Neumann, huit ans, joue à l’espionne. En fouillant dans les affaires de son père, Hans, elle trouve une pièce d’identité. Elle reconnaît son père jeune homme, mais il porte un autre nom. Effrayée, elle tait cette découverte et s’efforce de l’oublier.

Des années plus tard, à la mort de son père, Ariana retrouve ce mystérieux document dans une boîte contenant des photos, des lettres et d’autres souvenirs de la jeunesse de celui-ci à Prague.

Elle mettra près d’une décennie à trouver le courage de faire traduire cette correspondance. Ce qu’elle découvre la propulse dans une quête pour découvrir l’histoire de sa famille, la vérité sur son père et les raisons de son silence…

Avec Ombres portées, Ariana Neumann nous propose une enquête familiale bouleversante, rythmée comme un roman d’espionnage.

L’autrice évoque le passé de son père et celui de sa famille, pris dans les tourments de l’Histoire. Un passé caché trop douloureux, tu toute sa vie durant avec sans doute la culpabilité du survivant alors que tant des siens ont péri dans les camps de la mort.

Un passé trop difficile pour qu’il le revive, pour qu’il en parle, mais qui finit par être révélé. Peu de temps avant sa mort, il retournera sur les différents lieux de son enfance avec sa fille jusque là où son chemin a croisé celui de ses parents pour la dernière fois.

Prenant appui sur des documents (lettres, documents officiels, photos…) retranscrits sur les pages du livre, Arianna Neumann fait revivre les siens à travers des tableaux saisissants.

Elle va mener une enquête approfondie sur plusieurs années, retrouvé des cousins sur plusieurs continents, fait traduire documents et correspondances et finit par reconstituer la vie des Neumann à Prague où son grand-père Otto a fondé l’usine de peinture Montana.

On plonge ainsi dans la montée de l’antisémitisme en Tchécoslovaquie, avec les persécutions qui commencent quand Hitler envahit le pays, les déportations…

Tout au long du récit réellement passionnant et très instructif notamment sur le camp de Terezin, on se prend d’affection pour ces personnes ordinaires prises dans l’Holocauste, broyées par la barbarie nazie.

Je me suis attachée à eux, tremblé lorsque l’occupation devient de plus en plus prégnante et bien sûr dans la déportation et le quotidien dans le camp.

Vous l’aurez compris, c’est un ouvrage très intéressant que je ne peux que vous conseiller si vous vous intéressez à la seconde guerre mondiale.

Un grand merci aux éditions Les escales pour cette lecture ô combien poignante et nécessaire !

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Brigitte Kernel a été productrice et animatrice d’émissions littéraires sur France Inter, de 1990 à 2015. Elle est l’auteure de quelque trente ouvrages, dont, aux éditions Flammarion, les romans : Fais-moi oublier, Agatha Christie, le chapitre disparu, Jours brûlants à Key West et Le Secret Hemingway.

Quand, en 1842, Charles Baudelaire rencontre Jeanne Duval, comédienne au théâtre de la Porte-Saint-Antoine qui peine à se faire un nom, le jeune homme âgé de vingt et un ans entame tout juste la rédaction des poèmes qui constitueront Les fleurs du Mal.

Si la relation passionnelle qui se noue lui inspire certains de ses plus beaux poèmes, elle est mal accueillie par ses contemporains. Jeanne est en effet une « mûlatresse ». La couleur de sa peau dérange autant que ses origines populaires, sa gouaille, son goût pour les faubourgs et les guinguettes.

S’ils sont jaloux, se disputent, se déchirent, se trompent, rompent et renouent, en viennent même aux mains, les amants demeurent indéfectiblement liés jusqu’à la mort du poète.

Baudelaire et Jeanne : L’amour fou est une biographie romanesque riche et très intéressante sur le poète et sa muse principale. Brigitte Kernel restitue ici les tumultes de cet amour en s’appuyant notamment sur la riche correspondance de Baudelaire avec ses amis, éditeurs et sa mère mais aussi des témoignages de leurs contemporains.

L’histoire de cette passion aussi dévorante que mythique qui unit le poète Charles Baudelaire et l’actrice Jeanne Duval est donc au coeur de ce récit. Comme beaucoup d’entre vous j’imagine, j’ai découvert le poète en classe de première, l’année de mon bac de français.

Depuis, j’ai beaucoup lu son oeuvre et me suis intéressée à sa vie en lisant quelques biographies. Si ses biographes se sont beaucoup intéressés à Caroline Aupick, sa mère, la véritable femme de sa vie avec qui il avait une relation fusionnelle et très compliquée, Jeanne Duval, dont on se sait quasiment rien, reste souvent à la marge.

J’ai donc particulièrement apprécié suivre la vie tumultueuse de ce couple tout au long de ce récit entrecoupé de correspondance et de poèmes. Le récit est certes romancé mais Brigitte Kernel a fait un gros travail de documentation, son style est fluide et les pages se tournent toutes seules.

Le couple marque les esprits et est au centre de bien des ragots et commérages, leur personnalité, leur style détonne et voir un homme blanc avec une femme de couleur, choque beaucoup à l’époque.

Leur amour est loin d’être un long fleuve tranquille : Jeanne s’enflamme, pique des colères, trompe Baudelaire avec des hommes comme avec des femmes, recherche des relations tarifées, comme toutes les actrices de cette époque. Charles le sait et l’accepte au grand dam de sa mère qui voue une haine implacable à Jeanne pour sa couleur de peau mais aussi parce qu’elle siphonne les économies de son fils.

Cette liaison, cet amour tiraillé, inspirera à Baudelaire les plus beaux de ses poèmes, notamment l’un de ses plus célèbres, La chevelure, mais bien d’autres encore dont certains, ont été condamnés par la cour en 1857, jugés trop licencieux, sur les sujets de l’amour libre et du lesbianisme.

Outre Jeanne et Charles, on croise de grands noms de la littérature ou des arts comme Victor Hugo, Théophile Gautier, Nadar, Gustave Flaubert… Il a aussi rencontré de grands peintres : Eugène Delacroix, qu’il admirait et qui lui fera un portrait, Gustave Courbet avec L’atelier du peintre où Charles et Jeanne sont présents même si Jeanne fut ensuite effacée. Jeanne, d’ailleurs, a elle aussi son portrait, avec La maîtresse de Baudelaire peint par Édouard Manet à la demande du poète.

Cerise sur le gâteau : l’autrice a eu la très bonne idée de mettre à la fin de l’ouvrage les poèmes entiers de Baudelaire dont elle parle dans le livre et qui sont généralement ceux inspirés par Jeanne Duval. Elle a mis aussi ceux qui ont été longtemps interdits. J’ai beaucoup aimé replonger dans les vers et les mots de ce poète.

En bref, un très bon livre que je conseille à tous vivement et je remercie Babelio et les éditions Ecriture pour leur confiance.

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Lady Glenconner est née en 1932. Elle est devenue dame d’honneur de la princesse Margaret en 1971 jusqu’à la mort de cette dernière en 2010. Elle habite à présent dans le Norfolk.

Bien qu’elle soit l’aînée du richissime cinquième comte de Leicester, Lady Anne Glenconner est une femme et donc une  » terrible déception « . Elle n’héritera ni du domaine ancestral ni de la fortune familiale. Ainsi débute la vie riche en contrastes de cette aristocrate, intime de la famille royale, qui oscille entre tragédie et comédie.

Avec Dame d’honneur, Lady Anne raconte les missions diplomatiques aux quatre coins du monde, aux côtés de la princesse Margaret dont elle fut dame d’honneur et l’amie intime pendant trois décennies.

Elle décrit les fêtes somptueuses et décadentes sur l’île Moustique, propriété de son époux, refuge de la princesse fuyant les paparazzis et paradis pour célébrités comme David Bowie ou Mick Jagger.

Mais aussi l’annulation de ses premières fiançailles due à son « mauvais sang » avec celui qui allait devenir le père de Lady Di, et son mariage tumultueux avec le fantasque Lord Glenconner, capable de toutes les excentricité et dont les colères étaient légendaires…

Intime de la famille royale, elle grandit aux côtés de la future reine d’Angleterre et de sa sœur Margaret et se raconte ici avec humour, finesse et sincérité. Tout au long de son autobiographie, Lady Anne partage ses souvenirs avec franchise dans ce récit intime et pétillant qui se lit comme un roman délicieusement british.

Sa vie est émaillée de bonheurs, de richesses, de faste et de luxe mais aussi de drames personnels. Son mariage n’est pas heureux, son époux la trompera pendant des décennies, elle ne s’épanouit pas dans sa maternité et perdra ses deux fils aînés d’une hépatite pour l’un, suite à son addiction à l’héroïne, du SIDA pour l’autre à une époque où cette maladie est encore tabou et fait terriblement peur.

Si elle revient abondamment sur sa vie, elle nous fait également connaître la princesse Margaret, soeur de l’actuelle reine d’Angleterre Elizabeth II, une femme qui nous apparaît très sympathique, elle semblait drôle et plutôt simple même si elle tenait à ce qu’on l’appelle Majesté et rappelait les égards dus à son sang royal.

J’ai bien aimé m’immiscer dans la vie de Lady Anne que j’ai trouvé comme je l’ai dit plus haut, très franche. A travers ce récit bien écrit, elle nous conte ses heurs et bonheurs avec beaucoup de sincérité et si vous vous intéressez aux royals britanniques, Dame d’honneur devrait beaucoup vous plaire !

Un grand merci aux éditions Les escales pour cette découverte et leur confiance.

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Ingénieure en informatique, Catherine Dufour publie Blanche Neige et les lance-missiles, premier tome du cycle Quand les dieux buvaient (prix Merlin), qui l’a imposée, avec son roman de science-fiction Le Goût de l’immortalité (prix Bob Morane, Rosny aîné, prix du Lundi et Grand Prix de l’Imaginaire), comme une figure centrale de l’imaginaire actuel français. Elle a depuis été récompensée par le prix Masterton pour son roman Entends la nuit, et les prix Imaginales et Bob Morane pour Danse avec les lutins.

Ada Lovelace, fille du poète Lord Byron, est une lady anglaise perdue dans les brumes du XIXe siècle. Nous voilà cent ans avant le premier ordinateur, et personne ne se doute que cette jeune femme maladive, emprisonnée dans un corset, étouffant entre un mari maltraitant et une mère abusive, s’apprête à écrire le premier programme informatique au monde.

À vingt-cinq ans, déjà mère de trois enfants qu’elle n’aime guère, Ada Lovelace se prend de passion pour les mathématiques. Elle rencontre Charles Babbage, qui vient de concevoir une machine à calculer révolutionnaire pour l’époque.

C’est en la voyant qu’Ada a soudain l’intuition de ce qui deviendra l’informatique. Sans elle, pas d’Internet, pas de réseaux sociaux, pas de conquête de l’espace…

Catherine Dufour nous propose avec Ada ou la beauté des nombres une biographie truculente, la première consacrée à Ada Lovelace en français.

Vous le savez, j’aime beaucoup la thématique de l’invisibilisation des femmes par les hommes dans l’histoire et plus particulièrement dans les sciences où les femmes sont déjà si peu représentées et où leurs travaux et découvertes ont beaucoup été pillés par leurs collègues masculins.

Je vous ai déjà présenté plusieurs romans, biographies, essais ou bandes dessinées qui retracent les trajectoires de ces femmes ayant contribué à l’avancée de la science et j’attendais avec impatience la parution en poche de cette courte biographie tant j’étais curieuse de découvrir Ada Lovelace, pionnière de l’informatique.

Catherine Dufour met ici en lumière le destin méconnu d’une femme qui a marqué notre civilisation par son génie et son audace. Ses collaborations avec les mathématiciens les plus brillants de son époque comme Charles Babbage qui fut le premier à énoncer le principe d’un ordinateur, Mary Somerville et Auguste De Morgan sont au coeur de ce récit.

J’ai découvert une femme née des amours malheureuses du poète Lord Byron et d’Annabella Milbrank surnommée la princesse des parallélogrammes. Ada a reçu une solide éducation. Sa mère, mathématicienne, y a veillé mais au lieu de favoriser le don de sa fille, elle a passé son temps à la rendre malade et à l’infantiliser.

Cette même mère s’entendra à merveille avec son gendre pour continuer à malmener Ada qui ne s’épanouit ni dans le mariage ni dans la maternité. Seule compte pour elle les mathématiques et sa courte vie sera tournée vers les calculs. Malheureusement sa santé précaire et ses ennuis pécuniers car son riche mari lui verse une ridicule pension, vont l’empêcher d’aller plus loin dans ses travaux.

Elle a tout de même eu le temps d’écrire le premier programme publié, destiné à être exécuté par une machine, ce qui fait considérer Ada Lovelace comme la première programmatrice du monde. 

Tombés dans l’oubli, Ada Lovelace et ses travaux furent exhumés avec l’avènement de l’informatique. Et c’est en son hommage qu’on a appelé Ada le langage de programmation conçu entre 1977 et 1983 pour le département de la Défense américain.

Si elle est assez connue dans les pays anglo-saxons et en Allemagne, notamment dans les milieux féministes, elle l’est moins en France, mais de nombreux développeurs connaissent le langage Ada, nommé en son honneur.

Pour moi qui ne connaissait aucunement la vie d’Ada, cette biographie synthétique fut très instructive et vraiment agréable à lire car Catherine Dufour l’a écrit dans un style très actuel en parsemant son texte de nombreux traits d’humour et de geekeries.

L’autrice montre la place très inconfortable des femmes dans cette société anglaise et à cette époque, éternelles mineures passant de la tutelle de leur père ou mère à celle de leur époux voire de leur fils, si Dieu leur prête longue vie.

Tout est bien contextualisé, avec des exemples provenant de l’entourage direct d’Ada. Elle retrace également son ascendance, revient sur ses mentors, ses enfants, son intimité et surtout sur ses travaux, notamment sa fameuse note G.

Une biographie que je vous recommande si vous souhaitez entrer dans l’intimité de cette mathématicienne de génie, y compris si vous êtes nulle en maths comme moi, ce n’est jamais aride ni rébarbatif !

Lu dans le cadre du Mois Anglais :

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Aîné d’une fratrie de cinq, le jeune Vincent est doué pour le dessin mais connaît des difficultés relationnelles dès l’enfance. Tour à tour employé d’un marchand d’art puis pasteur dans une ville de mineur, il trouve finalement sa voie grâce à son frère Théo.

Convaincu du talent de son aîné, ce dernier lui conseille de devenir peintre et lui promet de le soutenir financièrement. Après un passage à Paris où il rencontre de nombreux artistes en vogue, Van Gogh part s’installer à Arles pour y peindre au calme.

Cependant, sa santé mentale se détériore petit à petit et chaque contrariété provoque en lui des crises de démence, qui le précipiteront vers son décès prématuré à l’âge de 37 ans.

Si je ne suis pas férue de mangas, j’en lis très rarement, mes ados, eux, les adorent. Aussi, lorsque je suis tombée sur cette biographie du peintre Vincent Van Gogh, j’étais sûre qu’il allait nous plaire à tous les trois et c’est bel et bien ce qui s’est passé !

Si mon ado n°2 apprécie peu l’art, mon aîné l’aime beaucoup, particulièrement la peinture de la fin du XIXè comme sa maman, et son peintre préféré est justement Vincent !

Faire le pari de raconter la vie de ce peintre en cent pages peut sembler impossible sur le papier mais le pari est relevé et j’en suis la première surprise.

Cet ouvrage est idéal pour initier le jeune public à Van Gogh. L’ouvrage a beau être bref, Shouko Fukaki aux dessins, et Taiji Kimura au scénario, synthétisent assez bien la vie du peintre pour offrir une première approche intéressante.

Les auteurs reviennent sur les points importants de la destinée de l’artiste flamand, ce qui permet de bien cerner la personnalité et le parcours tumultueux de Vincent, venu à la peinture sur le tard.

Et en à peine dix ans, il va réaliser plus de 2000 toiles et dessins et laisser une trace indélébile dans l’art contemporain. Post-impressionniste, il sera l’ami des impressionnistes des pointillistes et le précurseur des fauvistes et des expressionnistes.

Les auteurs s’attardent sur des épisodes incontournables de la vie de Vincent, sur ses amours et expériences professionnels ratés, sur sa relation conflictuelle avec Gauguin, ses aspirations, ses influences mais aussi sur le lien très fort qui l’unissait à Théo qui ne survivra que six mois à son illustre frère.

Le dossier en fin d’ouvrage est également très intéressant et revient sur sa famille, les dates clés de la vie de Vincent, le contexte historique, les différents mouvements picturaux, etc.

Ce titre consacré à Van Gogh fait partie de la collection Les grands noms de l’histoire en manga qui comprend à ce jour des volumes sur Napoléon, Marie-Antoinette, Cléopâtre, Jeanne d’Arc et Mozart, si ils sont aussi bien réalisés que celui-ci, je ne peux que vous les conseiller.

Vous l’aurez compris, cette vulgarisation sous forme de manga est une très bonne idée et un chouette concept pour intéresser les enfants et les ados à l’Histoire !

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Vincent Duluc est l’auteur chez Stock de trois récits très remarqués et salués par la presse (Le Cinquième Beatles, Un printemps 76 et Kornelia). Il est le leader de la rubrique football de L’Équipe depuis plus de vingt ans.

Ils étaient plus que des stars de cinéma. Ils étaient le couple rêvé, un feuilleton national. Entre 1930 et 1940, Carole Lombard et Clark Gable incarnaient une certaine idée du bonheur et Hollywood qui aimait les chimères était à leurs pieds.

Carole Lombard était le glamour, elle était drôle, parlait comme un marin, imposait sa loi. Son charme agissait comme un sortilège, sur certaines photos elle était presque nue et on ne regardait que ses yeux.

Clark Gable était l’homme qui embrassait les femmes, une aura reposant toute entière sur un geste originel, une manière d’agripper sa partenaire par le bras, qui disait où était le pouvoir, où était l’électricité.

Il était la star de  Autant en emporte le vent, elle irradiait dans La Joyeuse suicidée, ils s’étaient rencontrés sur le plateau d’Un mauvais garçon. Il est possible que tous les deux aient eu moins de partenaires à l’écran que dans la vraie vie. Ils essayeraient de rester ensemble au milieu du désir des autres, dans ces existences irréelles que les studios contrôlaient et inventaient, même.

Du fantasme à l’envers du décor, de l’ironie à la tendresse, ce serait Elle & Lui, et puis Lui sans Elle, une succession de remords et de rédemptions, un crépuscule essoufflé, avant de s’allonger à ses côtés sous le marbre de Los Angeles.

Vous l’ignorez sans doute mais j’aime beaucoup l’histoire d’Hollywood des années 1910 à 1950 et surtout les films de ces années-là, notamment les screwball comedy des 30’s et 40’s, genre dans lequel Carole Lombard excellait.

J’ai donc jeté mon dévolu sur Carole & Clark, curieuse d’en apprendre plus sur cette actrice, drôle et libre, d’une beauté époustouflante, et sur le couple qu’elle a formé avec Gable de 1939 jusqu’à sa mort en janvier 1942.

Vincent Duluc nous fait côtoyer ces deux stars dans leur intimité, montre leurs caractères, leurs défauts et je dois avouer qu’en lisant ce roman, les bras m’en sont tombés ! Comment Carole Lombard a-t-elle pu tomber amoureuse d’un homme comme Gable ? Je ne me l’explique pas !

Elle si solaire, brillante, intelligente, qui adorait donner des fêtes, démocrate et libre. Lui, le républicain si ladre, obsédé par la peur de la pauvreté, qui collait ses trop grandes oreilles, avait un dentier et qui la trompait sans vergogne ! On est loin du glamour du King of Hollywood et de la MGM.

Quel couple m’a assorti et pourtant, ils s’aimaient profondément et Gable, qui se remarie deux fois encore, restera inconsolable du décès si brutal de Carole.

Si j’ai appris quelques petites choses sur Carole et Clark dont on suit les vies en parallèle et finalement assez peu sur leur couple à proprement parler, j’ai trouvé ce livre tout de même bien décevant.

C’est un roman bourré d’anecdotes certes parfois intéressantes et de commentaires de l’auteur dont on aurait pu se passer, mais qu’il est mal écrit. Les phrases sont alambiquées, absolument pas fluides. Le récit est décousu, j’ai du relire certains passages pour en comprendre le sens, l’auteur s’attarde sur des faits sans importance, désireux de montrer l’envers du décor mais en oublie son sujet principal, etc.

J’ai eu davantage l’impression de lire une compilation d’articles mis bout à bout et tant pis si ils ne collent pas les uns aux autres, et en aucun cas, un roman bien construit.

Dommage pour ces deux monstres sacrés qui méritaient mieux que cette biographie romancée particulièrement décousue et au final, plus ennuyeuse qu’enrichissante.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Christine Kerdellant est journaliste. Directrice de la rédaction de L’Usine nouvelle après avoir été directrice adjointe de la rédaction de L’Express et directrice de la rédaction du Figaro Magazine, elle participe régulièrement à des débats télévisés et notamment à C dans l’air. Elle a écrit une quinzaine d’essais et de romans, dont Alexis, biographie romancée d’Alexis de Tocqueville.

Ingénieur et inventeur de génie, Gustave Eiffel a bâti des édifices sur toute la planète, de la statue de la Liberté au viaduc de Garabit, de la gare de Budapest au pont de Porto. Il a connu la gloire et la descente aux enfers, les têtes couronnées et la prison.

La construction de la Tour, clou de l’Exposition universelle de 1889, a constitué une incroyable aventure humaine et Gustave a dû se battre pendant vingt ans pour que son œuvre ne soit pas démolie.

Patron social avant l’heure, capable de risquer sa vie pour sauver un ouvrier de la noyade, il est devenu à soixante-dix ans un pionnier de la météorologie et de l’aéronautique, au point que ses découvertes lui ont valu l’équivalent du prix Nobel.

Veuf à quarante-cinq ans, il vouait un culte à sa fille Claire, mais n’a jamais oublié son amour de jeunesse, Adrienne Bourgès, retrouvée sur le tard.

Tout le monde connaît la tour Eiffel, mais personne ne connaît vraiment Gustave Eiffel, sa vie, son oeuvre car la tour a éclipsé l’homme, mondialement connu et reconnu de son vivant.

Avec La vraie vie de Gustave Eiffel, Christine Kerdellant, nous retrace le destin d’un homme hors du commun par son intelligence et son charisme, qui a marqué son époque.

Cette biographie romancée dévoile un personnage fascinant et pourtant méconnu, dont la créativité et les exploits industriels ont fait rayonner l’image de la France dans le monde entier.

En cinq cents pages, l’autrice qui s’est formidablement bien documentée, retrace l’existence de l’ingénieur Gustave Bönickhausen dit Eiffel depuis la cellule de sa prison où l’a conduit le scandale de Panama et où il commence la rédaction de ses mémoires.

On découvre Eiffel à différentes étapes de sa vie, de son enfance à ses études d’ingénieur, de sa rencontre avec sa femme et mère de ses cinq enfants, à la construction de sa grande oeuvre : la Tour inaugurée lors de l’exposition universelle de 1889.

Tout au long du récit, nous sommes aux côtés d’Eiffel, assistons à ses différentes réalisations, à sa bataille pour imposer et sauvegarder sa Tour qui devait être détruite sitôt les portes de l’exposition universelle refermées. On découvre sa modernité, sa poigne de fer mais aussi son humanisme, son engagement social envers ses employés.

L’autrice nous dit aussi tout des relations uniques qu’a noué Gustave Eiffel avec les femmes de sa vie : ses amours de jeunesse, son épouse Marguerite trop tôt disparue, sa soeur Marie et sa fille ainée Claire qui va régenter la maisonnée de son père jusqu’à son dernier souffle, sans doute la personne la plus importante de sa vie.

Christine Kerdellant qui connaît bien l’industrie nous offre ici une biographie romancée qui n’occulte jamais les détails techniques par ailleurs passionnants et qui reste agréable, facile à lire tout en étant riche d’enseignements. Si vous souhaitez découvrir la vie de Gustave Eiffel, je ne peux que vous la conseiller.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture passionnante !

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