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Archive for the ‘Biographies, romans biographiques’ Category

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Annabel Abbs s’est imposée comme la nouvelle auteure anglaise de romans biographiques à succès. Son premier titre, The Joyce Girl, a été publié dans huit pays et a reçu le Impress Prize pour les nouveaux auteurs en 2015. Frieda est son deuxième roman.

En 1912, une jeune baronne allemande vivant à Nottingham avec son mari Ernest Weekley, un philologue britannique commet l’irréparable : elle quitte son confortable foyer et ses trois adorables enfants pour vivre son amour.

La décision de Frieda von Richthofen va donner naissance à l’un des plus grands scandales de son temps. Son histoire va inspirer son second mari, D.H Lawrence, son très sulfureux roman L’amant de Lady Chatterley.

Mais qu’est-ce qui peut pousser une femme à quitter ses enfants ? Quel amour peut être plus fort que celui d’une mère ?

A travers la vie de Frieda, Annabel Abbs dépeint avec finesse la condition féminine au début du XXè siècle, époque où la femme avait peu de rôle à jouer. Frieda von Richthofen est la troisième fille du baron Friedrich Ernst Emil Ludwig von Richthofen.

La famille est aisée et évolue dans les meilleurs cercles de Munich jusqu’à ce que le père perde toute leur fortune. Frieda est privée de dot et se marie bien en-dessous de son rang avec un professeur anglais dont le père est pasteur. Elevée dans la foi catholique, elle fait ce que l’on attend d’elle : tenir sa maison et mettre au monde des enfants.

Jusqu’à la visite d’une de ses soeurs qui lui apprend qu’elle mène une vie libre avec son mari, chacun s’épanouissant dans une vie sexuelle débridée avec d’autres partenaires mais aussi dans une vie intellectuelle brillante.

Frieda se rend compte alors combien sa vie est étriquée, coincée entre ses devoirs domestiques et son mari, très prude, qui ne la touche quasiment jamais. Son séjour à Munich va être le déclencheur de sa vie future. Une vie qu’elle veut libre, sans entrave.

Je n’ai jamais lu L’amant de Lady Chatterley et je ne connaissais absolument pas la vie de Frieda et ce personnage m’a séduite. Cette personnalité hors norme est mise en lumière par Annabel Abbs et on découvre une femme exceptionnelle et une histoire d’amour devenue symbole de libération sexuelle.

L’autrice aborde aussi les tourments de l’amour maternel, de la rivalité entre soeurs et d’une vie sacrifiée sur l’autel du génie littéraire. Plus encore qu’une biographie parfaitement documentée, c’est un page-turner bouleversant.

L’histoire s’étend de 1907 à 1914 et si j’ai globalement beaucoup apprécié cette lecture et son héroïne pour laquelle j’ai eu beaucoup d’empathie, j’ai passablement détesté D.H Lawrence, son égoïsme envers Frieda qui contraint sa muse à abandonner ses enfants et qui ne doit aimer que lui, quel horrible personnage et quel sacrifice inhumain à exiger d’une mère !

A travers l’histoire de Frieda, nous suivons la destinée d’une femme moderne à une époque, dans un milieu social et un pays où ce n’était pas acceptable.

Partagée entre son amour de la vie et celui de ses enfants, divisée entre son milieu social d’origine, noble, où les femmes sont également plus libres d’esprit et de corps et celui imposé par son mari, allemande étrangère en Angleterre alors que la guerre approche, Frieda est écartelée face à ses envies et ses choix !

Un portrait passionnant d’une femme moderne et libre, en avance sur son époque et qui en a payé le prix.

Un grand merci aux éditions H.C et à Agnès Chalnot pour cette découverte !

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Guy Goffette est un poète et écrivain belge. Il a été tour à tour enseignant, libraire, éditeur des cahiers de poésie Triangle et de L’Apprentypographe. Il a parcouru nombre de pays d’Europe avant de poser ses valises à Paris où il vit actuellement. Il est lecteur chez Gallimard, où sont édités la plupart de ses ouvrages.

Paris, décembre 1893. La jeune Maria Boursin manque de se faire écraser par un tramway, sauvée de justesse par un jeune peintre qui a le coup de foudre : Pierre Bonnard.

Cette rencontre va être décisive : Maria rebaptisée Marthe de Méligny, c’est le nom d’emprunt qu’elle a endossé en fuyant le Berry, va devenir la muse et le modèle préféré de Bonnard. Et son épouse quelques décennies plus tard.

Pierre Bonnard va inlassablement peindre Marthe nue et dans la splendeur de sa jeunesse même lorsque celle-ci sera depuis longtemps éteinte. Si parmi ses amis les nabis, il n’est pas le plus connu, lui qui a vénéré les impressionnistes, va tracer son chemin personnel à l’écart des avant-gardes qui suivront : fauvisme, cubisme, surréalisme.

Il produit énormément et connaît le succès dès le tournant du siècle. Pour autant, il va peu à peu se couper de ses amis proches tels que Vuillard, Marthe ayant de l’emprise sur lui. La muse est très jalouse et vit volontiers en ermite avec son homme et Bonnard l’accepte même si il a des périodes de voyages qui l’emmène loin de Paris.

Avec Elle, par bonheur et toujours nue et en une centaine de pages, Guy Goffette, de son écriture belle et éminemment poétique, nous raconte Pierre et Marthe Bonnard. Plus volontiers Pierre car Marthe reste un mystère plus de quatre-vingt ans après sa mort, nous ne savons d’elle que bien peu de choses.

J’ai beaucoup aimé ce court récit, petit bijou ciselé, qui nous fait entrer dans l’intimité du peintre que je ne connaissais que de nom. Loin de la biographie classique, Guy Goffette nous donne à lire une évocation toute en finesse, en subtilités, de la vie d’artiste de Bonnard.

On y rencontre ses amis et Marthe, représentée plus de 150 fois dans les oeuvres de son mari. Par petites touches, telles un peintre, l’auteur nous fait entrer dans l’atmosphère feutrée du couple tantôt sur les boulevards parisiens, tantôt dans l’atelier du peintre, dans leur maison normande ou dans leur retraite ensoleillée du Cannet.

J’ai été immédiatement happée par ce récit qui donne une irrépressible envie de revoir toute l’oeuvre de Bonnard. J’ai adoré m’immerger dans le paris bohème de la Belle Epoque, côtoyer les Nabis et Toulouse-Lautrec, me glisser dans cette belle histoire d’amour et de fidélité entre le peintre et sa femme.

Une biographie romancée délicate et poétique que je ne peux que vous conseiller si vous vous intéressez à la peinture !

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Paulo Coelho, l’un des écrivains les plus lus dans le monde, est né en 1947 à Rio de Janeiro. Ses livres ont été traduits en quatre-vingts langues et publiés dans cent soixante-dix pays. L’Alchimiste, paru en 1988 au Brésil, est un best-seller mondial. En 2007, il a été nommé Messager de la paix de l’ONU. Également membre de l’Académie brésilienne des lettres, il a reçu de nombreux prix et décorations.

Paris, 15 octobre 1917. Il est un peu moins de cinq heures du matin, lorsque l’on extrait de sa cellule de la prison de St Lazare, Margaretha Geertruida Zelle plus connue sous le nom de Mata Hari.

On l’informe que son recours en grâce auprès du président Raymond Poincaré a été rejeté, elle va être aussitôt menée au peloton d’éxécution. L’ancienne danseuse exotique accepte son sort et fera montre d’un grand courage en refusant le bandeau et en envoyant des baisers aux poilus.

La veille, elle a écrit une longue lettre (fictive) à son avocat et ancien amant maître Clunet. Elle raconte son mariage raté avec Rudolf John MacLeod, son séjour à Java et son arrivée à Paris sans un sou en poche.

Rebaptisée Mata Hari et introduite par Guimet sur la scène éxotique, s’impose rapidement comme une danseuse vedette du début du XXe siècle.

Insaisissable et indépendante, elle séduit le public, ensorcelle les hommes les plus riches et les plus puissants de l’époque. Mais son mode de vie flamboyant fait scandale et attire bientôt les soupçons tandis que la paranoïa s’empare du pays en guerre.

Arrêtée en 1917 dans sa chambre d’hôtel sur les Champs-Elysées, elle est accusée d’espionnage malgré ses dénégations et sans la moindre preuve de sa trahison…

Ayant un véritable intérêt pour la Belle Epoque et ses figures emblématiques, je me réjouissais d’en apprendre davantage sur l’une des plus célèbres danseuses de cette période : Mata Hari.

Sa vie libre, le métier d’effeuilleuse qu’elle a popularisé, ses amours, sa beauté et sa fin tragique et prématurée font qu’elle reste célèbre et intrigante un siècle après son décès.

Avec L’espionne, Paulo Coelho fait entendre la voix de Mata Hari, nous conte l’histoire inoubliable d’une femme qui paya de sa vie son goût pour la liberté. Loin d’être une biographie rigoureuse et détaillée, l’auteur brésilien a préféré opter pour un roman qui présente brièvement certains moments clés de la vie de son héroïne.

Et pourtant, je ressors bien déçue de cette lecture, attendant bien plus de ce roman que ce nous offre Paulo Coelho. Raconter l’histoire de Mata Hari par le biais d’une série de lettres écrites à son avocat depuis la prison de Saint-Lazare dans les deux premières parties et du point de vue de l’avocat pour la troisième et dernière partie, est un procédé narratif banal mais ce n’est pas ça qui m’a gêné.

Le titre tout d’abord m’a induit en erreur : je pensais que l’auteur se concentrerait sur la guerre et sur les éléments qui ont permis son arrestation et il n’en est rien. On fait des sauts de puce dans l’existence de Mata Hari mais sans aucune date, ce qui donne un aspect brouillon au roman.

La partie concernant la guerre proprement dite est vite expédiée, l’auteur part du principe, à raison, que Mata Hari était innocente et qu’elle a été condamnée à cause de sa réputation sulfureuse et de ses mensonges répétés.

Le style de Paulo Coelho est poussif, indigeste et malgré la petitesse du volume, j’ai eu du mal à en venir à bout en dépit de mon intérêt réel pour Mata Hari !

Vous l’aurez compris, un roman biographique qui m’a beaucoup déçue et que je ne vous conseille pas.

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Jérôme Garcin est l’auteur d’une vingtaine de livres parmi lesquels La chute de cheval, Olivier, Le voyant ou Le syndrome de Garcin.

Paris, 25 novembre 1959, le plus grand acteur de sa génération, Gérard Philipe, rend son dernier soupir. Il avait trente-six ans et l’allure d’un éternel adolescent, il la gardera pour l’éternité.

Fourmillant de projets, vivant à cent à l’heure, actif au théâtre comme au cinéma, il est alors l’une des principales vedettes et ce, depuis l’après-guerre.

Opéré du foie deux semaines seulement avant son décès, il pensait recouvrer la santé, sa femme Anne ayant préféré le laisser dans l’ignorance de son mal réel, un rare cancer du foie.

Dans les derniers jours de sa vie, il annotait encore des tragédies grecques, rêvait d’incarner Hamlet et se préparait à devenir, au cinéma, l’Edmond Dantès du Comte de Monte-Cristo. C’est qu’il croyait avoir la vie devant lui.

De son dernier été à Ramatuelle au dernier hiver parisien, semaine après semaine, jour après jour, l’acteur le plus accompli de sa génération se préparait, en vérité, à son plus grand rôle, celui d’un éternel jeune homme.

Jérôme Garcin nous propose avec Le dernier hiver du Cid, d’assister aux semaines qui ont précédé la mort de ce grand acteur qui a bercé mon adolescence mais qui est tombé dans l’oubli : le beau Gérard Philipe.

L’auteur n’a bien évidemment jamais connu le comédien mais a épousé sa fille unique, Anne-Marie Philipe, qui a marché dans les pas de son père, néanmoins de façon plus discrète, abonnée aux rôles mineurs.

Sous la plume de l’animateur du Masque et la plume, on découvre un Gérard Philipe intime, et pour moi qui ai vu plusieurs de ses films mais qui ne connaissait rien de sa vie, j’ai appris une foule de choses et notamment l’influence de son épouse Anne, qui l’a poussé à intégrer le TNP et à aller vers des rôles exigeants, loin des comédies légères dont les jeunes femmes étaient friandes.

De son rôle dans la résistance et dans la libération de Paris à ses grands personnages au théâtre et au cinéma, Jérôme Garcin nous fait cheminer au plus près de l’inoubliable interprète du Cid, de Lorenzaccio,de Valmont des Liaisons dangereuses 1960, d’Amédéo Modigliani de Montparnasse 19, d’Octave Moret de Pot-Bouille ou du sémillant Armand de la Verne des Grandes Manœuvres, de Fanfan la tulipe… pour ne citer que ceux-là.

J’ai une tendresse particulière pour cet acteur et ce récit est un bel hommage publié à l’occasion des soixante ans de son décès. On suit jour après jour son combat contre la maladie apparue soudainement et qui va se révélée inguérissable.

On découvre un homme passionné par son métier d’acteur de théâtre à l’époque du très grand TNP de Jean Vilar. Un acteur engagé, fondateur d’un syndicat d’acteurs, l’homme de gauche et ses engagements, cet aspect est éminemment intéressant. On voit le père de famille, très proche de ses enfants avec lesquels il jouait et à qui il racontait des histoires.

On découvre également son épouse Anne qui fait face à l’impossible d’une façon extraordinaire et qui va permettre à son mari de rêver au théâtre et à ses rôles, de croire qu’il va aller à la montagne et à Ramatuelle, leur maison de vacances, jusqu’au dernier moment. On rencontre leurs amis Jean Vilar, René et Bronia Clair, Claude Autant-Lara, Pierre Velley, Georges Perros… et sa famille.

Un livre très bien écrit et très documenté sur les derniers mois d’existence de Gérard Philipe, plein d’empathie et riche d’informations sur cet époustouflant comédien qui intéressera ses admirateurs et ses admiratrices et qui, j’espère, permettra aux plus jeunes de le découvrir et qui sait, de voir ses films.

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De sa vocation de journaliste, Sylvie Dodeller conserve une inaltérable curiosité pour les choses nouvelles. Insatiable arpenteuse des rues du vieux Paris, dévoreuse de romans historiques et de biographies, elle allie dans son écriture la rigueur de l’enquête livresque au travail de terrain. Dans un style accessible et précis, Sylvie Dodeller redonne vie au quotidien d’autrefois, comme cette traversée de Paris tout en senteurs et en éclats de voix dans les rues crottées et gouailleuses du XVIIe siècle et parvient à nous rendre Molière, Léonard de Vinci ou La Fontaine aussi familiers que de vieux copains de collège.

Sophie Germain nait à Paris en 1776 au sein d’une famille bourgeoise. Comme toutes les jeunes filles de sa condition, son éducation se limite aux arts et à la tenue du foyer. Mais Sophie n’a pas l’intention de se marier et voue une passion pour les mathématiques dès l’âge de treize ans, en pleine révolution française, lorsqu’elle découvre dans la bibliothèque paternelle, les écrits de Jean-Etienne Montucla et Etienne Bézout.

Cette discipline, vous vous en doutez, est alors strictement réservée aux hommes, et Sophie Germain va tout apprendre par elle-même. Et cerise sur le gâteau, cette autodidacte va, en dépit de sa condition féminine, se frayer un chemin dans le monde scientifique grâce à sa détermination et son culot.

En 1797, elle se fait passer pour Le Blanc, un étudiant, afin d’obtenir les cours de

Polytechnique. Elle utilise le même pseudo pour correspondre avec les plus grands mathématiciens de son temps et en 1816 devient la première femme récompensée par l’Académie des sciences.

Elle va même laisser son nom à un théorème de mathématiques. Et si de son temps, elle va connaître un joli succès, Sophie Germain va vite retomber dans l’oubli une fois passée de vie à trépas.

Ni biographie à proprement parler, ni essai, ni document, Sylvie Dodeller avec Sophie Germain La femme cachée des mathématiques propose un roman biographique très bien documenté et facile d’accès pour les 12 ans et plus.

Le nom de cette mathématicienne de la fin du XVIIIè / début XIXè ne vous dit probablement rien puisqu’elle fait partie des très nombreuses femmes invisibilisées par les hommes.

Pour ma part, je l’ai découverte lors de mes lectures du très bon document Les insoumises, de la bande dessinée Les découvreuses et de Ni vues ni connues et j’étais vraiment curieuse d’en apprendre davantage sur cette personnalité des Lumières.

Avec un style fluide, l’autrice nous raconte le destin de cette femme hors du commun et réussit même l’exploit à nous divertir avec les mathématiques, ce qui était loin d’être gagné pour moi, vu que je n’aime pas du tout cette matière.

Ce très court roman se dévore, j’ai appris beaucoup de chose sur cette très brillante mathématicienne, sur les débuts de l’école polytechnique et sur les mathématiciens de son époque.

Bien qu’étant du sexe faible comme on disait alors, elle a été reconnue de son temps et a pu s’adonner à sa passion des mathématiques grâce à quelques hommes qui vont l’aider et l’encourager : son père, Antoine Auguste Leblanc qui lui prête son nom et lui donne ses cours de polytechnique, Joseph-Louis Lagrange, professeur à Polytechnique qui va devenir son mentor et quelques autres qui vont l’accueillir dans le cercle très fermé des scientifiques.

Au-delà de la vie de Sophie Germain, Sylvie Dodeller interpelle les lecteurs et lectrices d’aujourd’hui en dévoilant la place des femmes de l’Ancien Régime à celles et ceux qui ne la connaissent pas encore.

Une condition féminine révoltante comme vous le savez probablement puisque la femme était considérée comme une mineure toute sa vie, soumise à l’autorité masculine d’un père, d’un frère, d’un mari ou d’un fils et que cette condition va encore se dégrader avec l’instauration du code Napoléon.

Un roman biographique très intéressant et facile à lire qui a le mérite de mettre en lumière une personnalité méconnue et qui donnera peut-être envie aux jeunes lectrices d’intégrer les filières mathématiques dans lesquelles elles sont encore trop peu nombreuses.

Un grand merci à L’école des Loisirs pour cette lecture de vulgarisation mathématique très intéressante.

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S’inspirant de l’écrivaine George Sand, le collectif Georgette Sand a été créé en 2013 lorsque les fondatrices Gaëlle Couraud et Ophélie Latil se sont demandé  » Faut-il vraiment s’appeler George pour être prise au sérieux ? « . Connu pour ses campagnes de mobilisation  » taxe rose  » – pour la reconnaissance de la taxation excessive des produits genrés – et  » taxe tampon « , le collectif œuvre pour l’émancipation et la visibilité des femmes dans l’espace public. Après la campagne de la  » taxe tampon « , il a réussi à faire supprimer la TVA sur les produits d’hygiène féminine. Le livre issu de la collaboration du collectif, Ni vues ni connues, paru chez Hugo Doc en 2017, étudie l’invisibilisation des femmes dans l’Histoire.

Vous n’êtes pas sans savoir que les femmes ont beaucoup été rayées de l’Histoire avec un grand H, puisqu’elle est écrite par les hommes. Or j’adore les destins de femmes, l’histoire des femmes d’une manière générale m’intéresse beaucoup et ce recueil m’a permis de découvrir des femmes hors du commun par leur intelligence.

Le collectif Georgette Sand nous présente dans Ni vues ni connues tour à tour soixante-quinze femmes qui ont existé à différentes époques, de la fin de l’Antiquité au 20è siècle : artistes, femmes de pouvoir, aventurières, scientifiques, pionnières, militantes, intellectuelles, venues des quatre coins du monde.

Elles ont toutes en commun d’avoir été invisibilisées par les hommes de leur vivant ou oubliées par la postérité. Elles ont en commun une détermination et une volonté de fer.

Stupéfiantes pour certaines, admirables pour d’autres, suspectes quelquefois, mais toujours fascinantes, ces femmes nous font découvrir une époque ou un lieu, un combat ou une aventure.

Toutes nous montrent qu’être femme dans une société souvent misogyne nécessite courage et opiniâtreté pour parvenir à ses fins, choisir son mode de vie… ou simplement pour avoir le droit d’exister.

Soixante-quinze portraits présentés de manière très synthétique par différentes autrices pour que l’on comprenne pourquoi il n’y a pas ou peu de femmes dans les livres d’histoire et aider les femmes d’aujourd’hui à ne pas tomber dans le mécanisme de l’invisibilisation.

Pourquoi les noms comme les exploits des femmes n’apparaissent-ils ni sur les plaques des rues ni dans les manuels scolaires ? N’auraient-elles donc rien fait qui vaille la peine qu’elles soient reconnues ?

Pourtant, de plus près, en balayant les légendes, en soulevant les tapis, en fouillant les placards, on découvre que l’Histoire qui est enseignée n’a pas retenu le nom de la femme qui affirme l’existence du système solaire avant Galilée, invente l’art abstrait avant Kandinsky, ou théorise les pulsions de mort avant Freud…

Mais pourquoi, et surtout comment ? En décortiquant les mécanismes qui ont fait tomber les femmes de ce livre aux oubliettes, le collectif Georgette Sand met en lumière sur un ton décalé ce qui a été occulté, spolié ou fantasmé.

Il révèle également que ce qui rend invisible n’est pas une fatalité et peut même être désamorcé très simplement : pour être reconnues, il faut être connues, et pour être connues, il faut être vues.

Ces femmes ont le disais-je eu des destins assez incroyables même si elles ne sont pas forcément rentrées dans l’Histoire, elles ont souvent marqué les esprits de leurs contemporains ou fait avancer la cause des femmes et elles démontrent surtout l’adage que lorsque l’on veut on peut car toutes ces femmes n’en ont fait qu’à leur tête, au mépris des conventions sociales de leurs temps !

Les autrices rappellent également que certaines époques ont été plus favorables aux femmes que d’autre, j’ai donc appris que jusqu’au XIIIe siècle les femmes pratiquaient la médecine et qu’il a fallu qu’elles attendent la fin du 19è siècle pour avoir le droit d’entreprise des études dans cette matière. Et les femmes pouvaient avoir des fonctions dans l’Etat jusqu’en 1593 !

Un ouvrage, vous l’aurez compris, intéressant et passionnant, qui n’occulte pas non plus certaines personnalités abjectes, m’a permis de découvrir des femmes extraordinaires. Un essai que je vous recommande vivement si vous vous intéressez au féminisme et à la cause des femmes.

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Passent les jours et passent les semaines, Ni temps passé/Ni les amours reviennent, Sous le pont Mirabeau coule la Seine. C’est à Paris que Guillaume Apollinaire, éternel vagabond, poète de l’errance, se fixe et trouve son équilibre. Ce « flâneur des deux rives » y installe sa bohème. Poète, dramaturge, romancier, pornographe, journaliste, mystificateur, parfois même un peu voyou, il sait capter, mieux que personne, la modernité littéraire et artistique de la capitale. Il en est le passeur magnifique. Apollinaire tisse un réseau d’amitiés solides (Picasso, le meilleur ami, le Douanier Rousseau, Max Jacob, Gide, Cendrars…) et entretient des amours tumultueuses. Il est le découvreur du surréalisme, dont il invente le nom, et devient le chantre d’une formidable épopée littéraire et artistique. C’est à Paris qu’il vit, qu’il travaille, qu’il aime. Et c’est à Paris qu’il meurt, le 9 novembre 1918, deux jours avant l’armistice, il y a tout juste un siècle.

Guillaume de Kostrowitzky dit Guillaume Apollinaire arrive à paris au printemps 1899 en compagnie de son frère et de sa mère Olga. Ils mènent une vie oisive mais lorsque l’argent vient à manquer, Guillaume prend des cours pour devenir sténographe dans une banque. Mais Guillaume n’a pas l’âme d’un employé de banque ni d’un fonctionnaire, c’est un poète…

Dans cette courte biographie, Franck Balandier, spécialiste d’Apollinaire, nous conte le Paris du poète, ville qu’il adorait et dans laquelle il a vécu ses vingt dernières années.

Découpée en sept parties (les années de misère, de Montmartre à Montparnasse, Louise Lalanne poétesse de la nuit, L’affaire de la Joconde, La drôle de guerre d’un artiflot, mort du poète, Père Lachaise), cette biographie à travers Paris nous permet de mieux connaître la vie de bohème qu’a mené Apollinaire tout au long de sa vie parisienne.

Franck Balandier nous raconte les lieux qu’il a fréquenté, les quartiers dans lesquels il a vécu, ses amours, ses amitiés avec Picasso, Max Jacob, Gide, Cendrars, Billy, Picabia, Dubuffet…

A travers les rues, les anecdotes, Balandier nous propose de marcher dans les pas de l’inventeur du surréalisme et c’est ici ce qui m’a beaucoup plu : l’imaginer flânant sur les rives de la Seine, cherchant l’inspiration au détour d’une rue…

Les connaisseurs du poète n’apprendront sans doute rien de nouveau mais les néophytes comme moi apprécieront cette vie synthétique que nous retrace Franck Balandier et spécialement un chapitre passionnant sur l’affaire de la Joconde qu’Apollinaire avait été accusé d’avoir volé la nuit du 21 au 22 août 1911 que je connaissais dans les grandes lignes et qui est ici retracé en profondeur.

Il ne fait aucun doute que Franck Balandier connaît son sujet sur le bout des doigts et son ouvrage se lit très bien grâce aux nombreuses anecdotes dont il parsème son récit, j’y ai pour ma part appris une foule de choses en très peu de pages, ce qui me va très bien.

J’aime beaucoup cette collection dont est issu ce titre, Le Paris des écrivains, qui propose des ballades dans les pas de Proust, Dumas, Cocteau, Rimbaud, Molière… et comme les ouvrages sont tout petits et tiennent dans la poche, ils permettent de marcher sur les pas de ces grands écrivains, livres en main !

Vous l’aurez compris, si vous aimez Paris et Apollinaire, que vous avez envie de marcher dans les pas du poète, je ne peux que vous conseiller Le Paris d’Apollinaire.

Merci à Babelio et aux Editions Alexandrines pour cette lecture pleine d’intérêt !

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Jeanne Hébuterne est une jeune fille quand, en 1916, elle rencontre Amedeo Modigliani. De quinze ans son aîné, il est un artiste « maudit », vivant dans la misère, à Montparnasse. Elle veut s’émanciper de ses parents et de son frère, et devenir peintre elle aussi. Ils tombent fous amoureux. De Paris à Nice – où ils fuient les combats de la Première Guerre mondiale –, ils bravent les bonnes mœurs et les interdits familiaux. Mais leur amour incandescent les conduit aux confins de la folie.

Décembre 1916. Dans la pénombre d’un escalier, Jeanne Hébuterne tombe amoureuse d’Amedeo Modigliani. C’est le coup de foudre immédiat.

Fille d’un mercier catholique, la jeune fille âgée de 17 ans suit des cours à l’Académie Colarossi et peint modestement. De quinze ans son aîné, le juif italien est un artiste maudit.

Elle vit encore dans l’appartement familial au 5è étage d’un immeuble bourgeois, il mène une existence dissolue entre son atelier, les cafés parisiens, ses amis et les prostituées.

Elle abandonne tout pour le suivre. La passion les emporte, destructrice jusqu’à la folie et la mort…

Je suis Jeanne Hébuterne c’est l’histoire de la folle passion entre Jeanne Hébuterne et Amedeo Modigliani. Si j’aime beaucoup ce peintre de l’Ecole de Paris, je ne sais rien de sa vie ni de celle qui fut sa muse et la mère de sa fille Jeanne.

Olivia Elkaim nous propose ici de lire le journal intime fictif de la jeune fille surnommée « Noix de coco » en raison de son teint blanc laiteux et de ses cheveux châtain aux reflets roux. Et si elle réalisa quelques tableaux avant de mettre fin à ses jours au surlendemain de la mort de Modigliani, enceinte de neuf mois, elle est surtout connue, de nos jours, en raison de sa relation amoureuse avec Amedeo Modigliani.

Sous la plume de la romancière, Jeanne nous livre son quotidien et raconte sa passion pour Modigliani. Sur le papier, ce roman avait tout pour me plaire : j’adore cette période historique, les romans biographiques et j’étais curieuse de découvrir cette folle histoire d’amour qui a conduit Jeanne au désespoir.

Malheureusement, je ressors de cette lecture déçue en dépit de ses atouts. L’auteure s’est indéniablement documentée sur le couple, le replace dans son époque, dans la société violemment antisémite, nous fait rencontrer les artistes de Montmartre et de Montparnasse, que Modigliani a côtoyé notamment Soutine, Brancusi, Cendrars, Picasso…

La jeune fille si sage, abandonne sa vie bourgeoise pour mener une vie de bohème misérable car les toiles de Modigliani font scandale mais ne se vendent pas et l’argent que la mère du peintre envoie repart en drogues, boissons et prostituées.

Jeanne accepte tout, s’accroche à l’artiste maudit qui brûle la chandelle par les deux bouts se sachant condamné à court terme par la tuberculose. Ce qui ne l’empêche pas d’être tiraillée entre sa famille, notamment son cher Brother André, et l’homme qu’elle aime, qui lui reproche d’être une bourgeoise alors qu’il n’aime que les femmes libres.

Je m’attendais à un texte évidemment romancé mais avec une colonne vertébrale, présenté de façon fluide et linéaire, ici il n’en est rien. Nous sommes dans la tête, dans les pensées confuses de Jeanne Hébuterne, faites de phrases courtes mises à la suite les unes des autres, et je n’ai pas aimé cette construction.

Je comprends le choix de l’auteure qui part sur un territoire presque vierge car l’on ne connaît pas grand chose de Jeanne qui n’a laissé qu’une poignée de toiles derrière elle, découvertes par hasard dans l’atelier de son frère André, peintre lui aussi.

Quelle est la part du réel et du romanesque dans ce récit ? Je ne le sais pas mais je suis passée à côté de Je suis Jeanne Hébuterne, j’ai buté contre le style d’Olivia Elkaim qui ne m’a pas séduite et le schéma narratif trop confus pour moi. Ce portrait de femme, cette quête de l’indépendance, deux thèmes qui me sont pourtant chers, ne m’ont pas emporté mais ennuyé.

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Platine est l’histoire d’Harlean Carpenter, dite Jean Harlow, l’actrice aux seins parfaits, la « Bombe » à la chevelure sans pareille, l’inspiratrice de Marilyn Monroe, premier sex-symbol du cinéma, qui tourna une vingtaine de films en à peine vingt-six ans d’existence, étoile montante fauchée en pleine gloire par la maladie, et constamment au coeur de scandales. Son emprisonnement, sa vie durant, dans une effrayante relation fusionnelle à sa mère, adepte de la Science chrétienne, les exactions dont elle fut victime de la part d’un beau-père mi-incestueux mi-proxénète ne furent pas les seules aberrations de sa courte existence, ballottée d’affaires de moeurs en coups et blessures, des bras du richissime Howard Hughes à ceux de Clark Gable, son dernier partenaire sur le tournage de Saratoga, en 1937. Une vie de star ou l’effroyable jeunesse d’une belle femme trop convoitée qui voulait tenter de s’aimer et jouir de son propre corps malgré les diktats des maquilleurs et le feu des projecteurs qui lui crevassait la peau. A travers le destin de cette comédienne broyée, comme des centaines d’autres, par les nababs des majors, et dont on ne cessa de dire, durant la cérémonie funéraire, qu’elle était aussi belle morte que vivante, Régine Detambel grave au scalpel l’impitoyable et flamboyant blason de l’oppression des femmes.

Platine c’est l’histoire tragique de la première bombe platine de Hollywood : Jean Harlow. Une comète morte à l’âge de 26 ans, emportée par une crise d’urémie. Sa carrière a été fulgurante, sa vie privée, un désastre.

Régine Detambel nous emmène au cœur des studios de cinéma de 1932 à 1937. Un monde régi par les nababs que sont Louis B. Mayer, Howard Hugues… et où les acteurs et surtout les actrices ne sont rien.

C’est l’ère de la toute-puissance des studios, celle où leurs directeurs dictent à leurs acteurs et actrices qui ils doivent être, comment ils doivent s’habiller, qui ils doivent fréquenter et surtout qui ils doivent épouser.

Née Harlean Harlow Carpenter, le 3 mars 1911 à Kansas City, elle débarque à Los Angeles avec sa mère dont elle empruntera les prénom et nom afin de créer son pseudonyme, et son beau-père Mario Bello, un escroc, qui vivra aux crochets de sa belle-fille, faisant de sa vie un enfer.

Baby Jean, tout au long de sa si courte existence, va être prisonnière. Prisonnière de sa mère d’abord, qui à cause de ses convictions scientistes tuera sa fille chérie, de son beau-père, de Louis B. Mayer, de son second mari Paul Bern dont les coups finiront par la tuer cinq ans plus tard, de ses rôles, de son envie d’être mère, de son image…

Plus de quatre-vingts ans après sa mort, Jean Harlow reste une icône et ce roman remet à nouveau en lumière celle qui irradiait la pellicule. J’avoue qu’avant de commencer ma lecture, je ne savais à peu près rien d’elle, si vous êtes dans mon cas Platine vous apprendra une foule de choses sur sa vie.

Ni biographie, ni essai, ni document, Régine Detamble avec Platine nous propose une biographie romancée qui mêle à la fois la troisième personne et la première personne du singulier. C’est cette multiplicité des points de vue qui m’a, je l’avoue, un peu dérangée, j’aurai préféré que l’auteure écrive en tant que narratrice ou en tant que Jean Harlow, mais pas les deux à la fois.

Ceci mis à part, ce très court roman se dévore, j’ai appris beaucoup de choses sur cette actrice mythique qui a tant inspiré Marilyn Monroe avec qui elle avait beaucoup en commun, outre sa couleur de cheveux, notamment son impuissance à fonder une famille, ce qui va amener Jean dans des situations à la fois pathétiques et tristes.

Au-delà du destin tragique de Jean Harlow, Régine Detambel nous montre le début du cinéma parlant, on y croise les patrons des studios et les stars de l’époque, on mesure les contraintes imposées aux acteurs et actrices, dont la vie privée était encadrée et magnifiée. On assiste aussi à l’effondrement des stars du premier âge d’or d’Hollywood, pour qui l’avènement du parlant a été la fin de leur carrière et parfois celle de leur vie.

Comme le roman est court, on reste malheureusement beaucoup en surface, s’attardant longuement sur la relation complexe qui unit Jean à son mère mais aussi sur les cheveux et le corps de l’actrice. Un corps mis à mal par Paul Bern et les hommes en général mais aussi par les lumières des studios : elle finira, à force de multiplier les teintures à base de javel par perdre ses cheveux et devra arborer des perruques, et sa peau trop fragile et trop fine se couvrira de cloques.

J’ai relevé aussi quelques erreurs à propos de Marilyn et Clark Gable. Gable était l’ami de Jean avec qui il a partagé à plusieurs reprises l’affiche et notamment le dernier film inachevé de la blonde, Saratoga. Il sera le partenaire de Monroe dans Les désaxés, dernier film dans lequel il tournera puisqu’il décédera en 1960 et ne verra donc pas mourir Marilyn deux ans plus tard !

Un roman biographique qui ne manque pas d’intérêt mais pas assez fouillé à mon goût.

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Si célèbre soit-il, James Dean, symbole de la jeunesse éternelle, demeure toujours aussi insaisissable. Vivre vite, roman choral tout en nuances, dresse, à travers la voix de ses proches, le portrait intime d’un garçon de l’Indiana, inconsolable et myope, turbulent mais d’une beauté irrésistible, qui s’est donné à tous, sans jamais appartenir à personne: un acteur incandescent devenu, en trois films et un accident de voiture, une icône intemporelle.

Vivre vite signe mes retrouvailles avec James Dean, mort sur une route au volant de sa Porsche Spyder, le 30 septembre 1955, à l’âge de 24 ans. Une vie brève mais intense que nous raconte ici Philippe Besson sous la forme d’un roman choral.

James Dean, je l’ai connu au moment de mon adolescence, lorsque j’ai vu La fureur de vivre, A l’est d’Eden et Géant, les trois films dont il est le héros.

Je le trouvais tellement beau et sensuel mais je ne savais rien de sa vie, aussi lorsque j’ai vu ce roman biographique dans une bouquinerie, je n’ai pas hésité une seconde et il n’a pas eu le temps de trainer dans ma PAL.

Dans ce roman, Philippe Besson, retrace les grandes lignes de la vie de ce mythe dont la devise était paraît-il « Vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre », empruntée à Willard Motley, romancier afro-américain et auteur, notamment de Knock on any door, qui cause un beau scandale lors de sa parution à la fin des années 40.

L’auteur convoque James Dean lui-même mais aussi tous ceux qui l’ont bien connu à venir parler de leur Jimmy. De sa mère Mildred, morte à 28 ans, le laissant inconsolable, à son père Winton, en passant par les Winslow qui l’ont élevé, ses amants présumés, ses partenaires de films.

Famille, petites amies, amants, relations professionnelles : tous livrent leur vision de ce jeune homme pressé de vivre, fougueux, parfois brutal et à la sensibilité exacerbée.

Bien que ce ne soit pas une biographie à proprement parler, j’ai appris beaucoup de choses sur James Dean : sa bisexualité, sa grande myopie, ses insomnies qui pouvaient le laisser des jours durant sans fermer l’œil, son tabagisme actif et son alcoolisme de bar, son amitié avec Eartha Kitt qui lui enseignait la danse, son goût pour la littérature et pour le sport mais aussi les viols répétés de son pasteur.

Ce format court, ses chapitres resserrés, le style de Philippe Besson font mouche, une fois les premières pages lues, difficile de le poser tant on est pris dans le destin broyé de Jimmy, dans ses failles, ses malheurs et son envie de vivre en plus grand que les autres, en plus grand que les autres.

Une trajectoire à une époque où l’Amérique est encore très prude et où l’homosexualité ou la bisexualité est tue, même à Hollywood où les magnats des grands studios imposent de petites fiancées à leurs stars qui ont d’autres penchants, lors des premières.

Ce portrait est très nuancé, l’auteur ne tombe jamais dans l’hagiographie, nous pointe du doigt les défauts de son héros, malgré tout, on ne peut s’empêcher de le trouver attachant, d’être ému face à son désarroi lorsque sa mère meurt d’un cancer alors qu’il n’est encore qu’un petit garçon de 9 ans. Cette mère qui savait le faire rire et avec qui il partageait tout, notamment son amour du jeu, son décès prématuré va casser son existence.

Après, plus rien ne sera jamais pareil et c’est comme si, sachant que son existence serait brève, il va brûler la chandelle par les deux bouts, cherchant des substituts de maman dans ses premières amantes, son professeure d’art dramatique, son agent, etc, et recherchant la tendresse dans les bras des garçons, sans jamais être capable de s’attacher, à l’exception de Pier Angeli, qui en épousera un autre pour ne pas déplaire à sa maman.

J’ai beaucoup aimé la construction de ce récit très bien pensée et amenée, du jour de la mort de sa mère à son propre décès, le fait que Philippe Besson aborde cette vie sous tous les angles par l’entremise de tous ceux qui ont connu James Dean. C’est un roman sur l’intime intense et délicat, à la fois brutal et doux, parfois on se sent voyeur, ce qui m’a un peu gênée aussi.

Plus de soixante ans après sa mort, James Dean reste une icône et ce roman lui rend un joli hommage qui plaira aux fans de l’acteur et à tous ceux qui souhaitent mieux connaître cette étoile filante.

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