Edouard VII un roi anglais made in France – Stephen Clarke

Edouard VII a toujours nourri une passion pour la France. Amant des plus célèbres actrices, courtisanes et danseuses parisiennes, il parlait un français plus parfait encore que son anglais, et fut le premier invité sur la tour Eiffel, malgré l’interdiction officielle de la couronne anglaise. Ses atouts de séduction à la française sont à l’origine de la prouesse diplomatique qui scella l’Entente cordiale. Un roi typiquement anglais ? Pas du tout !

Fils aîné de la reine Victoria et du prince consort Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, Albert Edward naît au palais de Buckingham le 9 novembre 1841 et va pendant près de 60 ans porter le titre de prince de Galles, un record encore jamais inégalé.

Totalement à l’opposé de ses illustres parents totalement puritains, le futur Edouard VII, montre très jeune une prédisposition au plaisir et va mener une existence des plus fantasques. Si la France a été pendant des siècles l’ennemie de l’Angleterre, Edouard va nourrir une véritable passion pour l’Hexagone et surtout pour son art de vivre.

Et ce, dès sa première visite en 1855 où il est en visite officielle avec ses illustres parents, au grand dam de la reine Victoria, qui désapprouvait la légèreté des français. « Vous avez un très beau pays. J’aimerais être votre fils » telle va être la belle déclaration d’amour de Edouard à la France et à son empereur, Napoléon III, dont il va se sentir jusqu’à la mort de ce dernier très proche, bien plus que de son propre père, le très froid et pudibond Albert.

Cabarets, théâtres, restaurants en vue, le Paris d’Haussmann va se révéler être un formidable terrain de jeu pour Bertie, très populaire auprès des dirigeants français et de la population parisienne. Amant des plus célèbres actrices (Sarah Bernhardt), des courtisanes les plus en vue, des danseuses les plus canailles (La Goulue), noceur en diable, il était de toutes les parties au Café Anglais et de tous les lieux à la mode.

Francophile, il parlait le français parfaitement bien et fut le tout premier invité à monter dans la Tour Eiffel, au mépris d’une interdiction officielle de la couronne britannique. Il va également beaucoup s’investir dans l’Exposition Universelle de Paris de 1889 et superviser tout le projet anglais.

Européen convaincu avant l’heure, ce roi pacifiste, s’est servi de son charisme et de ses atouts de séduction à la française pour réussir l’Entente Cordiale, véritable prouesse diplomatique à l’heure où beaucoup d’européens n’aspiraient qu’à la guerre.

Oncle de plusieurs monarques, on peut estimer qu’il aurait vraisemblablement pu éviter le premier conflit mondial si il n’avait pas brûlé la chandelle par les deux bouts et s’éteindre prématurément le 6 mai 1910.

C’est en tout cas ce qu’affirme Stephen Clarke qui nous brosse dans Edouard VII un roi anglais made in France le portrait d’un prince très populaire, longtemps écarté des affaires par la reine Victoria, qui ne voyait pas l’intelligence instinctive de son fils mais seulement sa vie dissolue.

Cette biographie, vous l’aurez compris à son titre, s’attarde sur l’amour de Bertie pour la France et l’influence que notre pays a eu sur lui. Il va beaucoup séjourner à Paris et entretenir des liens étroits avec les hommes politiques de tous bords, monarchistes comme républicains, qui tous, succombaient à son charme.

Une biographie très intéressante, pleine d’humour et de causticité, que je vous conseille si vous souhaitez découvrir ou mieux connaître Dirty Bertie !

Un grand merci à Aurélie et aux éditions Albin Michel pour cette lecture très instructive !

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Pamela – Stéphanie des Horts

Lu dans le cadre du mois anglais :

Légère, séduisante, insolente, Pamela décide très tôt de capturer l’homme qui la mènera à la gloire. Randolph Churchill, qu’elle épouse à dix-neuf ans, Ali Khan, Agnelli, Sinatra, Harriman, Druon, Rubirosa, Rothschild… aucun ne résiste à son charme. S’ils ont le pouvoir, elle exerce sur eux une attirance fatale. Ils l’ont tous désirée. Elle les a tous aimés. Les conquêtes de Pamela sont des alliances, des trophées qu’elle brandit sans crainte de choquer les cercles mondains. Elles vont lui ouvrir les portes du pouvoir et de la diplomatie, jusqu’alors réservées aux hommes, et lui permettre d’assumer toutes ses libertés.

Scandaleuse ? Intrigante ? Courtisane ? Pamela Digby, rousse incendiaire issue d’une famille d’aristocrates désargentés, née le 20 mars 1920 à Farnborough, dans la campagne anglaise est tout ça à la fois et bien plus encore. Sa réputation sulfureuse ne l’empêchera pas de se faire mettre la bague au doigt par Randolf Churchill, le seul fils du grand Winston qu’elle appelait Dear Papa.

Stéphanie des Horts en fait ici une vraie héroïne de roman et nous peint le portrait d’une femme qui a mené une existence flamboyante, la vie d’une séductrice hors norme qui a marqué l’histoire de son temps. Une femme qui a collectionné les riches amants et s’est servi de son corps pour mener une vie d’oisiveté et de luxe.

Si vous aimez les destins de femmes et voir l’histoire par le bout de la lorgnette, Pamela est fait pour vous car quelle femme et quelles vies a vécues Pamela Churchill connue aussi sous le nom de Pamela Harriman ! Cette femme n’a pas eu une vie mais plusieurs et son regard a croisé plus d’un homme d’influence du 20è siècle.

Ses amants sont riches, célèbres et puissants et se nomment tour à tour Ali Khan, Gianni Agnelli, Stavros Niarchos, Franck Sinatra… Ses maris, trois au total avaient pour nom Randolph Churchill, Leland Hayward et William Averell Harriman.

Des hommes, elle en a eu beaucoup, attractive physiquement, n’ayant aucune pudeur ni tabou, Pamela mène une vie libre, se servant de son corps pour ferrer ses proies mais une fois la proie bien en main, elle ne s’est pas contenté de dépenser leur argent, elle les a vraiment aimés.

L’auteure nous emmène dans la vie dorée de Pamela, dans son sillage, au rythme effréné de ses conquêtes. Pamela a la réputation de mangeuse d’hommes et de briseuse de ménages, à raison car les hommes étaient fous d’elle et les femmes la détestaient et s’en méfiaient beaucoup.

Mais qu’importe, rien ni personne ne peut la faire dévier de la route qu’elle s’est tracée. Pamela n’a que faire des critiques à son sujet ni qu’on la traite de pute, c’est un mot qui revient une dizaine de fois sous la plume de Stéphanie des Horts, ce que j’ai trouvé un peu dommage, j’avais parfois l’impression que l’auteure dénigrait son sujet et que Pamela valait mieux que ça.

Certes Pamela est une femme qui toute sa vie sera en quête de pouvoir et de richesse et elle se servira de son corps pour parvenir à ses fins, ne se préoccupera jamais de son fils qu’elle oubliera dans des pensions ou chez des amis, absorbée par ses histoires d’amour et elle n’apparait pas forcément sous un jour des plus favorables dans ce récit et paraît même parfois terriblement antipathique.

Pour autant, si je n’ai aucun point commun avec elle et que je n’ai pas la même vision des choses ni de la vie, j’ai trouvé cette femme fascinante, surprenante, brillante, sa capacité à n’avoir jamais peur de choquer m’épate. Sa dernière vie est toute aussi surprenante lorsqu’elle se passionnera pour la politique, s’investissant sans relâche pour le parti démocrate.

Une personnalité hors du commun qui a un connu un destin exceptionnel, de simple courtisane à ambassadrice des États-Unis à Paris. Une femme à découvrir assurément dans ce roman biographique où Stéphanie des Horts retrace son existence de son premier mariage à son décès, dans la piscine du Ritz.

Merci à Ophélie et aux éditions Albin Michel pour cette lecture intéressante !

Devenir Christian Dior – François-Olivier Rousseau

Paris, années 1920 : un jeune homme cherche sa voie. Il passe ses soirées au Bœuf sur le toit en compagnie d’artistes déjà célèbres qui tous le reconnaissent comme l’un des leurs. Et pourtant Christian Dior ne sait pas encore comment exprimer son talent. C’est en crayonnant des modèles de chapeaux et en dessinant des robes pour des rubriques de mode qu’il découvre enfin sa vocation. Mais la guerre coupe court à ses ambitions.

Démobilisé, Christian Dior rentre à Paris et seconde Lucien Lelong qui se bat contre l’occupant pour garder en France l’industrie de la couture. En 1947, il présente sa première collection : le New Look.

Le succès est foudroyant et planétaire. La maison Dior devient l’incarnation du chic français, et son créateur un mythe instantané.heart_3devenir-christian-dior-francois-olivier-rousseau

Je ne suis pas une modeuse accomplie ni une inconditonnelle de la mode, loin de là, mais je trouve les maisons de couture et leurs créateurs fascinants, tout du moins ceux de la fin du 19è et de la première moitié du 20è.

Les destins des Paul Poiret, Worth, Madeleine Vionnet, Coco Chanel, Jeanne Lanvin et consorts m’intéressent particulièrement et je voue une réelle admiration aux créations de Christian Dior.

La révolution qu’il a insufflé avec son New Look, les merveilleuses robes nées de son imagination m’interpellent depuis longtemps, aussi lorsque j’ai vu la biographie romancée de Dior écrite par François-Olivier Rousseau dans la Masse Critique Babelio, je n’ai pas hésité une seconde.

L’auteur dans Devenir Christian Dior nous propose le portrait du jeune homme avant la mode jusqu’a la création de la maison Dior, soit de la fin des années 20 et la ruine des Dior, à 1947, date de la naissance de la marque qui porte son nom.

François-Olivier rousseau fait donc l’impasse sur la jeunesse dorée de Dior qui naviguait entre l’hôtel particulier parisien et la maison de vacances de Granville, chère au cœur du couturier.

Je m’y attendais, cela ne m’a pas gêné et j’ai trouvé passionnant de découvrir la genèse du créateur qui appartenait à l’avant-garde artistique des Années folles où il côtoyait Max Jacob, Maurice Ravel, Jean Cocteau, pour ne citer qu’eux, à ses débuts de galeriste puis de créateur chez Robert Piguet avant la guerre et Lucien Lelong après celle-ci.

J’ai aimé découvrir son parcours, ses amitiés, ses centres d’intérêt, l’auteur s’attache à nous faire découvrir l’homme derrière le créateur et il révèle un homme discret et timide, attaché à son confort, qui crée sa maison presque malgré lui, poussé par ses amis à se réaliser enfin. On découvre un homme amoureux des hommes mais qui vivait entouré de femmes à qui il avait confié les postes clés de sa maison.

Mais je regrette hélas que cette biographie romancée s’arrête là et ne nous dévoile rien des dix années de création pour la maison Dior, ce que j’attendais aussi de ce livre et je trouve cette impasse regrettable, d’autant que le livre s’achève avec la mort du créateur, quelques pages sur les années 1947 / 1957 n’étaient donc pas superflues.

Devenir Christian Dior, c’est Dior avant Dior et vous l’aurez compris j’aurai aimé découvrir aussi Dior pendant Dior, la façon dont il créait ses collections, ses sources d’inspiration, etc.

Reste que cette biographie romancée est très bien écrite et qu’on la lit avec beaucoup de plaisir et d’intérêt, je vous la conseille donc si comme moi, cette grande figure de la mode vous intéresse.

Un grand merci à Babelio et à Allary Editions pour cette lecture enrichissante !

Les sœurs Brontë à 20 ans – Stéphane Labbe

Récit de sages jeunesses ou comment trois soeurs, isolées du monde, filles d’un révérend de village, vont bouleverser la littérature mondiale en écrivant, aux alentours de leur vingt ans, des romans féministes et révolutionnaires avant l’heure, traversés de passions sauvages et charnelles. En 1836, Charlotte (20 ans), Emily (18 ans) et Anne (16 ans) ne connaissent guère du monde que le presbytère de leur père, une grande bâtisse austère qui surplombe le village de Haworth et dont l’arrière donne sur les  » moors « , ces collines désolées du Yorkshire qui vont nourrir leur inspiration.

Les enfants Brontë écrivent depuis toujours. Leur enfance, marquée par les deuils – perte de leur mère, disparition de leurs soeurs aînées – s’est passée à bâtir des mondes imaginaires dont ils se sont fait les chroniqueurs. Le royaume d’Angria, création de Charlotte et Branwell, est bien vite concurrencé par celui de Gondal, issu des imaginaires conjoints d’Emily et d’Anne. Cette aventure de l’imaginaire, cette émulation fertile, n’a cessé de fasciner critiques et biographes. Le village de Haworth qui a vu naître Jane Eyre (Charlotte), Les Hauts de Hurle-Vent (Emily) et Agnès Grey (Anne) est devenu une véritable terre de pèlerinage pour les lecteurs depuis 150 ans. Et le Brontë Parsonage Museum, lieu de mémoire dédié aux Brontë dans les locaux du vieux presbytère, est l’un des sites touristiques les plus prisés d’Angleterre. heart_4auteur-editeur-pagesles-soeurs-bronte-a-20-ans-stephane-labbe

En un peu plus de 150 pages très concises, Stéphane Labbe réussit à nous conter l’essentiel de la vie de la fratrie littéraire la plus célèbre : celle de Charlotte, Emily et Anne Brontë.

L’auteur commence par présenter la famille Brontë au grand complet en commençant par le père Patrick, pasteur, dont il retrace le parcours. C’est un homme cultivé et fin lettré qui va reporter sur son fils Patrick alias Branwell, de grandes ambitions. La tante Branwell qui vient seconder le pasteur après la mort de sa femme, une femme dure et revêche qui sera économe de son amour. La vieille servante Tabby qui a joué un rôle clé auprès des enfants après le décès de leur mère. Les deux filles ainées, mortes en pension.

Les chapitres suivants sont consacrés aux trois soeurs qui sont mises en lumière en alternance, chacune à deux ou trois reprises, en les replaçant toujours dans le contexte familial et dans la condition féminine de l’époque, et où l’on constate le rôle involontaire joué par Branwell dans leur carrière littéraire, alors que père et soeurs avaient placé en lui tous les espoirs de réussite de la famille, il va les décevoir amèrement.

Stéphane Labbe revient aussi sur les liens qui unissent les enfants entre eux et la façon dont ils ont tous développé leur imagination et leur goût pour l’écriture. Charlotte et Branwell, les aînés, à travers le royaume et la destinée d’Angria tandis que les deux cadettes Emily et Anne se concentrent sur le royaume de Gandal.

L’auteur nous montre aussi que Charlotte, en tant qu’aînée, s’est toute sa vie sacrifiée pour le bien de sa famille et qu’elle aurait aimé avoir plus de proximité avec ses sœurs qu’elle n’en avait en réalité.

C’est une biographie passionnante, détaillée et fort bien documentée, qui remet en perspective l’œuvre des sœurs Brontë avec leurs vies, que nous proposent Stéphane Labbe et son éditeur Au diable Vauvert qui s’inscrit dans toute une collection de portraits d’écrivains à l’âge de 20 ans comme Balzac, Colette, Flaubert, Duras… un concept qui me paraît décidément très intéressant puisque Guy de Maupassant à 20 ans était du même calibre.

Stéphane Labbe accorde une place équitable aux trois sœurs même si on sent à la lecture qu’Emily a sa préférence, il rend justice à Anne qui est méconnue par rapport à ses aînées et souvent minorée et l’on découvre que cette différence de traitement est due à Charlotte elle-même, dernière survivante de la fratrie qui va vanter la poésie d’Emily et afficher du mépris envers les œuvres de sa benjamine.

Je vous conseille Les sœurs Brontë à 20 ans si, comme moi, la vie de cette fratrie vous est totalement inconnue et que vous souhaitez connaître la vie de ces trois sœurs et de leur frère Branwell.

Un grand merci aux éditions Au diable vauvert pour m’avoir permis de mieux connaître Charlotte, Emily et Anne.

Guy de Maupassant à 20 ans – Françoise Mobihan

A 20 ans tout juste, Guy de Maupassant est emporté dans le chaos de la guerre de 70. Son oeuvre en gardera de multiples traces. La plus célèbre, Boule de suif, écrite dix ans plus tard, en 1880, le lancera dans la vie littéraire « comme un météore ». Entre-temps, il aura connu, de 22 à 29 ans, la rigueur et la générosité de la formation flaubertienne. L’auteur de Madame Bovary va inculquer à son disciple des principes littéraires qui le guideront longtemps.

Marqué par la négligence d’un père volage et la séparation du couple parental alors qu’il a onze ans, Guy a grandi auprès d’une mère lettrée, sensible à l’excès, soucieuse de prodiguer à ses deux fils (Hervé est de six ans son cadet), la meilleure des éducations.

Seule figure féminine immuable dans la vie de ce séducteur, Laure restera jusqu’au bout sa conseillère et sa confidente. Jusqu’à l’âge de treize ans Maupassant grandit en « poulain échappé », comme dit Laure, au milieu d’une nature qu’il parcourt et hume jusqu’à l’ivresse. Son inscription à l’institution ecclésiastique d’Yvetot le rendra à jamais allergique à la religion, et à ses représentants. De même, après le baccalauréat et l’épreuve de la guerre, se sent-il étouffer au Ministère de la Marine, où les maigres revenus paternels l’obligent à tenter de gagner sa vie. heart_4auteur-editeur-pagesguy-de-maupassant-a-20-ans-francoise-mobihan

Guy de Maupassant fait partie de ces auteurs que j’affectionne tout particulièrement mais dont je ne connais rien de la vie ou presque. Ecrivain prolifique mort très jeune à 43 ans de la syphillis, sa carrière d’homme de lettres est très courte, de 1880 à 1890 mais importante comme je le disais. L’homme, avant de vivre de sa plume, va souffrir de la misère et de la faim en tant que simple fonctionnaire, gratte-papier malmené par ses supérieurs du ministère de la Marine.

Plus de 300 contes et nouvelles que j’ai tous lu, des romans et des récits de voyage qu’il me reste encore à connaître, Maupassant nait en Normandie en 1850 au sein d’un couple désuni. Il noue une relation très forte avec sa mère Laure, la seule figure féminine immuable dans la vie de ce bel homme, collectionneur de femmes à l’appétit sexuel vorace et insatiable, il aura des rapports détestables avec Gustave son père.

Un autre Gustave fera office de figure paternelle : Gustave Flaubert, un ami d’enfance de sa mère, ils seront très proches au point que certains biographes n’hésiteront pas à écrire qu’ils étaient réellement père et fils, ce dont on a aucune preuve mise à part l’affection mutuelle qu’ils se portaient.

Françoise Mobihan nous livre dans Guy de Maupassant à 20 ans, plus qu’une simple biographie, un portrait intime du jeune Guy depuis l’internat jusqu’au ministère, juste avant qu’il ne connaisse la gloire littéraire méritée qu’il a eu de son vivant.

L’auteure nous dévoile les années de formation de Maupassant et nous montre comment il a puisé dans le détail de sa vie ses idées de pièces de théâtre, nouvelles et romans, mais également son goût pour la poésie.

On découvre également un Maupassant farouchement indépendant, jouisseur et très sportif qui affectionne l’aviron et canote volontiers sur la Seine chaque week-end. Ses rapports difficiles également avec l’écriture, la plume le démange mais elle n’est pas facile à dompter et il va souffrir pendant toutes ces années des fiascos qui émailles sa carrière d’homme de lettres avant de connaître la gloire dès la parution de Boule de suif.

Françoise Mobihan nous dévoile également ses rapports parfois houleux avec le mouvement naturaliste dont il se réclame et les fameuses soirées de Médan chez le maître Zola.

C’est une biographie passionnante, détaillée et fort bien documentée que nous proposent Françoise Mobihan et son éditeur Au diable Vauvert qui s’inscrit dans toute une collection de portraits d’écrivains à l’âge de 20 ans comme Balzac, Colette, Flaubert, Duras… un concept qui me parait très intéressant.

Je vous le conseille si vous souhaitez connaître la vie de cet homme survolté et tourmenté et la genèse de son œuvre et remercie Au diable vauvert pour m’avoir permis de mieux connaître Guy de Maupassant.

La fée de Verdun – Philippe Nessmann

Lu dans le cadre du challenge Première guerre mondiale  :

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Née en 1884, Nelly Martyl rêve de devenir chanteuse à l’Opéra de Paris. Malgré toutes les difficultés qu’elle doit affronter, elle atteint son objectif et devient rapidement une vedette, l’emblème de sa génération. Après son mariage avec le peintre Georges Scott, Nelly est une femme heureuse et épanouie. Mais tout bascule en 1914, lorsque la guerre éclate entre la France et l’Allemagne. Nelly souhaite aider son pays et ses compatriotes. Elle abandonne sa carrière de chanteuse et s’engage dans l’armée comme infirmière. Admirée pour son courage et sa volonté de fer, Nelly Martyl fait partie de ces femmes qui se sont battues pour la liberté. heart_4auteur-editeur-pagesla-fee-de-verdun-philippe-nessmann

En 1943, une enfant de dix ans aperçoit sur le trottoir le corps d’une femme. Le lendemain, elle apprend qu’il s’agit de Nelly Martyl mais ignore si la femme agressée s’en est réchappée ou pas.

Son petit-fils, qui est en fac d’histoire, est intrigué par ce fait divers qui a tant marqué sa grand-mère, il décide de mener l’enquête et vient lui raconter le résultat de ses recherches. Il lui dresse ainsi le portrait de cette femme, célèbre cantatrice de la Belle Epoque, devenue infirmière pendant la Première Guerre mondiale.

Je ne connaissais pas Nelly Martyl avant de lire son court portrait dans Elles aussi ont fait la grande guerre, et c’est au même moment que j’ai reçu La fée de Verdun de Philippe Nessmann, comme quoi parfois la vie est bien faite !

Philippe Nessmann nous propose ici une biographie pas comme les autres puisqu’il n’a pas choisi la forme romancée complètement mais une enquête, un procédé qui, à mon avis, va beaucoup plaire aux jeunes lecteurs dès 11 ans, à qui ce récit est destiné.

Cette femme patriote qui a connu son heure de gloire au début du 20è siècle est aujourd’hui oubliée de tous et l’auteur va nous livrer, à travers le personnage du narrateur, la vie de cette femme engagée, totalement méconnue désormais et lui rendre un très bel hommage ainsi.

Phiippe Nessmann nous propose à la fois une biographie romancée et un documentaire qui s’appuie sur des recherches poussées et des documents intégrés au récit, on prend connaissance en même temps que son héros, des différents supports et archives ayant rapport à Nelly Martyl (publicités, photos, extrait de naissance, peintures…).

Le résultat est passionnant et montre aux adolescents ce qu’est le métier d’historien, comment faire des recherches, où s’adresser, etc, ce qui ne manquera pas d’intéresser aussi ceux qui veulent se lancer dans la généalogie.

Deux narrations s’entrecroisent et se mêlent au fil des pages : la biographie romancée de Nelly Martyl (ses débuts à l’opéra, la guerre de 14, son mariage, etc) dont tous les aspects sont réellement authentiques mais sur lesquels il brode et romance et l’avancement des recherches du narrateur.

Outre l’aspect historique et biographique, l’auteur montre bien ce que fut l’engagement de cette femme, son patriotisme, sa volonté de réussir dans sa carrière de cantatrice, ce qui n’était pas gagné au départ car elle venait d’une famille modeste et que ses parents, concierges, se sont privés pour qu’elle suive des cours de chants, son souci de venir en aide à autrui, son courage, son sens du devoir… : une femme de valeurs à une époque où les femmes étaient cantonnées à la maison.

Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion Jeunesse pour cette lecture passionnante et pour m’avoir permis de mieux connaître cette grande dame que fut Nelly Martyl !

Le Paris de Molière – Jacqueline Razgonnikoff

En dépit des légendes, il n’existe pas plus parisien que Molière. Il est né, a vécu une grande partie de sa vie et est mort dans le vieux Paris, entre l’Arsenal à l’est, le Louvre et le Palais-Royal à l’ouest, entre l’Hôtel de Bourgogne au nord et le Quartier latin au sud. Bien qu’il reste peu de traces concrètes en dehors de quelques monuments, laissons planer notre imagination sur ces lieux, qui demeurent habités par son souvenir. Retournons au XVIIe siècle, retrouvons le Paris grouillant de vie des Halles, du Pont-Neuf, glissons-nous sous les plafonds du Louvre et arpentons les rues du quartier du Palais-Royal, sur les pas de celui qui faisait dire en 1659 au faux marquis de Mascarille : « Pour moi, je tiens que hors de Paris, il n’y a point de salut pour les honnêtes gens ! » heart_3auteur-editeur-pagesle-paris-de-moliere-jacqueline-razgonnikoff

Jean-Baptiste Poquelin, plus connu sous le nom de Molière, est un parisien né et mort dans la capitale au sein d’une famille bourgeoise qui a acheté la charge de tapissier pour servir le roi Louis XIII.

Comme le précise Jacqueline Razgonnikoff, l’auteure de ce court documentaire, il a vécu dans les quartiers de l’Arsenal à l’est, du Louvre et du Palais-Royal à l’ouest, entre l’Hôtel de Bourgogne au nord et le Quartier latin au sud. Il ne reste malheureusement plus la maison natale de Molière ni celle dans laquelle il a vécu avec Armande, la faute au baron Haussmann, mais quelques plaques par-ci par-là portent encore le souvenir de l’écrivain.

Lorsque j’ai sélectionné cet ouvrage dans la masse critique Babelio, je m’attendais à recevoir un beau livre illustré sur la vie parisienne de Molière et j’ai été assez déçue lorsque j’ai vu arriver Le Paris de Molière, en fait un minuscule ouvrage qui tient dans une poche.

La déception passée, je me suis dis pourquoi pas ? J’ai donc aussitôt attaqué ma lecture et il n’a pas fait un pli. Hélas pour moi, je n’ai rien appris, je connais assez bien la vie de Molière car j’avais lu au tout début du blog l’excellente biographie romancée de Mikhaïl Boulgakov, Le roman de Monsieur Molière que je vous conseille si vous ne l’avez pas encore lu !

Et surtout, je me suis beaucoup intéressée à la vie des théâtres parisiens au 17è siècle, les querelles entre l’hôtel de Bourgogne, l’hôtel du Marais et les Italiens, les rivalités entre les troupes, du coup je n’ai rien appris du tout mais je reconnais que pour les novices, ce petit document offre une très bonne introduction à la vie de Molière et à la riche vie théâtrale de cette époque.

Jacqueline Razgonnikoff connaît son sujet sur le bout des doigts et son ouvrage se lit très bien grâce aux nombreuses anecdotes dont elle parsème son récit.

En outre, la collection dont est issu ce titre, Le Paris des écrivains, propose des ballades dans les pas de Proust, Dumas, Cocteau… et comme les ouvrages sont tout petits et tiennent dans la poche, ils permettent de marcher sur les pas de ces grands écrivains, livres en main !

Vous l’aurez comrpis, passée la déception de la réception, j’ai fait un sympathique voyage avec Molière dans ce Paris du 17è siècle qu’il aimait tant même si je n’ai rien appris, j’ai aimé me replonger dans cette époque.

Merci à Babelio et aux Editions Alexandrines pour m’avoir permis de réviser mes connaissances sur la vie de Molière !