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Archive for the ‘Cosy mysteries, romans policiers et thrillers’ Category

Né en 1973, Gwenaël Bulteau est professeur des écoles. Particulièrement attiré par le genre noir, il écrit diverses nouvelles et remporte plusieurs prix. En 2017, il est notamment lauréat du Prix de la nouvelle du festival Quais du Polar, pour Encore une victoire de la police moderne ! Paru en 2021, La République des faibles a remporté le prix Landernau polar, le prix France Bleu ― L’Histoire en polar, le prix Sang d’encre et le Prix des écrivains de Vendée. Le Grand Soir est son deuxième roman.

22 janvier 1905. Paris se presse à la suite du cortège funéraire de Louise Michel, icône légendaire de la Commune. Parmi les ouvriers, la jeune Jeanne Desroselles, travestie en femme du peuple, se mêle à la foule.

Idéaliste et militante, cette jeune héritière fréquente depuis quelques mois les rassemblements publics, vibrant des revendications de ceux qui luttent pour la justice et la liberté. Mais ce matin d’hiver sera pour Jeanne le dernier.

Aux yeux de la police comme de sa famille, Jeanne s’est volatilisée. Sa cousine Lucie n’entend pas se satisfaire de cette conclusion, et elle se glisse de tavernes en ruelles pour retrouver la trace de la disparue.

Pendant ce temps, aux quatre coins de la France, les manifestations se multiplient, les femmes se rassemblent pour faire entendre leur droit à la parole et à disposer de leur corps, les mineurs et les ouvriers réclament un travail qui ne les condamne pas à mort.

Tous s’apprêtent à venir massivement à Paris, manifester ensemble le 1er mai. Ce sera le Grand Soir…

Avec Le grand soir, Gwenaël Bulteau nous entraîne aux côtés de Lucie, dans une Belle Epoque vibrant au son des cris de révolte. Dans ce roman noir très bien documenté, l’auteur mêle personnages historiques et de fiction et met en lumière bien des combats.

On suit Lucie qui enquête sur la disparition de sa cousine. Avec elle, on côtoie les ouvriers et ouvrières mais aussi les mouvements féministes et anarchistes de ces premières années du XXè siècle.

Dans cette période trouble de lutte des classes et de revendications pour de meilleures conditions de travail, les anarchistes ont la cote et fomentent déjà des attentats, la bande à Bonnot sera bientôt là.

Lucie mène son enquête et va faire la connaissance de Madeleine Pelletier, médecin et militante pour l’égalité et le droit à l’avortement. Une femme qui choquait son époque par ses positions dans une France encore profondément croyante et par son apparence car elle portait costume et cheveux courts.

Parallèlement à cette intrigue, nous suivons Madame Sorgue et son assistant garde du corps, une anarcho-syndicaliste qui a elle aussi existé. On la découvre à Courrières, suite à une catastrophe minière qui a fait officiellement 1 099 morts ; et à Roquefort, pour aider les ouvrières dans leurs revendications.

Avec ces deux trajectoires, l’auteur nous montre à quel point la France était une poudrière avec un climat social très fort : droit de vote des femmes, droit à l’avortement, lutte pour la journée de 8h de travail, percée des syndicats et de l’anarchisme…

J’ai beaucoup aimé ce roman choral, porté par des femmes charismatiques. La disparition de Jeanne n’est qu’un prétexte pour nous faire découvrir ce climat social et nous démontrer que la Belle Epoque n’était pas belle pour tout le monde, loin de là !

Gwenaël Bulteau nous montre la misère, le désespoir du peuple mais aussi leur lutte pour améliorer leurs conditions de travail et de vie. Et à contrario, celle des puissants qui habitent de beaux hôtels particuliers et qui ont tous les droits. Le gouffre est immense et on imagine sans peine la haine des ouvriers pour les nantis.

Le roman est réellement passionnant et addictif, j’en suis venue à bout en 24h tant j’ai été prise par cette histoire qui rend un bel hommage à des pionnières féministes tombées dans l’oubli. L’auteur a un réel talent de conteur, il fait vibrer les colères sociales et féministes de la Belle époque et j’ai adoré !

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Le maître du polar islandais, Ragnar Jónasson, est devenu l’un des romanciers internationaux les plus reconnus. Et c’est en France, un pays qu’il aime profondément, qu’il remporte son plus grand succès : plus d’un million de livres vendus. Il est l’auteur de la série mettant en scène l’enquêteur Ari Thór (dont le roman-phénomène Snjór) et de la trilogie à succès La Dame de Reykjavík. Grand lecteur d’Agatha Christie, il a aussi traduit la plupart de ses romans en islandais.

Recherche professeur au bout du monde. Voici une petite annonce qui découragerait toute personne saine d’esprit. Pas Una. La jeune femme quitte Reykjavík pour Skálar, l’un des villages les plus reculés d’Islande, qui ne compte que dix habitants. Malgré l’hostilité des villageois. Malgré l’isolement vertigineux.

Là-bas, Una entend des voix et le son fantomatique d’une berceuse. Et bientôt, une mort brutale survient. Quels secrets cache ce village ? Jusqu’où iront ses habitants pour les protéger ?

Dix habitants au bout du monde. Un mort. Neuf suspects. Voilà le pitch de Dix âmes, pas plus, mon premier Ragnar Jónasson dont j’attendais beaucoup. Trop sans doute car je ressors de cette lecture un peu déçue.

Je connais très mal les polars nordiques, réputés plus lents que leurs collègues britanniques, français ou américains. Il est clair qu’ici, on est surtout dans un thriller d’ambiance et j’ai bien apprécié cet aspect car le récit est court et tendu.

Dans ce village où tout le monde se connait depuis toujours, Una fait vite figure d’intruse, d’autant qu’elle pose un peu trop de questions. Elle se retrouve en but à l’hostilité des habitants et son quotidien devient de plus en plus difficile.

Skálar est un lieu à l’atmosphère pesante, où il y a bien des secrets. Ce n’est donc pas une intrigue policière classique mais c’est assez envoûtant et suffisamment intriguant pour que j’en vienne à bout très rapidement.

On sent clairement l’influence d’Agatha Christie dans ce huit-clos et ce n’est pas non plus pour me déplaire. Non, ce qui n’a pas collé avec moi c’est avant tout l’héroïne, clairement insipide. Una entend des voix, le fantôme d’une petite fille vient parfois la visiter la nuit en chantant une comptine. Sa raison commence à vaciller, deviendrait-elle folle ?

Je trouve cet arc narratif vraiment trop vu et revu pour qu’il me plaise d’autant que je ne me suis pas attachée à l’héroïne et que j’en avais clairement rien à faire de ce qui pouvait lui arriver.

L’autre chose que je n’ai pas aimé, ce sont les passages avec une femme qui raconte un meurtre qu’elle paye en prison, on ne sait rien d’elle et je n’ai pas vu l’intérêt de cette seconde trame, qui pour moi, n’apporte rien au récit.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas totalement convaincue pas ce thriller même si j’ai beaucoup aimé l’ambiance et la tension que l’auteur imprime à son récit, le reste ne m’a pas trop plu.

Vous avez déjà lu Ragnar Jónasson ? Des titres à me conseiller ?

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Xavier Müller est un auteur de fiction et journaliste scientifique. Il est titulaire d’un doctorat en physique et depuis toujours s’adonne au plaisir de l’écriture. Il partage aujourd’hui son temps entre l’activité de journalisme et l’écriture de romans jeunesse et adulte.

Vous êtes là, deux amoureux à admirer l’extraordinaire météorite qui illumine le ciel, lançant autour d’elle des pépites dorées. Puis la personne que vous aimez, tout à coup, s’endort. Et quand elle se réveille, elle n’est plus la même. Elle vous considère comme son ennemi. Pire : comme sa proie !

Paris, Rome, New York, Tahiti… le cataclysme foudroie la planète, inversant le temps, remontant aux origines, effaçant l’évolution. C’est la superrégression. Un cauchemar. Et le spectre du dernier hiver pour l’humanité.

Seul espoir : un ADN hors norme repéré par une équipe de scientifiques. Petit problème : il se trouve dans le corps d’un enfant de dix ans né au XIVe siècle…

Pour Anna Meunier, la paléontologue, et Wuan, son conjoint transformé en erectus, le temps est venu d’enfreindre un puissant tabou : celui qui sépare les vivants des morts et interdit de modifier le passé.

Et si le passé, le présent et le futur n’étaient qu’illusion ? Cette phrase résume parfaitement L’hiver du monde, le dernier tome de la trilogie Erectus qui se paie le luxe d’être tout aussi bon que les deux précédents tomes.

A la fois thriller scientifique et roman d’anticipation, cette saga est un véritable page-turner et cet ultime opus ne fait pas exception à la règle car il s’est révélé tout aussi passionnant et prenant, angoissant aussi bien sûr car tout les évènements décrits par l’auteur sonnent terriblement vrais grâce aux connaissances scientifiques de Xavier Müller.

Xavier Müller nous plonge une fois encore en plein cauchemar car toute vie sur terre peut muter : les hommes, les animaux et les végétaux mais aussi la terre elle-même qui régresse à une vitesse folle, faisant apparaître une nouvelle espèce d’hominidés qui s’en prend aux humains et aux erectus.

Des météorites atterrissent dans tous les points du globe, entrainant des effets secondaires catastrophiques : coma, hibernation, transformation, tout se mélange… et même le temps s’emballe puisqu’il s’inverse, ce qui met une pagaille folle dans les siècles qui ont précédé.

La planète entière vit une régression, les aiguilles des horloges tournent à l’envers, la faune et la flore sont touchées à nouveau, mais aussi le climat, les continents, le monde court à sa perte si Anna et toute l’équipe de scientifiques ne trouvent pas une solution.

Et cette solution se trouve dans le passé, dans l’ADN d’êtres suprêmes appelés les Cygnes Noirs. Pour cela, il faudra à nos héros voyager dans le temps, à la recherche de l’ADN sauveur, au Moyen-Age puis au premier siècle de notre ère. Mais parviendront-ils à inverser cette régression ou l’espèce humaine sera-t-elle vouée à l’extinction ?

Xavier Müller a réussi à intégrer à son récit Histoire, personnages célèbres, science et anticipation, de façon crédible et cohérente. Tout au long de ce troisième tome, on croit à ce qu’on lit et ça, c’est vraiment fort.

L’angoisse monte crescendo, on tremble pour nos héros et pour l’espèce humaine bien malmenée par Xavier Müller. Le dénouement est à la hauteur du roman, ce qui n’est pas toujours le cas !

En bref, une saga intelligente et qui fait froid dans le dos, je vous recommande les trois tomes qui se révèlent tous passionnants !

Ma binôme Belette a beaucoup apprécié sa lecture également, vous pouvez retrouver son avis ici.

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Née en Angleterre, Julia Chapman a exercé comme professeur d’anglais au Japon, en Australie, aux États-Unis et en France. Elle a même dirigé une auberge dans les Pyrénées avec son mari pendant six ans. Aujourd’hui, elle habite dans les vallons du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre, dont les paysages si typiques lui ont inspiré sa série de romans, Les Détectives du Yorkshire.

Un vent de panique souffle sur Bruncliffe : plusieurs vols sont recensés et un terrible incendie provoque l’explosion d’une caravane.

Pour couronner le tout, Mme Lister débarque à l’Agence de recherche des Vallons pour déclarer la disparition de son fils Stuart.
Incendie criminel, vols, disparition inexpliquée : tous ces incidents convergent vers un dangereux multirécidiviste.

Samson et Delilah, les deux détectives les plus respectés des Vallons, mènent l’enquête…

Rendez-vous avec le diable est le huitième tome des Détectives du Yorkshire et, vous le savez, c’est une de mes séries de cosy crimes préférées. J’adore retourner à Bruncliffe pour avoir le plaisir de retrouver le Yorkshire et les protagonistes si attachants de cette saga que sont Samson, Delilah, Ida, Calimero, Nathan, Lucy, Joseph, Arty et tous les autres.

J’adore ces polars qui ont pour cadre la campagne anglaise et cette jolie couverture signée Emily Sutton donne le ton et surtout très envie de découvrir cette histoire, comme toujours si bien troussée par Julia Chapman !

L’ambiance de ce petit village de fermiers où tout le monde se connaît et où aucun secret n’est bien gardé est vraiment agréable. Julia Chapman nous immerge sans problème au cœur du Yorkshire, avec sa campagne verdoyante, ses fermes et ses pubs et j’apprécie de retrouver Bruncliffe au fil des intrigues.

Et, tome après tome, la qualité est toujours au rendez-vous : le récit est haletant, l’enquête bien ficelée, l’évolution des personnages est chouette et dans ce volume, nous avons enfin toutes les réponses à nos questions. La boucle est bouclée, tout est résolu, Bruncliffe va désormais pouvoir couler des jours heureux.

Plusieurs histoires s’entrecroisent, ce qui donne au récit une intensité, une tension, un suspens extraordinaires !!! On est suspendu à chaque page, avec hâte de poursuivre le récit jusqu’à la fin : on est happé par cette histoire, tous les protagonistes sont devenus des amis, c’est absolument génial !!! 

Une fois de plus Mrs Chapman sait y faire ! L’autrice a un réel talent de conteuse et quand on pense que depuis le premier tome, l’autrice tisse cette trame avec des rebondissements et des fausses pistes à la clé, moi je dis chapeau !

Maintenant que toute l’enquête est résolue, y aura-t-il un neuvième tome ? Telle est la question ! Est-ce souhaite d’ailleurs ? Oui parce que j’adore l’ambiance et les personnages mais à condition que la qualité continue d’être au rendez-vous. Si la série doit en rester là, ça me va aussi car le dénouement est celui que j’attendais.

Le style de Julia Chapman est toujours aussi agréable et fluide et si vous aimez les cosy crimes, cette série est faite pour vous car elle comporte tous les ingrédients qui font le sel de ce genre : à savoir un cadre cosy, une bonne enquête, de l’humour et des personnages sympathiques, sans oublier un duo d’enquêteurs original et attachant.

Ma copinaute Belette est sur la même longueur d’ondes, retrouvez son avis ici !

Un grand merci à la collection La bête noire des éditions Robert Laffont pour cette lecture, comme toujours, très réussie.

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Anne Perry, née en 1938, à Londres, est aujourd’hui célébrée dans de nombreux pays comme la  » reine  » du polar victorien grâce aux succès de deux séries : les enquêtes de Charlotte et Thomas Pitt, puis celles de William Monk, série qui compte aujourd’hui quinze titres. Anne Perry s’est depuis intéressée à d’autres périodes historiques avec notamment À l’ombre de la guillotine qui a pour cadre le Paris de la Révolution française. Elle a aussi entrepris de publier une ambitieuse série de cinq titres dans laquelle elle brosse le portrait d’une famille anglaise pendant la Première Guerre mondiale. Anne Perry vit au nord d’Inverness, en Écosse.

Pour Emily Radley, la belle-sœur du célèbre policier Thomas Pitt, les fêtes de Noël s’annoncent désastreuses. Elle doit quitter sur le champ Londres, ses enfants, les mondanités et la fête pour passer ce Noël 1895 en Irlande, auprès d’une tante agonisante qui l’a demandée auprès d’elle.

Brusquement plongée au cœur du magnifique et sauvage Connemara, dans un petit village perdu au bord de l’océan, Emily ne s’imaginait pas une seconde confrontée à une affaire de meurtre commis sept ans auparavant.

Tandis qu’une tempête ramène sur la grève souvenirs et remords du passé, Emily, aussi à l’aise dans les tourbières irlandaises que dans un salon de la gentry, remue les consciences de la petite communauté, en quête d’un secret bien gardé.

Vous le savez si vous êtes un(e) fidèle de ce blog, Anne Perry fait partie de mes autrices chouchous de polars historiques et en décembre, j’aime me plonger dans ses petits crimes de Noël.

Bien que j’ai été déçue par Le corbeau de Noël, je ne voulais pas rester sur un échec et j’ai persisté avec La révélation de Noël qui met en scène Emily Radley, issue de sa série consacrée à Thomas et Charlotte Pitt, série que j’adore, dont les intrigues sont si bien ficelées. Cette histoire m’a d’ailleurs donné envie de poursuivre cette série dont il me reste encore quelques tomes à lire.

Les petits crimes de Noël d’Anne Perry que j’aime picorer chaque année au moment des fêtes à raison d’un ou deux ne sont pas sa meilleure production mais ils ne manquent pas de charme. Dans celui-ci qui se passe dans la campagne irlandaise en 1895, nous suivons Emily venue épauler sa tante Susannah dans les quelques jours qui lui reste à vivre.

Lorsqu’un naufrage a lieu et qu’un survivant, Daniel, est recueilli, tout le hameau est replongé sept ans en arrière, lorsqu’un autre naufragé est venu remuer le passé des habitants. Les secrets qu’Oscar va peu à peu mettre au jour vont finir par lui coûter la vie et Emily va mener sa petite enquête à la demande de Susannah.

Cette histoire mêlant intrigue policière et légendes m’a bien plu. Anne Perry plante son décor dans la région du Connemara et elle en parle très bien. Cette campagne de prime abord sauvage et hostile, les secrets ont fait leur nid chez les habitants de ce village traumatisé par un drame du passé, impriment une ambiance que j’ai aimé.

Et Emily va plutôt bien tirer son épingle du jeu, se rapprochant de sa tante qu’elle ne connaissait pas du tout, renouant ainsi avec ses propres histoires familiales, et s’interrogeant aussi beaucoup sur son couple.

Ce petit crime de Noël ne manque pas d’intérêt mais l’histoire tricotée par Anne Perry se retrouve réduite à peau de chagrin car l’autrice prend son temps pour planter son décor, présenter ses personnages… et sur une centaine de pages, il n’en reste pas beaucoup pour l’enquête en elle-même.

Idem pour le dénouement vite expédié : Emily nous livre les conclusions de son enquête et ça s’arrête là. Que se passe-t-il ensuite ? On ne le sait pas, un peu dommage ! Reste que ce court roman ou grande nouvelle, a le mérite de nous offrir une incursion bien agréable dans l’Angleterre victorienne le temps d’un tea-time et ce n’est déjà pas si mal.

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Ecrivaine britannique, Alexandra Benedict a déjà publié plusieurs romans sous le nom de A. K. Benedict,dont le premier, The Beauty of Murder, est en cours d’adaptation télévisuelle. Romans, nouvelles, scénarios, poèmes…, elle aime s’essayer à différents genres littéraires. Avant de se consacrer à l’écriture, Alexandra a eu une première carrière d’autrice-compositrice-interprète, en groupe et en solo, et a composé plusieurs bandes originales de séries et de films.

Cette année, Lily Armitage est invitée à passer les fêtes de Noël à Endgame House, l’imposant manoir familial sur lequel son excentrique tante Liliana a toujours régné en maîtresse incontestée. Comme lorsqu’ils étaient enfants, cette dernière a prévu pour ses neveux et nièces un jeu de piste géant : Douze énigmes à résoudre pour les douze jours après Noël.

Mais cette fois, le prix est particulièrement élevé : Liliana est morte et celui qui remportera la victoire héritera du domaine. Pourtant ce n’est pas la seule raison qui pousse Lily à franchir les hautes grilles d’Endgame House pour la première fois depuis vingt ans. Elle espère y découvrir enfin la vérité sur la mystérieuse disparition de sa mère.

Mais plus le jeu avance, plus la tension monte entre les cousins. Et quand une tempête de neige les coupe du reste du monde, Lily comprend que le manoir renferme de sombres secrets, et qu’elle risque sa vie dans ce jeu dangereux…

Petits meurtres à Endgame est un huis clos addictif qui s’inspire à la fois de Ils étaient dix d’Agatha Christie et du cluedo. Deux bonnes raisons pour moi d’ajouter ce cosy mystery à ma PAL, étant une fervente adepte de la reine du crime et de ce célébrissime jeu de société.

On y suit Lily, invitée à passer Noël dans la demeure familiale, Endgame Home, un manoir dans lequel elle n’a pas remis les pieds depuis la mort de sa mère Mariana, deux décennies auparavant. Décédée à son tour, sa tante Liliana a souhaité réunir ses enfants, neveux et nièces pour un dernier jeu de piste à l’enjeu de taille : les clés du domaine.

Pendant les douze jours que durera le jeu, du 24 décembre au 4 janvier, et qu’une tempête de neige les isole du reste du monde, le poids des secrets se fait de plus en plus prégnant, faisant ressortir rancœurs et drames… Alors, qui remportera le manoir ? Surtout, qui agi dans l’ombre pour nuire aux autres ?

Alexandra Benedict nous propose une histoire haletante, entre traditions de Noël, retrouvailles familiales tendues et petits meurtres en famille… C’est un véritable jeu de massacre qui nous est proposé tout au long du récit, avec des énigmes, anagrammes et des jeux de mots bien corsés.

Un manoir mystérieux, des secrets et des indices enfouis dans chaque recoin du domaine, de mystérieux crimes à résoudre au présent mais aussi au passé, une tempête de neige… tout les ingrédients sont réunis pour un cosy crime de Noël fort sympathique. L’ambiance est lourde et le suspens bien mené.

J’ai été bernée sur toute la ligne ! Je n’ai pas trouvé l’identité de la personne qui tirait les ficelles et ça m’a bien surprise tant j’étais à mille lieux de découvrir les différents éléments de la solution car il y a des ramifications dans le passé qui trouvent un dénouement dans le présent.

Si je me suis bien régalée, j’ai tout de même deux petits bémols : les personnages sont un peu trop manichéens à mon goût avec des gentils très gentils et des méchants très méchants. Et certaines scènes manquent de réalisme, notamment sur la fin.

Pour autant, je ne peux que vous conseiller ce huit clos à la fois prenant et divertissant à découvrir en cette fin d’année ! Belette s’est bien amusée elle aussi, son avis ici !

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Olivier Merle est né en 1956 à Rennes. Universitaire et romancier, il est l’auteur, aux éditions XO, de Libre d’aimer et Dans l’ombre du loup. En 2013, il a obtenu le prix Charles-Exbrayat.

Un crâne de Neandertal posé sur un meuble. Un homme prosterné devant lui, comme s’il priait. Son front est fracturé, un de ses yeux, arraché. Son épouse est introuvable ; les traces de lutte montrent qu’elle a sans doute été enlevée.

Jamais le commandant Grimm et son équipe n’auraient imaginé être confrontés à une mise en scène aussi macabre. D’autant que la scène se reproduit… et les jours passent, synonymes d’angoisse. Sans aucune piste. Aucun suspect.

Si les femmes enlevées ont été tuées, où sont les corps ? Si elles sont vivantes, où sont-elles retenues ? Grimm, déjà empêtré dans ses problèmes personnels, le sait : si son enquête continue à piétiner, un autre homme sera massacré et une autre femme disparaîtra.

Avec Le Manoir des sacrifiées, Olivier Merle nous entraîne sur les rives de la folie d’un tueur en série pas comme les autres. S’appuyant sur ses connaissances scientifiques et une bonne dose d’imagination, il nous propose un polar plutôt addictif et original même si il ne m’a complètement séduite.

Commençons par les points positifs : l’enquête est bien ficelée, impossible de devenir l’identité du tueur et son mobile est très original, je ne peux pas vous en dire plus mais c’est totalement inédit.

J’aime beaucoup lorsque les auteurs de polars s’emparent de la science et de ce point de vue-là, Olivier Merle fait le job, sans nous assommer de ses connaissances sur l’homme de Neandertal et j’ai vraiment bien aimé cet aspect.

J’ai apprécié aussi l’humour et l’équipe de Grimm même si lui m’a sorti par les yeux, son personnage de flic est trop vu trop lu, et sa vie personnelle bien trop présente au détriment parfois de l’enquête.

Continuons dans les points négatifs : le récit manque de rythme. Au tout début, j’ai vraiment été happée par l’histoire qui part à cent à l’heure puis à certains moments ça s’essouffle, il y a des longueurs qui ralentissent l’histoire et qui sont bien inutiles, avec cent pages de moins le roman aurait été bien plus efficace.

J’ai compris très vite le mobile du tueur, vu venir certains rebondissements, mais totalement surprise par d’autres. L’idée de départ qui mêle une série de meurtres sordides à des indices se rapportant à la préhistoire est intéressante. Mais, au final, je ressors un peu déçue de ce polar qui n’a rien d’exceptionnel, je m’attendais à vraiment mieux que ce polar grand public.

Troisième polar du mois et troisième déception, j’espère que le prochain sera d’un tout autre acabit. Ma copinaute Belette est encore moins emballée que moi, son avis ici !

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Anne Perry, née en 1938, à Londres, est aujourd’hui célébrée dans de nombreux pays comme la  » reine  » du polar victorien grâce aux succès de deux séries : les enquêtes de Charlotte et Thomas Pitt, puis celles de William Monk, série qui compte aujourd’hui quinze titres. Anne Perry s’est depuis intéressée à d’autres périodes historiques avec notamment À l’ombre de la guillotine qui a pour cadre le Paris de la Révolution française. Elle a aussi entrepris de publier une ambitieuse série de cinq titres dans laquelle elle brosse le portrait d’une famille anglaise pendant la Première Guerre mondiale. Anne Perry vit au nord d’Inverness, en Écosse.

Le détective John Hooper est heureux. Il vient d’épouser la jolie Celia. Clémentine, l’amie de Celia, vient à son tour d’annoncer ses fiançailles avec Seth Marlowe, un homme pieux de son église.

Noël approche. Mais le futur époux commence à recevoir des lettres menaçantes qui évoquent la mort de sa première femme. Furieux, Marlowe accuse Celia d’avoir envoyé ces lettres, affirmant qu’elle veut ruiner ses fiançailles.

Ne sachant pas comment se défendre, Celia missionne son mari pour enquêter. Mais à qui se fier en cette saison de fêtes, où amour et mensonge se conjuguent au pluriel ?

Vous le savez si vous me suivez depuis longtemps, je suis une inconditionnelle d’Anne Perry et chaque année, en décembre, je pioche dans ses petits crimes de Noël. Si ils n’arrivent pas à la cheville de ses romans, ses histoires tricotées pour les fêtes sont parfois très chouettes et d’autres, nettement moins.

Et pour moi, Le corbeau de Noël, fait hélas indéniablement partie de cette seconde catégorie. Heureusement que cette nouvelle de Noël faisait moins de 200 pages sinon je l’aurai abandonné.

L’histoire se passe bien à Noël mais on est vraiment loin de l’ambiance festive et cocooning des fêtes, ce qui ne m’a pas gêné car je savais où je mettais les pieds, dans une enquête policière.

Celia est une jeune mariée qui va passer son premier Noël avec son mari John, un policier travaillant sous les ordres de William Monk. Son amie Clémentine vient de se fiancer avec un veuf qu’elle n’apprécie pas. C’est d’ailleurs réciproque.

L’homme lui interdit de voir Clémentine et l’accuse de lui avoir écrit une lettre anonyme remplit de menaces. Il la menace à son tour. John décide alors de trouver le corbeau qui menace leur bonheur.

L’enquête arrive très, trop, tardivement et se révèle est assez simple car on devine vite l’identité de ce corbeau qui semble en savoir bien long sur Marlowe, un homme sombre et taciturne, volontiers donneur de leçons, et qui a l’air de cacher bien des secrets.

Les personnages sont un peu trop manichéens à mon goût, les gentils sont vraiment gentils et les méchants vraiment méchants, et je ressors déçue par cette intrigue peu étoffée car Anne Perry est si talentueuse et elle m’a habituée à tellement mieux, que ce roman est pour moi un flop !

Inutile d’avoir lu les enquêtes de William Monk pour rentrer dans cette lecture. Anne Perry glisse toujours une morale dans ses crimes de Noël, et ici elle met l’accent sur le pardon. A l’occasion de Noël, c’est plutôt une bonne idée, mais j’ai trouvé l’ambiance bien trop austère et religieuse à mon goût et j’étais bien contente d’arriver vite au point final.

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Après un doctorat en pharmacie puis un autre en droit, Éric Fouassier s’est spécialisé dans l’histoire de la médecine, qu’il enseigne à l’université. Passionné d’énigmes et de codes secrets, il est l’auteur de romans historiques. Le bureau des affaires occultes est le premier opus d’une série policière au héros récurrent : Valentin Verne.

Valentin Verne, inspecteur en charge du Bureau des Affaires Occultes, doit résoudre une nouvelle affaire : un médium aurait recours au spiritisme et à de mystérieux pouvoirs extralucides pour ramener à la vie de la fille de Ferdinand d’Orval, un noble très fortuné. Tables tournantes, étranges apparitions, incarnations inexplicables… Mystification ou réalité?

Des bas-fonds parisiens aux salons de la haute société, des espions de Vidocq aux troublants mystères du spiritisme, l’auteur nous entraîne dans un polar crépusculaire et addictif.

Cela faisait plusieurs mois que je me gardais bien au chaud Le fantôme du vicaire d’Eric Fouassier, second tome du Bureau des affaires occultes, certaine de passer un très bon moment car j’avais adoré le premier tome il y a un an déjà et vous n’ignorez pas que les polars historiques sont mes petits péchés mignons.

Formidablement bien documenté, ce roman nous immerge dans ce Paris bouillonnant de 1830 alors que Louis-Philippe succède à Charles X suite aux trois glorieuses. Dans la lignée des grands détectives de l’Histoire, de Vidocq à Lecoq en passant par Nicolas le Floch, un nouveau héros est né : Valentin Verne.

Epris de chimie et de sciences, c’est un policier moderne qui met ses connaissances au service de la justice et l’époque est riche en découvertes : spiritisme, nouvelles substances, pouvoirs mystérieux des plantes, balbutiements de la photographie… tout ceci est réellement passionnant !

Valentin, droit dans ses bottes et épris de justice, n’hésite pas non plus à sortir sa canne épée pour mater souteneurs et voyous. C’est un héros bien campé, avec un côté sombre et mystérieux, avec une soif de justice, de vérité et de vengeance qui va l’animer de la première page au point final.

Ici, il va devoir enquêter sur un spirite qui a tout l’air d’être un escroc mais son esprit est aussi préoccupé par le vicaire, l’homme qui l’a abusé et fait prisonnier pendant des années alors qu’il n’était qu’un enfant. Passé traumatisant qui le hante et l’empêche de mener une vie amoureuse, au grand dam de la comédienne Aglaé dont il épris et aimé en retour.

Ce polar historique contient tout ce que j’attends de ce genre : une trame historique de qualité au service d’une intrigue bien ficelée, sans jamais tomber dans la leçon d’histoire. Tout est précis, documenté, pour nous offrir une totale immersion dans le Paris de 1830.

L’écriture d’Eric Fouassier est très agréable, très fluide. Les explications chimiques ou scientifiques sont distillées avec beaucoup de pédagogie. Des révélations, des rebondissements tout au long du récit, aucun temps mort, des raisonnements pertinents et une galerie de personnages fictifs et historiques très agréable à suivre, j’en redemande !

Même si j’avais deviné l’individu se cachant derrière le médium et le masque du vicaire, je n’ai pas boudé mon plaisir tant le roman est passionnant de bout en bout, je retrouverai donc avec grand plaisir Valentin Verne lorsque le troisième tome paraîtra, d’autant qu’il sera aidé de la charmante et féministe Aglaé.

Et ce n’est pas Belette qui dira le contraire. Comme moi, elle a beaucoup aimé cette histoire même si elle a été aussi bonne détective que moi. Son avis ici !

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Qu’ils adaptent en français des dialogues de séries et de films américains ou qu’ils écrivent, c’est toujours à quatre mains que travaillent Christian Niemiec et Ludovic Manchette. Après douze ans de collaboration, Alabama 1963 est leur premier roman.

Birmingham, Alabama, 1963. Le corps sans vie d’une fillette noire est retrouvé. La police s’en préoccupe de loin. Mais voilà que d’autres petites filles noires disparaissent…

Bud Larkin, détective privé bougon, alcoolique et raciste, accepte d’enquêter pour le père de la première victime. Adela Cobb, femme de ménage noire, jeune veuve et mère de famille, s’interroge : « Les petites filles, ça disparaît pas comme ça… »

Deux êtres que tout oppose. A priori. Et qui vont pourtant enquêter main dans la main…

Si vous avez aimé La couleur des sentiments ou Un long, si long après-midi, je ne saurai que trop vous recommander Alabama 1963 qui connait un joli succès depuis l’an dernier.

J’avais peur d’être déçue tant j’avais pu lire d’avis élogieux et bien, je rejoins la cohorte de celles et ceux qui ont adoré ce polar sur fond de lutte pour les droits civiques et de ségrégation raciale dans le sud des Etats-Unis.

Le premier roman de Ludovic Manchette et Christian Niemiec est une réussite tant au niveau de l’intrigue policière diablement bien ficelée avec un dénouement que je n’ai absolument pas vu venir, et pourtant comme d’habitude, j’ai soupçonné à peu près tout le monde, que d’un point de vue historique.

Les auteurs connaissent fort bien la période dans laquelle ils ont planté leur décor et n’ont pas choisi l’année 1963 au hasard car elle est vraiment charnière dans la lutte des droits civiques.

Manchette & Niemiec nous rappellent, tout au long du roman, les dates et évènements importants qui ont jalonné 1963 et notamment l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy, sans jamais virer à la leçon d’histoire, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Tout au long du roman, on suit Adela dans son quotidien de femme de ménage noire au service des blancs et on assiste à des scènes et des réflexions totalement lunaires mais qui reflètent hélas les conditions de vie de cette époque avec les lois raciales encore en vigueur et qui sont si révoltantes.

Mais aussi Bud, flic viré de la police pour avoir tué son coéquipier alors qu’il était en état d’ébriété. Depuis lors, l’alcool est son meilleur ami et il vivote tant bien que mal en tant que privé.

Raciste, comme je pense la majorité des blancs de cette époque, il va pourtant enquêter sur le sort de ces petites filles noires enlevées puis tuées par un serial killer.

Mais comme il est blanc, les familles noires ne veulent pas lui parler et Adela, sa femme de ménage, va devenir son assistante et lui permettre d’enquêter.

Au-delà de cette enquête pleine de suspens qui nous fait tourner les pages avec avidité, en cela c’est un page-turner très efficace, Ludovic Manchette et Christian Niemiec nous offre une galerie de personnages intéressante dans les deux communautés et nous font assister à l’émancipation d’Adela et j’ai beaucoup aimé cet aspect.

Un roman écrit à quatre mains avec beaucoup de talent que je vous invite vraiment à découvrir, c’est une petite pépite !

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