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Archive for the ‘Littérature allemande’ Category

Daisy et Marc ont accumulé beaucoup trop de mauvais karma… Ils sont donc réincarnés en fourmis ! Mais, s’ils veulent empêcher à tout prix le mariage qui se profile entre le meilleur ami de Daisy et l’ex-femme de Marc, ils vont devoir gravir le plus vite possible les échelons de la réincarnation afin de retrouver leur forme humaine… Pas une mince affaire quand on a d’aussi mauvais caractères !heart_3toujours-maudit-david-safier

Daisy Becker est une jeune actrice en manque de rôle qui commence à taper sérieusement sur les nerfs de ses colocataires qui exigent qu’elle règle ses loyers de retard sous peine de prendre la porte.

Heureusement pour elle, son agent lui propose une figuration dans le tout nouveau James Bond qui se tourne actuellement à Berlin. Ni une, ni deux, Daisy file à son rendez-vous en taxi, bien qu’elle n’ait pas l’argent pour le payer.

Qu’à cela ne tienne, elle demande au taxi de l’attendre devant les studios, s’imaginant le rouler dans la farine. Hélas pour elle, la star du film, l’irrésistible Marc Barton, ne veut pas d’elle et elle se rend compte que le taxi l’attend toujours au moment de quitter les lieux.

Elle trouve alors refuge dans la loge de Barton mais dans un mouvement d’exaspération, tue son chien bien-aimé par accident. L’acteur est furieux et la chasse sans ménagement mais Daisy voulant se faire pardonner monte de force dans la belle voiture de sport de Barton qui finit par s’écraser contre un camion, les envoyant tous deux ad patres !

Mais l’aventure ne s’arrête pas là pour nos deux turbulents acteurs qui se retrouvent réincarnés en fourmis…

Il y a quatre ans, mon deuxième avis de lecture paru sur le blog portait sur Maudit Karma pour lequel j’avais eu un coup de cœur, tant cette lecture m’avait réjouie et divertie.

David Safier reprend dans Toujours maudit ! la même recette et nous conte cette fois-ci les multiples réincarnations de Daisy et de Mark, un récit pétillant et drôle, l’effet de surprise en moins pour les lecteurs du précédent opus.

La recette peut sembler éculée, n’empêche que l’auteur nous propose une fois encore un roman déjanté et drôle, une bouffée d’air frais qui se dévore et fait du bien. Et même si comme je le disais plus haut l’effet de surprise n’est pas là et que l’on pourrait reprocher à l’auteur de trop coller à Maudit Karma, j’ai passé un bon moment en compagnie de Daisy et Marc, deux personnage antipathiques au possible, qui au gré de leurs réincarnations, sauront s’amender et devenir meilleur.

Lorsque l’on a lu le précédent opus, on sait d’emblée où l’auteur veut nous emmener, le dénouement n’est donc pas une surprise mais même si on sait où l’auteur va nous emmener, il le fait avec talent puisqu’on ne s’ennuie pas une seconde !

Un roman frais et distrayant qui prône de belles valeurs (amour, entraide, amitié…) et même si les ficelles sont un peu drôles et les gags parfois réchauffés, je vous le recommande si vous êtes à la recherche d’une lecture distrayante.

Merci à Aurélie et aux éditions Presses de la cité pour cette histoire truculente !

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Lu dans le cadre du challenges 1 pavé par mois  :

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2008, Berlin. Diana Wachenbach, brillante avocate, est appelée à Londres au chevet de sa grand-tante bien-aimée. Celle-ci lui révèle l’existence d’un secret de famille, resté entier, convaincue que Diana pourra le percer.
Alors que son couple bat de l’aile, la jeune femme décide de s’envoler pour le Sri Lanka, terre de ses ancêtres, colons à Ceylan. Sur cette  » île aux papillons « , elle va découvrir une prophétie qui semble avoir changé le destin de sa famille et l’histoire d’un amour interdit plus fort que la mort…

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2008, Berlin. Diana Wachenbach est avocate et mariée depuis de longues années avec Philipp lorsqu’elle le surprend en compagnie d’une autre femme. Leur mariage qui n’était pas au mieux, sombre. C’est alors qu’elle reçoit un appel de Mr Green, en provenance de Londres : Emmely, sa grand-tante chérie, se meurt et elle se précipite à son chevet.

La vieille dame lui révèle qu’un lourd secret de famille persiste depuis 1888, date à laquelle son arrière-grand-mère Grace a quitté la plantation de thé familiale sise à Ceylan pour rejoindre l’Angleterre.

Depuis cette date, personne n’a revu la jeune femme. Emmely, sentant sa dernière heure arriver, fait promettre à Diana de découvrir le secret de la famille Tremayne, enfoui depuis des générations.

Quelques heures plus tard, Emmely décède et Diana décide de rentrer à Berlin mettre fin à son mariage et part pour le Sri-Lanka, sur les pas des Tremayne afin de lever le voile sur le secret de sa famille.

Vous le savez sûrement si vous me lisez régulièrement, j’adore les romans historiques et les secrets de famille, surtout s’ils me font voyager, L’île aux papillons de Corina Bomann m’a donc tapé dans l’œil en juillet et je l’ai illico presto glissé dans ma PAL de vacances et lu presque dans la foulée

Ce roman avait tout pour plaire sur le papier et ce fut le cas, j’ai beaucoup aimé ce roman, surtout les passages dans la plantation de thé de Vannattuppucci sur l’île de Ceylan en 1887, notamment grâce à l’atmosphère qui s’en dégageait et pour l’histoire d’amour impossible entre Grace et Vikrama, l’administrateur métis de la plantation.

Roman choral alternant les époques, 1887 et 2008, et les héroïnes, Grace et Diana, L’île aux papillons, est un roman idéal à lire l’été ou pendant les vacances, qui se dévore et qui fait voyager.

Une très belle lecture avec des secrets douloureux soigneusement enfouis comme je les aime, des indices semés de-ci de-là, des rencontres enrichissantes, juste ce qu’il faut de romanesque, en bref tous les ingrédients pour nous faire passer un bon moment.

L’écriture de Corina Bomann est fluide, les personnages sont bien construits et on s’instruit sur Ceylan sans jamais tomber dans le documentaire. L’auteure nous propose une intrigue bien ficelée qui va permettre à Diana de découvrir, dans un jeu de piste orchestré par sa grand-tante défunte, l’histoire de sa famille dans la lointaine Ceylan, actuel Sri Lanka, et aussi de mettre de l’ordre dans sa vie personnelle.

Si vous aimez les romans à la Kate Morton, L’île aux papillons devrait vous plaire autant qu’à moi, je vous le recommande !

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Pour l’empêcher de fréquenter l’homme qu’elle aime, le père de Marie décide de l’envoyer aussi loin que possible de leur petit village de Frise orientale : à New York, chez ses deux frères. Avec pour seuls bagages son coeur brisé et la recette secrète de son gâteau au fromage blanc, elle débarque à Brooklyn en ce froid mois de novembre 1932, à la fois fascinée et terrifiée par ce qui l’entoure. Elle est bien loin de se douter de l’incroyable destin que lui réserve le Nouveau Monde.

Des décennies plus tard, Rona, sa petite-nièce en plein revers professionnel et sentimental, vient lui rendre visite. Marie lui raconte son histoire et lui confie la recette du cheesecake qui doit changer sa vie.heart_3auteur-editeur-pagesla-patissiere-de-long-island-sylvia-lott

Frise Orientale, 1932. Marie est la dernière fille de Heinrich et Tabea Wiemkes, de fervents catholiques. Tous leurs enfants, exceptés Marie et son jeune frère Jonhy, ont déjà émigré aux Etats-Unis pour avoir une vie meilleure, l’Allemagne étant rongée par la crise, le travail y est rare.

Johny va bientôt s’embarquer pour New-York car Marie est censée reprendre la ferme familiale et vivre de la tourbière. En attendant, elle est devenue l’une des institutrices de son village et accessoirement l’amoureuse de Arthur Meiners, son collègue.

Leur amour doit rester secret car Arthur est protestant et les amoureux craignent que les parents de Marie ne les forcent à rompre avant qu’ils n’aient pu convoler en justes noces. Mais leur secret finit par être éventé et Henrich envoie séance tenante Marie à New-York rejoindre Willy et Fritz, ses frères célibataires, qui tiennent un coffee shop.

Elle part le cœur lourd mais munie de la recette de tante Frieda, la sœur de son père qui a épousé un juif et a été mise au banc par sa famille, celle d’un cheesecake, un gâteau qui réconcilie les fâchés et apporte du bonheur.

Sur place, elle doit réadapter la recette familiale avec les ingrédients typiquement américains et au bout de plusieurs semaines d’échecs, le fabuleux cheesecake renaît de ses cendres et connaît immédiatement le succès.

Soixante-dix ans plus tard, Rona et son grand-père Johny séjournent à Long Island pour fêter les 90 ans de Marie, c’est alors qu’elle va léguer à son tour sa recette à Rona pour que la fabuleuse histoire du cheesecake lui survive.

Vous connaissez mon goût pour les romans culinaires et de ce point de vue là La pâtissière de Long Island ne m’a pas déçue, ce livre est un pur régal pour les becs sucrés et m’a donné envie pendant près de 400 pages de me gaver de cheesecake !

Un cheesecake peut-il changer la vie et même empêcher un suicide ? D’après Sylvia Lott, oui ! Vous avez du mal à le croire, je vous rassure moi aussi et j’ai trouvé ce récit un peu trop linéaire et idyllique, pour y croire vraiment.

Pourtant, Sylvia Lott nous propose un roman qui a un certain intérêt, mêlant destin de femme et histoire avec un grand H puisqu’il aborde la montée du nazisme, la haine des juifs au sein même de la propre famille de Marie, non par idéologie politique mais par obscurantisme religieux, la crise des années 30, l’émigration, etc.

On y voit Marie vivre le rêve américain : partie de rien, elle réussit à bâtir une entreprise autour de son fabuleux gâteau. Cette partie historique m’a plu mais j’ai moins accrochée avec le récit contemporain qui est trop beau pour être vrai, en tout cas moi ce genre de success story en deux temps trois mouvements, avec histoire d’amour et happy end général, je n’y crois plus.

J’ai eu aussi un peu de mal avec le style de Sylvia Lott que je n’ai pas trouvé fluide et entrainant, comme sait le faire Kate Morton par exemple.

Malgré ces bémols La pâtissière de Long Island est un roman à savourer sans modération si le sujet vous tente.

Un grand merci à Babelio et aux Editions Piranha pour cette lecture gourmande !

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 » Ma nièce Valérie doit s’occuper de tout.  » Se retrouver un beau matin avec une librairie sur les bras, Valérie ne s’y attendait pas. Pour elle qui se destinait à une brillante carrière de consultante internationale en économie, quel cadeau empoisonné ! La jeune femme va pourtant se laisser prendre au jeu et, indépendamment des comptes de la boutique au bord de la faillite, découvrir la littérature. Kafka, Dickens, Calvino, Pessoa… Une tasse de thé à ses côtés, elle dévore avec joie tout ce qui lui tombe sous la main. Texte après texte, échange après échange avec les clients peu banals du magasin, Valérie commence à prendre goût à sa nouvelle vie, mais c’est un roman singulier intitulé Une année particulière et la rencontre d’un charmant inconnu qui l’aideront à écrire le chapitre décisif de son existence… heart_3auteur-editeur-pagesune-annee-particuliere-thomas-montasser

Charlotte a disparu, elle s’est littéralement volatilisée mais a un laissé un mot derrière elle disant : « Ma nièce Valérie doit s’occuper de tout. » Ce tout, c’est la librairie de la délicieuse vieille dame, Ringelnatz & Co.

Seulement voilà, Valérie, ne se destinait pas à reprendre la librairie de sa tante bien aimée et pressée par son père, décide de la liquider au plus tôt. Etudiante en master de consultante internationale en économie, la jeune femme ne lit pas et découvre un lieu vieillot, qui ne lui plaît pas vraiment. Et cerise sur le gâteau : l’état des finances de Ringelnatz & Co est loin d’être brillant.

Valérie se rend en effet compte que la librairie ne fait plus recette et que les clients l’ont déserté depuis longtemps. Elle décide de faire l’inventaire des livres présents mais aussi des créances et passe de longues heures sur place et chemin faisant, elle va y prendre goût.

Elle va s’asseoir dans le fauteuil de lecture et découvrir les grands noms de la littérature, notamment Kafka par lequel elle commence. Au fil des jours et des semaines, Valérie se sent bien dans sa nouvelle vie, prend congé de ses études et de son petit ami et s’épanouit totalement dans la lecture.

Un roman feel-good qui parle des livres et qui a pour décor une librairie, ça ne peut que plaire aux lectrices que nous sommes et ce court récit se révèle très agréable à lire.

Thomas Montasser démontre dans ce premier roman que le goût de la lecture peut venir à n’importe quel moment, à n’importe quel âge, qu’un livre nous attend tous quelque part, un livre qui déclenchera l’envie d’en lire un autre puis un autre, et j’ai beaucoup aimé cet aspect-là du roman.

Le personnage principal du récit, Valérie, qui au départ n’a qu’une envie  : suivre les directives de son père et de son amoureux qui la pressent de liquider au plus vite Ringelnatz & Co afin de poursuivre et terminer ses brillantes études qui lui permettront d’enchaîner sur un job au salaire confortable.

Finalement, elle va découvrir que cette vie toute tracée ne lui convient plus et va tout faire pour redonner vie à la librairie moribonde, ce qui lui vaudra l’occasion de faire de belles rencontres avec un jeune garçon, un ouvrier syrien et un bel inconnu.

Tous ces aspects du roman m’ont beaucoup plu, et notamment tout ce qui à trait à la disparition de la tante Charlotte même si j’aurais aimé que l’auteur nous dévoile davantage cette tante qui reste mystérieuse à nos yeux.

En revanche, je n’ai pas accroché à l’intrigue liée au roman Une année particulière qui donne son titre au récit, j’ai trouvé que cela n’apportait rien et que ça tombait comme un cheveu sur la soupe.

Ce que j’ai aimé aussi c’est que l’auteur parsème son récit de références littéraires classiques et contemportaines à travers les lectures de Valérie et les coups de cœur de Charlotte, qui donnent envie de découvrir ces différentes œuvres et d’en ajouter à ma whish list qui n’avait vraiment pas besoin de ça.

Une année particulière est un roman qui ne peut que plaire aux lectrices que nous sommes, qui se lit formidablement bien même s’il n’est pas exempt de défauts, cela reste un bon premier roman et c’est évidemment un très bel hommage à la lecture et aux librairies .

Un grand merci à Anne et aux Editions Presses de la cité pour cette lecture réconfortante !

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Brillant fox-terrier capable de communiquer en messages codés, Sirius émigre aux Etats-Unis avec la famille Liliencron, qui fuit l’Allemagne nazie. Arrivé à Hollywood, il devient la coqueluche des studios Warner Bros. et s’acoquine avec les plus grands : Rita Hayworth, Billy Wilder, John Wayne et Cary Grant n’ont plus de secrets pour lui ! Engagé ensuite par le cirque Barnum, son ascension dans le showbiz tourne court lorsqu’un tour de magie échoue et le fait « réapparaître » à Berlin. heart_4auteur-editeur-pagessirius-jonathan-crown

La famille Liliencron, d’origine juive, habite un bel hôtel particulier de Berlin à une époque où être juif est loin d’être réjouissant puisque le Führer tient ferme les rênes de l’Allemagne.

Carl, le père, est professeur dans un institut, où il étudie les relations entre les planctons arctique et antarctique. Rahel, la mère, est une femme au foyer et accessoirement, ex-amoureuse de l’acteur Peter Lorre. Elle trompe son ennui en apprenant des tours à Lévi, le fox-terrier familial. Georg, le fils, se destine à devenir médecin mais pour l’instant, ne peut prétendre à entamer des études dans ce domaine réservé aux aryens. Else, la fille, est musicienne.

Suite à la promulgation de nouvelles lois, Carl est brusquement congédié de l’institut et après qu’une rafle ait bien failli les envoyer croupir dans un camp de concentration, ils quittent l’Allemagne pour Hollywood, grâce à l’aide de Peter Lorre.

Carl trouve, toujours grâce à Peter Lorre, un emploi de chauffeur de star dans la Mecque du cinéma, il s’accommode de cette nouvelle vie qui va prendre un nouveau tournant lorsque Lévi, rebaptisé Sirius, cabotin à souhait, tape dans l’œil de Jack Warner.

Jonathan Crown signe ici une fable drolatique sur un épisode dramatique de la seconde guerre mondiale, la Shoah. Sirius, le fox-terrier, qui donne son nom au roman, en est le véritable héros. Ce chien de race trouvé dans la rue possède des dons exceptionnels que l’on va découvrir tout au long de ses aventures totalement rocambolesques !

De Berlin aux plateaux d’Hollywood en passant par le cirque et le bunker où Adolf Hitler va finir ses jours, le destin du cabot et celui du maître de l’Allemagne nazie, se retrouvent irrémédiablement liés.

Peut-on rire de tout ? Oui, lorsque c’est fait avec talent et c’est le cas ici. L’histoire est totalement farfelue mais elle colle à l’Histoire même si Jonathan Crown prend quelques libertés pour ajouter des touches d’humour.

Le régime nazi et la moindre faiblesse humaine sont brocardées avec brio et la plume de l’auteur est agréable, le roman se lit fort bien, se dévore même. L’auteur passe de la peur à la cocasserie, de la gravité à la légèreté,  de la superficialité d’Hollywood à la barbarie du nazisme de façon toujours habile.

Que vous dire de plus que j’ai beaucoup aimé ce récit et ce héros hors du commun, dont je vous conseille la lecture à votre tour ?

Un grand merci à Anne et aux Editions Presses de la cité pour cette lecture réjouissante !

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C’était un rite amoureux étrange de ce couple mal assorti. Hannah, 35 ans, aimait que Michaël, 15 ans, lui fasse la lecture à haute voix. Un jour Hannah disparaît. Quelques années plus tard, alors qu’il fait ses études de droit, Michaël retrouve Hannah au banc des accusées d’un procès contre des criminelles nazies. Elle se défend mal, comme si elle préférait une lourde condamnation à l’aveu d’un honteux secret… Pendant des années, Michaël continue d’envoyer des lectures enregistrées sur cassettes à la prison où Hannah purge une longue peine. Peut-on aimer quelqu’un dont on abhorre la conduite sans se rendre soi-même coupable ? Sous l’aspect d’une triste histoire d’amour, le roman soulève de graves questions, comme la responsabilité et les conditions de la dignité humaine.

À quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d’une femme de trente-cinq ans. Il a la jaunisse et fait pratiquement un malaise devant chez elle. Cette femme qu’il ne connaît pas le ramène chez lui, et lorsque quelques mois plus tard, Michaël est guéri, sa première sortie sera pour remercier cette femme qui lui a porté secours. Il lui apporte un bouquet de fleurs et tombe éperduement amoureux. Dès le lendemain, il devient son amant.

Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, sèche le dernier cours du matin ou la rejoint en fin d’après-midi, après le lycée. Leurs après-midis obéissent à un rituel précis : il lui fait la lecture à haute voix, ils se douchent, font l’amour et restent étendus ensemble jusqu’à l’heure où il doit rentrer chez lui.

Mickaël est très amoureux et fait tout pour qu’Hanna reste avec lui mais lui, ne sait rien de ses sentiments. Hanna reste froide, mystérieuse et imprévisible. Elle ne va jamais lui dire qu’elle l’aime, ni l’appeler par son prénom, il doit se contenter de « garçon », rien de plus. Puis, elle disparaît du jour au lendemain, et cette disparition va rester une cicatrice béante pour le jeune homme.

Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de ses études de droit, au procès de cinq criminelles, des gardiennes du camp d’Auschwitz, accusées d’avoir laissée mourir un convoi de femmes dans des conditions particulièrement horribles. Parmi elles, il reconnaît Hanna. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l’insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais. Il se marie, a une petite fille Julia, mais ce mariage se solde vite par un divorce, car il ne peut oublier Hanna et ses émois d’adolescent. Il cherche Hanna dans chaque femme qu’il rencontre et ce souvenir, ternit toutes les relations amoureuses qu’il pourrait avoir, il compare les femmes à Hanna et Hanna gagne toujours. On dit qu’on ne se remet jamais de son premier amour, c’est le cas de Michaël.

Au bout de 8 années de détention, il décide de redevenir le lecteur d’Hanna. Il lui envoie chaque semaine ou chaque mois, selon ses disponibilités, des cassettes sur lesquelles il a enregistré ses lectures, et ce pendant 10 ans, jusqu’à ce qu’Hannah soit graciée. Et c’est à ce moment-là qu’il la revoie pour la dernière fois.

Ce roman partiellement autobiographique est l’occasion pour son auteur de comprendre son histoire, mais aussi de comprendre l’histoire. Sa génération, celle des enfants nés pendant la seconde guerre mondiale ou juste après, souffre de culpabilité collective et s’éloigne peu à peur de leurs parents coupables à leurs yeux, au pire de nazisme, au mieux, coupables d’indifférence.

Il y a de très belles pages sur cette culpabilité, sur les procès tardifs d’après-guerre, ceux qui ont lieu dans les années 60. L’auteur met le doigt où cela fait mal : ce sont les petits, les sans grades, les simples employés qui sont traduits en justice et condamnés, pendant que les commandants et les théoriciens nazis vivent un exil doré ou ne sont tout simplement pas inquiétés.

Un roman important, poignant et juste, sur l’histoire d’un premier amour, mais aussi et surtout le destin d’une génération, celle des jeunes allemands qui cherchent à comprendre leur Histoire et à se construire malgré tout…

Lu dans le cadre des challenges Le nez dans les livres, Cartable et tableau noir et ABC Babelio 2012-2013

         

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Animatrice de talk-show, Kim Lange est au sommet de sa gloire quand elle est écrasée par une météorite. Dans l’au-delà, elle apprend qu’elle a accumulé beaucoup trop de mauvais karma au cours de son existence. Non seulement elle a négligé sa fille et trompé son mari, mais elle a rendu la vie impossible à son entourage.

Pour sa punition, Kim se réincarne en fourmi. Et le pire reste à venir: de ses minuscules yeux d’insecte, elle voit une autre femme la remplacer auprès de sa famille. Elle doit au plus vite remonter l’échelle des réincarnations. Mais, de fourmi à bipède, le chemin est long et les obstacles nombreux…

Un livre coup de cœur et un excellent moment de lecture, j’ai littéralement dévoré Maudit Karma ! Un postulat de départ très original qui promettait de l’humour et des rebondissements, et au final, un roman réjouissant, bien écrit, qui accroche le lecteur.

Les diverses réincarnations de la journaliste vedette Kim Lange, qui ayant passé sa vie à écraser autrui pour mieux avancer, et qui meurt dans une posture très cocasse, se réveille peu après dans la peau d’une fourmi, le plus bas degré de la réincarnation. Cette réincarnation et les suivantes donnent lieu à de grands éclats de rire, grâce à l’imagination débordante de l’auteur, un style fluide et un humour décalé.

Pas de temps mort pour l’égocentrique Kim qui enchaine les péripéties et doit apprendre à faire preuve de bonté, de générosité ou de désintéressement pour se réincarner en humain et espérer reconquérir sa place au sein de sa famille qu’elle a bien négligée.

Difficile d’en dire davantage sans dévoiler un bout de l’histoire, ce qui gâcherait votre plaisir, car chaque mort de Kim apporte une nouvelle réincarnation, et avec elle son lot de surprises, notamment la présence du célèbre coureur de jupons Casanova, qui accompagne l’héroïne dans ses aventures, et de Bouddha, chargé de guider les âmes athées.

A lire absolument !

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