Tante Mame – Patrick Dennis

Lu dans le cadre de Ma PAL de printemps (6/10)

La vie de Tante Marne, femme imprévisible et fantasque, a toujours été régie par un principe intangible : la liberté. Et c’est bien ce qu’elle compte inculquer à son neveu Patrick, qu’elle vient tout juste de recueillir. Alors, exit l’éducation conventionnelle, le jeune garçon va se voir ouvrir les portes d’un monde où passion et exubérance sont reines.

Fin des années 20 à New York, le jeune Patrick Dennis, âgé de 10 ans, se retrouve orphelin après le décès de son père sur un parcours de golf. Cet homme qui se souciait peu de son fils de son vivant le confie par testament à sa sœur, Mame.

Après les funérailles, Patrick, escorté par sa gouvernante, fait la connaissance de sa tantine qui mène une vie de patachon et qui détonne par sa liberté de mœurs et son imprévisibilité.

Ce qui est loin d’être du goût de son tuteur, un homme prude qui l’envoie bien vite en pension, histoire que cette chère tantine n’inculque pas ses préceptes avant-gardistes au jeune garçon promis à un brillant avenir…

De la fin des années 20 aux années 50, de sa jeunesse à sa vie d’adulte, Patrick Dennis nous raconte sa vie qui connaît constamment des sorties de route grâce ou à cause de sa tante Mame qui chamboule tout sur son passage.

Tante Mame est un classique aux États-Unis adapté au cinéma et au théâtre que j’étais très curieuse de découvrir tant les critiques étaient dithyrambiques. Je suis quant à moi plus modérée sur ce titre qui se révèle très sympathique et cocasse certes mais dont j’attendais davantage que ce succédané de scènettes loufoques.

C’est un titre que j’ai trouvé léger et amusant, que j’ai lu par petites touches car si Mame est une femme pétillante et excentrique très attachante, ses frasques se révèlent lassantes par leur ressemblance et on finit par avoir l’impression de tourner en rond.

Ceci mis à part, c’est un roman avec des situations rocambolesques qui mettent le sourire aux lèvres. Mame est un personnage incroyable, d’une grande modernité pour son époque, totalement barrée et loufoque, sans préjugé ni apriori que l’on a plaisir à suivre dans ses aventures même si je le disais plus haut, je les trouve un peu trop semblables.

Bien qu’américain, Patrick Dennis manie bien l’humour anglais, absurde et loufoque, dans la droite lignée de P.G Wodehouse et son majordome Jeeves. Cette fois, c’est la tante qui a toutes sortes d’idées insensées et son jeune neveu qui essaie constamment d’arranger les choses et de rester dans la normalité et le convenable au grand dam de Mame qui n’en revient pas d’avoir un neveu aussi étroit d’esprit.

Ceci dit, même si tante Mame n’apprend visiblement jamais rien de ses erreurs, elle arrive à rester sympathique et tire inévitablement bien son épingle du jeu.

Une curiosité agréable que je ne regrette pas d’avoir lu mais qui ne restera pas dans mes annales, je ne suis donc pas sûre de lire la suite des aventures de tante Mame dans Tante Mame autour du monde !

Le refuge des souvenirs – Mary Marcus

Lu dans le cadre du challenge  1 pavé par mois

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Au cours de l’été brûlant de 1963, la ségrégation fait rage dans la petite ville de Murpheysfield. Mary Jacob, douze ans, mal aimée par sa famille, trouve refuge auprès de Lavina, la cuisinière noire, qu’elle considère comme sa mère. Mais, lors d’incidents raciaux, la domestique est tuée. Mary Jacob, choquée, oubliera tout de cette période de sa vie.

Des décennies plus tard, apprenant que son père est mourant, Mary Jacob retourne dans sa Louisiane natale. Partie sur les traces de son passé, la jeune femme retrouvera-t-elle la mémoire de son enfance brisée ? Pourra-t-elle faire la paix avec sa propre histoire et avec Billy Ray, le fils de Lavina, blessé par le silence et les non-dits ?

Début des années 1990, Mary Jacob retrouve sa Louisiane natale qu’elle a quitté deux décennies plus tôt. Elle est en effet désormais installée à New York, auteure de romans pour enfants qui connaissent une certaine célébrité, maman d’un garçon et épouse d’un juif new yorkais lui-même le fils de survivants de l’Holocauste venus s’installer en Amérique.

Sa sœur Kathryn l’a appelé au chevet de leur père mourant. Le vieil homme va regagner sa demeure de Murpheysfield et souhaite renouer avec sa fille cadette avec laquelle les liens sont rompus depuis de nombreuses années.

Mary Jacob débarque donc dans la maison de son enfance et au gré de ses conversations avec son père et de ses retrouvailles avec Billy Ray, un musicien afro-américain, elle dont la mémoire est d’ordinaire défaillante sur son enfance, se remémore petit à petit des souvenirs jusque là enfouis dans sa mémoire.

Elle va se souvenir des dernières semaines de la vie de sa mère morte d’une longue maladie et de celle qu’elle considérait comme sa véritable mère, Lavina, la servante noire de la famille et mère de Billy Ray qui a connu une fin tragique, en pleine ségrégation raciale, sur fond de lutte pour les droits civiques…

La ségrégation raciale ou l’esclavage ne font pas partie de mes thèmes de prédilection car ils sont bien évidemment très durs mais je trouve nécessaire les romans ou bandes dessinées qui les traitent car nous ne devons jamais oublier les victimes des exactions et cruautés qui ont perduré jusque dans les années 60 aux États-Unis dans les provinces du Sud.

Par le passé j’avais adoré La couleur des sentiments, Sweet Sixteen ou Les derniers jours d’Emmett Till, je n’ai donc pas résisté à l’envie de lire Le refuge des souvenirs, le premier roman de Mary Marcus traduit en français.

La romancière nous propose ici un roman à trois voix qui a pour toile de fond le début des années 90 pour le commencement de l’intrigue puis l’été 1963 qui revient en détail sur la relation entre Mary Jacob la petite fille blanche mal aimée par ses parents et Lavina leur servante noire. L’amour et l’affection mutuelle qui unissent ces deux personnes sont bien évidemment interdits dans le sud des États-Unis où la ségrégation fait encore rage au début des années 60.

Une enfant blanche n’est pas censée avoir une proximité quelconque avec sa servante noire et encore moins lui témoigner un amour filial, mais Mary Jacob osera transgresser les règles établies même si elle prendra en retour des coups de ceinture ou de fouets.

Quant à Lavina, elle ne doit pas oublier sa place au sein de la famille ni celle au sein de la société des années 60 dominée par les blancs qui ont encore droit de vie et de mort sur leurs concitoyens noirs mais elle ne peut empêcher d’aimer Mary Jacob comme sa propre fille, déclenchant ainsi la jalousie de son propre enfant.

De ce point de vue, le roman de Mary Marcus est réussi : il rend compte du climat qui régnait à cette époque et de ce que les afro-américains subissaient encore et toujours et à cet égard il est très émouvant, il y a des passages vraiment très beaux qui mettent la larme à l’oeil.

Mary Marcus alterne donc tout au long du récit les souvenirs de Mary Jacob et les lettres de l’au-delà de Lavina qui nous apportent un éclairage supplémentaire sur la vie des domestiques noirs et sur les évènements qui ont conduit à sa fin tragique, je ne vous spoile pas, l’auteure dévoile cette mort dès le préambule.

Même si j’ai trouvé le rythme du roman trop lent c’est surtout la troisième voix qui m’a déplu : Billy Ray. Le fils de Lavina devenu gloire du blues dans les années 60 et devenu depuis un parfait has-been alcoolique et totalement égocentrique m’a tout de suite agacé et j’ai fini par sauter les parties le concernant tellement qu’il m’était antipathique, sans cela, je pense que c’était le coup de coeur.

Le refuge des sentiments est un beau roman, à la fois tendre et tragique, sensible et pudique, profond et émouvant que je vous recommande si le sujet vous intéresse.

Merci à Anne et aux Presses de la Cité pour cette lecture émouvante.

Une nouvelle chance – Debbie Macomber

Lu dans le cadre du Challenge Cold Winter

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Lucie Ferrara et Aren Fairchild se rencontrent après s’être rentrés dedans apparemment par accident (du moins, c’est ce qu’ils croient) à Times Square le soir du réveillon du Nouvel An. Le coup de foudre est immédiat. Mais, aussi vite qu’ils ont été réunis, un autre coup du sort les sépare, laissant Lucie et Aren sans moyen de reprendre contact.

Un an plus tard, Lucie est le chef d’un nouveau restaurant au succès retentissant et Aren travaille pour un grand quotidien de la ville. Malgré tous les mois qui ont passé, ils n’ont jamais oublié cette belle soirée et Shirley, Goodness, Mercy et Will, leurs anges gardiens, non plus. Pour aider le jeune couple à se retrouver, ils vont cuisiner un projet fou : mélanger un grand amour, une seconde chance et une bonne pincée d’espièglerie afin de créer un miracle de Noël que vous n’oublierez pas de sitôt.heart_3une-nouvelle-chance-debbie-macomber

31 décembre sur Times Square à New York, Lucie Ferrerra et Aren Fairchild ont respectivement perdu de vue dans la foule leurs amies et sœur lorsque retentissent les douze coups de minuit. Au dernier coup, ils se rentrent dedans par accident et s’embrassent comme le veut la tradition.

Ce premier baiser est un vrai coup de foudre et les deux jeunes gens ne veulent pas se quitter aussi vite et décident d’aller boire un verre pour trinquer à la nouvelle année. Le feeling passe, les heures filent vite et ils se quittent sur une promesse : se retrouver une semaine plus tard tout en haut de l’Empire State Building.

La semaine s’écoule sans qu’ils perdent de vue le rendez-vous mais à l’heure dite, la mère de Lucie est emmenée aux urgences à cause de son diabète et rate ses retrouvailles avec Aren qui l’a attendue en vain.

N’ayant pas leurs coordonnées respectives, les choses en restent là même si le critique gastronomique et la jeune chef pensent souvent l’un à l’autre mais c’est sans compter quatre anges gardiens, qui malgré les mises en garde de Gabriel, décident de s’en mêler et leur donner ainsi une nouvelle chance.

Voilà une romance hivernale que j’ai trouvé au pied du sapin car mes garçons voulaient absolument m’offrir un livre, comme si j’en manquais mais cela m’a fait néanmoins très plaisir qu’ils le fassent !

Ne voulant pas laisser trainer Une nouvelle chance de Debbie Maccomber, dont j’avais bien aimé La maison d’hôtes, j’ai entamé cette lecture dès le jour de Noël et j’ai bien fait car c’est à cette période qu’il faut lire cette romance de Noël, charmante et fraiche, même si elle ne révolutionne pas le genre, hélas.

Un conte de fées version 21è siècle avec dans le rôle de la bonne fée, quatre anges maladroits qui n’en ratent pas une, et deux héros parfaits dans leur genre que l’on a plaisir à suivre dans leur histoire d’amour contrariée.

La plume de Debbie Macomber est toujours aussi fluide et les chapitres très courts font que cette lecture si elle n’est pas inoubliable, n’en demeure pas moins agréable et se fait sourire aux lèvres, d’autant qu’elle revêtait un charme supplémentaire à mes yeux puisqu’elle restera le premier livre offert par mes enfants.

Une romance fraiche et douce à lire bien au chaud, histoire d’être dans l’ambiance des fêtes de fin d’année que je vous conseille si vous n’en attendez pas trop.

L’étrange histoire de Benjamin Button – Francis Scott Fitzgerald

Sous la fantaisie et la légèreté perce une ironie désenchantée qui place Fitzgerald au rang des plus grands écrivains américains. heart_4l-etrange-histoire-de-benjamin-button-francis-scott-fitzgerald

En 1860, Mr et Mrs Roger Button s’apprêtent à accueillir leur premier enfant et ces jeunes gens épris de modernité, décident que leur premier-né verrait le jour à la clinique, rompant ainsi avec la tradition familiale.

Le jour tant attendu de la naissance arrive, Mr Button découvre hélas que loin d’être un beau poupon joufflu, son fils Benjamin Button ressemble à un vieillard voûté et barbu ! Cette naissance scandalise le personnel qui les enjoint à emporter leur progéniture loin d’eux immédiatement.

Les Button, qui ne comprennent pas ce qu’ils ont bien pu faire pour mériter ça, deviennent la risée de la haute société à laquelle ils appartiennent. Et, Mr Button qui n’admet pas que son fils marche avec une canne et fume le cigare, l’oblige à se vêtir d’habits de bébé à sa taille et à jouer avec un hochet…

L’étrange histoire de Benjamin Button et La lie du bonheur sont deux nouvelles issues du recueil Les enfants du jazz paru en 1922. Quel bonheur de retrouver Francis Scott Fitzgerald découvert dans son chef d’œuvre Gatbsy le magnifique, une lecture marquante qui m’avait donné envie de découvrir le reste de son œuvre, découverte que je poursuis avec ces deux nouvelles.

La première histoire est forte et très marquante, j’ai eu un véritable coup de cœur pour cette nouvelle très originale avec ce héros qui mène une existence à rebours de la nôtre et qui se retrouve en but toute sa vie aux médisances et au dédain, comme si cette vie en forme de malédiction était uniquement de sa faute !

Cette histoire aurait d’ailleurs mérité plus de développement de la part de Francis Scott Fitzgerald qui aurait pu privilégier un format plus long comme le roman puisque nous restons ici en surface alors qu’un peu de profondeur supplémentaire n’aurait pas nui à l’ensemble.

La seconde nouvelle, La lie du bonheur, peut sembler plus fade et plus mièvre car elle est nettement moins originale puisqu’il s’agit ici d’un bonheur frappé en plein vol par la maladie, celui d’un jeune couple. Mais en réalité la plume de Fitzgerald se fait poétique et cette seconde histoire est finalement toute aussi marquante que la première.

Roxane et Jeffrey Curtain sont en effet de jeunes mariés très amoureux qui découvrent au bout de quelques mois que Jeffrey a un caillot de sang dans le cerveau et il va peu à peu perdre la vue, la parole, la mobilité de ses membres pour vivre une existence de « légume » sans que Roxane ne l’abandonne à aucun moment.

Deux courtes nouvelles, l’une fantastique et l’autre poétique, qui sont deux petits bonbons à savourer et qui confirment mon intérêt pour cette grande figure des années 20 et 30 que fut Francis Scott Fitzgerald. Je vous les recommande !

A l’intérieur – Jodi Picoult

Lu dans le cadre du challenges 1 pavé par mois et Les 10 pavés que j’aimerai sortir de ma PAL cet été (2/10) :

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Jacob, 18 ans, est atteint du syndrome d’Asperger et se passionne pour les enquêtes criminelles. Quand Jess, la jeune fille qui lui donnait des cours de socialisation, est retrouvée morte, tous les indices convergent vers l’adolescent. Lorsqu’il est accusé de meurtre, sa famille se décompose. Sa mère, divorcée et dans une situation précaire, trouve à peine de quoi embaucher un avocat débutant. Théo, son frère cadet, fugue pour demander de l’aide à un père absent, accaparé par sa nouvelle famille. Jacob, quant à lui, impassible, regarde à la télé jour après jour sa série policière préférée, ignorant l’implacable machine qui s’est mise en branle autour de lui.
Plus le procès avance, plus Théo semble prendre les événements à cœur. Alors que tout le monde est convaincu que Jacob a tué Jess, seul Théo continue à clamer l’innocence de son frère. Mais pourquoi est-il aussi désespéré ? Et pourquoi Jacob ne lui dit-il rien de ce qu’il semble savoir ? Comment l’amener à parler, lui qui s’enferme si facilement dans son monde ? Face à un système judiciaire inadapté à leur cas, Jacob et son frère risquent le pire.heart_4auteur-editeur-pagesa-l-interieur-jodi-picoult

Jacob Hunt est un lycéen qui a tout juste 18 ans. Il vit avec son frère de trois ans son cadet Théo et sa mère Emma. Son père a pris la fuite peu après la naissance de Théo lorsque lui et sa femme ont appris que Jacob n’était pas un enfant comme les autres. Il a deux ans lorsque suite à une vaccination, son comportement change du tout au tout et le verdict tombe : autisme.

Depuis lors, il vit en Californie et a fondé une nouvelle famille, laissant Emma gérer absolument tout, toute seule. Toute la journée, sa vie est rythmée selon les besoins de Jacob et la nuit, elle devient tante Em et rédige la rubrique courrier du cœur du quotidien local.

Jacob est asperger, il a de grandes capacités intellectuelles et se passionne pour la criminalistique, au point d’en savoir davantage que les policiers chargés de résoudre les enquêtes criminelles mais il est totalement incapable d’avoir une vie sociale ou de ressentir de l’empathie et s’intéresser aux autres.

Depuis quelques mois, il fait cependant des progrès dans ce domaine grâce à Jess, une étudiante doctorante qui veut se spécialiser dans les enfants différents et notamment les autistes, que sa mère a engagé pour lui donner des leçons de socialisation.

Pour la première fois de sa vie, Jacob ressent des sentiments, il aimerait bien que Jess soit sa petite amie mais ne sait pas comment lui dire. Lors d’une sortie à la pizzéria, Jess emmène son petit-ami mais celui se met à se moquer de Jacob et Jess et lui se disputent. Après son départ, Jess s’en prend à Jacob et disparaît. Deux jours plus tard, Jess est introuvable alors qu’elle avait rendez-vous avec Jacob et une semaine après, la police retrouve son corps enveloppé dans la couette de Jacob qui est aussitôt arrêté.

L’autisme est un sujet qui me touche beaucoup, c’est la raison pour laquelle j’ai acheté il y a quelques mois de cela cette belle brique qu’est A l’intérieur de la romancière américaine à succès Jodi Picoult que je découvre ici.

Et on peut dire que je ne suis rudement pas déçue par ce roman, très agréablement surprise au contraire car l’autisme est vraiment au cœur de ce roman. Il ne fait aucun doute que l’auteure a potassé son sujet et qu’elle maîtrise le syndrome Asperger sur le bout des doigts.

Le personnage de Jacob est criant de vérité : incapable de se lier aux autres, il ne sait pas communiquer normalement, prend tout au pemier degré, ne supporte pas qu’on lui change sa routine, atteint de stérotypies (reproduction involontaire et continue des mêmes mots ou gestes ou tics), il a besoin d’une vie rythmée par des rituels, des temps bien codifiés et au moindre grain de sable dans ce quotidien bien huilé, Jacob part en vrille, en proie à des crises violentes, difficilement maîtrisables.

Jodi Picoult donne tour à tour la parole à l’ensemble des protagonistes de ce roman choral : Jacob bien sûr, Emma sa mère, Théo son frère, Oliver son avocat, Rich le policier qui a procédé à son arrestation.

Elle montre bien la difficulté d’être d’un autiste mais aussi d’être un proche de quelqu’un atteint d’autisme : Théo qui passe toujours après son frère et qui doit se plier aux rituels des repas notamment (chaque jour de la semaine a sa couleur), qui l’aime et le déteste aussi parfois, Emma, la mère dévouée qui consacre sa vie à ses enfants, surtout à Jacob qui prend tout l’espace même si ce n’est pas volontaire, Oliver qui veut aider vraiment Jacob à affronter le procès et à lui éviter la prison mais se heurte à son comportement parfois déroutant, choquant.

L’intrigue policière nous pousse aussi à réfléchir : et si Jacob est coupable, est-il responsable ? Peut-on, doit-on traiter les malades mentaux comme tous les autres accusés ?

A l’intérieur est un roman passionnant qui se lit très bien grâce à la plume fluide de l’auteure, aux chapitres courts, avec des personnages touchants et cette alternance de points de vue selon les personnages qui rendent le récit crédible. J’ai dévoré ce roman en trois jours et c’est le quasi coup de cœur, je vous le recommande absolument !

Belle – Robin McKinley

Vous croyez connaître l’histoire de la Belle et la Bête ? Pourtant, celle-ci ne commence pas par  » Il était une fois… « . Belle ne l’est pas, belle ; la grâce et le charme sont allés à ses deux sœurs. Son prénom, elle le doit à son esprit et à l’ironie de la vie. Mais peu lui importe, elle fuit les mondanités et n’a que faire des robes élégantes. Elle leur préfère les vieux livres et les longues cavalcades. L’atout de Belle, c’est son fort caractère, qui lui sera bien utile. Car son père est ruiné.
Bientôt, ils partent pour le Nord, cette étrange contrée où vivent lutins, sorciers et dragons. Et là-bas, la Bête se cache…heart_3auteur-editeur-pagesbelle-robin-mckinley

Grace, Espérance et Honneur sont les trois filles d’un riche et puissant armateur qui va se retrouver ruiné lorsque ses bateaux vont périr en mer. Grace, fiancée à l’un des capitaines, est inconsolable, Espérance épouse alors un menuisier et Honneur, rebaptisée Belle, va comme toujours retrouver du réconfort au fil des pages qu’elle lit.

Toute la famille part s’installer à la campagne où la vie sera moins difficile pour les pauvres qu’ils sont devenus. Pourtant, un jour, le père reçoit une missive : deux de ses bateaux sont à quai, il part à la ville pour vendre les cargaisons et demande à chacune de ses filles ce qu’elle souhaite.

Belle, qui pourtant ne l’était pas, demande alors des graines et une rose. Quelques mois plus tard, le père reprend le chemin de sa maison lorsqu’il s’égare. Il trouve refuge dans les écuries d’un château et au moment de son départ, cueille une magnifique rose, devant une telle beauté, il ne peut résister.

C’est alors qu’une bête surgit devant lui et l’agonit de reproches, quel ingrat est-il pour oser voler la bête alors qu’elle lui a offert l’hospitalité ! Le vieil homme explique les raisons de son geste et la bête lui propose alors de le laisser retourner chez lui mais d’ici trente jours il devra revenir accompagné de sa fille qui sera alors sa prisonnière à tout jamais.

Mes incursions dans le genre de la fantaisy sont infiniment rares mais vous savez sûrement que j’adore les contes de fée et celui-ci est incontestablement l’un des plus célèbres au monde, c’est pour cette raison que je me suis intéressée à cette réécriture de conte.

A l’origine, La belle et la bête, est un conte de Madame de Villeneuve paru en 1740 mais c’est Madame Leprince de Beaumont qui l’a popularisé en 1757 dans son Magasin des enfants dans une version expurgée.

Bien sûr, tout le monde a en tête la très belle et poétique adaptation de Jean Cocteau avec Jean Marais dans le rôle de la bête et Josette Day dans le rôle de Belle et of course la version animée de Disney.

Belle de Robin McKinley est une réécriture intéressante, qui marche dans les pas du conte de Madame Leprince de Beaumont, mais en y apportant quelques changements, forcément, sinon ce ne serait pas une réécriture.

Premier changement de taille : ici Belle n’est pas belle justement mais elle reste la préférée de son père, c’est un personnage attachant. Ses deux sœurs sont gentilles, elle n’a pas de frères et son père fait banqueroute. La Bête est ici plus sympathique que dans le conte de Madame Leprince de Beaumont mais il est toujours la victime d’une malédiction qui prendra fin si Belle tombe amoureuse de lui, malgré son aspect repoussant.

Les éléments fantastiques du récit sont présents : la malédiction de la Bête, les serviteurs invisibles, les meubles vivants, la végétation qui reste fraiche et ne fane jamais…

Mais pour le reste, tout est conforme à l’œuvre originelle et c’est là pour moi que le bât blesse, il y a peu de réécriture finalement même si l’auteure a eu une belle idée, celle des livres pas encore écrits mais pourtant présents dans la bibliothèque de la Bête.

Autre point négatif pour moi : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et vous le savez comme moi, les contes de fées sont cruels, ils ont une valeur d’enseignement, et c’est pour cette raison qu’on les aime, ici tout est trop lisse.

Enfin, le récit tarde à démarrer et devient vraiment intéressant lorsque Belle arrive au château et rencontre la Bête. Comme dans le conte original, Belle découvre, au-delà de sa laideur, non pas un monstre mais un être généreux qui fait tout pour lui être agréable et qui ne veut qu’une chose, se faire aimer d’elle.

C’est ma première réécriture de conte et bien qu’elle fut une lecture très agréable, elle ne m’a pas donné envie de lire de sitôt une autre réécriture, je préfère me plonger dans les contes de fées originels !

L’impératrice des sept collines – Kate Quinn

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Empire romain, IIe siècle de notre ère, sous le règne de Trajan. Fougueux et obstiné, le jeune Vix, ancien gladiateur, revient à Rome en quête de gloire. Fille d’un sénateur, l’insaisissable Sabine a soif d’aventure. Tous deux se connaissent depuis l’adolescence et nourrissent une passion réciproque. Mais Sabine rêve d’un grand destin – ce que Vix ne pourra jamais lui offrir, contrairement à Hadrien, le futur empereur, auquel elle est promise. Alors que Rome se prépare à de grands changements, les deux amants sont bientôt happés chacun de leur côté par le tourbillon de l’Histoire…heart_4auteur-editeur-pagesl-imperatrice-des-sept-collines-kate-quinn

IIè siècle, sous le règne de l’empereur Trajan. « J’ai servi quatre empereurs. J’ai tué le premier, aimé le deuxième, le troisième a été mon ami, et le quatrième, j’aurais peut-être dû le tuer aussi. Je m’appelle Vercingétorix et j’ai une histoire à vous raconter. »

Ainsi commence l’histoire de Vix, aussi palpitante que difficile, qui a quitté ses parents et la Bretagne pour rejoindre les légions de Rome. Il a un rêve : posséder justement une légion et s’élever socialement.

Fils d’une esclave affranchie et d’un gladiateur, il a lui même combattu dans l’Arène dès ses 13 ans sous le nom de Jeune Barbare, jusqu’à ce qu’il tue l’empereur Domitien.

Arrivé à Rome, il se rend chez le sénateur Norbanus, qui le met en garde sur un long engagement dans la légion et lui propose un emploi de garde du corps pour sa maison et sa fille Sabine qui doit bientôt prendre époux.

Ensemble, ils vont vivre une histoire d’amour passionnée mais impossible. Le plébéien Vix ne peut prétendre à épouser la petite-nièce de Trajan, d’autant que dans l’ombre, l’impératrice Plotine est bien décidée de faire de son fils adoptif Hadrien, le prochain empereur de Rome, et Sabine lui paraît être la belle-fille idéale.

Sur sa route, Vix va devenir l’ami de Titus, un prétendant éconduit de Sabine avec qui il va faire un bout de chemin au sein de l’armée car il est devenu un homme fort et courageux pour qui se battre est une seconde nature.

Sabine, elle, rêve d’aventures et de voyages et épouse Hadrien, qui lui promet de l’emmener partout où elle le désirera…

Il y a près de deux ans déjà, j’avais dévoré Les héritières de Rome, le troisième volume de la trilogie de Kate Quinn, cette fois-ci j’ai lu le second tome, L’impératrice des sept collines, il me reste désormais le tome 1 à lire, ce qui fait que j’aurai lu cette trilogie totalement à l’envers !

L’antiquité est une vaste période que je connais pour ainsi dire pas, je ne peux donc pas vous dire si Kate Quinn respecte à la lettre la vérité historique ou si elle l’arrange à sa sauce puisque mis à part Vix, l’ensemble des protagonistes de ce roman ont existé.

D’un point de vue romanesque, Kate Quinn s’est décidément y faire, car on ne s’ennuie pas une seconde pendant la lecture de ce récit fleuve, plus de 700 pages, entre conquêtes militaires de Trajan, quête de pouvoir, complots et histoires d’amour.

Kate Quinn sait très bien travailler ses personnages et leur donner l’épaisseur suffisante pour qu’on y croie et qu’on s’attache à certains d’entre eux : un empereur charismatique et vaillant conquérant, des femmes fortes, sournoises et courageuses et des hommes aux ambitions diverses mais qui marqueront à jamais le destin de Rome.

L’impératrice des sept collines est pour moi une vraie réussite, un très bon roman qui a su m’immerger dans cette époque lointaine, avec une histoire et une narration qui tiennent la route, le tout sans longueur. Un roman estival idéal à glisser dans sa PAL de vacances !