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Archive for the ‘Littérature américaine’ Category

Douglas Kennedy est né à New York en 1955, et vit entre les Etats-Unis, le Canada et la France. Auteur de trois récits de voyages remarqués, dont Combien (2012), il s’est imposé avec, entre autres, L’homme qui voulait vivre sa vie et La Poursuite du bonheur (1998 et 2001), suivis des Charmes discrets de la vie conjugale (2005), de La Femme du Ve (2007), Quitter le monde (2009), Cet Instant-là (2011), Cinq jours (2013), Mirage (2015), La Symphonie du hasard, tomes 1, 2 et 3 (2017 et 2018), Isabelle, l’après-midi (Belfond, 2020) ainsi que son recueil de nouvelles Murmurer à l’oreille des femmes (2014) et son essai Toutes ces grandes questions sans réponse (2016), tous parus chez Belfond et repris chez Pocket.

Un après-midi calme et ensoleillé, un bâtiment en apparence anonyme et soudain, l’explosion d’une bombe.

L’immeuble dévasté abritait l’une des rares cliniques pratiquant l’avortement. Une victime est à déplorer et parmi les témoins impuissants, Brendan, un chauffeur Uber d’une cinquantaine d’années, et sa cliente Elise, une ancienne professeure de fac qui aide des femmes en difficulté à se faire avorter.

Au mauvais endroit au mauvais moment, l’intellectuelle bourgeoise et le chic type sans histoires vont se retrouver embarqués malgré eux dans une dangereuse course contre la montre. Car si au départ tout semble prouver qu’il s’agit d’un attentat perpétré par un groupuscule d’intégristes religieux, la réalité est bien plus trouble et inquiétante…

Avec Tous les hommes ont peur de la lumière, Douglas Kennedy nous propose à la fois un thriller haletant et une chronique d’une Amérique en crise. C’est aussi le portrait d’un homme et d’une femme qui, envers et contre tout, essaient de rester debout, honnêtes jusqu’au bout.

Le thème central de ce roman c’est le droit à l’avortement, et l’auteur brosse avec brio le portrait de cette Amérique puritaine et profondément chrétienne, qui se bat depuis 1973 pour que l’arrêt l’arrêt Roe vs Wade soit révoqué.

Depuis le 24 juin, ils ont obtenu gain de cause puisque la cour suprême, largement dominée par les conservateurs, laisse désormais les Etats américains légiférer sur le droit à l’avortement. Depuis lors, une majorité d’états l’a interdit.

Mais depuis longtemps, les cliniques ou centres dans lesquels les américaines viennent pour interrompre leurs grossesses, sont visés par des attentats. Des médecins font aussi l’objet d’assassinats. La femme de Brendan fait partie de ces intégristes qui tuent au nom de Dieu.

Et on a de l’autre côté, les militants pour les droits des femmes à avorter qui apportent leur aide lors de manifestations de soutien ou en étant bénévoles dans les centres d’avortement. C’est le cas d’Elise, ex professeure de français et féministe de la première heure.

Douglas Kennedy a donc écrit un roman très actuel, très intéressant dans toutes les réflexions qu’il amène puisqu’il donne la parole à la fois aux pro-vies et aux pro-avortements. Il réussit avec brio à alterner les positionnements de chacun, les dérives possibles, celles que l’on peut soutenir, celles qui heurtent, celles qui sont indéfendables. C’est mené avec beaucoup d’humanité, sans faux fuyant.

J’ai beaucoup aimé les personnages de Brendan et d’Elise qui, au départ, non rien en commun si ce n’est leur honnêteté et leur sens de la justice, et qui vont finir par faire équipe pour le meilleur et pour le pire. Les chapitres sont rythmés, il y a une certaine dose de suspens qui font que les pages se tournent toutes seules et que l’on a envie de connaître le fin mot de l’histoire.

Si ce fut une bonne lecture, j’ai tout de même un gros bémol : le dernier tiers du récit, est à mon goût, un peu trop grand-guignolesque, avec des scènes dignes du Far-West et un dénouement décevant. Je pense que le sujet traité méritait mieux que cela.

Ma copinaute Belette qui m’a accompagné n’a pas du tout aimé cette lecture, vous pouvez retrouver son avis ici !

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Marilyn Monroe (1926-1962) est une actrice et chanteuse américaine. Au début des années 1950, elle s’impose comme une star hollywoodienne et un sex-symbol. Ses grands succès incluent Les hommes préfèrent les blondes, Sept ans de réflexion ou encore Certains l’aiment chaud. Les causes de sa mort demeurent l’objet de vives spéculations.

Aujourd’hui, cela fait soixante ans que mon icone Marilyn Monroe nous a quittés. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été une grande admiratrice de Marilyn. D’abord pour son talent d’actrice puis pour la femme qu’elle était.

Longtemps présentée comme une ravissante idiote, on sait maintenant que Marilyn était au contraire très intelligente. Artiste jusqu’au bout des ongles, elle était aussi une amoureuse des arts et une grande lectrice d’auteurs classiques et contemporains.

C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu Fragments, le recueil inédit de ses écrits intimes : poésies, notes, lettres et journaux intimes.

Le travail éditorial est impressionnant car l’héritière de Marilyn, l’épouse de Lee Strasberg, mentor de l’actrice, a confié des cartons entiers d’écrits répartis sur plusieurs carnets, blocs… écrits entre 1943 et 1962.

Il a fallu un travail titanesque pour que l’on est accès à sa prose car rien n’est organisé et surtout Marilyn écrivait pour elle-même et ne se doutait certainement pas que ses écrits soient un jour publiés.

Chaque carnet est présenté dans le contexte dans lequel les notes ont été écrites, il y a des notes de bas de page expliquant les personnes citées, etc.

Les pages manuscrites sont reproduites en fac-similé sur la page de gauche et sur la page de droite, la traduction en français. Et à la fin de chaque carnet, deux pages de photos de Marilyn en noir et blanc ou en couleurs.

Avec ce livre on plonge dans l’intimité de Marilyn Monroe car elle met à nu dans ses carnets des idées, des pensées, des réflexions existentielles mais aussi des recettes de cuisine, des notes pour de futurs achats, pour ne pas oublier des anniversaires et bien d’autres choses…

C’est très émouvant de lire ainsi ses pensées et réflexions et on est de suite frappé par son mal-être, sa bipolarité, son désir de plaire, ses désarrois…

Mais on découvre aussi une femme très intelligente, cultivée, qui avait la tête sur les épaules, pas star pour deux sous, et qui adorait passer ses soirées à lire.

Si vous êtes, comme moi, une admiratrice de Marilyn, c’est un recueil à lire absolument !

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Née en 1899 à Chicago, Janet Lewis a étudié très jeune l’art d’écrire avec son père, professeur de littérature à l’université de cette ville, romancier et homme de lettres distingué. À son tour, la jeune fille suit les cours de l’université où elle se lie avec les écrivains Glenway Wescott, Elizabeth Madox Roberts et Yvor Winters, qu’elle épouse. Publié en 1941, La Femme de Martin Guerre est le livre qui la révèle au grand public. Janet Lewis est l’autrice d’une vingtaine de livres, parmi lesquels des recueils de poésie et des romans historiques.

Bertrande et Martin ont onze ans lorsque leurs familles les unissent, selon la volonté du père de famille Guerre, un homme colérique que Martin décide de fuir quand il atteint la vingtaine, laissant derrière lui Bertrande et leur enfant Sanxi.

Huit ans plus tard, lorsqu’il rentre auprès des siens, sa femme le trouve changé, au point de se demander si cet homme, bon et tendre, est vraiment son époux.

Quand le véritable Martin Guerre revient finalement, Bertrande ne peut se résoudre à témoigner contre l’imposteur dont elle est tombée amoureuse, au risque de le voir exécuté.

C’est l’histoire vraie du retour de Martin Guerre que relate Janet Lewis dans La femme de Martin Guerre, ce roman qui lui a permis de se faire une place de choix dans la littérature américaine.

Avant de lire ce court roman, je ne savais pas qu’il était basé sur un fait réel. Cette affaire d’usurpation d’identité aussi fascinante que romanesque secoue la France en 1560, à travers un procès dans lequel les témoins sont incapables de démêler le vrai du faux.

Martin Guerre, paysan d’Artigat dans le comté de Foix, qui avait quitté son village et sa famille, dépose plainte contre Arnaud du Tilh qui a usurpé son identité pendant huit ans, trompant même son épouse, Bertrande de Rols. À l’issue d’une longue et complexe procédure judiciaire, Arnaud du Tilh est déclaré coupable.

Cette histoire a été relatée par Alexandre Dumas dans son roman historique Les Deux Diane en 1846 et par Daniel Vigne dans son film Le retour de Martin Guerre avec Gérard Depardieu et Nathalie Baye que je n’ai pas vu.

Ici, Janet Lewis nous fait découvrir cette histoire à travers Bertrande de Rols, l’épouse de Martin Guerre. On la suit du jour de son mariage à onze ans avec Martin Guerre puis dans sa vie conjugale, pendant les huit ans où elle est présumée veuve jusqu’au retour de son mari puis du procès.

L’autrice est plutôt fidèle à la vérité historique si l’on excepte qu’elle donne la parole à Bertrande dont on ne sait rien, on est ici dans un roman, il y a donc forcément une part de fiction plus ou moins grande.

J’ai trouvé cette histoire intéressante et surtout tellement bien écrite. Le style de Janet Lewis est une merveille et vaut à lui seul d’être lu. Ce n’était pourtant pas gagné avec moi car le récit, si il est court, contient peu de dialogues et surtout, il n’a pas de chapitre et pour moi qui rythme ma lecture grâce à eux, j’ai été un peu désarçonnée.

Ceci mis à part, ce roman est un petit bijou que je vous recommande vivement ! J’espère avoir l’occasion de lire à nouveau Janet Lewis car sa plume m’a vraiment éblouie.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette très belle lecture, j’ai adoré.

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Anna McPartlin, après une carrière dans le stand-up, est devenue romancière. Les Derniers Jours de Rabbit Hayes est son premier roman publié en France.

Sous un grand ciel bleu, Rabbit a rendu son dernier souffle. Elle était leur fille, leur sœur, leur mère. Elle était leur soleil. Comment, dans cette famille d’ordinaire si loufoque, retrouver goût à la vie ?

Davey l’a promis à sa sœur : il prendra Juliet avec lui. Mais comment s’occuper d’une enfant de douze ans quand le seul engagement qu’on a eu dans sa vie, c’est un abonnement au magazine Rolling Stone ?

Comment garder la foi, quand on a perdu un enfant ? Chacun à sa manière, les Hayes vont tenter de surmonter leur chagrin. À chaudes larmes ou à grands rires, la résilience en souriant…

Dernière lecture pour le grand prix des lecteurs Pocket, Sous un grand ciel bleu est la suite directe des Derniers jours de Rabbit Hayes.

Nous retrouvons nos personnages exactement là où nous les avions laissé : dans la chambre de soins palliatifs, au moment où Rabbit rend son dernier souffle. Vient ensuite le temps des funérailles et celui du deuil auquel chacun va faire face comme il/elle le peut.

La chaleureuse, la merveilleuse et bordélique famille Hayes est donc de retour et si je suis contente d’avoir passé quelques jours de plus avec Davey, Juliet, Molly, Jack, Grace, Lenny et Marjorie, personnages ô combien attachants, j’ai trouvé cette suite globalement trop longue et larmoyante.

Si le premier tome reposait sur l’agonie de Rabbit, dans ce second opus, Rabbit est morte et sa famille doit vivre sans elle. Il y a beaucoup de dramas dans cette suite et de longueurs que j’ai trouvé inutiles et parfois peu crédibles.

Anna McPartlin donne tour à tour la parole à chaque protagoniste, nous fait connaître leur état d’esprit, leur ressenti et on se sent proche des personnages, on s’attache à eux.

L’autrice montre aussi que quelque soit le lien de parenté ou non d’ailleurs, nous perdons tous un être cher que nous aimons, certes de façon différente, mais que nous aimons et que nous pleureront.

Je n’ai pas passé un mauvais moment de lecture, loin de là, mais une fois le roman refermé et même si le dénouement m’a beaucoup plu, je trouve que Les derniers jours de Rabbit Hayes se suffisait à lui-même.

Un roman que j’ai lu sans déplaisir mais qui ne m’a pas emportée comme l’a fait le premier tome !

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Martha Hall Kelly vit à Atlanta, en Géorgie. Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux, son premier roman, est souvent comparé à Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay. Inspiré de faits réels, il est devenu dès sa parution un best-seller international, vendu à plus d’un million d’exemplaires dans le monde et près de 50 000 en France.

Printemps 1861. À New York, Georgeanna Woolsey va à l’encontre de toutes les attentes de la société mondaine et s’engage comme infirmière sur les champs de bataille alors que la guerre de Sécession commence.

Jemma, jeune esclave d’une plantation de tabac du Maryland, se retrouve face à un choix cruel : saisir l’occasion inespérée de s’échapper ou demeurer auprès des siens.

Quant à Anne-May, qui mène d’une main de fer la plantation familiale depuis que les hommes ont rejoint les troupes confédérées, son ambition dévorante ne tarde pas à l’exposer à un sort terrible…

En ces temps troubles où chacun joue sa liberté dans un pays sur le point de s’effondrer, ces trois femmes vont décider de défier les règles que monde leur impose.

Après avoir beaucoup aimé Un parfum de rose et d’oubli, j’étais curieuse de découvrir Le tournesol suit toujours la lumière du soleil, dernier tome de la trilogie de Martha Hall Kelly consacrée aux femmes Ferriday qui ont réellement existé comme nous l’explique la notice de l’autrice en fin d’ouvrage.

Et comme la vie est parfois bien faite, ce roman fait partie de ceux sélectionnés pour le grand prix des lecteurs Pocket pour laquelle je suis très en retard, comme le lapin d’Alice. Une fois de plus, je suis enchantée de la sélection car j’ai adoré cette histoire qui m’a tellement tenue en haleine que j’en suis venue à bout en trois petits jours.

Dans ce roman, l’autrice nous propose trois trajectoires : une abolitionniste convaincue, une esclave et une propriétaire d’esclaves. On les suit ainsi que leurs familles tout au long de la guerre de Sécession et c’était totalement passionnant de la première à la dernière page.

L’histoire fait la part belle aux femmes, ce sont elles qui sont les héroïnes de ce joli pavé, qui sont le mieux décrites et le plus développées. Les autres personnages, notamment masculins, font pâle figure à côté, en tout cas ils sont à peine esquissés, ce que je trouve un peu dommage.

Martha Hall Kelly donne la parole tour à tour à ces trois femmes, le découpage se fait donc comme suit : un chapitre pour Georgy, un pour Jemma, un pour Anne-May, et ainsi de suite, comme dans le précédent opus de l’autrice.

Historiquement parlant, c’est bien documenté même si la guerre est en toile de fond, ce qui est au premier plan c’est la vie de nos trois héroïnes, deux pour lesquelles je me suis immédiatement attachée ainsi qu’à l’ensemble de la famille Woolsey, portée par des femmes puissantes et la troisième que j’ai détesté, vous devinerez sans peine de laquelle il s’agit !

L’autrice met en lumière le travail des infirmières pendant le conflit, les blessures auxquelles elles font face et qui ressemblent beaucoup à celles des soldats de 14/18, les levées de fonds, les principales batailles mais aussi la lutte pour l’abolition, le quotidien d’une plantation, le sort des esclaves, la cruauté des maitres et des contremaitres même si elle montre des nuances. Certains propriétaires du sud, certes minoritaires, traitaient humainement leurs esclaves voire les affranchissait dans leurs testaments. J’ai apprécié que tout ne soit pas blanc ou noir.

Tout au long du roman, j’ai été submergée par les émotions : le courage de Jemma pour supporter les coups de badiane et pour oser s’émanciper de son statut d’esclave. J’ai été révoltée par les scènes cruelles qui la concernent ainsi que sa famille et qui m’ont émue aux larmes, j’ai beau avoir lu plusieurs romans sur ce sujet, je suis touchée en plein coeur à chaque fois. Epatée par Georgy et de ses soeurs qui osent emprunter d’autres voies que celles dans lesquelles on les attend et qui prennent fait et cause pour les esclaves.

Pour conclure, Le tournesol suit toujours la lumière du soleil est une bonne fresque historique qui décrit la lutte pour l’abolition de l’esclavage et la guerre de Sécession, qui dépeint la situation politique de cette période parfois âpre à appréhender. Si vous aimez cette période, je vous le conseille.

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Colleen Wright a été élevée dans des villes enneigées du Michigan, où elle adorait se blottir près du feu avec un bon livre à Noël. Elle vit et travaille maintenant à Brooklyn.

C’est l’effervescence à Evergreen Inn, petite auberge de charme nichée dans les contreforts vallonnés du Vermont. C’est la veille de Noël, et Jeanne et Tim, les propriétaires, se préparent à accueillir Hannah, une de leurs habituées, et ses invités venus célébrer son mariage.

Mais le temps vire à la tempête lorsque le fiancé d’Hannah annonce qu’il ne viendra pas, et que la neige se met à tomber à gros flocons, coupant bientôt l’auberge et ses habitants du reste du monde : Molly, l’écrivaine en panne d’inspiration ; Marcus, le jeune veuf séduisant débordé par ses deux petites filles ; Luke, qui travaille à l’auberge…

Jeanne et Tim, fragilisés par les difficultés financières que traverse l’Evergreen Inn, auront alors fort à faire pour que puisse opérer la magie de Noël.

Le bonheur dépend parfois d’un flocon est une romance de Noël chaleureuse et gourmande que j’ai a-do-ré. L’histoire tourne autour de l’auberge Evergreen Inn et fait graviter un grand nombre de personnages qui vont tous se retrouver, par choix ou non, coincés dans cette sublime auberge, à cause d’une énorme tempête de neige.

Dès les premières pages, Colleen Wright nous plonge au cœur de l’esprit de Noël, dans cette auberge de campagne enneigée, où Jeanne fait des merveilles en cuisine et embaume les lieux d’odeurs de brownies, de gaufres au citron et à l’orange, de roulés à la cannelle…

Les personnages se croisent, se recroisent, s’apprivoisent, se dévoilent. L’amour, l’amitié et l’entraide sont au centre du récit qui nous parle aussi de deuil, de création, de mariage, de difficultés pour les aubergistes de lutter contre les géants de l’hôtellerie pour faire vivre leur établissement, etc.

Bien sûr, le récit dégouline de bons sentiments et tout se finira très bien mais cela ne m’a pas dérangée tant j’ai été prise dans cette atmosphère cosy, sous le charme des personnages incroyablement attachants et sympathiques, je me suis simplement laissée porter par le récit et j’aurai pu le lire d’une traite si j’en avais eu le temps, tant tout m’a plu !

La magie a opéré et m’a offerte une belle parenthèse de douceur et d’amour. Chaque protagoniste est attachant, tout comme cette auberge et ses propriétaires aux petits soins pour leurs hôtes. Chaque attention qu’ils leur offrent, tous les détails dans la décoration Noël de l’auberge, sont autant de marques de passion et d’amour pour leur travail, leur rêve.

Une belle romance de Noël où la bienveillance, la gentillesse, l’entraide et l’amour font chaud au coeur, je vous la recommande vivement !

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Eowyn Ivey a grandi en Alaska où elle vit toujours avec son mari et leurs deux filles. Cette ancienne journaliste, devenue libraire, aime à se définir comme une entremetteuse, qui présente des livres aux lecteurs. La fille de l’hiver est son premier roman, inspiré d’un conte russe, mais aussi de ses expériences personnelles et de son cadre de vie.

1920, l’Alaska, ses forêts impénétrables, ses étendues enneigées. Son silence. Sa solitude. Depuis la mort de leur bébé dix ans auparavant, le mariage de Mabel et Jack n’est plus le même. Partir vivre sur ces terres inhospitalières paraissait alors une bonne idée.

Seulement, le chagrin et le désir d’enfant les ont suivis là-bas et la rudesse du climat, le travail éreintant aux champs les enferment chacun dans leur douleur.

Jusqu’à ce soir de début d’hiver où, dans un moment d’insouciance, le couple sculpte un bonhomme de neige à qui ils donnent les traits d’une petite fille. Le lendemain matin, celui-ci a fondu et de minuscules empreintes de pas partent en direction de la forêt…

Peu de temps après, une petite fille apparaît près de leur cabane, parfois suivie d’un renard roux tout aussi farouche qu’elle…

La fille de l’hiver est le premier roman d’Eowyn Ivey, elle-même originaire d’Alaska. Son récit est directement inspiré du folklore russe traditionnel et du personnage de la Snégourotchka, petit-fille de Ded Moroz, le « Grand-Père Gel », l’équivalent russe du Père Noël. 

Dans le conte originel, un paysan et sa femme se désolent de ne pas avoir d’enfants. Un jour d’hiver, pour se distraire, ils décident de fabriquer un enfant de neige. Celui-ci prend vie : c’est une belle petite fille, qui grandira rapidement, tout en gardant un teint pâle comme la neige : on l’appelle Snégourotchka. Lorsque le printemps arrive, la jeune fille manifeste des signes de langueur. Les autres jeunes filles du village l’invitent à jouer avec elles, et sa mère adoptive la laisse partir à regret. Elles s’amusent et dansent, la fille de neige restant toujours en arrière, puis l’entraînent à sauter par-dessus un feu de joie : à ce moment, elles entendent un cri, et en se retournant, elles découvrent que leur compagne a disparu. Elles la cherchent partout sans succès : Snégourotchka a fondu, et il n’en est resté qu’un flocon de brume flottant dans l’air.

J’ai été littéralement happée par ce récit qui oscille entre conte, merveilleux, fantastique et roman historique.

La plume d’Eowyn Ivey est belle et poétique, ses descriptions de la nature, des paysages de l’Alaska mais aussi du difficile quotidien de ces habitants m’a passionnée.

Les personnages sont bien dessinés et attachants, que ce soient nos deux protagonistes principaux mais aussi leurs voisins, Esther est vraiment un personnage haut en couleurs !

J’ai adoré bien sûr l’apport du conte traditionnel russe à ce roman :  qui est cette petite fille ? D’où vient-elle ? Est-elle une hallucination ou un miracle ? Car seuls Mabel et Jack la voient. Leurs voisins, Esther et George, pensent qu’ils souffrent d’un trop plein de solitude et de tristesse et ne croient pas en son existence.

Va-t-elle repartir comme elle est venue ? S’évanouir tel un flocon de neige comme le conte traditionnel russe ? Tout au long du récit, je me suis interrogée, titillée par le suspens autour de ces questions, me demandant quasiment jusqu’à la fin si elle était bel et bien faite de chair et de sang !

Au-delà, du conte merveilleux et le suspens lié à cette petite fille, la toile de fond de ces familles américaines pionnières en Alaska qui se battent contre les éléments dans un pays magnifique mais très rude est toute aussi passionnante. 

Une pépite que ce roman envoûtant, poétique et délicat que je vous conseille vivement !

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Christina Dalcher est docteure en linguistique. Son premier roman Vox (NiL, 2019) a été un best-seller dans le monde entier.

Le potentiel de chaque enfant est régulièrement calculé selon une mesure standardisée : le quotient Q. Si vous obtenez un score élevé, vous pourrez fréquenter une école d’élite avec à la clé un avenir en or. Si votre score est trop bas, ce sera un internat fédéral n’offrant que des débouchés très limités.

Le but de cette politique ? Une meilleure société où les enseignants se concentrent sur les élèves les plus prometteurs.

Elena Fairchild, enseignante dans un établissement d’élite, a toujours soutenu ce système. Mais lorsque sa fille de neuf ans rate un test et part pour une école au rabais à des centaines de kilomètres, elle n’est plus sûre de rien. À part d’une chose : elle doit récupérer sa fille à tout prix.

Après Vox, Christina Dalcher revient avec une dystopie glaçante sur fond d’eugénisme. Alors que les inégalités sociales n’ont jamais été aussi stigmatisantes, QI se pose comme un miroir déformé de nos démocraties.

J’avais adoré Vox que j’avais trouvé puissant même si le dénouement n’était pas à la hauteur du roman, j’étais donc ravie de découvrir la nouvelle dystopie de Christina Dalcher.

Ici, le potentiel de chaque enfant et de chaque professeur est calculé chaque mois selon le quotient Q. Plus le score est haut, plus vous êtes privilégiés. Plusieurs écoles existent : argentée, verte et jaune. La jaune est celle que toutes les familles craignent, puisque c’est la couleur des internats fédéraux sans débouchés et loin des familles.

Pourquoi cette politique a vu le jour ? C’est pour permettre aux enfants les plus intelligents de jouir d’enseignements adaptés sans être à la traîne à cause de personnes moins intelligentes.

Le point de départ est intéressant mais pas assez creusé puisque l’autrice aborde l’eugénisme et rapproche ce nouvel état américain de l’état nazi. J’ai bien aimé l’histoire et l’héroïne de ce roman, mariée à l’un des tenants de cette nouvelle ère, qu’elle finit par haïr.

Tout le cheminement qu’elle va faire, les réflexions qui l’habitent, son combat pour récupérer sa fille m’ont plu. Le récit propose aussi un parallèle entre le présent et l’Histoire.

L’auteure met ainsi le doigt sur un élément très intéressant : l’Histoire peut se répéter et les erreurs se reproduire même dans une société proche de la nôtre, même après plusieurs décennies.

Là où je suis réservée c’est qu’une fois de plus le dénouement est pour le moins rapide, nébuleux et m’a clairement perdue.

L’autrice expédie son roman et a recours à des facilités que je ne vous dévoilerai pas ici sinon je vous spoilerai mais je trouve que l’eugénisme méritait d’être bien mieux dénoncé que Christina Dalcher le fait en ne disant pas les choses clairement et en restant beaucoup trop en surface.

Je ressors donc un peu déçue de cette dystopie qui a des atouts mais n’a pas su me convaincre complètement.

Un grand merci aux éditions Nil pour cette lecture qui suscite les questionnements.

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Dans son enfance, Rita Cameron admirait les femmes éblouissantes des tableaux préraphaélites et passait des heures à imaginer les vies romantiques des artistes qui les avaient peints. Elle a étudié la littérature anglaise à l’université de Columbia et le droit à l’université de Pennsylvanie. Mais à l’instar de nombreux juristes, elle rêvait d’écrire un roman.

Avec son teint diaphane et sa longue chevelure cuivrée, Lizzie Siddal n’a rien de l’idéal victorien aux joues roses, d’autant que c’est une intellectuelle qui aime l’art et la poésie.

À l’atelier de chapellerie de Mrs Tozer à Cranbourne Alley où elle travaille, Lizzie assemble des coiffes somptueuses destinées à de jeunes élégantes fortunées et détonne auprès de ses collègues toutes issues du peuple.

Un jour, elle attire l’attention du peintre et poète préraphaélite Dante Gabriel Rossetti. Envoûté à la fois par sa beauté sublime et ses dons artistiques, celui-ci l’entraîne dans l’univers scintillant des salons et des soirées bohèmes.

Mais incarner la muse que tous les artistes rêvent d’immortaliser se révélera bien plus cruel que tout ce que la jeune femme pouvait imaginer.

Avec La muse, Rita Cameron brosse le portrait vivant de personnages historiques plongés dans une trouble histoire d’amour non conformiste qu’elle tisse avec de nombreux détails saisissants.

Ce faisant, elle donne voix au chapitre à l’une des femmes les plus influentes et les plus oubliées de cette période fascinante qu’est la deuxième moitié du xixe siècle.

À la fois artiste et muse, Elizabeth Siddal avait jusque-là captivé tous les regards sans être réellement appréciée pour elle-même. Muse des Préraphaélites, découverte par Walter Deverell, elle fut peinte par William Holman Hunt, John Everett Millais, notamment dans son célèbre tableau Ophélie (1852) et Dante Gabriel Rossetti qui n’utilisa alors quasiment plus aucun autre modèle, l’empêchant de poser pour les autres préraphaélites. Le nombre de peintures qu’il fit d’elle se comptent en milliers.

Ophélie de John Everett Millais

Vous le savez sans doute mais j’aime beaucoup retrouver l’art dans les romans et je trouve les muses assez fascinantes, autant dire que sur le papier il avait vraiment tout pour me plaire et il ne m’a pas déçue !

Je ne savais rien de la vie de Lizzie Siddal et avec ce roman qui lui rend hommage, j’ai découvert une femme d’une grande sensibilité, une véritable artiste qui avait un réel talent de poétesse et de peintre et qui prit son rôle de muse très au sérieux, au point d’avoir failli mourir pour l’Ophélie qui l’obligeait à rester des heures sans bouger dans une baignoire d’eau froide en plein mois de décembre.

Encore une figure de femme injustement oubliée qui revit ici sous la plume de Rita Cameron qui signe son premier roman. Très bien documenté, le récit nous plonge au coeur du XIXè siècle et dans le cercle des Préraphaélites et a parfaitement correspondu à mes attentes.

Au-delà de la biographie romancée de Lizzie Siddal, l’autrice nous fait pénétrer dans l’intimité des peintres du courant des Préraphaélites et celui qui les a fait connaître, le critique d’art et mécène John Ruskin.

Elle revient longuement sur l’histoire d’amour romantique entre Dante Gabriel Rossetti et Lizzie. Amour qui défraye la chronique car Rossetti repousse sans cesse leur mariage, obligeant Lizzie à vivre maritalement avec lui et à rompre avec sa famille qui refuse cette union libre, très mal vue dans cette époque victorienne particulièrement prude.

On mesure à cette lecture combien Lizzie a fait de sacrifices par amour pour Rossetti, qui, comme tous les génies, est d’un égoïsme féroce. Il ne pense qu’à son art, multiplie les liaisons et finira par convoler avec elle, lorsqu’il comprend qu’elle se meurt littéralement à cause de lui.

Un roman bien écrit, bouleversant et réellement passionnant que j’ai dévoré en trois petits jours tant j’étais curieuse de découvrir la trajectoire de Lizzie. Je vous le conseille !

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Diplômée d’écologie et de biologie marine, Diana Gabaldon a enseigné pendant douze ans à l’université d’Arizona avant de se consacrer à la création romanesque. Elle connait un immense succès avec la saga Outlander, qui compte plus de vingt millions de lecteurs dans le monde et fait l’objet d’une série télévisée dont le premier épisode fut diffusé le 9 août 2014.

1945. Claire passe ses vacances en Écosse, où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange.

Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champ de bataille. Sous le choc, elle pense être sur le tournage d’un film en costume mais que nenni !

Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au coeur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d’autrefois ?

La rencontre avec Jamie Fraser va bouleverser sa vie et tout remettre en question…

Le chardon et le tartan est le premier tome de la saga célèbre dans le monde entier et adaptée en série tv à succès Outlander. Jusqu’à ce que je tombe sur ce volume chez Easy cash, je n’avais jamais ressenti le besoin de voir la série ou lire cette saga, rebutée par l’épaisseur et le nombre de volumes.

Mais ce jour-là, et je ne saurai pas vous dire pourquoi, je n’ai pas voulu laisser le livre sur son étagère et je l’ai embarqué avec moi. Ma copinaute Belette l’ayant depuis fort longtemps dans sa pal, nous l’avons ajouté à nos lectures communes mensuelles et on ressort chacune mitigée sur cette lecture, allez voir son avis ici.

Diana Gabaldon nous propose donc ici une saga fleuve historique doublée d’une histoire d’amour entre Claire, qui vient du XXè siècle et Jamie, un écossais du clan MacKenzie. L’Ecosse est un pays que je trouve très beau et j’adore le XVIIIè siècle, deux bonnes raisons pour moi d’attaquer cette saga.

Il ne fait aucun doute que l’autrice a fait un gros travail de documentation et de préparation, franchement on s’y croirait tant ça fourmille de détails en veux-tu en voilà ! Trop pour moi car ce qui est un point positif peut devenir négatif lorsque ça vire à la leçon d’histoire et que ça alourdit inutilement le récit.

L’Ecosse traverse alors une période troublée. Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l’occupant anglais et préparent la venue de Bonnie Prince Charlie, le prétendant au trône. Plongés dans un monde de violences et d’intrigues politiques qui la dépassent, Claire et Jamie vont vivre de grandes aventures et périls, trouver l’amour et la passion. 

Ces deux personnages sont attachants même si pour moi leur relation va bien trop vite. Je trouve que Claire oublie bien vite son mari Franck alors qu’elle semblait heureuse de le retrouver après six longues années de guerre et avec lequel, elle projetait d’avoir un enfant.

Elle est belle, il est beau et Claire succombe très vite à Jamie et après, ils ne pensent plus franchement qu’à copuler partout et en toute occasion. Cela ne me pose pas de problème mais je trouve que ces scènes d’amour sonnent un peu faux et tombent souvent dans la violence. Quant aux scènes de viols qui fourmillent eux aussi de détails et parfois proches de l’insoutenable, je m’en serai bien passée.

L’époque est violente et là aussi, Diana Gabaldon en rajoute une couche à chaque occasion : on ne compte plus les scènes de torture de ce pauvre Jamie dont le corps tout entier a semble-t-il connu au moins une fois le fouet, l’épée et j’en passe et des meilleures, je n’aurai pas aimé être à sa place !

Ajoutez à cela des longueurs qui n’en finissent plus, tant que j’ai parfois sauté des pages entières qui n’apportaient vraiment rien au récit à mes yeux, vous comprendrez pourquoi je ressors mitigée de cette lecture.

J’ai aimé le récit de fond mais pas les longueurs, les détails inutiles, la violence trop présente. Du coup, je ne sais vraiment pas si je continuerai cette saga car je crains que tout ce qui m’a déplu dans ce premier volume se répète dans tous les autres.

Aussi, si vous avez déjà lu Outlander, n’hésitez pas à me dire si je dois redonner sa chance à Diana Gabaldon ou si je ferai mieux d’en rester là.

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