Underground Railroad – Colson Whitehead #RL2017 #MRL17

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les Etats libres du Nord. De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le « misérable coeur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté.

Cora vit ou plutôt survit quelque part en Géorgie. Elle a seize ans et cela fait déjà six ans que sa mère s’est enfuie de la plantation Randall, la laissant derrière elle. Elle est esclave et ne rêve que de quitter sa plantation de coton, depuis le jour où Caesar lui a proposé de s’évader avec lui.

S’enfuir vers le Nord, vers les Etats libres et lorsque son compagnon d’infortune lui révèle qu’il existe un réseau de souterrains secrets y menant, elle n’hésite plus. Elle tente sa chance, poursuivie par le chasseur d’esclaves Ridgeway, qui s’était déjà jeté aux trousses de sa mère, sans succès.

Arrivera-t-elle à conquérir sa liberté et vivre enfin une vie sans entraves ?

Underground Railroad est l’un des romans évènements de la rentrée littéraire 2017. Auréolé du prix Pulitzer et du National Book Award et croulant sous les avis dithyrambiques de la presse et des blogueuses, il avait piqué ma curiosité, je suis donc ravie d’avoir pu le découvrir à mon tour et je remercie PriceMinister et les éditions Albin Michel pour cette lecture faire dans le cadre des fameux Matchs de la rentrée littéraire 2017.

Ce roman signé Colson Whitehead, romancier, nouvelliste et journaliste américain dépeint dans toute sa vérité l’horreur de la condition des esclaves, considérés comme de simples marchandises que l’on vend et revend selon les besoins des plantations, que l’on sépare de leurs familles sans l’ombre d’un remords.

On suit Cora mais aussi d’autres personnages tout au long du récit. Un récit très dur avec des passages anxiogènes qui décrivent avec précision des scènes de tortures et d’exécutions qui font froid dans le dos voire donnent la nausée.

En ce qui me concerne ce roman ne fut pas une lecture plaisir ou confortable, j’ai du arrêter ma lecture à de nombreuses reprises, désarçonnée par la construction du roman, le style de l’auteur parfois limite lourd mais surtout par le sort des esclaves qui m’était insupportable.

Heureusement, ce roman est aussi plein d’espoir à travers les personnages blancs et noirs qui animent ce réseau souterrain, et qui, au péril de leur vie, aideront Cora à s’éloigner de sa Géorgie natale et de la plantation Randall, où elle sait que si elle est reprise, elle sera exécutée de la plus cruelle des manières.

Cet Underground railroad est purement fictionnel mais Colson Whitehead s’est inspiré du réseau d’entraide et de solidarité existant pendant la guerre de Sécession, qui a permis à des milliers d’esclaves du sud de fuir vers le nord.

Je dois dire que si la première moitié du roman fut difficile pour moi à lire avec des passages insoutenables, j’ai dévoré très rapidement la seconde moitié, emportée par la fuite en avant de Cora et de Caesar et leur traque par le chasseur d’esclaves.

C’est un roman fort, coup de poing qui dénonce le système esclavagiste, le système financier sur lequel il repose, la hiérarchie des différents pouvoirs de la plantation, la vie d’un esclave dans une plantation, et surtout pourquoi il a été si difficile d’abolir l’esclavage dans les états du sud.

L’auteur met également en évidence l’histoire du racisme aux Etats-Unis, les ressorts sur lesquels il repose et dissèque ses mécanismes psychologique et sociaux. De ce point de vue là, je trouve ce roman historique très réussi.

Si Whitehead dénonce, il sait aussi rendre hommage à tous les hommes et les femmes courageux qui ont rendu possible la fuite des esclaves, le plus souvent des blancs, qui, subissaient le même sort que les esclaves si ils étaient découverts.

Je n’ai en revanche pas réussi à m’attacher à Cora, je trouve dommage que Colson Whitehead mette une aussi grande distance entre ce personnage et nous. Comme je n’ai pas aimé la structure du roman à plusieurs voix, en général j’aime plutôt bien mais ici ça ne l’a pas fait avec moi, j’ai trouvé ça bien trop confus. Enfin, il y a des passages limites fantastiques dans les sous-sols qui n’ont pas été à mon goût non plus.

Petite déception donc en ce qui me concerne, j’avais sans doute de grandes attentes après tous les avis positifs que j’avais lus mais je ne peux que vous encourager à lire à votre tour Underground Railroad, un roman très bien documenté sur les différents aspects de l’esclavagisme aux États Unis.

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L’autre héritière – Lauren Willig

À la mort de sa mère, Rachel découvre une coupure de presse qui fait voler en éclats toutes ses certitudes : son père, qu’elle croyait décédé, est bel et bien en vie. Mieux encore, il a une autre fille.
En quête d’explications, la jeune femme part pour Oxford où elle fait la connaissance de Simon Montfort, aristocrate et journaliste mondain. Ensemble, ils échafaudent un plan pour approcher le père de Rachel, le comte d’Ardmore : elle devient la pétillante Vera Merton, une cousine éloignée de Simon. Il l’introduit dans l’aristocratie londonienne, elle lui fournit en retour de quoi alimenter sa chronique. Un échange de bons procédés qui n’est pas sans risque… Rachel découvre bientôt les dessous de ce monde sans pitié.

Normandie, 1928. Rachel Woodley est la gouvernante anglaise des trois filles du comte et de la comtesse de Brillac. Elle s’applique à leur enseigner aussi bien que possible la langue de Shakespeare et les bonnes manières lorsqu’elle reçoit un télégramme de son parrain l’informant que sa mère a contracté la grippe et qu’elle est au plus mal.

Ni une ni deux, Rachel regagne Paris, Calais, Londres et enfin son village perdu dans la campagne, la peur au ventre. Sa mère est la seule famille qui lui reste depuis que son père, Edward Woodley, botaniste de son état, a trouvé la mort alors qu’elle avait tout juste quatre ans.

Arrivée à bon port, elle trouve la maison familiale vide et sa meilleure amie lui apprend que Katharine a été enterrée la veille. Effondrée par la nouvelle et désormais sans travail, elle doit aussi vider les lieux car le propriétaire a déjà de nouveaux locataires prêts à emménager.

Alors qu’elle rassemble les affaires de sa mère, elle découvre une coupure de presse montrant un homme qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son père, immortalisé auprès de sa fille.

Le lendemain, Rachel part pour Oxford afin de remercier son parrain d’avoir veillé sur sa mère et organisé les funérailles et en profite pour lui montrer la coupure de presse. David lui confirme que l’homme en question, Edward Standish, comte d’Ardmore, est bien son père.

Sonnée par la nouvelle, elle quitte brusquement David lorsque Simon Montfort, un ancien élève de son parrain arrive dans son bureau. Le jeune homme, artistocrate lié aux Standish et journaliste mondain lui propose de se venger de son père en devenant Vera Morton…

Une fois n’est pas coutume, aussi reçu, aussi lu ! Il faut dire que j’avais aimé le premier roman de l’autrice, Ashford Park, et que son second récit fourmillant de secrets de famille et ayant pour cadre le Londres des années 20, ne pouvait que me faire saliver.

L’autre héritière n’a donc pas eu le temps de croupir dans ma PAL et je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai bien fait car j’ai adoré ma lecture. J’ai trouvé cette immersion au coeur de l’aristocratie et de la jeunesse dorée de la fin des années 20, qui s’étourdit encore et encore chaque nuit afin d’oublier les quatre années de guerre, totalement réussie.

Lauren Willig montre très bien à travers une myriade de personnages tous plus superficiels les uns que les autres, le monde de la nuit investi par la gentry anglaise, qui s’enivre de musique et d’alcool toutes les nuits en attendant de faire un beau mariage ou de percer en politique ou en littérature.

Une peinture historique et trépidante des années folles très réussie de cette aristocratie à bout de souffle avec d’un coté la vieille garde snob et prétentieuse, et de l’autre, la jeunesse plus moderne qui n’arrive cependant pas s’opposer à ses parents.

J’ai adoré aussi Rachel et Simon, les deux personnages principaux. Rachel est une héroïne comme je les aime, courageuse et honnête, qui ne veut compter que sur elle-même et qui va finir par être dépassée par sa vengeance.

Malgré son personnage de jeune fille futile qu’elle endosse, elle n’oublie pas d’où elle vient et juge plutôt sévèrement ces jeunes bohèmes qui vivent une existence oisive, faite de plaisirs. Quant à Simon, qui apparaît très superficiel et imbu de lui-même au départ, il se révèle finalement plein de surprises, avec ses failles et une gravité bien cachée.

Si vous aimez les secrets de famille, les années 20 et une ambiance à la Downton Abbey, précipitez-vous sur L’autre héritière, il ne pourra que vous plaire, en tout cas j’espère qu’il vous séduira tout autant que moi.

Merci à Anne et aux Presses de la Cité pour cette très agréable lecture, j’ai adoré !

La servante écarlate – Margaret Atwood

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred,  » servante écarlate  » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler…

Defred est une Servante Ecarlate, vêtue de rouge, au service de la République de Gilead fondée par des fanatiques religieux, et a pour obligation de procréer. Du jour où Gilead a renversé le président et le parlement, les femmes ont disparu des sphères de la société.

Seuls les hommes sont habilités à travailler, les femmes doivent rester la maison et sont dorénavant classées en trois catégories : les Épouses, seules femmes ayant du pouvoir, elles dominent la Maison ; les Marthas, domestiques qui entretiennent la maison et s’occupent de la cuisine et enfin les Servantes écarlates dont le rôle est entièrement dévolu à la reproduction.

Toutes les autres femmes (trop âgées, infertiles, indociles…) sont déportées dans les Colonies où elles manipulent des déchets toxiques, les condamnant à une mort certaine. Dans ce futur, le taux de natalité est très bas à cause de la pollution et des déchets toxiques de l’atmosphère, beaucoup de femmes sont stériles et les rares nouveau-nés sont souvent inaptes et jugés inutiles à vivre.

L’héroïne du roman, June, rebaptisée Defred, est une Servante écarlate. Elle ne peut pas séduire, son rôle est la reproduction. Elle raconte peu à peu son histoire, se remémore sa famille, Luke, sa fille, Moira, sa mère…

La servante écarlate est un roman dystopique paru en 1985 et devenu un classique, au point d’avoir été adapté en série télévisée, ce qui a remis ce roman à la première place des ventes de livres.

Ce roman était sur ma wish list depuis un certain nombre d’années, j’ignorais tout de l’histoire, je savais seulement que c’était un roman important pour la cause des femmes et à ce titre, je voulais absolument le lire.

Je le confesse bien volontiers c’est le battage autour de la série qui m’a donné envie de le faire entrer dans ma PAL et une fois n’est pas coutume, il a été très vite lu, grâce à ma copinaute Céline qui m’a soufflé l’idée de le lire avec elle.

J’avoue, que mise à part des réserves sur les cinquante dernières pages, j’ai adoré cette lecture que j’ai trouvé passionnante même si elle est particulièrement glaçante.

Il y a beaucoup à dire sur ce roman anxiogène car au-delà de la place des femmes dans la société de Gilead, il s’agit d’un roman sur la privation des droits et des libertés pour la très grande majorité de la population qui vit dans la crainte car les oeils, nom donné aux espions, sont légion. Tout le monde se méfie de tout le monde.

Les femmes sont au premier rang des victimes de Gilead, condamnées à trois types de rôles celui d’épouse, de domestique ou d’esclave sexuelle. Les hommes ne sont pas mieux lotis, les dirigeants mis à part, puisque eux seuls ont accès au pouvoir mais ils vivent aussi dans la peur des dénonciations si ils ne respectent pas à la lettre la doctrine de Gilead.

Les autres hommes sont cantonnés au rôle de domestique, sans espoir de fonder une famille puisque Gilead décide qui a le droit d’avoir une famille. Toute la société vit par ailleurs au rythme des différentes cérémonies instaurées par la république au cours desquelles les exécutions vont bon train.

Il ne fait pas bon non plus de penser autrement que Gilead : les catholiques, les juifs, les protestants… non convertis à la nouvelle foi sont tout simplement pendus ou pour les plus chanceux exilés.

Difficile de revenir sur chaque point marquant de ce grand roman, il y en a beaucoup et je ne souhaite pas trop en dévoiler ici afin de ne pas gâcher la lecture de celles et ceux qui n’ont pas encore lu La servante écarlate.

En refermant ce roman, je ne peux que vous conseiller de vous y plonger à votre tour, c’est une lecture importante qui me restera longtemps en mémoire. Elle fait bien évidemment froid dans le dos car la situation décrite par Margaret Atwood est hélas crédible. Quant à moi, j’ai hâte de découvrir la série éponyme.

Un grand merci à Filippa et aux éditions Robert Laffont pour cette lecture passionnante et à Céline pour m’avoir accompagné, vous pouvez retrouver son avis ici !

La librairie de l’île – Gabrielle Zevin

A.J. Fikry a l’un des plus beaux métiers du monde : il est libraire sur une petite île du Massachusetts. Mais il traverse une mauvaise passe. Il a perdu sa femme, son commerce enregistre ses pires résultats depuis sa création et il vient de se faire dérober une édition originale et précieuse. A.J. s’isole au milieu des livres jusqu’au soir où il découvre un couffin devant sa librairie. Un bébé que sa mère a abandonné là avec un mot :  » Je tiens à ce qu’elle grandisse entourée de livres et de gens pour lesquels la lecture compte.  » Réticent au premier abord face à l’ampleur de cette mission, le libraire tombe rapidement sous le charme du nourrisson et entrevoit avec lui la possibilité d’un nouveau bonheur.
Et si la vie valait bien qu’on lui accorde une seconde chance ?

A.J Fikry est libraire sur une petite île américaine du Massachusetts. Inconsolable depuis la mort de sa femme Nic, disparue dans un accident de voiture deux ans plus tôt, il noie sa solitude et son chagrin dans l’alcool et a fini par prendre en grippe sa petite échoppe, La librairie de l’île, qu’ils tenaient ensemble.
Et pour comble de malchance, un soir de cuite mémorable, il se fait voler une édition originale d’Edgar Allan Poe qui valait au bas mot deux millions de dollars. Quelques temps plus tard, au moment de fermer sa librairie, il découvre une petite fille dans ses rayonnages.
Elle a l’air d’avoir dans les deux ans et est porteuse de ce mot : « Je tiens à ce qu’elle grandisse entourée de livres et de gens pour lesquels la lecture compte. » Ni une ni deux, il court trouver la police qui lui propose d’appeler les services sociaux. Mais comme c’est vendredi soir et qu’une assistance sociale ne sera pas là avant le lundi matin, il garde Maya et décide de l’adopter…
C’est la couverture ô combien estivale et son titre qui m’ont donné envie de lire La librairie de l’île dont je n’avais lu aucun avis avant ma lecture et j’ai bien car en découvrant les avis dithyrambiques sur ce court roman, j’aurai été déçue, ce qui ne fut pas le cas !
Ce roman de Gabrielle Zevin est un feel-good book comme je les aime et cherry on the cake, il se passe dans une librairie, ce qui parle forcément aux amoureux des livres et de ces lieux de perdition par excellence, difficile en effet de quitter une librairie sans avoir acheté au moins un roman, en tout cas pour moi !
L’histoire est jolie même si elle ne sort pas des sentiers battus, le déroulé est prévisible même si l’auteure nous réserve quelques surprises et le personnage de Maya est vraiment attachant. On se prend d’affection pour cette petite fille abandonnée par sa mère, qui ne connaît pas son père et que l’on voit grandir.
La métamorphose de A.J Fikry qui passe de gros connard à père de l’année en quelques pages est un peu trop rapide à mon goût mais il est vrai que le roman est court et que l’auteure préfère s’attarder sur la jolie relation de ce libraire avec sa fille adoptive, et elle a bien fait car l’histoire devient très intéressante à mesure que cette relation se développe et que l’on assiste à l’éducation que procure A.J à Maya.
Il y aussi de belles pages sur le veuvage, la solitude, la solidarité et l’amitié, car il en sera beaucoup question aussi au fil du livre, les personnages habitent dans une petite île assez reculée du continent et ils se serrent les coudes.
Il sera aussi question d’amour, amour paternel bien sûr mais amour tout court aussi mais là je ne vous en dis pas plus afin de ne pas vous spoiler.
Si vous avez envie d’une lecture agréable, truffée de références littéraires, avec une belle leçon de vie, des personnages attachants, de l’émotion, de l’humour et de l’amour, La librairie de l’île est pour vous.

Tante Mame – Patrick Dennis

Lu dans le cadre de Ma PAL de printemps (6/10)

La vie de Tante Marne, femme imprévisible et fantasque, a toujours été régie par un principe intangible : la liberté. Et c’est bien ce qu’elle compte inculquer à son neveu Patrick, qu’elle vient tout juste de recueillir. Alors, exit l’éducation conventionnelle, le jeune garçon va se voir ouvrir les portes d’un monde où passion et exubérance sont reines.

Fin des années 20 à New York, le jeune Patrick Dennis, âgé de 10 ans, se retrouve orphelin après le décès de son père sur un parcours de golf. Cet homme qui se souciait peu de son fils de son vivant le confie par testament à sa sœur, Mame.

Après les funérailles, Patrick, escorté par sa gouvernante, fait la connaissance de sa tantine qui mène une vie de patachon et qui détonne par sa liberté de mœurs et son imprévisibilité.

Ce qui est loin d’être du goût de son tuteur, un homme prude qui l’envoie bien vite en pension, histoire que cette chère tantine n’inculque pas ses préceptes avant-gardistes au jeune garçon promis à un brillant avenir…

De la fin des années 20 aux années 50, de sa jeunesse à sa vie d’adulte, Patrick Dennis nous raconte sa vie qui connaît constamment des sorties de route grâce ou à cause de sa tante Mame qui chamboule tout sur son passage.

Tante Mame est un classique aux États-Unis adapté au cinéma et au théâtre que j’étais très curieuse de découvrir tant les critiques étaient dithyrambiques. Je suis quant à moi plus modérée sur ce titre qui se révèle très sympathique et cocasse certes mais dont j’attendais davantage que ce succédané de scènettes loufoques.

C’est un titre que j’ai trouvé léger et amusant, que j’ai lu par petites touches car si Mame est une femme pétillante et excentrique très attachante, ses frasques se révèlent lassantes par leur ressemblance et on finit par avoir l’impression de tourner en rond.

Ceci mis à part, c’est un roman avec des situations rocambolesques qui mettent le sourire aux lèvres. Mame est un personnage incroyable, d’une grande modernité pour son époque, totalement barrée et loufoque, sans préjugé ni apriori que l’on a plaisir à suivre dans ses aventures même si je le disais plus haut, je les trouve un peu trop semblables.

Bien qu’américain, Patrick Dennis manie bien l’humour anglais, absurde et loufoque, dans la droite lignée de P.G Wodehouse et son majordome Jeeves. Cette fois, c’est la tante qui a toutes sortes d’idées insensées et son jeune neveu qui essaie constamment d’arranger les choses et de rester dans la normalité et le convenable au grand dam de Mame qui n’en revient pas d’avoir un neveu aussi étroit d’esprit.

Ceci dit, même si tante Mame n’apprend visiblement jamais rien de ses erreurs, elle arrive à rester sympathique et tire inévitablement bien son épingle du jeu.

Une curiosité agréable que je ne regrette pas d’avoir lu mais qui ne restera pas dans mes annales, je ne suis donc pas sûre de lire la suite des aventures de tante Mame dans Tante Mame autour du monde !

Le refuge des souvenirs – Mary Marcus

Lu dans le cadre du challenge  1 pavé par mois

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Au cours de l’été brûlant de 1963, la ségrégation fait rage dans la petite ville de Murpheysfield. Mary Jacob, douze ans, mal aimée par sa famille, trouve refuge auprès de Lavina, la cuisinière noire, qu’elle considère comme sa mère. Mais, lors d’incidents raciaux, la domestique est tuée. Mary Jacob, choquée, oubliera tout de cette période de sa vie.

Des décennies plus tard, apprenant que son père est mourant, Mary Jacob retourne dans sa Louisiane natale. Partie sur les traces de son passé, la jeune femme retrouvera-t-elle la mémoire de son enfance brisée ? Pourra-t-elle faire la paix avec sa propre histoire et avec Billy Ray, le fils de Lavina, blessé par le silence et les non-dits ?

Début des années 1990, Mary Jacob retrouve sa Louisiane natale qu’elle a quitté deux décennies plus tôt. Elle est en effet désormais installée à New York, auteure de romans pour enfants qui connaissent une certaine célébrité, maman d’un garçon et épouse d’un juif new yorkais lui-même le fils de survivants de l’Holocauste venus s’installer en Amérique.

Sa sœur Kathryn l’a appelé au chevet de leur père mourant. Le vieil homme va regagner sa demeure de Murpheysfield et souhaite renouer avec sa fille cadette avec laquelle les liens sont rompus depuis de nombreuses années.

Mary Jacob débarque donc dans la maison de son enfance et au gré de ses conversations avec son père et de ses retrouvailles avec Billy Ray, un musicien afro-américain, elle dont la mémoire est d’ordinaire défaillante sur son enfance, se remémore petit à petit des souvenirs jusque là enfouis dans sa mémoire.

Elle va se souvenir des dernières semaines de la vie de sa mère morte d’une longue maladie et de celle qu’elle considérait comme sa véritable mère, Lavina, la servante noire de la famille et mère de Billy Ray qui a connu une fin tragique, en pleine ségrégation raciale, sur fond de lutte pour les droits civiques…

La ségrégation raciale ou l’esclavage ne font pas partie de mes thèmes de prédilection car ils sont bien évidemment très durs mais je trouve nécessaire les romans ou bandes dessinées qui les traitent car nous ne devons jamais oublier les victimes des exactions et cruautés qui ont perduré jusque dans les années 60 aux États-Unis dans les provinces du Sud.

Par le passé j’avais adoré La couleur des sentiments, Sweet Sixteen ou Les derniers jours d’Emmett Till, je n’ai donc pas résisté à l’envie de lire Le refuge des souvenirs, le premier roman de Mary Marcus traduit en français.

La romancière nous propose ici un roman à trois voix qui a pour toile de fond le début des années 90 pour le commencement de l’intrigue puis l’été 1963 qui revient en détail sur la relation entre Mary Jacob la petite fille blanche mal aimée par ses parents et Lavina leur servante noire. L’amour et l’affection mutuelle qui unissent ces deux personnes sont bien évidemment interdits dans le sud des États-Unis où la ségrégation fait encore rage au début des années 60.

Une enfant blanche n’est pas censée avoir une proximité quelconque avec sa servante noire et encore moins lui témoigner un amour filial, mais Mary Jacob osera transgresser les règles établies même si elle prendra en retour des coups de ceinture ou de fouets.

Quant à Lavina, elle ne doit pas oublier sa place au sein de la famille ni celle au sein de la société des années 60 dominée par les blancs qui ont encore droit de vie et de mort sur leurs concitoyens noirs mais elle ne peut empêcher d’aimer Mary Jacob comme sa propre fille, déclenchant ainsi la jalousie de son propre enfant.

De ce point de vue, le roman de Mary Marcus est réussi : il rend compte du climat qui régnait à cette époque et de ce que les afro-américains subissaient encore et toujours et à cet égard il est très émouvant, il y a des passages vraiment très beaux qui mettent la larme à l’oeil.

Mary Marcus alterne donc tout au long du récit les souvenirs de Mary Jacob et les lettres de l’au-delà de Lavina qui nous apportent un éclairage supplémentaire sur la vie des domestiques noirs et sur les évènements qui ont conduit à sa fin tragique, je ne vous spoile pas, l’auteure dévoile cette mort dès le préambule.

Même si j’ai trouvé le rythme du roman trop lent c’est surtout la troisième voix qui m’a déplu : Billy Ray. Le fils de Lavina devenu gloire du blues dans les années 60 et devenu depuis un parfait has-been alcoolique et totalement égocentrique m’a tout de suite agacé et j’ai fini par sauter les parties le concernant tellement qu’il m’était antipathique, sans cela, je pense que c’était le coup de coeur.

Le refuge des sentiments est un beau roman, à la fois tendre et tragique, sensible et pudique, profond et émouvant que je vous recommande si le sujet vous intéresse.

Merci à Anne et aux Presses de la Cité pour cette lecture émouvante.

Une nouvelle chance – Debbie Macomber

Lu dans le cadre du Challenge Cold Winter

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Lucie Ferrara et Aren Fairchild se rencontrent après s’être rentrés dedans apparemment par accident (du moins, c’est ce qu’ils croient) à Times Square le soir du réveillon du Nouvel An. Le coup de foudre est immédiat. Mais, aussi vite qu’ils ont été réunis, un autre coup du sort les sépare, laissant Lucie et Aren sans moyen de reprendre contact.

Un an plus tard, Lucie est le chef d’un nouveau restaurant au succès retentissant et Aren travaille pour un grand quotidien de la ville. Malgré tous les mois qui ont passé, ils n’ont jamais oublié cette belle soirée et Shirley, Goodness, Mercy et Will, leurs anges gardiens, non plus. Pour aider le jeune couple à se retrouver, ils vont cuisiner un projet fou : mélanger un grand amour, une seconde chance et une bonne pincée d’espièglerie afin de créer un miracle de Noël que vous n’oublierez pas de sitôt.heart_3une-nouvelle-chance-debbie-macomber

31 décembre sur Times Square à New York, Lucie Ferrerra et Aren Fairchild ont respectivement perdu de vue dans la foule leurs amies et sœur lorsque retentissent les douze coups de minuit. Au dernier coup, ils se rentrent dedans par accident et s’embrassent comme le veut la tradition.

Ce premier baiser est un vrai coup de foudre et les deux jeunes gens ne veulent pas se quitter aussi vite et décident d’aller boire un verre pour trinquer à la nouvelle année. Le feeling passe, les heures filent vite et ils se quittent sur une promesse : se retrouver une semaine plus tard tout en haut de l’Empire State Building.

La semaine s’écoule sans qu’ils perdent de vue le rendez-vous mais à l’heure dite, la mère de Lucie est emmenée aux urgences à cause de son diabète et rate ses retrouvailles avec Aren qui l’a attendue en vain.

N’ayant pas leurs coordonnées respectives, les choses en restent là même si le critique gastronomique et la jeune chef pensent souvent l’un à l’autre mais c’est sans compter quatre anges gardiens, qui malgré les mises en garde de Gabriel, décident de s’en mêler et leur donner ainsi une nouvelle chance.

Voilà une romance hivernale que j’ai trouvé au pied du sapin car mes garçons voulaient absolument m’offrir un livre, comme si j’en manquais mais cela m’a fait néanmoins très plaisir qu’ils le fassent !

Ne voulant pas laisser trainer Une nouvelle chance de Debbie Maccomber, dont j’avais bien aimé La maison d’hôtes, j’ai entamé cette lecture dès le jour de Noël et j’ai bien fait car c’est à cette période qu’il faut lire cette romance de Noël, charmante et fraiche, même si elle ne révolutionne pas le genre, hélas.

Un conte de fées version 21è siècle avec dans le rôle de la bonne fée, quatre anges maladroits qui n’en ratent pas une, et deux héros parfaits dans leur genre que l’on a plaisir à suivre dans leur histoire d’amour contrariée.

La plume de Debbie Macomber est toujours aussi fluide et les chapitres très courts font que cette lecture si elle n’est pas inoubliable, n’en demeure pas moins agréable et se fait sourire aux lèvres, d’autant qu’elle revêtait un charme supplémentaire à mes yeux puisqu’elle restera le premier livre offert par mes enfants.

Une romance fraiche et douce à lire bien au chaud, histoire d’être dans l’ambiance des fêtes de fin d’année que je vous conseille si vous n’en attendez pas trop.