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Archive for the ‘Littérature américaine’ Category

Eowyn Ivey a grandi en Alaska où elle vit toujours avec son mari et leurs deux filles. Cette ancienne journaliste, devenue libraire, aime à se définir comme une entremetteuse, qui présente des livres aux lecteurs. La fille de l’hiver est son premier roman, inspiré d’un conte russe, mais aussi de ses expériences personnelles et de son cadre de vie.

1920, l’Alaska, ses forêts impénétrables, ses étendues enneigées. Son silence. Sa solitude. Depuis la mort de leur bébé dix ans auparavant, le mariage de Mabel et Jack n’est plus le même. Partir vivre sur ces terres inhospitalières paraissait alors une bonne idée.

Seulement, le chagrin et le désir d’enfant les ont suivis là-bas et la rudesse du climat, le travail éreintant aux champs les enferment chacun dans leur douleur.

Jusqu’à ce soir de début d’hiver où, dans un moment d’insouciance, le couple sculpte un bonhomme de neige à qui ils donnent les traits d’une petite fille. Le lendemain matin, celui-ci a fondu et de minuscules empreintes de pas partent en direction de la forêt…

Peu de temps après, une petite fille apparaît près de leur cabane, parfois suivie d’un renard roux tout aussi farouche qu’elle…

La fille de l’hiver est le premier roman d’Eowyn Ivey, elle-même originaire d’Alaska. Son récit est directement inspiré du folklore russe traditionnel et du personnage de la Snégourotchka, petit-fille de Ded Moroz, le « Grand-Père Gel », l’équivalent russe du Père Noël. 

Dans le conte originel, un paysan et sa femme se désolent de ne pas avoir d’enfants. Un jour d’hiver, pour se distraire, ils décident de fabriquer un enfant de neige. Celui-ci prend vie : c’est une belle petite fille, qui grandira rapidement, tout en gardant un teint pâle comme la neige : on l’appelle Snégourotchka. Lorsque le printemps arrive, la jeune fille manifeste des signes de langueur. Les autres jeunes filles du village l’invitent à jouer avec elles, et sa mère adoptive la laisse partir à regret. Elles s’amusent et dansent, la fille de neige restant toujours en arrière, puis l’entraînent à sauter par-dessus un feu de joie : à ce moment, elles entendent un cri, et en se retournant, elles découvrent que leur compagne a disparu. Elles la cherchent partout sans succès : Snégourotchka a fondu, et il n’en est resté qu’un flocon de brume flottant dans l’air.

J’ai été littéralement happée par ce récit qui oscille entre conte, merveilleux, fantastique et roman historique.

La plume d’Eowyn Ivey est belle et poétique, ses descriptions de la nature, des paysages de l’Alaska mais aussi du difficile quotidien de ces habitants m’a passionnée.

Les personnages sont bien dessinés et attachants, que ce soient nos deux protagonistes principaux mais aussi leurs voisins, Esther est vraiment un personnage haut en couleurs !

J’ai adoré bien sûr l’apport du conte traditionnel russe à ce roman :  qui est cette petite fille ? D’où vient-elle ? Est-elle une hallucination ou un miracle ? Car seuls Mabel et Jack la voient. Leurs voisins, Esther et George, pensent qu’ils souffrent d’un trop plein de solitude et de tristesse et ne croient pas en son existence.

Va-t-elle repartir comme elle est venue ? S’évanouir tel un flocon de neige comme le conte traditionnel russe ? Tout au long du récit, je me suis interrogée, titillée par le suspens autour de ces questions, me demandant quasiment jusqu’à la fin si elle était bel et bien faite de chair et de sang !

Au-delà, du conte merveilleux et le suspens lié à cette petite fille, la toile de fond de ces familles américaines pionnières en Alaska qui se battent contre les éléments dans un pays magnifique mais très rude est toute aussi passionnante. 

Une pépite que ce roman envoûtant, poétique et délicat que je vous conseille vivement !

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Christina Dalcher est docteure en linguistique. Son premier roman Vox (NiL, 2019) a été un best-seller dans le monde entier.

Le potentiel de chaque enfant est régulièrement calculé selon une mesure standardisée : le quotient Q. Si vous obtenez un score élevé, vous pourrez fréquenter une école d’élite avec à la clé un avenir en or. Si votre score est trop bas, ce sera un internat fédéral n’offrant que des débouchés très limités.

Le but de cette politique ? Une meilleure société où les enseignants se concentrent sur les élèves les plus prometteurs.

Elena Fairchild, enseignante dans un établissement d’élite, a toujours soutenu ce système. Mais lorsque sa fille de neuf ans rate un test et part pour une école au rabais à des centaines de kilomètres, elle n’est plus sûre de rien. À part d’une chose : elle doit récupérer sa fille à tout prix.

Après Vox, Christina Dalcher revient avec une dystopie glaçante sur fond d’eugénisme. Alors que les inégalités sociales n’ont jamais été aussi stigmatisantes, QI se pose comme un miroir déformé de nos démocraties.

J’avais adoré Vox que j’avais trouvé puissant même si le dénouement n’était pas à la hauteur du roman, j’étais donc ravie de découvrir la nouvelle dystopie de Christina Dalcher.

Ici, le potentiel de chaque enfant et de chaque professeur est calculé chaque mois selon le quotient Q. Plus le score est haut, plus vous êtes privilégiés. Plusieurs écoles existent : argentée, verte et jaune. La jaune est celle que toutes les familles craignent, puisque c’est la couleur des internats fédéraux sans débouchés et loin des familles.

Pourquoi cette politique a vu le jour ? C’est pour permettre aux enfants les plus intelligents de jouir d’enseignements adaptés sans être à la traîne à cause de personnes moins intelligentes.

Le point de départ est intéressant mais pas assez creusé puisque l’autrice aborde l’eugénisme et rapproche ce nouvel état américain de l’état nazi. J’ai bien aimé l’histoire et l’héroïne de ce roman, mariée à l’un des tenants de cette nouvelle ère, qu’elle finit par haïr.

Tout le cheminement qu’elle va faire, les réflexions qui l’habitent, son combat pour récupérer sa fille m’ont plu. Le récit propose aussi un parallèle entre le présent et l’Histoire.

L’auteure met ainsi le doigt sur un élément très intéressant : l’Histoire peut se répéter et les erreurs se reproduire même dans une société proche de la nôtre, même après plusieurs décennies.

Là où je suis réservée c’est qu’une fois de plus le dénouement est pour le moins rapide, nébuleux et m’a clairement perdue.

L’autrice expédie son roman et a recours à des facilités que je ne vous dévoilerai pas ici sinon je vous spoilerai mais je trouve que l’eugénisme méritait d’être bien mieux dénoncé que Christina Dalcher le fait en ne disant pas les choses clairement et en restant beaucoup trop en surface.

Je ressors donc un peu déçue de cette dystopie qui a des atouts mais n’a pas su me convaincre complètement.

Un grand merci aux éditions Nil pour cette lecture qui suscite les questionnements.

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Dans son enfance, Rita Cameron admirait les femmes éblouissantes des tableaux préraphaélites et passait des heures à imaginer les vies romantiques des artistes qui les avaient peints. Elle a étudié la littérature anglaise à l’université de Columbia et le droit à l’université de Pennsylvanie. Mais à l’instar de nombreux juristes, elle rêvait d’écrire un roman.

Avec son teint diaphane et sa longue chevelure cuivrée, Lizzie Siddal n’a rien de l’idéal victorien aux joues roses, d’autant que c’est une intellectuelle qui aime l’art et la poésie.

À l’atelier de chapellerie de Mrs Tozer à Cranbourne Alley où elle travaille, Lizzie assemble des coiffes somptueuses destinées à de jeunes élégantes fortunées et détonne auprès de ses collègues toutes issues du peuple.

Un jour, elle attire l’attention du peintre et poète préraphaélite Dante Gabriel Rossetti. Envoûté à la fois par sa beauté sublime et ses dons artistiques, celui-ci l’entraîne dans l’univers scintillant des salons et des soirées bohèmes.

Mais incarner la muse que tous les artistes rêvent d’immortaliser se révélera bien plus cruel que tout ce que la jeune femme pouvait imaginer.

Avec La muse, Rita Cameron brosse le portrait vivant de personnages historiques plongés dans une trouble histoire d’amour non conformiste qu’elle tisse avec de nombreux détails saisissants.

Ce faisant, elle donne voix au chapitre à l’une des femmes les plus influentes et les plus oubliées de cette période fascinante qu’est la deuxième moitié du xixe siècle.

À la fois artiste et muse, Elizabeth Siddal avait jusque-là captivé tous les regards sans être réellement appréciée pour elle-même. Muse des Préraphaélites, découverte par Walter Deverell, elle fut peinte par William Holman Hunt, John Everett Millais, notamment dans son célèbre tableau Ophélie (1852) et Dante Gabriel Rossetti qui n’utilisa alors quasiment plus aucun autre modèle, l’empêchant de poser pour les autres préraphaélites. Le nombre de peintures qu’il fit d’elle se comptent en milliers.

Ophélie de John Everett Millais

Vous le savez sans doute mais j’aime beaucoup retrouver l’art dans les romans et je trouve les muses assez fascinantes, autant dire que sur le papier il avait vraiment tout pour me plaire et il ne m’a pas déçue !

Je ne savais rien de la vie de Lizzie Siddal et avec ce roman qui lui rend hommage, j’ai découvert une femme d’une grande sensibilité, une véritable artiste qui avait un réel talent de poétesse et de peintre et qui prit son rôle de muse très au sérieux, au point d’avoir failli mourir pour l’Ophélie qui l’obligeait à rester des heures sans bouger dans une baignoire d’eau froide en plein mois de décembre.

Encore une figure de femme injustement oubliée qui revit ici sous la plume de Rita Cameron qui signe son premier roman. Très bien documenté, le récit nous plonge au coeur du XIXè siècle et dans le cercle des Préraphaélites et a parfaitement correspondu à mes attentes.

Au-delà de la biographie romancée de Lizzie Siddal, l’autrice nous fait pénétrer dans l’intimité des peintres du courant des Préraphaélites et celui qui les a fait connaître, le critique d’art et mécène John Ruskin.

Elle revient longuement sur l’histoire d’amour romantique entre Dante Gabriel Rossetti et Lizzie. Amour qui défraye la chronique car Rossetti repousse sans cesse leur mariage, obligeant Lizzie à vivre maritalement avec lui et à rompre avec sa famille qui refuse cette union libre, très mal vue dans cette époque victorienne particulièrement prude.

On mesure à cette lecture combien Lizzie a fait de sacrifices par amour pour Rossetti, qui, comme tous les génies, est d’un égoïsme féroce. Il ne pense qu’à son art, multiplie les liaisons et finira par convoler avec elle, lorsqu’il comprend qu’elle se meurt littéralement à cause de lui.

Un roman bien écrit, bouleversant et réellement passionnant que j’ai dévoré en trois petits jours tant j’étais curieuse de découvrir la trajectoire de Lizzie. Je vous le conseille !

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Diplômée d’écologie et de biologie marine, Diana Gabaldon a enseigné pendant douze ans à l’université d’Arizona avant de se consacrer à la création romanesque. Elle connait un immense succès avec la saga Outlander, qui compte plus de vingt millions de lecteurs dans le monde et fait l’objet d’une série télévisée dont le premier épisode fut diffusé le 9 août 2014.

1945. Claire passe ses vacances en Écosse, où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange.

Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champ de bataille. Sous le choc, elle pense être sur le tournage d’un film en costume mais que nenni !

Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au coeur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d’autrefois ?

La rencontre avec Jamie Fraser va bouleverser sa vie et tout remettre en question…

Le chardon et le tartan est le premier tome de la saga célèbre dans le monde entier et adaptée en série tv à succès Outlander. Jusqu’à ce que je tombe sur ce volume chez Easy cash, je n’avais jamais ressenti le besoin de voir la série ou lire cette saga, rebutée par l’épaisseur et le nombre de volumes.

Mais ce jour-là, et je ne saurai pas vous dire pourquoi, je n’ai pas voulu laisser le livre sur son étagère et je l’ai embarqué avec moi. Ma copinaute Belette l’ayant depuis fort longtemps dans sa pal, nous l’avons ajouté à nos lectures communes mensuelles et on ressort chacune mitigée sur cette lecture, allez voir son avis ici.

Diana Gabaldon nous propose donc ici une saga fleuve historique doublée d’une histoire d’amour entre Claire, qui vient du XXè siècle et Jamie, un écossais du clan MacKenzie. L’Ecosse est un pays que je trouve très beau et j’adore le XVIIIè siècle, deux bonnes raisons pour moi d’attaquer cette saga.

Il ne fait aucun doute que l’autrice a fait un gros travail de documentation et de préparation, franchement on s’y croirait tant ça fourmille de détails en veux-tu en voilà ! Trop pour moi car ce qui est un point positif peut devenir négatif lorsque ça vire à la leçon d’histoire et que ça alourdit inutilement le récit.

L’Ecosse traverse alors une période troublée. Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l’occupant anglais et préparent la venue de Bonnie Prince Charlie, le prétendant au trône. Plongés dans un monde de violences et d’intrigues politiques qui la dépassent, Claire et Jamie vont vivre de grandes aventures et périls, trouver l’amour et la passion. 

Ces deux personnages sont attachants même si pour moi leur relation va bien trop vite. Je trouve que Claire oublie bien vite son mari Franck alors qu’elle semblait heureuse de le retrouver après six longues années de guerre et avec lequel, elle projetait d’avoir un enfant.

Elle est belle, il est beau et Claire succombe très vite à Jamie et après, ils ne pensent plus franchement qu’à copuler partout et en toute occasion. Cela ne me pose pas de problème mais je trouve que ces scènes d’amour sonnent un peu faux et tombent souvent dans la violence. Quant aux scènes de viols qui fourmillent eux aussi de détails et parfois proches de l’insoutenable, je m’en serai bien passée.

L’époque est violente et là aussi, Diana Gabaldon en rajoute une couche à chaque occasion : on ne compte plus les scènes de torture de ce pauvre Jamie dont le corps tout entier a semble-t-il connu au moins une fois le fouet, l’épée et j’en passe et des meilleures, je n’aurai pas aimé être à sa place !

Ajoutez à cela des longueurs qui n’en finissent plus, tant que j’ai parfois sauté des pages entières qui n’apportaient vraiment rien au récit à mes yeux, vous comprendrez pourquoi je ressors mitigée de cette lecture.

J’ai aimé le récit de fond mais pas les longueurs, les détails inutiles, la violence trop présente. Du coup, je ne sais vraiment pas si je continuerai cette saga car je crains que tout ce qui m’a déplu dans ce premier volume se répète dans tous les autres.

Aussi, si vous avez déjà lu Outlander, n’hésitez pas à me dire si je dois redonner sa chance à Diana Gabaldon ou si je ferai mieux d’en rester là.

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Mary Simses a grandi dans le Connecticut et a passé la majeure partie de sa vie en Nouvelle-Angleterre. Son premier roman, L’Irrésistible Histoire du Café Myrtille, a paru chez NiL en 2018.

Grace Hammond voit sa vie partir à la dérive. Au chômage, célibataire et sans domicile, cette experte en grammaire quitte New York et part se réfugier dans sa ville natale, sur la côte du Connecticut.

Elle y revoit Peter, son amour d’adolescence, et rencontre Mitch, qu’elle exaspère par son obsession de vouloir toujours tout corriger…

Pour mieux embrasser l’avenir, Grace va devoir revenir sur un événement douloureux qui ne cesse de la culpabiliser et ce qui devait être un court séjour chez ses parents va se transformer en un retour sur soi. Aura-t-elle le courage de laisser tomber le Bescherelle et d’édicter ses propres règles ?

Après avoir vraiment bien aimé L’Irrésistible Histoire du Café Myrtille, j’étais ravie de retrouver Mary Simses et la Nouvelle-Angleterre avec son nouveau roman Petites leçons de grammaire pour trouver l’amour.

Et je ressors de cette lecture assez mitigée je dois bien l’avouer. D’un côté, j’ai beaucoup aimé l’atmosphère de ce roman, cette ambiance de petit village est charmante et la galerie de personnages qui gravitent autour de Grace.

Tout ce petit monde, à défaut d’être attachant, est très sympathique, la plume de Mary Simses est fluide, en bref ça se lit très bien. L’autrice aborde aussi le thème du deuil sans tomber dans le pathos et avec beaucoup de pudeur et de justesse.

Mais ce roman charrie aussi un certain nombre de clichés qui m’ont plus d’une fois fait lever les yeux au ciel : l’héroïne vient de se faire virer de son job, plaquer par son petit-ami et le plafond de son appartement s’est effondré.

Comme de bien entendu, elle se trouve moche et sans talent alors qu’elle arrive à séduire rien que par sa présence le réalisateur du film et sa star masculine.

Grace se ridiculise aussi à un certain nombre de reprises, ce qui m’a un peu agacée et surtout, elle s’embarque dans un triangle amoureux qu’on voit venir de loin, comme le dénouement de cette histoire qui ne m’a à aucun moment surprise.

Il y a aussi des longueurs et des chapitres entiers où il ne se passe pas grand chose. Je ressors donc un peu déçue de cette lecture, je m’attendais à mieux.

Une lecture sympathique et légère, comme un téléfilm de l’après-midi, idéale pour la plage ou les vacances !

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Robert Goolrick vit dans une petite ville Virginie avec ses deux chiens Preacher et Judge. Il est l’auteur d’ Une femme simple et honnête, Féroces, Arrive un vagabond (Grand Prix des lectrices de Elle 2013) et La Chute des princes (Prix Fitzgerald 2015). Après l’incendie est son dernier roman.

Diana Cooke est née avec le siècle, mais son nom remonte bien plus loin, jusqu’aux pères fondateurs de l’Amérique. Descendante d’une grande lignée, elle habite Saratoga, une magnifique propriété de Virginie qui fait la fierté de la famille.

Mais cette maison, comme son nom, est lestée par deux dettes abyssales. La première est financière, et le seul moyen de s’en acquitter est au prix d’un mariage. La seconde est plus profonde : la maison des Cooke et le prestige de leur nom sont bâtis sur le plus sombre péché du Sud, l’esclavage.

Et cette dette-là ne se rembourse que par une malédiction. La voici peut-être qui s’avance sous la forme du capitaine Copperton.

Il y a quelques années de cela, j’avais bien apprécié Une femme simple et honnête de Robert Goolrick et lorsque je suis tombée sur Après l’incendie lors d’une virée à Easy Cash, je n’ai pas hésité une seconde, séduite par la quatrième de couverture.

Un roman qui a pour cadre l’après première guerre mondiale dans le sud des Etats-Unis avec pour toile de fond le passé honteux d’esclavagiste, voilà qui me promettait de belles heures de lecture.

Certes, Robert Goolrick nous offre une fable sur l’amour, la dette et le poids du péché des pères mais, hélas, si les cent premières pages m’ont plutôt séduite, les deux cents autres ont été celles de l’ennui profond.

Dans ce roman où le drame couve, le personnage central est le domaine familial des Cooke dont les ancêtres se sont enrichis grâce à l’esclavage avant de connaître la chute et la ruine. Diana fait tout pour que sa famille et la propriété retrouvent leur lustre d’antan et elle va en payer le prix. Que ce soit avec son mari ou avec son fils.

Ce roman raconte aussi les amours de Diana pour son mari qui se révèle aussi vulgaire que violent à son égard, puis pour un homme de 20 ans son cadet, meilleur ami de son fils unique. Un amour impossible et d’autant plus exacerbé, jusqu’au drame final.

Tout ceci aurait pu être passionnant, c’est juste fade. Les personnages ne sont pas intéressants et encore moins attachants, il ne se passe quasiment rien et j’ai fini ce roman en diagonale, pressée d’en finir. Et cerise sur le gâteau : le prologue gâche la lecture en en disant trop sur l’intrigue.

Un roman, vous l’aurez compris, que je ne vous conseille pas et Belette qui m’accompagnait dans cette lecture est sur la même longueur d’ondes, son avis ici.

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Auteur de romances historiques écrites sous pseudo, Beatriz Williams a véritablement rencontré le succès avec L’Été du cyclone (Belfond, 2015), son deuxième roman signé sous son nom, le premier publié en France, qui s’est hissé rapidement en tête des best-sellers sur les listes du New York Times. Il est suivi de La vie secrète de Violet Grant, paru en 2016 chez le même éditeur. Elle vit dans le Connecticut aux États-Unis.

À l’automne 1966, l’intrépide Pepper Schuyler est dans les ennuis jusqu’au cou : non seulement la belle est enceinte de son ex-patron, politicien influent qui la pourchasse à travers le pays, mais elle se retrouve seule et sans ressources. Son unique bien : une Mercedes de collection, qu’elle vient de vendre pour une coquette somme à une mystérieuse acquéreuse, Annabelle Dommerich.

Il faut dire que cette célèbre violoncelliste française attache une valeur sentimentale particulière à ce véhicule. Elle seule connaît l’histoire de cette voiture, de sa course éperdue à travers l’Allemagne nazie jusqu’à son arrivée en Amérique. Et le destin des deux amants en fuite qu’elle abritait…

Alors qu’Annabelle décide de prendre Pepper sous son aile et lui offre un refuge sur une plage déserte de Floride, les deux femmes se livrent peu à peu leurs secrets.

Ensemble, parviendront-elles à affronter les zones d’ombre de leur passé ?

Une maison sur l’océan met un point final à la trilogie consacrée aux soeurs Schuyler après La vie secrète de Violet Grant (mon préféré) et Les lumières de Cape Code. Ce dernier opus met en scène Pepper, la plus excentrique des trois soeurs.

Beatriz Williams, d’un plume vive et enlevée, nous propose une histoire formidable portée par des héroïnes fortes et loin d’être potiches. La première est assistante d’un parlementaire qui l’a mise enceinte et qui veut la forcer à avorter, la seconde est violoncelliste, prise dans les tourments de l’histoire.

Pepper, contrairement à ses deux soeurs, n’est pas au coeur de l’histoire mais à la marge. Beatriz Williams a privilégié Annabelle, son histoire d’amour passionnée et sa fuite de l’Allemagne nazie et elle a eu raison car ce récit est absolument passionnant.

Les chapitres alternent entre les deux femmes, les deux époques, et se lisent tout seuls, si bien que je suis venue à bout de ce pavé en trois petits jours seulement.

Ce roman est un véritable page-turner, l’autrice y distille rebondissements et révélations inattendues tout au long du récit et on ne s’ennuie pas une seconde, au contraire, il aurait été plus long, cela aurait été encore mieux !

J’ai vraiment aimé suivre Annabelle et Pepper. Elles sont toutes les deux très attachantes, plutôt complexes et surtout très libres, affranchies des codes de leur époque respective.

L’histoire est vraiment prenante et loin d’être classique, le dénouement est surprenant jusqu’au point final, je n’avais rien vu venir, c’est dire !

Je ne peux que vous conseiller cette trilogie dont les tomes peuvent se lire séparément car les histoires ne se suivent pas et mettent en scène chacune des soeurs.

Alors, tenté.e.s ?

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Trevanian est l’un des pseudonymes de l’écrivain américain Rodney William Whitaker. Dans les années 1970, il amorce une carrière d’écrivain et choisit le pseudonyme de Trevanian en l’honneur de l’historien britannique George Macaulay Trevelyan. En 1983, Trevanian signe L’Été de Katya.

À l’été de 1914, Jean-Marc Montjean, jeune médecin tout juste diplômé, revient s’installer à Sallies, petit village du Pays basque dont il est originaire.

Rapidement, il est appelé à soigner Paul Treville dont la jolie sœur jumelle, Katya, l’intrigue de plus en plus. Bien accueilli chez les Treville, le jeune homme devient un ami de la famille, qu’il fréquente assidûment en dépit d’une certaine ambiguïté dans leurs relations.

Et même s’il devine derrière leurs hospitalité et bonnes manières un lourd et douloureux secret, il ne peut s’empêcher de tomber éperdument amoureux de Katya, quelles qu’en soient les conséquences.

L’été de Katya est un roman d’amour envoûtant, à la lisière du thriller psychologique que j’ai lu quasiment d’une traite et qui m’a passionnée.

Dès les premières pages, j’ai été sous le charme du style suranné de l’américain Trevanian au point que je n’avais pas l’impression de lire un auteur contemporain mais plutôt une plume du début du XXè siècle, un bon point pour moi !

L’histoire baigne dans une ambiance étrange et mystérieuse qui monte crescendo : le lisse et sage Jean-Marc devient l’intime d’une famille qui recèle bien des secrets, le tout au début de cet été 1914 particulièrement chaud, qui va bientôt basculer dans le premier conflit mondial.

Au fil des jours, l’intimité grandit entre les Treville et notre héros qui progressivement tombe fou amoureux de Katya malgré les non-dits et les secrets qui couvent. Tout comme lui, nous suivons la progression de leur histoire souvent entravée par le jumeau de Katya, Paul, possessif envers sa soeur, qui se montre tantôt hostile tantôt amical sans que l’on comprenne les tenants et les aboutissants de cette attitude.

Au bout d’une cinquantaine de pages, on perçoit le mystère qui plane autour de cette famille. Pourquoi les Treville ont-ils quitté Paris ? Pourquoi les hommes de la famille ne souhaitent-ils pas qu’il passe du temps auprès de Katya ? Mais rien ne saurait décourager le romantique Jean-Marc qui entend bien soustraire Katya à sa famille.

Le récit est prenant, la tension monte au fur et à mesure de façon très subtile. L’auteur nous réserve son lot de rebondissements et de révélations que je n’ai jamais vu venir et ce, jusqu’au point final.

J’ai beaucoup aimé aussi sillonner cette petite station pyrénéenne, les références à la culture basque, notamment la fête de la vierge noyée du village d’Alos, les danses, les chants, la nourriture…

Le personnage du Docteur Gros, chef de la clinique du village de Salies-les-bains, et patron de notre héros, est truculent et instille une petite touche d’humour et de décontraction bienvenue.

Je me suis laissée prendre à cette histoire d’amour contrarié mais à aucun moment je n’ai vu venir l’excellent retournement de la fin. Même si l’on sait que les Treville ont des secrets, impossible pour le lecteur de savoir de quoi il retourne avant que les choses ne se mettent en place et prennent un côté sombre et inquiétant. 

Un très bon roman que je vous recommande vivement !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Ellen Marie Wiseman est une romancière d’origine allemande, née aux Etats-Unis. Elle est l’auteure de plusieurs romans, vendus en près de vingt langues, et best-sellers du New York Times. « La vie qu’on m’a choisie » (« The Life She Was Given », 2017) est son quatrième roman et le premier traduit en français.

Juillet 1931, Dobbins Corner, état de New York. Lilly Blackwood, 9 ans, remarque les lumières d’un cirque depuis la fenêtre de sa mansarde sise au grenier.

Depuis sa naissance, la petite fille a interdiction d’explorer les alentours de Blackwood Manor, elle n’est même jamais sortie de sa petite chambre. C’est pour sa sécurité, lui répète sa mère, car Lilly fait peur, Lilly est un monstre. De ses parents, elle n’a jamais eu le moindre signe d’affection.

Mais cette nuit-là, en l’absence de son père parti vendre des chevaux, sa mère l’emmène en dehors de la propriété, pour la première fois. Et l’a vend à Merrick, responsable du musée des horreurs du cirque Barlow. Elle change de prison pour en gagner une autre où elle n’aura pas plus de liberté ni un meilleur traitement.

Deux décennies plus tard, Julia Blackwood est l’héritière de cette famille maudite, du manoir de ses parents et de leur élevage de chevaux dont elle s’est échappée peu après le décès accidentel de son père.

Elle espère que revenir sur le lieu de son enfance pourra effacer de douloureux souvenirs. Mais elle va découvrir une mansarde jamais ouverte, et les photos d’un cirque mettant en avant une étonnante jeune femme…

La vie qu’on m’a choisie est un roman fleuve terriblement addictif que j’ai eu bien des peines à lâcher, au point d’avoir englouti ses 500 pages en une soirée et une journée, ce qui m’arrive rarement !

Dès les premières pages, la destinée de la petite Lilly m’a serrée le coeur : enfermée dans un grenier, livrée à un cirque qui la maltraitera, en raison de sa différence : on l’a acheté, maintenant il faut qu’elle rapporte et ce, à tout prix ! Peu importe ce qu’elle ressent, ce qu’elle souhaite.

Les gens la voient comme une freak à l’instar de ses camarades du musée des horreurs : géants, nains, femmes à barbe ou sans jambes, tatoués de la tête au pied, siamois. Des personnes que l’on peut maltraiter et asservir à loisir.

L’histoire cette petite fille au sein du cirque est très émouvante, Lilly va être l’objet de mauvais traitements réguliers, d’humiliation, tel un animal mais elle va aussi se faire des amis, rencontrer l’amour et se prendre de passion pour les éléphants. 

Parallèlement à cette histoire particulièrement poignante, on suit Julia, en rupture avec sa famille, qui va prendre possession de son héritage et découvrir au fil des pérégrinations dans la maison, des secrets de famille bien cachés et surtout son origine.

Tout au long du récit, l’autrice nous propose un récit de qualité, bien documenté et construit, riche en descriptions, qui nous immerge dans cet univers du cirque avec ses attractions, les « pequenauds » qui viennent les voir, les relations entre les différents artistes…

Elle nous abreuve aussi de coups de théâtre et de révélations qui relancent sans cesse notre intérêt pour les deux histoires qu’elle nous propose, aussi intéressantes l’une que l’autre, même si j’ai une préférence pour le récit de Lilly.

Ellen Marie Wiseman propose aussi de très belles pages sur les éléphants et les chevaux, alerte sur les conditions d’élevage des chevaux et sur le quotidien des animaux de cirque, j’ai appris une foule de choses et là aussi mon coeur s’est serré devant le sort des pachydermes que Lilly défend ardemment.

Le dénouement est assez inattendu et bien qu’il y ait quelques longueurs, je me suis passionnée pour cette histoire prenante de bout en bout.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Faubourg Marigny pour cette lecture addictive !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Lisa Wingate est journaliste et romancière. Après le best-seller Les Enfants du fleuve, Les Chemins de la liberté est son second roman traduit en français.

Louisiane, 1875. Hannie, ancienne esclave, se retrouve malgré elle à faire la route avec Lavinia, son ancienne maîtresse, héritière ruinée d’une plantation, et Juneau Jane, la demi-sœur de Lavinia, fille d’une célèbre courtisane de La Nouvelle-Orléans.

Chacune cherche le même homme, mais pour des raisons différentes. C’est au péril de leur vie qu’elles se lancent dans une épopée dangereuse à travers les États du Sud. Au bout du chemin, Hannie nourrit le secret espoir de retrouver les membres de sa famille dont elle a été séparée avant la fin de l’esclavage.

Louisiane, 1987. Pour Benedetta Silva, devenir professeure dans un collège rural semble la meilleure idée pour rembourser ses prêts étudiants. Mais les habitants de la ville d’Augustine se méfient des intrus et Benny peine à trouver sa place.

Dans Les Chemins de la liberté, Lisa Wingate qui signe ici son second roman, dévoile des événements historiques méconnus. Après la guerre de Sécession, beaucoup d’esclaves qui avaient été séparés de leurs familles, vendus, aux quatre coins des états sudistes, se sont mis à chercher les leurs.

Les anciens esclaves ont donc fait paraître des avis de recherche dans les journaux des États du Sud pour retrouver les membres de leur famille. Ces avis étaient lus par les pasteurs pendant les messes car bon nombre d’afro-américains ne savaient ni lire ni écrire. L’autrice va emprunter ces petites annonces pour ponctuer son récit.

Roman à deux voix et à double temporalité, nous suivons au 19è siècle Hannie à la recherche de son ancien maître et des papiers prouvant qu’elle a acheté une parcelle de terre.

Et au 20è, Benedetta qui nouvellement nommée à Augustine, va s’emparer de ces petites annonces pour monter un spectacle avec ses élèves.

C’est aussi la quête de trois jeunes femmes que tout sépare, Hannie et les filles de son ancien maître, la légitime et la mulâtre, née de ses amours avec une esclave, dans le sud des Etats-Unis ravagé par la guerre de Sécession.

Sur le papier, ce roman avait tout pour me plaire même si la thématique de la ségrégation raciale n’est pas ma préférée, elle m’intéresse beaucoup.

L’autrice a indéniablement fait des recherches pour nous proposer une toile de fond historique de grande qualité. J’ignorais tout de la vie des anciens esclaves, une fois libres, et de ce point de vue, j’ai appris une foule de choses, ce qui est un très bon point pour moi.

Le récit au présent est également intéressant, on voit qu’il n’est pas bien vu de ressasser ce passé ségrégationniste dans le sud des Etats-Unis à la fin du 20è siècle, Benedetta va vite se heurter à la bourgeoisie locale qui va vouloir la faire rentrer dans le rang.

Malgré ces atouts indéniables, je trouve à ce roman deux gros défauts : je ne me suis à aucun moment attachée aux héroïnes de ce roman, même si le début m’a serrée le coeur, j’avoue qu’ensuite j’ai eu du mal à me passionner pour le sort d’Hannie.

Et j’ai eu un vrai problème de rythme : trop de longueurs, de lenteurs, de longs passages qui, pour moi, n’apportaient rien. Vous le savez, j’abhorre les longueurs et lorsque j’ai dépassé la moitié, j’ai préféré le lire à petites doses, de peur de me lasser tout à fait.

Toutefois, si cette thématique vous intéresse, je vous encourage à découvrir ce titre et à vous faire votre propre opinion car les avis sont dithyrambiques, ce qui me chagrine car j’ai bien peur d’être passée à côté de ce roman. Et j’en profite pour remercier Les escales pour leur confiance.

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