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Archive for the ‘Littérature anglaise’ Category

Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Peter Mayle, né en Angleterre, a fait carrière dans la publicité à New York et Londres. Amoureux de la Provence, il décide en 1988 de s’y installer. Il décède en 2018 à Aix-en-Provence, après avoir écrit une dizaine de livres dont la plupart se passent dans sa région d’adoption.

Récemment installé avec sa femme dans un mas provençal à Ménerbes, l’écrivain anglais Peter Mayle nous fait visiter avec un oeil neuf cette région pittoresque.

Bouillabaisse, accent chantant, aïoli, chasse, soleil… En douze chapitres qui égrènent les douze mois de l’année, tous les clichés associés à cette terre traversée par le mistral sont étudiés et commentés par l’auteur avec un humour décapant.

Publiée en 1989 et bientôt suivie de deux autres volumes, Une année en Provence est une chronique malicieuse, devenue un best-seller international.

Au fil des pages, on plonge dans les années 80, à une époque où l’on payait encore en francs. Cette petite bouffée de nostalgie fut bien sympathique et je l’ai lu avec beaucoup de plaisir.

Dans un style inimitable mêlant humour et tendresse, Peter Mayle, journaliste anglais de profession, nous peint les saveurs d’un village du Luberon : Amédée et ses formules chantantes, la truffe et les délices de la table, l’énergie chaleureuse des terrasses de café, la sieste et le bon vin…

Véritable paradoxe entre le mode de vie anglais et la fantaisie provençale, l’auteur nous compte deux mondes apparemment opposés, mais qui finissent par composer un duo harmonieux.

Très bien écrit, jubilatoire, Peter Mayle nous montre à travers ce livre combien il a tout compris de l’âme méridionale, son accent, ses spécialités, ses lenteurs, sa richesse et sa légendaire belle humeur.

Il y a certes des clichés concernant la France (la fameuse baguette de pain, le vin, le pastis, la nourriture..) mais l’auteur nous décrit, à travers de nombreuses anecdotes, son attachement sincère à ce lieu et à ses habitants.

Toutes les personnes qui traversent ces chroniques de janvier à décembre sont hautes en couleurs et l’auteur nous les rend sympathiques sous sa plume.

Cette chronique de la première année en Provence de Peter Mayle et son épouse est une véritable invitation au voyage qui sent bon le Sud et qui donne sacrément envie de faire ses valises pour découvrir le Luberon.

Un grand merci aux éditions Nil pour cette lecture méridionale !

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Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Née à Édimbourg, diplômée d’Oxford, Elizabeth Macneal a travaillé quelques années à la City avant de se consacrer à l’écriture. Après le succès de La Fabrique de poupées, Le Cirque des Merveilles est son deuxième roman.

Angleterre, 1866. Nell vit rejetée de tous à cause des taches de naissance qui constellent son corps. Lorsque le Cirque des Merveilles de Jasper Jupiter plante son chapiteau non loin de chez elle, son existence bascule : son père la vend au propriétaire comme nouveau phénomène de foire.

Contre toute attente, la jeune fille voit son horizon s’élargir. Elle se lie d’amitié avec les autres artistes et se prend d’affection pour Toby, le  » photographiste « . Elle qui n’a connu que l’obscurité entre enfin dans la lumière et c’est un véritable triomphe.

Mais que lui arrivera-t-il le jour où son succès menacera d’éclipser celui de l’homme qui l’a achetée ?

Le cirque des merveilles signe mes retrouvailles avec Elizabeth MacNeal. J’avais eu un gros coup de coeur pour La fabrique des poupées, il n’en est malheureusement pas de même pour son second roman qui, pour moi, souffre d’un gros manque de rythme.

Vous le savez j’aime beaucoup les romans historiques et spécialement ceux qui ont pour cadre l’Angleterre victorienne et d’un point de vue historique je me suis régalée d’autant que le récit a lieu dans un cirque de freaks, des attractions qui plaisaient beaucoup à cette époque : femme à barbe, géante, etc, un thème plutôt original et qui amène à réfléchir.

Notre héroïne Nellie Moon est une jeune fille dont la peau est couverte de taches, de la tête aux pieds, comme celle d’un léopard. Seul son frère Charlie l’accepte telle qu’elle est mais son père et les villageois lui font bien comprendre à quel point elle est monstrueuse.

Le jour où son père la vend à Jasper Jupiter, patron du cirque des merveilles, sa vie change de tout au tout. De monstre, elle devient une véritable vedette et elle va découvrir qu’elle aime susciter tous ces regards.

Au milieu de ces freaks, elle va trouver une place privilégiée, remplissant les caisses du cirque, suscitant même l’intérêt de la reine Victoria en personne. Même si j’ai trouvé sa trajectoire intéressante, notamment parce que Nellie va trouver le moyen de s’émanciper et de devenir quelqu’un grâce à ses tâches, je ne me suis à aucun moment attachée à elle.

Pour autant, si l’histoire s’en était cantonnée à ça, cela m’aurait amplement suffi. Mais l’autrice donne tour à tour la parole à Nellie, à Jasper Jupiter et à Toby son frère, qui ont fait la guerre de Crimée, nous abreuvant de souvenirs passablement ennuyeux et qui, pour moi, n’apportent rien au récit.

Sur le papier, ce roman avait véritablement tout pour me plaire mais l’autrice prend trop de temps pour tisser son récit, tout au long du roman il ne se passe pas grand chose et même si j’ai apprécié m’immerger dans le quotidien de ce cirque, mon manque d’attachement pour les personnages et pour les évènements bien trop longs à arriver, m’ont déçue.

C’est loin d’être un mauvais roman car il est très bien écrit et documenté mais je me suis peu à peu désintéressée de cette histoire trop lente, trop longue pour moi hélas.

Un grand merci à Babelio et aux Presses de la cité pour cette lecture.

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Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Diplômée de Cambridge, Tracy Rees a travaillé dans l’édition pendant huit ans avant de se tourner vers la psychologie. Après L’Oiseau des neiges, qui a connu un vif succès dans le monde entier, Le Manoir aux roses est son second roman traduit en français. Elle partage aujourd’hui sa vie entre Londres et le sud du pays de Galles où elle est née.

1895, Londres. Dame de compagnie d’Abigail Finch ! Pour Mabs Daley, habituée à trimer chaque jour aux canaux où elle décharge sans relâche les barges pour nourrir ses frères et soeurs, un emploi de domestique dans le quartier huppé de Hampstead est une opportunité de rêve. Elle aura sa propre chambre, des repas réguliers et un salaire qui dépasse l’entendement.

Mais derrière les lourdes portes de la somptueuse demeure, la jeune femme découvre un univers inquiétant, dominé par les accès de colère de sa nouvelle patronne, atteinte d’une obscure maladie, et les rumeurs du scandale qui aurait forcé les Finch à quitter Durham précipitamment.

Peu à peu, elle se prend pourtant d’affection pour la cadette de la maisonnée et se lie d’amitié avec Olive Westallen, une jeune bourgeoise du voisinage éprise de liberté. Jusqu’au jour où elle devra choisir entre conserver la sécurité offerte par sa nouvelle condition et tenter de sauver la famille Finch des secrets qui la rongent de l’intérieur…

Le manoir aux roses signe mes retrouvailles avec la talentueuse Tracy Rees dont j’avais adoré L’oiseau des neiges, il y a près de six ans déjà ! Avec ce nouveau roman, l’autrice nous propose une histoire où la sororité et l’espoir dominent, portée par une magnifique galerie de personnages.

Roman choral, Tracy Rees donne tour à tour la parole à Mabs, Olive, Ottilie et Abigail dont on suit la trajectoire tout au long du roman. Des destins de femmes dans l’Angleterre victorienne avec des secrets de famille, c’est pile tout ce que j’aime et je ressors de cette lecture, totalement conquise !

Conquise par l’histoire et les thèmes qu’elle charrie : la place des femmes dans la société victorienne, l’aliénation des femmes, l’emprise des hommes sur les femmes qui tiennent leurs destins dans leurs mains, l’éducation des filles, le célibat, le divorce…

Tracy Rees parvient à restituer avec aisance cette réalité de l’époque, notamment cette condition féminine, elle montre qu’à cette époque, hors de vie sans mariage et sans enfants. Et nos héroïnes vont se battre pour prendre leur avenir et leur bonheur en main.

Conquise aussi par les personnages féminins représentant plusieurs strates de la société : Mabs, pauvre et illettrée, dame de compagnie d’Abigail Finch. Cette dernière, présentée comme malade des nerfs selon son époux, ne quitte jamais sa chambre et malmène Mabs qu’elle voit comme sa gardienne aux ordres de son mari.

Olive, issue d’une très riche famille, versée dans les sciences, a choisi le célibat mais ne veut pas passer à côté de la maternité, alors elle adopte une fillette. C’est une jeune femme étonnante, altruiste qui défend des idées progressistes. Et Ottilie, douze ans, fille d’Abigail, qui va se lier d’amitié avec Olive et Mabs et qui veut aller à l’université, shocking !

Mabs, Abigail, Otty et Olive vont nous révéler leur caractère déterminé et généreux dans cette histoire surprenante les mettant toutes à l’épreuve. Elles prennent chacune la parole dans des chapitres courts qui rythment impeccablement l’histoire, nous plongeant alternativement dans leurs pensées et univers respectifs.

On se rend compte que dans société victorienne, régie par l’importance de la naissance, les classes et les codes sociaux d’une rigidité extrême, mieux vaut être bien née pour avoir une chance d’exister et d’être respectée même si les mieux nées n’échappent pas forcément à leur condition ni à leurs devoirs.

Ce roman met particulièrement à l’honneur l’importance de l’éducation pour les femmes, un thème qui s’immisce tout au long du récit. Il met brillamment en scène la sororité et l’amitié inconditionnelle de femmes soumises à la volonté de la société ou à l’emprise des hommes, qui, en s’entraidant, vont parvenir à faire bouger les lignes.

Des héroïnes tout à fait lucides sur leurs ambitions qui leur donnent le courage d’avancer que j’ai adoré suivre de la première à la dernière page de ce roman fleuve sans longueurs ! Je vous le conseille vivement !

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Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Clare Pooley a travaillé vingt ans dans la publicité avant de se lancer dans l’écriture. Le Fabuleux Voyage du Carnet des Silences, son premier roman, a créé un enthousiasme international avant même sa publication.

Monica a abandonné sa carrière d’avocate pour réaliser son rêve : ouvrir un café sur Fulham Road. Le jour où un de ses clients oublie son carnet sur une table, elle ne peut s’empêcher de le lire.

Les premières pages lui révèlent la confession de Julian Jessop, un artiste excentrique, âgé de soixante-dix-neuf ans qui exprime toute sa tristesse et sa solitude depuis la mort de sa femme.

Touchée par cette idée de révéler des sentiments intimes à des inconnus, Monica décide de continuer le carnet avant de le déposer dans un bar à vin.

Au risque de voir son destin bouleversé de manière inattendue…

Le fabuleux voyage du carnet des silences est ma huitième lecture pour le Grand prix des lecteurs Pocket. Le premier roman de Clare Pooley me tentait depuis sa parution en grand format l’an dernier, je suis donc ravie de l’avoir enfin lu d’autant qu’il m’a beaucoup plu.

C’est un feel-good book comme je les aime avec un point de départ original : un carnet intime qui passe de mains en mains et bouleverse chacun de ses propriétaires et qui va les lier entre eux. Et dans ce carnet, tous vont se livrer sans fard et en totale sincérité, bien loin parfois de l’image qu’ils renvoient.

Si ce roman peut sembler léger de prime abord, il est bien plus profond car il s’ancre bien dans les maux de notre société actuelle : célibat, maternité, deuil, crise conjugale, réseaux sociaux, addiction… des thèmes intéressants et bien traités.

Roman choral, Clare Pooley donne tour à tour la parole à celles et ceux qui écrivent dans le carnet : Julian le peintre fantasque, Monica qui voit son horloge biologique tourner, Hazard un trader addict à la drogue et à l’alcool, Alice qui semble mener une vie de rêve entre son mari CSP+ et son bébé si on en croit ses publications Instagram mais dont la réalité est toute autre et Riley le surfer australien sur qui tout semble glisser.

Les personnages peuvent sembler stéréotypés au départ voire un peu clichés mais heureusement, ils se révèlent bien plus complexes au fil du récit et à mesure que l’intrigue se développe. De l’amitié et de la solidarité vont se nouer entre tous ces personnages qui deviennent une grande famille.

J’ai beaucoup aimé cette histoire, l’ambiance so british qui s’en dégage. Clare Pooley met en avant des thèmes qui peuvent parler à la grande majorité d’entre nous. Il y a de l’émotion, de l’humour, de la générosité et de l’entraide, de quoi passer un bon moment de lecture !

Pour ma part, je n’ai pas vu passer les quelques 500 pages de ce roman que j’ai très vite avalées, je guetterai donc la prochaine parution de l’autrice !

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Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Autrice britannique à succès, Holly Hepburn a publié chez le célèbre éditeur Simon & Schuster plusieurs séries qui ont rencontré un large public. 

Le plus beau des cinémas est toujours celui de son enfance. Il faut dire que le Palace, avec sa belle façade Art déco décatie et sa vue imprenable, est une merveille en soi.

Si Gina, trentenaire londonienne, l’aime tant, c’est aussi que le hall abrite la gelateria de ses grands-parents. Or, tout comme le cinéma, la boutique menace de fermer ses portes.

De retour en Cornouailles, la jeune femme compte bien mettre à profit cette parenthèse pour les rénover. Et, pourquoi pas, relooker sa vie ! Glaces à l’italienne et fauteuil pour deux… Demandez l’programme !

Le cinéma de rêve face à la mer est ma cinquième lecture pour le grand prix des lecteurs Pocket et signe mes retrouvailles avec Holly Hepburn que j’avais découverte avec son premier roman, Les nuits enneigées de Castle Court.

Si l’histoire n’est pas inoubliable et a franchement un air de déjà vu, ce feel-good book se lit avec plaisir même si je reste sur ma faim car c’est un tome un, ce que je ne savais pas du tout, la suite sera publiée chez Pocket en octobre.

Gina est une jeune cheffe d’entreprise londonienne qui revient dans la ville où elle a passé tous ses étés en compagnie de ses grands-parents glaciers d’origine italienne.

Elle va retrouver Ben avec qui elle passait toutes ses vacances et on se doute qu’ils vont très vite tomber dans les bras l’une de l’autre car leurs conjoints respectifs, un promoteur immobilier qui pense qu’aux profits et une blonde glaciale, qui joue les V.I.P.

Une petite ville du bord de mer des Cornouailles, Polwhipple, des personnages attachants, des habitants solidaires, un cinéma et une gare à rénover, une entreprise de glace à faire tourner, des recettes de cuisine à vous en faire saliver, quelques références aux grands classiques du cinéma, et of course de l’amour et de l’amitié, voilà les atouts de ce court roman que j’ai lu en une journée, preuve que le récit proposé par Holly Hepburn m’a tout de même bien ferrée.

Notre duo de héros est attachant et je les retrouverai avec plaisir dans le tome 2 car même si ce roman ne sort guère des sentiers battus, j’ai bien aimé l’atmosphère très coocooning et gourmande et l’entraide qui anime cette petite ville.

Une lecture détente sympathique à découvrir au bord de la piscine ou de la plage !

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Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Née en Angleterre, Julia Chapman a exercé comme professeur d’anglais au Japon, en Australie, aux États-Unis et en France. Elle a même dirigé une auberge dans les Pyrénées avec son mari pendant six ans. Aujourd’hui, elle habite dans les vallons du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre, dont les paysages si typiques lui ont inspiré sa série de romans, Les Détectives du Yorkshire.

Depuis le départ de son mari Jacques, Josette s’occupe seule de l’épicerie de Fogas. Et si les habitants de cette petite commune pyrénéenne ont des réclamations à faire sur la fraîcheur de ses baguettes, eh bien qu’ils osent ! Josette tient à son commerce comme à la prunelle de ses yeux.

Mais l’arrivée de Fabian, son neveu parisien, va la bouleverser. Propriétaire de la moitié de l’épicerie, le jeune homme a fui la capitale et son travail dans la finance.

Plein d’idées et de bonne volonté, il veut tout moderniser. Mal lui en prend ! Un Parisien qui vient tout chambouler à Fogas ? Impensable…

Le retour du parisien est le second tome des Chroniques de Fogas. Cette série signée Julia Chapman n’est pas un cosy mystery, ici il s’agit de romans contemporains tout aussi sympathiques à lire que Les détectives du Yorkshire.

Humour, intrigues, querelles de clocher et personnages hauts en couleurs sont les principaux atouts de ce roman qui ne paie pas de mine mais que j’ai dévoré en 24 heures tant il m’a divertie.

J’ai souri à de nombreuses reprises face à ces querelles et j’ai eu plaisir à retrouver les personnages découverts dans le premier opus. Des personnages au caractère bien trempé qui peuplent ces petits villages de l’Ariège qui savent faire preuve de solidarité et passer outre leurs préjugés pour s’entraider.

Et l’on fait la connaissance ici de Fabian, un parisien qui va faire souffler un petit vent de nouveauté sur l’épicerie et sur le village, un personnage qui se révèle bien attachant.

Si le point de départ c’est l’arrivée de Fabian qui aspire à changer de vie et à retrouver ses racines, et les bouleversements qu’il va apporter dans la vie de Josette et des habitués de l’épicerie, l’autrice va en profiter pour introduire une autre thématique à son récit : les violences conjugales qui va apporter une tonalité un peu plus sombre.

Julia Chapman en profite aussi pour aborder la désertification des campagnes, les résidences secondaires vides 11 mois sur 12, le manque de commerces de proximité, la difficulté pour les habitants de se ravitailler, de conduire dans des vallées accidentogènes…

Et c’est plutôt bien fait car l’autrice a pu observer le quotidien de ces habitants puisqu’elle a vécu sur place quelques années et elle nous le restitue avec une certaine tendresse.

Un second tome réussi que je vous conseille si vous aimez Julia Chapman et ce que je vous en ai dit.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette chouette lecture.

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Susan Fletcher est née à Birmingham. Un jardin de mensonges est son cinquième roman, après Les Reflets d’argent, Un bûcher sous la neige, Avis de tempête et La Fille de l’Irlandais, succès critique et commercial qui a reçu le très prestigieux prix Whitbread dans son pays d’origine. L’auteure a également reçu le prix Coup de coeur 2013 du festival Saint-Maur en Poche pour l’ensemble de son oeuvre.

Londres, 1914. Atteinte de la maladie des os de verre, Clara vit recluse depuis toujours, choyée par une mère qui lui raconte le monde. À sa mort, la jeune femme prend son destin en main et s’initie clandestinement à la botanique aux Kew garden.

Elle est bientôt engagée par Mr Fox pour créer sur son domaine une serre de plantes exotiques. Mais, à peine arrivée à Shadowbrook, elle ressent un étrange malaise. Le mystérieux maître des lieux brille par son absence, la gouvernante est terrifiée, et une présence semble hanter les couloirs de la demeure, où les fleurs fanent en quelques heures, les parquets craquent et les tableaux volent des murs…

Il y a quelques années de cela, j’avais découvert Susan Fletcher lors de ma lecture d’Un bûcher sous la neige, un roman singulier qui m’a beaucoup marquée, et comme j’affectionne les romans gothiques, je ne me suis pas fait prier longtemps avant de découvrir son dernier titre : Un jardin de mensonges.

Avec ce roman, brillant hommage aux romans gothiques, Susan Fletcher nous montre que si certains fantômes hantent les demeures, d’autres préfèrent les cœurs. C’est aussi le récit de l’émancipation de son étrange héroïne à la peau diaphane, une femme qui tente de reprendre possession de sa vie et de son corps.

Une grande demeure, une héroïne atypique, de l’émancipation, des fantômes et des secrets de famille : voilà le combo gagnant que nous propose Susan Fletcher.

J’ai beaucoup aimé cette histoire qui m’a occasionné pas mal de surprises car je ne m’attendais pas au tournant qu’a pris l’histoire. Clara, atteinte de la maladie des os de verre, est très intéressante : elle est vive et intelligente, très instruite, possède un franc parler et détonne en cette année 1914, dans cette société anglaise encore corsetée car elle est athée, travaille, voyage seule…

Les personnages qui la côtoient sont intéressants même si je les trouve pas assez approfondis, ils sont bien dessinés et ont tous leur importance dans cette histoire pleine de rebondissements.

Nous suivons donc Clara dans son enquête sur les manifestations nocturnes qui terrifient les bonnes et la gouvernante. Je me suis rapidement doutée de l’origine des incidents et des troubles qui les entourent mais je ne me suis jamais doutée du mobile, bien joué Mrs Fletcher !

Mon bémol, cependant, et qui justifie que bien que j’ai beaucoup aimé, ce ne soit pas un coup de cœur, tient à la narration, trop longue et descriptive à mon goût, et bourrée de répétition.

J’ai malgré tout aimé cette immersion dans ce domaine anglais et découvrir ses extérieurs. Les parties botaniques de ce roman sont très intéressantes et très bien écrites mais un peu trop longues à mon goût. Le dénouement, si il m’a surpris, m’a aussi laissé perplexe.

Je ressors néanmoins plutôt séduite par l’ambiance, l’histoire générale et les personnages et je vous conseille cette lecture si vous aimez les romans gothiques !

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Kate Mosse est née en 1961. Elle partage son temps entre le Sussex et Carcassonne.

Paris, août 1572. En unissant Henri, roi huguenot de Navarre, à sa jeune fille Margot, la redoutable Catherine de Médicis compte bien apaiser un pays meurtri par les guerres de Religion. Déjà, les cloches de Notre-Dame célèbrent à grandes volées ce mariage de raison.

Venus du Languedoc pour l’occasion, Minou Joubert et son mari Piet Reydon se réjouissent de cette union, qui leur rappelle tant la leur. Las, dans l’ombre, Paris fourbit ses torches, ses piques, la cour bruit de complots.

Un matin, leur fillette de sept ans, Marta, disparaît dans les rues. C’est une nuit de chaos dans la Cité des larmes… Une nuit de Saint-Barthélemy…

J’ouvre le bal de mes lectures pour le grand prix des lecteurs Pocket (il était temps !) avec La cité de larmes de Kate Mosse, ravie de retrouver Minou et Piet que j’avais découvert dans La cité de feu.

Avec ce second tome, Kate Mosse nous propose une fresque érudite et captivante au coeur des guerres de religion qui ont secoué la France pendant la seconde moitié du XVIè siècle. Dix ans après la fin du premier opus, nous retrouvons nos héros montés à Paris pour le mariage entre Henri de Navarre et Marguerite de Valois, qui devait unir huguenots et catholiques dans la joie et la paix.

Hélas, la ligue catholique menée par Henri de Guise, va profiter de l’occasion pour occire à Paris et dans plusieurs villes de province le plus de protestants possibles. Minou et Piet vont être pris dans la tourmente et contraints de s’exiler pour sauveur leurs vies.

L’histoire est simple mais d’une efficacité redoutable : le pays se déchire entre protestants et catholiques, l’Inquisition torture et condamne à tour de bras les hérétiques que sont les huguenots, et nos héros vont devoir redoubler d’intelligence et de courage pour se sortir de biens mauvaises passes.

Du Paris de la Saint-Barthélemy à Amsterdam en passant par Chartres, l’autrice tisse brillamment sa toile sur une dizaine d’années et répond à certaines questions que l’on se posait dans le premier tome, notamment au sujet des origines françaises de Piet.

Au-delà, de cette trame, Kate Mosse met en scène des figures féminines très intéressantes que ce soit Minou, sa tante Salvadora, sa soeur Alis ou bien encore Cornelia. A travers elles, l’autrice nous donnent à voir la condition féminine de l’époque : béguinage, mariage, célibat, gestion des affaires, etc.

Comme son homologue masculin Ken Follett, Kate Mosse est une remarquable conteuse qui nous happe dès les premières pages et ne nous lâche plus jusqu’au point final. Ce roman a beau faire 700 pages, j’en suis venue à bout en trois petits jours seulement tant j’étais prise dans l’histoire, pressée d’en connaître le dénouement.

Très addictif, ce roman est un formidable page-turner avec des rebondissements, des secrets, des révélations qui nous tiennent en haleine du début à la fin ! La période historique choisie, particulièrement troublée, est idéale pour bâtir une intrigue passionnante mêlant politique et histoire d’amour.

La trame historique est de qualité, Kate Mosse s’est sans conteste très bien documentée sur les guerres de religion, le climat de l’époque, la vie quotidienne, etc, c’est bien simple on s’y croirait, tout sonne vrai et cela concorde à nous immerger encore davantage dans la lecture.

Une fresque réussie malgré des personnages un peu trop manichéens à mon goût mais cela n’a pas nui à ma lecture ni à mon ressenti général, je vous la conseille absolument tant elle est captivante !

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Manda Collins a passé ses années d’adolescence souhaitant qu’elle était née quelques siècles plus tôt, de préférence dans la campagne anglaise. Voyage dans le temps étant ce qu’elle est, elle se résigna à la vie avec de l’électricité et la plomberie intérieure, et de lire beaucoup de livres. Une affinité pour les livres conduit à un diplôme d’études supérieures en anglais, suivie par une autre dans la bibliothéconomie.

Une femme peut-elle être journaliste en 1865 ? Certainement pas pour les bien-pensants, qui estiment qu’une dame ne doit être exposée ni à la vulgarité ni au vice. Katherine Bascomb n’a que faire des ragots et prend la direction de La Gazette de Londres.

Au diable les commérages ! La jeune lady est une forte tête. D’ailleurs, sa rencontre avec l’inspecteur Eversham de la police métropolitaine est plutôt houleuse. Mais Katherine va rapidement s’imposer comme une alliée précieuse dans l’enquête criminelle qu’il mène.

Et cet homme intègre au charme austère ne tarde pas à éveiller en elle une passion que nulle convention ne saurait brider…

Après Panique à Oxford et La dernière valse, je poursuis ma découverte de la collection Regency chez J’ai Lu avec Petit guide du crime à l’usage des ladies, et force est de constater après avoir refermé ce roman, que j’aime décidément beaucoup cette collection !

Cette histoire proposée par Manda Collins est une romance historique mais pas que ! Cette collection véhicule des thèmes féministes comme le droit de vote, le rôle de la femme dans la société puritaine du XIXè siècle, etc.

Ici notre héroïne est veuve, un statut particulier et assez enviable dans la bonne société puisqu’elle permet de s’affranchir de la tutelle masculine. Suite à son mariage arrangé avec un homme de vingt ans son aîné qui a épongé les dettes familiales, Kate a été opprimée et lorsque la mort la débarrasse de son époux, elle reprend les rênes de son existence et pour elle, pas question de se laisser enfermer de nouveau dans un mariage !

Comme elle est fortunée, elle a pu créer son journal et elle est très heureuse dans son existence jusqu’à ce que sa route croise celle d’un tueur en série.

Mais cela va lui permettre aussi de rencontrer, dans le cadre de son travail journalistique, un inspecteur de police, Mister Eversham. Ce héros plein de prestance, intelligent, a une solide réputation dans son métier, ce qui ne l’empêche pas de perdre son enquête à cause d’un article de Kate.

Entre cet inspecteur qui court depuis quelques semaines après un tueur en série, sans succès, et cette journaliste qui se mêle de l’enquête en voulant écrire un article sur le sujet, c’est électrique et ça part mal de prime abord.

Dès le début du roman, je me suis attachée à Kate. Il faut dire qu’elle est intelligente, courageuse, indépendante et elle ne manque pas de réparties bien senties. J’ai aimé la façon dont elle conduit sa vie : elle ne veut pas se marier mais ne renonce pas aux hommes non plus et surtout, elle ne jette pas l’opprobre sur eux, bien que son mariage ait été désastreux.

Je me suis attachée aussi à Andrew Eversham, qui est loin des clichés du genre. Il tombe amoureux, veut protéger Kate des dangers, car ne l’oublions pas, un tueur rôde, mais il la traite d’égal à égal, estimant qu’elle a un cerveau, et ça, j’ai beaucoup aimé !

Il y a de l’humour, des quiproquos et une belle alchimie entre ces deux personnages qui m’a fait passer un excellent moment. Mais aussi du suspens car nos héros mènent une vraie enquête et la romance qui se joue entre eux passe clairement au second plan. Clairement le combo enquête / romance est un pari réussi, bien joué Manda Collins !

Vous l’aurez compris, pour l’instant cette collection est un sans faute pour moi, je vais donc continuer à la découvrir et à partager ces petites pépites avec vous !

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Née en Angleterre, Julia Chapman a exercé comme professeur d’anglais au Japon, en Australie, aux États-Unis et en France. Elle a même dirigé une auberge dans les Pyrénées avec son mari pendant six ans. Aujourd’hui, elle habite dans les vallons du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre, dont les paysages si typiques lui ont inspiré sa série de romans, Les Détectives du Yorkshire.

Branle-bas de combat dans la petite commune pyrénéenne de Fogas : l’Auberge des Deux Vallées vient d’être rachetée par un couple d’Anglais.

Les habitants vont-ils devoir troquer foie gras, garbure et cassoulet contre bœuf bouilli, fish & chips et infâme jelly ? Sus à l’envahisseur !

Ni une ni deux, le maire, fou de rage, convoque d’urgence un conseil municipal, mais les querelles internes ne font que jeter de l’huile sur le feu…

Français et Britanniques sauront-ils trouver un terrain d’entente à la table des négociations ?

Vous le savez, Les détectives du Yorkshire, est une de mes séries de cosy mysteries préférées, j’étais donc très curieuse de découvrir Julia Chapman dans un tout autre registre ! Les premiers avis que j’avais lus étaient plutôt négatifs mais en ce qui me concerne, j’ai passé un chouette moment.

L’auberge est le premier tome des Chroniques de Fogas dont la suite, Le retour du parisien, va paraître le 17 février et il va très vite atterrir dans ma PAL of course my dear !

Humour, intrigues, querelles de clocher et personnages hauts en couleurs sont les principaux atouts de ce roman qui ne paie pas de mine mais que j’ai dévoré en 24 heures tant il m’a divertie.

J’ai souri à de nombreuses reprises face à ces querelles et je me suis attachée aux caractères des personnages qui peuplent ces petits villages de l’Ariège que j’ai pris plaisir à découvrir, qui savent aussi passer outre leurs préjugés pour s’entraider.

Julia Chapman en profite pour aborder la désertification des campagnes, les résidences secondaires vides 11 mois sur 12, le manque de commerces de proximité, la difficulté pour les habitants de se ravitailler, de conduire dans des vallées accidentogènes…

Et c’est plutôt bien fait car l’autrice a pu observer le quotidien de ces habitants puisqu’elle a vécu sur place quelques années et elle nous le restitue avec une certaine tendresse.

Si le point de départ c’est l’arrivée de Paul et Lorna qui aspirent à changer de vie et de se lancer dans une aventure hôtelière, on va vite se rendre compte que le couple anglais va servir de catalyseur et faire ressortir des secrets de famille et des contentieux.

Un premier tome prometteur que je vous conseille si vous aimez Julia Chapman. Attention toutefois, ici nous sommes dans un contemporain, pas un cosy mystery !

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette chouette lecture.

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