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Archive for the ‘Littérature anglaise’ Category

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l’été. Le temps semble s’y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu’au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais.
Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d’y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l’appelle et l’attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ?

Cornouailles, vacances de Pâques 1968. La famille Alton est réunie au manoir des lapins noirs pour des vacances bien méritées. Venus de Londres, Amber et son jumeau Toby, Barney et Kitty, les cadets, y vivent un quotidien insouciant, loin de Londres, et profitent de leur mère Nancy, véritable pilier de la famille.

Un orage éclate et va faire voler ce bel équilibre familial : Nancy, inquiète du temps, s’est mise en quête de Barney, parti jouer avec les lapins, et trouve la mort lorsque son cheval, apeuré par la foudre, la tue accidentellement.

Le père, inconsolable, sombre dans la boisson et finit de ruiner la famille. C’est alors qu’entrent en scène la richissime Caroline et son fils Lucian, qui va vouloir gommer toute trace de Nancy, l’épouse défunte.

Eté 2008, Lorna et Jon, sillonnent la Cornouailles à la recherche du lieu idéal pour leur réception de mariage. La jeune femme veut absolument aller à Pencrew où elle se souvient avoir séjourné avec sa mère, décédée quelques mois auparavant.

A son arrivée, elle fait la connaissance de Caroline Alton qui y vit seule avec Dill, sa domestique. Au fur et à mesure qu’elle visite la demeure, elle se sent irrésistiblement attirée par les lieux…

Les Cornouailles, une grande demeure et des secrets de famille, ça vous rappelle forcément les romans de Daphné du Maurier (Rebecca, Ma cousine Rachel) ou ceux de Kate Morton (Le jardin des secrets).

Et Un manoir en Cornouailles, le premier roman de Eve Chase, se réclame clairement de ces deux romancières de talent et pour un premier roman, c’est plutôt réussi même si l’intrigue n’atteint pas la perfection des romans de Daphne du Maurier.

Premier point fort : l’ambiance lourde et très mystérieuse de ce roman, l’autrice arrive à imprimer une atmosphère toute gothique à son manoir, bordé par une forêt oppressante, théâtre de plusieurs drames. Peu à peu, les personnages sont pris dans la toile tissée par Eve Chase qui ne leur épargne pas les tragédies, on bascule très rapidement de la joie et l’insouciance à la douleur et au deuil, des sensations qui ne vont plus nous quitter.

Second point fort : le suspens. L’intrigue est bien développée et plutôt haletante, les secrets de famille sont omniprésents tout au long du récit, que ce soit dans la partie ayant pour cadre la fin des années 60 ou celle de 2008. Secrets qui nous seront peu à peu dévoilés même si l’autrice ne donne pas toutes les réponses à mes questions, ce qui m’a un peu frustrée je l’avoue.

Troisième point fort : le manoir, élément central du récit, est finalement le personnage principal de ce roman puisque les deux intrigues ont pour décor Pencrew de la première à la dernière page et que l’autrice nous emmène déambuler dans ses couloirs, sa tourelle, ses chambres, ses placards…

Dernier point fort : l’alternance des deux époques, un exercice délicat, que manie ici avec talent Eve Chase même si j’ai préféré l’intrigue de 1968 à celle de 2008, la faute à l’héroïne Lorna qui ne m’a pas convaincue et que j’ai trouvé trop bizarre. Je reprocherai toutefois à l’auteure de n’avoir pas assez marqué l’époque des sixties, l’intrigue aurait pu avoir lieu des décennies plus tôt que je n’aurai pas vu la différence, dommage !

Un bémol maintenant : les personnages. Même si j’ai bien aimé suivre l’attachante Amber, les autres personnages sont bien trop manichéens à mon goût et pas assez développés pour qu’on s’y intéresse vraiment, dommage pour Lucius qui aurait mérité une plus grande place dans cette intrigue.

Si vous aimez les ambiances mystérieuses et les secrets de famille, je ne peux que vous recommander Un manoir en Cornouailles avec lequel j’ai passé un très agréable moment.

Un grand merci à Filipa et aux éditions Nil pour cette lecture !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Un angélique orphelin échappe aux sévices que les institutions charitables de l’Angleterre victorienne réservent aux enfants abandonnés pour tomber dans les plus fangeux cloaques des bas-fonds londoniens. L’apprentissage précoce du vice et du crime y est de règle pour échapper à la misère et à la faim. On n’oubliera guère, après les avoir croisés, ni l’abominable Bumble ni le ténébreux Fagin.

Né dans un hospice et orphelin car sa mère meurt en couches non sans avoir remis un bijou à la sage femme qui permettra au bébé d’être reconnu par sa famille, Oliver Twist n’a que neuf ans quand il quitte sa nourrice qui lui infligeait des corrections et des privations de nourriture en guise de bons et loyaux services.

Il est alors placé par Mr Bumble, employé de la municipalité en charge des orphelins comme apprenti chez Mr Sowerberry, l’entrepreneur de pompes funèbres. Le croque-mort traite plutôt bien le jeune garçon mais son entourage, qui se méfie d’Oliver, profite de ses absences pour battre l’apprenti.

Affamé et maltraité, il s’enfuit et gagne Londres après des jours et des nuits de marche forcée. Il tombe alors entre les griffes du terrible Fagin, chef d’une bande de jeunes pickpockets qui a élu refuge dans les bas-fonds de la capitale…

Le petit orphelin parviendra-t-il a échapper à son destin et à trouver sa place en ce monde ?

Oliver Twist est paru en 1838 sous la forme d’un feuilleton criminel d’une noirceur concentrée, toutes les avanies sont en effet promises au jeune Oliver qui a passé les premières années de sa vie dans un climat d’une violence soutenue. Son quotidien chez sa nourrice, chez son premier employeur puis chez Fagin, est celui d’un enfant martyr, toujours battu, toujours affamé.

Pour autant le jeune garçon est d’une bonté et d’un angélisme sans faille, encaissant les coups et les privations avec courage. Dans ma PAL depuis pas moins de cinq années, c’est grâce à ma Belette que je l’ai enfin sorti et heureusement qu’elle m’a accompagné dans cette lecture, sinon je ne sais pas si j’en serai venue à bout.

Il faut dire que ce récit est un véritable roman fleuve de plus de 700 pages avec peu de rebondissements et beaucoup de longueurs. Dommage car je pense qu’avec une intrigue resserrée j’aurai adoré ma lecture mais comme tout bon roman du 19è siècle payé à la ligne, rien ne nous ai épargné et Dickens qui signe ici une œuvre sociologique en diable sur le sort réservé aux orphelins de la première moitié du 19è siècle et plus généralement aux pauvres de cette époque, nous abreuve de digressions et commentaires sans fin.

Celles et ceux qui avaient la malchance de naître dans les couches les plus basses de la population anglaise, connaissaient une vie de labeur et de maltraitance, payés une misère et se voyant offrir une place à l’hospice, faute de mieux, des lieux où la maltraitance était alors à son paroxysme.

Alors bien sûr, de ce point de vue là, ce roman est très intéressant pour les lecteurs ne sachant rien de cette époque, pour les autres, le salut viendra des personnages et notamment du jeune Oliver qui n’est ici qu’un personnage parmi tant d’autres même si c’est bien évidemment lui le héros.

Charles Dickens use d’ironie, beaucoup même, ce qui introduit une certaine distance avec Oliver, je me suis sentie moins proche de lui, je ne suis pas arrivée à m’attacher à lui. Les personnages qui l’entourent et les décors sont pittoresques, Oliver, lui, fait un peu pâle figure. C’est dommage et je ne comprends pas pourquoi l’auteur a agi ainsi.

Si j’avais adoré Un chant de Noël, ce ne fut malheureusement pas le cas d’Oliver Twist dont j’ai beaucoup aimé les 300 premières pages, après j’ai trouvé que l’auteur tournait en rond et que les péripéties qu’il fait vivre à son jeune héros sont trop répétitives pour qu’elles m’intéressent jusqu’au bout.

D’autres œuvres de cet auteur m’attendent dans ma PAL, je reviendrai donc à Charles Dickens dans l’avenir même si ce titre m’a déçue je dois bien l’avouer.

Belette n’a pas plus apprécié que moi, je vous invite à lire son avis ici.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Les habitants de la maison bleue partage un toit, mais aussi de nombreuses histoires ! Celle de Sarah réserve son lot de surprises et d’émotions…
A Londres, au cœur de Notting Hill, se dresse une belle maison bleue divisée en cinq appartements. Sarah, psychologue pour enfants, habite l’un d’entre eux. Au fil des années, la jeune trentenaire a sympathisé avec les autres propriétaires : une vieille dame un peu revêche, un jeune couple dynamique, une mère et sa fille très secrètes…
Mais depuis son divorce d’avec Léo, six mois plus tôt, Sarah ne profite plus comme avant de l’élégante maison victorienne et de son petit jardin. Et pour cause : son ancien mari, qui l’a quittée pour une autre, s’est installé deux étages plus bas, avec sa nouvelle compagne.
Pour Sarah, l’heure des choix a sonné. Doit-elle profiter de cette occasion pour essayer de reconquérir Léo, qui ne cesse de la troubler ? Ou, au contraire, quitter définitivement la maison bleue ? Tirer un trait sur le passé et prendre un nouveau départ ?

A Londres, au cœur de Notting Hill, se dresse une magnifique maison bleue divisée en cinq appartements : deux au rez-de-chaussée où vivent Mavis, une acariâtre ville dame, Lisa et sa fille Una. Au premier, Jane et Tom viennent d’emménager. Au second, les jeunes mariés Léo et Héléna. Et sous les toits : Sarah, psychologue pour enfants.

La jeune femme s’y est construit un véritable nid douillet mais le charme s’est rompu quand son mari l’a quittée pour rejoindre sa maîtresse un étage plus bas. Alors qu’elle est dans l’obligation de déménager afin de donner sa part à Léo, Sarah se lie d’amitié avec Mavis sa mystérieuse voisine du rez-de-chaussée ainsi qu’avec Tom et Jane, les nouveaux propriétaires du premier étage.

Sarah ignore à quel point l’arrivée de ce jeune couple va bouleverser ses projets et mettre en pleine lumière les secrets les mieux gardés de la maison bleue…

Voilà un feel-good book qui n’aura pas eu le temps de croupir dans ma PAL, aussitôt acheté et aussitôt lu, en un peu plus d’une journée malgré son épaisseur. J’ai profité du samedi pluvieux et venteux pour me plonger dans Les cœurs fragiles de la maison bleue qui m’a emmené dans l’un des quartiers les plus fameux de la capitale anglaise : Notting Hill.

Je m’attendais à une simple histoire un peu cul cul la praline, comme j’aime en lire de temps en temps, et j’ai été agréablement surprise car ce roman est plus profond qu’il n’y paraît au premier abord.

On suit Sarah, dévastée par la mort de Smith, sa meilleure amie, emportée par une tumeur au cerveau particulièrement foudroyante. Suite à ce drame, sa vie s’est un peu plus enfoncée puisque son mari l’a quitté pour emménager chez sa femme à l’étage du dessous !

Depuis, la jeune femme traîne une dépression qui l’empêche d’exercer son métier de psychologue pour enfants. Heureusement pour elle, l’arrivée de Jane et Tom va réveiller la maison bleue endormie et colorer d’espoir le quotidien de Sarah qui va aussi nouer une amitié pour le moins singulière avec Mavis, la voisine du rez-de-chaussée, particulièrement désagréable jusqu’alors.

Ces nouvelles amitiés vont permettre à Sarah de sortir peu à peu de sa dépression, de la remettre sur de bons rails afin qu’elle se reprenne en main et surtout qu’elle tourne enfin la page de son mariage raté pour s’ouvrir à de nouvelles amours alors que Léo la poursuit de ses assiduités afin d’en faire sa maîtresse.

J’ai beaucoup aimé suivre Sarah et l’ensemble des habitants de cette maison dans laquelle la vie se révèle bien agréable et où la solidarité et l’amitié ne sont pas de vains mots.

Au-delà du quotidien de Sarah, Juliet Ashton aborde d’autres thématiques comme la solitude, la question de la fin de vie dans la dignité et du droit à l’euthanasie, le drame des enfants de parents divorcés pris dans des querelles sans fin au point d’en perdre la parole, la difficulté de se reconstruire après un deuil ou une rupture, les relations parfois difficiles entre une mère et sa fille…

Vous l’aurez compris, une lecture agréable et réconfortante, à la fois drôle et émouvante, un très joli moment de lecture que je vous recommande !

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À Brighton, la vie d’Anna est bien remplie : lorsqu’elle ne s’occupe pas, avec Matteo, de la boutique de crèmes glacées héritée de sa grand-mère, elle consacre son temps à Isabella, leur petite fille de 15 mois. Quant à sa soeur cadette, Imogène, elle file le parfait amour avec Finn, le professeur de surf, tout en essayant tant bien que mal d’exercer son métier de photographe.
Lorsque Matteo révèle à Anna qu’il se sent de plus en plus malheureux loin de son pays, celle-ci réalise soudain qu’il est temps pour eux de donner à leur vie un nouvel élan… en Italie. Quitte à devoir s’éloigner de sa soeur dont elle est si proche. Si la perspective d’ouvrir une gelateria sur la côte amalfitaine s’avère terriblement excitante, un tel projet réserve aussi son lot d’embûches et de surprises.

À Brighton, Anna se consacre avec passion à la boutique de crèmes glacées héritée de sa grand-mère Viviane. Elle file le parfait amour avec Matteo, son bel italien qu’elle a rencontré lors de son stage et ils sont les heureux parents d’Isabella.

Une vie douce et gourmande qui menace de basculer lorsque Matteo, lui confie son mal du pays et son envie de retourner vivre en Italie. Consciente qu’il a tout quitté pour elle et qu’il en est malheureux, elle lui propose de vivre quelques temps en Italie.

Sur la côte amalfitaine, une ancienne gelateria est à louer, à quelques mètres seulement des champs de citronniers et des eaux turquoise de la Méditerranée. Ils confient la boutique à Evie et partent s’installer pour l’été dans la gelateria italienne.

A Brighton, l’ancienne maison de Viviane a été transformée en chambre d’hôtes et rencontre un vif succès. Imogene, en quête d’un projet photographique d’envergure, y travaille quelques heures par semaine. Finn, son petit ami, aimerait qu’ils se marient et fondent un foyer mais la jeune femme n’est pas prête à s’installer ni se poser et n’a qu’une envie : parcourir le globe…

L’été dernier, La merveilleuse boutique de crèmes glacées de Viviane avait été la première lecture de mes vacances, j’ai eu envie de faire de même cette année, j’ai donc jeté mon dévolu sur sa suite : Les divines glaces à l’italiennes d’Anna.

Et autant vous le dire d’emblée, je me suis régalée avec cette lecture. Il faut dire que lire un roman gourmand dont le sujet principal est la crème glacée alors que la canicule sévit, se révèle rafraichissant même si il donne envie de consommer aussi des glaces plus que de raison.

De la crème glacée, de l’amour, de l’amitié, l’Italie, de l’entraide et une belle complicité entre sœurs sont les ingrédients principaux de ce roman feel-good frais et léger qui remplit parfaitement sa fonction de lecture détente.

L’écriture de Abby Clements est fluide, agréable, il y a de l’humour, de l’émotion, une atmosphère dans laquelle on se sent bien et franchement les pages se tournent toutes seules si bien qu’en un rien de temps, on arrive à regret à la dernière page.

Les personnages sont attachants et vrais, on a nulle peine à s’identifier à eux, les recettes de glace réalisés par les héros nous mettent l’eau à la bouche et en plus ce roman fait voyager : de la côte anglaise à la côte amafiltaine car l’auteure nous immerge sans peine dans ces lieux à grands renforts de description qu’on a qu’une envie : y aller !

Et cerise sur le gâteau, pour celles qui souhaiteraient se lancer dans la création de glaces, Abby Clements nous livre quelques recettes sur un plateau.

Vous l’aurez compris, un roman à déguster pendant les vacances, bon moment garanti !

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Lu dans le cadre du Mois anglais :

Qui a tué Wellington, le grand caniche noir de Mme Shears, la voisine ? Christopher Boone,  » quinze ans, trois mois et deux jours « , décide de mener l’enquête. Christopher aime les listes, les plans, la vérité. Il comprend les mathématiques et la théorie de la relativité. Mais Christopher ne s’est jamais aventuré plus loin que le bout de la rue. Il ne supporte pas qu’on le touche, et trouve les autres êtres humains… déconcertants.
Quand son père lui demande d’arrêter ses investigations, Christopher refuse d’obéir. Au risque de bouleverser le délicat équilibre de l’univers qu’il s’est construit…

Il a quinze ans, trois mois et deux jours et s’appelle Christopher Boone. Il excelle en mathématiques et adore Sherlock Holmes. Il aime les diagrammes, les listes, la vérité. Il ne supporte pas qu’on le touche. Pour lui quatre voitures rouges à la file sont synonymes de bonne journée. Trois voitures rouges : d’une assez bonne journée. Cinq voitures rouges : d’une super bonne journée. Il déteste le jaune et le brun. Il est autiste et porte en lui une part de génie.

Quand une nuit, il découvre Wellington, le caniche noir de Mrs Shears assassiné d’un coup de fourche, il décide de mener l’enquête afin que le meurtrier soit dument puni.

Mais en enquêtant, il va découvrir bien des secrets enfouis…

Comme vous le savez déjà, le sujet de l’autisme m’intéresse beaucoup, c’est pour cette raison que Le bizarre incident du chien pendant la nuit a rejoint ma PAL il y a déjà trois ans et demi, heureusement Belette est là pour m’aider à extraire des reliques de ma PAL et c’est ensemble que nous avons dévoré cette histoire, lue en un temps record.

Si vous aimez les romans qui sont bien droits dans les clous, passez votre chemin, ce roman risque fort de ne pas vous plaire car il est construit de façon singulière : les numéros de chapitres sont mélangés (on commence au chapitre 2 pour passer au 5, du 7 on passe au 13…), les pensées de Christopher sont entrecoupées de grilles, de problèmes mathématiques, de diagrammes…. Il nous régale de notes de bas de pages qui précisent certains points le concernant…

Les autres, foncez car l’histoire en vaut la peine et Christopher est bien attachant, en tout cas j’ai adoré le suivre de la première à la dernière page.

Christopher est le narrateur de cette histoire, il nous livre ses pensées, son quotidien, ses angoisses et ses petits bonheurs, toutes les particularités de son autisme, toutes les barrières qu’il met pour se protéger, les routines qui le rassurent…

Mark Haddon nous livre ici une histoire à la fois tendre et cruelle, celle de cet adolescent autiste, plein de vie, curieux, dénué de toute socialisation et surdoué des mathématiques. Il vit seul avec son père depuis le décès de sa mère, qui s’occupe de lui du mieux qu’il peut, dans une petite maison de la campagne anglaise.

Il y a une belle complicité entre ce père qui se met en quatre pour que son fils soit le plus heureux possible même si il souffre du manque de contact physique que Christopher lui refuse. Il a mis de côté toute vie sociale et amoureuse pour ne pas perturber le quotidien de son ado, c’est très touchant. Pour autant, il ment à son fils et lorsque Christopher va le découvrir, l’équilibre qu’ils avaient tous deux, va exploser et tout va être remis en question.

J’ai beaucoup aimé cette lecture que j’ai lu comme un carnet de bord, celui d’un ado autiste qui nous livre sa vie et son enquête de façon brut de décoffrage, très simplement et naïvement, le tout entrecoupé de réflexions et de démonstrations mathématiques qui peuvent surprendre, c’est ce qui fait la beauté et l’intérêt de ce roman même pour moi qui n’aime pas les maths !

L’histoire n’en est pas moins prenante, avec une bonne dose de suspens, et m’a tenu en haleine de bout en bout. Une lecture passionnante et déroutante que je vous invite à découvrir à votre tour.

L’avis de Belette est ici et elle a adoré aussi !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  et du Mois anglais :

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Été 1914. Beatrice Nash, jeune professeure, découvre le village de Rye et sa gentry locale. Elle a fait vœu de célibat et se rêve écrivain – des choix audacieux dans la société conservatrice de ce début de siècle, que l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne vient bouleverser. Les hommes s’engagent, et Beatrice voit partir Hugh, le neveu de sa chaperonne, avec un étrange sentiment…

Eté 1914. La petite ville de Rye, dans la campagne anglaise, accueille son nouveau professeur de latin et au grand dam de l’édile et de son épouse, le choix de la gentry locale s’est porté sur une jeune femme, sous l’impulsion de Agatha Kent et de lady Wheaton.

Beatrice Nash, qui occupait l’emploi de secrétaire et de gouvernante de son père, se trouve bien démunie suite à son récent décès. Mise sous tutelle par sa tante qui entend bien la priver de ses biens jusqu’à ses 25 ans, cette offre d’emploi tombe à point nommé pour la sauver de la misère.

Sur le quai de la guerre, Hugh Grange, le neveu de Agatha Kent, est chargé de l’accueillir. Il lui confie qu’il est d’autant plus ravi de son arrivée qu’en l’absence de professeur de latin, c’est lui qui a du donner les leçons et qu’il est bien content de se débarrasser de cette corvée.

Soutenue par les uns, épiée et critiquée par les autres, Beatrice n’aura que peu de temps pour s’approprier cette nouvelle vie car la guerre vient bouleverser le quotidien de chacun et rabattre les cartes de leur petite société…

Dans ma PAL depuis sa parution en 2016, j’avais prévu de lire dès janvier L’été avant la guerre pendant le mois anglais et l’avais inséré dans ma liste des 12 pavés à lire en 2018, une bonne résolution que pour l’instant je tiens, pourvu que ça dure !

Cette belle brique a été mon livre de chevet pendant près de deux semaines, je pensais en fait le lire en journée mais les abondantes longueurs ont eu raison de moi, au point que j’ai failli l’abandonner.

J’ai finalement tenu bon et plutôt bien apprécié cette histoire campagnarde, notamment grâce aux personnages de Beatrice, Hugh, Agatha et Daniel que j’ai trouvés sympathiques et attachants. La longue galerie de personnages, il y a de nombreux protagonistes dans ce roman, permet à Helen Simonson d’exploiter au mieux la société corsetée à l’aube de la première guerre mondiale avec un certain nombre de portraits dressés avec humour, vivacité et raillerie, certains frisent même joyeusement la caricature, entre bien-pensants, commérages, ragots et bigots.

L’auteure nous donne à lire une chronique sur la fin d’un monde très organisé, avec des repères sociaux marqués, confinant au corsetage de la société : les pauvres sont faits pour être pauvres, inutile de trop bien les éduquer ou de les aider à faire des études poussées, et les riches pour être riches et commander.

Les échanges entre les différents personnages se font souvent à fleuret moucheté : les propriétaires terriens et la noblesse locale sont vent debout contre les bourgeois incarnés ici par le maire et sa femme.

Le roman met en lumière les préjugés auxquels font face les femmes célibataires mises sous tutelle en l’absence de mari et le comportement irréprochable qu’elles doivent avoir si elles veulent se marier, les filles-mères, les réfugiés belges devant vivre de la charité des habitants, l’homosexualité encore tabou…

Le quotidien bien tranquille des notables et des moins aisés va être balayé par la guerre. Les jeunes filles bien nées encouragent les hommes à s’enrôler sous peine de recevoir une plume blanche équivalente à une infamie, quant aux autres, ils partent à la guerre aussi.

Ce conflit va faucher riches et humbles, les mettant ainsi sur un pied d’égalité. Bien nés ou non, les tirs ennemis ne font pas le distinguo et ces hommes tombés au champ d’honneur dès les premières semaines du conflit, vont briser les carcans sociétaux.

Un roman intéressant et bien écrit, qui aborde des thématiques très intéressantes, dommage qu’il y ait autant de longueurs, de descriptions inutiles et assez peu d’évènements mais je vous le conseille néanmoins pour son atmosphère so british, ses personnages et tous les sujets qui le traversent et qui sont à mon sens bien traités.

Merci aux éditions Nil pour cette lecture fleuve et pleine d’intérêts !

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Lu dans le cadre du Mois anglais :

L’arrivée à Duncombe de Mr Harrison, jeune médecin londonien célibataire, met la gente féminine en émoi. Les jeunes filles revêtent leurs plus belles tenues, leurs mères organisent moult thés, bals et rencontres inopinées. Le village commente chaque fait et geste de ce beau parti qui tente de ne pas commettre d’impair, car le vent tourne vite à Duncombe, l’état de grâce ne dure jamais longtemps…

Duncombe, 19è siècle. Mr Harrisson est un jeune médecin, fraichement émoulu du Guy’s Hospital de Londres, le plus prestigieux hôpital universitaire britannique. Le docteur Morgan, un vieux garçon ayant une belle clientèle de province, a bien besoin d’aide. Il accueille avec plaisir son nouveau confrère et l’aide à s’installer au village, le recommandant à un certain nombre de patients.

La présence de William Harrisson met en émoi les jeunes filles de Duncombe qui rêvent toutes de lui mettre le grappin dessus. Chaque famille ayant des jeunes filles à marier organise des thés et des bals afin de voir le célibataire et celui-ci s’empresse d’accepter toutes les invitations afin de s’intégrer.

Mais en croyant faire au mieux, son attitude va donner lieu à des quiproquos et à des commérages en tous genres…

Les confessions de Mr Harrisson croupissait gentiment dans ma PAL depuis cinq ans, depuis ma première participation au Mois Anglais. Chaque année, il faisait partie de ma pal de juin et jamais il n’en sortait. Oubli désormais réparé puisque j’ai lu ce court roman le temps d’une journée et je me suis régalée.

Proche de Charles Dickens, George Eliot et Charlotte Brontë, Elizabeth Gaskell a occupé une place importante sur la scène littéraire victorienne. Fille et femme de pasteur, elle connaissait intimement la vie provinciale et les milieux industriels. Nord et Sud et Cranford sont ses ouvrages les plus connus.

J’ai passé un très bon moment avec ce roman qui m’a permis de découvrir la plume d’Elizabeth Gaskell et je dois dire que c’est évidemment très bien écrit mais ça j’en étais absolument convaincue avant même de l’avoir lu, mais ce qui m’a agréable surpris c’est l’humour de l’autrice, je me suis bien amusée à lire ces confessions et j’ai même franchement ri à certains passages.

L’auteure arrive à nous immerger au cœur de ce petit village anglais, la caricature de la vie de village est plaisante et caustique. Rien de ce que fait ou dit Mr Harrisson n’échappe aux yeux de lynx des commères et les ragots, rumeurs et autres préjugés vont bon train et font le sel de cette sympathique histoire.

Le personnage principal est lui aussi bien sympathique et avec lui, on se rend compte que ce devait être très périlleux d’être le seul jeune mâle bourgeois célibataire d’un village dans lequel résidaient un certain nombre de jeunes filles en âge de convoler.

Une histoire cocasse assez proche de Jane Austen, qui se lit très bien, idéale au coin du feu puisque les confessions de mr Harrisson à son ami se font un soir au coin du feu justement !

Une première incursion dans l’œuvre de Elizabeth Gaskell qui m’a en tout cas convaincue de poursuivre ma découverte de cette auteure classique, sans doute avec Cranford.

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