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Archive for the ‘Littérature anglaise’ Category

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge

Grâce à son talent de conteur, Dickens a su concilier condamnation de la misère et de l’exploitation industrielle et description de petits tableaux de la vie quotidienne. Ses personnages hauts en couleur, ses évocations animées et symboliques des paysages urbains ou campagnards ont fait de lui un écrivain dont la popularité reste immense et une figure centrale de la littérature européenne du XIXe siècle.

A lire au crépuscule regroupe quatre histoires de fantômes signées Charles Dickens : A lire au crépuscule, La chambre de la mariée, Esprits frappeurs authentiques et Le procès pour meurtre.

Ce court recueil à la qualité inégale m’a permis de renouer avec l’auteur victorien que j’avais délaissé depuis ma lecture désastreuse d’Oliver Twist, un roman que je n’ai pas du tout aimé et qui a failli me plonger dans une panne de lecture !

Ces histoires de fantômes m’ont semblé une bonne idée pour retenter Dickens et ce fut le cas. J’ai beaucoup aimé La chambre de la mariée et Le procès pour meurtre qui sont les histoires les plus longues et développées, où je trouve que l’auteur victorien allie mystère, surnaturel, gothique et fantastique avec une certaine habileté.

Pour autant, n’espérez pas trembler ou avoir des sueurs froides en lisant ces récits, ils terrifiaient peut-être les contemporains de Dickens, il en est autrement pour nous, d’autant qu’il est difficile d’instiller une atmosphère angoissante en aussi peu de pages.

Dickens a écrit d’autres histoires de fantômes que je tenterai sans doute l’automne prochain. D’ici là, je compte me plonger dans ces contes de Noël, qui seront, je l’espère du même acabit qu’Un chant de Noël, que j’adore !

Si vous êtes un(e) inconditionnel(le) de Dickens et que vous avez deux heures à lui consacrer, tentez ce recueil, et si ce n’est pas le cas, vous ne perdez honnêtement pas grand chose.

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Journaliste née dans le comté de Lancashire, Stacey Halls est la nouvelle voix du roman historique anglais. En 2019, son premier roman, Les Sorcières de Pendle, se hisse en tête des meilleures ventes en Grande-Bretagne et connaît un succès international.

Londres, 1748. Bess Bright, vendeuse sur le marché aux poissons de Billingsgate, est contrainte de confier son bébé Clara à l’orphelinat de l’Hôpital de Foundling. Six ans plus tard, elle est prête à accueillir son enfant qu’elle n’a jamais oubliée.

Mais quand Bess se présente à l’orphelinat, on l’informe que sa fille a été récupérée par une femme se faisant passer pour elle.

À moins d’un kilomètre de l’institution, une jeune veuve vit recluse depuis dix ans dans une sublime demeure. Quand un ami la persuade d’engager une nourrice pour sa fille, elle est d’abord réticente à l’idée d’héberger une étrangère.

Mais alors que son passé menace de faire voler en éclats le monde qu’elle s’est minutieusement construit, elle se laisse apprivoiser par cette nourrice si prévenante à l’égard de sa fille…

Souvenez-vous, l’an dernier j’avais eu un gros coup de coeur pour Les sorcières de Pendle, le premier roman de l’anglaise Stacey Halls et lorsque L’orpheline de Foundling est paru, je n’ai pas été longue à succomber à la tentation, et aussitôt acheté, aussitôt lu !

Cette fois-ci pas de coup de coeur mais Avec L’Orpheline de Foundling, l’autrice transforme l’essai et explore cette fois-ci les secrets de l’institution londonienne Foundling, qui recueillait à l’époque géorgienne les enfants abandonnés en vue de leur assurer soins, éducation et placement.

J’ai beaucoup beaucoup aimé cette lecture qui a pour cadre Londres au milieu du XVIIIè siècle. L’histoire est très bien documentée, pleine de suspens et tient toutes ses promesses jusqu’au point final.

Comme dans son précédent roman, l’histoire repose sur deux femmes très différentes, l’une appartenant au peuple, l’autre à la bonne société. Les ressemblances s’arrêtent là car les deux récits portent sur des thématiques fortes mais très dissemblables.

Stacey Halls nous propose donc une fois encore une histoire vraiment prenante, pleine de cruauté mais aussi d’espoir. Et, j’ai été happée dès les premières pages, bien ferrée par le style fluide de l’autrice, les péripéties du récit porté par des personnages intéressants et bien dessinés.

C’est pourquoi et malgré la dureté du sujet car Stacy Halls ne tombe jamais dans le mélodrame, j’ai tourné les pages avec avidité, pressée de savoir si Bess allait retrouver sa fille. A travers son héroïne, l’autrice nous dépeint avec justesse et réalisme toute la cruauté et la dureté dont souffraient les mères célibataires et au-delà de cela, les femmes du peuple dans leur ensemble.

Et à travers Alexandra, c’est la figure de la vieille fille qu’on met en lumière, traumatisée par un drame survenu dans son enfance, incapable depuis lors de laisser quiconque approcher d’elle physiquement. Elle nous apparaît tellement froide et distante mais lorsque l’on comprend ce qu’il en est réellement, on ne peut s’empêcher d’avoir de l’empathie pour elle.

Deux femmes fortes, très différentes par leur caractère et leur milieu social, mais qui vont savoir s’accommoder l’une l’autre pour le bien-être d’une petite-fille et nous offrir un très joli dénouement.

J’ai refermé ce roman totalement séduite par cette histoire, sa construction, ses personnages et je n’ai qu’une hâte : découvrir le troisième roman de Stacey Halls dès qu’il sera paru !

Si vous aimez les romans historiques bien construits et documentés, des destins de femmes, je ne peux que vous recommander ce roman et plus encore Les sorcières de Pendle !

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Née en Malaisie, Dinah Jefferies est arrivée en Angleterre à neuf ans. Sa passion pour l’Asie du Sud-Est et l’Extrême-Orient ne s’est jamais démentie, et elle saisit chaque occasion de s’y rendre. Elle a fait pendant un temps partie d’une communauté avec un groupe de rock, et a travaillé dans le domaine de l’art. Après avoir vécu en Italie et en Espagne, elle habite désormais dans le Gloucestershire avec son mari (et un Norfolk Terrier malicieux) et se consacre à l’écriture. 

En 1936, Bella Hatton débarque à Rangoon, en Birmanie, pour embrasser une carrière de chanteuse de cabaret.

Mais depuis la mort de ses parents, Bella est tourmentée par un article de journal qu’elle a découvert, annonçant le départ précipité de sa mère et de son père de Rangoon après la disparition de leur bébé, Elvira, vingt-cinq ans auparavant.

Bella est prête à tout pour découvrir ce qui est arrivé à sa sœur même si elle se confronte vite à des ragots malveillants et à des menaces.

Oliver, un séduisant journaliste américain, promet de lui apporter son aide. Mais dans un pays où les émeutes entre Birmans et Indiens sont fréquentes, Bella devra apprendre à qui elle peut réellement se fier pour accéder à une vérité étouffée depuis des années.

La disparue de Birmanie est le dernier roman de Dinah Jefferies qui s’est fait connaître avec La mariée de Ceylan. Avec ce roman, elle nous propose une histoire ô combien dépaysante qui nous emmène, comme son nom l’indique, en Birmanie, alors sous domination britannique.

Comme vous le savez, j’affectionne tout particulièrement les romans avec des secrets de famille et si vous êtes comme moi, ce roman a tout pour vous plaire. Dinah Jefferies nous propose une histoire avec son lot de rebondissements, un suspens bien distillé et un soupçon d’amour.

Portée à deux voix, Bella en 1936 et Diana, sa mère, deux décennies auparavant, l’histoire a pour point de départ un enlèvement, celui de la soeur aînée de Bella. Les autorités de l’époque voient très vite en Diana la coupable idéale car elle avait du mal à supporter les pleurs de son nouveau-né.

La petite fille de trois semaines disparaît en 1911 et vingt-cinq ans plus tard, sa sœur fera tout pour découvrir la vérité, au grand dam des derniers témoins qui feront tout pour que le mystère reste entier. Car on découvre très vite que l’enquête n’a pas été bien loin et l’affaire vite étouffée.

L’histoire, très prenante, est bien menée avec suffisamment d’action et de rebondissements qui relancent sans cesse notre intérêt pour la quête de Bella. Il y a bien quelques facilités et un dénouement un peu trop attendu mais ça n’a en rien gâché ma lecture.

La plume de Dinah Jefferies est fluide, les pages se tournent toutes seules et on arrive bien vite au bout de ce petit pavé. Le cadre historique est de qualité, l’autrice s’est très bien documentée sur les bouleversements que connait la Birmanie à cette époque et franchement on s’y croirait. D’autant plus, qu’elle nous décrit à merveille les paysages, les plantes, fleurs, odeurs, traditions…

Un roman historique que je vous recommande si ce que je vous en ai dit vous tente !

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Beth O’Leary a étudié la littérature anglaise. Elle travaillait dans l’édition jeunesse avant de devenir auteur à temps plein et d’écrire son premier roman À moi la nuit, toi le jour.

Leena Cotton est épuisée. Ce n’est pas elle qui le pense, c’est son corps qui le lui dit. Son burn-out explosif en plein milieu d’une réunion capitale parle à sa place. Pour la peine, son employeur lui impose deux mois de congés. Elle aurait encore préféré mourir de surmenage que d’ennui…

Eileen Cotton a pris une décision : puisque son époux de toute une vie l’a quittée du jour au lendemain, elle a désormais le droit de vivre pour elle-même. Et pourquoi pas même… vivre une relation charnelle passionnée, à 80 ans ? Mais dans son petit village du Yorkshire, les candidats au poste d’amant ne sont pas légion.

Un problème ? Une solution ! La grand-mère et la petite-fille n’ont qu’à échanger leurs vies. Eileen ira habiter dans la colocation de Leena à Londres, où les beaux messieurs pullulent, tandis que Leena a pour mission de se reposer à la campagne et… de régler tous les problèmes qu’elle avait tenté jusqu’ici de mettre sous le tapis…

Souvenez-vous, il y a quelques mois de cela, j’avais a-do-ré A moi la nuit, à toi le jour de Beth O’Leary, je n’ai donc pas tardé à me lancer dans son second roman Echange loft londonien contre cottage bucolique. Et comme j’ai bien fait car j’ai passé un chouette moment de lecture même ce récit n’a pas détrôné le premier dans mon coeur.

Prenant comme point de départ un échange de maisons, comme dans le film The Holiday avec Jude Law, Cameron Diaz, Kate Winslet et Jack Black, l’autrice nous propose un feel-good book mâtiné de romance bien sympathique. Il y a certes quelques facilités et des rebondissements que l’on voit arriver de loin mais cela n’a en rien gâché ma lecture.

La réussite de ce roman tient en ces deux héroïnes Eileen, 79 ans, et sa petite-fille Leena, vingtenaire. L’aîné vit depuis toujours dans le Yorkshire, la seconde vit en colocation à Londres avec deux amis.

La première s’est fait larguée comme un vieux mouchoir après plus de cinquante ans de mariage, ce qui est loin de lui déplaire, la seconde est amoureuse d’Ethan et s’imagine finir sa vie avec lui.

Toutes d’eux, pourtant proches, se sont éloignées depuis un an, depuis le décès de Carla, la petite soeur de Leena, emportée par un cancer. Depuis, Leena en veut à Marian, sa mère et fille d’Eileen, qui a soutenu Carla dans son désir d’en finir avec l’acharnement thérapeutique. Et Leena s’abime depuis lors dans le travail jusqu’à son burn-out.

Deux femmes aux caractères bien trempés qui vont changer de vie et faire bouger les choses. Une situation qui permet à l’autrice d’aborder des thèmes comme la maladie, le deuil, le burn-out, le célibat et le sexe chez les personnages âgées, la solitude de la ville mais aussi des champs, l’homosexualité…

La petite fille et la grand-mère vont échanger leurs vies, ce qui donne lieu à des chapitres savoureux et épiques. Un roman dépaysant avec des situations cocasses, le flegme et l’humour britanniques, de l’empathie et de l’émotion, autant d’ingrédients qui m’ont permis de passer un bon moment de détente.

Un feel-good book réussi que je vous conseille si ce genre vous plaît !



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Jenny Colgan est une romancière britannique auteur de nombreuses comédies romantiques, et d’autant de délicieuses recettes de cuisine. Après La Petite Boulangerie du bout du monde (2015), Jenny Colgan a publié Une saison à la petite boulangerie (2016), puis Noël à la petite boulangerie (2017) ; le dyptique composé de Rendez-vous au Cupkake Café (2017) et Le Cupcake Café sous la neige (2018) ; puis celui formé par Une saison au bord de l’eau (2018) et Une rencontre au bord l’eau (2019). Son dernier roman, La Charmante Librairie des jours heureux, paraît en 2020. Tous ses ouvrages sont publiés aux éditions Prisma et repris chez Pocket.

En s’installant sur l’île de Mure, au nord de l’Écosse, Flora et Joel ont tout laissé derrière eux. La grisaille, le stress londonien…

Mais pourquoi cette bougeotte chez Joel ? Pas une semaine sans qu’il prévoie un aller-retour à New York… Regretterait-il son choix ?

Alors que Flora s’investit de plus en plus dans son café, Saif, le médecin réfugié de l’île, va recevoir une nouvelle incroyable qui bouleversera sa vie à jamais.

Avec son charme magique et sa délicieuse cuisine, Flora pourra-t-elle trouver le bonheur et faire celui des autres ?

L’été venu, j’aime beaucoup me plonger dans les romans de Jenny Colgan que je trouve très dépaysants. Ces dernières années, j’avais beaucoup aimé La petite boulangerie du bout du monde et Le cupcake café.

Et l’été dernier, j’avais découvert Une saison au bord de l’eau qui m’avait séduite, j’étais donc ravie de retrouver Mure et ses habitants avec Une saison au bord de l’eau.

J’ai retrouvé dans ce roman tout ce qui fait le sel de ses autres récits : une île sur laquelle on a envie de débarquer, des habitants attachants dont on aurait envie de se faire des amis, une jolie histoire de reconstruction après un deuil, une love story et de la gourmandise !

Une mécanique connue, sans grande surprise, qui marche formidablement bien sauf qu’ici je me suis ennuyée car il ne se passe pas grand chose et le peu qui s’y passe c’est drama sur drama, et trop de drama et bien ça tue le drama ! Heureusement que les personnages sont attachants sinon je l’aurai probablement abandonné.

Trop de longueurs, de redites et c’est bien dommage car comme toujours, l’autrice aborde avec tact des sujets plus graves comme le deuil, l’homosexualité, l’abandon, la maladie, le quotidien des agriculteurs et leur difficulté à vivre de leur production, l’écologie…

Une histoire fraîche et romantique qui plaira aux lecteurs.rices assidu.e.s de Jenny Colgan. Elle ne sort certes pas des sentiers battus si on la compare à ses précédents romans mais j’aime me plonger dans ces romans doudous pleins de charme l’été venu, je serai au rendez-vous du dernier tome, en espérant être plus séduite !

Et vous, vous aimez Jenny Colgan ?

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Evie Dunmore est une écrivaine britannique, auteure de romance historique. En 2019, elle a publié la « Panique chez les Montgomery » (« Bringing Down the Duke »), son premier roman et le premier tome de la série « Regency – Les rebelles d’Oxford » (« A League of Extraordinary Women »).

1879. Brillante mais sans le sou, Annabelle a été admise à l’université d’Oxford grâce à une bourse offerte par une ligue de suffragettes. En contrepartie, elle doit rallier à leur cause le duc de Montgomery. Une véritable gageure.

Soutien des conservateurs et conseiller auprès de la reine Victoria qui a la cause en horreur, Sebastian a une vision archaïque de la gent féminine. Pour autant, Annabelle ne s’attendait pas qu’il lui demande d’être sa maîtresse. Elle s’en étouffe d’indignation.

Comment ose-t-il ? Femme libre et indépendante, elle ne risque pas d’accepter pareille proposition ! Mais c’est oublier un peu vite que ce redoutable séducteur possède un charme irrésistible…

Panique chez les Montgomery est le premier tome d’une trilogie signée Evie Dunmore, Les rebelles d’Oxford. C’est ma première incursion dans la romance historique mais ce ne sera pas la dernière tant j’ai aimé ce titre issu de la collection Regency de chez J’ai Lu qui ont tous de si jolies couvertures (oui parfois je peux être très superficielle) !

Vous savez combien j’aime retrouver le thème des suffragettes dans mes lectures, il faudra un jour que je vous propose des recommandations autour de ce sujet, et c’est ce qui m’a attiré ici.

L’histoire est somme toute assez classique avec cette love affair autour d’Annabelle et de Sebastian, attirés l’un par l’autre comme des aimants alors qu’ils devraient se détester, mais prisonniers de la prude et terriblement codée société victorienne.

Il est pair du royaume, elle est sans le sou. Il est enfermé dans le carcan de sa classe, elle a envie de faire bouger les lignes. Il doit épouser une femme de sa condition, elle veut étudier et fuit le mariage.

Tout les sépare mais Cupidon va décocher ses flèches et les embraser pour de bon. Les scènes d’amour sont bien écrites et suffisamment explicites pour faire monter la température !

Au-delà de cette histoire d’amour, Evie Dunmore aborde la condition féminine des années 1880 avec le mouvement des suffragettes qui fait des émules dans toutes les couches de la société et nous montre les actions entreprises par les femmes et la répression qu’elles subissent.

L’autrice s’est indéniablement bien documentée sur Oxford, les premières femmes admises dans les universités britanniques, les droits des femmes, les lois en vigueur autour de la propriété et des biens des femmes, l’importance de la virginité, les programmes politiques des Tories…

La plume d’Evie Dunmore est fluide, les dialogues sont vifs, les personnages sont atypiques et attachants, les péripéties s’enchaînent et les pages défilent toutes seules jusqu’au point final. Il y a de l’humour, du suspens et une pointe d’érotisme juste ce qu’il faut. L’alchimie entre Annabelle et Sebastian est l’un des points forts du roman tout comme la trame historique.

Si vous aimez les romances, le thème des suffragettes et l’époque victorienne, je ne peux que vous dire une chose : lisez-le ! Quant à moi, j’espère que les autres titres Regency sont aussi bons car j’ai tous envie de les découvrir maintenant !

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Avant de s’installer à Brighton avec son mari et ses deux enfants, Jenny Ashcroft a vécu de nombreuses années en Australie et en Asie, ce qui lui a inspiré une passion pour les histoires ayant pour toile de fond les lieux exotiques. Elle est diplômée en histoire et a toujours été fascinée par le passé – en particulier par la façon dont les événements extraordinaires affectent la vie des gens ordinaires. Une île en Orient est son deuxième roman.

Singapour, 1897. À vingt ans, Harriet et Mae Grafton sont des jumelles nées d’une liaison scandaleuse. Alors qu’elles sont rejetées par la bonne société, elles ne peuvent que compter l’une sur l’autre.

Mais lorsque leur riche bienfaiteur, qui n’est autre que leur père naturel, les envoie à Singapour, afin que l’une d’entre elles épouse David Keeley, pressenti pour être le nouveau gouverneur de l’île. Si Mae n’a rien contre, Harriet ne veut pas en entendre parler.

Lors d’une soirée, elles font la connaissance du mystérieux Alex Blake, et en sont très vite éprises. Leur relation se détériore car Mae en vient à jalouser sa soeur qu’Alex et David souhaitent épouser…

Singapour, 1941. Petite-fille de Mae, Ivy Harcourt travaille à Londres et est affectée à Singapour, alors sous la menace d’une invasion japonaise.

Même si Ivy redoute de vivre sur cette île qui lui est totalement étrangère, elle n’est pas du tout préparée à ce qui l’y attend : des inconnus surgissant du passé de sa grand-mère, une histoire d’amour inattendue et un secret qui n’attend que d’être découvert…

Une île en Orient attendait bien sagement dans ma PAL depuis quelques mois, en prévision de l’été car la couverture, très jolie et clairement estivale, m’incitait vraiment à le découvrir à la belle saison.

Roman à double temporalité, en 1897 et en 1941, et à deux voix, nous suivons tour à tour Mae lors de son séjour à Singapour en 1897 alors que jeune fille, elle espère trouver un mari et accéder à la respectabilité, elle dont la naissance est entachée de scandale.

Et en 1941, c’est Ivy Harcourt, sa petite-fille, marquée par la mort de son ancien amoureux allemand tombé au combat et d’un bombardement londonien qui l’avait enseveli pendant plusieurs heures durant. Parlant couramment allemand et japonais, elle travaille pour l’espionnage anglais et elle est envoyée à Singapour, alors menacée d’attaque par les japonais.

Deux grandes histoires d’amour, des secrets de famille, une trahison bouleversante, la guerre : voilà les éléments clés de cette histoire qui réserve son lot de surprises et de suspens.

Bien que le récit ne manque pas de longueurs dont on aurait pu clairement se passer, Jenny Ashcroft nous propose avec ce second roman, le premier publié en français, un véritable page-turner totalement dépaysant puisqu’il se passe quasi-exclusivement à Singapour, une île au large de la Malaisie alors sous protectorat anglais.

Je me suis passionnée pour la partie qui se passe en 1897 autour d’Harriet, Mae, David et Alex que j’ai trouvé intéressante même si, pour moi, elle manque à certains moments de crédibilité.

J’ai beaucoup aimé Harriet, sa forte personnalité et son histoire d’amour avec Alex. Mae fait pâle figure à côté d’elle mais elle est très représentative des jeunes filles de cet époque. Quant à David, il est détestable de bout en bout. On peut reprocher à l’autrice un peu de caricature dans la psychologie de ses personnages mais cela ne m’a pas dérangé outre mesure.

Les thèmes abordés dans cette partie ne manquent pas d’intérêt : l’origine scandaleuse des jeunes filles, la volonté d’indépendance, le mariage, la trahison, la manipulation, l’amour impossible… et apportent une touche sulfureuse et suggestive assez captivante.

La partie en 1941 est plus convenue et porte essentiellement sur l’histoire d’amour entre Ivy et Kit et surtout la guerre dans le Pacifique avec les combats, les camps de prisonniers… Si j’ai trouvé ces deux personnages sympathiques, leur histoire a un tel air de déjà vu, qu’elle ne m’a guère intéressée et que j’ai lu bien des pages en diagonale même si d’un point de vue purement historique, c’est intéressant.

Vous l’aurez compris, un avis en demi-teinte et une petite déception pour moi que cette saga fleuve qui n’a pas su complètement me captiver.

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Kate Mosse est née en 1961. Elle partage son temps entre le Sussex et Carcassonne.

France, 1562. Les tensions entre catholiques et protestants s’exacerbent, le royaume se déchire. Le prince de Condé et le duc de Guise se livrent un combat sans merci. Les huguenots sont persécutés, les massacres se succèdent.

À Carcassonne, Marguerite Joubert, la fille d’un libraire catholique, fait la connaissance de Piet, un protestant venu de Hollande, dont la vie est en danger.

Alors que la violence commence à se déchaîner dans la région, les jeunes gens se retrouvent à Toulouse et bientôt au centre d’un vaste complot lié à la sainte relique du suaire d’Antioche.

Leur quête va les mener vers une ancienne forteresse, où sommeille un secret enterré depuis des décennies…

J’ai découvert Kate Mosse il y a quelques années déjà avec Sépulcre, un thriller ésotérique qui ne m’avait pas globalement satisfaite mais convaincue par l’avis de ma copinaute Belette, je me suis laissée tenter par La cité de feu et comme j’ai bien fait !

Avec ce premier tome, Kate Mosse nous propose une fresque érudite et captivante où elle donne la parole à des figures féminines très intéressantes que ce soit Minou, sa tante, Madame Noubel et même Blanche. A travers elles, l’autrice nous donnent à voir la condition féminine de l’époque.

L’histoire est simple mais d’une efficacité redoutable : le pays se déchire entre protestants et catholiques, l’Inquisition torture et condamne à tour de bras les hérétiques que sont les huguenots, et nos héros vont devoir redoubler d’intelligence et de courage pour se sortir de biens mauvaises passes.

Comme son homologue masculin Ken Follett, Kate Mosse est une remarquable conteuse qui nous happe dès les premières pages et ne nous lâche plus jusqu’au point final.

Très addictif, ce roman est un formidable page-turner avec des rebondissements, des secrets, des révélations qui nous tiennent en haleine du début à la fin ! La période historique choisie, particulièrement troublée, est idéale pour bâtir une intrigue passionnante mêlant politique et histoire d’amour.

La trame historique est de qualité, Kate Mosse s’est sans conteste très bien documentée sur les guerres de religion, le climat de l’époque, la vie quotidienne, etc, c’est bien simple on s’y croirait, tout sonne vrai et cela concorde à nous immerger encore davantage dans la lecture.

Si globalement cette lecture fut excellente, j’ai tout de même deux bémols : la fin est expéditive et un peu trop facile, et les personnages sont très manichéens, le reproche que je fais aussi à Ken Follett.

Un excellent roman historique malgré tout, plein de suspens, qui ravira les amateurs.trices d’Histoire de France !

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Grande dame du roman noir anglo-saxon, à l’égal de Ruth Rendell et de P. D. James, Minette Walters a été récompensée par de nombreux prix littéraires en Angleterre ou aux États-Unis. Aux Éditions Robert Laffont sont parus Le Sang du renard (2004) – lauréat du plus prestigieux prix de littérature policière anglaise, le Gold Dagger Award (2003) –, La Disparue de Colliton Park (2005), Les Démons de Barton House (2006), L’Ombre du caméléon (2008) et Dans la cave (2018).

Mois de juin de l’an 1348 : une épidémie monstrueuse s’abat sur le Dorset et décime peu à peu les habitants. Nobles et serfs meurent par milliers dans d’atroces souffrances.

Quand la pestilence frappe Develish, Lady Anne, dont l’époux sir Richard, vient de succomber à l’épidémie, a l’audace de nommer le serf Thaddeus Thurkell comme régisseur, à la place de Hugh de Courtesmain.

Ensemble, ils décident de mettre le domaine en quarantaine pour le protéger, au grand dam d’Eleanor, sa fille unique, qui voue un culte à son père et qui déteste cordialement sa mère.

Bientôt, les stocks de vivres s’amenuisent et des tensions montent car l’isolement s’éternise. Les villageois craignent pour leur sécurité lorsqu’un événement terrible menace le fragile équilibre. Les gens de Develish sont en vie, mais pour combien de temps encore ? Et que découvriront-ils quand le temps sera venu pour eux de passer les douves ?

Les dernières heures de Minette Walters attendait bien sagement dans ma pile à lire depuis près d’un an et demi et j’ai profité du mois anglais pour enfin l’en sortir. L’objet livre est beau et je pensais beaucoup l’apprécier mais ce ne fut malheureusement pas le cas.

Le Moyen-Age n’est pas, comme vous le savez peut-être, ma période de prédilection mais j’étais très curieuse de découvrir néanmoins ce récit qui se déroule pendant la fameuse épidémie de peste de 1348.

Le contexte historique est intéressant et conforme à ce que l’on sait de cette époque, même si il manque d’épaisseur : des seigneurs arbitraires et sans pitié, de serfs sans droit et tout juste bons à travailler du matin au soir et du lundi au dimanche, d’obscurantisme, d’une église toute puissante, de droits de cuissage et de mariages arrangés.

Heureusement pour les serfs de Develish, leur seigneur meurt dès les premières pages, laissant le domaine à sa femme dont les idées sont particulièrement progressistes et très en avance sur son temps puisqu’elle enseigne la lecture et l’écriture à ses gens et les traite avec beaucoup de bonté, contrairement à son époux et à sa fille qui sont loin de partager ses vues.

Les personnages sont très manichéens : le seigneur et sa fille sont cruels, méchants et ils ont tous les vices, Lady Anne est une sainte et ses serfs sont d’une intelligence bien plus grande que la moyenne, autant dire que tout cela n’est pas très crédible. Dommage que l’autrice ne nous propose pas des personnages plus travaillés et intéressants.

J’ai pourtant apprécié Lady Anne même si elle est très lisse car elle prend fait et cause pour les femmes, soutient et instruit ses serfs, leur promet la liberté et elle est versée en sciences. Autant dire qu’elle fait office de sainte pour certains et de sorcière pour les autres.

L’histoire proprement dite est très lente, pleine de longueurs et d’atermoiements, il ne se passe donc pas grand chose et tout au long des 525 pages, on se demande bien où veut en venir Minette Walters.

J’avais imaginé un récit avec une certaine tension autour de la peste, me faisant craindre pour la vie de nos héros mais il n’en est rien.

Même si je suis parvenue au terme de ma lecture, j’ai ressenti beaucoup d’ennui à de nombreux moments et si le second tome n’était pas dans ma pal, j’en serai restée là. Ma copinaute Belette qui m’a accompagné dans cette lecture est sur la même longueur d’ondes, son avis ici.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cet envoi et leur confiance.

Lu dans le cadre du Mois Anglais :

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Les frères Grossmith, George (1847-1912) et Weedon (1854-1919), se sont fait un nom dans la comédie et le théâtre. George fut un compositeur de chansons de music-hall prolixe et l’un des piliers des opéras de Gilbert et Sullivan. Weedon dessina les illustrations du Journal et fut acteur de music-hall et auteur de vaudevilles.

Londres, fin des années 1880. Charles Pooter, respectable employé de banque à la City, décide d’entamer la rédaction de son journal.

Il va y consigner aussi scrupuleusement que naïvement ses aventures et mésaventures quotidiennes, avec sa très chère épouse Carrie, son indigne fils Lupin, qui se compromet avec une fiancée peu respectable, ses voisins encombrants et ses fournisseurs peu respectueux.

Et quand Mr Pooter sort de sa confortable maison de banlieue, il regarde le Londres d’il y a cent ans, ses comédies, ses spectacles, ses inventions, comme une sorte de jungle un peu effrayante peuplée de grands animaux auxquels il faut surtout éviter de montrer qu’on a peur.

Paru en feuilleton dans la revue satirique Punch entre 1888 et 1889, Le journal d’un homme sans importance est une chronique de la vie dans la banlieue londonienne à la fin de l’ère victorienne.

C’est un petit concentré d’humour anglais, qui a depuis longtemps acquis outre-Manche le statut de livre culte, et que l’on ne découvre que tardivement de ce côté-ci de la Manche.

Charles Pooter se décrit volontiers comme un homme ordinaire et banal et il nous raconte par le menu sa vie d’employé exemplaire, son quotidien aux côtés de son épouse, ses relations avec ses voisins et amis, celles tumultueuses avec son fils unique et leur petite vie mondaine.

Le journal fourmille de réflexions bien senties, d’anecdotes, certaines vraiment hilarantes mais je trouve l’assertion « livre le plus drôle du monde » mensongère car s’il y a de l’humour, so british of course, ce roman n’est pas que drôlerie ou loufoquerie.

George et Weedon Grossmith décrivent minutieusement la vie de la bourgeoisie londonienne à l’ère victorienne et rien que pour ça, il vaut la peine d’être lu. Une population à la vue étriquée qui se complait dans la bienpensance si l’on se réfère à leur héros.

Charles Pooter est un homme honnête, pudique, coincé, très respectueux de la hiérarchie, toujours en recherche de dignité mais susceptible et insuffisamment au fait des mœurs bourgeoises pour commettre des impairs qui le ridiculisent, à son insu !

Et heureusement, sinon ce récit pourrait être ennuyeux car Pooter l’est sacrément !

Lecture plaisante par son humour, ses réflexions et sa galerie de personnages, je la recommande aux férus de lectures anglaises, il devrait leur plaire.

Lu dans le cadre du Mois Anglais :

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