La voleuse de robes – Natalie Meg Evans

Lu dans le cadre du challenge  1 pavé par mois

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Chanel, Hermès, Schiaparelli… Leurs créations enchantent Alix, qui rêve d’intégrer le monde élitiste de la haute couture. Quand son ami Paul lui trouve une place de couturière chez Javier, elle est donc heureuse de faire le grand saut. Sauf que la générosité de Paul n’est pas gratuite. Le prix à payer pour Alix ? Copier les originaux du célèbre styliste pour les revendre sur le marché noir américain.

Alix est bientôt reconnue pour ses talents de couturière et sa créativité, mais plus elle gagne la confiance de Javier et plus lui voler ses créations la déchire. Et quand un beau reporter de guerre dévoile des zones sombres dans le passé de sa famille, c’est toute sa vie qui menace de s’effondrer…

Paris, 1937. Alix Gower est une jeune femme anglaise d’origine française, installée avec sa grand-mère Danielle Lutzman dans la capitale depuis près de deux ans. Les deux femmes de confession juive ont fui la montée du nazisme en Angleterre.

La jeune fille n’a jamais connu sa mère morte en la mettant au monde et a perdu son père contaminé par les gaz de la Grande Guerre alors qu’elle n’avait que cinq ans. Quant à Frau Lutzman, elle est veuve depuis trois décennies, depuis l’assassinat de son mari, artiste peintre.

Alix et Danielle vivent chichement, l’une de son travail de standardiste et l’autre de travaux de couture mais elles peuvent compter sur la protection du comte Jean-Yves de Charembourg, originaire comme elles de Kirchwiller en Alsace et qui a payé la scolarité d’Alix.

Mais Alix a un rêve, pour l’instant inaccessible, devenir styliste ! Aussi, lorsque son ami Paul lui trouve une place de couturière chez Javier, un grand couturier espagnol et la coqueluche du Tout-Paris, elle pense toucher du doigt son rêve. Sauf que la générosité de Paul a un prix : elle doit copier les modèles du célèbre styliste pour les revendre sur le marché noir américain.

C’est alors qu’elle fait la connaissance de Verrian Haviland, un reporter de guerre anglais dont elle tombe amoureuse mais son passé familial refait tout à coup surface et sa grand-mère et elle sont victimes d’agressions…

Vous connaissez mon goût pour la haute couture, je n’ai donc pas hésité à accepter de recevoir La voleuse de robes de Natalie Meg Evans, d’autant que cette histoire a pour décor le Paris des années 30, une période ô combien intéressante. Cette lecture n’a hélas pas été aussi captivante que je l’espérais même si je suis globalement satisfaite de ma lecture.

L’auteure s’est très bien documentée et les pages consacrées à la couture, à la création des robes, aux étoffes et aux défilés sont passionnantes, j’ai adoré tous ces passages comme j’ai aimé l’héroïne de ce roman qui a une grande force de caractère et une volonté de réussite chevillée au corps, Alix est très attachante et le duo qu’elle forme avec sa mémé bien attendrissant.

Pourquoi suis-je donc un peu déçue alors ? La Voleuse de robes nous entraîne dans le cercle très fermé de la haute couture parisienne, entre mousseline et satin de soie, coups de foudre et escroqueries nous dit la quatrième de couverture. Je suis d’accord avec cette phrase mais il y a à mon goût trop de thèmes abordés dans ce roman.

La guerre d’Espagne tout d’abord qui ne m’intéresse pas il faut bien vous l’avouer et dont je ne vois pas bien l’intérêt ici sauf à rallonger inutilement le récit. Certes Verrian est très marqué par ce conflit mais de là à le faire retourner à Guernica et nous abreuver de chapitres entiers dessus…

Il est aussi question de jalousie, de vengeance et de chantage mais on devine dès la première agression qui est le maître chanteur, donc aucun suspens de ce côté-là. L’auteure aborde aussi la paternité, le meurtre, le sexe, la violence conjugale, des histoires d’amour, l’antisémitisme, le marché noir… n’en jetez plus la coupe est pleine et trop c’est trop.

Un roman intéressant et foisonnant mais qui aurait mérité d’être moins long et avec nettement moins de thématiques abordées, restent que les pages sur la mode m’ont séduite et c’est surtout cet aspect qui m’intéressait, je suis donc comme je le disais plus haut, plutôt satisfaite de ma lecture.

Merci aux éditions Nil pour cette lecture et pour leur confiance.

Le charmant cottage d’Amelia

Alors qu’elle s’apprête à fêter ses 30 ans, Amelia retrouve dans un tiroir une liste de souhaits qu’elle s’était promis de réaliser. Parmi ces vœux figure en bonne place :  » Vivre à la campagne, dans un cottage « …

Le quotidien d’Amelia est pourtant bien différent : elle occupe avec son mari Jack un minuscule appartement à Londres, quelques mètres carrés où elle se sent étouffer à petit feu…

Bien décidée à concrétiser son rêve, la jeune femme se lance avec enthousiasme à la recherche d’un cottage où s’installer. Limité par un budget serré, le couple opte finalement pour une vieille bâtisse pleine de charme, mais nécessitant d’être rénovée de fond en comble.

Lorsqu’elle pose ses valises dans sa nouvelle demeure, Amélia est loin de se douter de l’ampleur des travaux à mener. Elle ignore aussi combien ce déménagement va bouleverser profondément sa vie familiale et sentimentale.

De surprises en rebondissements, le cottage sera-t-il finalement prêt pour Noël ?

Amelia habite à Londres avec son mari Jack dans un petit deux-pièces. Elle enseigne la littérature dans un lycée et elle est sur le point de fêter ses trente ans. Sa meilleure amie s’apprête à devenir maman et même si elle ne se sent pas prête à franchir le pas, elle repense à sa jeunesse et aux rêves qu’elle caressait alors.

Comme beaucoup d’entre nous, elle avait dressé une liste de ce qu’elle rêvait de faire avant de passer le cap de la trentaine et si plusieurs ont été réalisés, il manque le principal, celui de vivre à la campagne.

Jack qui est concepteur de jeux vidéos ne s’imagine pas quitter Londres mais se laisse finalement convaincre et les voilà heureux propriétaires d’un cottage en ruine à une heure de la capitale.

Amelia se charge de tout refaire, d’autant qu’elle a désormais du temps à revendre puisqu’elle a démissionné de son poste d’enseignante, pour cause de désaccord avec le proviseur mais les rénovations ne se passent pas tout à fait comme prévu.

Les doutes vont progressivement remettre en cause les choix d’Amelia et sa vie de couple. Parviendra-t-elle à mener à bien la rénovation du cottage et à sauver son mariage ?

Vous êtes férue de décoration et de campagne anglaises et vous en quête d’une lecture légère et sans prise de tête ? Ne cherchez pas plus loin Le charmant cottage d’Amelia est une lecture faite pour vous !

Abby Clements nous propose ici le récit d’un changement de vie à travers la rénovation du cottage que l’on suit pièce par pièce, chacune réservant son lot d’événements plus ou moins inattendus.

Le roman ne sort guère des sentiers battus et ne me laissera pas un souvenir impérissable d’autant qu’il se passe fort peu de choses et que la fin ne laisse guère de place aux surprises. Il s’est révélé malgré tout agréable à lire notamment grâce à ses chapitres courts qui donnent un peu de rythme au récit qui en manque cruellement.

Une histoire pleine de bons sentiments qui se lit toute seule, un roman sympathique et simple en somme, assez distrayant mais qui manque tout de même d’épaisseur, de consistance même si j’ai bien aimé suivre la rénovation de la maison et le personnage d’Amelia qui ne se laisse pas abattre par l’adversité.

A réserver donc pour un moment de détente sans guère en attendre autre chose.

La vie rêvée de Virginia Fly – Angela Huth

Calme, intelligente et sage, Virginia Fly, institutrice, est toujours vierge à trente et un ans. Ce qui ne l’empêche pas de nourrir des pensées d’une intensité que sont loin d’imaginer ses parents, chez qui elle vit. Son prétendant Hans, un professeur plus âgé, et son correspondant américain, Charlie, sont eux aussi bien loin des fantasmes de Virginia. Quand Charlie lui annonce sa venue en Angleterre, elle n’ose espérer qu’il puisse réaliser ses rêves enflammés. Et pourtant son arrivée coïncide avec la diffusion à la télé d’un reportage sur Virginia, qui voit soudain s’offrir à elle une pléthore d’opportunités de perdre sa virginité. Mais est-il une seule d’entre elles – y compris Ulick Brand, ce délicieux inconnu – qui pourra combler ses attentes ?heart_3la-vie-revee-de-virginia-fly-angela-huth

Angleterre, fin des années 60. Virginia Fly est une jeune professeur de 31 ans d’arts plastiques qui exerce dans une école pour filles. Fille unique, elle vit toujours chez papa et maman, des gens raisonnables, qui vivent une vie bien tranquille dans une petite ville du Surrey.

Celle de Virginia Fly est bien étriquée et tranquille aussi, proche de l’encéphalogramme plat, bien qu’elle rêve presque quotidiennement de se faire violer.

Des amis ? Pas vraiment. Il y a bien Hans, un vieux professeur d’origine allemande avec qui elle assiste à des concerts de musique classique. Des petits amis ? Encore moins, Virginia est toujours vierge et rêve de perdre sa petite fleur, dans un champ de fleurs justement.

Elle correspond depuis plusieurs années avec Charlie, un américain, sur lequel elle fonde des espoirs de mariage et le voilà justement qui annonce sa venue inespérée quelques jours seulement après qu’elle ait avoué en interview à la télévision anglaise, sa virginité…

La vie rêvée de Virginia Fly est le deuxième roman de la romancière anglaise Angela Huth que je découvre ici, paru en 1972 et qui est pour la première fois édité en français aux éditions de la Table ronde dans leur collection Quai Voltaire que je remercie ainsi que Babelio pour cet envoi.

Je ressors de cette lecture sans savoir si je l’ai aimé ou non, ce qui est assez rare en ce qui me concerne, je me suis même demandée au bout de la première page pourquoi j’étais en train de lire ce roman que j’ai pourtant lu très vite, sans réel plaisir mais sans déplaisir non plus, mais malgré tout happée par les portraits des différents personnages qui ponctuent le livre et que j’ai trouvé réussis.

Il faut dire que je n’ai pas compris Viriginia ni eu d’empathie pour cette héroïne qui passe à côté de sa vie et qui préfère rêver qu’on la viole, là j’avoue que fantasmer ce genre de chose, ça me dépasse totalement !

Son quotidien est assommant et cette façon qu’elle a de subir, plutôt que de prendre sa vie à bras le corps, m’a irritée, encore une fois je ne la comprends pas, elle aurait été en face de moi, je l’aurai secoué afin qu’elle se réveille et qu’elle réagisse enfin.

Heureusement, il y a parfois des pointes d’humour et de cocasserie dans ce récit gris et terne, grâce à Mrs Fly et Mrs Thomson, dans une scène où l’une comme l’autre lèvent le coude comme deux piliers de bar, confortablement installées au fond de leur canapé.

Vous l’aurez compris, pour moi La vie rêvée de Virginia Fly n’est pas le roman de l’année mais un roman très réaliste, pathétique, à la fois cruel et drôle.

La promesse d’un ciel étoilé – Alison McQueen

Lu dans le cadre du challenge  1 pavé par mois

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1957. Sophie a vingt-sept ans lorsqu’elle épouse Lucien, un diplomate, et part s’installer avec lui à New Delhi, une destination qui réveille en elle de douloureux souvenirs.
1947. Sophie vit en Inde, dans le palais d’un maharaja où son père assiste le médecin-chef. Pour échapper à sa mère tyrannique, Sophie explore ce palais aux mille et un enchantements et rencontre Jag, un jeune Indien de son âge parlant anglais. Immédiatement complices, ils se voient en cachette de leurs parents. La nuit de la Partition, le 15 août 1947, ils consomment leur amour dans un jardin clos du palais. Quand, du jour au lendemain, les musulmans quittent le service du maharaja pour émigrer au Pakistan, Jag part avant que Sophie ait pu lui annoncer sa grossesse. De retour sur les terres indiennes, Sophie parviendra-t-elle à se réconcilier avec son passé ?heart_4la-promesse-d-un-ciel-etoile-alison-mcqueen

1947, Sophie Schofield quitte son Angleterre natale et débarque en inde avec ses parents. Son père vient d’être choisi par un maharajah pour être le médecin personnel de sa seconde épouse. Cette nouvelle vie pourrait être idyllique si Veronica, la mère de Sophie, n’était pas aussi tyrannique avec sa fille et son mari.

Sophie s’ennuie ferme et elle se met à explorer le palais et elle finit par sympathiser avec Jag, le fils de l’un des majordomes du palais. Les deux jeunes gens tombent amoureux mais leur idylle est impossible, la famille de Sophie tout comme le père de Jag sont horrifiés par cet amour et après une unique nuit passés ensemble, Jag quitte le domaine.

1957, Sophie travaille comme dactylo au Foreign Office de Londres et se laisse courtiser par Lucien Grainger, un jeune diplomate. Elle pense être amoureuse de son soupirant même si elle n’a jamais oublié Jag, et lorsqu’il l’a demande en mariage, elle accepte bien qu’elle appréhende la vie à deux et fait ainsi son grand retour en Inde.

Vous savez comme j’affectionne les romans historiques, surtout lorsqu’ils me font voyager dans un pays totalement inconnu, j’ai donc sorti très rapidement de ma PAL La promesse d’un ciel étoilé qui rentre totalement dans cette catégorie.

L’été dernier j’avais adoré L’île aux papillons, qui a pour cadre Siam, le roman de Alison McQueen est dans cette verve puisqu’il nous relate également l’amour impossible entre un indien et une anglaise, et le choc entre ces deux cultures.

Mais il ne s’agit pas ici uniquement d’une histoire d’amour, l’auteure plante son décor au moment de l’indépendance de l’Inde, ce qui en fait un roman historique très intéressant, en tout cas pour moi, qui méconnait totalement l’histoire de ce pays.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Sophie, une jeune femme particulièrement malheureuse de par ses rapports douloureux avec sa mère qui est méchante et violente avec elle, et qui peut enfin espérer un peu de bonheur grâce à sa rencontre avec Jag, un bonheur fugace hélas.

Jag est un personnage attachant aussi, il a eu son compte de malheur, orphelin de naissance, élevé par un père aimant mais très traditionnaliste, il est obligé de quitter le palais et son grand amour pour se rendre auprès de sa tante et de son oncle qu’il ne connaît pas.

Ce roman très bien construit entre le présent de 1957 et le passé de 1947 m’a captivé, l’alternance des époques apporte un rythme et un côté addictif au récit, j’ai aimé à la fois la romance qui lie Sophie à Jag mais aussi le contexte historique que j’ai trouvé passionnant.

Si comme moi vous aimez les romans historiques avec de beaux portraits de femmes et que les lectures poignantes ne vous font pas peur, je ne peux que vous recommander La promesse d’un ciel étoilé, une très belle lecture en ce qui me concerne.

Merci à Anne et aux Presses de la Cité pour cette lecture bouleversante, j’ai adoré !

Une seconde chance – Dani Atkins

Après son accident, plus rien n’a été comme avant. Cinq ans ont passé, la vie de Rachel est chaotique. Seule dans un minuscule appartement, elle survit grâce à un travail qui est loin d’être passionnant. Rongée par la culpabilité consécutive à la mort de son meilleur ami, Rachel donnerait tout pour revenir en arrière. Ce qui est impossible, n’est-ce pas ? heart_4une-seconde-chance-dani-atkins

Septembre 2008, alors que Rachel est une étudiante sans histoire qui passe une soirée sympa au restaurant avec ses amis et son chéri Matt, sa vie va basculer. C’est leur dernière soirée tous ensemble, avant que chacun d’entre eux rejoigne son université, l’ambiance est festive jusqu’au moment où une voiture fonce dans la devanture du restaurant.

Jimmy, son meilleur ami, se jette alors devant elle, faisant un rempart de son corps, la sauvant ainsi d’une mort certaine mais y laissant la vie. Après cette soirée fatale, plus rien n’est comme avant.

Rachel reste de longues semaines à l’hôpital, elle rompt avec Matt qui n’a pas bougé le petit doigt pour la sauver et a renoncé à l’université pour un job sans envergure alors qu’elle était promise à un bel avenir.

Décembre 2013, Rachel revient dans sa ville natale pour assister aux noces de sa meilleure amie. Malgré son angoisse de revoir ses anciens amis perdus de vue dont Matt et sa fiancée font partie, Rachel tient sa promesse et assiste au dîner donné en l’honneur des mariés. Mais alors qu’elle revient du cimetière où elle s’est recueillie sur la tombe de Jimmy, une voiture la renverse.

Elle se réveille une dizaine d’heures plus tard et tout a changé : elle a un fiancé merveilleux, Matt, un père en bonne santé alors qu’il souffrait d’un cancer en stade terminal la veille, des amis géniaux et la carrière dont elle avait toujours rêvé.

Et surtout, Jimmy est vivant et devenu policier. Mais pourquoi donc n’arrive-t-elle pas à se réjouir et à se détacher des souvenirs d’une vie qui n’est pas la sienne, une vie brisée et misérable ? D’où viennent ces images qui la perturbent ?

Une fois n’est pas coutume c’est la sublime couverture de ce livre qui a attiré mon attention et la quatrième de couverture a achevé de me convaincre et pour une fois, il n’a pas traîné longtemps dans ma PAL avant que je l’en sorte, confortée il faut le dire par les bons avis que j’avais lu ici ou là !

Et je ressors de cette lecture bouleversée, émue et enchantée car le récit que nous propose Dani Atkins qui paraît lisse au premier abord se révèle riche d’enseignements avec un dénouement totalement inattendu.

Une seconde chance est une romance mais avec quelque chose en plus qui fait que plus on avance dans l’histoire, plus on a envie qu’elle dure car elle aborde avec finesse des sujets très variés comme la maladie, la reconstruction après un accident, l’amour, l’amitié, la trahison, l’espoir.

Les personnages de Rachel et de Jimmy sont très attachants et l’histoire d’amour qui finit par poindre est de celle dont on rêve toutes. Une seconde chance est un roman est touchant et captivant, j’ai suivi avec plaisir Rachel dans ses deux vies parallèles, dans son enquête pour démêler le vrai du faux et la fin m’a vraiment surprise, je m’attendais à l’habituel happy end de fin de romance alors que l’auteure nous entraine habilement dans un dénouement surprenant.

Vous l’aurez compris, j’ai été sous le charme de cette romance qui loin d’être mièvre m’a au contraire beaucoup surprise, une jolie lecture que j’ai aimé et que je vous conseille.

Le cercle Pouchkine – Simon Montefiore

Lu dans le cadre du challenge  1 pavé par mois

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Moscou, 24 juin 1945. La Russie est en liesse. L’ennemi nazi est vaincu. Mais Sérafima s’en moque. L’adolescente ne pense qu’à son amour secret et à ses amis, les membres du Cercle Pouchkine. Jeunes, insouciants, épris de littérature, ils ont passé un pacte : vivre pour l’amour et le romantisme.

Soudain, deux coups de feu retentissent. Sur un pont proche du Kremlin gisent les corps de deux lycéens, signataires du Cercle… Emportés dans la tourmente d’une chasse aux sorcières menée par Staline lui-même, Sérafima et ses camarades trouveront-ils une autre issue que la trahison ? heart_4le-cercle-pouchkine-simon-montefiore

Moscou, 24 juin 1945. En marge de la grande parade organisée par Staline et son régime pour fêter la victoire sur l’ennemi nazi, Rosa et Nicolacha, deux jeunes gens, enfants de cadres du Parti, sont retrouvés morts par balle.

Ils appartenaient avec une poignée d’autres lycéens de l’école 801, qui accueille le gratin moscovite, au cercle Pouchkine créé sous l’impulsion de Bénia Golden, leur professeur de littérature, récemment libéré de son exil.

Ces jeunes exaltés, romantiques en diable, jouent à un jeu fort dangereux puisque le romantisme est interdit, taxé de bourgeoisie et lorsque le journal du cercle tombe entre les mains de la police, la machine à broyer stalienne s’emballe…

Sashenka avait été ma première rencontre avec Simon Montefiore, ce roman bouleversant sur le destin d’une femme et à travers elle, celui de la Russie basculant dans le stalinisme, fut une lecture pleine d’émotion.

Ici aussi, l’émotion est au rendez-vous puisque Simon Montefiore nous plonge à nouveau dans la capitale russe au lendemain de la seconde guerre mondiale où Staline règne d’une main de fer.

Les grandes purges sont loin mais la population comme les caciques du régime vivent dans la crainte du maître absolu qu’est Joseph Staline et les exécutions de traitres sont encore légion.

En prenant pour point de départ un cercle de poésie et une histoire d’amour, l’auteur nous dévoile les absurdités du système soviétique : accusations délirantes, arrestations, interrogatoires, suspicion de putschs…

Le roman nous plonge dans les profondeurs de la terrible Loubianka, la prison de la capitale de funeste mémoire où tant d’hommes, de femmes et d’enfants ont été broyés par la machine soviétique.

Cette plongée au coeur de la Russie stalinienne, si elle se révèle passionnante, est aussi effrayante. On craint pour la vie des membres du cercle Pouchkine, de simples lycéens adeptes de poésie et de jeux innocents, accusés d’avoir voulu renverser le régime et qui vont connaître les geôles moscovites et les interrogatoires musclés, en dépit de leur jeune âge, avec le peloton d’exécution en ligne de mire.

Comme dans Sashenka, l’auteur nous décrit avec justesse le climat de terreur qui régnait sous Staline, à tel point que même les cadres les plus irréprochables du parti, y compris les membres du gouvernement, avaient peur de se faire dénoncer et fusiller pour la moindre vétille.

Cette peur transparaît et on craint tout au long du récit pour la vie de nos jeunes héros terriblement sympathiques et attachants. Pour tout vous dire je l’ai lu partagée entre l’envie et la peur de continuer ma lecture, l’envie car le sujet est passionnant et la plume de l’auteur très addictive et la peur de voir ces jeunes gens condamnés à mort, l’ambiance devient pesante et anxiogène par moment et franchement j’ai adoré cette lecture pleine de suspens.

Le cercle Pouchkine est un roman très bien documenté, qui met en scène certains personnages ayant réellement existé et s’inspirant d’une affaire similaire ayant eu lieu dans les années 30.

Prenant, haletant, réaliste sur l’URSS et sur les méthodes de gouvernance de Staline, il se révèle passionnant à lire et si le sujet vous intéresse, je ne peux que vous le conseiller et pour ma part, je vais continuer ma découverte de Simon Montefiore.

L’oiseau des neiges – Tracy Rees

Lu dans le cadre des challenges  1 pavé par mois et Challenge Cold Winter

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Janvier 1831. Aurelia Vennaway, huit ans, héritière d’une riche famille aristocratique du comté de Surrey, découvre lors d’une promenade dans les bois du domaine familial un nouveau-né bleu de froid, posé à même la neige. Malgré l’hostilité de ses parents, elle réussit à leur faire recueillir l’enfant, qu’elle baptise Amy Snow.

A ses dix-huit ans, on découvre à Aurelia une maladie qui lui laisse peu de temps à vivre. Elle décide donc de partir en voyage quelques mois. Avant de mourir, elle laisse pour Amy une série de lettres qui vont l’aider à découvrir qui elle est et lui transmettre l’héritage qui lui revient. Amy s’embarque alors pour un périple aux quatre coins de l’Angleterre, avec, à chaque étape, une énigme à résoudre.heart_4l-oiseau-des-neiges-tracy-rees

Hiver 1831, la petite Aurelia Vennaway, jeune héritière de 8 ans, trouve au hasard de sa promenade dans les bois environnants de la propriété familiale, un nouveau-né nu dans le neige.

N’écoutant que son grand cœur, elle ramène l’enfant chez elle à Hatville Court toute bleuie par le froid, sauvant ainsi la vie de la petite fille promise à une mort certaine. Elle lui octroie un prénom et un nom, Amy Snow, et entend bien la garder près d’elle mais sa mère, la belle et élégante Celestina ne veut pas en entendre parler, hors de question que la naissance honteuse du bébé vienne ternir le prestige des Vennaway.

Heureusement pour Aurelia, le pasteur passant par là, convainc Charles son mari et Amy peut rester à l’unique condition : elle ne doit jamais croiser le chemin de Lord et Lady Vennaway.

Les années passent et Aurelia et Amy sont devenues comme des sœurs au grand dam des parents d’Aurelia. La jeune fille souffre de vivre son existence dans une cage dorée vide de sens. Avide de liberté, elle désire s’affranchir des contraintes sociales et tente de se rebeller contre ses parents qui veulent un beau mariage pour leur unique enfant, ce dont la jeune fille ne veut à aucun prix.

C’est alors qu’on lui diagnostique une maladie de cœur et que le docteur déconseille fortement le mariage sous peine d’écourter sa vie. Ses parents qui veulent malgré tout un héritier consentent à la laisser partir trois mois à Londres à condition qu’elle se fiance à son retour.

Aurelia accepte et laisse derrière elle Amy, trop jeune pour la suivre. Seulement, les trois mois passent et Aurelia n’est toujours pas de retour. Une année s’écoule avant que l’héritière ne revienne à Hatville Court.

Il lui reste alors quatre années à vivre jusqu’à ce jour de janvier 1848 où elle s’éteint et laisse une lettre à sa chère Amy, le premier indice d’une chasse au trésor pas comme les autres…

Lorsque j’ai vu cette couverture dans le catalogue des éditions Presses de la cité et que j’ai lu la quatrième de couverture, je n’ai pas hésité une seconde avant de demander à recevoir L’oiseau des neiges de Tracy Rees.

Un destin de femme dans l’Angleterre victorienne avec des secrets de famille, c’est pile tout ce que j’aime et je ressors de cette lecture, totalement conquise !

Cette immersion au cœur du 19è siècle retraçant la très grande amitié liant Aurelia, une jeune aristocrate aussi capricieuse qu’adorable à Amy Snow, une enfant dont les origines obscures lui seront constamment reprochées, se révèle passionnante.

Dans cette société victorienne régie par l’importance de la naissance, les classes et les codes sociaux d’une rigidité extrême, mieux vaut être bien née pour avoir une chance d’exister et d’être respectée même si les mieux nées n’échappent pas à leur condition ni à leurs devoirs.

Tracy Rees parvient à restituer avec aisance cette réalité de l’époque, notamment cette condition féminine, elle montre qu’à cette époque, hors de vie sans mariage et sans enfants. Amy Snow incarne tout ce que rejette la société bien-pensante et puritaine du règne de Victoria.

Les chapitres du roman alternent entre les lettres écrites par Aurelia formant le jeu de pistes, la vie qu’a vécu Amy jusqu’à la mort d’Aurelia racontée comme un journal intime et les épreuves qu’elle affronte durant le jeu de pistes que lui a laissé Aurelia.

Tracy Rees a une écriture fluide et on suit avec plaisir Amy dans son enquête même si j’ai trouvé qu’il y avait un peu trop de longueurs à mon goût, je trouve tout de même ce roman très réussi et captivant.

Un grand merci à Anne et aux Editions Presse de la Cité pour cette très belle lecture, j’ai adoré !