Northanger Abbey – Jane Austen

La jeune Catherine Morland visite pour la première fois la ville de Bath, en Angleterre. Elle y rencontre son amie Isabella Thorpe et son frère, mais également le captivant Henri Tilney. Ce dernier l’invite à séjourner à l’Abbaye de Northanger, propriété de son père, lieu que Catherine s’imagine à tort mystérieux et effrayant, tout droit sorti des Mystères d’Udolphe d’Ann Radcliffe.

Catherine Morland est une jeune femme naïve de dix-sept ans, la tête pleine des romans de Ann Radcliffe. Les voisins de ses parents, Mr & Mrs Allen, doivent aller prendre les eaux à Bath et ils proposent à Catherine de les accompagner dans leur villégiature.

Le séjour est prévu pour durer quelques semaines et malgré les bals, les promenades et les boutiques, la jeune fille et Mrs Allen s’ennuient un peu, faute de connaissance. C’est alors qu’elles tombent sur une vieille amie de Mrs Allen, Mrs Thorpe, qui séjourne à Bath avec ses filles.

Catherine se d’amitié avec Isabelle Thorpe, qui fréquente son frère James, au point que les deux jeunes gens annoncent très vite leurs fiançailles. La jeune fille se lie également avec Eleanor Tilney, la soeur du charmant Henry Tilney, pour lequel Catherine ressent très vite une inclination.

La villégiature s’écoule paisiblement et elle est sur le point de prendre fin lorsque les Tilney invitent Catherine à séjourner dans leur propriété familiale, l’Abbaye de Northanger…

Northanger Abbey est sans doute l’un des romans les moins connus de Jane Austen, son sujet m’attirait pourtant beaucoup mais il a néanmoins croupi de longues années dans ma PAL jusqu’à ce que ma copinaute Céline me propose de le lire avec elle, je l’en remercie vivement car c’est grâce à elle que j’ai enfin extrait cette relique de ma PAL.

Roman d’apprentissage, Northanger Abbey reprend la thématique chère à Jane Austen : le mariage. Catherine est une héroïne naïve (parfois limite un peu trop), gaffeuse mais pleine de gentillesse et de délicatesse, l’exacte opposée de Isabelle Thorpe, manipulatrice en diable et en quête d’un mari riche, qui n’hésitera pas à jouer double jeu afin d’arriver à ses fins.

Bourré d’humour, Northanger Abbey est aussi une parodie des romans en vogue à l’époque de l’écriture même de ce roman (1803) que sont les romans gothiques tels que ceux de Mrs Raddcliffe bien sûr (Udolphe, L’italien), d’Horace Walpole (Le château d’Otrante), de Matthew Lewis (Le moine) et héritiers directs des romans du XVIIIè tel que Le diable amoureux de Cazotte.

Jane Austen se moque gentiment mais avec beaucoup de verve du goût qu’a son héroïne pour les ruines et les châteaux ou abbayes médiévales, figures du préromantisme anglais, donnant lieu à des passages très drôles.

Parodie du roman gothique donc mais aussi satire savoureuse de la bonne société anglaise qui prenait ses eaux à Bath pour s’y montrer et non pour s’y soigner, Northanger Abbey est aussi le roman du double jeu, à travers les personnages des Thorpe, famille ruinée, à la recherche de beaux mariages mais aussi du général Tilney, qui invite Catherine, la pensant aussi riche que lui, et donc très intéressante pour son fils Henry.

Si ma lecture fut très plaisante, elle ne me laissera sans doute pas un souvenir impérissable car si l’ambiance m’a beaucoup plu, l’histoire en elle-même n’est pas très intéressante et les personnages se sont révélés soient horripilants soient un peu trop fades à mon goût.

Reste le style si piquant et moderne de Jane Austen vaut à lui seul le détour et que je suis ravie d’avoir pu enfin lire ce roman. Je vous invite à découvrir l’avis de Céline qui a partagé cette lecture avec moi et qui est une vraie connaisseuse de l’œuvre de Jane Austen, son billet est sans doute bien plus intéressant que le mien.

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Une colonne de feu – Ken Follett

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge : le monde qu’il connaissait va changer à tout jamais… Les pierres patinées de la cathédrale dominent une ville déchirée par la haine religieuse et Ned se retrouve dans le camp adverse de celle qu’il voulait épouser, Margery Fitzgerald.
L’accession d’Élisabeth Ire au trône met le feu à toute l’Europe. Les complots pour destituer la jeune souveraine se multiplient, notamment en France où la séduisante Marie Stuart – considérée comme l’héritière légitime du royaume anglais et issue de la redoutable famille française de Guise – attend son heure. Pour déjouer ces machinations, Élisabeth constitue les premiers services secrets du pays et Ned devient l’un des espions de la reine. À Paris, il fait la connaissance de la libraire protestante Sylvie Palot dont le courage ne le laisse pas indifférent…

Noël, 1558. Ned Willard vient de passer près d’un an à Calais et retrouve enfin sa mère, veuve depuis 10 ans, et à la tête d’un fructueux négoce, mais aussi Margery Fitzgerald, la fille du puissant maire de Kingsbridge, dont il est fou amoureux.

Les jeunes gens sont heureux de se retrouver mais leur bonheur est de courte durée. Pour les Fitzgerald qui rêvent d’ascension sociale, Margery doit faire un beau mariage et ils entendent bien lui faire épouser le fils du comte Swithin, Bart. Hors de question donc que leur fille unisse son destin à un protestant qui plus est détesté par Rollo, le frère de Margery.

Les Fitzgerald sont des catholiques purs et durs, fidèles à la reine Marie Tudor, surnommée la sanglante et alliés au tout puissant évêque de Kingsbrdige. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à se venger des Cobley, qui leur ont fait perdre 400 livres en envoyant le chef de famille au bûcher, du fait de son protestantisme.

Le conseiller de la princesse Elisabeth Tudor, demi-soeur de la reine, vient séjourner à Kingsbridge et propose à Ned d’entrer au service de l’héritière du trône alors que la reine, condamnée par la maladie, va bientôt passer de vie à trépas.

Séduit par la modération religieuse de la future Elisabeth Ière, qui promet de ne pas envoyer ses sujets au bûcher en raison de leur religion, il fonde beaucoup d’espoir dans son avènement. A l’inverse des Fitzgerald, qui souhaitent voir Marie Stuart, ceindre la couronne.

Pendant ce temps là, à Paris, Pierre Aumande, entre au service de la puissante famille des Guise, dont il revendique la parenté. Le duc et son frère le cardinal, oncles de la jeune Marie Stuart, s’apprêtent à assister au mariage de leur nièce avec l’héritier du trône, le jeune François, fils aîné du roi Henri II.

Ultra-catholiques rivaux des Bourbons, ils rêvent de débarrasser la France des Hérétiques et les envoyer au bûcher par milliers. Ils confient à Pierre une mission : infiltrer les protestants parisiens et dresser la liste de tous ceux qui font commercent de bibles en français.

Il provoque donc la rencontre de Sylvie Palot, fille de Gilles Palot, un imprimeur pilier de la communauté protestante. Il la courtise et arrive à la convaincre qu’il croit lui aussi en la vraie religion afin d’assister aux offices sis dans l’hôtel particulier du marquis et de la marquise de Nîmes.

Tant et si bien, que le jour de ses épousailles avec Sylvie, l’ensemble des convives est arrêté et contraint d’abjurer sa foi. Ce qui ne sauvera pas Gilles, condamné à être brûler vif…

Troisième volume de la série Kingsbrige, Une colonne de feu, nous immerge au coeur des guerres de religion qui ont secoué toute la seconde moitié du 16è siècle. Ken Follet, conteur hors-pair, nous propose ici une vaste fresque qui court sur près de soixante ans, nous emmenant tantôt à Kingsbridge, à Paris, à Genève, à Anvers ou à Hispaniola.

Pas de panique, si comme moi, vous n’avez lu ni Les piliers de la terre ni Un monde sans fin, ce troisième opus se passe à une époque et avec des personnages différents aux précédents opus. Ne vous effrayez pas non plus de l’épaisseur du roman ou du thème central du roman : les guerres de religion. Le sujet peut paraître aride, voire rebutant, il devient au contraire passionnant sous la plume fluide de Ken Follett, rendant compréhensible et simple, quelque chose de plutôt complexe.

L’auteur réussit en effet le tour de force à nous faire comprendre tous les enjeux et les multiples conflits qui émaillent la France, l’Angleterre, l’Espagne et les Pays-Bas, le tout sans longueur alors que ce roman est une véritable briquasse de près de 950 pages !

On pourra reprocher Ken Follett de nous proposer des personnages très manichéens avec d’un coté les gentils protestants persécutés et de l’autre les méchants catholiques, intransigeants et haineux par tous les pores de leur peau. La réalité était sans doute un peu plus nuancée même si on ne peut pas oublier le massacre de la Saint Barthélémy et la volonté des catholiques ultras de décimer l’intégralité des protestants de la capitale, manipulant à merveille le faible roi Charles IX, épuisé par la maladie qui l’emportera deux ans plus tard.

Ceci mis à part, je me suis laissée prendre par le récit de la première à la dernière ligne, appris beaucoup de choses et renforcé certaines de mes connaissances, car autant je connais plutôt bien certains épisodes français, j’ignorais tout des règnes de Marie la sanglante et de Elisabeth Ière.

Vous l’aurez compris, j’ai trouvé ce roman historique très bon avec son lot de complots, meurtres, romance impossible, guerre de religions, bataille navale… mêlant habilement personnages de fiction et personnages historiques. Une fresque qui nous tient en haleine jusqu’au point final et que je ne peux que vous conseiller.

Cette lecture fleuve à été faite en compagnie de ma copinaute Belette, sans elle, pas sûre que j’aurai sorti aussi vite cet épais roman de ma PAL, vous pouvez retrouver son avis éclairé ici.

Un grand merci à Filippa et aux éditions Robert Laffont pour cette très belle lecture, j’ai adoré !

Je m’appelle Léon – Kit de Waal

Leon, 9 ans, est un garçon courageux. Quand un jour sa mère n’arrive plus à se lever le matin, il s’occupe de son demi-frère Jake. Quand l’assistante sociale emmène les deux garçons chez Maureen au gros ventre et aux bras de boxeur, c’est lui qui sait de quoi le bébé a besoin. Mais quand on lui enlève son frère et qu’on lui dit que chez ses nouveaux parents il n y a pas de place pour un grand garçon à la peau sombre, c’en est trop.

2 avril 1980, Leon, 9 ans, rend visite à sa maman à l’hôpital où elle vient d’accoucher de Jake. Leon est immédiatement fou d’amour pour ce petit frère si différent de lui car si ils ont une maman en commun, leurs pères sont différents.

Leon est un petit métis tandis que Jake a la peau blanche et les cheveux roux. Seulement, après le retour à la maison, Carol tombe en grave dépression. Déjà lâchée par le père de Léon, c’est au tour de celui de Jake de la rejeter, elle et son bébé.

Leon prend en charge son petit frère jusqu’au moment où il n’y a plus de couches ni de lait pour Jake et de nourriture pour lui. Il sonne alors chez la voisine pour lui demander de l’aide et celle-ci prévient les services sociaux.

L’assistante sociale confie les deux garçons à Maureen, qui est maman d’accueil depuis de nombreuses années. Elle leur donne beaucoup d’amour et tente de nouer le contact avec Carol qui ne se sent plus capable de s’occuper de ses fils.

Les services sociaux décident alors de les proposer à l’adoption mais séparément car autant Jake, le petit bébé bien blanc, a de bonnes chances de trouver une famille, autant le petit black, personne n’en veut.

Et, au bout de quelques mois, Jake part pour toujours et Leon décide de passer à l’action car il veut à tout prix réunir sa famille…

Il m’a fallu un peu plus d’un an avant de me décider à lire Je m’appelle Léon. Je savais que cette histoire allait me toucher et m’émouvoir et ce fut bel et bien le cas.

L’histoire de Léon a serré le cœur de la maman que je suis. Ce petit garçon qui a grandi trop vite à cause des responsabilités que lui a fait porter sa mère est attendrissant et on s’attache sans peine à lui.

J’ai été émue par ce petit garçon, j’ai partagé sa peine et sa tristesse et espéré qu’enfin le bonheur arrive dans sa vie. Leon a du mal à trouver sa place dans la société et il a l’impression d’être transparent et ne compter pour personne.

Je m’appelle Leon, c’est aussi la quête d’identité d’un petit orphelin métisse dans l’Irlande des années 80 où avoir la peau foncée n’était pas vraiment un atout. Mais Leon est déterminé, il a prouvé par le passé qu’il est capable de s’occuper seul d’un bébé et de sa maman et ne comprend pas pourquoi ils devraient être séparés.

C’est touchant de voir cet enfant se démener, de voir sa détresse, sa peine alors qu’il mérite, comme tous les enfants, d’être heureux et d’avoir une vie d’enfant tout simplement.

Au-delà de Léon, l’autrice conte des vies cabossées, celle des adultes qui entourent notre jeune héros et notamment des femmes : Carol bien sûr mais aussi Maureen et Sylvia qui accueillent Léon.

C’est un roman qui ne peut pas laisser indifférent, d’une tonalité assez triste je ne vous le cache pas mais aussi plein d’espoir. Dommage que Kit de Waal ait rallongé son histoire avec des histoires parallèles qui font perdre en intensité et en émotion, des longueurs qui pour moi ne sont pas indispensables et cassent même la lecture.

Un roman que je vous recommande malgré tout car il offre une plongée intéressante dans le quotidien de ces enfants qu’on retire à leurs parents et qui sont ballotés de familles d’accueil en familles d’accueil.

Merci aux Editions Kero pour cette lecture émouvante !

Une saison à la petite boulangerie – Jenny Colgan

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Polly Waterford coule des jours heureux sur la paisible île de Mount Polbearne, dans les Cornouailles, entre le grand phare dans lequel elle s’est installée avec Huckle, son boyfriend, et la petite boulangerie où elle prépare chaque jour, avec passion, d’irrésistibles pains dorés. Mais lorsque le nouveau propriétaire de sa boutique fait irruption sur l’île, Polly réalise que son bonheur pourrait bien être réduit en miettes… Avec une pincée de fleur de sel, des kilos de farine et une bonne dose de volonté, réussira-t-elle à surmonter les obstacles qui se dressent sur sa route ? Tout va pour le mieux pour Polly Waterford. Elle file le parfait amour avec Huckle, un grand américain qui fabrique du miel et la propriétaire des deux boulangeries de l’île de Mont Polbearne, Mrs Manse, est partie prendre sa retraite sur le continent, lui laissant carte blanche.
Sur cette île des Cornouailles coupée du monde plusieurs fois par jour, notre trentenaire est très heureuse, au point d’avoir acheté le phare, s’apprêtant à couler de longues années dans un bonheur parfait.
Hélas pour elle, Mrs Manse décède brutalement et sa sœur hérite de ses biens. Estimant que les boulangeries n’engrangent pas assez de bénéfices, elle délègue à l’un de ses fils, Patrick, le soin de redresser la barre à coup de pains industriels.
Pour Polly, c’en est trop et après une énième prise de bec avec Patrick, elle est renvoyée. Que va-t-elle pouvoir faire sur l’île maintenant, elle qui aime tant avoir les mains dans le pétrin ?
L’été dernier, j’avais profité de mes vacances pour découvrir La petite boulangerie du bout du monde que j’avais beaucoup aimé. J’ai donc profité de mes vacances 2017 pour découvrir la suite : Une saison à la petite boulangerie.
Pour celles qui ont lu comme moi le premier volume, quel bonheur de retrouver Polly, son oiseau de mer Neil, Huckle, Reuben, Jayden, Archie et les pêcheurs de l’île, toujours en deuil de leur patron Tarnie, Patrick le vétérinaire, pour ne citer qu’eux. Trois nouveaux personnages font leur apparition : Patrick, l’héritier de Mrs Manse, exécrable personnage qui joue ici le rôle du vilain méchant pas beau, Sélina la veuve de Tarnie et Flora, apprentie boulangère.
Comme le premier opus, Une saison à la petite boulangerie est un joli roman feel-good, à la fois gourmand et rafraichissant, idéal à lire l’été, sur la plage. J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre Polly dans ce nouveau chapitre de sa vie, c’est une jeune femme courageuse, qui ne baisse pas les bras et qui saura rebondir malgré les embuches semées sur son passage, bien aidée par Huckle, qui n’hésitera pas à retourner aux Etats-Unis travailler durement dans une ferme, pour l’aider financièrement.
A travers le quotidien de l’ex-citadine, on prend conscience de la dure vie sur une île presque coupée du monde, le difficile travail des pêcheurs et on assiste au nouveau projet de l’héroïne à coups de foccacia et autres pains qui nous font saliver tout au long du récit.
Si l’histoire ne sort pas des sentiers battus et qu’elle est plutôt conforme aux romans feel-good, ce qui change ici c’est le décor rude mais magnifique de cette île de Cornouailles et l’aspect gourmand du récit.
Cependant, je dois bien admettre que si cette lecture fut agréable, elle ressemble par moment un peu trop à l’histoire que l’auteure nous donne à lire dans le premier opus, j’espère que le troisième tome qui a pour cadre Noël et qui devrait sortir d’ici quelques mois, sera un peu plus original.
L’écriture de Jenny Colgan est toujours aussi efficace : on tourne les pages sans s’en rendre compte et j’ai finalement lu cette brique en trois jours seulement.
Une saison à la petite boulangerie est un roman doudou, réconfortant et savoureux qui pêche cependant par son manque d’originalité et parfois d’inutiles péripéties. J’ai néanmoins passé un très bon moment en compagnie de Polly & Co et je pense lire la suite dès qu’elle sera disponible en poche.

La merveilleuse boutique de crèmes glacées de Viviane – Abby Clements

À Brighton, la vie d’Anna s’organise enfin. Elle est épanouie dans sa vie professionnelle et vient d’acheter un appartement avec son petit ami. Quant à Imogène, sa globetrotteuse de sœur, elle vient de poser ses affaires dans un petit coin de paradis thaïlandais pour poursuivre son projet photographique. La mort soudaine de Viviane, leur grand-mère adorée, va bouleverser leur destin. Anna et Imogène héritent de sa boutique de crèmes glacées, située à Brighton. Les deux sœurs relèvent le défi et reprennent ensemble la boutique – véritable lieu de vie, de rencontres et de surprises, qu’elles chérissent. Une chose est sûre… leur été ne sera plus jamais pareil !


Anna et Imogene sont des sœurs aux caractères diamétralement opposés. L’aînée mène une vie bien rangée avec un travail fixe et un petit ami tandis que la second ne pense qu’à papillonner, parcourir le globe, sans la moindre envie de se poser.
Près de Brighton, Viviane, leur grand-mère adorée, se réjouit de la visite d’Anna, d’autant que celle-ci est sur le point d’emménager avec l’homme de sa vie dans un appartement à quelques kilomètres seulement de chez elle.
Alors que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, Viviane décède de façon très soudaine. Imogene quitte la Thaïlande pour l’enterrement et lors de l’ouverture du testament, les deux jeunes femmes apprennent, stupéfaites, qu’elles héritent de la boutique de glaces de Viviane, vieille de près d’un demi-siècle.
Confiante envers leurs capacités, leur grand-mère souhaite qu’elles la reprennent. Anna adore faire des glaces et elle accepte de relever le défi avec sa sœur, qui repousse la date de son départ pour lancer leur petite entreprise…
De Abby Clements, j’avais lu ce printemps Le charmant cottage d’Amelia (https://deslivresdeslivres.wordpress.com/2017/03/27/le-charmant-cottage-damelia/) qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable, pour autant lorsque mon regard s’est posé sur La merveilleuse boutique de crèmes glacées de Viviane j’ai aussitôt eu envie de le lire, alléchée par cette jolie couverture.
Et autant vous le dire d’emblée, je me suis régalée avec cette lecture qui fut la première de mes vacances. Il faut dire que lire un roman gourmand dont le sujet principal est la crème glacée est à lire l’été, si possible sur une plage, avec une glace à portée de main !
De la crème glacée, de l’amour, de l’amitié, l’Italie, de l’entraide et une belle complicité entre sœurs sont les ingrédients principaux de cette petite romance fraiche et légère qui ne sort certes pas des sentiers battus, qui n’est pas non plus le roman de l’année on est bien d’accord, mais qui m’a fait passer un joli moment de lecture.
L’écriture de Abby Clements est fluide, agréable, il y a de l’humour, de l’émotion, une atmosphère dans laquelle on se sent bien et franchement les pages se tournent toutes seules si bien qu’en un rien de temps, on arrive à regret à la dernière page.
Ce roman, en plus de nous mettre l’eau à la bouche, nous fait également voyager : de la côte anglaise à la Thaïlande en passant par le pays de la gelati, autrement dit l’Italie !
Et cerise sur le gâteau, pour celles qui souhaiteraient se lancer dans la création de glaces, Abby Clements nous livre quelques recettes sur un plateau.
Vous l’aurez compris, un roman à déguster pendant les vacances, bon moment garanti !

Avant toi – Jojo Moyes, Milady

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

Londres, 2007. Will Traynor rejoint le poste de taxi le plus proche sous la pluie battante, trop mauvais temps pour enfourcher sa moto. Alors qu’il s’apprête à entrer dans un cab, il ne voit pas le conducteur de deux roues qui fonce droit sur lui.

Stortfold, 2009. Louisa Clark, 26 ans, vient de perdre son travail de vendeuse au Petit pain beurré. Sans qualification et en quête d’un salaire vital pour sa famille dont la situation financière est plus que précère, elle accepte l’emploi d’aide soignante de Will Traynor, tétraplégique depuis deux ans déjà.

Les premiers jours à l’annexe sont difficiles, Will a l’air de la détester et de la mépriser mais au fil des semaines passées, Lou va apprendre à connaître le jeune homme et le masque de dureté va progressivement céder la place à un jeune homme exceptionnel. Les barrières sociales tombent entre eux, entre la jeune fille prolétaire et l’homme d’affaires. Elle qui n’a jamais quitté son trou paumé de l’Angleterre, va commencer à voir plus grand, sous l’impulsion de Will qui ne va pas hésiter à la secouer un peu avec pour seul objectif qu’elle ait un avenir digne de ce nom.

Seulement alors qu’elle arrive progressivement à abattre ses défenses, elle n’a plus qu’une idée en tête : faire renoncer Will à son projet de suicide médicalisé en Suisse. Pour cela, elle n’a que quelques mois et une date butoir, le 13 août…

J’ai mis deux ans avant de me décider à acheter Avant toi de Jojo Moyes tant ce livre avait fait l’unanimité, j’avais peur d’être déçue, et par son sujet, le suicide assisté, qui me faisait craindre une lecture sous perfusion de mouchoirs.

Finalement acheté en avril, il n’aura pas croupi longtemps dans ma PAL, extirpé par la main innocente de mon Sami-Chameau de fils, je me suis dit qu’il était temps pour moi de faire mon avis.

Et autant tuer le suspens tout de suite, j’ai beaucoup aimé Avant toi et j’ai fini en larmes comme tout le monde sous les yeux ébahis du même Sami-Chameau qui m’a dit « maman ce n’est qu’un livre tu ne vas pas pleurer pour ça !! » lorsqu’il m’a vu les yeux et le nez rouges… Il est clair que mes fils n’ont pas hérité de ma sensibilité à fleur de peau !

Jojo Moyes nous propose ici une très belle histoire d’amour émaillée d’embuches avec des personnages attachants et singuliers. Il n’est pas courant que le héros d’un roman soit handicapé, encore moins tétraplégique et je trouve cet aspect du roman très intéressant, se rendre à quel point la vie de ces personnes est dépendante d’autres et combien il doit être dur de perdre toute liberté de mouvement mais aussi de décision. Se sentir humilié aussi.

Will, après une vie menée à cent à l’heure, pleine de sensations fortes, est maintenant prisonnier de son fauteuil. Il a perdu toute envie de vivre, ne peut pas et ne veut pas s’accommoder de son nouveau quotidien où il ne pourra jamais plus faire ce qui faisait le sel de sa vie.

Jusqu’au bout on espère avec Louisa et avec l’amour qui naît entre eux qu’elle le fera changer d’avis, qu’il acceptera d’accepter une nouvelle vie qui pourrait naître. Mais je ne vous en dis pas plus afin de ne pas trop en dévoiler.

C’est un livre empli d’émotions et de tristesse mais aussi de joie, Jojo Moyes n’oublie pas de mettre beaucoup d’humour et de dérision dans ses dialogues, ce qui permet d’alléger l’atmosphère qui n’est jamais plombée.

Avec un tel sujet, l’auteure aurait pu tomber dans le roman larmoyant, les facilités et les raccourcis, il n’en est jamais rien et elle aborde avec beaucoup de sensibilité et de pudeur le thème du handicap et du suicide assisté.

Un très beau roman de sa première à sa dernière ligne, qui flirte avec le coup de cœur et qui me restera longtemps en mémoire.

Rendez-vous au Cupcake Café – Jenny Colgan

Lu dans le cadre du mois anglais et 1 pavé par mois :

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Issy est indéniablement douée pour la pâtisserie ! Ses collègues de la City se régalent chaque semaine des délicieux gâteaux qu’elle apporte au bureau. Elle tient ce talent de son grand-père qui a consacré sa vie entière à sa boulangerie. C’est à ses côtés, dans la chaleur des fournils, qu’Issy a grandi et appris les secrets des cupcakes moelleux.

Quand elle est brutalement licenciée, Issy décide de suivre son cœur et de se consacrer à sa passion pâtissière. C’est aussi pour elle une façon de rendre hommage à son grand-père dont la santé décline peu à peu… Mais ouvrir une boutique à Londres n’est pas de tout repos. La jeune femme découvre rapidement que de nombreuses personnes sont prêtes à lui mettre des bâtons dans les roues pour faire capoter son projet de Cupcake Café.

Izzy est une jeune trentenaire responsable administrative dans un gros cabinet immobilier. Cette londonienne célibataire entretient depuis quelque temps et dans le plus grand secret une liaison avec son boss, le beau Graeme, au grand dam de sa meilleure amie et colocataire Helena qui pense qu’il ne s’engagera jamais et qu’elle perd son temps.

Bien que la jeune se contente de son poste bien plan plan, ce qu’elle adore faire, c’est de la pâtisserie et plus particulièrement des cupcakes dont elle régale ses collègues de bus et de bureau. Un virus qu’elle a contracté auprès de son Grampa Joe qui l’a élevé et qui était boulanger.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si il n’y avait pas la crise et le groupe immobilier pour lequel Izzy travaille décide de procéder à des licenciements afin de conforter ses marges. Isabel est convoquée comme l’ensemble de ses collègues et elle a la mauvaise surprise d’apprendre qu’elle fait partie des premiers licenciés.

Révoltée contre cette décision qu’elle estime injuste et contre Graeme, qui n’a pas hésité à la sacrifier, elle claque la porte et va connaître quelques semaines difficiles à traîner en pyjama toute la journée et à se goinfrer de gâteaux et de crèmes glacées jusqu’à ce que Helena la secoue suffisamment pour qu’elle se lance dans un projet fou : devenir chef d’entreprise en ouvrant son propre salon de thé…

L’été dernier j’avais beaucoup aimé La petite boulangerie du bout du monde signé également Jenny Colgan, un feel-good book gourmand que j’avais dévoré sur la plage et que j’ai préféré à Rendez-vous au Cupcake Café qui lui ressemble trop sur bien des points : une jeune femme qui après un licenciement (une faillite dans La petite boulangerie…) se retrouve célibataire et qui décide de prendre une décision radicale, celle de changer de vie pour devenir dans un cas boulangère et dans l’autre pâtissière.

Le thème du nouveau départ n’est pas nouveau, il est même souvent au centre des feel-good books, généralement accompagné d’une romance avec triangle amoureux, ce qui est le cas ici et ce qui m’a un peu déçue.

Outre le fait qu’il ne sorte pas des sentiers battus et reste bien dans les clous de ce genre littéraire, il est trop calqué sur La petite boulangerie dont j’avais parfois l’impression de lire le remake, un peu dommage non ?

Néanmoins, la lecture est agréable, le roman est charmant et gourmand à souhait, on se laisse prendre au jeu, l’histoire est bien menée quoique l’on peut lui reprocher quelques longueurs, l’héroïne volontaire et attachante mais ce Rendez-vous au Cupcake Café reste trop prévisible à mon goût.

Ce que j’ai beaucoup aimé en revanche, c’est l’amitié et la solidarité entre les femmes qui côtoient Izzy, toutes de conditions sociales différentes et qui vont l’aider à mener à bien son projet et à faire de son salon de thé une réussite.

Autre point positif : la très belle relation qui unit Izzy à son Grampa, placé dans une maison de retraite, et qui vit ses derniers mois est touchante, émouvante et apporte un vrai plus à l’histoire sage et convenue.

Vous l’aurez compris, une lecture agréable et sympathique qui remplit parfaitement sa mission de détente mais si vous souhaitez découvrir Jenny Colgan, je vous conseille plutôt La petite boulangerie du bout du monde !