Toi, moi et tout le reste – Catherine Isaac

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Qui oserait arriver en retard à l’accouchement de son propre fils, le cou plein de traces de rouge à lèvres ? Adam apparemment. Pour Jess, la coupe est pleine. Elle le quitte.
Dix ans plus tard, pour exaucer l’un des derniers souhaits de sa mère, atteinte d’une maladie dégénérative, Jess accepte d’emmener William passer du temps en France avec son père, désormais l’heureux propriétaire d’un magnifique relais château près de Sarlat. Pendant toutes ces années, Adam ne s’est jamais vraiment intéressé à l’enfant.
Jess a donc une mission : faire en sorte qu’Adam et William nouent une vraie relation. Et, de préférence, en évitant de retomber amoureuse de son ex – la vie est déjà bien assez compliquée comme ça !

Dix ans après avoir mis fin à sa relation avec son grand amour Adam parce que celui-ci a raté la naissance de son fils William et arrivé la maternité, le cou plein de traces de rouge à lèvres, Jessica, sur la demande de sa mère, en phase terminale de la maladie de Huntington, accepte d’emmener William, en vacances en Dordogne auprès de son père, désormais l’heureux propriétaire d’un magnifique relais château.

Pendant ces dix dernières années, Adam a été un père absent et ne s’est jamais vraiment intéressé à son enfant, laissant Jess gérer son éducation et son bien-être, se contentant de verser une pension alimentaire. Jess ne se fait pas trop d’illusion sur Adam mais espère que ces vacances permettront au père et au fils de se rapprocher et d’éveiller peut-être enfin la fibre paternelle d’Adam.

Mais dès leur arrivée, Jess s’aperçoit qu’Adam est très pris par son travail et sa nouvelle petite amie Simone et n’a prévu aucune activité en commun avec William…

Toi, moi et tout le reste est le premier roman de Catherine Isaac, plus connue pour ses romances sous le pseudonyme de Jane Costello, tous des best-sellers en Angleterre. Dans ce roman, on suit Jessica, une jeune trentenaire qui force le respect car non seulement elle jongle entre son job et son fils qu’elle élève seule mais elle s’occupe aussi beaucoup de sa maman atteinte d’une maladie dégénérative mortelle : la maladie de Huntington que je ne connaissais que de nom et que j’ai véritablement découvert ici.

Notre héroïne n’a donc pas le temps pour une vie amoureuse d’autant que cette maladie héréditaire plane sur elle et son avenir. Elle n’a pas vraiment tourné la page ni fait le deuil de son histoire d’amour avortée avec Adam et dès son arrivée, elle ne peut s’empêcher d’être sous le charme. Mais se laissera-t-elle pour autant convaincre de donner une nouvelle chance à Adam ? Vous le saurez en lisant ce roman.

Si l’histoire n’a rien d’original à première vue, je l’ai pourtant beaucoup aimé, sans doute parce que je me suis pas mal reconnue dans cette maman solo forte, portant à bout de bras ses responsabilités, préoccupée par son fils et que la belle relation qui unit Jess à William, me rappelle celle que je vis avec mes propres fils.

Ce qui m’a également beaucoup plu, c’est que sous couvert d’une histoire feel good plutôt légère, Catherine Isaac aborde avec beaucoup de justesse la parentalité et surtout cette terrible maladie de Huntington qui peu à peu emprisonne le malade dans son corps, le condamnant à une mort certaine et laissant l’entourage totalement désarmé.

J’ai aussi beaucoup aimé les deux amies de Jess qui l’accompagnent pendant ses vacances, l’une célibataire workaholic ne trouvant pas chaussure à son pied et la seconde, débordée par sa famille nombreuse et qui peine à retrouver une vraie vie de couple avec son mari.

A elles trois, elles symbolisent bien les femmes d’aujourd’hui qui mènent une vie sous pression, devant jongler entre job, enfants et vie amoureuse.

Toi, moi et tout le reste (vous comprendrez ce titre énigmatique au cours de la lecture) est une histoire tantôt drôle et pétillante, tantôt émouvante et poignante que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

Des personnages attachants, beaucoup d’émotions, la complexité des relations familiale, la maladie, l’amour et l’amitié sont traités avec justesse et sans sensiblerie.

Vous l’aurez compris, cette histoire m’a tenu en haleine et les thématiques m’ont intéressée, je ressors de ma lecture sous le charme et je ne peux que vous inviter à la découvrir à votre tour.

Un grand merci à Anne et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture, j’ai adoré !

Publicités

La chorale des dames de Chilbury – Jenifer Ryan

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

1940. Un paisible village anglais voit partir ses hommes au front. Restées seules, les femmes affrontent une autre bataille : sauver la chorale locale pour défier la guerre en chantant. Autour de Miss Primrose Trent, charismatique professeur de chant, se rassemble toute une communauté de femmes, saisie dans cet étrange moment de liberté : Mrs. Tilling, une veuve timide ; Venetia, la « tombeuse » du village ; Silvie, une jeune réfugiée juive; Edwina, une sage-femme qui cherche à fuir un passé sordide. Potins, jalousies, peurs, amours secrètes… Entre rires et larmes, Jennifer Ryan, s’inspirant des récits de sa grand-mère qui a vécu le conflit depuis un petit village du Kent, sonde les âmes de ce choeur que vous n’êtes pas près d’oublier.

Mars 1940, Chilbury, dans le Kent. Les hommes ont tous été mobilisés et le pasteur du village sonne le glas de la chorale paroissiale. Les femmes ne l’entendent pas de cette oreille et encouragées par Primrose Trent, professeure de chant, décident de sauver la chorale en s’affranchissant des voix masculines.

C’est ainsi que naît la chorale des dames de Chilbury qui entend bien sillonner la campagne environnante pour remonter le moral des populations durement éprouvées par la guerre.

Mrs Tilling l’infirmière timide qui tremble pour son fils parti au front, Venetia qui fait chavirer les cœurs et sa sœur Kitty, Edwina la sage-femme, Sylvie la réfugiée juive qui a fui la Tchécoslovaquie vont s’unir et puiser un certain courage pour faire face à la guerre et à l’envahisseur et une rage de vivre dans le chant et la musique.

La chorale des dames de Chilbury est avant tout la chronique d’un petit village anglais de mars à août 1940 qui n’est pas sans rappeler Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de par son contexte et sa construction narrative.

Comme Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, Jennifer Ryan a fait le choix d’un roman épistolaire à plusieurs points de vue mais contrairement au Cercle, elle y mêle également les journaux intimes des différentes dames de Chilbury en leur donnant la parole tour à tour.

Ce roman choral qui mêle correspondances et journaux intimes est fluide et agréable, avec de l’humour mais aussi de l’émotion et de l’amour. Je trouve que l’auteure a bien mené son intrigue et savamment dosé le rythme de son récit entre les lettres, les journaux intimes et les télégrammes qui nous apportent tous son lot d’informations, ce qui imprime un vrai rythme au récit.

Jennifer Ryan a également bien composé entre toutes les protagonistes de son roman, donnant la parole successivement aux femmes qui composent la chorale même si elle fait la part belle à Kitty et Mrs Tilling dont les passages sont les plus longs puisqu’ils sont issus de leurs journaux intimes, on a plaisir à les voir évoluer et retrouver chacune d’entre elles même si Edwina est loin d’être sympathique.

Toutes ces femmes dont l’âge varie d’une dizaine d’années à l’âge mûr, se racontent et racontent leur communauté, leur quotidien en temps de guerre, les bombardements, le rationnement…

On les voit évoluer au fil des échanges, mûrir, prendre de l’assurance, se révéler. Les sentiments sont exacerbés et les traits de caractère de ces dames mais aussi des rares hommes qui les entourent, se dévoilent : générosité, lâcheté, courage, solidarité, autoritarisme, malhonnêteté, violence …

Jennifer Ryan sait esquisser ses personnages et les rendre attachants, Mrs Tilling en tête et comme je le disais plus haut, j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à suivre les héroïnes de ce récit. Le récit alterne en permanence entre légèreté et gravité, humour et émotion, la tristesse étant toujours contrebalancée par une touche d’humour.

La violence est aussi présente à cause de la guerre bien sûr qui intervient tout au long du récit et qui entraîne dans son sillage sa cohorte de malheurs mais aussi du personnage du Général qui fait régner la terreur dans son manoir de Chilbury et qui se rend coupable de forfaits abominables.

L’histoire m’a vraiment beaucoup intéressée et ce, de la première à la dernière page, il y a beaucoup de rebondissements : des décès bien sûr, des naissances, du marché noir, du chantage, de l’espionnage, des histoires d’amour qui se font et se défont dans l’urgence de vivre malgré les bombes des nazis.

Vous l’aurez compris, j’ai passé un très bon moment avec ces dames de Chilbury, et bien que le dénouement soit un peu trop expédié, je ne peux que vous encourager à découvrir à votre tour ce roman.

Un grand merci à Manon et aux éditions Albin Michel pour cette très belle lecture et à Claire qui m’a accompagné dans cette lecture et dont vous pouvez retrouver l’avis ici !

Le treizième conte – Diane Setterfield

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l’écart du monde, s’est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination. Aujourd’hui, âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l’extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à Margaret Lea est une injonction : elle l’invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l’imaginaire. Et elle ne croit pas au récit de Vida.
Dès lors, les deux femmes vont confronter les fantômes qui hantent leur histoire pour enfin cerner leur propre vérité…

Margaret Lea est bouquiniste et travaille dans la librairie de son père. Elle écrit également des biographies d’auteurs du 19è siècle, comme celle des frères Goncourt.

Vida Winter est une romancière culte en Angleterre, auteure de dizaines de best-sellers. Aujourd’hui, âgée et malade, elle veut livrer sa vie à une biographe et fait appel à Margaret.

La jeune femme, très surprise, se décide à lire les romans que la papesse des lettres a écrit et accepte le job en prévenant Vida qu’elle vérifiera tout ce qu’elle lui racontera.

La romancière, très malade, commence à raconter son enfance à Angelfield auprès de sa sœur jumelle…

Le treizième conte était dans ma PAL depuis près de six ans et faisait même partie de mon premier book haul ! J’avais tenté de lire le roman de Diane Setterfield il y a trois ou quatre ans et l’avais abandonné, lassée par la lenteur du récit.

Belette m’ayant proposé de le lire avec elle, j’ai donné une seconde chance à ce récit, qui une fois encore, m’a profondément ennuyé. Il avait pourtant sur le papier tout pour me plaire : une atmosphère gothique, de nombreuses références à la littérature anglaise du 19è siècle (Jane Eyre en tête), un manoir imposant en ruines, la brume permanente, les fantômes omni présents, les histoires à tiroirs qui se mélangent et s’imbriquent, des secrets de famille en veux-tu en voilà.

Et pourtant, je n’ai pas du tout aimé ce roman, lent, bourré de longueurs, de détails et de digressions qui n’en finissent plus. J’ai été incapable de m’intéresser réellement à l’histoire que nous propose Diane Setterfield et encore à m’attacher aux deux héroïnes qui m’ont laissé de marbre.

Difficile de vous donner un avis éclairé sur ce roman, d’autant plus que passé la page 100, je l’ai surtout lu en diagonale, poussée par ma copinaute de lecture, qui voulait que j’aille jusqu’au bout de cette pavasse de près de 600 pages !

Pour moi, Le treizième conte est trop long et j’ai vraiment calé au milieu du roman, me sentant incapable d’aller plus loin, tellement l’histoire n’avançait pas. Je n’ai pas non plus aimé les histoires qui s’imbriquent entre l’histoire de la narratrice et celle de la romancière et de cette gémellité miroir entre l’une et l’autre.

Quant au dénouement final, je n’y ai pas cru et ai été encore plus déçue, si c’était encore possible de l’être davantage. Je ne garderai donc pas un souvenir impérissable de ce roman et je vous invite à aller lire l’avis de Belette ici qui l’a davantage apprécié que moi.

Les chroniques de St Mary tome 1 Un monde après l’autre – Jodi Taylor

Derrière l’innocente façade de St Mary, le secret du voyage dans le temps a été découvert et reste bien gardé. Les chercheurs en Histoire ont ainsi une méthode de travail tout à fait particulière : ils  » étudient ‘en temps réel’ les événements majeurs de l’Histoire « . En se faisant passer pour d’inoffensifs excentriques, ils tentent de répondre à certaines questions qui n’ont jamais été résolues, sans jamais toucher au cours de l’Histoire… au risque d’en mourir.
Madeleine Maxwell, une jeune et brillante historienne est contactée par son ancien professeur afin de rejoindre l’équipe de l’Institut St Mary. Au cours de son étrange entretien d’embauche, Maxwell comprend vite les possibilités qui s’offrent à elle…
De la disparition de Pompéi aux tranchées de la Première Guerre mondiale, du grand incendie de Londres à la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, la jeune historienne va revivre d’extraordinaires événements. Alors qu’au sein de l’institut naissent des enjeux de pouvoir…

À l’institut St Mary de recherche historique, les historiens n’étudient pas seulement le passé, ils le visitent. C’est ce que découvre Madeleine Maxwell, qui vient de terminer de brillantes études en histoire lorsqu’elle est approchée par son ancienne professeure principale, Mrs de Winter.

Elle débarque alors à St Mary pour rencontrer le Dr Edward Bairstow qui dirige l’institut et toute son équipe. St Mary a mis au point des capsules qui permettent à ses historiens de voyager dans le temps sans toutefois interférer dans le cours des évènements.

Le but du jeu : donner leur point de vue sur des grands évènements historiques d’une manière des plus originales, en y prenant part !

C’est ainsi que pour ses premières missions, Madeleine se retrouve propulsée au Moyen-Age ou dans un hôpital de campagne à quelques kilomètres des tranchées en 1917. Des voyages d’entraînement afin de la préparer à un voyage dans le temps jamais tenté : se retrouver en plein milieu du Crétacé afin d’étudier certaines espèces de dinosaures…

Vous le savez certainement si vous me suivez depuis un moment, je ne lis jamais de SF ou de fantastique bien que parfois il m’arrive de découvrir des dystopies ou de la fantaisy. Mais la thématique du voyage dans le temps m’intéresse beaucoup j’ai donc plongé avec grand plaisir dans le premier tome des Chroniques de St Mary et comme j’ai bien fait car j’ai adoré Un monde après l’autre.

Un monde après l’autre est le premier opus d’une série qui en compte d’ores et déjà neuf et si tous sont du même calibre que celui-ci, cela promet de belles heures de lecture en perspective. Jodi Taylor nous propose ici un roman d’aventures très rythmé, porté par une héroïne maladroite qui sème inéluctablement le chaos autour d’elle.

Madeleine se révèle être une véritable poissarde et toutes les missions virent à la catastrophe, entrainant inéluctablement son lot de blessés et de morts mais elle-même n’est jamais épargné et se retrouve à l’infirmerie à tous les coups. Elle est aussi intelligente, drôle, agaçante qu’attachante et j’ai eu beaucoup de plaisir à la suivre tout au long du récit.

Si le voyage dans le temps est bien la thématique principale du roman, l’histoire a le plus souvent pour cadre l’institut St Mary avec ses historiens, ses techniciens, ses informaticiens, son infirmerie et son équipe de sécurité. De la formation de Max jusqu’aux missions, on découvre tout avec émerveillement : les personnages, les équipes, les relations entre eux, les recherches farfelues, les bâtiments qui explosent… et c’est tout aussi passionnant que les voyages en eux-mêmes.

Il y a beaucoup de ressorts dramatiques car comme je le disais plus haut les missions virent tout le temps à la catastrophe mais aussi pas mal d’humour et surtout énormément de rythme et de rebondissements, Jodi Taylor relance sans cesse notre intérêt et on se surprend à regretter que ce premier tome ne fasse que 350 pages !

J’ai vraiment aimé le mélange Histoire, fantastique et action. On peut reprocher toutefois à l’auteure son manichéisme avec d’un côté les gentils vraiment gentils et de l’autre les méchants vraiment méchants, c’est mon seul bémol.

Vous l’aurez compris ce roman qui mêle Histoire et science-fiction m’a vraiment régalé, il y a du rythme, de l’humour et du second degré, je ne peux que vous le conseiller dès 15 ans car j’ai passé un très bon moment avec Max et les équipes de St Mary.

Merci à l’agence Agnès Chalnot Communication et aux Editions HC pour cette lecture palpitante, j’ai adoré !

Le siècle tome 1 La chute des géants – Ken Follett

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

A la veille de la guerre de 1914-1918, les grandes puissances vivent leurs derniers moments d’insouciance. Bientôt la violence va déferler sur le monde. De l’Europe aux États-Unis, du fond des mines du pays de Galles aux antichambres du pouvoir soviétique, en passant par les tranchées de la Somme, cinq familles vont se croiser, s’unir, se déchirer. Passions contrariées, jeux politiques et trahisons… Cette fresque magistrale explore toute la gamme des sentiments à travers le destin de personnages exceptionnels…

22 juin 1911, le roi George V est couronné à l’abbaye de Westminster à Londres, succédant à son père Edouard VII sur le trône d’Angleterre. Pendant ce temps-là, à Aberowen, dans le sud du pays de Galles, Billy Williams descend au fond de la mine pour la première fois. Ce n’est encore qu’un enfant qui usait hier encore ses fonds de culotte sur les bancs de l’école mais ce fils de mineur n’a pas le choix, il doit ramener une paie de plus pour aider sa famille.

Sa sœur Ethel est femme de chambre pour lord et lady Fitzherbert, les propriétaires de la mine mais la jeune femme qui a oublié d’être bête rêve de devenir gouvernante. A l’occasion de la visite du roi et de la reine chez le Comte, elle va endosser ce rôle et entamer une liaison avec son maître.

La visite de George V donne lieu à une réunion entre les diplomates anglais, américains, allemands et autrichiens pour tenter de sauver la paix. Lady Maud Fitzherbert, la sœur du comte, suffragette convaincue, rencontre alors Walter von Ulrich et Gus Dewar. Elle va tomber amoureuse du premier et se faire un allié du second.

En Russie, Grigori et Lev Pechkov, travaillent dur à l’usine. Leur père a été condamné à mort par son suzerain et leur mère, tuée, lors du dimanche sanglant du 9 janvier 1905. Depuis lors, l’aîné veille sur le second et voue une haine farouche au tsar.

Le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’empire Austro-Hongrois, est assassiné par Gavrilo Princip, un nationaliste serbe. Pendant les semaines suivantes, les diplomates s’activent afin d’éviter à l’Europe de s’embraser, en pure perte. Les militaires ont pris le pouvoir et les amis d’hier vont devoir se combattre…

Comme je vous le disais ici, il y a un certain nombre de briquasses qui croupissent littéralement dans ma PAL ! La chute des géants, premier tome de la trilogie Le siècle de Ken Follett, en faisait partie puisque je l’avais acquise il y a plus de cinq ans déjà.

Heureusement notre lecture commune de Une colonne de feu cet automne avec Belette nous a décidé à enfin attaquer l’autre trilogie du romancier gallois et je la remercie de m’avoir accompagné dans cette lecture et soutenue car j’avoue avoir calé à la moitié du roman alors qu’elle avalait les pages pendant ce temps-là, ce qui m’a motivé à poursuivre et j’ai bien fait car une fois ce livre refermé, je dois dire qu’il m’a dans l’ensemble beaucoup plu même si les coulisses politiques ne m’ont pas forcément passionnée.

Cette fresque magistrale de plus de mille pages explore dix ans du vingtième siècle, de 1914 à 1924, du déclenchement des hostilités à la création de la société des nations, de l’Angleterre à la Russie, en passant par les Etats-Unis et l’Allemagne, à travers les destins tourmentés de Billy et Ethel Williams, du comte Fitzherbert et de son épouse russe la princesse Béa, de Lady Maud Fitzherbert, de Walter von Ulrich, de Gus Dewar, de Grigori et Lev Pechkov qui vont braver les obstacles et les peurs pour s’aimer, pour survivre, pour tenter de changer le cours du monde.

Entre saga historique et roman d’espionnage, intrigues amoureuses et lutte des classes, ce premier volet du Siècle, se révèle assez passionnant puisque nous sommes aux premières loges pour assister à la chute des géants, c’est-à-dire les empires et royautés européennes qui vont vaciller et s’effondrer pour un certain nombre d’entre elles.

A la fin du premier conflit mondial, la carte de l’Europe est considérablement modifiée pour laisser place aux nouveaux états nés de la chute des empires russes, allemands et austro-hongrois.

Si certains chapitres ont été fastidieux pour moi car j’ai eu l’impression de lire une compilation d’évènements historiques sans réel fil conducteur même si des personnages revenaient de manière récurrente, j’ai beaucoup aimé suivre les protagonistes de cette fresque fleuve, notamment Maud Fitzherbert et Ethel Williams, liées par leur engagement pour la cause féminine et notamment le droit de vote des femmes. Mais aussi Walter Von Ulrich, le diplomate allemand amoureux de Maud qui fait tout pour éviter que l’Allemagne entre en guerre et Gus Dewar, proche du président Wilson.

Ken Follett s’appuie une nouvelle fois sur une documentation solide et fait œuvre ici de vulgarisation, comme dans Une colonne de feu. Sous sa plume, on n’a aucun mal à vivre les évènements et il dose parfaitement bien son récit entre réalité historique, fiction, amour et tragédie.

Alors bien sûr, l’auteur fait des choix et ne peut pas tout raconter en mille pages, il se focalise essentiellement sur l’Angleterre et l’Allemagne, on ne sait rien de ce qui se passe du côté autrichien et peu du côté russe à part bien sûr la prise de pouvoir des bolcheviks qui nous ici très bien racontée.

On voit aussi assez peu les combats en eux-mêmes car l’auteur privilégie la diplomatie et les personnages inhérents aux coulisses, alors si vous recherchez un roman qui vous plonge au cœur des tranchées, celui-ci ne sera pas pour vous même si plusieurs chapitres mettant en scène Billy et le comte Fitzherbert côté anglais et Grigori côté russe, nous montrent la dureté des combats, le froid, la faim, la peur des belligérants.

En revanche, si vous aimez les grandes fresques historiques portées par des personnages attachants, je ne peux que vous conseiller La chute des géants même si je lui ai trouvé quelques longueurs dues à des événements qui ne m’intéressaient pas, j’ai trouvé ce roman suffisamment dynamique pour avoir envie de poursuivre ma lecture même si elle a été ponctuée de plusieurs pauses. Pour ma part, je continuerai volontiers la trilogie.

L’avis de Belette qui a eu un coup de cœur ici.

Une minute d’attraction – Carrie Elks

Londres, 31 décembre 1999, une soirée de réveillon ultra chic. Gothique jusqu’au bout des ongles et armée d’un sens de la répartie hors norme, Hanna donne un coup de main à sa mère, traiteur. Aux antipodes, Richard, impeccable dans son costume cravate, est un New-Yorkais aisé que son père destine à Wall Street. Hanna le désarçonne autant qu’elle le séduit. Il n’a jamais rencontré une fille comme elle.
12 mai 2012. Hanna et Richard ne se sont plus adressés la parole depuis des années. Elle est pourtant là, à New York, pour lui révéler un secret explosif.

12 mai 2012. Hanna se rend dans les locaux de Maxwell Enterprises afin d’y retrouver Richard Larsen à qui elle n’a pas parlé depuis plusieurs années. Elle est tendue car elle doit lui faire une annonce d’importance.

Flashback 12 ans auparavant. C’est le 31 décembre 1999 que Hanna, 17 ans, rencontre Richard, 20 ans, pour la première fois. Elle est extra pour sa mère qui est organisatrice d’événements et qui supervise les réveillons du Nouvel An pour les Larsen depuis de nombreuses années.

Les deux jeunes gens sont immédiatement sous le charme l’un de l’autre, en dépit de leur différence de milieu et de look. Malgré cette attirance immédiate, c’est d’abord une amitié qui naît entre la londonienne et le New Yorkais qui joueront au chat et à la souris pendant quelques années avant de succomber…

Une minute d’attraction de Carrie Elks, qui vient tout juste de paraître, est une romance à suspens même si on se doute du dénouement, car l’auteure nous donne à lire une histoire faite d’attentisme, de haut et de bas, de malentendus qui jouent avec les nerfs de ses héros et avec les nôtres.

Si dans l’ensemble cette romance m’a beaucoup plu, je trouve que le prologue est beaucoup trop révélateur et nous met dans l’attente de l’événement annoncé qui tarde vraiment à venir.

Le personnage de Hanna est très attachant, cette jeune femme qui souhaite devenir journaliste musicale, n’a pas une vie facile et elle va connaître un grand drame qui la plongera dans une grave dépression. Elle forme un duo très complice avec sa mère mais connaît une relation en pointillés avec son père, remarié et père de jumelles.

Richard est l’archétype du héros viril. Il adore son père, sa belle-mère, son demi-frère et sa demi-soeur qui vivent à Londres et chez qui il peut mener l’existence d’un jeune homme comme les autres car à New York sa vie est toute autre. Sa mère est très snob et s’est remariée avec un homme d’affaires richissime. L’un comme l’autre attendent beaucoup de lui et il devra oublier ses projets personnels pour reprendre les rênes de l’entreprise familiale au lendemain du 11 septembre 2001.

Comme trop souvent, les deux héros sont beaux et sexy, l’homme est très riche et la jeune femme ne souhaite pas profiter de la situation. Quand les autrices nous donneront-elles à lire des romances moins stéréotypées ? C’est vraiment la seule chose que je reproche à ce roman : être totalement ce qu’on attend d’une romance, sans sortir jamais vraiment sortir des sentiers battus !

Ce petit bémol mis à part, cette lecture fut excellente, l’histoire d’amour est loin d’être linéaire. Hanna et Richard vont emprunter un chemin sinueux, parsemé d’embûches et d’obstacles afin de pouvoir s’aimer : ils vivent sur deux continents, sont très pris par leurs jobs respectifs et la mère de Richard, qui rêve d’une jeune fille de bonne famille pour son fils, n’aura de cesse de mettre des bâtons dans les roues de Hanna et de semer la discorde entre eux.

Carrie Elks nous propose ici une romance qui se révèle un vrai page turner, elle sait bien ferrer ses lecteurs et une fois la lecture commencée, il est bien difficile de s’en extirper. C’est une romance à la fois pleine d’émotions mais aussi oh là là chihuahua (comme dirait Jean-Marc Généreux !) avec de belles scènes érotiques entre Richard et Hanna et bon nombre de retournements de situations qui font qu’on ne s’ennuie pas une seconde pendant près de 400 pages.

Si vous aimez les romances, je ne peux que vous recommander Une minute d’attraction, elle saura à coup sûr vous plaire, même si elle ne sort guère des sentiers battus, elle fut un très bon moment de lecture !

Un grand merci à Anne, qui décidément me connaît bien, et aux éditions Presses de la Cité pour cette lecture surprise, j’ai adoré !

La salle de bal – Anna Hope

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l’institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un « mélancolique irlandais ». Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris. A la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John.

Asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, en 1911. Ella Frey vient d’être internée pour avoir brisé une vitre de l’usine de filature dans laquelle elle travaillait depuis l’âge de 8 ans.Révoltée d’être internée contre son gré, elle répète à qui veut bien l’entendre, et en premier lieu au docteur Charles Fuller, que son enfermement est une méprise, qu’elle n’est pas folle.

Ella, dans les premiers temps, souffre de l’enfermement et de la privation de liberté et tente de s’évader, mais très vite, sa révolte laisse place à la résignation et elle s’abandonne à la routine de l’établissement.

Si les femmes sont cantonnées à l’intérieur, les hommes travaillent à l’extérieur. La vie de l’asile est rythmée par l’orchestre du docteur Fuller, jeune psychiatre violoniste, persuadé que la musique et la danse peuvent améliorer le sort de ses patients.

Tous les vendredis soir a donc lieu un bal dans la salle commune, mais seuls les plus sages d’entre eux peuvent y participer. C’est également l’unique moment où les pensionnaires hommes et femmes se côtoient. Là, Ella va faire la rencontre de John Mulligan, un irlandais, qui ne se remet de la mort de son bébé, et qui creuse les tombes de l’asile dès qu’un décès intervient.

Dès le premier bal, le coup de foudre est immédiat entre John et Ella, ce que le docteur Fuller ne peut accepter…

Pour son second roman, La salle de bal, Anna Hope s’est inspirée de son histoire familiale puisque son arrière-grand-père avait été interné au début du 20è siècle jusqu’à son décès, dans un établissement psychiatrique après une dépression.

Malgré ce sujet grave et délicat, qui habitude ne m’attire pas vraiment, j’avais envie de lire ce roman, ayant beaucoup aimé Le chagrin des vivants, que Anna Hope avait publié en 2016.

Et comme j’ai bien fait puisque une fois lancée dans ma lecture, il m’a été très difficile de m’en extraire. Le contexte est pourtant loin d’être joyeux et le sort de ces pensionnaires, loin d’être enviable.

Anna Hope nous livre ici un roman historique brillamment orchestré, qui nous raconte en détail la vie de ces internés contre leur gré, certains sont fous mais la plupart ne le sont pas.

On se rend vite compte que les pensionnaires de cet asile sont pauvres ou en révolte contre leur condition. C’est ainsi que Ella se retrouve enfermée pour le simple fait de s’être rebellée contre les conditions de travail de la fabrique dans laquelle elle trimait depuis son plus jeune âge.

Quant à Clem Church, qui va devenir son amie, elle est issue d’une famille bourgeoise mais a refusé le mariage arrangé que son père lui proposait. La jeune femme, qui passe sa vie dans les livres, passionnée de poésie, souhaite entrer à l’université pour y suivre des cours de littérature, ce qui est absolument impensable pour sa famille.

L’auteure donne tour à tour la parole à John et à Ella, côté patients, et à Charles Fuller, médecin, et surtout passionné de musique. Il convainc le directeur de l’asile des bienfaits de la musique et de la danse sur les patients. Tout d’abord révolté par l’eugénisme, il va en venir au fil du récit, à vouloir stériliser les patients, comme le préconisait le ministre de la santé de l’époque, un certain Winston Churchill !

Très bien documenté, La salle de bal nous fait découvrir le monde effrayant des asiles du début du siècle dernier et le traitement que l’on infligeait aux personnes atteintes de maladie mentale ou non était proche de la torture et de la barbarie.

La lecture est éprouvante mais heureusement l’histoire d’amour qui va naître entre John et Ella, est une belle source de lumière et on quitte ce roman à regret, d’autant que le dénouement est poignant.

Vous l’aurez compris, je ne peux que vous recommander ce roman et cette auteure, décidément à suivre !