L’héritière de Jacaranda – Tamara McKinley

À la mort de Jock Witney, tyran domestique à la tête du plus grand vignoble d’Australie – le domaine de Jacaranda -, sa famille se rend compte que les affaires vont en réalité très mal. Quand un groupe français fait une offre de rachat des plus alléchante, les membres du clan s’entredéchirent.

Cornélia, la veuve de Jock, âgée de 90 ans, refuse catégoriquement de vendre. Elle aimerait convaincre Sophie, sa petite-fille, la prunelle de ses yeux, que la propriété familiale peut être conservée.

Dans ce but, Cornélia l’entraîne à l’autre bout de l’Australie, dans la vallée de Hunter, sur les traces de ses ancêtres. Elle profite de ce voyage pour lui narrer l’épopée familiale.

Du Sussex des années 1830 à l’Australie moderne, Tamara McKinley retrace la vie d’une famille de pionniers, marquée par de lourds secrets, des déchirures et une malédiction… Sophie saura-t-elle la briser pour sauver le domaine ? heart_3l-heritiere-de-jacaranda-tamara-mckinley

Jock Witney, un homme d’affaire prospère de 90 ans vient de mourir. Ce patriarche sans coeur, a passé les derniers mois de sa vie à acheter des entreprises sans valeur afin qu’après sa mort, sa famille soit ruinée. Il laisse donc une entreprise en faillite dont les héritiers n’ont qu’une envie : se débarrasser en la vendant aux plus offrants.

Mais Cornelia, sa veuve, ne l’entend pas de cette oreille et compte bien ce battre contre ce démantèlement. Elle tient plus que tout aux vignobles hérités de sa famille, des anglais partis de rien ayant fait fortune en Australie au milieu du 19è siècle, à force de dur labeur, de courage et de pugnacité.

Car Cornelia est comme les femmes de la famille Witney, tenaces et volontaires, à commencer par Rose, cette jeune bonne anglaise arrivée en Australie au début du XIXème siècle avec sa maitresse. Elle va convaincre sa petite-fille Sophie, avocate à Londres, de l’accompagner sur les traces de ses aïeules afin de revoir une dernière fois le domaine de Jacaranda.

Cornelia compte sur ce voyage pour faire changer d’avis Sophie, qui elle l’espère, se rendra compte de l’importance de Jacaranda pour leur famille, et redresser la société en la gardant dans le giron familial. C’est sans compter Mary, l’une des filles de Cornelia et mère de Sophie, qui veut vendre à tout prix…

Si vous aimez les grandes sagas familiales à lire sur la plage, vous devriez aimer L’héritière de Jacaranda de Tamara McKinley, un roman entré dans ma PAL au début de l’été et que j’aurai du lire sur la plage, je l’aurai je pense davantage apprécié.

Sur le papier, ce roman a tout pour me plaire avec secrets de famille et alternance passages au 19è siècle et au présent et même si dans l’ensemble j’ai passé un agréable moment, je ne l’ai pas trouvé aussi réussi que je le pensais.

Dans L’héritière de Jacaranda, l’auteure nous fait découvrir la vie d’une famille depuis le début du XIXème siècle en Angleterre jusqu’à nos jours en Australie. Tamara McKinley nous montre à travers l’histoire de la famille Witney, la construction de l’Australie. Avec Rose et Isabelle, nous assistons à l’histoire d’un vignoble et d’un patrimoine familial,  créé avec la sueur des premiers colons dans le bush australien, aidés des aborigènes et des prisonniers sortis des geôles anglaises pour redémarrer une nouvelle vie dans ce lointain exil.

Toute cette partie historique m’a beaucoup plu, les personnages féminins sont forts et intéressants et découvrir avec elles l’Australie de cette époque n’est pas dénué d’intérêt.

La partie contemporaine en revanche fut une déception : des querelles à la Dallas autour de l’héritage, des personnages caricaturaux au possible et, cerise sur le gâteau, une histoire d’amour à l’eau de rose dont je me serai bien volontiers passée.

Vous l’aurez compris, un avis mitigé pour ce roman au dénouement convenu mais qui ne m’a pas ôté l’envie de lire à nouveau Tamara McKinley, auriez-vous d’ailleurs l’un de ses titres à me conseiller ?

L’enfant du lac – Kate Morton

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l’enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l’abandon.

Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune détective londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s’intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l’enquête, au grand dam de l’une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès.

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Lors de la traditionnelle fête de la Saint-Jean des Edevane en Cornouailles en 1933, le jeune Théo, tout juste âgé de 11 mois s‘est volatilisé. La famille et la police pensent au départ à un accident mais ils ont beau fouiller les bois environnants et draguer le lac, Théo est introuvable.

2003, Sallie est inspectrice de police à Londres, en congés forcés après qu’elle ait parlé d’une affaire en cours à la presse, elle décide de rejoindre son grand-père qui vient de s’installer en Cornouailles, et au détour d’une promenade, elle découvre la maison du Lac, propriété des Endevane, désertée depuis près de 70 ans.

Intriguée par cette demeure à l’abandon et le drame qui s’est noué autour du petit Théo, Sallie décide d’enquêter sur ce fait divers. Elle fait des recherches, va à la rencontre de l’inspecteur en charge de l’affaire à l’époque et demande à rencontrer Alice, la sœur aînée de Théo, devenue auteure de romans policiers à succès.

Mais la vieille dame oppose un refus catégorique à ce qu’on vienne fouiller dans le passé de sa famille et semble craindre la vérité. Aurait-elle quelque chose à se reprocher ?

Lorsque j’ai reçu L’enfant du lac, ma copinaute Claire m’a ausitôt proposé une lecture commune. Il faut dire qu’elle est une inconditionnelle de Kate Morton, contrairement à moi. J’avais découvert la jeune romancière australienne avec Le jardin des secrets que j’avais adoré mais j’étais passée totalement à côté de son autre titre Les brumes de Riverton, ce qui m’avait refroidi.

Quelques 640 pages plus tard, je suis réconciliée avec Kate Morton. Certes, pour moi L’enfant du lac est moins bon que Le jardin des secrets, mais l’auteure nous livre ici une histoire très intéressante même si j’ai quelques bémols !

Tout d’abord, le récit a du mal à démarrer : pendant près de 150 pages, Kate Morton pose le décor et les personnages et on se demande franchement quand on va vraiment rentrer dans le vif du sujet.

Ensuite, c’est un pur régal ! Des allers-retours entre 1933 et 2003 mais en plus de ces deux dates charnières, Kate Morton nous emmène aussi juste avant et pendant la première guerre mondiale puis pendant la seconde guerre mondiale, ce ne sont que quelques scènes mais elles sont très importantes et l’auteure nous montre ainsi qu’elle excelle toujours à multiplier les époques.

Autour de la disparition du jeune Théo, l’auteure aborde ce qu’on appelle le stress post-traumatique des soldats et en particulier celui d’Anthony le père de Théo, détruit par l’horreur des tranchées et que sa femme bien-aimée Eléanor protège jusqu’au bout.

Il est aussi beaucoup question d’enfance à travers « Eleanor sur le seuil magique » le roman de Daffyd Llewellyn qui a abandonné la médecine pour se consacrer à la littérature et qui a fait de Eleanor, une héroïne à la Alice au pays des merveilles.

J’ai adoré toute cette partie qui couvre la quasi-intégralité du roman, le récit est foisonnant, bien documenté, bien construit, les personnages féminins intéressants, les propos sur les conséquences du premier conflit mondial, aboutis, rien à redire.

Mais ça se gâte dans les cent dernières pages, le dénouement est facile et prévisible et j’avoue que ça m’a déçue, j’aurai préféré que Kate Morton cède moins à la facilité et nous offre un final à la hauteur du reste du roman.

Ceci mis à part, L’enfant du lac est un très bon roman historique qui m’a passionnée et tenue en haleine pendant la grande majorité du récit.

Un grand merci à Anne et aux éditions Presses de la cité pour cette belle lecture !

L’avis de Claire

A la grâce des hommes – Hannah Kent

Lu dans le cadre du challenge Au service de… :

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Agnes Magnúsdóttir, servante dans l’Islande austère et violente du XIXe siècle, est condamnée à mort pour l’assassinat de son amant et placée dans une ferme reculée en attendant son exécution. Horrifiés à l’idée d’héberger une meurtrière, le fermier, sa femme et leurs deux filles évitent tout contact avec Agnes, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Seul Tóti, le révérend chargé de préparer la jeune femme à sa fin prochaine, tente de la comprendre. Au fil des mois, Agnes raconte sa vérité, aussi terrible soit-elle à accepter. Mais la justice des hommes est en marche, et pourquoi Agnes réapprendrait-elle à vivre si c’est pour mourir ?

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Hiver 1828, au cœur de la campagne islandaise, Natan Ketilsson et Pétur Jónsson sont assassinés dans la ferme de Natan à Illugastadir. Leurs corps calcinés seront retrouvés le lendemain dans les décombres de la masure, incendiée après le meurtre.

Les coupables de ce crime et de l’incendie sont les deux servantes et amantes de Natan, Agnes Magnúsdóttir et Sigridur Gudmunsdottir et Fridrik Sigurdsson, le fiancé de Sigridur. Le mobile du crime : le refus de Natan de laisser Sigridur se marier et le renvoi d’Agnes. Fridrik avouera volontiers son crime, les deux femmes seront condamnées pour complicité.

Trois coupables. Trois condamnations à mort. A moins que le roi du Danemark, souverain d’Islande ne les gracie, et ne les condamne qu’à la prison à vie.

En attendant, les condamnés vont devoir gagner leur gite et leur nourriture. Ils quittent donc leur prison de Stora-Borg et remis à des adjoints de police, qui sont surtout en fait des paysans, pour qu’ils servent de bras.

Pendant de longs mois, Agnes va donc être recueillie et côtoyer Jon, Margret et leurs filles, dormant dans une couchette à leurs côtés. Et pour que la condamnée se prépare à mourir, elle devra expier ses fautes avec l’aide du sous-révérend Thorvardur Jonsson.

J’avais littéralement oublié ce roman dans ma PAL, reçu en service presse il y a près d’un an et demi déjà, et c’est en la rangeant que je suis tombée dessus et aussitôt retrouvé, aussitôt lu.

Inspiré d’une histoire vraie, A la grâce des hommes est un roman sur la vérité, celle que nous pensons connaître et celle à laquelle nous voulons croire. Hannah Kent nous retrace la vie et le parcours d’Agnes Magnúsdóttir, la dernière condamnée à mort islandaise.

Le destin de cette jeune femme, abandonnée par sa mère, qui n’a jamais connu l’amour ni la stabilité, a toute sa vie durant, depuis sa plus tendre enfance, du gagner sa pitance et le toit au-dessus de sa tête.

Simple servante, elle est pourtant instruite, sait lire et écrire et connaît plusieurs sagas par cœur. C’est d’ailleurs son instruction qu’on lui reprochera, ses juges argueront que cette femme trentenaire au moment des faits, a poussé ses jeunes et ignares co-accusés au meurtre afin de se venger d’un homme qui s’était servi d’elle avant de la jeter nue en pleine nuit et en plein hiver.

Ce roman à deux voix, celle du narrateur qui conte le présent et celle d’Agnes qui relate son passé et ses sentiments présents, m’a rappelé le très beau roman de Susan Fletcher, Un bûcher sous la neige, que je vous conseille au passage si vous ne l’avez pas encore lu.

A la grâce des hommes m’a émue, bouleversée, chamboulée et me hante une semaine après encore, au moment où j’écris ce billet car il m’a fallu du temps pour arriver à poser des mots et vous parler de cette lecture singulière qui est aussi un gros coup de coeur.

Hannah Kent réussit le tour de force de nous rendre cette meurtrière tellement humaine, qu’on ne peut qu’avoir de la compassion envers elle et espérer avec elle qu’elle ne sera pas exécutée.

Sous la plume de l’auteure, on se croirait dans cette Islande de ce début du 19è, ce pays froid et austère, peuplé de gens tout aussi froids et austères, et l’on découvre les conditions de vie effroyablement difficiles de cette population qui doit vivre au mieux avec la glace et la neige.

A la grâce des hommes est un roman rare, dont on ne ressort pas indemne, à lire absolument !

Merci à Anne et aux Presses de la Cité pour cette lecture bouleversante et ce joli coup de cœur !

L’effet Rosie – Graeme Simsion

 » Dis-moi quel effet ça te fait d’être bientôt père. – Ça ne me fait aucun effet du tout. C’est trop tôt. – Et si je te reposais la question tous les jours, jusqu’à ce que nous ayons trouvé la réponse ? Tu dois être un peu inquiet, non ? – Comment tu sais ça ? – Tous les hommes le sont. Anxieux à l’idée que le bébé monopolise leur femme. Anxieux à l’idée de ne plus jamais coucher avec elle. Anxieux à l’idée de ne pas être à la hauteur. – Je ne suis pas comme la moyenne des gens. Je suppose donc que mes problèmes seront uniques. – Et que tu les résoudras à ta façon. Unique elle aussi.  » Don et Rosie sont mariés depuis dix mois et dix jours et ils sont  » enceints « . Don se lance corps et âme dans ce nouveau défi : devenir père. Scientifique hors norme, atteint du syndrome d’Asperger, il aborde la paternité avec sa rigueur toute… mathématique. Et sa logique particulière. Ce qui ne semble pas toujours correspondre à ce qu’attend Rosie de lui.

l-effet-rosie-le-theoreme-de-la-cigogne-graeme-simsionauteur-editeur-pagesDon et Rosie Tilman ont quitté Melbourn et vivent désormais à New-York. Don a été engagé par la très prestigieuse université Colombia et Rosie finit sa thèse dans la même université. Ils sont mariés depuis près d’un an lorsque Rosie apprend à Don qu’elle attend un bébé.

Face à cette nouvelle totalement imprévue pour lui, Don qui est atteint du Syndrome d’Asperger va réagir à sa façon, c’est-à-dire, déroutante pour le commun des mortels, ce qui va l’entraîner une fois encore dans des situations impossibles et mener son couple au bord de la rupture.

Car ce qui a séduit Rosie, sa grande intelligence et sa loufoquerie, est en train de la détourner de lui au fur et à mesure que son ventre s’arrondit.

Don sera-t-il capable d’être un père, lui qui émotionnellement parlant, est handicapé ?

Heureusement les amis de toujours, Gene et Claudia, et les nouveaux, George III, Dave et Sonia qui attendent eux aussi un heureux événement, sont là pour aider Don à mettre des mots sur ses émotions et à le préparer à sa future paternité.

J’étais sortie de ma lecture du Théorème du homard totalement enchantée et limite amoureuse de Don, et oui, en refermant L’effet Rosie, je suis toujours sous le charme de Don mais l’effet de surprise n’étant plus là, j’ai tout de même une petite déception.

Le premier volume était tellement pétillant et plein de drôlerie que je trouve le second plus plat et avec moins de saveur même si ma lecture fut une parenthèse agréable, je l’ai trouvé nettement moins bon tout simplement.

J’ai été très heureuse de retrouver les personnages qui m’avaient tant plu dans le premier tome même si ici l’histoire se recentre sur Don. Rosie n’est qu’un personnage secondaire parmi les autres, ce que je trouve un peu dommage même si au fond c’est Don que je préfère.

Graeme Simsion saupoudre son récit de situations cocasses et de pas mal d’humour, qui faisaient déjà le sel du Théorème et que j’ai aimé retrouver ici. Cependant, l’histoire tourne en rond autour de cette future paternité et cela m’a un peu lassé par moment.

J’aurai aimé les voir évoluer en tant que couple, il y avait de la matière, avant d’aborder la grossesse de Rosie dans la seconde partie du roman par exemple.

En bref, un roman plein de verve, de tendresse et de situations totalement loufoques mais décevant par rapport au Théorème.

Merci à Babelio et aux Éditions Nil pour m’avoir permis de retrouver Don, un personnage que j’aime beaucoup.

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heart_3Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Syl et du challenge 1 pavé par mois :

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Les 10 livres que j’aimerais sortir de ma PAL cet été (3/10)

Les secrets de Thornwood House – Anna Romer

Lorsque son ex-mari décède, Audrey et leur fille Bronwyn sont forcées de déménager. Heureusement, elles héritent d’une propriété abandonnée à plusieurs centaines de kilomètres de là. Sautant sur l’occasion de recommencer à zéro, elles emménagent dans la vieille demeure qu’elles remettent en état. Un jour, Audrey y découvre une photo d’un précédent occupant, médecin pendant la Seconde Guerre mondiale, et se passionne pour le personnage. Bientôt, elle apprend que le docteur aurait battu à mort une jeune femme à son retour en 1946. Chose étrange, il semblerait que des meurtres similaires se produisent toujours dans la région. Le tueur serait-il encore en vie ?

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Audrey, photographe indépendante, vit à Melbourn avec sa fille Bronwyn lorsque Tony, son ex compagnon et père de sa fille, décède dans des circonstances tragiques. La police conclut à un suicide et elles héritent de la propriété familiale de Samuel, le grand-père du défunt.

Entourée par le bush et à l’abandon depuis plusieurs décennies, Thornwood House est promise à la vente mais c’est sans compter le coup de coeur d’Audrey et Bronwyn pour cette maison hors du commun et elles décident d’y emménager.

Tony a toujours été mystérieux sur son passé et les deux jeunes femmes ne connaissent pas sa famille, pensent d’ailleurs qu’il n’en a plus et quelle n’est pas leur surprise en découvrant que la mère de Tony, Luella, est toujours en vie et habite à quelques encablures du domaine.

Audrey décide alors de creuser dans le passé de la famille de Tony et tombe sur les lettres de Samuel à Aylish, une aborigène qui est la mère de sa fille Luella, assassinée à Thornwood. Il sera d’ailleurs accusé du meurtre mais blanchi, faute de preuves.

Samuel a-t-il réellement assassiné Aylish au retour de la guerre en 1946 ? Audrey va peu à peu reconstituer le puzzle que constitue l’histoire tragique de cette famille, assombrie par un second meurtre, celui de Glenda, la sœur de Tony en 1986, au même endroit que Luella.

Si vous aimez Kate Morton, vous allez forcément aimer Les secrets de Thornwood House. Le premier roman d’Anna Romer marche dans ses pas, mêlant mystères, correspondance, journal intime et un certain suspens, savamment maitrisé, par l’intermédiaire de cette trame policière et la traque de ce meurtrier qui sévit depuis 1946.

Le récit tricoté par Anna Romer est véritablement passionnant, difficile pour moi de lâcher ma lecture tant j’étais prise par l’histoire. Les personnages d’Audrey et Bronwyn et ceux qui gravitent autour d’elles, sont attachants et évoluent dans une atmosphère brûlante qui a un charme fou.

Le récit se déroule en 2006 mais nous ramène sans cesse dans le passé, en 1946 d’abord grâce à la correspondance entre Luella et Samuel, puis en 1986 via le journal intime de Glenda, découvert dans un arbre creux de la propriété. Un procédé intéressant, bien maitrisé ici et qui apporte un certain rythme et surtout une bonne dose de suspens.

Un roman, vous l’aurez compris, que je vous recommande chaudement et qui manque de peu le coup de cœur.

Un grand merci à Anne et aux Editions Presses de la cité pour cette lecture passionnante !

heart_4Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Le théorème du homard – Graeme Simsion

Peut-on trouver une épouse sur mesure ? Le professeur de génétique Don Tillman, génie des sciences mais absolument inapte à vivre en société, en est persuadé. Pour mener à bien son « Projet Épouse », Don met au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d éliminer toutes les candidates qui ne répondraient pas à ses exigences.

Et celles-ci sont nombreuses car pour Don, la femme idéale NE DOIT PAS :
1. Fumer et boire. 2. Être végétarienne et aimer la glace à l abricot. 3. Se lever après 6 heures. Mais elle DOIT : 1. Faire du sport. 2. Être ponctuelle.
3. Accepter le Système de Repas Normalisé qui prévoit du homard au dîner le mardi.
S’il y a bien une personne qui ne remplit aucun des critères établis, c’est Rosie Jarman, étudiante le jour et barman la nuit, dont la vie aussi désordonnée que celle de Don est méthodiquement organisée.

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Don Tillman est un génie des sciences, professeur de génétique à l’université de Melbourne. S’il est très intelligent et brillant, ses compétences sociales sont très limitées car on se rend compte au fil de la lecture, qu’il est autiste, atteint du syndrome d’Asperger, ce dont il ne se doute pas une seconde.

Il se révèle totalement inapte à vivre en société et s’est composé un programme journalier dont il n’aime pas déroger. Des journées millimétrées où chaque seconde, de jour comme de nuit, doit être mise à profit et il ne peut s’y dérober sous peine de se sentir très très mal.

Et pour couronner le tout, Don n’a jamais eu de petite amie (rien d’étonnant, qui arriverait à vivre une vie aussi rigide !!) et à bientôt quarante ans, il n’a qu’une envie : mettre fin à sa solitude et trouver une épouse. Pour réussir cette équation périlleuse, il a mis au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d’éliminer toutes les candidates qui ne correspondraient pas à ses exigences pour mener à bien son « Projet épouse », le tout dans un soucis d’efficacité optimum.

Parce que tout ce qu’entreprend Don devient un projet qu’il traite de la manière la plus stricte et la plus scientifique possible. A fond dans son projet, hermétique à l’humour et totalement premier degré comme tous les Aspie, il va tomber sur Rosie, qui est l’exacte opposé de la femme idéale qu’il s’est imaginé. Le voilà embarqué avec elle dans une aventure qui va mettre à mal tous ses principes et préceptes.

C’est une fois de plus chez les copinautes que j’ai repéré Le théorème du homard, chez Syl et Claire pour ne pas les nommer, qui n’ont pas leur pareil pour alourdir ma PAL à chaque billet ou presque, un grand merci à elles pour cette belle découverte et surtout à Claire qui me l’a offert pour mon anniversaire !

Autant vous le dire d’emblée, j’ai beaucoup aimé ce roman à la fois drôle, décalé, romantique et pétillant ! L’auteur a une excellente connaissance de l’autisme et le personnage de Dan, son comportement, ses tocs et sa rigidité, tout est vraiment fidèle à ce qu’est un Aspie. Je suis particulièrement sensible au sujet de l’autisme et j’ai adoré le fait que le personnage principal soit un autiste, qu’il soit montré sous un jour positif, c’est l’un des points forts du roman.

Ses apprentissages se font par les livres, internet et les répliques des films et chaque sujet qu’il aborde est exploré à fond, jusqu’à sa maitrise complète et totale. Il est brillant mais ses relations sociales sont calamiteuses, il est incapable de s’habiller correctement ou reconnaître le second degré dans les mots de son interlocuteur. Vraiment tout sonne juste et soit l’auteur s’est remarquablement documenté sur l’autisme soit il en est atteint lui-même, de ce point de vue c’est un roman passionnant à lire.

J’ai adoré l’humour de Dan, la franchise et la décontraction de Rosie. Le Projet Épouse puis le Projet Père qu’ils mènent ensemble donnent lieu à des rebondissements, des quiproquos et à des pages pleines de drôlerie et d’humour.

Ce roman vous fera sourire, rire et vous touchera en plein cœur, il m’a beaucoup touchée et si je frôle le coup de coeur, c’est parce que la fin est un peu trop prévisible à mon goût.

Un roman à lire sans modération et de toute urgence si vous avez envie d’une lecture légère et pétillante !

heart_4Lu dans le cadre du cadre des challenges 1 pavé par mois, A tous prix  (Victorian premier’s literary award 2012) et du défi Les 10 livres à sortir de ma PAL cet automne !! (2/10) :

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Et du Plan Orsec 2014 pour PAL en danger :

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Le messager – Markus Zusak

Ed Kennedy, dix-neuf ans, chauffeur de taxi, a peu de raison d’être fier de sa vie : son père est mort d’alcoolisme, il est désespérément amoureux de sa meilleure amie, Audrey, et il partage un appartement délabré avec le Portier, son chien – fidèle mais odorant. Il n’a pas grand-chose d’autre à faire que conduire son taxi, jouer aux cartes et boire avec ses amis aussi perdus que lui. Mais un jour, il découvre un mystérieux message dans sa boîte aux lettres : un as de carreau où sont inscrites trois adresses. Que signifie cette carte ? Que va-t-il trouver à ces adresses ? Pour Ed, c’est le début d’une enquête qui va le conduire de mystère en mystère à travers la ville et l’amener à aider les gens qu’ils rencontrent, avec une obsession en tête : qui lui envoie ces messages ? Ed pour y répondre se voit ainsi forcé de se dépasser et à son tour nous questionne : et si nous vivions tous en dessous de nos capacités ?

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Après La voleuse de livres, best seller mondial récemment adapté sur grand écran, Marcus Zusak était attendu au tournant et il a choisi de publier un roman radicalement différent, très contemporain et qui s’avère être le son tout premier : Le messager.

Le messager s’appelle Ed Kennedy, un chauffeur de taxi de 19 ans dont la vie est somme toute très banale et se résume à des parties de cartes hebdomadaires avec Marv, Ritchie et Audrey, dont il est secrètement amoureux. Il vit seul avec son vieux chien, le Portier, rend des services à sa mère qui n’a jamais un mot gentil pour lui.

Une routine et une vie ordinaire jusqu’à un hold up raté, scène d’ouverture hilarante, avec un braqueur qu’il arrive à arrêter. Il devient alors le héros local et peu après un message étrange arrive dans sa boîte aux lettres sous la forme d’un as de carreau. A partir de là, le quotidien d’Ed va s’en trouver bouleversé.

Pourquoi Ed reçoit-il cette carte à jouer ? Qui en est le mystérieux expéditeur ? Comment et pourquoi Ed doit-il aider les personnes désignées par ces cartes qui arriveront successivement jusqu’à lui ? Notre héros se le demande et avec lui, nous aussi.

Reste que les différentes missions que doit accomplir Ed vont permettre à l’auteur de dresser une belle galerie de personnages particulièrement cabossés par la vie (veuve inconsolable, maman solo, famille pauvre, un prêtre…). Et Ed lui-même est un loser très attachant qui va devenir au fil des chapitres un héros malgré lui.

Markus Zusak nous propose ici un page turner très efficace, pour tout vous dire je l’ai lu en 24h ce qui ne m’arrive jamais tellement j’étais happée par l’histoire pleine de rebondissements. A la fois roman d’apprentissage, polar, bourré d’amitié et de tendresse, drôle mais aussi très touchant, cette tranche de vie d’Ed Kennedy vaut le détour.

Le style fait vraiment penser à celui de La voleuse de livres : des chapitres et des phrases courts, des métaphores, des pensées, des vers, même s’il est très ancré dans le contemporain et le réel.

Certes on pourra reprocher à Markus Zusak son discours simple et naïf : on a tous une carte à jouer / à plusieurs on est plus fort que tout seul / aidons-nous les uns les autres, mais par ces temps de sinistrose généralisée, ça fait un bien fou.

Merci à Sonia et aux éditions Kero pour cette lecture captivante !

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