Saison à Copenhague – Karen Blixen

À Copenhague, la saison mondaine commence au Nouvel An pour s’achever en avril.
Pendant ces quelques mois, ce ne sont que réceptions et bals où les jeunes gens dansent et rient. Mais pour Ib Angel, éperdument amoureux de sa cousine, la ravissante Adélaïde, ce n’est que souffrance et désespoir…

Lorsque j’ai vu ce livre chez mon bouquiniste, je n’ai pas réfléchi une seule seconde et je l’ai pris. Cette saison à Copenhague est ma première rencontre avec l’auteure de la ferme africaine et plus généralement avec la littérature scandinave, car à part Ibsen, je n’ai rien lu d’autre. Grande est donc ma soif de découverte de cette littérature qui jusqu’à présent m’avait échappée.

Tirée des Nouveaux Contes d’Hiver, Saison à Copenhague est une nouvelle d’une centaine de pages, qui se situe en 1870, au moment de la chute de Napoléon III et donc plusieurs années avant la naissance de Karen Blixen. Le récit se déroule l’hiver dans la capitale danoise et a pour cadre la saison mondaine, et on peut dire à la lecture de cette nouvelle, que les saisons mondaines, quelques soient les pays, sont toutes identiques. On fait des visites ou en reçoit chaque jour, on laisse sa carte dans un plateau d’argent, et le soir, tout le gratin danois se retrouve aux bals organisés dans toute la ville.

Pendant la moitié du récit, Karen Blixen s’attarde sur ce qu’est une saison mondaine, ses tenants et aboutissants, et sur des considérations qui n’apportent finalement rien au récit. J’attendais avec une certaine impatience que l’histoire commence enfin mais Karen Blixen n’en finissait plus de digresser, notamment sur l’importance du nez qui lui prend une bonne dizaine de pages. Je vous avoue que certains passages m’ont vraiment ennuyés, certaines tournures de phrases m’ont aussi un peu décontenancées, car le style de Karen Blixen est très éloigné de ce que je peux lire habituellement.

Ceci mis à part, dès que le récit commence véritablement, la magie s’opère. Il y a un souffle, des sentiments forts, du romantisme mais on est également saisis par le froid, la neige, l’hiver danois, tellement qu’on pourrait presque frissonner pendant la lecture tant les descriptions de la ville sous la neige sont saisissantes.

On souffre avec Ib Angel de cet impossible amour, on a froid avec Adélaïde qui traverse la ville après un dernier rendez-vous décevant, et on reste en suspend au point final de l’histoire qui nous laisse imaginer la suite : fin heureuse ou tragédie, l’auteure n’en dit rien, à nous de décider.

Ce premier rendez-vous avec la littérature danoise aurait pu être meilleur car je trouve le début de Saison à Copenhague trop plat et ennuyeux, c’est donc une petite déception, d’autant que je l’ai entamé sitôt acheté (ce qui ne m’arrive jamais) mais j’ai hâte de découvrir les autres romans de Karen Blixen et surtout La ferme africaine !

Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin