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Archive for the ‘Littérature française’ Category

Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Du folklore scandinave aux légendes méditerranéennes, du Londres victorien en passant par l’Allemagne, dix-huit écrivains du XIXè siècle nous racontent Noël.

Répartis en trois thématiques : Entre le bœuf et l’âne ; Aux temps des Noëls fantastiques ; Pour les veillées d’hiver, cette anthologie nous proposent des histoires fantastiques de trolls et de fées fêtant le solstice d’hiver à la douceur du recueillement des contes de la nativité, etc.

C’est toute la magie de Noël qui s’exprime à travers ce voyage littéraire où poète espagnol, conteur russe, nouvelliste français, romancier anglais sont illustrés par une iconographie précieuse et merveilleusement rétro.

Il faut dire que Noël a inspiré aux écrivains des récits variés, parfois facétieux comme celle d’un Père Noël farceur ou plus nostalgiques. Mais pour les conteurs, Noël est avant tout l’occasion d’animer des êtres surnaturels. Lutins kidnappant un fossoyeur, fantôme apeuré caché sous un escalier, et jardin édénique fleurissant en plein hiver surgissent de sous la plume de l’inimitable Dickens, et des non moins celèbres Lagerlöf et Maupassant.

Le monde est alors sens dessus dessous. À Noël ce sont les revenants qui font la loi et les brigands qui donnent des leçons aux moines. Un ouvrage enfin qui exhume les fables que nos grands-mères racontaient à voix haute près du poêle, le soir de Noël.

Celles qu’enfant, nous avons toutes entendues, mais rarement lues intégralement. Des histoires de princesse sous verre, de moujik envoûté par le diable, de casse-noisette pourchassant les souris, des contes de Noël féeriques écrits par les plus grands écrivains.

L’occasion pour moi grâce à Julia Bracher qui a composé ce recueil Des grands écrivains racontent Noël de retrouver des auteurs chers à mon coeur : Guy de Maupassant, Nicolas Gogol, Alphonse Allais, Charles Dickens, Selma Lagerlöf, E.T.A Hoffmann et Victor Hugo.

Mais aussi d’en découvrir de nouveaux : Pedro Antonio de Alarcon, Gaston Lenotre, François Coppée, Zachris Topelius, Reinhard, Anthony Throllope, Ponson du Terrail, Jean Lorrain, Alexandre Afanassiev et Félix Tastevin.

Si les recueils de contes autour de Noël sont souvent décevants pour moi, je dois dire qu’ici ce ne fut pas le cas et que j’ai été séduite par ces dix-huit histoires que je ne connaissais pas, exception faites de celles de Hoffmann, Maupassant et Daudet, un très bon point pour moi.

Le travail de Julia Bracher est donc à souligner car au vu de la multitude de recueils sur ce thème, elle a choisi des contes peu connus et venant de divers horizons : de la scandinavie à la Russie, de la France à l’Angleterre, de l’Allemagne à l’Espagne ou l’Italie.

Cerise sur le gâteau : les nombreuses illustrations merveilleusement rétro qui parsèment les différents contes sont une très bonne idée, il aurait été encore plus merveilleux qu’elles soient en couleur et non en noir et blanc, mais ce n’est que mon humble avis.

Si, comme moi, vous aimez les contes de Noël du XIXè siècle, je ne peux que vous conseiller cette anthologie très réussie !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Aurélie Valognes croque la famille contemporaine avec humour et émotion. Ses romans, Mémé dans les orties, En voiture, Simone !, Minute, papillon !, Au petit bonheur la chance ! et La Cerise sur le gâteau, véritables phénomènes populaires, ont conquis le cœur de millions de lecteurs et lectrices à travers le monde : des best-sellers qui se partagent de génération en génération.

La vie est mal faite : à 35 ans, on n’a le temps de rien, à 65, on a du temps, mais encore faut-il savoir quoi en faire… Bernard et Brigitte, couple solide depuis 37 ans, en savent quelque chose.

Depuis qu’elle a cessé de travailler, Brigitte, ancienne institutrice, profite de sa liberté retrouvée et de ses petits-enfants. Pour elle, ce n’est que du bonheur. Jusqu’au drame : la retraite de son mari !

Car, pour Bernard, troquer ses costumes de directeur financier contre des pantoufles, hors de question. Cet hyperactif bougon ne voit vraiment pas de quoi se réjouir. Prêt à tout pour trouver un nouveau sens à sa vie, il en fait voir de toutes les couleurs à son entourage !

Ajoutez à cela des enfants au bord de la crise de nerfs, des petits-enfants infatigables, et surtout des voisins insupportables qui leur polluent le quotidien… Et si la retraite n’était pas un long fleuve tranquille ?

Cet été, j’avais frôlé le coup de coeur avec Au petit bonheur la chance ! qui m’avait attendrie et émue, j’étais donc ravie de retrouver Aurélie Valognes à l’occasion de La cerise sur le gâteau, son dernier titre paru en poche.

Mais, hélas pour moi, cette lecture fut loin d’être aussi bonne et, ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord les personnages principaux, Bernard, Brigitte et Marguerite sont caricaturaux, grossièrement esquissés et ressemblent un peu trop à ceux d’En voiture Simone ! : à savoir la gentille Brigitte qui en bave des ronds de chapeaux avec son mari Bernard, égocentrique et imbu de lui-même ! Sans oublier la mère de Bernard, Marguerite, qui a bien du mal à comprendre son grand fils et qui compatit avec sa belle-fille.

L’histoire n’est pas déplaisante à lire mais elle est trop superficielle alors que l’idée de départ est intéressante et dans l’air du temps : la retraite. Un moment charnière dans l’existence puisque l’on doit se réinventer et retrouver sa tendre moitié, et parfois, la cohabitation mène tout droit au divorce, les statistiques sont là, les séniors n’hésitent plus à se séparer.

Ce postulat de départ, qui méritait bien de l’approfondissement, est vite expédié au profit d’une autre thématique dans l’air du temps, elle aussi, l’écologie ! Notre Bernard, bien désoeuvré, car notre Brigitte s’investit à fond dans l’associatif, va se trouver un cheval de bataille : la préservation de l’environnement, et, il en devient jusqu’au-boutiste, au point de passer tout près du divorce.

Rajoutez à cela, les enfants parisiens au bout du rouleau, qui rêvent de larguer les amarres et se tapent l’incruste chez Brigitte et Bernard à chaque vacances et là aussi, bonjour les clichés : la belle-fille végane et chantre de l’anti-consommation, le fils qui file doux, les petits enfants de 5 et 7 qui s’expriment comme des adultes et se montrent tellement sages et responsables…

Certes, les petites touches d’humour sont là, et les pages se tournent toutes seules mais cela ne suffit pas à rattraper tout ce qui cloche dans ce roman, d’autant que les dialogues sont franchement pas terribles non plus.

Vous l’avez compris, La cerise sur le gâteau est, pour moi, une histoire superficielle et bourrée de clichées. C’est bien dommage car les thématiques abordées méritaient bien mieux !

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Françoise Bourdon est née dans les Ardennes. Dès l’enfance, elle a le goût de l’écriture et rédige son premier roman à l’âge de dix ans. Professeur de droit et d’économie, elle décide, après dix-sept ans d’enseignement, de se consacrer exclusivement à sa passion de l’écriture. Journaliste depuis 1993, elle a régulièrement publié des nouvelles dans plusieurs revues. A ses débuts, Françoise Bourdon s’est beaucoup inspirée de sa région natale, puis c’est en Provence, sa terre d’adoption, qu’elle a poursuivi son œuvre, dense, riche, qui mêle grandes sagas familiales, portraits de femmes et évocation de métiers.

1965, cap Ferret. Charlotte Galley, 93 ans, est bouleversée : son petit-neveu Jérôme a reçu l’offre d’un promotteur immobilier et veut vendre la Maison du Cap, conçue par le père de Charlotte, l’architecte James Desormeaux, à la fin du XIXè siècle.

La demeure sera rasée pour laisser place à un ensemble d’appartements qui bénéficieront de la vue incomparable sur le bassin d’Arcachon.

Paniquée, révoltée, Charlotte, aidée par ses petits-enfants Violette et Paul, fait appel à un cabinet d’architectes bordelais afin de demander le classement de la demeure par les monuments historiques.

Pierre-Loup propose à son associée Iris de se charger de l’affaire. La jeune femme se rend alors au cap Ferret pour rencontrer Charlotte et les siens. Tombée sous le charme de la maison et de la famille, Iris épouse leur combat…

Voilà quatre ans déjà, j’avais eu un quasi coup de coeur pour la saga familiale, La maison du Cap, qui courait sur plusieurs générations et dont La maison de Charlotte est une suite indépendante.

Dans son nouveau roman, Françoise Bourdon raconte le combat de deux femmes pour que subsiste une maison de famille, riche de mille souvenirs, de vies et d’histoires, au cap Ferret. Si les deux opus peuvent se lire indépendemment, je vous conseille tout de même de commencer par La maison du Cap pour comprendre toutes les ramifications qui se poursuivent dans La maison de Charlotte.

Porté par plusieurs femmes, ce récit fait la part belle aux secrets de famille, mon péché mignon ! D’un côté, nous suivons Charlotte dans son combat pour sauver sa maison ; Violette, atteinte d’une sclérose en plaques, qui souhaite sauver son mariage avec son photographe de mari, Diego ; et Iris, qui vient d’hériter de la maison familiale des Landes, Chantecler.

L’histoire se déroule principalement en 1965 mais aussi de 1937 à 1944 via les carnets de sa tante Anna dont Iris prend connaissance après le décès de celle-ci et qui nous ramène aux heures sombres de l’Occupation et de l’épuration.

J’ai beaucoup aimé retrouver le cap Ferret, Charlotte, Diego et Violette, les protagonistes de La maison du Cap et j’ai trouvé l’apport d’Iris et de son histoire familiale complexe, intéressant.

Les trois femmes sont fortes, combattantes et indépendantes, et on a plaisir à les voir se battre pour ce qu’il leur tient à coeur.

L’autrice aborde plusieurs thématiques (maladie, deuil, divorce, homosexualité, la guerre d’Indochine…) mais sans jamais les approfondir, ce que j’ai trouvé dommage, elle effleure les sujets, fait des sauts de puces entre ses personnages et les époques de façon bien trop brève.

La plume de Françoise Bourdon est toujours aussi fluide et agréable à lire, elle a un réel talent de conteuse et je n’ai pas boudé mon plaisir de la première à la dernière page même si je déplore quelques facilités dans les différents dénouements.

Un moment de lecture tout de même bien agréable et que je vous recommande si vous aimez les sagas familiales.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture !

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Cinéaste, scénariste, comédienne et romancière, Laetitia Colombani est l’auteur de La Tresse, vendus à près d’un million d’exemplaires en France et traduit dans 35 langues. Egalement décliné en album pour enfants, le roman est en cours d’adaptation pour le grand écran.

A 40 ans, Solène a tout sacrifié à sa carrière d’avocate : ses rêves, ses amis, ses amours, ses envies de maternité. Un jour, alors qu’elle sort d’un procès, son client se suicide devant elle et, sous le choc, elle craque, s’effondre. C’est la dépression, le burn-out.

Tandis qu’elle cherche à remonter la pente, à coup d’antidépresseurs, son psychiatre l’oriente vers le bénévolat : sortez de vous-même, tournez-vous vers les autres, lui dit-il. Peu convaincue, Solène répond pourtant à une petite annonce : « association cherche volontaire pour mission d’écrivain public ». Elle est aussitôt acceptée et envoyée en mission.

Elle déchante lorsqu’elle est envoyée dans un foyer pour femmes en difficultés. Dans le hall de l’immense Palais de la Femme où elle pose son ordinateur, elle se sent perdue. Loin de l’accueillir à bras ouverts, les résidentes se montrent distantes, insaisissables.

A la faveur d’un cours de Zumba, d’une lettre à la Reine d’Angleterre ou d’une tasse de thé à la menthe, Solène va découvrir des femmes aux parcours singuliers, issues de toutes les traditions, venant du monde entier. Auprès de Binta, Sumeya, Cynthia, Iris, Salma, Viviane, La Renée et les autres, elle va se révéler étonnamment vivante, et comprendre le sens de sa vocation : l’écriture.

Près d’un siècle plus tôt, Blanche Peyron a un combat. Capitaine de l’Armée de Salut, elle rêve d’offrir un toit à toutes les femmes exclues de la société. Sa bataille porte un nom : le Palais de la Femme.

Avec Les victorieuses, Laëtitia Colombani nous propose une histoire à double temporalité comme je les affectionne tant ! De nos jours, nous suivons Solène, une avocate qui s’en donné corps et âme à son cabinet au point d’avoir fait une croix sur toute vie sociale et privée.

Et quasiment un siècle plus tôt, nous mettons nos pas dans ceux de Blanche Peyron, une activiste de l’Armée du Salut ayant réellement existé, et qui a mis sa vie au service des autres.

Le Palais de la Femme existe, grâce à l’obstination de Blanche et de son mari qui ont remué ciel et terre pour qu’il puisse accueillir des femmes pauvres, précaires, venues de tous horizons.

Laetitia Colombani nous invite à y entrer pour découvrir ses habitantes, leurs drames et leur misère, mais aussi leurs passions, leur puissance de vie, leur générosité.

Ce roman m’a beaucoup touchée, émue, remuée. Malgré sa brieveté, l’autrice y aborde des thèmes actuels et très intéressants, de façon très intelligente, qui touchent les femmes : la pauvreté, la précarité, le mal-logement, la difficulté de se réinsérer, l’excision, l’abandon, la vie dans la rue, la drogue, la prostitution, le viol…

Et elle met en parallèle, les mêmes difficultés vécues par les femmes au début du siècle dernier, et le combat incessant de Blanche Peyron pour vaincre la pauvreté, la faim, la précarité… au sein de l’Armée du Salut.

Sa grand oeuvre étant d’avoir convaincue les riches et les puissants de lui donner les moyens d’accueillir des femmes dans un endroit décent, chauffé, où elles ne connaitraient plus la faim, le froid.

J’avoue, en entamant cette lecture, je ne connaissais absolument pas Blanche Peyrin ni les débuts de l’Armée du Salut, une oeuvre de bienfaisance portée par des laïcs protestants, qui a eu énormément de mal à s’implanter en France, fille aînée de l’Eglise.

J’ai été choquée de lire toutes les avanies dont Blanche et les siens ont été l’objet, eux, qui voulaient simplement soulager les heurs et malheurs de leurs contemporains. Choquée aussi de voir, qu’hélas, un siècle après, les femmes paient toujours un lourd tribu à la précarité. Emue aussi de partager les joies et les bonheurs de toutes les femmes que l’on croise au fil de notre lecture.

Un beau roman, plein de solidarité, de sororité, de générosité, d’amour, de force aussi. Je vous le recommande vivement !

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Née au Puy-en-Velay, en Haute-Loire, Florence Roche a fait des études d’histoire à la faculté de Saint-Etienne. Elle a notamment publié L’Honneur des Bories, La Trahison des Combes, La Réfugiée du domaine et, aux Presses de la Cité, Les Parfums d’Iris, Les Carnets d’Esther, L’Héritière des anges et Le Pensionnat de Catherine.

Orpheline, Mathilde Gontran a grandi dans le pensionnat des Sœurs de la Charité au Puy-en-Velay depuis le jour où elle a été déposée à la pouponnière le 25 mars 1893.

En 1913, lors d’une promenade, elle croise Armand, l’unique fils de la prospère famille Josserand. C’est le coup de foudre. Mais les parents du jeune homme font tout pour éloigner la jeune fille : Armand est déjà promis, il en va de la survie des forges familiales.

En outre, Mathilde n’est qu’une simple lingère, et surtout elle serait la fille d’une criminelle, Lise Leclerc, condamnée au bagne pour le meurtre de quatre personnes. Mathilde, pour espérer goûter au bonheur, doit faire la lumière sur son passé.

Elle se lance alors dans une quête effrénée pour comprendre l’acte fou commis par sa mère vingt ans auparavant et démêler l’écheveau que fut la vie de Lise Leclerc.

Avec L’orpheline des soeurs de la Charité, Florence Roche nous propose une histoire pleine de secrets de famille comme je les aime, portée par deux héroïnes fortes, courageuses et attachantes : Mathilde et Lise.

Roman à deux voix et à double temporalité, on suit tour à tour Lise avant sa condamnation pour un quadruple meurtre, dans les années précédant 1893, date des crimes et, vingt ans plus tard, Mathilde qui tente de comprendre l’acte fou qui a conduit sa mère au meurtre.

L’histoire, émaillée de mystères et de nombreux rebondissements, est passionnante à suivre de bout en bout et même si j’avais deviné bon nombre de choses, je n’ai pas boudé mon plaisir de la première à la dernière page.

Le style fluide et dynamique de Florence Roche, l’aternance des points de vue et des époques, la quête d’identité de Mathilde qui prend des faux airs de polars, concourent à rendre cette lecture agréable et très addictive.

Entre mystère et vengeance, l’autrice raconte aussi la vie des femmes à une époque où elles n’ont pas leur mot à dire, où elles doivent se cantonner à la tenue du ménage et à la perpétuation de l’espèce !

Et nos héroïnes sont bien loin des codes de leur époque : Lise est infirmière à l’hôpital au temps où les soignantes étaient généralement des religieuses, elle forme une excellente équipe avec le docteur Dassin qui l’encourage même à devenir médecin.

Quant à Mathilde, elle refuse de se laisser intimider par les puissants, elle veut être une femme libre et indépendante même si elle rêve d’épouser le bel Armand.

Si vous aimez les secrets de famille, les femmes fortes et courageuses, L’orpheline des soeurs de la Charité devrait vous plaire !

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour cette lecture que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir !

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Yves Crouzet est l’auteur de nouvelles et de plusieurs romans. Il a obtenu le prix du jury du roman de l’été Femme Actuelle pour son best-seller Les fantômes du Panassa. Avec Les couleurs de l’amour, il signe une subtile et Intelligente comédie romantique.

À la suite d’un choc amoureux, Valentin a perdu la vision des couleurs. Depuis, il voit en noir et blanc avec de courtes phases de rémission lorsqu’il retombe amoureux.

Malheureusement, cela ne dure jamais très longtemps. Il est convaincu qu’il guérira de cette étrange maladie quand il rencontrera la femme de sa vie. Mais d’échec en échec, il désespère de la trouver.

Jusqu’au jour où il retrouve celle qui est à l’origine de son mal : Julie, son amour de jeunesse. Le miracle tant espéré se produit enfin : il voit à nouveau en couleurs ! Mais est-ce bien Julie qui est à l’origine de cette guérison ? L’amour ne se cache-t-il pas plutôt sous les traits d’une autre jeune femme qui vient d’entrer dans sa vie ?

Tiraillé entre deux passions, Valentin va devoir sonder son cœur pour découvrir qui il aime vraiment. Car au bout, ce n’est pas seulement la vision des couleurs que Valentin espère retrouver, mais aussi le chemin de ses rêves et du bonheur…

Il faut être deux pour apprécier les couleurs de la vie, voilà le message livré par cette comédie romantique bien sympathique et agréable à lire qui plaira aux amateurs et amatrices de rom’ com’ !

Si avec Les couleurs de l’amour, Yves Croizet respecte tous les codes de la comédie romantique, il ajoute un peu d’originalité à ce genre que j’aime retrouver de temps à autre même si j’en déplore souvent les schémas identiques. Ici, il y a comme je le disais quelques éléments qui sortent des sentiers battus et c’était bien chouette.

Roman à deux voix, on suit tour à tour Valentin qui a perdu la vision des couleurs suite à une rupture amoureuse douloureuse, et Claire, une jeune dessinatrice et autrice, qui ne croit plus vraiment en l’amour. Deux personnages que j’ai eu plaisir à voir évoluer tout au long du récit. Pour une fois, c’est un homme qui mène une partie du récit et c’est bien vu, d’autant qu’il est éditeur et passionné de dessin.

J’ai aimé également les personnages secondaires comme Thibault, Julie et le personnel de la petite maison d’édition dans laquelle travaille Valentin et où Claire va éditer son premier roman pour la jeunesse.

J’ai beaucoup apprécié tous les passages au coeur de la maison d’édition, où l’on suit le quotidien d’un éditeur et les relations avec les auteurs. Il y a aussi de nombreuses références à la peinture, aux dessinateurs de bandes dessinées et de comics, ce que j’ai aimé aussi.

Tout comme le « handicap » de Valentin qui a un réel impact sur sa vie professionnelle et amoureuse et que j’ai trouvé très original. Autant de bons points à souligner et qui m’ont permis de passer un chouette moment avec cette lecture.

Quelques bémols toutefois : des longueurs dans le dernier tiers du récit et des péripéties qui m’ont semblé bien inutiles, j’ai eu l’impression par moment que l’auteur faisait du remplissage et c’est bien dommage. Le dénouement est loin d’être original mais c’est toujours ce que je reproche à ce genre.

Reste que si vous aimez les romances, Les couleurs de l’amour devrait vous plaire.

Un grand merci aux éditions City pour cette lecture !

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A force de parler des livres des autres sur son blog C’est quoi ce Bazar ? , ça devait arriver Sophie Horvath s’est mise à son tour à raconter des histoires. Elle est également l’auteur du Quartier des petits secrets, aux éditions Flammarion.

Garance n’en peut plus. Elle est épuisée. Pourtant, elle n’en avait pas conscience avant que le pédiatre de son fils Gaëtan lui pose cette simple question : « Et vous, comment ça va ? »

Depuis quand ne la lui avait-on pas posée ? Après quelques minutes durant lesquelles elle mouilla des dizaines de Kleenex, il l’observa, l’air songeur. Il ne souriait plus mais son visage restait bienveillant, attentif et patient. Finalement, il dit : « Je connais peut-être quelqu’un qui pourrait vous aider. »

C’est alors que Garance, jeune maman au bout du rouleau, découvre une association atypique, L’école des mamans heureuses fondée par la solaire Rosa.

Ce lieu où n’importe quelle mère peut venir afin de penser à elle l’espace d’une heure va lui permettre de faire la connaissances d’autres mamans un peu au bout du rouleau : Corinne la rebelle, Catherine la mère de famille en apparence parfaite et Leila qui fuit sa maternité toute neuve.

Oui, on peut aimer ses chères têtes blondes mais on n’en est pas moins humain…

Cet hiver j’avais découvert la plume de Sophie Horvath à l’occasion de son premier roman, Le quartier des petits secrets, une lecture toute douce, comme le fut celle de L’école des mamans heureuses, son second roman.

Si vous êtes à la recherche d’une histoire pleine d’humour, de bienveillance et de tolérance, ne cherchez plus, vous l’avez trouvé ! Ce titre renferme tout ce que j’attends d’un feel-good book, une lecture réconfortante avec de l’amitié et de l’entraide féminine, portée par des personnages très attachants.

C’est un roman très actuel avec une thématique principale : la parentalité. Toutes les participantes aux ateliers de l’école des mamans heureuses ont donc un point commun, celle d’être maman.

Corinne qui ne sait plus comment faire pour remettre son fils dans le droit chemin, Catherine coincée dans son rôle de mère au foyer parfaite, Garance qui a oublié de vivre sa vie et Leila qui fuit son bébé, vont se retrouver régulièrement pour se livrer et participer à des ateliers.

Dans cette EMH, Rosa la pétillante va libérer la parole de ces femmes, bientôt rejointe par Aurélien, un papa au foyer qui vit les mêmes problématiques qu’elles.

Oui on peut adorer ses enfants mais être submergé(e) par son rôle de parent, c’est la leçon à tirer de ce roman. Un texte déculpabilisant pour les parents toujours en quête de perfection qui montre justement que nul n’est parfait et que l’important c’est surtout d’être heureux, si ses parents le sont, l’enfant le sera aussi !

Garance, Catherine, Corinne, Leila et Aurélien, en dépit de leurs différences, vont nouer des liens, devenir amis. Ils vont tout se dire, se déchirer, rire dans une ambiance souvent bienveillante et accueillante, mais pas toujours, et petit à petit, les carapaces vont se fendre et les secrets se dévoiler.

Le style de l’autrice est fluide et agréable et on arrive à regret au point final. Si j’ai vraiment passé un chouette moment avec cette lecture, je regrette tout de même que tout aille trop vite et soit survolé. En moins de 200 pages, l’autrice mène son récit tambour battant, on ne s’ennuie pas c’est certain mais ça manque un peu de profondeur !

Malgré des petits bémols, un roman et une autrice que je vous conseille si vous aimez les lectures cocooning.

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Gwenaële Robert est professeur de lettres, elle vit à Saint-Malo. Never Mind est son troisième roman pour adultes, après Tu seras ma beauté et Le Dernier Bain, lauréat de six prix littéraires dont le prix Bretagne.

Paris, 3 nivôse an IX.C’est le soir de Noël, il flotte dans Paris une atmosphère joyeuse. Personne ne se doute que dans la rue Saint-Nicaise, une charrette et un cheval tenu par une petite fille vont exploser, atteignant tous les passants alentour. Sauf Napoléon, le seul visé.

Le futur empereur veut punir ses opposants jacobins, persuadé qu’ils sont les instigateurs de l’attentat et Fouché en déporte plus de cent. Mais les véritables coupables, les chouans, demeurent introuvables. Parmi eux, Joseph de Limoëlan subit les pires remords. Fouché n’aura de cesse de le traquer.

De la chambre de Joséphine aux fossés de Vincennes, de la Bretagne aux Seychelles, des souterrains de Paris aux rivages de l’Amérique, Never Mind est un roman au souffle puissant qui fouille l’Histoire et le coeur surprenant des hommes.

Never Mind signe mes retrouvailles avec Gwenaële Robert, une romancière que j’aime beaucoup et dont on ne parle pas assez à mon goût. Après Tu seras ma beauté et Le dernier bain pour lequel j’avais eu un coup de coeur, j’étais impatiente de retrouver la si belle plume de Gwenaële et découvrir sa nouvelle histoire que j’étais sûre d’aimer.

Avec un brio remarquable, Gwenaële Robert saisit ce moment exceptionnel où un nouveau régime s’installe alors que le sang de la Révolution n’est pas encore sec. Au coeur de ces remous, elle se plaît à imaginer le quotidien d’anonymes qui ne mesurent pas toujours l’ampleur des événements politiques dont ils risquent d’être victimes.

C’est peu dire que j’ai aimé ce roman : il contient tout ce que j’attends d’un roman historique, mon genre favori comme vous le savez. Cette période de l’histoire n’est pas ma préférée mais Gwenaële Robert a un tel talent de conteuse, une plume que j’aime et admire tant, qu’elle peut m’emmener où elle veut, je la suis aveuglément !

Formidablement bien documenté, ce titre nous plonge au coeur de l’attentat de la rue St Nicaise, dont j’ignorais tout, et mêle personnages historiques tels que Napoléon, Fouché et Joseph de Limoëlan à des anonymes qui gravitent autour d’eux, comme elle l’avait si bien fait dans Le dernier bain.

Tout est finement esquissé et brossé qu’on s’attache très vite aux personnages : son héros bien sûr, Joseph de Limoëlan et l’imprimeur jacobin, persuadé qu’on finira par le relâcher puisqu’il est innocent.

Passionnant de la première à la dernière page, l’autrice nous conte une page de notre Histoire avec un rythme vif, des chapitres courts et des évènements qui suscitent l’intérêt. La grande histoire ne prend jamais le pas sur la petite, tout est savamment dosé, on est à la fois dans le romanesque et l’historique, l’imaginaire et le réel. Un pari difficile que Gwenaële Robert remporte haut la main.

En tournant la dernière page de cet excellent roman, je m’étonne vraiment que cette romancière bretonne ne soit pas plus connue et qu’on ne parle pas autant de ses romans que je le souhaiterais.

Si vous aimez les romans historiques, il vous faut lire Gwenaële Robert absolument : ses histoires sont passionnantes et brillamment ciselées, son style est merveilleux et tellement littéraire que c’est un bonheur sans cesse renouvelé de la lire.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour ce coup de coeur !

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Après des études de lettres puis aux Beaux-Arts, Fanny André a décidé de se consacrer à l’écriture. Jeune romancière, elle a remporté plusieurs prix littéraires, et est l’auteur de plusieurs romans (romance, fantastique, young adult) parus aux éditions Milady et Marabout : A jamais, Premier rôle, Camping dating…

A Trouville, lors de l’enterrement de son fils Arnaud mort d’un AVC, Camille Chardin, quatre-vingts ans, guette l’arrivée de son ex-belle-fille, Isabelle, la quarantaine, avec laquelle elle s’entendait très bien.

Les deux femmes restent ensemble après l’enterrement et leur complicité passée resurgit. Isabelle ne va pas bien : triste et amaigrie, elle a fait un burn-out et quitté son cabinet d’avocats.

Camille est aussi à une étape clé de sa vie. Veuve depuis de nombreuses années, plus rien ne la retient en Normandie alors elle décide de mettre en vente sa maison de Trouville où elle vit depuis soixante ans, pour retourner dans sa Bretagne natale.

Au cours de leur conversation, elles font le projet de réaliser un ancien rêve : un voyage ensemble. Chacune montrerait à l’autre les beautés de son terroir : Isabelle, la Normandie et Camille, la Bretagne, afin de mettre un terme à la gentille rivalité qu’elles ont toujours entretenue autour de la plus jolie région d’origine.

C’est surtout l’occasion pour Camille de fuir le deuil qu’elle vient de vivre et pour Isabelle de reprendre pied et d’arrêter de se morfondre chez elle…

Avec Pour le sourire d’Isabelle, Fanny André met en scène Camille et Isabelle, chacune à un tournant de leur vie. Deux héroïnes attachantes liée par une touchante relation quasi filiale en dépit du divorce d’Arnaud et Isabelle.

Les deux femmes qui s’étaient perdues depuis quelques années entreprennent un voyage à travers la Bretagne et la Normandie pour prouver à l’autre, la beauté de sa région.

De Honfleur à Giverny, de Locronan à Douardenez, de maisons d’hôtes en restaurants ou salons de thé, nous suivons l’itinéraire de ces deux gourmandes qui se livrent peu à peu.

Vous connaissez mon attrait pour la gourmandise et les romans ayant pour cadre ma région, la Bretagne, ce roman ne pouvait qu’aiguiser ma curiosité et atterrir dans ma PAL, d’autant que sa jolie couverture est un vrai plus (oui parfois je peux être très superficielle !).

Au-delà du dépaysement que procure cette lecture qui m’a beaucoup plu et donné envie de revoir ces lieux emblématiques bretons et normands, car l’autrice plante très bien ses décors et franchement on s’y croirait !

J’ai aimé le cheminement de ces deux femmes, leurs caractères et leurs conversations. L’autrice aborde une foule de thématiques très intéressantes comme la famille, le désir de non maternité, le deuil, le veuvage, la solitude, le déracinement, le burn-out, et plus généralement la place des femmes.

C’est un roman à deux voix où chaque héroïne se raconte et raconte le voyage de son point de vue. Tout au long du roman, on fait le plein d’émotion, il y a des moments graves et d’autres joyeux et comme dans tous les feel-good books, il va être question de changement de vie et de nouveau départ, d’amitié et d’amour aussi.

J’ai été touchée par les deux femmes, spécialement Camille qui m’a beaucoup attendrie, et la jolie relation qu’elles entretiennent, l’amour qu’elles se portent.

De la sororité et une belle complicité féminine et intergénérationnelle face au deuil, une échappée savoureuse à deux voix entre Normandie et Bretagne, voilà ce qu’est ce roman.

Un road-trip pas comme les autres que je vous conseille en cette fin d’été / début d’automne, vous serez certainement aussi touché.e que moi par ces deux femmes fortes et indépendantes que je l’ai été.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture sensible et dépaysante !

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David Foenkinos est l’auteur de plusieurs romans dont Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations, Les souvenirs et Je vais mieux. La délicatesse, paru en 2009, a obtenu dix prix littéraires. En 2011, David Foenkinos et son frère Stéphane l’ont adapté au cinéma, avec Audrey Tautou et François Damiens. Ils ont également réalisé le film Jalouse, avec Karin Viard. En 2014, Charlotte a été couronné par les prix Renaudot et Goncourt des lycéens. Les romans de David Foenkinos sont traduits en plus de quarante langues.

A Crozon, en Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs.

Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits de toute la France. Delphine, éditrice chez Grasset et originaire du village, profite de ses congés avec son amoureux, auteur dont la première publication n’a pas connu le succès, pour se rendre à la bibliothèque et découvrir ce département pas comme les autres.

Parmi les manuscrits refusés, ils découvrent ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, Les dernières heures d’une histoire d’amour, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain qui se trouve être un pizzaiolo et apprend qu’il est mort deux ans auparavant.

Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un immense succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire.

Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination ?

Le mystère Henri Pick signe mes retrouvailles avec David Foenkinos que j’avais découvert avec La délicatesse et Charlotte.

Comme toujours avec cet auteur, ce fut une lecture agréable de la première à la dernière page, une petite parenthèse de légèreté qui est arrivée au bon moment.

L’idée de depart est originale et vraiment bien trouvée et malgré quelques longueurs au début consacrées au lancement du livre, on ne s’ennuie pas car les rebondissements sont nombreux, notamment le dernier qui m’a vraiment surprise.

Beaucoup de personnages bien dessinés peuplent ce roman : certains plus importants ou intéressants que d’autres, certains franchement inutiles et les passages qui leur sont liés m’ont paru clairement de trop.

Cecis mis à part, David Foenkinos aborde avec un ton léger et souvent drôle, des sujets de fond très intéressants tels que la manipulation médiatique, l’idolâtrie dont sont l’objet certains ecrivains (Houellebecq par exemple), la solitude, les affres de la création, les coulisses de l’édition…

Le récit se dévoile façon poupées russes avec plusieurs récits entrelacés à l’histoire principale, c’est bien construit et il y a un certain suspens mené jusqu’au bout car jusqu’à la dernière page on se demande : supercherie littéraire ou pas ? Et si oui, qui est derrière ?

En bref, une comédie sur le monde de l’édition bien sympathique et distrayante, idéale pour passer un chouette moment. Et même si le dénouement est surprenant, je ne pense pas qu’il me restera longtemps en mémoire ! Maintenant je compte bien découvrir le film avec Fabrice Luchini et Camille Cottin.

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