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Archive for the ‘Littérature italienne’ Category

Stella adorait quand Gaspard faisait fondre dans un gaspacho des glaçons aux feuilles de basilic. Et, quand elle avait de l’appétit, il lui composait des nourritures plus consistantes, jouant sur des associations de saveurs simples : des rondelles de pommes de terre tièdes sur lesquelles il avait amoureusement déposé des pétales de truffes, une noix de Saint-Jacques en carpaccio avec une larme d’oursin sur une feuille de roquette, arrosée de trois gouttes d’huile d’olive.

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Voilà un livre qui n’aura pas eu le temps de trainer dans ma PAL, la faute au Marathon de lecture du Nouvel An et à mon envie de découvrir cette délicieuse auteure italienne, et de délices justement, il va en être question ici. Ce très trop court roman fait référence dans son titre aux étoiles du guide Michelin et non cosmos et nous relate quelques semaines dans la vie de Gaspard, un chef étoilé, renommé et couronné de succès, qui plaque tout et disparait sans laisser aucune trace du jour au lendemain, après avoir surpris son épouse et son associé dans le lit conjugal. Au lieu de tomber dans la haine et les coups bas, notre héros choisit un tout autre chemin et profite que sa vie bascule pour en changer tout à fait.

Gaspard fonce à bord de son gros 4×4 direction le sud de la France, laissant à son second la responsabilité des cuisines, et l’on assiste peu à peu à sa renaissance. Il laisse tous les signes extérieurs de richesse qui plaisaient tant à sa femme pour revenir aux fondamentaux de sa cuisine et à la simplicité : le goût des produits, la simplicité des recettes, la convivialité et le partage. Il achète un petit camion, installe quelques tables et commence par servir des plats uniques, au gré de ses envies, à ses premiers clients. Rapidement le succès arrive et peu à peu les clients affluent de plus en plus nombreux.

Loin de son restaurant, Gaspard va renaitre à tout point de vue, il va faire bien des rencontres, renouer avec son plus vieil ami et tomber amoureux de Stella, qui elle, a un rapport difficile avec la nourriture et à qui il va redonner le goût de manger. Pas de rebondissements ici mais un récit plein de charmes et de gourmandises, des saveurs qui donnent l’eau à la bouche (huile d’olive, truffe, saint Jacques, basilic, etc), des personnages attachants même s’il n’est pas dénué d’invraisemblances (notamment retenir en otage un critique gastronomique !), mon petit bémol, et surtout il est bien trop court, tellement court, que je suis restée sur ma faim.

Reste un moment de lecture bien agréable pour un roman léger et frais qui se savoure comme un grand plat, idéal pour les gourmandes et les amateurs de gastronomie !

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Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin, Il Viaggio, et Lire sous la contrainte

        

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Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des œufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c’est le choc de deux mondes, une histoire d’amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d’une voix, la sacralisation d’un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.

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Hervé Joncour est un sériculteur, c’est-à-dire qu’il achète et vend des vers à soie, voilà qui n’est pas banal pour un héros de roman. Lorsque débute le récit en 1861, la soie est en pleine expansion, et pour son commerce, Hervé Joncourt part régulièrement chercher des œufs en Syrie et en Egypte. Malheureusement, une épidémie qui anéantit tous les œufs provenant de Méditerranée, la seule solution pour les producteurs de sériculture : aller chercher des œufs au Japon.

Notre héros est alors mandaté par les différentes filatures de Lavilledieu pour mener une expédition jusqu’au Japon. A cette époque, l’ile est vraiment perçue comme le bout du monde, d’autant que le Japon a vécu pendant des siècles en autarcie et s’est ouvert aux voyageurs étrangers depuis quelques années seulement.

Hervé Joncour prend donc la route en octobre, traverse l’Europe, la Sibérie, pour arriver 3 mois plus tard à destination. Sa mission, ramener des œufs en seulement 2 mois, sinon les œufs se transforment en larves et réduisent l’or en cendres.

Avec ce récit captivant, que j’ai lu d’une traite, Alessandro Baricco nous fait découvrir le Japon. En quelques pages et courts chapitres, son style précis, épuré, avec des phrases écrites comme au scalpel, font de ce roman, une parenthèse enchantée, à la manière d’un conte japonais.

Les différentes expéditions d’Hervé Joncour se déroulent sur plusieurs années, le menant chaque mois d’octobre sur la route du Japon, et revenant chaque mois d’avril, rythme sa vie bien monotone ainsi que celle de son épouse. Un récit doux qui est aussi une histoire d’amour platonique, un roman brillant, tout en pointillés qui nous surprend de la première à la dernière page.

Alessandro Baricco va à l’essentiel et en ce qui me concerne j’ai passé un moment de plaisir de lire pur. A lire absolument !

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Lu dans le cadre des challenges Romans cultes, Il Viaggio, STAR et d’une lecture commune avec Métaphore, Minou et Miss Léo

                

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