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Archive for the ‘Romans graphiques et bd’ Category

Kiku Hughes est une jeune auteure américano-japonaise qui vit dans la région de Seattle où elle crée des histoires de romance et de science-fiction sur le thème de l’identité. Les indésirables est son premier album.

Kiku a 16 ans alors que la campagne électorale qui va mener Donald Trump au pouvoir fait rage. Americano-japonaise, elle se sent déconnectée de son héritage japonais et en sait peu sur l’histoire de sa famille qui cultive le secret.

Alors qu’elle est en vacances avec sa mère à San Francisco, elle se retrouve brusquement dans les années 1940, propulsée dans un des camps qui a fleuri sur le territoire américain au lendemain de Pearl Harbor.

Parquée, Kiku partage le quotidien de sa jeune grand-mère et de 120 000 citoyens nippo-américains déchus de tous leurs droits civiques par leur propre gouvernement, car accusés d’être des ennemis de la nation…

Les indésirables de Kiku Hughes met un coup de projecteur sur un épisode plutôt méconnu de la seconde guerre mondiale : le sort des ressortissants japonais sur le sol américain au lendemain de l’attaque de Pearl Harbour.

Avec quelques touches de fantastique, l’autrice et illustratrice retrace le sort des japonais déchus de leurs droits et parqués dans des camps tout en rendant hommage à sa grand-mère et à ses arrières-grands-parents, eux-mêmes détenus.

Un récit devoir de mémoire réussi et très intéressant sur cette déjaponisation par le pouvoir qui fait que les descendants de ces victimes sont tellement devenus américains qu’ils ne savent souvent pas parler japonais et ne connaissent rien de leur héritage nippon.

Je savais que l’on avait interné les japonais pendant la guerre mais j’ignorai tout de leur quotidien et du traitement dont ils avaient fait l’objet. Pour ne plus être considérés comme les ennemis de l’oncle Sam, ils ont du renié leurs origines, refusé que leurs enfants apprennent leur langue, leurs traditions… une effroyable perte pour ces descendants qui méconnaissent tout de leur héritage.

Tout au long du récit, l’autrice n’est jamais dans le jugement, elle rappelle les faits tels qu’ils se sont passés avec justesse et sans aucun pathos. Elle n’oublie rien de l’humiliation, de la peur, de l’indignation des prisonniers mais elle met aussi en avant toute la solidarité et l’entraide de ces hommes et femmes réunis malgré eux.

Kiku Hughes n’oublie pas non plus d’ancrer son récit dans la société américaine d’aujourd’hui et met en parallèle le sort de ces japonais avec ceux des mexicains du XXIè siècle et ce mur de la honte voulu par Trump.

Vous l’aurez compris, un roman graphique important par son travail de mémoire, qui aborde des évènements dont il faut continuer à parler, à mettre entre toutes les mains. Je compte bien pour ma part le faire découvrir à mes ados qui abordent la seconde guerre mondiale en ce moment dans leur programme d’histoire.

Merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture instructive et pleine d’émotion, j’ai adoré !

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Antoine Ozanam se consacre uniquement à la bande dessinée depuis 2004. Depuis, il a signé de nombreux albums, comme Klaw aux éditions du Lombard, une relecture de Popeye chez Michel Lafon, ou encore Temudjin chez Maghen éditions. Pedro Rodriguez a travaillé dans le secteur de l’illustration et de la publicité, avant de se consacrer exclusivement à la BD et au livre jeunesse.

Depuis l’origine des temps, tous les enfants ont écouté des contes qui relatent les histoires de la terrible Baba Yaga. L’immortelle sorcière russe qui voyage sur un chaudron magique, souvent accompagnée de sa maison à pattes de poulet. On dit qu’elle est le mal incarné, un suppôt de Satan…

Mais aucun de nous ne naît mauvais. Yaga raconte l’histoire d’une petite fille douloureusement abandonnée à son sort, qui, par nécessité, deviendra ce monstre qui guette les enfants dans les éternels contes de Baba Yaga.

Baba Yaga (en russe : Баба Яга) est une figure marquante du conte russe et plus généralement slave. Lorsque l’on s’intéresse à la culture russe et que l’on découvre les contes russes traditionnels, on croise forcément la route de la Baba à un moment ou un autre.

Si vous êtes peu familiers avec la Russie, je peux vous dire en deux mots que la baba Yaga est la figure féminine surnaturelle la plus fréquente du conte russe, elle n’existe nulle part ailleurs, vous ne la trouverez pas chez les grands auteurs russes, ni dans la littérature russe, ni dans le reste du folklore russe.

Les folkloristes russes ont donné diverses interprétations, depuis la divinité chasseresse jusqu’à la simple sorcière, en passant par le chef travesti du rite d’initiation des sociétés primitives. Bien que toujours vieille, elle revêt des aspects différents et a une fonction double, étant à la fois l’adversaire du héros et la principale donatrice.

Le scénario d’Antoine Ozanam original et très intéressant, nous propose la genèse de celle qui est devenue Baba Yaga. Comme ce personnage est sujet à diverses interprétations, l’auteur peut inventer ce qu’il veut et part du principe que personne n’est mauvais dès le jour de sa naissance.

Svetlana, l’héroïne de cette histoire, en est un exemple parfait et l’archétype parfait des violences faites aux femmes. Elle échappe de peu à la mort avec sa meilleure amie Kalinka. Tout leur village est décimé par les cosaques et les deux jeunes filles, après avoir erré pendant des jours, sont recueillies par une « sorcière » prénommée Baba.

Comme toutes celles accusées de sorcellerie, le seul tort de cette vieille femme est de bien connaître les plantes et de venir en aide à ceux qui le demandent. Ce qui ne l’empêchera pas, hélas, de finir sur le bûcher dès lors qu’un pope pointera le bout de son nez.

Notre héroïne va pourtant continuer à répandre le bien autant d’elle jusqu’au jour où tout ce qui fait sa vie lui est repris et qu’elle décide de se venger.

L’histoire est bien menée même si elle aurait mérité plus de développements, les codes du conte sont utilisés intelligemment et les dessins de Pedro Rodriguez clairs et dynamiques, accompagnent parfaitement l’histoire de cette femme forte et pugnace.

Une belle découverte que je vous conseille si la culture russe vous intéresse.

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Maintenant que je t’ai retrouvé, j’aimerais tellement te réserver une petite place dans ma vie. Une place remplie de mouettes, avec vue sur la mer.

D’un côté, il y a Ana. Sexagénaire charismatique, ancienne maire tout juste retraitée, mariée et maman. Une battante au grand coeur qui impose le respect.

De l’autre, il y a Zeno. Célibataire endurci, libraire proche de la retraite et doctorant en physique qui aura mis quarante ans pour terminer sa thèse. Un esprit libre et voyageur, aussi séduisant que mystérieux.

Au fil des années, ils ont tissé ensemble un amour impossible et intarissable. Tout en égrainant les excuses qui ont empêché qu’elle ne prenne forme, on remonte le temps de cette romance et de ses méandres… jusqu’à sa source.

Avec Malgré tout, Jordi Lafebre dont j’avais tellement aimé les dessins de Lydie et Les Beaux Étés, tous deux écrits par Zudrou, nous offre, avec toute la poésie et la tendresse qui le caractérisent, son premier album en tant qu’auteur complet.

Un puzzle amoureux complexe, qu’il recompose savamment au travers de scènes distinctes… et pourtant indissociables les unes des autres.

C’est l’histoire d’un amour à rebours qui nous est conté, du chapitre 20 au 1, de leurs retrouvailles plus de quarante années après leur rencontre.

Une passion platonique mais éternelle entre deux êtres qui nous montre que l’amour ne suffit pas, qu’il ne fait pas tout mais qui est pour autant inoubliable, impossible à évacuer.

Vous l’avez vu à ma note, j’ai eu un coup de foudre pour cette histoire même si, pour moi, quelques chapitres supplémentaires n’auraient pas été superflus car le récit a parfois des coups d’accélération et on arrive trop vite au point final. J’aurai tant aimé rester encore et encore avec Ana et Zeno.

En dépit de ce micro bémol, j’ai tout adoré. Adoré cette histoire, cet amour platonique et ce lien indéfectible qui les unit pendant des décennies.

Adoré aussi ce procédé original qui nous offre d’emblée le dénouement pour remonter à leur rencontre et nous donne envie de redécouvrir cette histoire en commençant cette fois-ci par le chapitre 1.

Adoré itou les personnages : Ana, si énergique et volontaire, Zeno tellement rêveur et lunaire.

Les planches sont sublimes, l’utilisation des couleurs, épatante, je n’en attendais pas moins de Jordi Lafebre qui a un talent fou et dont j’admire le talent.

Un roman graphique ultra plébiscité à juste titre et que je vous conseille tellement, vous allez passer un moment magique !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois 

Wendall Utroi, ancien policier formateur, vit aujourd’hui à Romans-sur-Isère. Il diffuse son premier roman sur Internet en 2014 et rencontre un succès inespéré. Auteur de sept romans, il reçoit en 2018 le Prix des lecteurs des plumes francophones.

Jacques est cantonnier pour la mairie de Houtkerque, dans le Nord. Un jour, alors qu’il est chargé d’entretenir le cimetière du village, il découvre, enterrées avec leur auteur, des mémoires rédigées en anglais.

Ni une, ni deux, il s’en empare, poussé par la curiosité. Mais comme il ne parle pas anglais, il demande à sa fille de les traduire pour lui. Ils comprennent alors que leur auteur est un inspecteur des mœurs de Scotland Yard ayant vécu en pleine époque victorienne.

En 1889, L’inspecteur Wallace est chargé d’une enquête délicate : découvrir celui ou celle qui menace de dévoiler les petits secrets du duc de Clarence, petits-fils de la reine Victoria et fils du prince de Galles, l’héritier de la couronne.

Honnête homme, Wallace va découvrir les violences faites aux femmes et aux enfants dans les quartiers sordides de l’East Wend, ce qui est loin de plaire à tout le monde…

À la fois polar historique, roman noir et social, La loi des hommes est une petite pépite qu’il est bien difficile de lâcher une fois dans nos mains ! Wendall Utroi nous offre une plongée très réaliste au coeur des ruelles sordides de Londres, un an après l’affaire Jack l’Éventreur.

L’auteur s’est indéniablement bien documenté et mêle habilement personnages réels et de papier pour nous proposer une enquête tentaculaire où les faibles sot broyés au profit des puissants au nom de cette loi des hommes qui donne le titre au roman.

L’histoire racontée avec grand talent est sombre et sordide, le lecteur est confronté à la perversion de la bonne société londonienne de cette fin du XIXe dans une intrigue à la fois passionnante et douloureuse, mené par le sympathique et attachant Wallace.

Avec lui, on découvre la corruption, les petits arrangements entre les puissants, la prostitution, la traite des très jeunes filles voire des enfants pour ces messieurs amateurs de chair fraiche et de virginité. Et, pour les invertis, des jeunes garçons. Des jeunes gens que l’on achète à leurs familles pour une bouchée de pain.

J’avoue que j’ai rarement lu quelque chose de si noir et glauque, et pourtant j’ai été totalement captivée par cette histoire, par la plume de l’auteur et j’ai refermé le livre, certes avec le coeur au bord des lèvres, mais surtout révoltée par l’injustice faite aux victimes tant tout sonne vrai.

Wendall Utroi pointe avec brio les défaillances de la justice, les carences et les inepties d’une société qui ne veut pas ou ne sait pas protéger, ou alors très mal ses enfants. Heureusement qu’il existe des hommes en quête de justice et de vérité comme Wallace.

Pour conclure, une enquête captivante qui nous plonge dans ce monde d’un autre siècle, vivant dans un système permissif pour les puissants et où tous les coups sont permis pour ne pas ébruiter des vérités qui pourraient nuire au pouvoir.

Ma Belette est sur la même longueur d’ondes, vous pouvez retrouver son avis ici.

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Hubert était scénariste et coloriste de renom, recevant le Firecracker Alternative Book Award « Best graphic novel 2015 » aux États-Unis. Il est décédé le 12 février 2020, quelques semaines seulement avant la sortie de Peau d’Homme. Zanzim, de son vrai nom Frédéric Leutelier, a grandi en Mayenne où il n’y avait pas grand-chose à faire d’autre que de lire des bandes dessinées… et dessiner !

Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant.

Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout.

Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d’homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un jeune homme à la beauté stupéfiante.

Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d’homme, Bianca s’affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l’amour et la sexualité…

Sans contrefaçon, je suis un garçon ! pourrait être le sous-titre de Peau d’homme, écrit par Hubert, mis en dessins par Zanzim et multi récompensé depuis sa parution.

À travers une fable enlevée et subtile comme une comédie de Billy Wilder, Hubert et Zanzim questionnent avec brio notre rapport au genre et à la sexualité… mais pas que.

En mêlant ainsi la religion et le sexe, la morale et l’humour, la noblesse et le franc-parler, Peau d’homme nous invite tant à la libération des mœurs qu’à la quête de l’amour.

La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ?

Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l’objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l’instrument d’une domination à la fois sévère et inconsciente ?

Et de ce point de vue, ce roman graphique est particulièrement réussi. J’ai adoré cette histoire et surtout Bianca qui s’affranchit des codes de son époque grâce à cette peau qu’elle revêt et grâce à laquelle son mari va tomber éperduement amoureux d’elle. Oui mais pas en tant que Bianca mais en tant que Lorenzo, son double, ce qui va bien sûr poser bien des problèmes.

Ce roman graphique est un magnifique plaidoyer pour les femmes mais aussi le droit d’aimer qui l’on veut. Il défend aussi brillamment la cause homosexuelle, le droit à la différence, le transgenre. Il prend fait et cause pour que chacun, homme comme femme, ait la sexualité qu’il ou elle veut, sur un vrai pied d’égalité.

Cela aurait pu être un coup de coeur sans les dessins de Zanzim qui ne sont pas du tout à mon goût, notamment au niveau des traits des visages que j’ai trouvé d’une laideur absolue, mais les goûts et les couleurs étant différents, cela n’enlève rien au talent de Zanzim que beaucoup d’autres ont apprécié.

Des dessins qui ne m’ont pas empéché d’apprécier cette ode à la tolérance que je vous invite à découvrir tant elle est riche et passionnante à tous points de vue !

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Pascale Frey est journaliste culture et chroniqueuse littéraire au magazine Elle où elle s’occupe également du prix des lectrices. Soledad Bravi est diplômée de l’ESAG en 1988 et l’auteur de nombreux livres chez différents éditeurs (Gallimard, Seuil, Mila Editions) et dessine pour le magazine Elle.

Vous n’avez toujours pas lu Les habits neufs de l’Empereur ? Vous ne vous rappelez plus pourquoi La peste a connu un grand succès dès sa parution ni comment se termine L’aiguille creuse ?

Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul(e)s ! Soledad Bravi et Pascale Frey l’ont bien compris et viennent à notre rescousse.

En quelques cases, elles nous proposent une synthèse de vingt-quatre grands classiques de la littérature française et étrangère, l’occasion de se rafraichir la mémoire ou de découvrir certains monuments qui font un peu peur, il ne faut pas se le cacher.

Avez-vous lus les classiques de la littérature ? met en lumière des romans et des pièces de théâtre de la littérature française et étrangère, écrits par vingt-trois hommes et une femme, pour la plupart parus entre le 19è siècle et les années 60.

Au menu de cette bande dessinée de vulgarisation littéraire : La religieuse de Denis Diderot, Orgueil et préjugé de Jane Austen, Les fiancés d’Alessandro Manzoni, Les habits neufs de l’Empereur d’Hans-Christian Andersen, Une vieille maîtresse de Jules de Barbey-d’Aurevilly, La chèvre de monsieur Seguin d’Alphonse Daudet, Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, L’étrange cas du Dr Jekyll et mister Hyde de Robert Louis Stevenson, L’aiguille creuse de Maurice Leblanc, Martin Eden de Jack London, Le grand Meaulnes d’Alain-Fournier, Le diable au corps de Raymond Radiguet, Thérèse Desqueyroux de François Mauriac, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig, Les raisins de la colère de John Steinbeck, Aurélien de Louis Aragon, Antigone de Jean Anouilh, La peste d’Albert Camus, Vipère au poing d’Hervé Bazin, 1984 de George Orwell, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee, Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez et Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier.

Après deux excellents tomes, Soledad Bravi illustratrice qu’on ne présente plus et Pascale Frey, journaliste littéraire à ELLE, récidivent et nous proposent un troisième opus tout aussi réussi. Elles nous proposent des résumés malicieux et pétris d’humour qui dépoussièrent des œuvres vieilles de quelques dizaines d’années à quelques siècles.

Pourquoi ces titres et pas d’autres ? Et pourquoi si peu de femmes ? Mystère et boule de gomme c’est la seule chose que je reproche à cet ouvrage : ne pas avoir expliqué les choix de Soledad Bravi et Pascale Frey.

Chaque oeuvre est d’abord présentée par Pascale Frey sous forme d’une note d’une dizaine de lignes, accompagnée d’une courte biographie de l’auteur(e) concerné(e).

Puis c’est au tour de Soledad Bravi de résumer l’ouvrage en images et en quelques mots sur quatre à cinq pages de manière humoristique à grands renforts de renvois à la culture populaire à travers des phrases de chansons et du vocabulaire très actuel. Ce système fait d’anachronismes fait mouche à chaque fois !

Un ouvrage synthétique, intelligent, pédagogique et clair à mettre entre toutes les mains dès l’adolescence, peut-être que nos chères têtes blondes sortiront un peu de leur zone de confort et se dirigeront vers des classiques, tout comme les lecteurs et lectrices adultes qui ne gardent pas forcément de bons souvenirs des classiques étudiés au collège ou au lycée et qui craignent parfois de se lancer dans ce genre de lectures.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture éclairante et amusante, en espérant qu’elle puisse permettre à tous de repartir sur de bonnes bases ! Une série que je vous recommande !

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Ann Granger est une romancière britannique, auteur de nombreux romans policiers historiques. Elle vit près d’Oxford avec sa famille.

Mars 1870. Londres est recouvert de brouillard et de glace. Mais Ben Ross, inspecteur de Scotland Yard, a bien d’autres soucis que la météo lorsque le cadavre d’une jeune femme est retrouvée dans une poubelle derrière un restaurant de Piccadilly.

Ben doit dresser le portrait de la victime avant de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Son enquête le conduit d’abord chez un bottier de Salisbury, puis chez un propriétaire terrien du Yorkshire.

Au même moment, Lizzie, l’épouse de Ben, secondée par Bessie, leur domestique à qui rien n’échappe, enquêtent sur une mystérieuse affaire de femme emprisonnée dans sa propre maison.

Tandis que Ben se lance dans une enquête de plus en plus complexe, Lizzie va découvrir une pièce essentielle du puzzle qui lui permettra de s’approcher au plus près de la vérité…

J’avais aimé Un intérêt particulier pour les morts et La curiosité est un péché mortel, lus respectivement en 2014 et 2015, commencé et terminé l’année 2016 avec Un assassinat de qualité et Un flair infaillible pour le crime puis repris cette série en 2017 avec Le témoignage du pendu et en 2018 Le brouillard tombe sur Deptford. Comme la série était prévue en six tomes, je m’attendais à en rester là, lorsque ô miracle L’orpheline de Salisbury est apparue dans les rayons de ma librairie !

Comme vous le savez déjà, j’affectionne tout particulièrement les polars historiques qui pour cadre la capitale anglaise au temps de la reine Victoria et dans ce genre, j’ai un gros faible pour le duo Lizzie et Ben que j’ai été ravie de retrouver et une nouvelle fois, le charme a opéré avec cette série qui me rappelle beaucoup celle consacrée aux Pitt écrite par Anne Perry, que j’adore !

Fog londonien et secrets victoriens sont au coeur de cette septième enquête de Ben Ross et de sa femme Lizzie. J’aime l’atmosphère et les personnages de cette saga même si je déplore la place de plus en plus réduite de Lizzie au fil des tomes qui devient une héroïne très secondaire, dommage !

Ann Granger met, comme toujours, son temps pour bâtir une intrigue plutôt bien ficelée mais qui n’a rien de révolutionnaire non plus car le coupable n’est pas très difficile à découvrir mais je n’ai, pour autant, pas boudé mon plaisir car ce roman d’ambiance se lit formidablment bien grâce à la plume fluide de l’autrice et à son décor historique bien documenté et bien rendu.

C’est le gros point fort d’Ann Granger, tout au long de sa lecture, on est plongé dans cette période victorienne et on y croit, on a l’impression d’arpenter les pavés londoniens, de se perdre dans le brouillard qui a une importance capitale dans le récit.

C’est une série doudou que j’aime retrouver, à chaque fois le plaisir de lecture est là même si comme je le disais, les intrigues n’ont rien d’extraordinaire, l’atmosphère, la description du quotidien des londoniens de cette époque, les personnages, ont suffisamment de charme pour que je me plonge dans chaque volume avec délice.

Si vous ne connaissez pas encore Ben et Lizzie Ross et que vous aimez les cosy mysteries ou les polars historiques, découvrez sans tarder cette série !

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Lu dans le cadre du Pumpkin Automne Challenge

M.T Anderson publie surtout des albums jeunesse et des romans pour jeunes adultes. Jo (Joséphine) Rioux est une autrice et illustratrice de livres pour enfants. Diplômée du Collège Sheridan, elle illustre des livres pour la littérature jeunesse et jeune adulte, mais sa plus grande passion reste la bande dessinée.

Pour ériger les remparts qui protègent Ys des flots tumultueux, la reine Malgven, épouse du roi Gradlon, a eu recours à la magie. Sa mort brutale et mystérieuse laisse ses deux filles inconsolables et les éloigne l’une de l’autre.

Rozenn, héritière du trône, a reçu de sa mère son amour de la nature sauvage et de la solitude. Elle goûte peu la vie de cour et préfère vivre en parfaite harmonie avec la nature. Elle aime parcourir les landes et partager les joies simples de son peuple.

Dahut, la cadette, tient de sa mère sa magie, se délecte de la vie fastueuse de la cour et se compromet dans ses intrigues. Le roi Gradlon, quant à lui, a délaissé la politique et se réfugie dans les bras de ses nombreuses maitresse, laissant Dahut aux commandes d’Ys.

Mais derrière les murs immenses de la cité se cache un passé lourd de sombres secrets. Le jour où le lien entre les soeurs se rompt définitivement, elles entraînent dans leur chute le destin d’Ys, et les monstres tapis dans l’ombre surgissent alors en pleine lumière…

Avec Soeurs d’Ys, Martin Tobias Anderson revisite le mythe de la cité engloutie d’Ys, censée se trouver au large de Douardenez, la plus fameuse légende bretonne apparue pour la première fois au Moyen-Age sous la plume de Pierre de Baud et largement popularisée au XIXè siècle par Anatole Le Braz et au XXè siècle par Charles Guyot.

Comme il n’a jamais été fixé, ce récit légendaire autour de la cité engloutie a donné lieu à bon nombre d’interprétations et de versions. Le scénariste part donc du point de départ communément présent dans un certain nombre de versions et adjoint aux personnages du saint (Corentin ou Guénolé) qui incarne le Bien, Dahut qui incarne le mal, et le roi Gradlon placé face à un choix, Rozenn qui, elle, est de son cru et j’ai trouvé l’ajout bienvenu.

On suit donc tour à tour, jusqu’à l’engloutissement d’Ys, Rozenn qui incarne la lumière et Dahut, la noirceur. Cette dualité est bien construite et j’ai aimé suivre les jumelles en parallèle.

L’intrigue proposée par M.T Anderson qui s’appuie à la fois sur la version la plus connue de la légende en y mettant son grain de sel est bien tissée et addictive. Je pensais, au départ, lire ce gros roman graphique en plusieurs fois et j’ai été incapable d’arrêter ma lecture avant le point final.

Le récit est en effet plein de secrets, de magie, de péripéties et de rebondissements qui relancent sans cesse l’intérêt du lecteur, l’histoire de ces deux soeurs qui tentent d’imposer leur voix nous interroge sur les choix que l’on peut faire, sur l’attrait au pouvoir, les luttes intestines, les rivalités fraternelles…

Les planches de Jo Rioux m’ont charmée même si, au départ, j’ai eu un peu de mal avec son style, elles servent parfaitement le scénario et concourrent à instaurer une ambiance magique et légendaire. Les couleurs choisies sont fondamentalement automnales avec du vert, du marron, de l’orange et de l’ocre et là encore c’est bien vu, cela cadre bien avec la Bretagne sauvage que je connais et aime.

L’auteur a également laissé une grande latitude à l’illustratrice puisqu’elle a pu laisser libre court à son talent avec des pages entières sans le moindre texte qui retranscrivent très bien l’état d’esprit des personnages.

En bref, un roman graphique réussi tant sur le fond que sur la forme et que je vous recommande si les thématiques abordées vous intéresse.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture magique !

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Après des études d’ethnologie et de hongrois, Jean-Baptiste Dusséaux part vivre à Budapest pendant trois ans, avant de rentrer en France pour y entamer une carrière de réalisateur de documentaires et de scénariste. En 2011 Benoît Abtey publie Don Juan de Tolède, mousquetaire du Roi chez Flammarion. En 2013, il signe avec Pierre Deschodt, Les Nouveaux exploits d’Arsène Lupin, aux éditions XO. Mayalen Goust est diplômée de l’École d’arts appliqués de Poitiers et a travaillé dans une agence de publicité. Si elle est surtout connue pour ses illustrations d’albums aux éditions du Père Castor, son univers unique est facilement identifiable dans toutes ses œuvres.

1917, la guerre bat son plein et la Révolution est en marche. Au coeur de ce chaos militaire et politique, Volodia, un jeune soldat cosaque, a choisi son camp : celui des bolcheviks, aux côtés de Staline. Ce qui n’empêche pas Volodia de tomber fou amoureux d’Ania, la dernière fille du Tsar Nicolas II, ce qu’il ignore.

La Révolution fait ensuite place à la guerre civile. Armée rouge et armée blanche se lancent dans un combat sans merci qui déchire la Russie. La victoire est incertaine. Héroïsme, massacres, trahisons, angoisse, voilà le pain quotidien des soldats rouges et blancs.

Bientôt l’armée révolutionnaire gagne la Pologne et menace l’Europe tout entière. En France, le répit de la famille Roumanov tourne court, Volodia et Ania ne semblent point devoir connaître de paix et se lancent une nouvelle fois dans la bataille, au risque de retomber dans les griffes de Staline…

Réunis en un seul volume, les trois tomes de Kamarades nous entrainent au coeur de la Russie pendant et après la Révolution russe, de la chute des Romanov à l’avènement de Lénine et la création de l’U.R.S.S.

La révolution russe déchaîne les passions et offre aux auteurs mille et une opportunités dont ils vont se saisir. Vous connaissez mon intérêt pour la Russie et notamment le règne de Nicolas II, cette intégrale qui réunit les trois albums parus sous les titres La fin des Romanov, Tuez-les tous et Terre promise ne pouvait qu’attérir dans ma PAL.

Mêlant faits réels et fiction, personnages historiques et inventés, ce roman graphique est une uchronie que j’ai trouvé réussie et absolument passionnante avec des scènes très fortes en action et en émotion.

Le scénario mitonné par Benoit Abtey et Jean-Baptiste Dusséaux est audacieux et crédible, leur réécriture de l’Histoire est intéressante et m’a beaucoup plu, je ne peux vous dire plus de crainte de vous spoiler une intrigue qui mérite d’être découverte.

Tout au long de l’histoire, nous suivons Volodia, héros des premiers jours de la Révolution, Anastasia, la plus jeune fille du Tsar et Koba, futur Staline, pris dans la tourmente de l’histoire entre amour, drame et bras de fer diplomatique. Avec eux, nous assistons à l’Histoire qui se met en marche, la vraie, et celle qui aurait pu être.

Les dessins de Mayalen Goust sont, comme toujours, sublimes, je suis vraiment admiratrice de son talent. Que ce soient les décors ou les personnages, tout est très fin et élégant, comme j’aime. Elle utilise à merveille la palette graphique avec des tonalités précises suivant les évènements racontés : du noir, du blanc, du rouge, du vert, du bleu…

Si l’histoire de la Russie vous intéresse et que vous êtres curieux de découvrir ce qu’en ont fait Benoit Abtey et Jean-Baptiste Dusséaux, je vous invite à découvrir à votre tour Kamarades, vous ne devriez pas être déçu(e).

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture, j’ai adoré !

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Soledad est auteure de nombreux livres. Fine observatrice du monde qui l’entoure, elle caresse l’espoir de voir la société se transformer pour qu’enfin l’égalité entre les femmes et les hommes devienne réalité. Elle s’exprime quotidiennement sur Instagram @soledadbravi.

Avec Quand on était petits, Soledad Bravi nous offre une parenthèse nostalgique, un voyage dans son enfance en famille, à Paris et pendant ses vacances en Espagne.

Un récit tendre et humoristique, nourri par ces chroniques autobiographiques, pastilles en bichromie glanées dans sa mémoire, auxquelles viennent s’entrelacer les souvenirs des enfances de ses filles.

Son regard d’autrice donne un écho universel à ces évocations intimes pour, au gré des pages, faire raisonner nos propres enfances.

Je suis plutôt cliente de Soledad Bravi, le minimalisme de son coup de crayon, j’ai donc apprécié cet album lu en une petite heure même si j’y ai peu retrouvé ma propre enfance.

L’illustratrice égrène ses bêtises, parfois très gratinées, ses peurs et celles de ses frères, cousins ou même de ses filles, des petits drames aussi, le tout avec humour, amour et une bonne dose de nostalgie.

Tous ces moments de vie croqués en bichromie tour à tour drôles, tendres ou touchants m’ont fait sourire ou rire, m’ont rappelé des évènements de ma propre enfance, des jeux avec les copains, les copines ou les cousins, comme Soledad le fait pour nous !

Un sympathique album que je vous conseille si vous êtes un(e) adepte de Soledad Bravi et que vous êtes d’un naturel plutôt nostalgique, ces petites pastilles devraient vous plaire.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture distrayante !

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