Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Romans graphiques et bd’ Category

Paris, Siècle des Lumières. Alors que Diderot et d’Alembert travaillent d’arrache-pied à l’Encylopédie, une série de meurtres assombrit leur horizon. Toutes les victimes travaillaient pour leur grande œuvre. Qui cherche à tuer les champions de la raison ?

Paris, 1750. Un cercle d’intellectuels travaille à la rédaction d’un dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers : L’Encyclopédie, destiné à éduquer les lecteurs et à diffuser les Lumières.

Dans leur projet, Diderot, D’Alembert, d’Holbach, Buffon, Hume et leurs compagnons subissent les menaces qui pèsent sur tous ceux qui développent des opinions antireligieuses et antimonarchistes.

Un jour, l’un d’entre eux, Monsieur Raynal, est mystérieusement assassiné. Puis ce sera le tour d’un second. Diderot, accompagné de Marie, une jeune illustratrice qu’il a pris sous son aile, va mener l’enquête.

Ses premiers soupçons se portent sur les Croisés, de fervents catholiques soutenus par l’archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, grand adversaire du projet…

Vous connaissez mon goût pour le XVIIIè siècle et lorsque je tombe, totalement par hasard, sur un roman graphique qui met en scène mon philosophe préféré, Denis Diderot, comme dans Les encylopédistes, impossible pour moi de résister !

Vous le savez peut-être si vous me suivez depuis longtemps, je voue une passion au siècle des Lumières et plus particulièrement à l’Encylopédie de Diderot et d’Alembert, j’étais donc très curieuse en commençant ma lecture de voir le traitement qu’en avaient fait les espagnols José A. Pérez Ledo au scénario et Alex Orbe aux dessins.

Et je dois bien admettre que je ressors conquise de ma lecture car non seulement le scénariste s’est très bien documenté sur le sujet mais en plus il nous offre une intrigue policière pleine de rebondissements et d’intérêt.

Si l’intrigue policière est fictive, aucun philosophe n’a été assassiné pendant l’écriture de l’Encyclopédie, la trame principale est bien replacée dans son contexte historique et s’appuie sur des éléments bien réels.

L’auteur aborde pêle-mêle l’appui de la marquise de Pompadour à l’Encyclopédie (même si elle n’a jamais été l’amante de Diderot) et la défiance du roi Louis XV envers le projet, le séjour de Diderot à Vincennes, les rapports houleux du philosophe avec sa femme Antoinette, les relations parfois tendues entre d’Alembert et Diderot, les problèmes de censure, les interdictions de publication qui pleuvaient sur le projet, le conflit ouvert avec l’archevêque Christophe de Beaumont… José A. Perez Ledo n’omet rien, tout y est !

Le féminisme de Diderot n’est pas non plus oublié avec le personnage fictif de Marie qu’il choisit pour croquer les visages des encyclopédistes lors des séances de travail et pour les planches illustrées car l’Encyclopédie, éditée entre 1751 et 1772, comprend 17 volumes de texte, 11 volumes de planches et 71 818 articles, un travail colossal !

Le scénario retransmet également très bien la perception qu’avaient l’Eglise et le pouvoir de ce projet qu’ils jugeaient dangereux : un peuple éclairé se laisserait moins facilement gouverné. L’encyclopédie fournit en effet une compilation des connaissances de l’époque dont la cohérence était obtenue par la riche documentation des articles d’astronomie, et les renvois vers des articles de différentes disciplines.

Les planches signées Alex Orbe sont plutôt agréables à regarder, je n’aime pas trop sa façon de dessiner les visages mais les couleurs plutôt vives et tranchées pour lesquelles il a opté sont bien choisies.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé Les encyclopédistes et je ne peux que vous inciter à lire cette bande dessinée à votre tour. Si vous aimez cette époque ou que vous souhaitez en savoir plus sur l’Encyclopédie, c’est le titre idéal.

Read Full Post »

La science a remplacé la magie dans le cœur des hommes. Elle est sur le point de faire basculer le monde dans une nouvelle ère, entraînant les créatures fantastiques dans l’oubli. Descendante d’une lignée de mages, la jeune Ziska est apprentie vétérinaire. Avec son maître Nico, elle cherche à soigner et préserver les bêtes mythiques menacées d’extinction… Mais n’est-il pas déjà trop tard ? À la croisée de la médecine et de la magie, découvrez un bestiaire hors du commun !

Ziska est l’assistante d’un vétérinaire pas comme les autres puisque ce dernier soigne des créatures fantastiques. Fille d’une magicienne, elle est triste que la science ait remplacé la magie pour exercer ce métier.

Après le travail, elle se rend en secret dans la forêt où elle a découvert un animal magique qu’elle pense être la seule à voir. Il est gravement blessé et malgré les soins prodigués par la jeune fille, son état empire.

Le docteur remarque que son apprentie est distraite et il la suit un soir pour savoir pourquoi. Il découvre alors l’animal qu’il peut voir lui aussi, et après avoir réprimandé Ziska, il décide de soigner la bête en employant la magie puisque la science semble impuissante.

Il laisse son assistante préparer un médicament selon les recettes et les incantations que cette dernière a appris de sa mère et ce procédé fonctionne.

L’apprentissage de Ziska pour maitriser la magie ne fait que commencer !

Autant vous le dire d’emblée, je ne suis pas une adepte des mangas, leurs histoires m’ennuient, les dessins ne m’emballent pas, bref je ne suis pas la cible contrairement à mes garçons qui en sont friands.

Et pourtant lorsque j’ai vu Créatures fantastiques dans la liste des mangas mis en jeu dans la masse critique Babelio, je n’ai pas hésité et j’ai eu raison car contrairement à toute attente, et j’en suis la première surprise j’ai aimé, mieux encore, je lirai la suite !

Dans ce premier tome introductif, on suit Ziska, une apprentie vétérinaire, douée de pouvoirs magiques dans un monde où la magie ne fait plus recette. J’ai trouvé cette jeune fille particulièrement attachante, à la fois naïve et généreuse mais aussi très tenace.

Aux côtés de son maître Nico, elle vient en aide aux créatures fantastiques malades ou en détresse telles qu’une mandragore, un lindworm, une salamandre et un wolpertinger.

J’ai aimé l’univers merveilleux à la fois magique et fantaisy que nous propose le scénariste et dessinateur de ce manga, Kaziya. Ses dessins sont fins et agréables à regarder.

Découpée en quatre partie, l’histoire reprend pour chacune d’entre elle, un animal du bestiaire fantastique. A chaque fois, Ziska et son maître découvrent une créature, nous explique l’origine, la symbolique de l’animal et lui vient en aide.

La construction est donc répétitive puisque le scénario se déroule de la même façon, j’espère que les tomes suivants ne se contenteront pas d’être un bestiaire de créatures magiques car cela deviendrait redondant et lassant à la longue !

Reste que cette première incursion dans cet unique magique m’a beaucoup plu, mes garçons ont adoré, le second tome va vite rejoindre notre PAL c’est sûr.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Komikku pour cette lecture !

Read Full Post »

Plusieurs biographies racontent cette femme et auteure hors norme qu’est Colette (1893-1954). Ce sont ses années d’apprentissage qui sont relatées ici, de son mariage, à l’âge de 20 ans, jusqu’à son divorce. « On ne meurt que du premier homme », écrira-t-elle en 1909. Mais cette mort peut être un nouveau commencement, et celle qui signera « Colette » à partir de 1910 est bien cette femme qui ouvre progressivement les yeux sur sa condition de femme écrivain exploitée et d’épouse bafouée, et qui va s’émanciper, avec quel talent !, par l’écriture. Incroyablement complexe, puissamment déterminée, véritablement douée, Colette interpelle par sa capacité à réinventer sa vie et à s’affirmer comme un être libre.

Sidonie-Gabrielle Colette se marie en 1893 avec Henry Gauthier Villars dit Willy. Ecrivain et journaliste mondain, Willy introduit sa jeune épouse à la vie trépidante de la ville lumière et l’incite à écrire ses premiers romans, la série des Claudine, qui connaît aussitôt un succès retentissant, qui va leur permettre de mener grand train.

Mais cet homme brillant est également un homme à femmes notoire, et pour Colette, jeune femme amoureuse de son mari, la désillusion est terrible et va la pousser dans d’autres bras…

J’avais beaucoup aimé Jeune fille en Dior lu il y a quelques années de cela, et lorsque Les apprentissages de Colette ont paru, j’ai couru l’acheter pour le laisser croupir dans ma PAL pendant deux ans, shame on me !

Dans ce roman graphique, Annie Goetzinger, raconte admirablement cette période d’apprentissage de Colette, qui démarre en 1893 pour s’achever trente ans plus tard : de son mariage avec Willy à son divorce avec son second mari et père de sa fille unique Bel Gazou, le baron Henry de Jouvenal.

Pendant cette période formatrice, Colette va peu à peu s’affirmer, s’approprier sa vie, pour la modeler selon ses envies, tant pis si elle choque, tant pis si elle se met au banc de la bonne société.

Ses premiers ouvrages, signés par son mari, furent des succès en librairie. A une époque où le machisme régnait, cette jeune provinciale très naïve, arrivée à Paris dans le sillage de son mari Willy va peu à peu s’émanciper et prendre des libertés au niveau littéraire, théâtral et photographique.

Dès le début du XXè siècle, elle maitrisait les bases du marketing actuel, sa série Claudine a tellement marqué son époque, qu’il existait beaucoup de produits dérivés, dont les fameux cols Claudine.

Présente dans plusieurs domaines artistiques, elle a révolutionné ces derniers en y apportant sa touche d’audace et de liberté. Malgré une vie ponctuée de nombreux rebondissements, Colette ne cessa jamais d’innover.

Cette femme libre va être tour à tour romancière, journaliste ou danseuse nue, aimer des hommes et des femmes, provoquer des scandales terribles avant d’être reconnue comme une écrivaine majeure de la première moitié du XXè siècle.

J’aime beaucoup les écrits de Colette mais aussi sa personnalité fantasque, je trouve qu’elle avait une audace folle d’entreprendre tout ce qu’elle a entrepris aussi bien dans sa vie privée qu’en tant qu’artiste.

Annie Goetzinger signe ici un roman graphique très réussi. En une centaine de pages et autant de dessins merveilleusement croqués et coloriés, elle nous conte avec talent la vie de Colette, ses combats, ses amours, ses joies et ses peines.

Les dessins d’Annie Goetzinger sont réellement magnifiques et nous plongent totalement dans la vie tourbillonnante de cette grande écrivaine, un hommage très réussi que je vous conseille si vous vous intéressez à cette époque et à Colette.

Read Full Post »

« J’aimerais faire un voeu mais je ne sais pas lequel… J’essaie de ravaler la boule que j’ai dans la gorge. Je pourrais leur raconter ce qui est arrivé. Comment réagiraient-ils ?  »

Melinda a 15 ans. Un soir d’été, au beau milieu d’une fête, la jeune fille est victime d’un drame. Elle appelle la police. Personne ne saura jamais pourquoi elle a lancé cet appel, ni ce qu’il lui est arrivé cette nuit-là. Tout simplement parce que Melinda, murée dans son silence, ne parvient pas à l’exprimer…

Dès la rentrée scolaire, elle est mise à l’index à cause de ce coup de fil à la police. Ses amies lui ont toutes tourné le dos, ses camarades la harcèlent, ses notes sont en chute libre, ses parents ne comprennent pas ce qu’il se passe mais Melinda continue à garder le silence…

Speak est l’adaptation graphique du roman autobiographique éponyme de Laurie Halse Anderson vendu à plusieurs millions d’exemplaires et traduit dans trente pays.

Je n’ai pas lu le roman, je ne connaissais même pas son existence avant de recevoir ce gros roman graphique de près de 400 pages, mais au vu de son épaisseur, je pense que le travail d’Emily Carroll doit être plutôt fidèle à l’histoire écrite par Laurie Halse Anderson.

Speak raconte une année scolaire, celle de seconde, vécue par l’héroïne, traumatisée par le viol dont elle a été victime, le fameux soir où elle a appelé la police. Mais incapable de faire face à cette douloureuse situation, elle a préféré rentrer chez elle et taire l’agression dont elle avait été victime.

Le sujet est évidemment dur, sensible et bien traité ici car Emily Carroll ne tombe jamais dans le pathos sans pour autant nous épargner pas les conséquences de ce viol pour son héroïne. Certains passages sont durs, heureusement Melinda fait preuve d’un solide sens critique et n’est pas avare d’humour, ce qui l’empêche de sombrer totalement et nous avec elle.

Notre héroïne passe au crible avec une ironie certaine son quotidien de lycéenne, les professeurs, les clubs, la popularité, les relations entre élèves… Le récit sonne toujours juste et vrai, décortique toute la superficialité et la facticité de nos sociétés, de ses codes, de l’hypocrisie dans laquelle on s’enferme parfois, les œillères que l’on met pour ne pas voir ce qui nous dérange ou nous met mal à l’aise.

Les seuls moments où Melinda se sent à sa place, c’est pendant les cours d’art plastique de Mr Freeman, une discipline dans laquelle elle excelle, alors que toutes ses notes dans les autres matières n’en finissent plus de chuter. L’enseignant est anticonformiste, cible d’attaque de la direction du lycée, qui n’apprécie guère ses demandes ni sa popularité auprès des élèves.

Les dessins d’Emily Carroll sont à l’image de la couverture, toujours dans des tonalités de blanc, gris et noir et servent à merveille l’histoire qu’elle nous raconte.

Un roman graphique sensible et touchant qui ne peut que nous émouvoir et un sujet important à aborder auprès du public adolescent. On ne peut que saluer la très bonne initiative de Rue de Sèvres d’avoir édité ce roman graphique et espéré qu’il rencontre un grand succès car il aidera peut-être les personnes victimes de viol à libérer leur parole et à leur entourage à les accompagner au mieux.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture importante !

Read Full Post »

Anouk, trentenaire parisienne enfermée dans la routine, vient d’apprendre le décès de sa soeur. Pire, celle-ci l’a désignée tutrice de Colette, 7 ans, ceinture noire de maturité et de mélancolie. Alors que la jeune femme craint de se faire dévorer par cette responsabilité imprévue, la petite fille va bousculer toutes ses certitudes. Saura-t-elle être à la hauteur de cette nouvelle relation ?

Anouk est une parisienne d’une trentaine d’années qui s’ennuie ferme dans son job de bibliothécaire qui subit la tyrannie de sa chef. Célibataire, elle vit d’une façon on ne peut plus routinière lorsqu’elle reçoit un coup de fil d’une ancienne amie qui lui apprend le décès de sa sœur.

Lorsqu’elle revient dans le village de son enfance, elle fait la connaissance de Colette, sa nièce de 7 ans, que son père n’a jamais reconnu. Avec le décès de sa mère, sa famille ne compte plus qu’une seule personne : Anouk.

En se rendant chez le notaire, elle apprend que sa sœur lui confie Colette. Impossible pour Anouk qui fuit toute responsabilité de prendre en charge une petite fille, sa vie est à Paris, du moins le croit-elle…

Depuis sa parution en septembre Et puis Colette me faisait vraiment de l’œil, je me suis donc fait une session aussitôt acheté aussitôt lu car je n’avais vraiment pas envie de laisser cette bd croupir dans ma PAL et j’ai bien fait car j’ai passé un très bon moment avec ce titre.

Il faut dire que sur le papier il avait tout pour me plaire de part son sujet signé Sophie Henrionnet que j’avais découvert avec Tout (n’)est (pas du tout) sous contrôle et pour son illustratrice Mathou dont j’avais beaucoup aimé Tout plaquer et aller prendre un bain dont j’apprécie le travail d’une manière générale.

Dans cette bande dessinée feel good, Sophie Henrionnet nous propose une histoire extrêmement touchante et sans pathos, qui traite d’un sujet grave : le deuil. Anouk qui n’avait quasiment aucun contact avec sa sœur depuis le décès de leur père hérite donc d’une nièce dont elle doit assumer l’éducation.

Pour elle qui fuit toute attache, elle n’a pas d’homme dans sa vie et a souffert d’avoir du endosser le rôle d’une mère pour sa jeune sœur, ce deuil est vécu de plein fouet avec le regret de n’avoir pas renoué avec sa sœur et d’être passée à côté de sa nièce pendant si longtemps.

J’ai aimé le fait que cette BD ne s’appesantît pas sur le chagrin des deux protagonistes mais se concentre sur la relation naissante entre Anouk et la petite Colette, deux personnes qui vont apprendre à se connaître peu à peu. La petite Colette, très mature pour son âge, va apprivoiser sa tante et lui montrer que cette vie à deux pourrait marquer un nouveau départ pour Anouk.

Tout est dit, retracé, montré avec légèreté, lucidité, tendresse et beaucoup de douceur. Le récit alterne entre émotion et rires et j’ai pris beaucoup de plaisir à lire l’histoire de Colette et d’Anouk, je ne sais pas si Mathou et Sophie Henrionnet ont prévu une suite mais pour ma part j’aimerai beaucoup retrouver ces deux héroïnes dans un second tome.

Les dessins enfantins et hauts en couleurs de Mathou sont comme toujours très réussis et servent à merveille l’histoire, en égayant les moments tristes que traversent Anouk et Colette et mettent du baume au cœur.

Une bande dessinée sur les deuils et les relations familiales qui se lit avec grand plaisir et qui met en lumière les petits bonheurs de la vie, j’ai beaucoup aimé Et puis Colette même si, c’est mon seul bémol, l’histoire va trop vite à mon goût, j’aurai aimé un peu plus de développement.

Read Full Post »

Romance passionnée et passionnante.

1868. Au musée du Louvre, Berthe et Edma Morisot, peintres en devenir, rencontrent le sulfureux Édouard Manet. Impressionnées par son charisme et sa vision de l’art, elles tombent immédiatement sous le charme. Lui-même n’est pas insensible à l’intelligence et à la beauté à la fois ardente et mélancolique de Berthe, qu’il prend très vite pour modèle de nombreuses toiles.

En le fréquentant, celle qui va devenir la première femme impressionniste découvre la personnalité complexe et irrésistiblement attirante du peintre. Véritables alter ego, Édouard et Berthe ne cesseront de s’influencer mutuellement. Alors que Paris change de visage, leur complicité va peu à peu donner naissance à des sentiments plus forts…

Comme vous avez déjà pu le remarquer, j’aime beaucoup découvrir la vie des peintres à travers des romans graphiques. Après Monet, Tamara Lempicka et Gustave Caillebotte, place à Edouard Manet et Berthe Morisot : une passion impressionniste.

À travers un dialogue épistolaire entre Berthe Morisot et sa sœur Edma, Michaël Le Galli et Marie Jaffredo dont j’avais apprécié Les damnés de Paris nous font redécouvrir la vie et l’oeuvre de Edouard Manet, ce chef de file de l’impressionnisme, ami de Baudelaire et de Zola.

Actuellement exposé au musée d’Orsay, Le Balcon présenté au Salon de Paris de 1869 fut à l’origine de leur histoire. La toile représente Berthe et Edma Morisot, accompagnées du peintre Antoine Guillemet. Lors de la présentation de cette toile, l’incompréhension domine. « Fermez les volets ! » ironise le caricaturiste Cham, tandis qu’un critique s’attaque à Manet qui fait « de la concurrence aux peintres en bâtiment ».

Le scénario signé Michael Le Galli nous raconte l’histoire d’amour avortée entre deux peintres de grand talent : Edouard Manet et Berthe Morisot. Manet est déjà marié et multiplie les maîtresses lorsqu’ils se rencontrent et Berthe épousera son frère, Eugène Manet.

Le Galli les imaginent passionnés, voit en Berthe une femme dévorée par la jalousie lorsque Manet ne cache rien de ses aventures, notamment avec Eva Gonzales, une artiste et modèle.

Ont-ils réellement vécu une passion ? Nul ne le sait, Berthe Morisot, reste une femme énigmatique mais l’histoire proposée par le scénariste est agréable à suivre d’autant qu’elle est merveilleusement servie par les dessins de Marie Jaffredot aux couleurs tantôt pastel, tantôt vives (le champ de fleurs), aux tons sépia, lorsqu’on plonge dans le passé d’Édouard.

Manet a en tout cas beaucoup influencé sa belle-sœur, on l’imagine fort bien comme c’est décrit ici la conseiller en matière de couleurs ou de techniques et peut-être l’avait-il pris en effet comme confidente.

J’ai également eu beaucoup de plaisir à croiser d’autres peintres dans le sillage de Courbet, le voir évoquer ses amitiés avec Baudelaire et Zola alors qu’il se promène avec Berthe dans ce Paris bouillonnant d’idées et de monde, comme cela devait l’être à l’époque, et de ce point de vue c’est très réussi également, on sent que les auteurs se sont vraiment penchés sur le sujet et connaissent bien le milieu artistique qu’ils mettent en scène.

Un roman graphique qui ne manque pas d’intérêt pour les passionnés de peinture impressionnisme et que je vous conseille si vous aimez Edouard Manet et Berthe Morisot !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge 2018 – PAL CWC : 9/20

La fin de l’année 1979 approche doucement. Les Faldérault ne peuvent pas dire qu’ils en gardent un bon souvenir : Madeleine déteste aussi bien son travail de vendeuse de chaussures que la femme qui l’a engagée, cette pingre de Delmotte, et Garin a proposé à Pierre de reprendre la série « Zagor », celle-là même que Pierre ne peut décidément plus voir en peinture ! Bref, il est vraiment temps que l’année se termine ! Pour se changer les idées, les Faldérault décident de fêter Noël au soleil ! Néanmoins, toute la petite famille ne sera pas de la partie puisque Julie-Jolie reste à la maison pour préparer ses examens. Ce n’est pas non plus du goût de Louis qui avait prévu d’assister au concert de Pink Floyd à Londres et dont les plans sont bouleversés à la dernière seconde. Les voilà donc partis pour des vacances qui s’annoncent mouvementées… surtout lorsque Louis décide de fuguer en cours de route…

Décembre 1979, Mons en Belgique. A l’approche de Noël, le quotidien de la famille Falderault est plutôt morose. L’année a été catastrophique, les vacances d’été une horreur et pour couronner le tout Madeleine en a ras la frange de son job de vendeuse de chaussures et Pierre ne veut plus dessiner pour la série Zagor qu’il a pris en horreur.

Alors pour se faire pardonner les dernières vacances passées sous le crachin breton, le père de famille décide d’emmener sa petite famille direction le sud de la France. Julie-Jolie ne sera pas du voyage, examens de droit obligent, et Louis, qui économise depuis des mois pour assister au concert des Pink Floyd à Londres, fulmine d’être obligé de suivre ses parents et ses sœurs…

Une fois n’est pas coutume, inutile d’attendre juillet pour retrouver la famille Faldérault en route pour la Provence afin de passer des vacances bien méritées, cette fois-ci nous les retrouvons au moment de Noël, prêts à rejoindre leur destination favorite à l’occasion du 5è tome de la série, La fugue.

Rappelez-vous, je vous avais déjà recommandé les tomes précédents de Les beaux étés, une série que j’adore avec Zidrou au scénario et Jordi Lafebre aux manettes : Cap au sud, La calanque, Mamzelle Estérel et Le repos du guerrier.

Et je me réjouissais vraiment de retrouver mes belges préférés à l’occasion des fêtes de Noël dans ce nouvel opus. Hélas pour moi, la magie a nettement moins opéré cette fois-ci et je dois bien avouer que ce 5ème volume est pour moi en dessous des précédents !

J’avais été charmée par les quatre premiers tomes de cette série so nostalgique qui me ramène à chaque fois tout droit en enfance, et je dois avouer que si j’aime toujours autant cette famille attachante et sympathique, je ressors cette fois-ci un peu déçue de cette histoire que j’ai trouvé moins fun et délirante.

Ce nouvel opus n’est pas mauvais en soit, les dessins de Jordi Lafebre sont toujours aussi bons, on n’a pas le temps de s’ennuyer mais il n’y a pas de grande surprise ou de bonheur au menu du scénario mitonné par Zidrou, l’histoire tourne en rond par rapport aux tomes précédents et se révèle plate et plutôt fade. Et la nouvelle illustrée qui clôt l’album n’est pas exceptionnelle non plus.

J’espère que cette baisse de forme du scénariste ne se prolongera pas au-delà de cet opus car je n’aimerai pas que cette série s’essouffle au point de devoir l’abandonner, je verrai donc ce que donnera le tome 6 car je compte bien lui donner sa chance.

Vous l’aurez compris, je suis un brin déçue par ce 5è tome mais je serai ravie de retrouver Les beaux étés l’année prochaine car retrouver les Faldérault, c’est un peu retrouver sa famille, une atmosphère chaleureuse, jubilatoire et délicieusement barrée matinée d’une bonne dose de nostalgique, que j’adore.

Read Full Post »

Older Posts »