Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Romans graphiques et bd’ Category

Pierre Pevel, né en 1968, est l’un des meilleurs écrivains de Fantasy français. Auteur de 7 romans, il a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2002 pour Les Ombres de Wielstadt. Avec une verve et un talent digne des plus grandes heures du feuilleton romanesque de cape et d’épée, il s’approprie avec bonheur les codes de deux genres littéraires dans ce roman d’aventure et de Fantasy épique.

1911, dans le Paris des Merveilles, un Paris qui n’est ni tout à fait le nôtre, ni tout à fait un autre. C’est en effet le Paris bien connu d’Arsène Lupin, de Fantômas et des Brigades du Tigre… mais où vivraient des fées, des enchanteurs, des gnomes et même quelques dragons, ce qui n’est pas sans conséquences.

Entre autres merveilles, la Tour Eiffel est en bois blanc, les Champs Élysées sont bordés d’arbres dont les feuilles rendent de la lumière dès la nuit tombée et une ligne de métro mène directement à Ambremer, capitale du Monde Féérique.

C’est dans ce décor que les Artilleuses font un retour fracassant en se livrant à l’une de leurs activités favorites : l’attaque de banque à main armée. Aventurières et hors-la-loi, ces artilleuses sont trois : l’anglaise Lady Remington, l’américaine Miss Winchester et la parisienne Mam’zelle Gatling.

N’hésitant jamais à faire parler la poudre, elles sont connues de toutes les polices d’Europe. Ce coup, cependant, pourrait bien être leur dernier. Car le vol d’une mystérieuse relique, la Sigillaire, leur vaut d’être pourchassées non seulement par les Brigades du Tigre, mais également par les redoutables services secrets du Kaiser, bien décidés à mettre la main sur l’artefact…

La fantaisy et le steampunk ne sont habituellement pas ma tasse de thé, exception faite de Pierre Pevel dont j’avais beaucoup aimé la trilogie le Paris des Merveilles.

L’univers créé par l’auteur mêlant bestiaire de la fantaisy comme les fées, les gnomes, les gargouilles, les licornes… et le Paris de la Belle Époque est très réussi et j’avais pris beaucoup de plaisir à suivre Griffont et Isabelle.

J’avais adoré Le vol de la sigillaire et Le portrait de l’antiquaire, les deux premiers tome de cette trilogie portée par des héroïnes badasses, aussi j’ai été ravie de trouver au pied du sapin Le secret de l’Elfe, et aussitôt déballé aussitôt lu, ravie de retourner dans ce Paris qui m’a tellement plu et je dois dire que cette bande dessinée a comblé mes attentes.

Dans cet ultime opus, nos héroïnes ont percé le secret de la Sigillaire, une bague magique qu’elles ont volée et que les services secrets français, prussiens et elfiques se disputent. Prises entre trois feux, elles ne comptent pas se laisser faire et savent que la meilleure défense, c’est l’attaque à main armée. Attention, ça va canarder !

L’univers est bel et bien là, formidablement mis en images par Etienne Willem : l’atmosphère, les décors, personnages, costumes, véhicules… on en prend plein les yeux.

J’aime beaucoup son style graphique qui sied merveilleusement bien à la Belle Epoque, à l’histoire et à l’univers créés par Pierre Pevel.

Les trois héroïnes, ces artilleuses braqueuses de banque (une magicienne, une humaine et une fée) sont badasses à souhait, sympathiques et sexy en diable, avec des personnalités propres, que l’on a plaisir à suivre de la première à la dernière page.

Les dialogues sont percutants, l’histoire est menée tambour battant avec des scènes de poursuites, de règlements de comptes très rythmés qui font que l’on tourne les pages avec avidité et que l’on arrive trop vite au point final.

C’est une formidablement bande dessinée tant par l’histoire que par l’ambiance, qui met les femmes à l’honneur, avec une pointe d’humour. Une série qui plaira aux amateurs et amatrices du Paris des merveilles, ça ne fait aucun doute, pour ma part je vous la recommande vivement !

Read Full Post »

Pascale Frey est journaliste culture et chroniqueuse littéraire au magazine Elle où elle s’occupe également du prix des lectrices. Soledad Bravi est diplômée de l’ESAG en 1988 et l’auteur de nombreux livres chez différents éditeurs (Gallimard, Seuil, Mila Editions) et dessine pour le magazine Elle.

Vous n’avez toujours pas lu Le portrait de Dorian Gray ? Vous ne vous rappelez plus pourquoi Germinal a connu un grand succès dès sa parution ni comment se termine Les trois mousquetaires ? Vous n’avez jamais osé lire La chartreuse de Parme, Middlemarch ou Eugénie Grandet ?

Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul(e)s ! Soledad Bravi et Pascale Frey l’ont bien compris et viennent à notre rescousse.

En quelques cases, elles nous proposent une synthèse de vingt-trois grands classiques de la littérature française et étrangère, l’occasion de se rafraichir la mémoire ou de découvrir certains monuments qui font un peu peur, il ne faut pas se le cacher.

Avez-vous lus les classiques de la littérature ? met en lumière des romans, nouvelles et des pièces de théâtre de la littérature française et étrangère, écrits par vingt hommes et trois femmes, pour la plupart parus entre le début du 19è et la fin du 20è siècles. De La chanson de Roland à Beloved en passant par Les confessions d’un enfant du siècle, Le cid, L’éducation sentimentale ou Boule de suif. De La lettre écarlate à Belle de jour en passant par Daisy Miller, Voyage au bout de la nuit, Le silence de la mer ou Le hussard sur le toit et bien d’autres, il y en a pour tous les goûts !

Après trois excellents tomes, Soledad Bravi illustratrice qu’on ne présente plus et Pascale Frey, journaliste littéraire à ELLE, récidivent et nous proposent un quatrième opus tout aussi réussi. Elles nous proposent des résumés malicieux et pétris d’humour qui dépoussièrent des œuvres vieilles de quelques dizaines d’années à quelques siècles.

Pourquoi ces titres et pas d’autres ? Et pourquoi si peu de femmes ? Mystère et boule de gomme c’est la seule chose que je reproche à cet ouvrage : ne pas avoir expliqué les choix de Soledad Bravi et Pascale Frey.

Chaque oeuvre est d’abord présentée par Pascale Frey sous forme d’une note d’une dizaine de lignes, accompagnée d’une courte biographie de l’auteur(e) concerné(e).

Puis c’est au tour de Soledad Bravi de résumer l’ouvrage en images et en quelques mots sur quatre à cinq pages de manière humoristique à grands renforts de renvois à la culture populaire à travers des phrases de chansons et du vocabulaire très actuel. Ce système fait d’anachronismes fait mouche à chaque fois !

Un ouvrage synthétique, intelligent, pédagogique et clair à mettre entre toutes les mains dès l’adolescence, peut-être que nos chères têtes blondes sortiront un peu de leur zone de confort et se dirigeront vers des classiques, tout comme les lecteurs et lectrices adultes qui ne gardent pas forcément de bons souvenirs des classiques étudiés au collège ou au lycée et qui craignent parfois de se lancer dans ce genre de lectures.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture éclairante et amusante, en espérant qu’elle puisse permettre à tous de repartir sur de bonnes bases ! Une série que je vous recommande !

Read Full Post »

Autrice de bande dessinée, Cy. est, à la base, graphiste de formation. Après plusieurs années en tant que directrice artistique, elle se lance en freelance pour développer ses projets. Elle publie aux éditions Lapin Le vrai sexe de la vraie vie (tome 1 et 2) où elle prend le parti de montrer des bribes de sexualité sur base de témoignages. Son leitmotiv ; montrer pour déculpabiliser. Sa BD suivante ne parle pas de sexualité, mais de luttes de femmes dans les années 20 aux États-Unis : Radium Girls parait chez Glénat en avril 2020.

New Jersey, 1918. Edna Bolz entre comme ouvrière à l’United State Radium Corporation, une usine qui fournit l’armée en montres.

Aux côtés de Katherine, Mollie, Albina, Quinta et les autres, elle va apprendre le métier qui consiste à peindre des cadrans à l’aide de la peinture Undark (une substance luminescente très précieuse et très chère) à un rythme constant.

Mais bien que la charge de travail soit soutenue, l’ambiance à l’usine est assez bonne. Les filles s’entendent bien et sortent même ensemble le soir. Elles se surnomment les « Ghost Girls » : par jeu, elles se peignent les ongles, les dents ou le visage afin d’éblouir (littéralement) les autres une fois la nuit tombée.

Mais elles ignorent que, derrière ses propriétés étonnantes, le Radium, cette substance qu’elles manipulent toute la journée et avec laquelle elles jouent, est en réalité mortelle.

Et alors que certaines d’entre elles commencent à souffrir d’anémie, de fractures voire de tumeur, des voix s’élèvent pour comprendre. D’autres, pour étouffer l’affaire…

Avec Radium girls, Cy, au scénario et aux planches, nous raconte le terrible destin des Radium Girls, ces jeunes femmes injustement sacrifiées sur l’autel du progrès technique.

Un parcours de femmes dans la turbulente Amérique des années 1920 où, derrière l’insouciance lumineuse de la jeunesse, se joue une véritable tragédie des temps modernes.

Les Radium Girls sont des ouvrières américaines ayant été exposées pendant de longues périodes à du radium contenu dans une peinture utilisée pour marquer des cadrans lumineux.

Je ne connaissais absolument pas ces jeunes femmes qui sont mortes d’avoir peint des montres et je les ai trouvé tellement attachantes que j’ai eu beaucoup de peine en découvrant leur destin tragique.

On leur assurait que leur travail n’était pas dangereux alors que les propriétaires de l’usine connaissaient la nocivité du radium et évitaient d’y être exposé. Alors que les jeunes filles, confiantes, le manipulaient, l’ingéraient et mieux encore peignaient leurs ongles, leurs dents et leur visage avec la peinture mortelle fabriquée à l’usine, parfois pour surprendre leur petit ami quand les lumières s’éteignaient.

Elles mélangeaient de la colle, de l’eau et du radium en poudre, et ensuite elles se servaient de pinceaux en poils de chameau pour appliquer la peinture luminescente sur les numéros des cadrans. La rémunération alors en vigueur, pour peindre 250 cadrans par jour, était d’environ un cent et demi par cadran. Les pinceaux s’abîmaient au bout de quelques coups, aussi les contremaîtres de l’US Radium encourageaient les ouvrières à épointer les pinceaux avec leurs lèvres, ou à se servir de leur langue pour les effiler.

La technique qu’elle devait utiliser : Lip (tisser le pinceau avec la bouche), Dip (prendre la peinture) & Paint (peindre) leur faisait ingérer des quantités infimes de radium, mais suffisamment pour les empoisonner et causer leur décès.

La plupart de ces jeunes femmes sont mortes de cancers et de tumeurs variées et dans d’atroces souffrances, alors qu’elles étaient dans a fleur de l’âge. Cy nous montre bien leur joie de vivre puis leur descente aux enfers.

J’ai beaucoup aimé son parti-pris au niveau des couleurs : vert radium et violet qui vont très bien ensemble. Tout son travail au crayon de couleur donne un aspect unique à cette bande dessinée.

Si j’ai apprécié les décors, les fonds, je n’ai pas goûté, en revanche, sa façon de dessiner les visages, et le choix de la police de caractère trop petit et illisible à mon goût.

Reste que je vous conseille de découvrir ces Radium Girls et le bel hommage de Cy à leur combat !

Read Full Post »

Matz est né à Rouen en 1967 mais grandit sous le soleil des Antilles. Après une licence de droit, il délaisse les amphitéâtres de l’université pour se lancer dans l’écriture et les petits boulots. Grâce à ses rencontres déterminantes avec Jean-Christophe Chauzy, Étienne Robial et Jean-Pierre Mougin, il commence sa carrière. Son premier scénario, Bayou Joey, réalisé avec Jean-Christophe Chauzy, est publié en 1990 (Futuropolis). C’est le début d’une carrière prolifique, entre séries et one-shots.

Après quatre ans à la Faculté de Restauration d’Antiquités et d’Objets d’Arts à Athènes et un diplôme à l’École Émile Cohl en poche, Kanellos Cob a partagé son art entre le design de pochettes d’albums, l’illustration et des fresques décoratives dans des bâtiments d’habitation, avant de se consacrer, de plus en plus à la bande dessinée.

Été 1939, la famille Weil passe des vacances joyeuses dans le Morvan, au lac des Settons. Mais les vacances s’achèvent lorsque le 3 septembre la France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne.

Etienne a trois ans, trop petit pour comprendre la montée du nazisme et ce que cela implique pour les juifs. Maurice, le père de famille n’est pas mobilisé du fait de ses blessures pendant la première guerre mondiale.

Il retourne travailler à Lille, tandis que Denise emmène les garçons, Étienne et Philippe au Chambon sur Lignon, où, paraît-il les enfants seront en sécurité…

Ceux du Chambon raconte l’histoire vraie de deux enfants juifs entre 1939 et 1944, sauvés des protestants de Chambon sur Lignon, reconnus Justes après la guerre.

Matz, au scénario de cette bande dessinée s’est appuyé sur le témoignage de son ami libraire Etienne Weil et du journal écrit par son père Maurice Weil, pour rendre hommage à ce village qui a pris fait et cause pour la Résistance tout au long de la guerre.

Avant 1939, Chambon-sur-Lignon était connu pour recevoir les enfants malades de St Etienne. Ce village protestant, qui a connu bien des persécutions du temps des guerres de religion, a considéré de son devoir de sauver les enfants juifs, de résister aux nazis et au régime de Vichy.

Tour à tour, Matz donne la parole à Maurice, Denise et à Etienne, qui chacun raconte sa guerre, son quotidien. Le petit garçon d’alors se rappelle les souvenirs qu’il garde de ce village et de ces années d’insouciance qui ont été pour lui de grandes colonies de vacances, à mille lieux d’imaginer ce qui pouvait se passer ailleurs.

Il n’en oublie pas de rendre hommage à celles et ceux qui l’ont sauvé, instruit et rendu cette guerre la moins traumatisante possible : le pasteur Trocmé, le directeur de l’école, son institutrice…

Le scénario est très intéressant et m’a fait découvrir ce village dont j’ignorais totalement le passé de résistant. J’ai beaucoup aimé aussi les planches et les couleurs de Kanellos Cob et Kathrine Avraam, qui rendent la lecture très agréable.

Une bande dessinée riche d’enseignements et un bel hymne à la vie que je vous conseille si vous vous intéressez à la Résistance et à la seconde guerre mondiale.

Merci à Babelio et aux éditions Steinkis pour cette lecture.

Read Full Post »

Stephen Desberg a scénarisé pas loin d’une cinquantaine de séries aux thématiques très variées : il exprime son antiracisme à travers Le Sang noir, il signe le polar glamour 60s Miss Octobre et lance une série d’action centrée sur un chasseur de primes, John Tiffany. En 2015, il signe le one-shot Bagdad Inc., thriller d’action géopolitique…

Emilio Van der Zuiden est un dessinateur et scénariste de bandes dessinées. Inspiré par l’univers du roman policier, il a adapté le premier épisode des Beresford Mr Brown (éditions Paquet), personnages issus de l’univers de la romancière anglaise, Agatha Christie. Depuis 2020, il collabore avec le scénariste Stephen Desberg avec Les Anges d’Auschwitz (éditions Paquet).

Monique a 20 ans et ne rêve que de s’émanciper. En 1941, elle débarque dans un Paris occupé et découvre l’euphorie de la capitale. Elle fait la connaissance de Francis, l’épouse sur un coup de tête et donne naissance à Nicole. Mais Monique cherche à comprendre comment elle doit aimer sa propre fille, cette enfant innocente qui la prive de sa liberté.

À la Libération, Monique rencontre un officier américain et découvre le grand amour. Pour vivre sa passion, la jeune femme devra faire un choix cornélien…

Avec Aimer pour deux, Stephen Desberg s’attaque à son histoire familiale et plus particulièrement à sa mère. Il va exhumer des secrets douloureux car cette belle jeune fille insouciante, la narratrice de l’histoire, c’est sa propre mère qui nous livre ses sentiments sur sa maternité et les choix qui vont en découler.

A travers elle, on perçoit l’horreur de la seconde guerre mondiale : l’occupation, les raids aériens, la collaboration horizontale, la libération de Paris, l’arrivée des G.I, l’épuration.

L’album s’ouvre sur la Libération, les rues sont pavoisées, dans des jeeps américaines, des soldats souriants se retournent sur les jeunes Françaises. Mais, au milieu de cette liesse, Nicole vit un moment dramatique, qui fait penser à l’impossible « Choix de Sophie ».

Elle est chez le notaire. Elle veut divorcer, car elle s’est mariée sans amour et vient de rencontrer l’homme de sa vie. Son mari ne la retiendra pas, mais elle devra abandonner Nicole, sa fillette de trois ans. Un choix qui n’en est pas vraiment un car elle est incapable d’offrir tendresse et amour à sa fille, qui passe de longues heures avec son papa.

Les dessins d’Emilio van der Zuiden sont très beaux et expressifs et nous plongent dans l’ambiance de l’époque, son utilisation de sa palette de couleurs est vraiment intéressante. Des teintes sombres, en accord avec le chagrin de la jeune femme et de Francis mais aussi les rafles, les attaques aériennes, les contrôles d’identité musclés, la déportation…

Et des teintes vives avec l’autre versant de la capitale pendant la guerre, un univers plein de gaieté, de couleurs, d’érudition, d’amusements : librairies, galeries d’art, bars où l’on boit, danse, écoute du jazz, l’Opéra où se jouent les opéras de Wagner.

Le découpage est riche et original avec des formats des planche qui varient : de grandes vignettes étalent des plans larges, souvent avec des incrustations. Elles alternent avec des petites : gros plans sur des visages, des mains, documents, regards. A certains moments, l’histoire se déroule sur les deux planches en vis-à-vis, des ambiances sans cadre sur fond blanc.

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, les thématiques qui la traversent. Le scénario m’a autant plus que les dessins et le travail sur less couleurs de Fabien Alquier est remarquable.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Bamboo pour cette lecture et leur confiance.

Read Full Post »

En 2011 Benoît Abtey publie Don Juan de Tolède, mousquetaire du Roi chez Flammarion. En 2013, il signe avec Pierre Deschodt, Les Nouveaux exploits d’Arsène Lupin, aux éditions XO. Après une formation en communication visuelle, Christophe Gaultier travaille sur différents projets animés dont Les Triplettes de Belleville. En 2013, il commence une nouvelle collaboration avec les scénaristes Benoît Abtey et Pierre Deschodt sur un projet narrant les nouvelles aventures d’Arsène lupin.

Le jeune Arsène est un enfant de la rue. Il a 12 ans quand il est envoyé à la Haute Boulogne, sinistre maison de redressement sur Belle-île en mer. Son crime ? avoir été témoin du meurtre d’un maître de savate, Théophraste Lupin.

C’est dans ce bagne pour jeunes garçons que débutent les aventures du jeune Arsène, qui sera adopté par le comte de la Marche. Celui-ci lui assurera la formation d’un gentleman, et lui transmettra son combat personnel, la lutte contre la Confrérie des Lombards, qui gouvernent le monde en coulisses par le crime et l’argent…

Cette année, vous l’avez sans doute remarqué, c’est vraiment l’année Lupin. Après la série Netflix avec Omar Sy qui a fait un véritable carton, le gentleman cambrioleur a le vent en poupe et les éditeurs l’ont bien compris. C’est ainsi qu’est publiée en un seul volume intitulé Arsène Lupin Les origines, la trilogie Les disparus / Le dernier des romains / Il faut mourir !, initialement parue entre 2013 et 2016.

Au scénario des aventures de ce jeune Lupin, préquel aux romans de Maurice Leblanc, Benoit Abtey (dont j’avais adoré Kamarades) et Pierre Deschodt qui font des clins d’œil au canon tout en proposant de chouettes trouvailles quant à la jeunesse du héros mythique.

Comment le jeune Arsène est-il devenu Lupin, le gentleman cambrioleur, héros inoubliable ? Quelles amitiés l’ont mené des bas-fonds aux riches salons ? Quelles blessures, quelles trahisons ont fait de lui le Roi des voleurs ?

Depuis le bagne de la Haute-Boulogne jusqu’au pensionnat suisse, le parcours initiatique d’Arsène passera par le combat contre la terrible confrérie des Lombards.

Les pièces de l’échiquier se mettent en place pour une partie haletante dans laquelle Arsène, attaqué de toutes parts par un destin implacable, n’aura d’autres choix que de basculer dans l’ombre pour combattre les forces du mal et devenir le célébrissime cambrioleur.

Une saga d’aventures pleine d’humour, menée avec brio et panache, porté par un Arsène adolescent, particulièrement pugnace, courageux et combatif ! J’ai beaucoup aimé le scénario, les péripéties que doivent affronter le héros et les différents personnages qui peuplent ces trois histoires.

Les pages se tournent toutes seules tant on est pris dans l’histoire et les différentes aventures dans lesquelles baignent notre Arsène que j’ai trouvé ici terriblement sympathique.

Si le scénario m’a emballée, les dessins, eux par contre, ne m’ont pas du tout plu, surtout ceux des personnages ! Cela n’a pas vraiment gêné ma lecture mais cela m’a empêché d’avoir un coup de coeur pour cette intégrale.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture pleine d’entrain.

Read Full Post »

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge

Née le 9 juillet 1983, Margaux Kindhauser, alias Mara, est dessinatrice, scénariste et coloriste depuis 2008. Autodidacte passionnée de cinéma et d’animation, elle sort sa première série d’enquête victorienne en quatre tomes en tant qu’autrice complète, CLUES, aux éditions Akileos, de 2008 à 2015. Mara donne des cours de character design au sein de l’école d’arts visuels Ceruleum à Lausanne, et alimente régulièrement les réseaux sociaux avec ses illustrations et croquis personnels.

30 juin 1908 vers 7 h 13 à Tunguska en Sibérie centrale, dans l’Empire russe. Une météorite s’écrase et détruit la forêt sur un rayon de 20 kilomètres et fait des dégâts jusqu’à une centaine de kilomètres, tuant toute âme qui vit.

31 octobre 1931, New-York. Ian Davenport, timide jeune chercheur en spiritologie qui traque mais surtout étudie les fantômes, voit son mentor et ami Boris Voynich se faire assassiner sous ses yeux dans des circonstances étranges. Il se retrouve alors propulsé dans une sombre histoire de meurtres inexpliqués qui semblent ne cibler que ses confrères spiritologues.

Seul, désespéré, rejeté par la police qui ne le prend pas au sérieux de par son métier peu crédible, il décide de chercher de l’aide auprès des journalistes d’une rubrique paranormal d’un grand journal New York. Là, il y rencontre Nell Lovelace, une jeune femme sceptique au caractère bien trempé, qui accepte à contrecœur de l’aider.

Ensemble, ils vont tenter de percer le secret de cette affaire de meurtres, qui semble liée à la terrible explosion d’origine mystérieuse de Tunguska en 1908, contrée perdue de la Sibérie profonde.

Avec Sprite, la chasse aux fantômes est un sport dangereux, surtout quand on ne sait pas qui est le chasseur et qui est le chassé ! Dans Tungunska, premier tome d’une série qui en comptera quatre, la talentueuse Mara aux dessins comme au scénario, nous propose une histoire fantastique et historique qui ne manque pas d’attraits !

La série est prometteuse, ce premier tome se révèle intense et je n’ai qu’une envie : découvrir la suite lorsqu’elle paraîtra. Les personnages de Ian et de Nell, sans oublier Mademoiselle Glückmann sont attachants et recèlent une bonne part de mystère qui attise ma curiosité.

L’époque (vous savez que je raffole des années folles), les couleurs, le fond historique avec l’évènement de Tunguska qui a fait couler beaucoup d’encre, choisis pour installer cet univers m’a emballée, d’autant que même si on est cartésien.ne comme moi, on ne manque pas d’échafauder des théories !

Puisant son inspiration dans la pop culture, le récit est à la hauteur de ses références : intense, bourré de péripéties, et ponctué de pointes d’humour bienvenues.

Les planches sont sublimes et soignées, les couleurs à dominantes bleu, rouge et violet très bien choisies : les personnages sont expressifs, les décors et les lumières nous en mettent plein la vue.

En conclusion, ce premier tome m’a vraiment charmée. On y découvre une atmosphère fantastique et steampunk réussie, des personnages charismatiques qui seront le ciment de cette histoire. Le mystère que nous cherchons à résoudre ici est vraiment intéressant et en plus, le tome se termine par un bon petit cliffhanger, vivement la suite !

Read Full Post »

Depuis une thèse consacrée en 1989 à la bande dessinée et parallèlement à sa carrière d’enseignant agrégé de Lettres Modernes, à Poitiers, Didier Quella-Guyot a multiplié les actions en faveur du neuvième art et compte une vingtaine d’albums à son actif. Manu Cassier est titulaire d’un baccalauréat A3 et d’un Deug d’Arts plastiques. En 2000, il devient facteur et, deux ans plus tard, peu après la naissance de sa première fille, une mutation permet à la petite famille d’emménager dans le Lot, à  Figeac. Ce changement de vie géographique s’accompagne d’une remise en question personnelle, et marque un retour au dessin.


À son retour d’Australie, en 1958, Linette est loin d’avoir tout appris… et tout compris ! Elle sait désormais qui est son vrai père et ce qu’il a obtenu des femmes jusqu’à sa mort « accidentelle ».

Mais ce qui s’est passé sur l’île après la guerre et ce que sont devenues les «femmes du facteur» présentes au cimetière, évidemment elle l’ignore !

Pourtant, peu après la guerre, un autre drame, encore plus inavouable, a plombé la vie de ces iliennes, un drame cruel dont il vaudrait mieux qu’il ne revienne jamais à la surface…

A la fin du premier tome, on croyait tout savoir sur Maël, le jeune facteur fou de désir pour ces bretonnes qui lui ont tout appris du corps, jusqu’au vertige. Alors que leurs maris, leurs amants, leurs fils sont sur le front, elles ont laissé libre court avec lui aux exigences de la chair.

Pourtant, les femmes du facteur ont très vite compris qu’après la guerre, avec le retour des hommes, rien ne serait plus comme avant, et qu’il leur faudrait rester soudées pour ne pas se trahir.

Avec Facteurs pour femmes 2, on replonge au coeur de cette petite île du Morbihan en cette année 1918 qui voit la mort de Maël et le retour des hommes partis au front quatre ans auparavant.

Sait-on finalement tout de ce petit monde féminin qui a découvert l’émancipation, la liberté de choisir, la force de vivre rien que pour soi ? Et sauront-elles, après-guerre, vivre en paix, solidaires comme avant ?

Le scénario de Didier Quella-Guyot reprend l’histoire où on l’avait laissé dans Facteur pour femmes. La guerre est dorénavant terminée, et le retour des hommes va bousculer nos bretonnes dans l’existence qu’elles s’étaient construites.

L’occasion pour l’auteur d’aborder les conséquences directes de la guerre sur les hommes et les femmes. Les premiers comptent bien reprendre leur vie d’avant tandis que les secondes ne le veulent pas. Après avoir goûté à la liberté et à l’indépendence, le retour à la vie conjugale ne se fait pas sans heurt.

Et il y a bien évidemment les ragots qui vont bon train : les hommes ont tôt fait d’entendre parler des femmes du facteur, cet infirme qu’il prenait pour un benêt et à qui ils menaient la vie dure, aurait-il frayer avec leurs femmes ?

Alors que certaines langues se délient et commencent à remettre en cause la thèse officielle de la mort accidentelle du facteur, la solidarité féminine va-t-elle tenir bon ? Là est tout l’enjeu de cette suite.

Si le scénario m’a beaucoup plu une fois encore, les planches ne m’ont, en revanche, pas séduite. Sébastien Morice travaillant sur un autre projet, c’est Manu Cassier qui a repris les personnages. Où sont passées les couleurs lumineuses ? Les jolis visages des protagonistes ? Leurs silhouettes aux courbes douces ?

Dans ce volume, les teintes sont ternes et tristes, en accord avec le côté dramatique de l’histoire, mais j’ai trouvé cela dommage. Quant aux femmes, leurs traits sont rudes, les anatomies anguleuses, à certains moments, elles passeraient presque pour des hommes et surtout elles se ressemblent tant que j’ai pas su les différencier. 

Une duologie que je vous conseille si vous aimez la Bretagne et les thèmes abordés !

Read Full Post »

Zidrou se lance au début des années 1990 dans l’écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L’Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il créé la série Les Beaux Etés avec Jordi Lafebre.

Youpi, c’est les vacances ! Adieu Mons, bonjour le soleil ! Comme tous les ans, la tribu des Faldérault prend la direction du Sud à bord de Mam’Zelle Estérel, la 4L familiale. Pierre n’a pas terminé son album ? Pas grave, il bouclera les dernières planches au bord de la Méditerranée.

Les voilà tous les cinq partis pour ne rien faire. Enfin, cinq et demi plutôt, puisque Mado est enceinte. Mais sur la route, patatras. Un camion les double, il perd son chargement et voilà le pare-brise d’Estérel qui vole en éclats. Plus de peur que de mal, mais impossible de continuer.

Pendant que le garagiste répare la 4L, la famille est hébergée par Esther et Estelle, deux femmes charmantes qui tiennent la ferme « Les Genêts ». Tandis que Pierre se prend pour Cézanne et que Mado regarde le bébé pousser, les enfants aident à sortir les chèvres et découvrent les charmes de la campagne. Mais ils apprennent aussi les secrets de la vie…

Les genêts est le sixième tome de la série mitonnée par Zidrou au scénario et Jordi Lafebre aux dessins consacrée à la famille belge Faldérault. Rappelez-vous, je vous avais déjà recommandé les tomes précédents : Cap au sudLa calanqueMamzelle Estérel, Le repos du guerrier et La fugue.

Comme dans toute série, certains tomes sont meilleurs que d’autres mais je prends toujours beaucoup de plaisir à découvrir ces voyages dans le temps, à la découverte du bonheur des vacances d’été en famille, des petites joies du quotidien et des plaisirs tout simples de la vie qui va.

Cette série so nostalgique me ramène à chaque fois tout droit en enfance, et je dois avouer que j’aime toujours autant cette famille attachante et sympathique. Ce nouvel opus est meilleur que le précédent même si il sent un peu le réchauffé : l’histoire tourne un peu en rond et Zidrou peine un peu à faire évoluer cette série.

Les dessins de Jordi Lafebre sont toujours aussi bons, les couleurs merveilleusement estivales, le scénario est agréable, on n’a pas le temps de s’ennuyer mais il n’y a pas de grande surprise lorsqu’on a lu les tomes précédents, ce sont justes de petits instants de vie, plein de gaité et de bonheur.

La thématique de ce tome est néanmoins intéressante puisque Zidrou aborde l’homosexualité féminine, mal comprise et pas acceptée en 1970, surtout dans un petit village, pas sûre que ce soit mieux vécu cinquante ans plus tard. Heureusement, la vérité sort toujours de la bouche des enfants qui ne comprennent pas pourquoi l’amour entre deux femmes doit être caché et qui vont mettre les pieds dans le plat.

Vous l’aurez compris, si ce 6è tome ne brille pas par son originalité, j’ai pris plaisir à retrouver Mado, Nicole, Julie jolie, Louis, Pierre et Mam’Zelle Estérel, car retrouver les Faldérault, c’est un peu retrouver sa famille, une atmosphère chaleureuse, jubilatoire et délicieusement barrée matinée d’une bonne dose de nostalgie, et ça, j’adore !

Read Full Post »

Licenciée en Journalisme et Communication de L’Université Libre de Bruxelles, Chantal van den Heuvel est auteure de romans et de contes pour enfants, ainsi que de scénarios pour la BD, la télévision et le cinéma.

Aurore Dupin, alias George Sand, grande amoureuse et « homme de lettres », mais aussi journaliste et égérie du socialisme. Tout à la fois ! Femme libre avant tout et avant toutes les autres, qui bouscule les genres, le masculin et le féminin.

Paris fit sa gloire et l’Europe entière la célébra. Mais toujours George revint à son port d’attache, ses racines : Nohant, le domaine enchanté où elle passa son enfance et sa jeunesse auprès de sa grand-mère Marie-Aurore de Saxe, fille naturelle du beau maréchal Maurice de Saxe, général des camps et armées de Louis XV.

Nohant, l’écrin de cette personnalité de génie où demeurent l’empreinte de Chopin, son amant, et celle de ses amis, de Flaubert à Delacroix, en passant par Liszt ou Balzac.

Après La mystérieuse affaire Agatha Christie, Chantal van den Heuvel au scénario et Nina Jacqmin aux dessins font revivre l’autrice la plus importante du XIXè siècle dans George Sand : Ma vie à Nohant.

Une maison d’écrivain reste un lieu emblématique et toujours intéressant à découvrir même longtemps après la mort de son ou de sa propriétaire et cette bande dessinée nous fait entrer par la grande porte dans la demeure berrichonne chère à George Sand.

Les frasques de George Sand sont fameuses : ses liaisons hors mariages, son rejet de la bienséance hypocrite, son accoutrement masculin, son retentissant et passionné combat en faveur de l’émancipation et des droits de la femme… L’autrice fait parler d’elle, résonner sa voix et, en s’adressant par l’écriture au monde, elle est aussi et avant tout célébrée pour son œuvre prolifique.

Dans ses textes, la campagne berrichonne a une place primordiale. Ses livres décrivent l’atmosphère campagnarde d’un monde qui n’existe plus mais qui fut le sien. George Sand, si elle a fréquenté Paris, a passé la majorité de son existence dans sa demeure de Nohant.

Ce domaine familial, où elle a grandi et vécu à partir de ses quatre ans, lui a donné l’amour des grands espaces et de la liberté. C’est dans cette maison qu’elle s’est passionnée pour les histoires, c’est dans cette maison qu’elle a fait son éducation mondaine et paysanne.

C’est là-bas qu’elle a vu mourir tant de ses proches, et c’est là-bas qu’elle-même, elle mourra. Lieu isolé, paradis rupestre, cette bâtisse accueillera Liszt, Balzac, Delacroix, Flaubert ou même Chopin pendant presque dix ans. Nohant est, pour George Sand et ses invités, un lieu où peut fleurir la créativité.

Dans cet album qui revient sur l’existence de la célèbre autrice, Chantal Van den Heuvel et Nina Jacqmin insèrent en toute subtilité un second personnage principal : le domaine de Nohant. Témoin essentiel de l’existence de tant d’artistes, ses murs contiennent l’écho de voix qui continuent à passionner les esprits du monde entier.

J’ai beaucoup aimé le scénario de Chantal van den Heuvel qui nous propose un très beau portrait de George Sand et si, comme moi, vous êtes peu au fait de la vie de la romancière, vous apprendrez une foule de choses sur sa vie intime mais aussi « professionnelle », son engagement en faveur de la république et des pauvres.

Et vous découvrirez aussi Nohant, un lieu foisonnant de création artistique, que j’aimerai beaucoup visiter maintenant que je sais combien il fut important pour Sand et ses amis.

Les dessins de Nina Jacqmin sont toujours aussi beaux, à la fois soignés, vivants et élégants tant au niveau des personnages que des décors, ils sont la cerise sur le gâteau de cet album réalisé en partenariat avec Le Centre des Monuments Nationaux.

Un titre que je vous recommande vivement et une très bonne initiation à George Sand !

Read Full Post »

Older Posts »