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Archive for the ‘Romans graphiques et bd’ Category

En 2011 Benoît Abtey publie Don Juan de Tolède, mousquetaire du Roi chez Flammarion. En 2013, il signe avec Pierre Deschodt, Les Nouveaux exploits d’Arsène Lupin, aux éditions XO. Après une formation en communication visuelle, Christophe Gaultier travaille sur différents projets animés dont Les Triplettes de Belleville. En 2013, il commence une nouvelle collaboration avec les scénaristes Benoît Abtey et Pierre Deschodt sur un projet narrant les nouvelles aventures d’Arsène lupin.

Le jeune Arsène est un enfant de la rue. Il a 12 ans quand il est envoyé à la Haute Boulogne, sinistre maison de redressement sur Belle-île en mer. Son crime ? avoir été témoin du meurtre d’un maître de savate, Théophraste Lupin.

C’est dans ce bagne pour jeunes garçons que débutent les aventures du jeune Arsène, qui sera adopté par le comte de la Marche. Celui-ci lui assurera la formation d’un gentleman, et lui transmettra son combat personnel, la lutte contre la Confrérie des Lombards, qui gouvernent le monde en coulisses par le crime et l’argent…

Cette année, vous l’avez sans doute remarqué, c’est vraiment l’année Lupin. Après la série Netflix avec Omar Sy qui a fait un véritable carton, le gentleman cambrioleur a le vent en poupe et les éditeurs l’ont bien compris. C’est ainsi qu’est publiée en un seul volume intitulé Arsène Lupin Les origines, la trilogie Les disparus / Le dernier des romains / Il faut mourir !, initialement parue entre 2013 et 2016.

Au scénario des aventures de ce jeune Lupin, préquel aux romans de Maurice Leblanc, Benoit Abtey (dont j’avais adoré Kamarades) et Pierre Deschodt qui font des clins d’œil au canon tout en proposant de chouettes trouvailles quant à la jeunesse du héros mythique.

Comment le jeune Arsène est-il devenu Lupin, le gentleman cambrioleur, héros inoubliable ? Quelles amitiés l’ont mené des bas-fonds aux riches salons ? Quelles blessures, quelles trahisons ont fait de lui le Roi des voleurs ?

Depuis le bagne de la Haute-Boulogne jusqu’au pensionnat suisse, le parcours initiatique d’Arsène passera par le combat contre la terrible confrérie des Lombards.

Les pièces de l’échiquier se mettent en place pour une partie haletante dans laquelle Arsène, attaqué de toutes parts par un destin implacable, n’aura d’autres choix que de basculer dans l’ombre pour combattre les forces du mal et devenir le célébrissime cambrioleur.

Une saga d’aventures pleine d’humour, menée avec brio et panache, porté par un Arsène adolescent, particulièrement pugnace, courageux et combatif ! J’ai beaucoup aimé le scénario, les péripéties que doivent affronter le héros et les différents personnages qui peuplent ces trois histoires.

Les pages se tournent toutes seules tant on est pris dans l’histoire et les différentes aventures dans lesquelles baignent notre Arsène que j’ai trouvé ici terriblement sympathique.

Si le scénario m’a emballée, les dessins, eux par contre, ne m’ont pas du tout plu, surtout ceux des personnages ! Cela n’a pas vraiment gêné ma lecture mais cela m’a empêché d’avoir un coup de coeur pour cette intégrale.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture pleine d’entrain.

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Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge

Née le 9 juillet 1983, Margaux Kindhauser, alias Mara, est dessinatrice, scénariste et coloriste depuis 2008. Autodidacte passionnée de cinéma et d’animation, elle sort sa première série d’enquête victorienne en quatre tomes en tant qu’autrice complète, CLUES, aux éditions Akileos, de 2008 à 2015. Mara donne des cours de character design au sein de l’école d’arts visuels Ceruleum à Lausanne, et alimente régulièrement les réseaux sociaux avec ses illustrations et croquis personnels.

30 juin 1908 vers 7 h 13 à Tunguska en Sibérie centrale, dans l’Empire russe. Une météorite s’écrase et détruit la forêt sur un rayon de 20 kilomètres et fait des dégâts jusqu’à une centaine de kilomètres, tuant toute âme qui vit.

31 octobre 1931, New-York. Ian Davenport, timide jeune chercheur en spiritologie qui traque mais surtout étudie les fantômes, voit son mentor et ami Boris Voynich se faire assassiner sous ses yeux dans des circonstances étranges. Il se retrouve alors propulsé dans une sombre histoire de meurtres inexpliqués qui semblent ne cibler que ses confrères spiritologues.

Seul, désespéré, rejeté par la police qui ne le prend pas au sérieux de par son métier peu crédible, il décide de chercher de l’aide auprès des journalistes d’une rubrique paranormal d’un grand journal New York. Là, il y rencontre Nell Lovelace, une jeune femme sceptique au caractère bien trempé, qui accepte à contrecœur de l’aider.

Ensemble, ils vont tenter de percer le secret de cette affaire de meurtres, qui semble liée à la terrible explosion d’origine mystérieuse de Tunguska en 1908, contrée perdue de la Sibérie profonde.

Avec Sprite, la chasse aux fantômes est un sport dangereux, surtout quand on ne sait pas qui est le chasseur et qui est le chassé ! Dans Tungunska, premier tome d’une série qui en comptera quatre, la talentueuse Mara aux dessins comme au scénario, nous propose une histoire fantastique et historique qui ne manque pas d’attraits !

La série est prometteuse, ce premier tome se révèle intense et je n’ai qu’une envie : découvrir la suite lorsqu’elle paraîtra. Les personnages de Ian et de Nell, sans oublier Mademoiselle Glückmann sont attachants et recèlent une bonne part de mystère qui attise ma curiosité.

L’époque (vous savez que je raffole des années folles), les couleurs, le fond historique avec l’évènement de Tunguska qui a fait couler beaucoup d’encre, choisis pour installer cet univers m’a emballée, d’autant que même si on est cartésien.ne comme moi, on ne manque pas d’échafauder des théories !

Puisant son inspiration dans la pop culture, le récit est à la hauteur de ses références : intense, bourré de péripéties, et ponctué de pointes d’humour bienvenues.

Les planches sont sublimes et soignées, les couleurs à dominantes bleu, rouge et violet très bien choisies : les personnages sont expressifs, les décors et les lumières nous en mettent plein la vue.

En conclusion, ce premier tome m’a vraiment charmée. On y découvre une atmosphère fantastique et steampunk réussie, des personnages charismatiques qui seront le ciment de cette histoire. Le mystère que nous cherchons à résoudre ici est vraiment intéressant et en plus, le tome se termine par un bon petit cliffhanger, vivement la suite !

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Depuis une thèse consacrée en 1989 à la bande dessinée et parallèlement à sa carrière d’enseignant agrégé de Lettres Modernes, à Poitiers, Didier Quella-Guyot a multiplié les actions en faveur du neuvième art et compte une vingtaine d’albums à son actif. Manu Cassier est titulaire d’un baccalauréat A3 et d’un Deug d’Arts plastiques. En 2000, il devient facteur et, deux ans plus tard, peu après la naissance de sa première fille, une mutation permet à la petite famille d’emménager dans le Lot, à  Figeac. Ce changement de vie géographique s’accompagne d’une remise en question personnelle, et marque un retour au dessin.


À son retour d’Australie, en 1958, Linette est loin d’avoir tout appris… et tout compris ! Elle sait désormais qui est son vrai père et ce qu’il a obtenu des femmes jusqu’à sa mort « accidentelle ».

Mais ce qui s’est passé sur l’île après la guerre et ce que sont devenues les «femmes du facteur» présentes au cimetière, évidemment elle l’ignore !

Pourtant, peu après la guerre, un autre drame, encore plus inavouable, a plombé la vie de ces iliennes, un drame cruel dont il vaudrait mieux qu’il ne revienne jamais à la surface…

A la fin du premier tome, on croyait tout savoir sur Maël, le jeune facteur fou de désir pour ces bretonnes qui lui ont tout appris du corps, jusqu’au vertige. Alors que leurs maris, leurs amants, leurs fils sont sur le front, elles ont laissé libre court avec lui aux exigences de la chair.

Pourtant, les femmes du facteur ont très vite compris qu’après la guerre, avec le retour des hommes, rien ne serait plus comme avant, et qu’il leur faudrait rester soudées pour ne pas se trahir.

Avec Facteurs pour femmes 2, on replonge au coeur de cette petite île du Morbihan en cette année 1918 qui voit la mort de Maël et le retour des hommes partis au front quatre ans auparavant.

Sait-on finalement tout de ce petit monde féminin qui a découvert l’émancipation, la liberté de choisir, la force de vivre rien que pour soi ? Et sauront-elles, après-guerre, vivre en paix, solidaires comme avant ?

Le scénario de Didier Quella-Guyot reprend l’histoire où on l’avait laissé dans Facteur pour femmes. La guerre est dorénavant terminée, et le retour des hommes va bousculer nos bretonnes dans l’existence qu’elles s’étaient construites.

L’occasion pour l’auteur d’aborder les conséquences directes de la guerre sur les hommes et les femmes. Les premiers comptent bien reprendre leur vie d’avant tandis que les secondes ne le veulent pas. Après avoir goûté à la liberté et à l’indépendence, le retour à la vie conjugale ne se fait pas sans heurt.

Et il y a bien évidemment les ragots qui vont bon train : les hommes ont tôt fait d’entendre parler des femmes du facteur, cet infirme qu’il prenait pour un benêt et à qui ils menaient la vie dure, aurait-il frayer avec leurs femmes ?

Alors que certaines langues se délient et commencent à remettre en cause la thèse officielle de la mort accidentelle du facteur, la solidarité féminine va-t-elle tenir bon ? Là est tout l’enjeu de cette suite.

Si le scénario m’a beaucoup plu une fois encore, les planches ne m’ont, en revanche, pas séduite. Sébastien Morice travaillant sur un autre projet, c’est Manu Cassier qui a repris les personnages. Où sont passées les couleurs lumineuses ? Les jolis visages des protagonistes ? Leurs silhouettes aux courbes douces ?

Dans ce volume, les teintes sont ternes et tristes, en accord avec le côté dramatique de l’histoire, mais j’ai trouvé cela dommage. Quant aux femmes, leurs traits sont rudes, les anatomies anguleuses, à certains moments, elles passeraient presque pour des hommes et surtout elles se ressemblent tant que j’ai pas su les différencier. 

Une duologie que je vous conseille si vous aimez la Bretagne et les thèmes abordés !

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Zidrou se lance au début des années 1990 dans l’écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L’Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il créé la série Les Beaux Etés avec Jordi Lafebre.

Youpi, c’est les vacances ! Adieu Mons, bonjour le soleil ! Comme tous les ans, la tribu des Faldérault prend la direction du Sud à bord de Mam’Zelle Estérel, la 4L familiale. Pierre n’a pas terminé son album ? Pas grave, il bouclera les dernières planches au bord de la Méditerranée.

Les voilà tous les cinq partis pour ne rien faire. Enfin, cinq et demi plutôt, puisque Mado est enceinte. Mais sur la route, patatras. Un camion les double, il perd son chargement et voilà le pare-brise d’Estérel qui vole en éclats. Plus de peur que de mal, mais impossible de continuer.

Pendant que le garagiste répare la 4L, la famille est hébergée par Esther et Estelle, deux femmes charmantes qui tiennent la ferme « Les Genêts ». Tandis que Pierre se prend pour Cézanne et que Mado regarde le bébé pousser, les enfants aident à sortir les chèvres et découvrent les charmes de la campagne. Mais ils apprennent aussi les secrets de la vie…

Les genêts est le sixième tome de la série mitonnée par Zidrou au scénario et Jordi Lafebre aux dessins consacrée à la famille belge Faldérault. Rappelez-vous, je vous avais déjà recommandé les tomes précédents : Cap au sudLa calanqueMamzelle Estérel, Le repos du guerrier et La fugue.

Comme dans toute série, certains tomes sont meilleurs que d’autres mais je prends toujours beaucoup de plaisir à découvrir ces voyages dans le temps, à la découverte du bonheur des vacances d’été en famille, des petites joies du quotidien et des plaisirs tout simples de la vie qui va.

Cette série so nostalgique me ramène à chaque fois tout droit en enfance, et je dois avouer que j’aime toujours autant cette famille attachante et sympathique. Ce nouvel opus est meilleur que le précédent même si il sent un peu le réchauffé : l’histoire tourne un peu en rond et Zidrou peine un peu à faire évoluer cette série.

Les dessins de Jordi Lafebre sont toujours aussi bons, les couleurs merveilleusement estivales, le scénario est agréable, on n’a pas le temps de s’ennuyer mais il n’y a pas de grande surprise lorsqu’on a lu les tomes précédents, ce sont justes de petits instants de vie, plein de gaité et de bonheur.

La thématique de ce tome est néanmoins intéressante puisque Zidrou aborde l’homosexualité féminine, mal comprise et pas acceptée en 1970, surtout dans un petit village, pas sûre que ce soit mieux vécu cinquante ans plus tard. Heureusement, la vérité sort toujours de la bouche des enfants qui ne comprennent pas pourquoi l’amour entre deux femmes doit être caché et qui vont mettre les pieds dans le plat.

Vous l’aurez compris, si ce 6è tome ne brille pas par son originalité, j’ai pris plaisir à retrouver Mado, Nicole, Julie jolie, Louis, Pierre et Mam’Zelle Estérel, car retrouver les Faldérault, c’est un peu retrouver sa famille, une atmosphère chaleureuse, jubilatoire et délicieusement barrée matinée d’une bonne dose de nostalgie, et ça, j’adore !

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Licenciée en Journalisme et Communication de L’Université Libre de Bruxelles, Chantal van den Heuvel est auteure de romans et de contes pour enfants, ainsi que de scénarios pour la BD, la télévision et le cinéma.

Aurore Dupin, alias George Sand, grande amoureuse et « homme de lettres », mais aussi journaliste et égérie du socialisme. Tout à la fois ! Femme libre avant tout et avant toutes les autres, qui bouscule les genres, le masculin et le féminin.

Paris fit sa gloire et l’Europe entière la célébra. Mais toujours George revint à son port d’attache, ses racines : Nohant, le domaine enchanté où elle passa son enfance et sa jeunesse auprès de sa grand-mère Marie-Aurore de Saxe, fille naturelle du beau maréchal Maurice de Saxe, général des camps et armées de Louis XV.

Nohant, l’écrin de cette personnalité de génie où demeurent l’empreinte de Chopin, son amant, et celle de ses amis, de Flaubert à Delacroix, en passant par Liszt ou Balzac.

Après La mystérieuse affaire Agatha Christie, Chantal van den Heuvel au scénario et Nina Jacqmin aux dessins font revivre l’autrice la plus importante du XIXè siècle dans George Sand : Ma vie à Nohant.

Une maison d’écrivain reste un lieu emblématique et toujours intéressant à découvrir même longtemps après la mort de son ou de sa propriétaire et cette bande dessinée nous fait entrer par la grande porte dans la demeure berrichonne chère à George Sand.

Les frasques de George Sand sont fameuses : ses liaisons hors mariages, son rejet de la bienséance hypocrite, son accoutrement masculin, son retentissant et passionné combat en faveur de l’émancipation et des droits de la femme… L’autrice fait parler d’elle, résonner sa voix et, en s’adressant par l’écriture au monde, elle est aussi et avant tout célébrée pour son œuvre prolifique.

Dans ses textes, la campagne berrichonne a une place primordiale. Ses livres décrivent l’atmosphère campagnarde d’un monde qui n’existe plus mais qui fut le sien. George Sand, si elle a fréquenté Paris, a passé la majorité de son existence dans sa demeure de Nohant.

Ce domaine familial, où elle a grandi et vécu à partir de ses quatre ans, lui a donné l’amour des grands espaces et de la liberté. C’est dans cette maison qu’elle s’est passionnée pour les histoires, c’est dans cette maison qu’elle a fait son éducation mondaine et paysanne.

C’est là-bas qu’elle a vu mourir tant de ses proches, et c’est là-bas qu’elle-même, elle mourra. Lieu isolé, paradis rupestre, cette bâtisse accueillera Liszt, Balzac, Delacroix, Flaubert ou même Chopin pendant presque dix ans. Nohant est, pour George Sand et ses invités, un lieu où peut fleurir la créativité.

Dans cet album qui revient sur l’existence de la célèbre autrice, Chantal Van den Heuvel et Nina Jacqmin insèrent en toute subtilité un second personnage principal : le domaine de Nohant. Témoin essentiel de l’existence de tant d’artistes, ses murs contiennent l’écho de voix qui continuent à passionner les esprits du monde entier.

J’ai beaucoup aimé le scénario de Chantal van den Heuvel qui nous propose un très beau portrait de George Sand et si, comme moi, vous êtes peu au fait de la vie de la romancière, vous apprendrez une foule de choses sur sa vie intime mais aussi « professionnelle », son engagement en faveur de la république et des pauvres.

Et vous découvrirez aussi Nohant, un lieu foisonnant de création artistique, que j’aimerai beaucoup visiter maintenant que je sais combien il fut important pour Sand et ses amis.

Les dessins de Nina Jacqmin sont toujours aussi beaux, à la fois soignés, vivants et élégants tant au niveau des personnages que des décors, ils sont la cerise sur le gâteau de cet album réalisé en partenariat avec Le Centre des Monuments Nationaux.

Un titre que je vous recommande vivement et une très bonne initiation à George Sand !

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Soledad est auteure de nombreux livres. Fine observatrice du monde qui l’entoure, elle caresse l’espoir de voir la société se transformer pour qu’enfin l’égalité entre les femmes et les hommes devienne réalité. Elle s’exprime quotidiennement sur Instagram @soledadbravi

Séduire est un plaisir chez le maître de l’Olympe, comme un simple mortel, il lui est difficile de vaincre ses désirs. Et comme il est le dieu des dieux, les pauvres humains ne sont que des marionnettes avec lesquels il joue.

Il n’a pas son pareil pour se métamorphoser afin d’arriver à tous les coups à ses fins mais aussi métamorphoser ses conquêtes pour les protéger de la colère de sa femme Héra qui se révèle terriblement jalouse et qui a ici bien mauvais rôle.

Avec Les amours de Zeus, on (re)découvre la vie amoureuse bien tumultueuse de Zeus, un sacré chaud lapin, qui va collectionner les conquêtes, et ainsi renforcer son pouvoir, grâce aux nombreux enfants qu’il engendre.

Il y eut sa première femme, Métis, puis celle qui est connue comme son épouse sur l’Olympe, la jalouse Héra. Celle-ci n’étant pas déesse à supporter les trahisons, elle se vengera sur chacune de ses conquêtes ou leurs enfants illégitimes.

On peut citer cette crédule Sémélé qui, sur les conseils d’Héra demandera à son amant d’apparaître dans toute sa force et finira carbonisée.

Dans ce nouveau recueil, Soledad bravi met la mythologie à la portée de tous en partant des titans, des différents dieux et déesses, des nombreuses conquêtes de Zeus, de quelques-uns de ses enfants mais aussi des héros les plus célèbres.

J’adore la mythologie grecque et lorsqu’elle aussi bien racontée qu’ici, c’est un régal. En quelques pages, Soledad Bravi vulgarise les épisodes les plus importants sans éluder la cruauté dont faisaient preuve les dieux de l’Olympe : viols, infanticides, incestes, meurtres et autres crimes sont au programme.

Le comportement de Zeus est loin d’être divin. Il enchaîne les conquêtes et déchaîne la colère de son épouse Héra qui n’a de cesse de se venger, en punissant les amantes et leur descendance : Léto, Sémélé, Dyonisos, Lamia, Io ou encore Héraclès. Rien n’apaise sa haine même si parfois des réconciliations ont aussi lieu.

Armée de son trait légendaire, son humour et sa concision, Soledad Bravi vulgarise avec brio la mythologie et malmène les divinités avec fougue et finesse : Persée, Thésée, OEdipe, Narcisse, Hercule… personne n’est épargné et on redemande !

Un recueil qui allie intelligence et humour qui ravira les amoureux de la mythologie grecque et qui permettra aux autres de mieux l’appréhender et de s’y retrouver, car il faut dire, que le sujet est loin d’être simple !

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres qui m’a permis de réviser mon panthéon grec tout en m’amusant.

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Après avoir été professeure des écoles, Séverine Vidal se consacre à l’écriture à plein temps dès la rentrée 2011. Elle écrit des romans pour adolescents et jeunes adultes, des albums et des BD (Delcourt, Marabout). Elle anime des ateliers d’écriture (écoles, collèges, lycées, centres sociaux, centres d’alphabétisation…). Ses livres sont traduits à l’étranger et sont récompensés par de nombreux prix.

Originaire de Madrid, Victor Pinel est un jeune dessinateur est passionné de bandes dessinée depuis son plus jeune âge. Il fait ses premières armes à l’ESDIP de Madrid ou il y suivra une formation artistique. Ses premiers projets professionnels l’orientent rapidement vers des travaux de commande pour le secteur jeunesse mais également dans le cinéma d’animation comme storyboarder et coloriste.

Pour Yvonne qui a encore toute sa tête à 80 ans, l’arrivée en EHPAD est difficile. Veuve, elle a quitté l’exploitation familiale la mort dans l’âme.

Après avoir brouillé du noir pendant quelques semaines, elle finit, contre toute attente, par se lier d’amitié avec un groupe de résidents, aussi drôles et lucides qu’elle, et tombe même amoureuse.

Mais rapidement, la vieillesse la rattrape. Prise dans le tourbillon inéluctable de la vie, l’octogénaire décide de s’offrir une dernière parenthèse enchantée. Elle embarque sa bande dans une fugue, une balade… comme un dernier plongeon dans l’eau fraîche.

Plus je lis Séverine Vidal, plus j’apprécie ses histoires. Le plongeon m’a non seulement plu mais il m’a aussi émue aux larmes, un vrai coup de coeur pour Yvonne, les résidents de son EHPAD et leur infirmier au grand coeur Youssef.

Il fallait oser écrire un roman graphique sur la vie quotidienne dans un « établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ». L’histoire promettait de ne pas être gaie, la couverture donne bien le ton, et pourtant Séverine Vidal au scénario et Victor Pinal aux dessins, nous embarquent et une fois la première page tournée, on ne peut plus s’arrêter.

Les premières pages sont dures à lire, la tristesse et l’abandon sont omniprésents, les images nous font entrer immédiatement dans le vif du sujet. Yvonne abandonne la maison où elle a vécu soixante ans et arrive dans cet EHPAD où l’on infantilise les anciens qui n’ont plus droit de faire grand chose.

On découvre le quotidien morne et routinier des pensionnaires, les relations et les différences de décrépitude entre les résidents, le manque de sensibilité et de respect du personnel, les odeurs de médicaments et de la vieillesse, le peu de visites des familles, trop prises pour aller voir leurs vieux.

Puis Yvonne retrouve la joie de vivre avec quelques autres résidents, une petite brochette de joyeux drilles qui voudraient bien aller plus loin que le portail de la maison de retraite.

Le sujet, sensible et touchant, est bien traité. Séverine Vidal rappelle qu’avant d’être des octogénaires ou des nonagénaires avec leurs problèmes de santé, leurs pertes de mémoires ou d’autonomie, ce sont des êtres humains qui ressentent des émotions, qui sont capables de tomber amoureux ou d’avoir envie de faire la fête, et tant pis si les plus jeunes trouvent que ce n’est plus de leur âge !

C’est une bande dessinée magnifique qui nous questionne, nous remue. Les dessins de Pinel tout en simplicité et en douceur, complètent merveilleusement bien le récit. Les « vieux » sont représentés de manière magnifique, généreuse. Ils sont expressifs, vivants, les couleurs sont juste en accord, c’est du bon travail !

Si l’histoire m’a émue, n’ayez crainte, vous ne sortirez pas déprimé.es de cette lecture mais au contraire gonflé.es à bloc par l’espoir qu’elle dégage. Une petite merveille à découvrir absolument !

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Leïla Slimani, née le 3 octobre 1981 à Rabat au Maroc, d’une mère franco-algérienne et d’un père marocain. En 2014, elle publie son premier roman aux éditions Gallimard, Dans le jardin de l’ogre. Le sujet (l’addiction sexuelle féminine) et l’écriture sont remarqués par la critique et l’ouvrage est sélectionné pour le prix de Flore 2014. Son deuxième roman, Chanson douce, obtient le prix Goncourt 2016.

Héroïne oubliée du XXe siècle, Suzanne Noël a rendu leur dignité aux gueules cassées, en étant une pionnière de la chirurgie réparatrice.

Brillante étudiante en médecine, Suzanne Noël va assister à la naissance de la chirurgie plastique comme spécialité médicale et y apporter une contribution essentielle.

Considérée comme dangereuse et inutile par une grande partie de la communauté médicale de l’époque, la chirurgie esthétique est pour elle un outil d’émancipation des femmes.

À travers ses techniques chirurgicales, elle veut corriger les effets de la vieillesse, de la pauvreté, de la maladie ou de l’épuisement. Pendant la première guerre mondiale, la chirurgie réparatrice gagne ses lettres de noblesse. Au côté du professeur Hippolyte Morestin, Suzanne Noël opère les soldats défigurés par les obus et développent, sur ces « gueules cassés » des protocoles chirurgicaux révolutionnaires.

Dans les années folles, Suzanne Noël devient une célébrité, à Paris et dans le monde. Féministe, engagée dans le combat pour le droit de vote des femmes, elle n’a eu de cesse de lutter pour son indépendance et pour la reconnaissance de son travail de chirurgienne esthétique.

Avec A mains nues, Leïla Slimani au scénario et Clément Oubrerie aux dessins font le pari de nous raconter l’histoire d’une pionnière de la chirurgie esthétique et réparatrice française, Suzanne Noël. Ce premier tome s’ouvre avec l’installation à Paris de Suzanne avec son époux le docteur Henri Pertat.

La jeune femme s’ennuie et son mari l’encourage à faire des études, il la soutient et lui propose même de travailler avec lui, ce qui est rare à l’époque. Suzanne passe le baccalauréat et entame en 1905 des études de médecine. En 1908, elle est nommée externe des hôpitaux de Paris dans le service du professeur Morestin, pionnier de la chirurgie maxillo-faciale,

Reçue 4e à l’internat en 1912, 4e à l’écrit et 1re à l’oral, elle approfondit ses connaissances dans le domaine de la chirurgie maxillo-faciale, elle est notamment amenée à soigner la comédienne Sarah Bernhardt à la suite d’un lifting raté pratiqué aux États-Unis.

Et pendant la grande guerre, elle se forme aux techniques de la chirurgie réparatrice et correctrice. Et à partir de là, dans des conditions extrêmement précaires, elle participe à l’effort de guerre en opérant les « gueules cassées », les blessés de la face.

J’ai trouvé ce premier tome très intéressant et cette femme réellement passionnante, cela ne m’étonne guère que Leïla Slimani, grande féministe, se soit penchée sur son cas.

Comme elle, la thématique de l’invisibilisation des femmes, spécialement en sciences, me touche beaucoup et je suis toujours curieuse de découvrir des trajectoires telles que celle de Suzanne Noël.

Les dessins de Clément Oubrerie sont simples et assez classiques, ce n’est pas le style que je préfère mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture et d’être au rendez-vous du tome 2 lorsqu’il paraitra.

Si vous vous intéressez à l’histoire des femmes et aux pionnières, je ne peux que vous recommander cette biographie graphique très pertinente.

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Mark GATISS est un acteur, producteur et scénariste britannique. Passionné très tôt par Doctor Who et Sherlock Holmes, il est surtout connu pour son rôle dans ces deux séries télévisées. Steven MOFFAT est un scénariste et créateur de séries télévisées britanniques. Auparavant illustrateur à son compte, JAY est un auteur découvert par un éditeur de Kadokawa. Appréciant la qualité de son trait, la maison d’édition lui confie le projet de l’adaptation en manga des épisodes de la série de la BBC Sherlock de Mark GATISS et Steven MOFFAT.

Rapatrié d’Afghanistan à cause d’une blessure et de troubles psychologiques, le Dr. Watson retrouve un vieil ami de l’époque de la faculté de médecine qui lui présente un homme en quête d’un colocataire.

D’un seul coup d’œil, cette personne devine qu’il s’agit d’un médecin militaire de retour du Moyen-Orient, qu’un de ses proches est victime d’alcoolisme ou encore qu’il est suivi par un thérapeute. Le nom de ce colocataire ? Sherlock Holmes.

Ils emménagent au 221B Baker Street alors qu’une affaire de suicides secoue Londres. Quatre personnes qui ne semblent avoir aucun lien entre elles, se sont suicidées en avalant une gélule contenant du poison, provoquant l’incompréhension de leurs proches.

L’inspecteur Lestrade en charge de l’enquête requiert l’aide de Holmes et de Watson afin de savoir si il n’y a pas un tueur en série derrière ces morts suspectes…

Une étude en rose est le premier tome d’une saga qui en comprend quatre et qui adapte les épisodes de la série scénarisée par Steven Moffat et Mark Gatiss, interprétée par  Benedict Cumberbatch dans le rôle-titre et Martin Freeman dans celui du docteur Watson.

Holmes reprend vie dans le Londres de notre époque ! Pour résoudre les énigmes, il manipule un smartphone et utilise les dernières trouvailles de la science.

Mon ado n°1 et moi sommes de grandes fans de cette série anglaise qui propose des adaptations modernes des aventures de Sherlock Holmes écrites par Sir Arthur Conan Doyle.

Les puristes crient sans doute au blasphème, moi j’adore ! Les acteurs sont excellents et les intrigues sont géniales.

C’est ainsi que ce manga est rentrée dans notre bibliothèque familiale. Mon fils adore les manga et moi je m’y mets doucement.

Reprenant trait pour trait la serie TV, l’ambiance et l’atmosphère si particulières, le dessinateur Jay, suit le scénario signé Steven Moffat et Mark Gatiss à la lettre, et dessine à merveille les acteurs dont on reconnait bien les visages.

Le dessin est beau et fin, l’histoire est impeccable, il y a du rythme, bref un excellent moment de lecture.

Pour moi qui ai une mémoire de poisson rouge, c’est une chouette façon de retrouver la série. Je ne me souvenais plus du tout de l’intrigue que j’ai redécouvert avec plaisir ici.

Un manga que je recommande autant aux fidèles de la série qu’à ceux qui ne l’ont jamais vu ! Je compte bien poursuivre la découverte de cette série avec le tome 2 déjà dans ma pal.

Lu dans le cadre du Mois Anglais :

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Après une licence de lettres et des études aux Arts décoratifs de Strasbourg, Anne-Caroline Pandolfo consacre son temps à l’illustration et à l’écriture. Elle signe des albums jeunesse en solo et plusieurs romans graphiques en duo avec l’illustrateur danois Terkel Risbjerg : L’Astragale, Le Roi des scarabées, La Lionne, Serena (Sarbacane), Perceval (Le Lombard) et, en 2019, Enferme-moi si tu peux et Le Don de Rachel (Casterman).

Paris, 1848. Rachel Archer a un regard envoûtant et depuis toujours un don. Elle peut lire. Lire à travers le temps, les lieux, les gens et leurs histoires. Les yeux bandés, elle démontre son don sur les scènes de Paris et bientôt la capitale bruisse de son nom. La famille impériale la consulte, le beau monde suit le mouvement.

Elle rêve de provoquer chez ses semblables une ouverture vers de nouveaux horizons. Sorcière pour les uns qui la vouent aux gémonies, phénomène de foire pour les autres, elle s’épuise et peine à trouver sa place. Un jour, elle disparaît sans laisser de traces…

Près d’un siècle et demi plus tard, Liv, metteure en scène danoise de théâtre, et Virginia, photographe anglaise, croisent le chemin de Rachel au coeur de leur démarche artistique. Rachel aurait-elle enfin trouvé sa voie par le biais d’une sororité créative défiant les lois de la raison ?

Le don de Rachel est le nouveau graphique du duo Anne-Caroline Pandolfo au scénario et Terkel Risbjerg aux dessins que j’avais découvert avec La lionne, biographie graphique consacrée à la romancière danoise Karen Blixen.

Trois femmes reliées par un daguerréotype. Trois lieux. Trois époques. Trois destins de femmes. Cela ne vous rappelle pas Les heures de Michaël Cunningham ? J’avais beaucoup aimé ce roman qui mettait en scène Virginia Woolf, la mère de l’auteur et une éditrice.

Je ressors nettement plus mitigée de ce roman graphique. Car si j’ai adoré la partie historique de l’ouvrage consacrée à la voyante Rachel, une femme que j’ai trouvé absolument fascinante dans ce Paris du règne de Louis-Philippe, dans ce siècle qui a tellement aimé le spiritisme, je n’ai guère goûté la partie contemporaine.

Une femme incomprise, invisibilisée par son don, que l’on invite dans les salons et les théâtres et à qui on fait le jouer le rôle d’un animal de foire, en lui posant sans cesse les mêmes questions. Certains parce qu’ils croient en elle, d’autres pour essayer de trouver la faille.

Et un jour, lasse de cette existence vide de sens, elle disparaît laissant derrière elle un daguerréotype et un amoureux qui lui consacre un roman : Le don de Rachel. Deux objets qui vont inspirer et nourrir les carrières artistiques de Liv et Virginia.

Par l’intermédiaire d’une mise en abyme, Anne-Caroline Pandolfo nous présente trois portraits de femmes, dans trois villes particulières et à trois époques différentes. Ainsi l’histoire de Rachel Archer formatera l’existence de ses homologues dans le futur.

Inspiré notamment par Guy De Maupassant et Virginia Woolf, le scénario nous présente Rachel comme l’archétype de la sorcière telle que l’évoque l’essayiste Mona Chollet dans son ouvrage éponyme paru en 2018. Réduite au rang de paria pour sa vision rare et alternative, elle est prisonnière de son rôle et s’en échappe en disparaissant.

Heureusement, cette partie occupe les 3/4 du roman graphique, pour le reste quel ennui ! Je suis pourtant sensible au thème de la sororité mais ici tout tombe à plat et je n’y ai vu aucun intérêt !

J’ai adoré le travail de Terkel Risbjerg qui réalise des planches aux aplats de noir intenses et fascinants. Il va droit à l’essentiel, sans s’encombrer de détails et de fioritures inutiles : sa Rachel est hypnotique et son talent est inspirant.

Pour résumer, un ouvrage qui ne m’a pas laissée indifférente même si il ne m’a pas complètement séduite.

Un grand merci aux éditions Casterman et à Babelio pour cette découverte !

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