Puzzle – Franck Thilliez

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer au jeu ultime, celui dont on ne connaît que le nom : Paranoïa.
Le jour venu, ils reçoivent la règle numéro 1 : Quoi qu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu.
Suivie, un peu plus tard, de la règle numéro 2 : L’un d’entre vous va mourir.
Et quand les joueurs trouvent un premier cadavre, jeu et réalité commencent à se confondre.
Paranoïa peut alors réellement commencer…

Ilan Dedicet est concepteur de jeux vidéos qui ne trouvent pas preneur. Alors, il travaille la nuit dans une station service sur l’autoroute et vit dans la maison de ses parents depuis leurs décès.

Avec son ex petite amie Chloé, il a participé à plusieurs chasses aux trésors et, alors qu’il n’a plus de ses nouvelles depuis un an, elle débarque un beau matin pour l’inviter à renouer avec le jeu ultime sur lequel ils se sont cassés les dents : Paranoïa.

La jeune femme a trouvé une porte d’entrée et ils passent avec succès les dernières sélections et débarquent à quelques jours de Noël dans un hôpital psychiatrique désaffecté près de Grenoble où ils retrouvent six autres candidats.

A la clé : 300 000 euros pour le vainqueur. Une tempête de neige et de solides cadenas leur interdisent toute fuite. Commence alors un huis clos oppressant où chaque joueur doit se défier des autres…

Franck Thilliez est un auteur prolifique et reconnu de polars et de thrillers dont les titres caracolent en tête des meilleures ventes de livres. Ce n’est pas pour cette raison que j’avais acheté Puzzle il y a déjà deux ans mais parce que les billets le concernant sont en général très élogieux. J’étais donc curieuse de découvrir enfin son univers, c’est désormais chose faite !

Huit clos glaçant, Puzzle est un thiller addictif et particulièrement anxiogène. D’après ses fidèles lecteurs et lectrices, ce n’est pas le meilleur de ses romans mais j’avoue que pour une première lecture, je ressors plutôt séduite. J’en profite pour remercier Belette, ma partenaire de lecture, qui l’a marathonné de son côté en un temps record !

Il faut dire que le combo neige, isolement dans la montagne, hôpital psychiatrique désaffecté, mélange de réel et de délire, schizophrénie… ça fait toujours son petit effet et ça donne une ambiance angoissante réussie.

Même si j’avais deviné bien avant la fin là où voulait nous emmener Franck Thilliez, je dois admettre que Puzzle est un bon page turner, bien haletant, avec sa cohorte de personnages douteux voire glauques et cette chasse au trésor qui part en vrille.

Certes le sujet ne brille pas par son originalité, il fait beaucoup penser à Shutter Island de Dennis Lehane, Dix petits nègres de Agatha Christie et même au Mystère Sherlock de J.M Erre (dans un genre différent puisque totalement barré et drôle), pour autant je me suis laissée embarquée par l’histoire mise en place par Franck Thilliez jusqu’à son dénouement même si, assez vite, j’ai pressenti comme je vous le disais plus haut, quelle en serait la fin grâce ou à cause de quelques indices disséminés au fil du récit.

Vous l’aurez compris Puzzle est un roman efficace avec une ambiance qui fait froid dans le dos et une histoire suffisamment bien développée pour qu’on se laisse embobiner. Une première incursion réussie dans l’univers de Franck Thilliez, un auteur que je lirai avec plaisir à nouveau !

Je vous invite maintenant à découvrir l’avis de Belette ici, un grand merci à elle pour cette lecture anxiogène et prenante.

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Agatha Raisin enquête tome 6 : Vacances tous risques – M.C. Beaton

God damned ! Voilà que James Lacey, le charmant voisin d’Agatha Raisin, a disparu ! Renonçant à lui passer la bague au doigt, comme il le lui avait promis. C’est mal connaître Agatha. Délaissant son village des Cotswolds pour Chypre, où James et elle avaient prévu de célébrer leur lune de miel, elle part sur les traces de l’élu de son coeur, bien décidée à lui remettre la main dessus ! Mais à peine l’a-t-elle retrouvé, pas le temps de s’expliquer : une touriste britannique est tuée sous leurs yeux. Fidèle à sa réputation, Agatha se lance dans l’enquête, quitte à laisser filer James, las de ses excentricités…

Après ses épousailles avortées avec son beau voisin, Agatha traîne sa mauvaise humeur et sa tristesse à Carsely. James Lacey a fui le village pour oublier que sa fiancée était déjà mariée à un autre, direction Chypre, lieu qu’ils avaient choisi pour leur voyage de noces.

Bien décidée à reconquérir l’homme qu’elle aime, Agatha s’envole pour Nicosie et s’installe dans un grand hôtel. Elle loue une voiture pour sillonner l’île à la recherche de James, en vain.

Pour se changer les idées, elle décide de faire une excursion en mer et fait la connaissance d’un groupe d’anglais avec lequel elle sympathise. Le soir même ils se retrouvent en boîte de nuit et c’est alors que survient le meurtre de l’une des femmes du groupe, tuée avec une fine lame.

Agatha, qui vient de retrouver James, décide de se mêler de l’enquête et se retrouve embarquée dans des vacances plus que mouvementées et bientôt la victime de tentatives de meurtres…

Après La quiche fatale, Remède de cheval, Pas de pot pour la jardinière, Randonnée mortelle et Pour le meilleur et pour le pire, il me tardait de retrouver les Cotswolds et Agatha Raisin, et pour une fois, le plaisir ne fut hélas pas au rendez-vous.

Je ressors de la lecture de ce tome 6 vraiment déçue par l’intrigue proposée par M.C Beaton que j’ai trouvé sans intérêt, une fois n’est pas coutume. Le plus difficile dans une série, c’est de proposer à son lecteur des romans de qualité égale, je pardonne donc volontiers à l’autrice ces Vacances tous risques sans saveur.

Ce sixième opus est en-deçà des cinq précédents et c’est bien dommage. Bonne idée d’avoir dépaysé notre héroïne en la faisant quitter les Cotswolds pour la chaleur de Chypre mais si d’habitude elle est férocement drôle, on la découvre ici désespérée à l’idée d’avoir perdu James et se lamentant plus que de raison entre deux bonnes bouteilles de vin.

L’enquête est sympathique même si je l’ai trouvé bien trop prévisible, notre Agatha est chauffée à blanc par les piques de ses compagnons de vacances qui l’accusent d’enjoliver ses succès policiers et elle retombe vite dans ses pires travers.

Entre une Agatha trop geignarde et un James toujours aussi antipathique, dont les relations prennent bien trop de place dans ce tome, j’ai bien failli abandonné ma lecture. Heureusement, M.C Beaton a eu la bonne idée de faire revenir Sir Charles dans la vie de son héroïne.

Ce personnage va pimenter les futures relations entre Agatha et James avec ses piques et son humour pince-sans-rire. J’ai hâte de voir ce que ce trio va donner dans les prochains volumes.

Vous l’aurez compris, même si je suis déçue par cet opus, j’ai hâte de retrouver Agatha dans le 7è tome de la série qui paraît aujourd’hui en librairie.

Merci aux éditions Albin Michel pour cette lecture !

Le secret des orphelins – Elly Griffiths

Un squelette d’enfant décapité est retrouvé sous la porte d’une vieille bâtisse victorienne à Norwich. S’agit-il d’un sacrifice datant de la période romaine ou de la dépouille d’un petit pensionnaire échappé de l’orphelinat qui occupait les lieux dans les années 1970 ? Experte en datation, l’archéologue Ruth Galloway rejoint l’équipe de l’inspecteur Harry Nelson, partenaire d’investigation – et parfois plus dans l’intimité. Tandis que Ruth remonte la piste du drame et croise le chemin de prêtres retraités, magnats de l’immobilier et druides chevelus, quelqu’un semble décidé à littéralement la faire mourir de peur… 

Une macabre découverte a lieu un beau matin de printemps dans le Norfolk. Un squelette d’enfant décapité a été mis au jour sur le site d’un ancien orphelinat et futur emplacement d’une résidence de luxe construite par Edward Spens.

L’inspecteur Harry Nelson fait une nouvelle fois appel à Ruth Galloway, une professeure d’archéologie, spécialiste des ossements et plus spécialement de l’âge de fer.

Le site sur lequel le squelette a été découvert a des fondations qui remontent à l’époque romaine, l’enfant, au vu de la taille du squelette ça ne fait pas de doute, pourrait avoir été sacrifié au dieu Janus, dieu des portes et des ouvertures.

En attendant les résultats de l’autopsie et de la datation au carbone 14, Nelson fait son enquête auprès du personnel de l’orphelinat fermé depuis près de trois décennies. Le père Patrick Hennessy lui apprend que de ses pensionnaires se sont enfuis à la fin des années 60, le squelette retrouvé pourrait-il être l’un d’entre eux ?

Après Les disparitions du Marais, voici le retour du docteur Galloway, l’universitaire la plus solitaire du venteux Norfolk, intello nourrie aux chips, et surtout célibataire attendant un heureux événement de l’inspecteur Nelson.

Elly Griffiths a eu la bonne idée de mettre une nouvelle fois en scène son duo d’enquêteurs atypique et attachant : un policier et une archéologue, réunis pour résoudre l’énigme de disparitions d’enfants, le tout sur un site datant de l’empire romain !

J’avais beaucoup aimé le premier opus de la saga Ruth Galloway et j’ai à nouveau apprécié cette enquête mêlant intrigue policière et archéologie.  Elly Griffiths nous donne à lire une intrigue certes classique mais bien menée même si j’ai deviné la fin avant qu’elle n’arrive mais ce qui me plait vraiment dans cette série, c’est son atmosphère et bien entendu ses deux personnages principaux.

Le duo marche formidablement bien et se complète à merveille la solitaire Ruth et le bougon Harry, bientôt parents d’un enfant, le tout dans le plus grand secret car l’inspecteur est marié et que l’archéologue est allergique à la vie à deux, forment une paire attachante, que j’ai grand plaisir à suivre dans le dénouement de leurs enquêtes.

Bien que le suspens n’est pour moi pas mené jusqu’au bout, qui ne veut pas dire qu’il ne le sera pas pour vous, j’ai trouvé dans l’ensemble ce thriller mêlant archéologie et enquête policière très réussi.

L’archéologie est aussi très présente dans le roman mais dosée juste ce qu’il faut et j’ai aimé découvrir les pratiques funéraires de l’empire romain et certains dieux qui m’étaient jusque là inconnus.

Une enquête classique mais efficace et un roman à lire si vous aimez les ambiances de ce genre, spécialement en automne / hiver, histoire d’être totalement en symbiose avec l’atmosphère créée par Elly Griffiths.

Un grand merci à Anne et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture très prenante !

Les collèges fantômes – Jean d’Aillon

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Paris, 1er octobre 1625 : c’est le jour de la rentrée pour Louis Fronsac, qui réintègre le très prisé collège de Clermont. Bon élève, Louis est aussi un adolescent intrépide toujours en quête d’aventures. Avec son fidèle Gaston de Tilly et d’autres compagnons, il décide d’explorer le bâtiment abandonné mitoyen de Clermont. Ne dit-on pas qu’il était un repaire de ligueurs et que ses murs sont encore hantés par le souvenir de la Saint-Barthélemy ? Au cours de leurs incursions secrètes, les amis trouvent dans le cellier des tonneaux de vin…De contrebande ? Possible, car partout, dans les rues de la capitale corruption et tromperie sont de mise. Les deux garçons, surpris lors d’une de leurs visites, vont devenir les proies d’impitoyables individus, tandis que se trame, entre les murs du collège désaffecté, une conspiration contre le ministre du roi, Richelieu…

Paris, 1er octobre 1625, c’est le jour de la rentrée des classes au collège de Clermont, prisé des nobles et des bourgeois. Louis Fronsac, treize ans, est heureux de retrouver ses amis Gaston de Tilly, Paul de Gondi, Jehan Le Pontonnier, Jacques Hérisson et Jacques La Chesnay, ses compagnons de la confrérie des Six.

Le collège des jésuites n’ayant pas la capacité d’accueillir de nouveaux étudiants, son recteur souhaite acquérir le collège mitoyen abandonné, celui du Mans. Louis et Gaston, pris de curiosité pour ce lieu désert, décident d’explorer le vieux bâtiment, qui, selon certains, serait un repaire de ligueurs ou un lieu hanté par les âmes des protestants égorgés lors de la terrible nuit de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572.

Au cours de leur incursion secrète, les deux amis découvrent dans le cellier des muids de vin de contrebande mais leur escapade ne passe pas inaperçue…

Louis Fronsac est un personnage ayant réellement existé auquel Jean d’Aillon redonne vie dans une série de polars historiques dont Les collèges fantômes est le 17è opus. Cet ancien notaire anobli par Louis XIII, marquis de Vivonne, conduisait des enquêtes criminelles au XVIIe siècle.

Exceptée La lettre volée, une courte nouvelle, je n’en ai lu aucun mais cela ne m’a absolument pas gêné car ils peuvent être lus séparément puisqu’ils se passent à des périodes différentes, aussi bien pendant l’adolescence du héros qu’à l’âge adulte.

J’avais trouvé ma précédente lecture passionnante, fort bien documentée et très bien écrite, ce roman confirme tout le bien que je pense de Jean d’Aillon et de cette série, mêlant habilement aventure et enquête policière.

Les aventures de Louis Fronsac nous permettent de croiser au détour de notre lecture, un grand nombre de personnages passés à la postérité : Louis XIII et Richelieu bien sûr mais aussi Alexandre et César de Vendôme, les fils naturels du feu roi Henri IV, la reine Anne d’Autriche et le comte de Chalais.

Le cardinal de Richelieu est alors le tout puissant premier ministre de la France, un homme presque aussi puissant que le roi Louis XIII, aux prises avec la ville de La Rochelle, ville protestante qui lui donne du fil à retordre.

Mais le puissant ministre compte bon nombre d’ennemis qui ne rêvent que d’une chose : le mettre hors d’état de nuire et pourquoi pas renverser le roi. Dans ce roman, pas de temps mort puisqu’on nous donne à lire un trafic de muids de vin, une conspiration visant à renverser Richelieu et à éradiquer l’ordre des jésuites, des duels…

Jean d’Aillon situe habilement son intrigue en 1626, un an avant le siège de La Rochelle, au moment où a lieu la première (mais non la dernière) conspiration de la noblesse contre le ministre. Celle-ci sera axée entièrement sur le mariage de Gaston, frère du roi, et de l’absence de descendance de Louis XIII, et brouillera durablement celui-ci d’avec sa femme Anne d’Autriche.

Le roi, qui n’a pas de descendance, veut marier Monsieur son frère à Mademoiselle de Montpensier. Gaston, refuse d’épouser cette riche héritière, et un parti de l’« aversion au mariage » se créé autour de lui, défiant le roi.

Cette conspiration de Chalais qui va mobiliser Gaston et les deux demi-frères du roi, entre autres est au cœur de l’intrigue des collèges fantômes et nos jeunes amis vont tout faire pour venir en aide au cardinal et au roi. Un récit rempli d’action, sans temps mort, basé sur une solide connaissance historique de ce Paris du début du 17è et de son contexte politique font que ce roman se révèle absolument passionnant de bout en bout.

Une seconde incursion dans cet univers qui me donne envie de découvrir les autres enquêtes de Louis Fronsac. Si elles sont du même acabit, c’est-à-dire aussi remarquablement écrites et documentées, elles me promettent de belles heures de lecture.

Un grand merci à Marie-Jeanne et aux éditions Presses de la Cité pour cette plongée au cœur du Paris de Louis XIII !

Les dieux outragés – Olivier Seigneur

Alors que le tout nouveau château de Versailles scintille des mille feux du Roi Soleil, un mauvais plaisant semble s’amuser à semer les cadavres à travers le domaine royal. Sont-ce troubles conspirations de la Montespan, qui cherche à reconquérir les faveurs de son monarque, ou machinations politiques visant à déstabiliser le trône ? Premier valet du roi, Alexandre Bontemps se soucie peu du gouvernement de la France ; il cherche avant tout à protéger son souverain des intrigues privées qui fourmillent à la cour. Mais quand l’histoire rejoint l’Histoire, plus n’est besoin de réfléchir : il faut agir, quitte à ternir l’éclat inaltérable de la Couronne…

6 mai 1682, Louis XIV et l’ensemble de sa cour quittent le vieux château de saint Germain pour regagner le château de Versailles. Alors que le roi traverse la grande galerie et les appartements royaux, heureux de montrer à la famille royale et aux courtisans les réalisations faites en son absence, lorsque son œil averti voit quelque chose dans sa chambre d’apparat, qui le met en fureur.

Une fois seul, il convoque son fidèle valet de chambre, Alexandre Bontemps, qui lui confirme que le cadavre d’un peintre a bel et bien été découvert dans la chambre royale. Le jeune homme qui avait participé à l’exécution de peintures a été assassiné.

Personne ne doit être au courant de cette vilenie, pas même le responsable de la sécurité du château. Le monarque confie à Bontemps le soin de mener l’enquête, sûr que ce dernier parviendra à retrouver le(s) coupable(s).

Mais bientôt d’autres meurtres et incidents viennent ternir l’éclat du séjour du roi Soleil…

Voilà un polar historique qui croupissait dans ma PAL depuis plusieurs années, j’en suis pourtant friande de ce genre et spécialement lorsqu’il a un cadre aussi prestigieux que le château de Versailles !

Dans Les dieux outragés, Olivier Seigneur met en scène Louis XIV, figure centrale du roman, mais aussi Alexandre Bontemps, son homme de confiance, qui est le véritable héros de ce roman. Premier valet de chambre du roi, charge qu’il a reçu à la mort de son père, Bontemps est aussi intendant du château de Versailles et secrétaire général des Suisses et Grisons, qui veillent sur la sécurité royale.

Homme clé du château, c’est aussi lui qui subit les requêtes de la noblesse et essuie leurs mécontentements. Dans ce polar historique, Olivier Seigneur nous donne à lire une intrigue policière crédible mais trop absente du roman à mon goût.

Plus qu’un polar historique, il s’agit surtout ici d’un roman historique avec une trame policière, dans le sens que l’Histoire prend le pas sur le policier, un peu dommage mais ce roman est tout de même plaisant à lire, d’autant plus qu’il est solidement documenté et que l’onc croirait vivre dans le sillage du monarque le temps de notre lecture.

Au delà de l’enquête policière, l’auteur nous dévoile le quotidien de Louis XIV, les moments qui rythment sa journée et comme le récit se déroule à un moment très précis, il revient sur la grossesse de la Dauphine, sur les rapports qu’entretenaient le roi avec Monsieur, son frère et avec ses maîtresses : Mesdames de Montespan et de Maintenon.

L’astre de la première décline sérieusement tandis que la seconde est sur le point de devenir la femme la plus importante de la cour. On assiste à des joutes verbales, aux dernières manigances de la marquise pour redevenir la maîtresse attitrée du roi et échouer.

Si vous aimez les polars historiques et plus particulièrement ceux qui se déroulent au 17e, je vous conseille Les dieux outragés. Malgré ses défauts, ce fut une bonne lecture et surtout très enrichissante d’un point de vue purement historique mais ne vous attendez pas à une enquête prenante !

Les disparues du marais – Elly Griffiths

Quand un squelette est découvert dans les marais, l’inspecteur Harry Nelson pense avoir enfin retrouvé le corps de Lucy, une fillette disparue dix ans plus tôt. Mais Ruth Galloway, professeur d’archéologie, est catégorique : les ossements datent de l’âge du fer. La disparition d’un autre enfant et d’étranges lettres anonymes épaississent le mystère. Ruth, brillante et solitaire, se mêle à l’enquête quitte à s’approcher au plus près du danger !

Une macabre découverte a lieu un bon matin dans le Norfolk. Un squelette d’enfant a été mis au jour sur la route du Saltmarsh, dans la zone du Henge. L’inspecteur Harry Nelson espère avoir retrouvé Lucy Downey, une fillette disparue une décennie plus tôt et dont la recherche l’obsède mais les ossements ont l’air anciens.

Il fait donc appel à Ruth Galloway, un professeur d’archéologie ayant mené des fouilles sur ce site du néolithique afin qu’elle date le squelette qui s’avère être celui d’une jeune fille morte à l’âge de fer, sans doute attachée et abandonnée là bien vivante dans le marais, victime sacrifiée par sa tribu à quelques dieux.

La participation de Ruth à l’enquête doit prendre fin avec l’identification du squelette mais c’est alors que survient la disparition d’une fillette de quatre ans, enlevée devant chez elle et que l’archéologue reçoit une lettre d’avertissement.

Ruth, personne solitaire et plutôt sauvage est embarquée presque malgré elle dans la recherche du tueur, aux côtés de Nelson…

Elly Griffiths a eu la bonne idée de mettre en scène un duo d’enquêteurs atypique : un policier et une archéologue, réunis pour résoudre l’énigme de disparitions d’enfants, le tout sur un site sacré de l’âge de fer !

Pour tout vous dire, être archéologue m’aurait bien plu, je trouve cette profession totalement fascinante, la faute sans doute à Indiana Jones et à Harrisson Ford et à mon intérêt pour l’Egypte des pharaons. J’étais donc emballée à l’idée de découvrir cette nouvelle série et je ne suis pas déçue, bien au contraire.

Dans ce premier opus de la saga Ruth Galloway, on suit donc des héros bien attachants dans leurs investigations. Ici pas de flic alcoolique et dépressif ni d’héroïne bombasse, ça fait du bien. Elly Griffiths nous propose des personnages normaux, avec leurs failles, leurs qualités et leurs défauts et j’ai beaucoup aimé les suivre tout au long du récit.

L’auteure nous donne à lire une intrigue certes classique mais bien menée même si j’ai deviné la fin avant qu’elle n’arrive mais ce qui m’a vraiment plu c’est l’atmosphère brumeuse du marais limite gothique – sauf que la maison est remplacée ici par le marais, véritable personnage à part entière – et la solitude de l’héroïne dans ce coin perdu du Norfolk, contribuent à faire monter l’angoisse crescendo.

Bien que le suspens n’est pour moi pas mené jusqu’au bout, ce qui ne veut pas dire qu’il ne le sera pas pour vous, j’ai trouvé dans l’ensemble ce thriller mêlant archéologie et enquête policière très réussi.

L’archéologie est aussi très présente dans le roman mais dosée juste ce qu’il faut et j’ai aimé découvrir les pratiques funéraires de l’âge de fer et la manière de vivre de nos si lointains ancêtres.

Une enquête classique mais efficace et un roman à lire si vous aimez les thrillers de ce genre, spécialement en automne / hiver, histoire d’être totalement en symbiose avec l’atmosphère créée par Elly Griffiths.

Un grand merci à Anne et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture très prenante !

Les mille et une vies des urgences – Baptiste Beaulieu & Dominique Mermoux

Baptiste est interne dans un service d’urgence. Celle qu’il surnomme la femme oiseau de feu voit ses jours comptés alors que son fils est coincé en Islande par un volcan au nom imprononçable. Baptiste n’a plus qu’un but, aider sa protégée à tenir jusqu’au retour de son fils. Pendant 7 sept jours, les journées du jeune interne sont rythmées par les moments qu’il passe à son chevet, à lui raconter toutes les vies de l’hôpital : les joies et peines des patients, les farfelus, les plus touchants, mais aussi la vie des internes et des infirmiers, leurs routines, leurs découragements, leurs amours parfois.

Baptiste est interne dans un C.H.U. au service des urgences. Son quotidien : la bobologie mais aussi des tentatives de suicide, des victimes de maltraitance, d’accident de la route…

Pendant 7 jours, Baptiste nous dévoile ses journées de jeune médecin, entre les urgences mais aussi le service des soins palliatifs où il rend visite chaque jour à la femme Oiseau de feu, en phase terminale, et pour qui il raconte des anecdotes arrivées à des patients.

Avec lui, on suit le quotidien des personnels hospitaliers, qu’ils soient médecins, chirurgiens, infirmiers… à travers les consultations et anecdotes authentiques relatées tout au long des 200 pages de ce roman graphique.

Baptiste Beaulieu est médecin généraliste le jour, écrivain la nuit, auteur de romans dont La ballade de l’enfant gris que j’ai ajouté sur ma wish list. Il s’est fait connaître par son blog médical Alors voilà qu’il a ouvert alors qu’il était interne aux urgences.

Emu, bousculé dans sa pratique, parfois scandalisé par ce qu’il voit, il en fait un récit chaque jour, oscillant entre sensibilité et drôlerie, drainant ainsi un large lectorat de plusieurs millions de personnes.

Alors voilà devient un roman en 2013 vendu à plus de 50 000 exemplaires et traduit en 14 langues. Et maintenant un roman graphique sous le titre Les mille et une vies des urgences, adapté Baptiste Beaulieu et mis en images par Dominique Mermoux.

Personnellement, je n’ai jamais lu le blog du docteur Beaulieu et j’ai appris son existence qu’assez récemment mais lorsque Rue de Sèvres m’a proposé ce service presse, je n’ai pas hésité une seconde.

Comme beaucoup d’entre vous j’imagine, j’ai fréquenté à quelques reprises les services d’urgence pour mes garçons, pas pour des choses graves heureusement, mais à chaque fois j’y ai trouvé une oreille attentive et une bienveillance rassurante.

J’admire ces personnels qui malgré la fatigue, le stress, les journées à rallonge et les heures supp, donnent chaque jour le meilleur d’eux mêmes pour soigner des patients, c’est donc avec intérêt que j’ai lu cette bande dessinée qui m’a beaucoup touchée.

C’est même un véritable coup de cœur. J’ai adoré suivre Baptiste et ses jeunes collègues dans leur quotidien. Ils côtoient chaque jour la maladie, la souffrance et la mort, mais ce que nous lisons n’est jamais plombant.

Il y a beaucoup de choses graves et émouvantes au fil des pages et tout au long de ces sept jours mais aussi énormément d’humour et d’autodérision. On s’attache fatalement à Baptiste et aux autres personnages qui peuplent ce récit, notamment la femme oiseau de feu.

La mise en image de ces anecdotes est réalisée avec talent par Dominique Mermoux, j’ai beaucoup aimé ces dessins, sa maîtrise des couleurs.

Je ne peux que vous encourager à lire Les mille et une vie des urgences, vous ne pourrez qu’être touché comme moi je l’ai été par ces histoires très humaines, oscillant entre drame et comédie.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour ce coup de cœur, j’ai adoré !