La dernière licorne – Tobby Rolland

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Turquie, marché d’Igdir. Aman, la fillette kurde dont la famille est gardienne millénaire du mystère de l’Ararat, n’aurait pas dû accepter cette licorne en bois… Elle savait que c’était interdit.

Vatican, enfer de la Bibliothèque apostolique. Zak Ikabi, ethnologue et aven¬turier, a moins de trois minutes pour photographier l’original du sulfureux Livre d’Enoch. Quel secret, dont dépend l’avenir de toutes les religions, relie les mythes de l’arche, du Déluge et des licornes ?

Arménie, Etchmiadzine. Quatorze mercenaires font irruption dans la cathédrale pour s’emparer d’une relique inestimable : un fragment de l’arche. Leur but : ne laisser aucun témoin. C’est le déclenchement d’une vague de meurtres aux quatre coins du monde.

Melbourne, Parlement mondial des religions. Un rapport secret est alarmant : les glaces du mont Ararat fondent inexorablement. L’anomalie d’Ararat, cette forme détectée au cœur du glacier, est-elle  » la  » preuve que l’arche de Noé s’y est échouée comme le racontent la Torah, la Bible et le Coran ?

Université de Toulouse Le Mirail, laboratoire du DIRS. La glaciologue Cécile Serval se trouve nez à nez avec Zak, venu lui dérober son rapport secret. C’est le début d’une course qui nous emporte de l’Arménie au Vatican, du Nakhitchevan à Hong Kong… Pour s’achever sur les flancs de l’Ararat…

La dernière licorne, premier roman d’un diplomate, Tobby Rolland, nous est présenté comme un thriller ambitieux au rythme effréné. Une intrigue historique diaboliquement séduisante qui embarque le lecteur dans une course folle, de Bordeaux à Erevan en passant par le Vatican et Hong Kong, à la poursuite d’un secret qui n’est rien de moins que celui de l’humanité tout entière.

Et une fois n’est pas coutume, la promesse est tenue même si j’ai de gros bémols sur la fin du récit et sur certains passages un peu tirés par les cheveux, je dois avouer que l’ensemble du récit est vraiment passionnant à lire même pour moi qui ne suis pas une lectrice assidue de thrillers ésotériques car ils ont souvent tendance à me faire lever les yeux au ciel.

Là je dois dire que je ne me suis pas ennuyée une seconde et que je me suis prise au jeu de cette course poursuite à travers le monde à rythme effréné en effet. Il faut dire que je ne connais rien ou presque au mythe de l’arche de Noé et à l’anomalie d’Ararat, que j’ignorais totalement qu’ils faisaient l’objet de tels enjeux, spéculations et recherches, j’ai donc appris beaucoup de choses car l’auteur nous le dit en préambule, tout dans son roman est vrai exceptée l’hypothèse finale qui est de son cru !

Il nous donne à voir des lieux réels et à lire des témoignages de chercheurs d’arche, met l’accent sur l’énigme posée par l’Anomalie d’Ararat et revient sur une autre énigme : les licornes ont-elle existé et ont-elles disparu, fautes d’être montées dans l’Arche de Noé ?

L’intrigue est bien ficelée et nous tient en haleine, là dessus rien à redire, l’auteur connaît clairement son sujet et nous livre une histoire qui tient la route jusqu’à une cinquantaine de pages avant la fin.

Là ensuite pour moi je n’accroche plus, le dénouement est trop abracadabrantesque, je suis certainement trop cartésienne pour y croire mais ce petit bémol n’enlève rien à la qualité du reste du récit, franchement passionnant à lire.

Tobby Rolland nous fait voyager tout au long de son récit fleuve tout autour du globe : Melbourne, le Vatican, Bordeaux, Toulouse, Paris, Hong Kong, l’Arménie et j’en passe car la liste s’allonge de quelques lieux encore à un rythme étourdissant, impossible de s’ennuyer à la lecture de cette belle brique de près de 600 pages.

Le style est dynamique, les chapitres courts, des rebondissements en pagailles, des morts à foison : La dernière licorne se présente comme le thriller de l’été et c’est un vrai page turner on ne peut plus efficace que vous aurez du mal à lâcher jusqu’à la dernière page !

En bref, si vous êtes addict aux thrillers ésotériques, La dernière licorne devrait vous plaire assurément.

Un grand merci à Anne et aux Presses de la Cité pour cette lecture palpitante !!

Agatha Raisin enquête tome 4 : Randonnée mortelle – M.C. Beaton

Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds -et le non moins cher James Lacey. Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l’impression d’enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely. Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d’affaires criminelles. Comme le meurtre d’une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs. Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition.

De retour à Carsely après six mois passés à Londres dans son ancienne agence de relations publiques, Agatha est ravie de retrouver son cottage, ses chats et son voisin James Lacey.

Elle découvre que pendant son absence, Lacey s’est occupé de son jardin et qu’il est à la tête des marcheurs de Carsely qu’elle décide aussitôt d’intégrer. La police n’a eu aucun meurtre à se mettre sous la dent mais aussitôt Agatha revenue qu’un meurtre est commis !

Dans un autre groupe de randonneurs, écolos ceux-là, Jessica, leur meneuse est retrouvée assassinée sur un chemin de randonneur et les potentiels coupables ne manquent pas tant la vicitme avait le chic pour se mettre ses contemporains au dos.

Le duo Lacey / Raisin reprend donc du service pour le plus grand plaisir d’Agatha qui va endosser le rôle d’épouse de son beau voisin pour les besoins de l’enquête…

Après La quiche fatale, Remède de cheval et Pas de pot pour la jardinière, il me tardait de retrouver les Cotswolds et Agatha Raisin, c’est enfin chose faite et ce que je peux d’ores et déjà vous dire c’est que je me suis de nouveau bien divertie avec Randonnée mortelle que j’ai dévoré en à peine plus d’une journée !

Dans ce quatrième opus, toujours aussi savoureux, on retrouve notre Agatha faisant à nouveau équipe avec son beau voisin pour lequel elle a toujours le béguin. Et ô comble de la félicité pour elle, ils se font passer pour un couple marié afin de mieux infiltrer le groupe des randonneurs.

Outre l’aspect humoristique et truculent qui me plait beaucoup, j’aime aussi l’ambiance de campagne anglaise qui se dégage de cette série, on se sent bien dans ce petit village de Carsely et les enquêtes d’Agatha donnent vraiment envie d’aller découvrir les Cotswolds.

L’enquête est un peu moins secondaire que dans les précédents volumes, l’histoire est toujours aussi cocasse, notre Agatha toujours aussi rentre-dedans même si elle s’adoucit de plus en plus et j’ai trouvé ce tome d’une manière générale très réussi.

M.C. Beaton s’attarde davantage sur la psychologie et la personnalité de son tandem que sur l’intrigue policière à proprement parler même si je l’ai trouvé mieux ficelée que d’habitude même si elle se dénoue d’une façon très précipitée, comme d’habitude…

L’importance est ailleurs, ce que j’apprécie ici c’est l’atmosphère de cette série et voir évoluer le tandem James / Agatha, dont l’histoire évolue sacrément dans cet opus, j’ai hâte de voir ce que la romancière nous réserve pour la suite, ça tombe bien les tomes 5 et 6 sont déjà dans ma PAL !

Une lecture distrayante et une héroïne qui me plaît décidément beaucoup et que je compte bien retrouver très vite à l’occasion du tome 5.

Merci à Ophélie et aux éditions Albin Michel pour cette lecture so british !

Le témoignage du pendu – Ann Granger

Lu dans le cadre du mois anglais :

Un homme destiné à la corde dirait n’importe quoi pour sauver sa vie. Mais que faire si son témoignage était vrai ? Lorsque l’inspecteur Ben Ross est appelé à la prison de Newgate par un homme condamné à mort, il ne s’attend pas à accorder le moindre crédit à son témoignage. Mais le récit d’un assassinat dont il a été témoin il y a plus de dix-sept années est si convaincant que Ben ne peut s’empêcher de se demander si ce qu’il a entendu est vrai. S’il est trop tard pour sauver la vie de l’homme, peut-il encore enquêter sur un crime passé inaperçu pendant toutes ces années ?

A la veille de son exécution, James Mills, qui attend d’être pendu dans l’enceinte de sa prison, Newgate, demande à parler à Benjamin Ross, l’homme qui l’a arrêté pour le meurtre de Francis Appleton.

MIlls veut se confesser à l’inspecteur de Scotland Yard : il a été témoin d’un meurtre seize années auparavant. Alors qu’un soir d’orage, il cherchait à trouver refuge à Putney, un village de l’autre côté de la Tamise, relié à Londres par un pont, il a vu une jeune femme étrangler un vieil homme endormi devant son feu.

Ross en informe aussitôt le directeur de Newgate qui prévient le ministre de la justice. Dunn, le supérieur de Ross, ne veut pas ouvrir d’enquête sur ce qui lui semble être l’affabulation d’un condamné à mort mais accepte que Lizzie Ross aille à Putney afin de tenter d’en savoir plus.

Pendant que son épouse enquête sur ce cold case, Ross est chargé de retrouver Jane Canning et sa fille Charlotte dont le mari et père vient signaler la disparition. L’homme leur dit soupçonner un enlèvement mais Scotland Yard découvre que la jeune femme a fui le domicile conjugal…

J’avais aimé Un intérêt particulier pour les morts et La curiosité est un péché mortel, lus respectivement en 2014 et 2015, commencé et terminé l’année 2016 avec Un assassinat de qualité et Un flair infaillible pour le crime.

J’ai donc profité du mois anglais pour retrouver le duo Lizzie et Ben avec Le témoignage du pendu, leur cinquième enquête et une nouvelle fois, le charme opère avec cette série que j’affectionne tout particulièrement et qui me rappelle beaucoup celle consacrée aux Pitt écrite par Anne Perry, des héros qui me manquent je l’avoue !

Et une fois de plus quel plaisir de lecture que ces enquêtes classiques mais efficaces, tricotées avec talent par Ann Granger. Ce nouvel opus ne fait pas exception à la règle et de la première à la dernière page, j’ai été sous le charme de ces personnages, de l’atmosphère so british qui émane de cette histoire, et des trois histoires qui se croisent.

Comme dans les précédents volumes, c’est tour à tour Ben ou Lizzie qui nous narrent l’avancée des enquêtes et cette multiplicité de points de vue est toujours aussi bien maitrisée par l’auteure qui, grâce à ce subterfuge, rend le récit très vivant et nous permet de suivre Ben et Lizzie dans leurs investigations respectives.

Ann Granger sait également nous proposer un cadre historique de qualité, décrit à merveille les côtés sombres et hypocrites des mœurs de l’époque, ici le sort réservé aux femmes sans famille et fortune, à la merci de leurs familles, et nous livre une intrigue policière certes classique mais efficace comme je le disais plus haut, avec des rebondissements à la clé même si on devine bien avant le point final la solution de l’énigme.

Une bonne pioche donc que ce cinquième volume et une série que je compte poursuivre avec Le brouillard tombe sur Deptford.

La voix secrète – Michaël Mention

Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe, alors que Paris est rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, vers le célèbre poète et assassin Pierre-François Lacenaire. Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et à rédiger ses Mémoires en attendant de passer sous la guillotine. Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire. Allard décide alors de le solliciter dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse.

Hiver 1835, depuis quelques mois le règne de Louis-Philippe, premier roi des français, connaît des soubresauts et vit au rythme des attentats. Le peuple de Paris est affamé et accablé de travail, au bord de la révolte, au point que les policiers n’osent plus s’aventurer dans certains quartiers de jour comme de nuit.

A la Conciergerie, Pierre-François Lacenaire vit ses dernières semaines d’existence et écrit ses mémoires en attendant de perdre la tête sous le couperet de la guillotine.

A la fois poète et assassin, il a tué en laissant un signe distinctif sur ses victimes : des lacérations sur le dos faites par un crochet. Lacenaire jubile à l’idée de mourir sur l’échafaud, c’est la grande affaire de sa vie, lui qui exècre ses semblables : le suicide par la guillotine.

C’est alors que survient une série de meurtres d’enfants. Des corps décapités de garçons et de filles de moins de huit ans sont retrouvés sur les lieux des crimes de Lacenaire, tous portant les mêmes lacérations que ses propres victimes.

Allard, le chef de la Sûreté avec qui il a su nouer des liens de respect et d’amitié supplie Lacenaire de l’aider à mettre la main sur cet imitateur…

Certains romans attendent dans ma PAL plusieurs semaines / mois / années (rayez la mention inutile) et d’autres ont à peine le temps d’y figurer. La voix secrète fait partie de la deuxième catégorie, infiniment rare chez moi : sitôt acheté, sitôt lu !

Le fait que Lacenaire, le dandy assassin du règne de Louis-Philippe, soit le protagoniste principal de ce polar historique n’y est pas pour rien. Ce personnage intriguant, voire fascinant, qui nous a laissé ses mémoires, immortalisé dans le chef d’oeuvre de Marcel Carné, Les enfants du Paradis sous les traits de Pierre Brasseur, puis dans le film éponyme de Francis Girod, avec Daniel Auteuil dans le rôle-titre, est donc comme je le disais plus haut, le héros de ce polar historique signé Michaël Mention.

Un roman court mais passionnant, sans aucun temps mort, mêlant habilement vérité historique et fiction, nous immerge dans le Paris de cette première moitié du 19è, au plus près des plus démunis, dont la colère gronde après l’espoir déçu de l’avènement de Louis-Philippe.

Michaël Mention a fait un travail de documentation sérieux à la fois sur Paris et ses bas-fonds, sur le règne du premier roi des français, sur les secousses politiques qu’il traverse, sur la police d’après Vidocq, sur Lacenaire dont on cerne très bien la personnalité, sur les conditions d’emprisonnement, sur la presse, etc.

L’histoire est prenante, l’auteur sème des fausses pistes et parsème son récit de rebondissements, au point que j’ai eu du mal à lâcher ce roman, à la fois bien ferrée par l’intrigue policière terriblement efficace et surtout par Lacenaire qui nous est dépeint ici de façon très séduisante et auquel on s’attache indubitablement.

La voix secrète est le premier livre de Michaël Mention que je lis et certainement pas le dernier car j’ai beaucoup apprécié son style fluide et mordant, très agréable à lire. Un très bon polar que je vous conseille vivement !

Agatha Raisin enquête tome 3 : Pas de pot pour la jardinière – M.C. Beaton

Lu dans le cadre du mois anglais :

De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d’une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu’amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s’annonce déjà comme son triomphe. Mais une Agatha Raisin ne s’incline pas avant d’avoir combattu (quitte à se livrer à l’une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) ! C’est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs. De toute évidence, Agatha n’était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale…

De retour à Carsely après de longues vacances à l’autre bout du monde, Agatha Raisin retrouve ses chats et son cher cottage. Pendant son absence, elle découvre que le village compte une âme de plus en la personne de Mary Fortune, qui en plus d’être une jardinière hors pair, a réussi à ravir le cœur de James Lacey, son beau voisin dont elle est éprise.

Dévorée par la jalousie, notre ex-citadine est bien décidée à damer le pion à madame perfection qui en plus du jardinage, semble avoir toutes les qualités à en croire les habitants de son petit village qui chantent tous ses louanges.

Le moral en berne, elle  décide tout de même de rejoindre la société horticole de Carsely dont James Lacey et Mary Fortune sont des membres en vue, et se lance à corps perdu dans les plantations exotiques qu’elle cultive dans sa serre flambant neuve même si le coeur n’y est pas.

De guerre lasse, Agatha décide de rendre les armes et de faire une croix sur son voisin qui semble décidément bien insensible à son charme, elle se prend même d’amitié pour la nouvelle venue.

C’est alors que la belle Mary est retrouvée morte dans sa serre, littéralement plantée la tête la première dans un pot de fleurs…

Après La quiche fatale et Remède de cheval, il me tardait de retrouver les Cotswolds et Agatha Raisin, c’est enfin chose faite et ce que je peux d’ores et déjà vous dire c’est que je me suis de nouveau bien divertie avec Pas de pot pour la jardinière !

Dans ce troisième opus, toujours aussi savoureux, on retrouve notre Agatha dévorée par la jalousie. Outre l’aspect humoristique et truculent qui me plait beaucoup, j’aime aussi l’ambiance de campagne anglaise qui se dégage de cette série, on se sent bien dans ce petit village de Carsely et les enquêtes d’Agatha donnent vraiment envie d’aller découvrir les Cotswolds.

L’enquête est une fois de plus bien secondaire, d’autant qu’elle arrive assez tardivement dans le déroulé du roman, M.C. Beaton s’attarde davantage sur la psychologie et la personnalité de son tandem que sur l’intrigue policière à proprement parler qui se dénoue un peu trop rapidement à mon goût.

Comme j’aime beaucoup l’atmosphère de cette série et voir évoluer le tandem James / Agatha, cela ne m’a pas vraiment dérangée mais j’ai tout de même préféré les deux premiers opus à celui-ci dans lequel il ne se passe pas grand chose.

Reste que c’est bien agréable de se mettre dans les pas d’Agatha, de boire du thé, manger des scones, traîner au pub Red Lion et entendre pester notre pétulante quinquagénaire tout au long du roman.

Une lecture distrayante et une héroïne qui me plaît décidément beaucoup et que je compte bien retrouver très vite à l’occasion du tome 4 déjà dans ma PAL.

Merci à Ophélie et aux éditions Albin Michel pour cette lecture so british !

La lettre volée – Jean d’Aillon

1644, alors que la France gronde contre le Mazarin, pourquoi Paul de Gondi, coadjuteur de Paris est-il autant terrifié par le vol d’une lettre qu’il conservait dans sa chambre du Petit Archevêché ?

Un an déjà que Louis XIII et son fidèle premier ministre le cardinal de Richelieu sont passés de vie à trépas lorsque le coadjuteur de Paris, Paul de Gondi, fait appel à son ancien condisciple du collège de Clermont, Louis Fronsac.

Le notaire établi à Mery près de Chantilly est de passage à Paris avec son épouse Julie pour soigner la duchesse de Rambouillet. Ses talents d’enquêteur aussi discret que hors pair auprès du cardinal Mazarin en font l’homme idéal pour mettre la main sur une mystérieuse lettre volée au coadjuteur et lever le voile sur son ravisseur.

Aidé de son ami Gaston de Tilly, commissaire, et de soldats chevronnés tels que Gaufredi et Bauer, il va mener à bien cette enquête épineuse dans le cercle que fréquente le futur cardinal de Retz.

Louis Fronsac est un personnage ayant réellement existé auquel Jean d’Aillon redonne vie dans une série d’une dizaine de polars historiques qui, si je me fis à La lettre volée, une courte nouvelle, doivent être particulièrement passionnants, formidablement bien écrits, sur des bases historiques indéniablement sérieuses.

Cet ancien notaire anobli par Louis XIII, marquis de Vivonne, conduisait donc des enquêtes criminelles au XVIIe siècle, sa vie a d’ailleurs été racontée par Aurore Laforêt dans La vie de Louis Fronsac, en 1709.

Paul de Gondi, cet ecclésiastique qui n’avait pas la foi et qui avait été jeté dans la carrière religieuse par volonté familiale, s’entourait volontiers de libertins et de poètes tels que Gilles Ménage, Vincent Voiture ou Gédéon Tallemant des Réaux, autant de noms qui sont familiers aux amateurs de littérature du début du 17è mais totalement inconnus du grand public, que Jean d’Aillon nous fait côtoyer tour à tour.

C’est pour ma part une période littéraire que j’aime beaucoup et que j’ai étudié à la fac, j’étais donc en terrain de connaissance, et cette nouvelle policière m’a plongé avec délice dans ce Paris de la première moitié du 17è siècle que Jean d’Aillon connaît fort bien et dans il rend à merveille l’atmosphère et les intrigues politiques entre Mazarin et ses adversaires.

Une première incursion, trop brève hélas, dans cet univers qui me donne envie de découvrir les autres enquêtes de Louis Fronsac. Si elles sont du même acabit, c’est-à-dire aussi remarquablement écrites et documentées, elles me promettent de belles heures de lecture.

Et dire qu’il m’aura fallu quatre années avant de sortir ce court opus de ma PAL…

L’inconnu de Port Bélon – Jean-Luc Bannalec

Lu dans le cadre du challenge  1 pavé par mois

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Port Bélon, perle de Bretagne, célèbre dans le monde entier pour ses huîtres… Et théâtre de nouveaux mystères pour le commissaire Dupin appelé à la rescousse après la découverte d’un corps, inerte, ensanglanté. Aussitôt signalé, celui-ci a disparu. Volatilisé ? Dans les monts d’Arrée, on trouve un second cadavre Il s’agirait d’un écossais, modeste pêcheur et saisonnier dans les parcs à huîtres. Sur son bras gauche était gravé le Tribann, symbole d’une association druidique…
De l’Écosse aux monts d’Arrée jusqu’à Port Bélon, y a-t-il un lien entre les deux affaires ? Pour le découvrir, Dupin plonge en eaux troubles au coeur du milieu, très concurrentiel, des ostréiculteurs…

Port Bélon, petite merveille nichée au coeur du Finistère, bien connue pour ses huitres incomparables, est le théâtre d’un meurtre. Un homme a été découvert gisant près d’un parking. Une vieille dame charmante, par ailleurs ancienne gloire du grande écran, fait la macabre découverte et appelle la gendarmerie.

Mais lorsque la maréchaussée débarque, le corps a disparu. Le commissaire Dupin et son équipe du commissariat de Concarneau sont envoyés sur place afin d’enquêter sur la scène de crime, vierge de tout cadavre.

C’est alors qu’un second cadavre fait son apparition, toujours à Port Bélon. Deux meurtres pour un aussi petit village, ça fait beaucoup, d’autant que surgit une histoire de vol de sable sur laquelle enquêtait en douce l’inspecteur Labat, l’insupportable adjoint de Dupin, soupçonné par le préfet de prendre part au trafic.

Heureusement, notre commissaire peut toujours compter sur son efficace assistante Nolwenn et sur le fidèle Le Ber pour démasquer l’assassin d’autant que son médecin lui a interdit toute consommation de café, lui l’accro à la caféine, va-t-il garder son calme ?

La fine équipe découvre alors que les défunts sont écossais et ostréiculteurs et qu’ils ont pris part à un hold-up quarante ans plus tôt…

J’avais découvert le commissaire Dupin dans sa première enquête publiée il y a trois ans déjà Un été à Pont-Aven, et depuis je retrouve avec grand plaisir Dupin à chaque printemps : Étrange printemps aux Glénan, Les marais sanglants de Guérande. Le voici donc de retour dans une quatrième enquête, L’inconnu de Port Bélon.

Cette série policière classique ne brille pas par un suspens de fou, mais l’auteur allemand Jörg Bong qui a pris pour nom de plume Jean Luc Bannalec, se révèle être un formidable conteur de la Bretagne et il a l’art de nous tricoter des intrigues policières qui tiennent la route et rien que pour ça, ils valent la peine d’être lus.

Lire une enquête du commissaire Dupin, c’est avant tout lire la Bretagne, Bannalec n’a pas son pareil pour raconter la Bretagne et ses légendes ainsi que ses spécialités gastronomiques, Dupin était un épicurien et fin gourmet dans l’âme, pour moi c’est à chaque fois un réel bonheur de mettre mes pas dans ceux de ce commissaire breton d’adoption (comme moi).

Comme je le disais plus haut, c’est un polar tranquille, l’important est ailleurs, dans l’atmosphère, dans la galerie de personnages, dans les dialogues toujours savoureux avec une pointe d’humour bien dosée. On ne s’ennuie jamais avec Dupin et au contraire ses intrigues se révèlent plutôt passionnantes.

L’auteur se documente très bien sur chaque coin de Bretagne qui sert de décor à l’enquête et nous fait pénétrer ici dans l’univers des ostréiculteurs et de ce point de vue c’est réussi et diablement intéressant même lorsque l’on ne mange pas d’huitres comme moi.

Quant à l’intrigue policière, elle est de qualité même si elle est comme toujours très classique, ce qui pour moi n’est pas péjoratif, bien au contraire. En bref, si vous aimez les policiers classiques et la Bretagne, précipitez-vous sur les enquêtes du commissaire Georges Dupin !

Merci à Marie-Jeanne et aux Presses de la Cité pour cette carte postale de la Bretagne, tellement agréable.