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Archive for the ‘Romans policiers et thrillers’ Category

Frédéric Lenormand saupoudre depuis toujours ses intrigues historiques d’un humour savoureux. Auteur des Nouvelles Enquêtes du juge Ti, il a notamment reçu le prix Arsène Lupin et le prix Historia du roman policier historique pour sa série Voltaire mène l’enquête.

Paris, avril 1777. La reine Marie-Antoinette reçoit la visite de son frère adoré, l’empereur Joseph II, venu à Versailles pour comprendre pourquoi le couple royal n’a toujours pas de descendance.

Mais les retrouvailles sont de courte durée. Joseph a tôt fait de se mettre sa sœur et son beau-frère à dos et surtout il veut mettre la main sur le code de Broglie, créé pour le cabinet noir du feu roi Louis XV, cabinet dissous par son petit-fils.

Ce code secret permettant d’entrer en contact avec les espions du royaume a été dérobé et le voleur se serait enfui… accoutré d’une robe de mariée ! Une création de Rose Bertin, la modiste de la Reine !

Marie-Antoinette veut mettre la main dessus avant son cher frère et elle confie cette mission de confiance à ses deux agents préférés : Rose Bertin, sa modiste et Léonard Autier, son coiffeur.

Peu importe que Rose et Léonard ne se supportent pas, ils doivent une fois de plus faire contre mauvaise fortune bon cœur pour mettre la main sur le code alors que l’intégralité de la famille Bertin débarque de leur Picardie natale, mettant sans dessus dessous Le grand Mogol…

Vous le savez si vous me suivez régulièrement, j’adore les comédies policières de Frédéric Lenormand, grand spécialiste des enquêtes en carrosses, en perruques poudrées et en robes à panier !

Je ne pouvais donc tout simplement pas résister à l’envie de découvrir La mariée était en Rose Bertin tant j’avais apprécié les deux précédents opus d’Au service de Marie-Antoinette : L’enquête du Barry et Pas de répit pour la reine.

Et ce nouveau volet ne fait pas exception à la règle, j’ai adoré cette enquête truculente, délicieuse et menée tambour battant, un petit bijou d’humour et d’intelligence.

Pour imaginer ses personnages, l’auteur a pioché dans l’entourage même de Marie-Antoinette, et en premier lieu sa modiste et son coiffeur qui ont réellement existé. Pour la reine, ils ont rivalisé d’imagination et sont restés dans l’histoire de la coiffure et de la mode pour des tenues et des perruques extravagantes et coûteuses !

Leur duo est ici explosif car nos enquêteurs se détestent cordialement et vont sans cesse vouloir se mettre des bâtons dans les roues afin de se damer le pion : Rose est une maniaque de l’organisation, Léonard, un noceur. Rose paye ses dettes, Léonard est d’une ladrerie rare. Rose est courageuse, Léonard peureux. Et j’en passe et des meilleurs.

Ils s’insultent copieusement, se raillent, gaussent de leurs bévues respectives mais ils vont devoir s’entendre pour mener à bien leur mission et retrouver le code de Broglie.

Le duo est attachant et on a plaisir à les suivre dans les rues et les tavernes de Passy comme dans le sillage de la reine à Versailles. L’auteur a bien travaillé la psychologie de ses personnages et certains passages sont vraiment drôles.

L’intrigue policière est bien menée, les suspects et les fausses pistes sont légion, les clins d’œil à l’Histoire de France et les traits d’humour font mouche, les titres des chapitres en sont un bon exemple : des souris et une femme, de Broglie code, qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, pour ne citer qu’eux.

La toile historique est aussi très bien respectée, Frédéric Lenormand connaît très bien le règne de Louis XVI et sous sa plume, on suit les coulisses de la diplomatie, les services secrets, la politique de cette époque et la vie à Versailles.

Comme toujours avec Frédéric Lenormand, cette comédie policière est enlevée, drôle et érudite : une vraie réussite ! J’espère qu’un autre tome arrivera vite car j’ai très envie de retrouver Rose et Léonard dans une nouvelle aventure.

Un grand merci à Babelio et aux éditions La Martinière pour cette lecture pleine de fantaisie, j’ai adoré.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Martin Kasasian connaît un immense succès avec la série « The Gower Street Detective », mettant en scène un duo de détectives fin et drôle, dont le premier tome, « Petits meurtres à Mangle Street » (The Mangle Street Murders), est sorti en 2013. Il partage sa vie entre le Suffolk et l’île de Malte.

Sa dernière enquête a mené un homme innocent à la potence… Autant dire que le détective Sydney Grice n’est plus vraiment en odeur de sainteté à Londres. Boudé par ses clients, le « plus grand détective de tout l’empire britannique » dépérit.

March Middelton, son excentrique acolyte du « sexe faible », commence à sérieusement s’inquiéter. Jusqu’à ce qu’un individu, membre de l’effrayant « Club du dernier survivant », fasse appel aux services de Sydney… et ait l’impudence de passer de vie à trépas dans son salon !

Les deux détectives sont bien obligés d’enquêter sur cette mort soudaine et particulièrement suspecte. Quel est donc ce club de gentlemen où le jeu est de réussir à rester en vie tout en éliminant les autres ? Les indices entraînent Grice et March dans les recoins les plus sombres du Londres victorien, jusqu’à la maison maudite de la baronne Foskett…

La malédiction de la maison Foskett est le second tome de la série consacrée à Grice et Middleton, un duo de détectives de choc dans le Londres victorien, un polar so british comme je les aime !

J’avais passé un très bon moment à la lecture de Petits meurtres à Mangle Street et cette nouvelle histoire ne fait pas exception à la règle. J’ai littéralement dévoré cette petite brique de six cents pages en trois jours, emportée par le récit bien retors tricoté par M.R.C Kasasian et me régalant des saillies verbales de Sidney et March, deux héros antagonistes qui font des étincelles.

Ce polar historique a, il faut le dire, tout pour me plaire : l’ambiance so british, l’humour (remarques acerbes et misogynes de Grice et réparties cinglantes de la jeune et peu conventionnelle March), une trame policière bien bâtie et un personnage féminin fort et féministe, comme je les aime, le tout avec pour toile de fond le Londres de la fin du 19è siècle !

L’intrigue policière est comme je le disais bien ficelée, je dirai même machiavélique, avec des rebondissements, des fausses pistes à foison et un dénouement bien amené et surprenant.

Le contexte historique est bien rendu et la confrontation entre ces deux héros singuliers, vraiment réjouissante. Nos héros gagnent ici en épaisseur, on en apprend davantage sur le passé de March, et, cerise sur le gâteau, M.R.C. Kasasian multiplie les références à Sherlock Holmes et à sir Arthur Conan Doyle.

L’auteur s’est très clairement inspiré du héros créé par Conan Doyle pour bâtir ce détective personnel (il y tient !) très imbu de lui-même, mais à sa manière, sans copier/coller.

J’ai dévoré ce très bon roman policier et j’espère que les autres volumes déjà parus en anglais seront traduits car je serai au rendez-vous des prochaines aventures de ce duo atypique !

Belette a bien apprécié aussi, son avis ici !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Journaliste scientifique, producteur de nombreux documentaires, Fabrice Papillon est l’auteur de huit ouvrages de vulgarisation scientifique, avec d’éminents savants dont Axel Kahn. Pour son premier roman, Le Dernier Hyver (Belfond, 2017), il a reçu le prix du Meilleur Polar 2018 des lecteurs de Points.

Ils sont prêts. Ils reviennent d’un lointain passé, d’une époque glorieuse. Ils forment ce que Socrate et Homère nommaient déjà la race d’or. Ils viennent sauver la terre, et les hommes qui peuvent encore l’être. Pour les autres, ils n’auront aucune pitié. L’heure du Grand Retour a sonné… et, pour le commandant Marc Brunier, celle de son ultime enquête. Une chasse à l’homme exceptionnelle à travers le monde et les âges.

36 000 ans avant Jésus-Christ. Une famille résiste au froid au fond d’une grotte de la péninsule Ibérique quand des hommes font irruption et massacrent les parents. Fascinés par la peau claire et les yeux bleutés du fils, les assaillants l’épargnent et l’enlèvent.

14 février 2020, Corse. Vannina Aquaviva, capitaine de gendarmerie à la section de recherche d’Ajaccio, découvre un charnier dans une grotte de Bonifacio. De son côté, la police retrouve un cœur en décomposition au pied d’un olivier millénaire du site préhistorique de Filitosa.

Des scènes de crime similaires apparaissent sur d’autres sites de la préhistoire en Espagne puis en Angleterre.

Les premières analyses de la police scientifique sont stupéfiantes. Quelle est cette créature meurtrière dotée de capacités sidérantes ? Aux confins de l’Europe et jusqu’à la Russie des goulags et de Tchernobyl, une chasse à l’homme exceptionnelle commence à travers le monde et les âges, où l’on croise Homère, Socrate et son disciple Platon, Jésus et l’apôtre Jean, mais aussi Rabelais, Nietzsche ou encore le terrifiant Heinrich Himmler.

Quel secret remontant à nos origines partagent tous ces hommes ? Après des millénaires de silence, une révélation est en passe de bouleverser l’équilibre même de l’espèce humaine…

Après Le dernier hyver que j’avais adoré, Fabrice Papillon revient avec Régression,un thriller scientifique particulièrement efficace qui m’a tenu en haleine du début jusqu’à la fin, jouant sur plusieurs temporalités.

Fabrice Papillon situe son récit principal à notre époque mais il nous emmène de temps à autre dans le passé et ses incursions-là sont particulièrement intéressantes.

C’est ainsi que nous côtoyons Socrate et Platon, Jésus de Nazareth et son fidèle apôtre Jean, Michel-Ange et Rabelais, Jean-Baptiste de Lamarck, Friedrich Nietzsche ou Heinrich Himmler.

Ce thriller mêle l’histoire et la science pour nous proposer une enquête palpitante. Un récit très bien documenté, particulièrement dense et qui demande une certaine attention si l’on est comme moi, assez novice en matière d’hominidé et en préhistoire d’une manière générale.

Et si Le dernier hyver a ma préférence, Régression m’a beaucoup intéressé, m’a appris une foule de choses dont j’ignorais l’existence, et j’adore lorsque mes lectures me permettent non seulement de passer un bon moment mais de m’enrichir avec de nouvelles connaissances.

Fabrice Papillon est journaliste scientifique et on sent bien qu’il maîtrise totalement les sujets qu’il aborde et en premier lieu l’ADN, une thématique déjà bien exploitée dans son précédent roman.

Il arrive à nous transmettre son intérêt pour tous ces sujets sans nous noyer sous un langage abscons et sans que ce roman se transforme en vitrine de ses connaissances, il est abordable de bout en bout même lorsque l’on a mon niveau en sciences, c’est-à-dire proche de zéro.

Ce roman m’a vraiment passionné et pourtant ça n’était pas gagné d’avance car je n’ai pas l’âme scientifique ni le goût pour les sciences en général et pourtant Régression est un thriller prenant mais abordable, qui fait voyager entre les époques, découvrir des personnalités hors du commun, nous interroger sur notre monde, notre impact sur la nature et je me suis vraiment régalé avec cette lecture que je vous conseille vivement.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Professeur de géographie à l’université de Rouen, Michel Bussi est le 2e auteur français le plus lu en 2019 (Palmarès Le Figaro: GFK). Il est l’auteur aux Presses de la Cité de Nymphéas noirs, polar français le plus primé en 2011 (Prix Polar Michel Lebrun, Grand Prix Gustave Flaubert, Prix Polar méditerranéen, Prix des lecteurs du festival Polar de Cognac, Prix Goutte de Sang d’encre de Vienne, 2011…), Un avion sans elle (Prix Maison de la Presse et Prix du Roman populaire, 2012), Ne lâche pas ma main (Prix du roman insulaire, 2013), N’oublier jamais (2014), Gravé dans le sable (2014), Maman a tort (2015), Le temps est assassin (2016), On la trouvait plutôt jolie (2017), T’en souviens-tu, mon Anaïs ? (Pocket, 2018), J’ai dû rêver trop fort (2019) et Tout ce qui est sur terre doit périr (Pocket, 2019), Au soleil redouté (2020).

Au cœur des Marquises, l’archipel le plus isolé du monde, où planent les âmes de Brel et de Gauguin, Clémence, Martine, Farène, Marie-Ambre et Eloïse sont cinq lectrices participant à un atelier d’écriture animé par un célèbre auteur de best-sellers, Pierre-Yves François, communément appelé PYF.

Le rêve de leur vie serait-il, pour chacune d’elles, à portée de main ? Au plus profond de la forêt tropicale, d’étranges statues veillent, l’ombre d’un tatoueur serial killer, rôde.

Et plein soleil dans les eaux bleues du Pacifique, la disparition de PYF transforme le séjour en jeu meurtrier car bientôt les participantes deviennent la proie d’un assassin.

Enfer ou paradis ? Hiva Oa devient le théâtre de tous les soupçons, de toutes les manipulations, où chacun peut mentir… et mourir.

Yann, flic déboussolé, et Maïma, adolescente futée de seize ans, trouveront-ils lequel des hôtes de la pension Au soleil redouté… est venu pour tuer ?

Au soleil redouté est ma huitième incursion dans l’univers de Michel Bussi, après Un avion sans elle, Maman a tort, Le temps est assassin, Sang famille, Ne lâche pas ma main, J’ai dû rêver trop fort et Nymphéas noirs.

Après le Jura, Le Havre, la Corse, Mornesey, l’île de La Réunion, Montréal, Los Angeles, Barcelone, Jakarta et Giverny, direction Les Marquises, une destination paradisiaque, pour cette nouvelle intrigue qui fait la part belle à une petite île de la Polynésie française, Hiva Oa, où sont enterrés Jacques Brel et Paul Gauguin.

Aller en Polynésie est l’un de mes rêves et avec cette lecture, j’ai été plongée dans l’atmosphère de ces îles, découvert leur folklore, appris aussi hélas le massacre dont ils ont été victimes et le rôle du colonisateur français qui a voulu exterminer la culture, les traditions et la langue polynésienne.

Michel Bussi nous propose avec ce titre un huis clos à ciel ouvert, orchestré de main de maître par cet auteur de talent. Un roman policier aussi bien documenté qu’efficace, comme toujours d’ailleurs car jusqu’à présent, ce romancier ne m’a jamais déçue et plutôt bluffée, je dois le dire.

L’intrigue pleine de rebondissements, de secrets et de mystères savamment distillés, est bien rythmée, très bien développée. En effet, impossible de s’ennuyer de la première à la dernière page, emportée par une histoire qui va à vive allure. J’ai vraiment été épatée par la qualité de cette enquête, bluffée par la virtuosité de l’auteur à nous mener par le bout du nez jusqu’au final inattendu.

Michel Bussi donne le ton dès le prologue et comme d’habitude, je me suis fait avoir dans les grandes largeurs : je n’ai rien vu venir ! J’ai pourtant bâti des scénarios au fil de ma lecture, passé au crible les événements, je me suis fait avoir comme une bleue et j’ai adoré ça !

Michel Bussi nous fait voyager tout au long du récit et il nous décrit avec tant de précision et de réalisme Hiva Oa, ses traditions (tiki, manna, perle, tatouage) qu’on pourrait s’y croire, c’est l’une des forces de cet auteur qui utilise à merveille son métier de professeur de géographie pour nous décrire les lieux qui servent de toiles de fond à ses intrigues, c’est l’une des choses qui me plaisent le plus chez lui.

J’ai aussi beaucoup aimé les personnages, notamment Yann, le capitaine de gendarmerie et Maïma, l’adolescente qui lui sert d’adjoint et le jeu de pistes que nous propose l’auteur, un peu à la façon d’une murder party.

Michel Bussi fait aussi de gros clins d’œil à la reine du crime, Agatha Christie, avec un bel hommage à l’un de ses chefs d’œuvre : Dix petits nègres dont il s’empare pour nous proposer un développement et une ambiance que n’aurait pas renié la romancière anglaise.

Une fois encore je n’ai pas été déçue par Michel Bussi et je vous recommande chaudement Au soleil redouté si vous souhaitez le découvrir.

Belette qui m’a accompagné dans cette lecture a adoré aussi, vous pouvez lire son avis ici.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture addictive !

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Agatha Christie est sans nul doute l’une des romancières les plus appréciées de son temps. Auteure de quatre-vingt-quatre ouvrages qui constituent pour la plupart des intrigues policières, d’une vingtaine de pièces de théâtre et de plusieurs recueils de nouvelles, elle est parvenue à faire de ses oeuvres de grands succès du XXe siècle, lues partout dans le monde (plus de 2 milliards d’exemplaires vendus).

Tommy et Tuppence Beresford qui, par goût de l’aventure, fondèrent une agence de détectives privés dans leur jeunesse ont désormais bien vieilli. Retirés des affaires, ils goûtent des jours paisibles jusqu’au jour où ils se rendent à La crête ensoleillée, la maison de retraite pour vieilles dames, où réside la tante de Tommy, Ada Fanshawe.

Alors que Tommy converse avec Ada, Tuppence fait la connaissance d’une pensionnaire, Mrs Lancaster qui lui tient des propos étranges. Trois semaines plus tard, tante Ada rend son dernier soupir et les Beresford sont de retour à la La crête ensoleillée pour débarrasser la chambre de Miss Fanshawe.

Ils découvrent alors une peinture d’une maison au bord d’un canal, léguée à la défunte par Mrs Lancaster. Tuppence souhaite lui rendre son présent et apprend que la vieille dame a quitté brusquement les yeux, emmenée par sa nièce.

Les conditions si mystérieuses de ce départ précipité titille la curiosité de Tuppence qui a reconnu la maison figurant sur la peinture. Malgré les moqueries de son mari, elle décide de retrouver cette Mrs Lancaster….

Si Hercule Poirot reste mon personnage préféré de dame Agatha, j’ai une tendresse toute particulière pour Tommy et Tuppence Beresford que j’ai été ravie de retrouver dans Mon petit doigt m’a dit.

Dans ce roman, Agatha Christie nous propose une enquête comme elle sait si bien les mitonner, à la fois bien construite et rondement menée par ses héros, avec une bonne dose de suspens et de l’humour so british of course.

Si la reine du crime excelle dans ses romans, ce volume ne fait pas exception à la règle même si il est en deçà des chefs d’œuvre qu’Agatha a pu commettre, il est tout de même de très bonne facture avec des vielles dames qui meurent en maison de retraite, du poison versé dans le lait, une maison isolée qui a connu des heures sombres et bien d’autres mystères encore.

Le tout dans un charmant petit village au fin fond de l’Angleterre qui connaît moults tourments et qui abrite de nombreux suspects à la clé !

Cerise sur le gâteau : le roman est parsemé de petites réflexions satiriques sur la vie, les moeurs, les petites mesquineries humaines, l’âge…

Chacun de nos héros tire son épingle du jeu et se révèle diablement complémentaires. Dans ce duo, c’est bien évidemment Tuppence que je préfère, son mari même si il est intelligent, fait pâle figure à ses côtés, elle est si drôle et attachante, fonceuse dans l’âme, qu’importent les conséquences.

Comme toujours avec Agatha Christie, on se creuse les méninges et on passe un très bon moment de lecture en essayant de résoudre le fin mot de l’histoire sans jamais y arriver !

Et vous, appréciez-vous les Beresford ?

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Nicole Boeglin est une « holmésienne » assidue. Fascinée par la logique et la capacité de déduction de Sherlock Holmes, elle signe un roman policier magistral, premier volet particulièrement réussi de nouvelles aventures de l’enquêteur de Baker Street.

En cet hiver 1889, la comtesse Marie Festetics se présente au 221B Baker Street. La dame de compagnie de l’impératrice Elizabeth d’Autriche-Hongrie vient, dans la plus grande discrétion, requérir l’aide de Sherlock Holmes.

En effet, le fils unique de l’impératrice, Rodolphe de Habsbourg-Lorraine, a été retrouvé mort dans le pavillon de chasse de la propriété de Mayerling. L’enquête officielle a conclu au suicide. Un peu vite.

Holmes et Watson embarquent pour l’Autriche et découvrent rapidement des indices pour le moins suspects. Qui est cette jeune femme retrouvée morte aux côtés du prince et que l’on a enterrée en secret ? Et pourquoi un tableau a-t-il été volé au moment du meurtre ? La mort du prince n’est que la partie émergée d’une vaste affaire.

Sherlock va devoir faire appel à toutes ses capacités de déduction pour en démêler les fils. Surtout lorsque Moriarty, son implacable ennemi, vient le narguer dans un face-à-face mortel…

Lorsque j’ai reçu Sherlock Holmes et le complot de Mayerling début janvier, je n’ai pas caché ma joie. Vous le savez, les polars historiques sont mon péché mignon, et le combo Sherlock Homes / Mayerling, me faisait particulièrement salivé.

Tout a merveilleusement bien commencé : le style de Nicole Boeglin est fluide, son travail de documentation, remarquable, et j’ai plongé avec délectation dans cette enquête menée par le plus grand détective de tous les temps, à savoir ce bon vieux Sherlock, comme toujours épaulé par son ami et confident, le docteur Watson.

Je ne suis pas une holmésienne pure et dure, je ne connais pas le canon sur le bout des doits et ce que j’ai lu m’a convaincue, même si ma Belette, a relevé quelques erreurs qui l’ont fait tiqué et comme c’est une grande spécialiste de Holmes, je la crois bien volontiers.

L’enquête nous entraine donc à Vienne et à Mayerling à la demande de l’impératrice qui pense que son fils, bien connu pour sa francophilie et son aversion pour le kaiser Guillaume II, a été assassiné.

Car cette mort a fait couler beaucoup d’encre depuis cent vingt ans ! Que s’est-il passé ce 30 janvier 1889 ? Rodolphe s’est-il réellement suicidé après avoir tué sa maitresse depuis quelques semaines seulement, Marie Vetsera ? Pour quelle raison ? La syphilis dont il était atteint avait-il altéré son jugement ?

Ou sa mort est-elle un assassinat politique commis par les services secrets allemands ou par des révolutionnaires hongrois, un meurtre déguisé en suicide ? Plusieurs théories vont se succéder au fil des ans, sans qu’aucune ne soit totalement avérée, d’autant plus que l’enquête a été bâclée.

Nicole Boeglin revient donc sur ce fait divers qu’elle a l’air de très bien connaître et avec ses héros, on fait donc la connaissance des protagonistes de cette affaire que Sherlock interroge scrupuleusement et au bout d’une centaine de pages, fin de l’histoire à mon grand étonnement.

L’autrice nous propose alors une correspondance entre les descendantes d’irène Adler et d’Elizabeth de Habsbourg-Lorraine qui tombent sur le manuscrit inachevé de Watson et qui décident de mener l’enquête cent ans après.

Et là, Nicole Boeglin, après m’avoir si bien ferrée, m’a perdue. Deux bonnes raisons à cela : je goûte peu les romans épistolaires, leurs échanges ne m’ont pas intéressé plus que cela et surtout, je voulais rester avec Holmes et Watson !!

J’avoue ne pas avoir compris l’intérêt de cette partie contemporaine qui joue à parts égales en nombre de pages avec la partie historique, je ressors un peu déçue de cette lecture dont j’attendais beaucoup et en tout cas, tout autre chose que ce que l’auteure nous propose.

Pour autant, je vous invite à vous faire votre propre avis, c’est un bon roman policier que Belette a mieux apprécié que moi, son avis ici.

Un grand merci aux éditions City pour leur confiance !

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Rhys Bowen, auteure best-seller du New York Times, a été nominée dans tous les plus grands prix de romans policiers et en a gagné de nombreux, dont les Agatha et Anthony Awards. Elle a écrit entre autres la série Son Espionne royale, qui se déroule dans les années 30 à Londres, la série Molly Murphy Mysteries, au début du XXe siècle à New York, et la série Constable Evans Mysteries, dans le pays de Galles. Elle est née en Angleterre et partage aujourd’hui son temps entre la Californie du Nord et l’Arizona.

Château de Rannoch, Ecosse, avril 1932. Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, fille du duc de Glen Garry et Rannoch, trente-quatrième héritière du trône britannique, est complètement fauchée depuis que son demi-frère lui a coupé les vivres.

Depuis que leur père s’est suicidé après avoir perdu sa fortune sur les tables de jeu de Monaco, le duc vit chichement et Georgiania s’ennuie ferme dans ce château glacial. La jeune femme, qui refuse qu’on lui dicte sa vie, s’enfuit à Rannoch House, la demeure familiale de Londres pour échapper à son union programmée avec un prince roumain.

Sa famille accepte à une condition : elle va devoir apprendre à se débrouiller par elle-même pour tenir la maison. Mais le lendemain de son arrivée dans la capitale, la reine Mary la convoque à Buckingham pour la charger d’une mission pour le moins insolite : espionner son fils, le prince de Galles, qui fricote avec une certaine Mrs Simpson, une américaine mariée…

Son espionne royale mène l’enquête est le premier tome de la série Son espionne royale, consacrée à Lady Georgiana de Glen Garry et Rannoch. Vous le savez, j’affectionne tout particulièrement les polars historiques, les années 20/30 et les cosy mistery, autant vous dire qu’une série qui réunit ces trois éléments avait de grandes chances de me plaire, et ce fut le cas !

Roman d’ambiance avant d’être un roman policier à part entière, son auteure, Rhys Bowen, nous plonge avec délice dans la société aristocratique de l’entre-deux-guerres avec réussite car tout au long du récit, j’ai eu davantage l’impression de lire un récit de cet époque écrit par Angela Thirkell ou de Stella Gibbons qu’un roman historique, un très bon point pour moi.

L’autrice prend son temps pour nous familiariser avec son héroïne, une jeune fille intelligente et attachante, sa famille et le cercle dans lequel elle évolue, ce qui ne m’a pas gênée bien au contraire tant toute cette première moitié de roman est passionnante pour celles et ceux qui aiment cette époque.

L’intrigue policière proprement dite est donc longue à démarrer, puisque le meurtre n’intervient qu’à la moitié du roman, vous êtes prévenu(e)s. Pour autant, on ne s’ennuie pas une seconde en compagnie de Georgiania à qui il arrive bien des péripéties et des déconvenues tout au long du récit.

J’ai adoré l’ambiance de ce roman dans laquelle je me suis sentie tellement bien et que j’ai quitté à regret, la plume de Rhys Bowen est fluide et enlevée, la galerie de personnages qu’elle nous propose bien intéressante, c’est bien simple, à part les répétitions sur l’imbécillité de son duc de frère que j’ai trouvé inutiles, on nous le dit une fois on a compris, le reste m’a beaucoup plu !

Et puis, il y a beaucoup d’humour et de dérision, le ton est donné dès la première page puisque lorsque le roman débute, Georgiania est sur ses toilettes ! Ce premier tome est drôle, pétillant, enlevé, avec une bonne dose de suspens so british et je ne peux que vous le recommander.

Autant vous dire que les tomes 2 et 3 de Son espionne royale, déjà dans ma PAL, ne vont pas y rester bien longtemps…

Un grand merci à Filipa et aux éditions Robert Laffont pour cette lecture so british, j’ai adoré !

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