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Archive for the ‘Romans policiers et thrillers’ Category

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Après des études en histoire, Coline Gatel s’essaie très jeune au journalisme avant de se tourner vers la publicité et les métiers du livre, dont l’édition. Elle est lauréate du concours « À la recherche des talents de demain » pour son premier roman, Les Suppliciées du Rhône. 

Lyon, 1898. Six mois se sont écoulés depuis que le professeur Alexandre Lacassagne a demandé à Félicien Perrier,  l’un de ses étudiants, de créer une équipe de scientifiques dédiée à la résolution des affaires criminelles.

Et celle-ci est bientôt dépêchée sur les lieux d’une macabre découverte :  à qui appartiennent ces corps de femmes décomposés trouvés dans les entrailles de la Croix-Rousse ?

Pourquoi ont-ils été déposés là, comme sur un autel sacrificiel ? Est-ce l’œuvre d’un fou ou d’une secte ? Le vieux bateau-morgue reprend  du service.

Au meilleur de sa forme depuis que son ami Freud se livre sur lui à des séances d’hypnose, Félicien va réunir,  une à une, les pièces de cet étrange puzzle.

Pendant ce temps, Irina Bergovski, journaliste au Progrès, mène l’enquête à l’asile d’aliénés du Vinatier où elle a été enfermée.

Après Les suppliciées du Rhône pour lequel j’avais eu un gros coup de coeur, Coline Gatel renoue avec les codes du polar historique et nous propose avec Le labyrinthe des femmes, une nouvelle histoire fascinante sur la condition des femmes à la fin du XIXe siècle.

Vous le savez, j’adore les polars historiques et spécialement lorsqu’ils mêlent intrigue policière et scientifique, ce que fait l’autrice à merveille. Coline Gatel se documente formidablement bien et j’apprends toujours une foule de choses lors de mes lectures de ses romans et j’adore ça !

À la fois polar, roman  historique et chronique sociale qui explore la condition féminine, les prémices de la médecine judiciaire et les mœurs du XIXe siècle, j’ai adoré ce second opus même si j’avoue avoir parfois eu du mal à suivre le fil de l’enquête.

Et pourtant, quelle intrigue passionnante et pleine de suspens ! L’autrice s’attache à montrer la condition féminine de cette époque qui bruisse de revendications féminines, revendications qui font peur à la gent masculine qui craint de perdre son emprise sur le beau sexe et qui font interner leurs femmes ou soeurs qu’elles jugent trop libres ou inutiles.

L’aspect scientifique est passionnant sous la plume de Coline Gatel qui met à la portée de tous la naissance de la criminologie. L’aspect médical est fort bien traité ici et permet de se rendre compte du chemin parcouru en un peu plus d’un siècle, à une époque où l’ADN n’existe pas, pas plus que les empreintes digitales et le profilage, où les scènes de crime étaient allègrement piétinées, où les meurtres ne donnaient pas toujours lieu à des enquêtes.

Lacassagne et son équipe font office de pionniers dans la manière de traiter cette vague d’assassinats. Les thématiques sont intéressantes et vraiment très bien exploitées : que ce soit la santé mentale, l’homosexualité, l’avortement…, c’est évident que Coline Gatel s’appuie sur une très bonne base historique et qu’elle travaille bien son sujet.

J’aime beaucoup l’atmosphère, le vocabulaire d’époque, la ville de Lyon qui sert de décor et les personnages réels ou de papier qui portent le roman : le professeur Lacassagne, père de l’anthropologie criminelle.

Irina, la journaliste qui rêve de devenir la Nellie Bly française et qui se fait interner volontairement pour dénoncer la maltraitance faite aux femmes dans les asiles. Les légistes Bernard Lécuyer et Félicien Perrier, si différents et complémentaires.

Vous l’avez compris, j’ai adoré ce second opus, je serai au rendez-vous du prochain c’est certain et je ne peux que vous encourager à découvrir ces Experts du XIXè siècle !

Un grand merci aux éditions Préludes pour leur confiance et pour cette belle lecture.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Jean-Luc Bannalec est le pseudonyme d’un écrivain allemand qui a trouvé sa seconde patrie dans le Finistère sud. Après Un été à Pont‑Aven (2014), il écrit la suite des aventures du commissaire Dupin dans Étrange printemps aux Glénan (2015), Les Marais sanglants de Guérande (2016) puis L’Inconnu de Port Bélon (2017) et Péril en mer d’Iroise (2018). Tous ses romans ont été publiés aux Presses de la Cité et repris chez Pocket. En 2019 paraît Les Disparus de Trégastel, chez le même éditeur.

Après cinq enquêtes palpitantes, Dupin part avec sa compagne Claire, dans les Côtes-d’Armor, entre Trégastel et Ploumanac’h. Histoire de profiter de la mer, de la beauté des lieux et de quelques jours de vacances… De tout repos ?

Trégastel… Brise légère, bleu lumineux du ciel allié au turquoise de la mer, au rose du sable. Et à ces fantastiques rochers de granit rose parsemant la côte qui ont donné à cette région des Côtes-d’Armor son nom poétique.

Un spectacle d’une beauté à couper le souffle pour un tête à tête en amoureux. Dupin et Claire son en vacances. Deux semaines entières. Le bonheur ?

Pour Dupin, l’enfer ! Rien ne le rend plus nerveux que ce repos obligé, pourtant fermement prescrit par sa compagne, Claire, inquiète de son hyperactivité.

Alors qu’il se promène dans le jardin de l’hôtel l’Ile Rose, Dupin apprend qu’on a volé une statue dans la chapelle Sainte-Anne. Bientôt, le commissaire est informé, de la bouche de l’hôtelier, de la mort suspecte d’une des résidentes de leur hôtel et qui avait disparue suite à une dispute mémorable avec son mari sous les yeux de Dupin et de Claire…

Il y a maintenant deux ans que Les disparus de Trégastel attendait dans ma pal et je suis bien en peine de vous dire pourquoi tant j’adore cette série policière qui a pour cadre la Bretagne, ma région.

Depuis Un été à Pont-Aven, je retrouve avec grand plaisir le commissaire Dupin, sa secrétaire Nolwenn et ses adjoints Le Ber et Labat qui enquêtent dans des lieux emblématiques de la Bretagne. Et à chaque fois, je prends beaucoup de plaisir à suivre les enquêtes de ce policier parisien exilé en Bretagne, accro à la caféine et à l’entrecôte frites.

Ce sixième volume ne fait pas exception à la règle avec une immersion à Trégastel dans les Côtes d’Armor pour le commissaire Dupin, qui, pour une fois, délaisse la Bretagne sud pour le nord.

L’auteur se documente très bien sur chaque coin de Bretagne qui sert de décor à l’enquête et cette fois-ci, il nous emmène sur tous les lieux emblématiques de la Côte de granite rose que sont le Sentier des Douaniers, Perros-Guirec, les Sept îles, la Vallée des Traouïero, l’Aquarium Marin de Trégastel et bien sûr, La Plage de Trégastel.

Cette série policière classique ne brille pas par un suspens de fou qui mettrait vos nerfs en pelote, mais l’éditeur allemand Jörg Bong qui a pris pour nom de plume Jean Luc Bannalec, se révèle être un formidable conteur de la Bretagne et il a l’art de nous tricoter des intrigues policières qui tiennent la route et rien que pour ça, elles valent la peine d’être lus.

Lire une enquête du commissaire Dupin, c’est avant tout lire la Bretagne, Bannalec n’a pas son pareil pour raconter la Bretagne et ses légendes ainsi que ses spécialités gastronomiques. Dupin est un épicurien et un fin gourmet dans l’âme, pour moi c’est à chaque fois un réel bonheur de mettre mes pas dans ceux de ce commissaire breton d’adoption (comme moi) et de respirer l’iode à pleins poumons au fil du récit.

Comme je le disais plus haut, c’est un polar classique, l’important est ailleurs, dans l’atmosphère, dans la galerie de personnages, dans les dialogues toujours savoureux avec une pointe d’humour bien dosée. On ne s’ennuie jamais avec Dupin et au contraire ses intrigues se révèlent plutôt passionnantes.

Au-delà de l’intrigue policière et des légendes bretonnes, Jean-Luc Bannalec met aussi sur la table des thématiques très actuelles comme les difficultés des agriculteurs, les magouilles financières ou politiques, la préservation de la faune et de la flore, l’identité bretonne, etc.

L’intrigue policière est comme toujours de qualité, elle se révèle efficace et prenante de bout en bout et je ne peux que vous conseiller cette série si vous aimez les policiers classiques et la Bretagne, précipitez-vous sur les enquêtes du commissaire Georges Dupin !

Merci à Marie-Jeanne et aux Presses de la Cité pour cette carte postale de la Bretagne tellement agréable, j’ai adoré une fois de plus.

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Frédéric Lenormand saupoudre depuis toujours ses intrigues historiques d’un humour savoureux. Auteur des Nouvelles Enquêtes du juge Ti, il a notamment reçu le prix Arsène Lupin et le prix Historia du roman policier historique pour sa série Voltaire mène l’enquête.

Ciel ! La reine Marie-Antoinette a attrapé la rougeole. Les médecins royaux, dument rémunérés, exigent un confinement obligatoire pour sa Majesté !

L’aubaine pour la reine qui peut fuir son cher mari et la cour pour un charmant séjour à Trianon avec la bénédiction du corps médical.

Pourtant, plus que jamais, elle doit veiller aux intérêts du royaume car un traité entre la France et ses alliés sur la guerre des insurgés américains a disparu et son porteur, assassiné.

Le principal suspect, Mister Bancroft, est aussi un ami de Léonard et pour le coiffeur, pas question que celui-ci finisse sur une potence.

Rose et Léonard décident d’enquêter et surtout de retrouver le fameux document dépend le sort de la guerre d’indépendance américaine. Rien de moins ! Yes, they can !

Vous le savez si vous me suivez régulièrement, j’adore les comédies policières de Frédéric Lenormand, grand spécialiste des enquêtes en carrosses, en perruques poudrées et en robes à panier !

Je ne pouvais donc tout simplement pas résister à l’envie de découvrir La reine se confine tant j’avais apprécié les précédents opus d’Au service de Marie-Antoinette : L’enquête du BarryPas de répit pour la reine, La mariée était en Rose Bertin et La femme au pistolet d’or.

Et ce nouveau volet ne fait pas exception à la règle, j’ai adoré cette enquête truculente, délicieuse et menée tambour battant, un petit bijou d’humour et d’intelligence avec pour toile de fond cette guerre d’indépendance américaine qui a coûté bien cher à la couronne.

Pour imaginer ses personnages, l’auteur a pioché dans l’entourage même de Marie-Antoinette, et en premier lieu sa modiste et son coiffeur qui ont réellement existé. Pour la reine, ils ont rivalisé d’imagination et sont restés dans l’histoire de la coiffure et de la mode pour des tenues et des perruques extravagantes et coûteuses !

Leur duo est ici explosif car nos enquêteurs se détestent cordialement et vont sans cesse vouloir se mettre des bâtons dans les roues afin de se damer le pion : Rose est une maniaque de l’organisation, Léonard, un noceur. Rose paye ses dettes, Léonard est d’une ladrerie rare. Rose est courageuse, Léonard peureux. Et j’en passe et des meilleurs.

Ils s’insultent copieusement, se raillent, gaussent de leurs bévues respectives mais ils vont devoir s’entendre pour mener à bien leur mission et retrouver la femme au pouf orné d’un aigle, seule capable d’innocenter Mr Bancroft.

Le duo est attachant et on a plaisir à les suivre dans les rues de Paris comme dans le sillage de la reine à Versailles. L’auteur a bien travaillé la psychologie de ses personnages et certains passages sont vraiment drôles.

L’intrigue policière est bien menée, les suspects et les fausses pistes sont légion, les clins d’œil à l’Histoire de France, les saillies et les traits d’humour font mouche, les titres des chapitres en sont un bon exemple.

La toile historique est aussi très bien respectée, Frédéric Lenormand connaît très bien le règne de Louis XVI et sous sa plume, on suit les coulisses de la diplomatie, les services secrets, la politique de cette époque et la vie à Versailles.

Comme toujours avec Frédéric Lenormand, cette comédie policière est enlevée, drôle et érudite : une vraie réussite ! J’espère qu’un autre tome arrivera vite car j’ai très envie de retrouver Rose et Léonard dans une nouvelle aventure. Et si vous ne connaissez pas encore cette série, qu’attendez-vous ??

Un grand merci aux éditions La Martinière et à Babelio pour cette lecture.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Xavier Müller est un auteur de fiction et journaliste scientifique. Il est titulaire d’un doctorat en physique et depuis toujours s’adonne au plaisir de l’écriture. Il partage aujourd’hui son temps entre l’activité de journalisme et l’écriture de romans jeunesse et adulte.

Ils croyaient tous le cauchemar derrière eux : après avoir transformé une partie de l’humanité en hommes préhistoriques, le virus Kruger avait fini par s’éteindre.

Sept ans après, le monde tremble à nouveau. Les erectus, que l’on croyait stériles, se reproduisent dans les réserves. Chaque jour, des dizaines d’entre eux sont assassinés, d’autres disparaissent… Qui se cache derrière ces opérations meurtrières ?

Au Kenya, Anna Meunier, une chercheuse française, tente de protéger Yann, son compagnon transformé en préhistorique. Pour elle, les erectus sont nos ancêtres, pas des bêtes sauvages…

La menace, pourtant, est là. Terrifiante. Une organisation secrète est à l’origine d’une nouvelle vague de contaminations. pire : elle se livre à des captures dans les réserves afin de récupérer les facultés extraordinaires des erectus.

Son objectif : fabriquer une nouvelle espèce humaine, aux pouvoirs décuplés, qui contrôlerait la planète.

A la fois thriller scientifique et roman d’anticipation, L’armée de Darwin est la suite directe d’Erectus paru en 2018 et que j’avais beaucoup aimé.

Véritable page turner, ce second tome s’est révélé tout aussi passionnant et très prenant que son prédécesseur, angoissant aussi bien sûr car tout les évènements décrits par l’auteur sonnent terriblement vrais grâce aux connaissances scientifiques de Xavier Müller.

Xavier Müller nous plonge une fois encore en plein cauchemar car toute vie sur terre peut muter : les hommes, les animaux mais aussi les végétaux. Les espèces passées et présentes peuvent-elles cohabiter sans risques ? Les politiques ont-il raison de parquer les Erectus dans des réserves ? De vouloir les stériliser afin qu’ils ne puissent se reproduire ?

Au-delà de ces questions éthiques et morales qui ne manquent pas de nous faire cogiter, nous assistons à une course contre la montre enclanchée par l’orgueil et l’envie de toute puissance d’un homme qui rêve de remettre les compteurs de la planète terre à zéro.

Estimant que l’homme moderne est responsable de désastres écologiques sans précédent, il décide de faire régresser l’espèce humaine grâce à un virus Kruger puissance 10 et dans le même temps, donner naissance à des hommes aux facultés physiques et mentales hors du commun.

Au-delà des hommes, il y a aussi des questions politiques et écologiques qui agitent chaque pays et continent. C’est très bien amené, très réaliste et crédible. Les chapitres sont courts et bien rythmés et franchement dès les premières pages, j’ai été ferrée au point d’avoir du mal à le lâcher.

L’angoisse monte crescendo, on tremble pour nos héros et pour l’espèce humaine bien malmenée par Xavier Müller. Un roman intelligent et qui fait froid dans le dos que je vous recommande !

Ma binôme Belette a beaucoup apprécié sa lecture également, vous pouvez retrouver son avis ici.

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Agatha Christie est sans nul doute l’une des romancières les plus appréciées de son temps. Auteure de quatre-vingt-quatre ouvrages qui constituent pour la plupart des intrigues policières, d’une vingtaine de pièces de théâtre et de plusieurs recueils de nouvelles, elle est parvenue à faire de ses oeuvres de grands succès du XXe siècle, lues partout dans le monde (plus de 2 milliards d’exemplaires vendus).

Styles, 1917. Arthur Hastings, rapatrié en Angleterre, est invité dans la demeure de Styles Court par son ami John Cavendish, qui lui apprend que sa mère s’est remariée avec un homme beaucoup plus jeune, le mystérieux Alfred Inglethorp. À Styles, tout le monde a l’air de le détester. Sauf évidemment Mrs Inglethorp.

Quelques jours plus tard, Emily Inglethorp est empoisonnée et les soupçons pèsent immédiatement sur Alfred Inglethorp, unanimement honni. Hercule Poirot, ancien Inspecteur de Police Belge bien connu de Hastings, qui est aussi au village de Styles Saint-Mary, est invité par Hastings à résoudre cette affaire.

Apparemment, Poirot pense qu’ Alfred Inglethorp n’est pas l’assassin et il essaye de le disculper lors de l’audience préliminaire. Car il y a aussi les beaux-enfants de Mme Inglethorp qui auraient bien besoin de l’héritage, et Cynthia, la protégée de la défunte : tous auraient pu se procurer la strychnine qui a servi à la tuer. Mais Poirot a-t-il une idée derrière la tête?…

La mystérieuse affaire de Styles est le premier roman d’Agatha Christie paru en 1920. Et dès ce premier opus mettant en Scène Poirot, Hastings et Japp, le succès est immédiat !

Il faut dire qu’il contient déjà tous les éléments qui vont faire la renommée de la reine du crime : une enquête bien ficelée, du poison, un détective affuté, jouant de ses petites cellules grises comme personne, son associé totalement à côté de la plaque et un inspecteur de police dépassé.

Autant vous le dire d’emblée, j’ai adoré cette relecture, au point de l’avoir lu d’une traite ! Relecture car j’ai lu, il y a de cela fort longtemps, tous les Agatha Christie alors que j’étais en fac de lettres.

Et comme j’ai une mémoire de poisson rouge, je ne me souviens d’aucun. J’ai donc décidé de les relire dans l’ordre de leur parution et c’est tout naturellement que je démarre avec ce premier titre !

Une fois de plus, j’ai plongé dans ma lecture avec délectation car pour moi un Agatha Christie c’est un pur moment de plaisir livresque : l’atmosphère so british et surannée, un détective brillant, des enquêtes bien construites, des supsects à foison, des mobiles divers, des fausses pistes et un dénouement qui me berne à tous les coups.

Et cette première enquête ne fait pas exception à la règle : Poirot  mystérieux et taquin, le capitaine Hastings, délicieusement naïf et sensible au charme féminin, les suspects, l’intrigue familiale, la douceur d’un autre temps…

L’intrigue a beau avoir été bâtie il y a cent ans déjà, elle n’a pas pris une ride et surtout, quel bonheur, de lire une histoire policière si bien écrite. Certes, il faut être un génie pour découvrir le fin mot de l’histoire avec si peu d’indices à sa disposition et comme je ne suis pas Poirot, j’ai fait chou blanc.

Une totale réussite pour moi avec un coup de coeur et ce n’est pas ma copinaute Belette qui va dire le contraire, elle s’est bien faite avoir elle aussi et elle a aimé ça tout comme moi, vous pouvez retrouver son avis ici !

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Ann Granger est une auteure de romans policiers et historiques très prolifique, avec plus de trente romans parus en Angleterre. Elle a rencontré un franc succès en Angleterre avec sa série Lizzie Martin, qui comporte déjà quatre volumes. Ann Granger a travaillé dans les ambassades britanniques de nombreux pays. Elle a rencontré son mari à Prague, lequel travaille aussi pour l’ambassade britannique, et ils ont été affectés ensemble en Zambie et en Allemagne. Ils vivent désormais dans l’Oxfordshire.

Lucas Burton déteste la campagne : de la boue, du fumier, des charognes, et c’est tout. Il a bien raison. En se rendant pour affaires dans une ferme abandonnée au milieu de nulle part, il tombe sur le cadavre d’une jeune fille.

Ses ennuis ne font que commencer : Penny Gower, qui travaille au centre équestre du coin, a vu sa Mercedes grise quitter les lieux du crime. Les choses commencent à sentir le roussi pour Lucas…

L’inspectrice Jess Campbell est chargée de l’enquête, mais entre l’absence de piste solide et son nouveau commissaire, Ian Carter qui la surveille en permanence, elle est sous pression. C’est alors qu’on découvre un nouveau cadavre…

Ann Granger est une autrice de polars historiques que j’aime beaucoup, la preuve, j’ai lu toute sa série consacrée à Ben et Lizzie Martin qui a pour cadre Londres à l’époque victorienne.

Et comme j’adore les cosy misteries, je ne pouvais qu’être tentée de découvrir Cottage, fantômes et guet-apens, la première incursion de l’autrice dans ce genre.

J’avais lu plusieurs avis assez mitigés voire négatifs sur ce roman et après la lecture de ce roman, j’avoue que je ne comprends pas pourquoi ! Enfin si, pour une raison bien précise : ce n’est pas un cosy mystery !

C’est un chouette petit polar classique à la manière d’Agatha Christie avec une galerie de personnages sympathiques et attachants.

Certes, même si l’ambiance campagne anglaise est bien là, ce n’est en aucun cas un cosy mistery comme Les détectives du Yorkshire, Agatha Raisin, Loveday & Ryder…

Ici, ce ne sont pas des détectives amateurs qui mènent l’enquête mais une inspectrice et c’est elle que nous suivons tout au long du récit.

Et ce premier opus, si il ne brille pas par son suspens ni son originalité, s’est révélé néanmoins très sympathique à lire, notamment grâce à son ambiance campagne anglaise bien agréable et ses personnages secondaires attachants.

Alors si vous recherchez une enquête classique au coeur de la campagne anglaise, ce titre pourrait vous plaire. Pour ma part je compte bien lire la suite dès qu’elle sera disponible !

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Maurice Leblanc est né en 1864 à Rouen. Après des études de droit, il se lance dans le journalisme. En 1907 paraît son premier ouvrage « policier » : Arsène Lupin gentleman cambrioleur. Le personnage devient immédiatement populaire et Leblanc en fait le héros d’une longue série d’aventures. Au total trente récits, parmi lesquels Arsène Lupin contre Herlock Sholmès (1908), L’Aiguille creuse (1909), Le Bouchon de cristal (1912), Les Huit Coups de l’horloge (1921), La Cagliostro se venge (1935)… Maurice Leblanc est mort en 1941 à Perpignan.

Accusé de deux cambriolages, d’une escroquerie et d’un meurtre, Arsène Lupin doit faire face en 1908 au redoutable détective Herlock Sholmès, venu d’outre-Manche avec son acolyte Wilson, faire la lumière sur ces affaires… au risque de causer sa perte !

Quand deux hommes aussi intelligents s’affrontent, leur duel est un grand spectacle. Qui a volé le petit secrétaire d’acajou contenant un billet de loterie gagnant ? Qui a volé la lampe juive, le diamant bleu, joyau de la couronne royale de France ?

Qui joue les passe-murailles en plein Paris ? Arsène Lupin, toujours lui, l’éternel amoureux de la Dame Blonde, plus insolent, plus ingénieux que jamais, déjouant une à une toutes les ruses de l’Anglais par d’autres ruses plus étonnantes encore.

Après mon coup de coeur de janvier, j’avais hâte de retrouver Lupin. Ce fut chose faite avec Arsène Lupin contre Herlock Sholmès, deuxième volume des aventures du célèbre gentleman cambrioleur.

Monocle, haut-de-forme, fleur à la boutonnière et revolver en poche : depuis son apparition en 1905, la silhouette d’Arsène Lupin a effrayé et diverti des générations de lecteurs. Dandy et bagarreur, scélérat et charmeur, ce gentleman a sévi dans plus d’une vingtaine d’œuvres, nées de l’imagination de Maurice Leblanc et vous le verrez régulièrement sur le blog car je compte lire L’aiguille creuse en avril.

Si le premier opus m’a littéralement enchantée, j’ai moins été éblouie par ce second opus composé de deux histoires : La dame blonde et La lampe juive. Si la dame blonde m’a beaucoup plu, la seconde m’a légèrement ennuyée, trop ressemblante à la première à mon goût.

J’ai beaucoup aimé la confrontation entre Lupin et Sholmès. Lupin a toujours un coup d’avance car il oblige Sholmès à œuvrer sur son terrain. Mais le détective anglais est intelligent et habile, il réussit à démêler l’écheveau du gentleman cambrioleur, sans pour autant obtenir une victoire totale, Lupin s’en sort toujours par des tours de passe-passe qu’on ne comprend pas toujours.

Maurice Leblanc, en parodiant le détective de Conan Doyle n’en fait pas une victime de Lupin, l’anglais a même toute l’admiration du gentleman cambrioleur qui n’a de cesse de l’appeler Maître et de lui faire des courbettes.

Pour autant, Lupin reste malgré tout le plus fort et a toujours le dernier mot. Les deux nouvelles se ressemblent un peu et lorsqu’on les enchaîne, on reste un peu sur notre faim : la première est bien développée, la seconde un peu trop vite expédiée.

Ce qui est dommage aussi, c’est qu’Arsène est nettement moins présent, Herlock Sholmès tient la vedette et si j’aime bien cet ersatz de Holmes, c’est Lupin que j’ai envie de suivre au plus près, d’être à ses côtés.

Dommage également qu’il y ait un meurtre et que l’un des vols vise un honnête professeur désargenté alors que Lupin nous avait habitué à ne pas verser de sang et à voler aux plus riches. Enfin, c’est ainsi qu’il était resté dans mon souvenir, on verra si la suite donne raison à ma mémoire ou pas.

Ces petits bémols ne m’empêcheront pas de lire avec grand plaisir la suite des aventures d’Arsène Lupin !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Après avoir travaillé comme infirmière et secrétaire, Lesley Kara devient professeure puis directrice dans l’enseignement supérieur. Elle vit dans l’Essex, sur la côte nord. La Rumeur, son premier roman, s’est déjà vendu à 300 000 exemplaires au Royaume-Uni.


Après une quinzaine d’années passées à Londres, Joanna est de retour dans sa ville natale. Son fils Alfie était harcelé dans son ancienne école et la jeune mère n’a qu’une idée en tête : qu’il s’intègre au mieux.

Afin de devenir amies avec les autres mamans, Joanna tente de s’intégrer dans les conversions et ne pense pas à mal en répétant, lors de son club de lecture, la rumeur entendue devant les grilles de l’école : Sally McGowan, accusée dans les années 1960 d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans, serait revenue habiter dans la ville de Flinstead sous une autre identité.

Mais ces quelques mots enflamment la tranquille station balnéaire et ravivent le traumatisme laissé par ce meurtre épouvantable. Pour enrayer cette machine infernale, Joanna ne voit qu’une solution : enquêter pour découvrir la vérité. Mais le danger est déjà si proche…

Avec La rumeur, Lesley Kara s’empare du phénomène de la rumeur : un simple sujet de conversation pour l’héroïne de ce thriller psychologique qui souhaite simplement s’intégrer aux autres mamans et devenir l’une des leurs, va faire vaciller la vie de Joanna et de son petit garçon qui vont devenir la cible de l’ancienne enfant tueuse qui a scandalisé l’Angleterre toute entière dans les années 60.

Et je dois dire que Lesley Kara a réussi son pari en dépit d’un début poussif, j’ai été tenue en haleine jusqu’à la dernière page par ce roman glaçant où règnent paranoïa, suspicion et accusations. C’est bien simple avec ma copinette Belette dont vous pouvez lire l’avis ici, nous avons suspecté à peu près tout le monde.

Elle est malgré tout bien meilleure enquêtrice que moi, car elle a deviné l’identité de Sally alors que moi, pas du tout, j’en suis restée comme deux ronds de flan !

Bien que le rythme soit lent, j’ai apprécié l’atmosphère de cette petite ville balnéaire, lointaine banlieue de Londres, sur fond de morosité économique liée au brexit. Peu à peu, l’angoisse monte, le drame s’installe, la suspicion règne en maître : Joanna ne sait plus qui croire et en qui elle peut avoir confiance.

Réalité ou paranoïa ? Le récit devient peu à peu suffoquant, par petites touches, un échange de regards, un mensonge, ou encore une conversation anodine cache-t-elle un lourd secret ou une inquiétante vérité ?

Le charme immuable de ces petites villes balnéaires et leurs cottages, l’accueil chaleureux des nouveaux arrivants, l’esprit communautaire, l’entraide… tout ici va être mis à mal. Une innocente est vite prise à partie, les réseaux sociaux jettent de l’huile sur le feu avec en point d’orgue une question : la réinsertion d’un tel monstre est-elle possible ? Le mérite-t-elle alors qu’un petit garçon a perdu la vie ?

Il est très facile de s’identifier à Joanna, une maman solo lambda qui tente de trouver des solutions à ses problèmes, et affronte les conséquences tragiques de sa maladresse, qui vont bien vite lui échapper et faire dérailler son quotidien.

Une histoire intéressante et bien menée, avec une angoisse qui monte crescendo et une dernière phrase qui nous laisse K.O debout. Un thriller psychologique vraiment bien fichu que je conseille aux amateurs du genre.

Un grand merci aux éditions Les escales pour cette lecture terriblement addictive !

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Anne Mahé est professeure d’histoire-géographie, diplômée en histoire de l’université du Texas à Dallas. Aux Éditions L’Harmattan, elle a publié trois romans historiques : Le serment de Thermidor (2017), dont Le mystère de l’auberge des Cygnes est la suite, Beurre salé (2018) et L’étoile boréale (2019).

À Paris, le 3 vendémiaire an IV (25 septembre 1795), quatre hommes ont été empoisonnés à l’auberge des cygnes. Accompagné de son fidèle Bertin, le commissaire Nérac est chargé de l’enquête. Tout désigne le citoyen Pasquier, ce qui semble un peu trop facile pour Nérac.

Cependant, il voit avec angoisse ressurgir le passé de la petite orpheline, Jeanne, que son épouse et lui ont adoptée. Son véritable père, qui n’est point mort mais devenu l’adjoint de Bonaparte, la réclame…

Après les tragédies de la Terreur, de nouveaux riches apparaissent, organisant fêtes, bals et réjouissances. Des banquiers, des fournisseurs aux armées, des hommes politiques y croisent les Merveilleuses tandis que les difficultés économiques plongent une grande partie du peuple dans la pauvreté…

Vous connaissez mon penchant pour les polars historiques, Le mystère de l’auberge des cygnes avait donc tout pour me plaire sur le papier, d’autant que l’intrigue prend vie au coeur du Directoire, une époque que je connais mal mais qui me fascine à travers ses silhouettes que sont les Incroyables et les Merveilleuses.

C’est au cours de cette période tourmentée et foisonnante qu’Anne Mahé met en scène le commissaire Jean Nérac de la section de l’Homme-armé dans cette seconde enquête.

Dommage pour moi qui n’ai pas lu le premier opus car toute l’intrigue familiale repose sur des faits antérieurs dont on ne sait rien, du coup j’ai été un peu perdue et à la peine de savoir qui était qui et je ne me suis attachée à aucun des personnages !

Côté intrigue policière à proprement parler, elle est plutôt intéressante mais mince, peu d’indices, impossible de réellement mener l’enquête aux côtés de nos héros, ce que j’adore faire, et un coupable qui tombe comme un cheveu sur la soupe dans les toutes dernières pages.

La toile historique de fond, en revanche, est de grande qualité, Anne Mahé est historienne et cela se sent. Elle nous fait croiser les reines des Merveilleuses que sont Thérésa Tallien et Joséphine de Beauharnais, nous plonge au coeur de complots monarchistes et babouvistes, nous parle du problème des assignats et de la misère qui règne à la fin de la Révolution.

Cependant, le récit est tellement court, que tout s’enchaîne trop vite. L’Histoire prend trop le pas sur la petite et c’est un peu dommage.

En bref, un bon roman historique mais un polar raté de mon point de vue !

Un grand merci à Babelio et aux éditions de L’Harmattan pour leur confiance.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois 

Née en Angleterre, Julia Chapman a exercé comme professeur d’anglais au Japon, en Australie, aux États-Unis et en France. Elle a même dirigé une auberge dans les Pyrénées avec son mari pendant six ans. Aujourd’hui, elle habite dans les vallons du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre, dont les paysages si typiques lui ont inspiré sa série de romans, Les Détectives du Yorkshire.

Il y a comme un vent de printemps qui souffle sur la petite ville du Yorkshire, Bruncliffe. Mais la belle saison est loin de profiter à tout le monde !

Mêlé à une affaire de meurtre, Samson O’Brien, en délicatesse avec le MET, doit répondre aux questions pressantes de la police qui l’accuse de meurtre et de trafic de drogue.

Et quand son passé est révélé au grand jour, c’est la ville entière qui se ligue contre lui, d’autant que son filleul Nathan Metcalfe, neveu de Delilah et fils de son meilleur ami défunt, est accusé de trafic de Kétamine.

Tel parrain, tel filleul ? Nathan, qui clame pourtant son innocence, décide de fuguer. Dans toute cette agitation, il n’y a que Herriot, le vétérinaire du coin, pour s’inquiéter d’une série de morts inhabituelles au sein de sa clientèle canine : plusieurs chiens ont été empoisonnés.

Il sollicite alors les services de Samson et Delilah, qui vont devoir braver les foudres des habitants pour résoudre ce mystère, retrouver Nathan et l’innocenter des accusations de la police…

Rendez-vous avec le poison est le quatrième tome des Détectives du Yorshire, après Rendez-vous avec le crime et Rendez-vous avec le mal et Rendez-vous avec le mystère, une série de cosy mysteries que j’aime beaucoup.

Et pourtant, faute à une pal titanesque, cela faisait près de deux ans que je n’étais pas retournée à Bruncliffe et quel plaisir de retrouver le Yorkshire, Samson, Delilah, Nathan, Lucy, Joseph, Arty et tous les autres.

Pourquoi ai-je attendu autant avant de retrouver cette série de cosy mystery que j’adore ? Je ne saurai le dire mais quel régal dès les premières pages, au point que j’ai lu les 3/4 de ce roman en une journée, preuve que j’étais en manque !

Comme vous le savez, j’adore ces polars qui ont pour cadre la campagne anglaise et cette jolie couverture signée Emily Sutton donne le ton et surtout très envie de découvrir cette histoire signée Julia Chapman !

Et une fois de plus, je suis loin d’être déçue : les intrigues sont de qualité, l’évolution des personnages est chouette et les personnages sont toujours aussi attachants.

On suit parallèlement plusieurs intrigues : l’empoisonneur de chiens dont je n’ai jamais découvert l’identité car les suspects sont nombreux, le mobile pas si évident que cela à trouver et les indices peu nombreux, bien joué Mrs Chapman ! Mais aussi les filouteries de Rick Procter, un personnage que je déteste et qui fait tout pour saborder la vie de Samson.

J’aime beaucoup l’ambiance de ce petit village de fermiers où tout le monde se connaît et où aucun secret n’est bien gardé, Julia Chapman nous immerge sans problème au cœur du Yorkshire, avec sa campagne verdoyante, ses fermes et ses pubs et j’apprécie d’y retrouver les différents personnages présents au fil des intrigues.

Le style de Julia Chapman est agréable et fluide et si vous aimez les cosy crimes, cette série est faite pour vous car elle comporte tous les ingrédients qui font le sel de ce genre : à savoir un cadre cosy, une bonne enquête, de l’humour et des personnages sympathiques, sans oublier un duo d’enquêteurs original et attachant.

Ma copinaute Belette est sur la même longueur d’ondes, retrouvez son avis ici !

Un grand merci à la collection La bête noire des éditions Robert Laffont pour cette lecture doudou.

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