Hortense – Jacques Expert

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille, Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Son ex-compagnon est un homme violent, auquel elle refuse le droit de visite. Un jour, il fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.
2015 : Sophie mène une vie morne, solitaire. Un dimanche pluvieux, elle se fait bousculer par une jeune femme dans la rue. Persuadée qu’il s’agit d’Hortense, elle la suit. Sans rien lui dévoiler, elle sympathise avec elle. La relation qui se noue alors est pleine de mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et cette jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

2015, Sophie Delalande, fonctionnaire au ministère de l’éducation, mène une vie solitaire depuis 22 ans. Depuis ce jour de 1993 où sa fille unique de presque 3 ans, Hortense, a été enlevée par son père sans qu’elle ne puisse rien y faire.

Depuis, malgré les moyens engagés par la police et la justice, et par Sophie elle-même pour retrouver la fillette, nulle trace de l’enfant et de son père, qui se sont, volatilisés.

Au fil des années, Sophie s’est aigrie, s’est coupée de sa famille qu’elle ne voit plus, de ses collègues du ministère qui pourtant s’étaient investis derrière elle à travers un comité de soutien.

Seule trouve grâce à ses yeux Isabelle, qui habite dans le Sud-Ouest et qui prend soin de son mari atteint d’Alzheimer précoce. Un jour en rentrant chez elle rue des Martyrs à Paris, près de Montmartre, elle se fait bousculer par une jolie jeune femme blonde dans laquelle elle reconnaît instantanément sa fille disparue.

Sous le choc, elle décide de la suivre et découvre que l’inconnue travaille comme serveuse à l’hôtel restaurant My Love à deux pas de chez elle. Folle de joie, elle décide d’y aller dîner le soir même afin d’observer la serveuse. Mais la jeune femme qui se fait appeler Emmanuelle, comme la mère de son ex, est-elle réellement Hortense ?

Jacques Expert fait partie de ces auteurs de thrillers régulièrement encensés, ce qui m’avait poussé à lire Adieu en 2013, un roman qui ne m’avait pas convaincue, j’en étais donc restée là.

Et puis, lorsque Hortense est sorti, de nouveau les critiques ont été dithyrambiques, j’ai tout de même attendu un an avant de l’acquérir, profitant d’une occasion et comme Belette l’avait aussi dans sa PAL, ça m’a permis de le sortir assez vite de ma pile à lire et je dois dire que ce roman s’est révélé particulièrement bon!

Comme toujours, Jacques Expert s’est inspiré d’un fait divers pour bâtir son intrigue et contrairement à ma précédente lecture, cette fois-ci j’ai adoré même si je n’adhère par à la fin qu’il a choisie.

Dans ce roman on suit une mère désespérée, à qui on a cruellement arraché sa fille avec laquelle elle vivait une relation particulièrement fusionnelle, depuis que Sylvain, le père de la fillette avait levé les voiles dès l’annonce de sa paternité. Sophie vivait en totale adoration de sa fille et lorsque Sylvain avait reparu cinq mois avant l’enlèvement d’Hortense, elle avait refusé tout rapprochement, estimant que la fille était sa fille à elle et à personne d’autre.

Impossible d’être insensible à cette détresse même si Sophie n’est pas un personnage attachant car elle est une femme très sèche, vieillie prématurément, tombée dans une immense tristesse qu’on peut comprendre vues les circonstances. Cette femme s’abîme dans sa douleur, s’y complaît et préfère rester seule afin de garder pour elle les derniers souvenirs de sa fille. Même moi, en tant que lectrice, je me suis sentie mise à l’écart.

Cette lecture fut totalement addictive et haletante, c’est ce que je demande principalement à un thriller : jouer avec mes nerfs et me mener par le bout du nez, de ce point de vue l’auteur a pour moi tout bon. Cerise sur le gâteau, le suspens est maintenu jusqu’au dernier paragraphe, ce qui fait d’Hortense un excellent thriller.

Difficile en effet de poser le roman une fois qu’on l’a attaqué, on a qu’une envie, le lire jusqu’au point final : les chapitres sont courts imprimant un bon rythme à la lecture et la tension est a son maximum.

Tout au long du récit, l’auteur m’a totalement baladé et balayé mes certitudes ! Parfois, j’étais persuadée qu’Emmanuelle était bel et bien Hortense et à d’autres moments, j’étais sûre de l’inverse, pensant que Sophie délirait et qu’elle faisait un transfert bien normal après le drame qu’elle avait vécu.

Maintenant parlons un peu de ce qui pour moi n’est pas à la hauteur du roman : sa fin ! A mes yeux, elle n’est pas crédible du tout et surtout elle laisse bien trop de questions en suspens, questions que je ne peux pas aborder ici sous peine de vous spoiler totalement le dénouement du récit, ce qui serait vraiment dommage mais je comprends les lecteurs et lectrices déçu(e)s par cette fin car elle m’a déçue aussi.

Je ne pensais pas du tout que ce roman prendrait cette tournure (je ne peux pas vous en dire plus bien sûr !) et cela m’a déplu. J’ai presque trouvé ça trop simple et surtout tiré par les cheveux. L’intrigue est bonne et je pense que la fin aurait pu être tout autre.

Ceci mis à part, je ne peux que vous conseiller Hortense que j’ai adoré lire et une fois n’est pas coutume, Belette est du même avis que moi, je vous encourage à aller lire sa chronique ici.

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Agatha Raisin enquête tome 7 : À la claire fontaine – M.C. Beaton

Ancombe, paisible petit village, possède une source d’eau douce réputée pour ses bienfaits. Mais l’arrivée d’une société qui veut l’exploiter échauffe les esprits et divise les habitants : s’enrichir ou renoncer à la paix ? Lorsque Robert Struthers, le président du conseil municipal, est retrouvé assassiné, l’affaire prend une sale tournure. Pour y voir plus clair, Agatha Raisin décide d’aller à la source et se fait embaucher par la société…

De retrour à Carsely, après ses vacances calamiteuses, Agatha Raisin broie du noir, pire, elle déprime. James Lacey a lui aussi regagné sa maison mais il reste d’une grande froideur avec elle, ne lui pardonnant pas ses mensonges passés.

C’est alors que le petit village d’Ancombe, va connaître une mort violente, celle de Robert Struthers, le président du conseil municipal, retrouvé gisant au pied d’une source d’eau douce très réputée. Et qui fait la macabre découverte ? Agatha, venue remplir une gourde pour son thé.

De la très mauvaise publicité pour la société de Peter et Guy Freemont, chargée de l’embouteiller et la commercialiser. Ils décident donc d’engager une spécialiste des relations publiques en la personne d’Agatha qui va se jeter corps et âme dans cette mission, afin d’oublier James Lacey…

Après avoir beaucoup aimé La quiche fatale, Remède de cheval, Pas de pot pour la jardinière, Randonnée mortelle et Pour le meilleur et pour pire, il me tardait de retrouver les Cotswolds et Agatha Raisin, bien qu’après ma déconvenue du tome précédent, Vacances tous risques, vraiment très en deçà de mes espérances, j’avais peur d’être déçue à nouveau.

Heureusement pour moi, cette chère Agatha Raisin, qui ouvre le bal de mes lectures 2018, revient plus en forme que jamais dans ce tome 7, À la claire fontaine. Elle continuer à fumer et à boire autant mais cette fois-ci, elle traverse une vraie crise existentielle : elle vieillit, se sent seule et malheureuse depuis que son histoire avec James a pris fin au pied de l’autel. D’autant que la vie à Carsely se révèle bien monotone.

Si Carsely est calme, c’est en revanche l’effervescence à Ancombe où se déroule la majeure partie du roman et où ont lieu les meurtres. Agatha, bien qu’occupée par sa mission auprès de la presse, ne pourra pas s’empêcher de se mêler à l’enquête de police et elle va faire l’unanimité contre elle au cours de ses interrogatoires, qu’elle va mener seule, ne voulant plus côtoyer James, qui lui bat froid.

M.C. Beaton nous mitonne une fois de plus un roman distrayant, qui se dévore et un jeu du chat et de la souris entre ses deux héros Agatha et James. Son héroïne joue ici les cougars bien malgré elle alors qu’elle n’aspire à qu’une chose : une véritable histoire d’amour avec James.

Au-delà de l’enquête proprement dite et du suspens mené jusqu’au bout, bien que l’auteure s’éloigne un peu trop de la trame policière proprement dite à de longs moments et que la résolution arrive comme un cheveu sur la soupe, et du personnage haut en couleur et très en verve qu’est Agatha, j’aime retrouver l’ambiance de ce petit village anglais des Cotswolds et les personnages secondaires comme Roy, l’ambitieux, Bill Wong, le policier à la vie amoureuse compliquée, et Mrs Bloxby, femme au grand cœur, que l’auteure devrait davantage mettre en avant.

Au fil des tomes, j’aime de plus en plus ce personnage féminin qui n’a rien d’aseptisé ou de politiquement correct et je suis ravie à l’idée de la retrouver dans le tome 8, Coiffeur pour dames, qui m’attend dans ma PAL.

Merci aux éditions Albin Michel pour ce très bon moment de lecture !

L’inconnue de Queen’s Gate – Anne Beddingfeld

Lu dans le cadre du Challenge Cold Winter

A l’entresol du grand hôtel particulier londonien de la famille Hewes, Beth Huntly règne sur les fourneaux et trois servantes, d’une main aussi ferme que talentueuse. Un soir d’hiver apparemment comme les autres, alors qu’elle se rend au jardin pour, comme à son habitude, fumer discrètement un cigare, elle fait une macabre découverte : le corps d’une femme, inconnue, gît dans le labyrinthe, un poignard planté dans le cou. Très vite, les soupçons se portent sur le valet indien au service de Lord Hewes. Après tout, n’est-ce pas lui qui a offert l’arme du crime, un kriss malais, au maître de maison ? Mais Beth ne croit pas à la culpabilité de Rajiv – qu’elle connaît particulièrement bien puisqu’elle partage régulièrement avec lui l’exiguïté de sa petite chambre de domestique… La jeune femme au caractère volontaire est bien déterminée à découvrir qui a commis ce meurtre.

Londres, décembre 1899. Beth Huntly, une simple fille de cuisine, vient d’être promue cuisinière de la famille Hewes. La jeune femme ne sait ni lire ni écrire mais elle a un véritable don pour la cuisine et espère bien garder sa place le plus longtemps possible.

Un soir, alors que Beth fume un cigare dans le jardin, elle aperçoit une femme allongée à l’entrée du labyrinthe de l’hôtel particulier des Hewes. Elle tente de la réveiller mais s’aperçoit que l’inconnue est morte.

Beth court prévenir son amant, Rajiv, le valet indien de Lord Hewes qui réveille son maître. Ne pouvant que constater l’inévitable, Beth est chargée d’aller avertir le bobbie qui fait sa ronde dans le quartier.

Le policier prévient le superintendant James Bent qui découvre une chemise ensanglantée dans la chambre de Rajiv qui est aussitôt arrêté. Ayant de forts doutes sur la culpabilité de son amant, Beth décide d’enquêter sur sa macabre découverte…

Vous connaissez mon intérêt pour les polars historiques, spécialement ceux qui ont pour cadre l’Angleterre victorienne et qui ont pour héroïne une femme. L’inconnue de Queen’s Gate remplissant ces deux critères, il a aussitôt rejoint ma PAL et pour une fois, n’a pas eu le temps d’y trainer.

Ce roman signé Anne Beddingfeld, le pseudonyme de Anne Martinetti, spécialiste de Agatha Christie dont j’avais lu la biographie dessinée consacrée à la reine du crime, Agatha la vraie vie d’Agatha Christie lors du dernier mois anglais, nous propose ici un polar victorien convaincant et une héroïne très attachante que j’ai hâte de retrouver dans les autres volumes de la série, même si ils semblent tous épuisés hélas !

L’action se passe à Londres, en 1899, à la veille du « réveillon du siècle », principalement dans la maison des Hewes. Dans ce premier volume, nous faisons donc la connaissance de Beth Huntley, une jeune femme passionnée de gastronomie, qui vit enfin son rêve : devenir cuisinière. Elle n’est pour l’instant que remplaçante, suite à l’accident dont a été victime, Mrs Hudson, la cuisinière en titre de lord et lady Huntley.

C’est une femme pleine de ressource et de bon sens, qui ne sait ni lire ni écrire, mais qui compte bien réussir sa vie, en excellant derrière les fourneaux. Elle se révèle très attachante et j’ai pris beaucoup de plaisir à la suivre dans son enquête et son quotidien.

On découvre également Rajiv, le valet de lord Hewes, qui a quitté son pays natal, l’Inde, pour entrer au service du lord. Celui-ci a la nostalgie des pays lointains, il est friand de prostituées exotiques qu’il fréquente dans les bordels chics de la capitale anglaise. Il passe aussi beaucoup de temps dans son fumoir, perdu dans les vapeurs de l’opium, tout en contemplant avec nostalgie sa collection d’objets collectés en Inde.

Lady Hewes de son côté, s’accommode de cette situation en ne partageant plus la couche de son époux. Elle est passionnée d’art et de littérature et milite au sein d’un groupe de suffragettes nommé « femmes en colère ».

Ils ont trois enfants : leur fille aînée a épousé un avocat, méprisé par ses beaux-parents, qui ne perdent pas une occasion de le tourner en ridicule. L’héritier, Alexander, au physique ingrat, mène une vie de patachon, se contentant de dilapider l’argent de la famille sur les tables de jeu. Et enfin, Miss Kathryn, douze ans, qui aime beaucoup Beth et rôde à la cuisine, en quête de bonnes choses à manger, au grand dam de sa mère, qui, elle, surveille sa taille de guêpe.

J’ai dévoré ce roman qui aborde, au-delà de l’intrigue policière, des thèmes très intéressants et que j’affectionne comme la place des femmes dans la société victorienne au sein des différentes couches de la population et le mouvement des suffragettes, un sujet que je trouve passionnant.

Anne Beddingfeld connaît bien cette époque et j’ai trouvé la trame historique vraiment très intéressante. L’enquête policière est plutôt bien ficelée et même si j’ai découvert avant le point final l’identité du coupable, je n’ai boudé mon plaisir à lire L’inconnue de Queen’s Gate jusqu’au bout, je l’ai même dévoré.

Si vous aimez, comme moi, les polars historiques façon Anne Perry et Ann Granger, je ne peux que vous recommander de découvrir les enquêtes de Beth Huntly, elles vous plairont sûrement ! Quant à moi, j’aurai plaisir à découvrir la suite de la série si j’arrive à la trouver d’occasion.

Les visages – Jesse Kellerman

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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La plus grande œuvre d’art jamais créée dort dans les cartons d’un appartement miteux. Ethan Muller, un galeriste new-yorkais, décide aussitôt d’exposer ces étranges tableaux, qui mêlent à un décor torturé d’innocents portraits d’enfants. Le succès est immédiat, le monde crie au génie. Mais un policier à la retraite croit reconnaître certains visages : ceux d’enfants victimes de meurtres irrésolus…

Ethan Muller, un jeune galeriste new-yorkais, découvre, grâce à l’homme de confiance de son père, une immense œuvre d’art composée de milliers de dessins. Fasciné par le travail de l’artiste qui a disparu, laissant des dizaines de cartons derrière lui, il décide monter une exposition autour de cette œuvre. Très rapidement, il fait le buzz et se fait contacter par un policier à la retraite.

Le vieil homme, très malade, lui apprend que les visages présents sur les différentes œuvres, sont ceux d’enfants disparus depuis des décennies. Une affaire qui l’obsède depuis le début de sa carrière et qu’il s’est juré de résoudre coûte que coûte…

Ma première lecture de Jesse Kellermann, Bestseller, fut décevante. C’est sans doute pour cette raison que son premier roman, Les visages, a croupi pendant cinq ans dans ma PAL avant d’en être extrait à l’occasion d’une lecture avec ma copinaute Belette.

Auréolé du prix ELLE des lectrices, ce roman avait tout pour me plaire sur la papier : le monde de l’art, un cold case, New York… et pourtant cela ne l’a pas fait du tout avec moi. Pour être tout à fait honnête, je l’aurai volontiers abandonné à son triste sort dès la 50è page mais j’ai poursuivi pour ne pas laisser Belette toute seule dans cette galère !

Dès les premières pages, ce roman m’a déplu et pas qu’un peu. L’écriture de Jesse Kellermann, son personnage principal Ethan qui me tapait sur les nerfs, très rapidement l’ennui m’a gagné et je n’ai pas trouvé grand chose d’intéressant dans ce roman qui se veut un thriller et qui pour moi n’en est pas un.

Déjà, niveau suspens, on repassera ! Avant d’être un roman policier, c’est surtout l’histoire d’un galeriste new-yorkais narcissique et égocentrique, qui passe son temps à noyer le lecteur sous des monologues interminables, mais qui lui rappelle de temps à autre qu’il s’agit bien d’un roman policier (fort à propos, d’ailleurs : on commençait à en douter).

Le récit se dilue donc tellement dans l’histoire sans intérêt de Ethan, ses rapports avec son père, ses liens avec une galeriste, son quotidien superficiel qu’il n’y a pas vraiment de trame policière.

Le seul intérêt que j’ai trouvé à ce roman, les seuls passages que j’ai trouvés bons sont les interludes traitant du passé sombre de la famille Muller, depuis son arrivée en Amérique au 19è jusqu’aux années 40. Une famille bien torturée, calquée sur celle des Astor ou des Rothschild, une famille de self made man qui ont réussi à bâtir un empire en partant de zéro, le genre de success stoy qu’affectionnent tout particulièrement les américains.

Pas de réelle surprise non plus dans la résolution des meurtres, pas le moindre coup de théâtre digne de ce nom, il faut dire que je ne cherchais même plus le fin mot de l’histoire, pressée d’en finir avec ce pensum.

L’idée de base était pourtant séduisante, celle d’une oeuvre d’art représentant les visages d’enfants disparus, mais cette bonne idée n’a selon moi pas tenu ses promesses.

Un roman que je n’ai pas aimé du tout, qui m’a ennuyé au plus haut point et que je ne saurai vous conseiller. Mais filez vite chez Belette qui a un avis très différent du mien, la chanceuse a aimé.

Seules les femmes sont éternelles – Frédéric Lenormand

Au début de la guerre de 1914, un policier décide de revêtir une identité féminine pour échapper à la mobilisation. Ray Février devient  » Loulou Chandeleur « , détective privé en bas de soie et chapeau à voilette. Ray-Loulou se rend compte qu’il est aussi bon flic en robe qu’en pantalon, et peut-être meilleur homme qu’auparavant.
Aux côtés de la patronne de l’agence de détectives, la charmante Miss Barnett – qui ne connaît pas son secret –, Loulou enquête sur une intrigante affaire de lettres de menaces. Quand le maître chanteur commence à mettre son plan à exécution et que les meurtres se multiplient, notre étonnant duo plonge dans une succession de surprises et de pièges périlleux.

Paris, 1914. La guerre bat son plein depuis le mois d’août lorsque l’inspecteur Raymond Février reçoit à son tour sa lettre de mobilisation. Il doit rejoindre les tranchées de toute urgence, seulement voilà Ray, n’a aucune envie de mettre un point final à sa vie si tôt.

Car ses collègues de la maison poulagat pour l’instant mobilisés, sont tous passés de vie à trépas et il n’a aucune envie de les rejoindre dans un monde meilleur. Ray aime trop la vie pour ça.

Alors, il décide de laisser sa vie d’inspecteur de police derrière lui, de raser ses moustaches, d’épiler ses gambettes, d’abandonner les costumes trois pièces, pour les robes, les bas nylon et les talons hauts.

Et cerise sur le gâteau, il se fait embaucher par l’agence Barnett dont son fondateur est sous les drapeaux et qui survit grâce à sa fille, la douce Cecily Barnett, qui cherchait un enquêteur homme mais qui ne saura pas résister à l’irrésistible Loulou !

Vous savez mon amour pour la série Voltaire enquête et la plume spirituelle et érudite de Frédéric Lenormand, je n’ai donc pas hésité une seule seconde avant d’accepter de lire sa toute nouvelle série qui a pour décor le Paris de la première guerre mondiale, une époque qui me fascine.

Frédéric Lenormand connaît Voltaire et son époque comme sa poche, il connaît aussi parfaitement bien l’époque à laquelle vit son héros / héroïne : Ray / Loulou. Dans cette toute nouvelle série policière historique, l’auteur met les femmes à l’honneur car il ne faut pas oublier que pendant cette période de 1914 à1918, si les hommes étaient au front, les femmes faisaient vivre le pays.

Un polar historique oui mais pas que. Seules les femmes sont éternelles, raconte, au-delà de l’enquête policière qui ne manque ni de sel ni de rebondissements, l’émancipation et la difficulté d’être une femme en temps de guerre… surtout quand on n’en est pas une.

Ray se rend compte à quel point les femmes sont vulnérables dans ces temps troublés et combien il est facile pour les hommes qui restent de s’en prendre à elles. A travers Loulou, nous découvrons cette période où les hommes sont happés les uns après les autres par la guerre, et où les femmes doivent se libérer des codes et des carcans de la société de l’époque afin d’assurer la survie des leurs, découvrant ainsi combien il est doux d’être indépendante.

Elles deviennent chauffeurs de taxi ou d’omnibus, ouvrière dans les usines d’armement, marraines de guerre, infirmières bénévoles…

Pour imaginer le personnage de Ray, Frédéric Lenormand s’est inspiré de l’histoire vraie de Paul Grappe, soldat déserteur qui s’est travesti en femme pour ne pas être envoyé dans les tranchées, et dont la vie a également été racontée en bande dessinée par Chloé Cruchaudet dans Mauvais genre et adaptée à l’écran par André Téchiné dans son dernier film, Nos Années folles.

Très bien documenté, ce roman est un vrai bonheur de lecture grâce à la plume fluide, caustique, sarcastique et pleine d’humour de son auteur, qui invente en la personne de Loulou, un personnage irrésistible, comme il a su si bien le faire pour Voltaire.

En ce qui me concerne, j’en redemande donc et je continuerai à suivre Loulou Chandeleur !

Un grand merci à l’agence Anne et Arnaud et aux éditions La Martinière pour cette belle lecture, j’ai adoré.

Maharajah – M.J Carter

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Calcutta, 1837. Le pays est sous la régence de la Compagnie britannique des Indes orientales. Figure haute en couleur chez les expatriés anglais, l’écrivain Xavier Mountstuart vient de disparaître dans les profondeurs de la jungle, alors qu’il faisait des recherches sur une secte d’assassins, les thugs. L’armée de la Compagnie envoie à sa recherche Jeremiah Blake, un agent spécial, grand spécialiste des mœurs du pays, accompagné d’un jeune officier, William Avery. C’est le début d’une aventure passionnante au pays des temples et des maharajahs. En approchant de la région où Mountstuart a disparu, celle des thugs, adorateurs de Kali, déesse de la mort et de la destruction, Blake et Avery vont bientôt découvrir une incroyable conspiration.

Calcutta, 1837. L’Inde est sous la régence de la Compagnie britannique des Indes orientales depuis plus de deux cents ans. Toute puissante, elle fait et défait les rois et dicte les lois à la population indigène qui vit sous son joug.

Xavier Mounstuart, un célèbre écrivain anglais, dont les romans ont pour toile de fond l’Inde, a disparu depuis son départ de Jabalpour où il était l’hôte de William Sleeman, passionné de dinosaures et de botanique et grand spécialiste du thuggisme, raison pour laquelle l’écrivain est venu le voir.

Le commandant de la compagnie, craignant qu’il ne ait été capturé par les Thugs, adorateurs de Kali, déesse de la mort, dépêche son enquêteur spécial Jeremiah Blake afin de faire toute la lumière sur cette affaire et lui adjoint le lieutenant William Avery, fraichement débarqué en Inde…

Lorsque Maharajah a été annoncé, j’ai aussitôt eu envie de le lire. Le sujet, le décor, la couverture, tout m’indiquait que j’allais passer un excellent moment de lecture mais en refermant ce roman, je suis un peu déçue.

Tout d’abord je m’attendais à un polar historique, vous savez combien je les affectionne, mais Maharajah est en fait un formidable roman d’aventures à suspens et non pas un polar à proprement parler. M.J Carter qui signe ici son premier roman, nous propose une véritable plongée au coeur de l’Inde en 1837 avec son lot de mystères et d’ombres.

De ce point de vue là, je n’ai pas été déçue, on sent que l’auteur s’est documenté et même un peu trop car il nous abreuve d’énormément de renseignements dont certains ne m’ont pas apparu comme nécessaires.

C’est un roman très dense avec beaucoup de descriptions, on n’a aucun mal à visualiser les lieux, les odeurs, les moeurs… doublé d’un bon page turner, franchement les pages se tournent toutes seules même si j’ai trouvé pas mal de longueurs tout de même et vous savez que je n’en suis pas friande.

Polar historique, non mais roman à suspens, oui ! Les rebondissements ne manquent pas, le chemin de nos héros est semé d’embûches et de contretemps, surtout dans les cent dernières pages et je vous avoue que l’auteur m’a eue car à chaque fois, j’étais à côté de la plaque et ça ne m’arrive pas souvent même si j’ai trouvé là aussi une surenchère dans les péripéties qui arrivent à Blake et Avery !

J’ai été séduite par le duo que forment Blake et Avery, aux antipodes l’un de l’autre : Blake est veuf d’une indienne et parle un nombre incroyable de dialectes indiens et Avery, typiquement britannique qui voit dans les indiens des êtres inférieurs. L’auteur a bien travaillé ses personnages et leur psychologie et on a plaisir à les suivre dans cette aventure et leur évolution même si Avery m’a tout de même énervé à plusieurs reprises par ses réflexions.

Pourquoi cette petite déception alors ? Parce que je m’attendais à un véritable polar historique et que cela n’en est pas un déjà et ensuite car je l’ai trouvé trop long, allégé d’une centaine de pages, je pense qu’il aurait été plus percutant et plus passionnant à lire.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Cherche-Midi pour cette plongée au coeur de l’Inde et pour cette lecture qui ne manque pas d’intérêts.

Puzzle – Franck Thilliez

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer au jeu ultime, celui dont on ne connaît que le nom : Paranoïa.
Le jour venu, ils reçoivent la règle numéro 1 : Quoi qu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu.
Suivie, un peu plus tard, de la règle numéro 2 : L’un d’entre vous va mourir.
Et quand les joueurs trouvent un premier cadavre, jeu et réalité commencent à se confondre.
Paranoïa peut alors réellement commencer…

Ilan Dedicet est concepteur de jeux vidéos qui ne trouvent pas preneur. Alors, il travaille la nuit dans une station service sur l’autoroute et vit dans la maison de ses parents depuis leurs décès.

Avec son ex petite amie Chloé, il a participé à plusieurs chasses aux trésors et, alors qu’il n’a plus de ses nouvelles depuis un an, elle débarque un beau matin pour l’inviter à renouer avec le jeu ultime sur lequel ils se sont cassés les dents : Paranoïa.

La jeune femme a trouvé une porte d’entrée et ils passent avec succès les dernières sélections et débarquent à quelques jours de Noël dans un hôpital psychiatrique désaffecté près de Grenoble où ils retrouvent six autres candidats.

A la clé : 300 000 euros pour le vainqueur. Une tempête de neige et de solides cadenas leur interdisent toute fuite. Commence alors un huis clos oppressant où chaque joueur doit se défier des autres…

Franck Thilliez est un auteur prolifique et reconnu de polars et de thrillers dont les titres caracolent en tête des meilleures ventes de livres. Ce n’est pas pour cette raison que j’avais acheté Puzzle il y a déjà deux ans mais parce que les billets le concernant sont en général très élogieux. J’étais donc curieuse de découvrir enfin son univers, c’est désormais chose faite !

Huit clos glaçant, Puzzle est un thiller addictif et particulièrement anxiogène. D’après ses fidèles lecteurs et lectrices, ce n’est pas le meilleur de ses romans mais j’avoue que pour une première lecture, je ressors plutôt séduite. J’en profite pour remercier Belette, ma partenaire de lecture, qui l’a marathonné de son côté en un temps record !

Il faut dire que le combo neige, isolement dans la montagne, hôpital psychiatrique désaffecté, mélange de réel et de délire, schizophrénie… ça fait toujours son petit effet et ça donne une ambiance angoissante réussie.

Même si j’avais deviné bien avant la fin là où voulait nous emmener Franck Thilliez, je dois admettre que Puzzle est un bon page turner, bien haletant, avec sa cohorte de personnages douteux voire glauques et cette chasse au trésor qui part en vrille.

Certes le sujet ne brille pas par son originalité, il fait beaucoup penser à Shutter Island de Dennis Lehane, Dix petits nègres de Agatha Christie et même au Mystère Sherlock de J.M Erre (dans un genre différent puisque totalement barré et drôle), pour autant je me suis laissée embarquée par l’histoire mise en place par Franck Thilliez jusqu’à son dénouement même si, assez vite, j’ai pressenti comme je vous le disais plus haut, quelle en serait la fin grâce ou à cause de quelques indices disséminés au fil du récit.

Vous l’aurez compris Puzzle est un roman efficace avec une ambiance qui fait froid dans le dos et une histoire suffisamment bien développée pour qu’on se laisse embobiner. Une première incursion réussie dans l’univers de Franck Thilliez, un auteur que je lirai avec plaisir à nouveau !

Je vous invite maintenant à découvrir l’avis de Belette ici, un grand merci à elle pour cette lecture anxiogène et prenante.