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Archive for the ‘Romans policiers et thrillers’ Category

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Lyon, 1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle. Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l’enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu’il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu’intrigant ? Entouré d’Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien
va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au coeur d’un Lyon de notables, d’opiomanes et de faiseuses d’anges. Jusqu’à ce que le criminel se dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà
de ses limites.

Mercredi 22 décembre 1897, Lyon, le corps d’une très jeune fille est retrouvé exsangue sur un terrain vague. Alexandre Lacassagne, médecin légiste et expert auprès des tribunaux est l’un des fondateurs de l’anthropologie criminelle et à ce titre, professeur auprès des doctorants et des agrégants venus de plusieurs pays d’Europe pour assister à ses cours.

Il désigne deux de ses élèves, Félicien Perrier, un jeune homme brillant qui espère bien épouser la fille du maître, et Bernard Lecuyer, qui cumule les petits boulots en plus de la médecine, pour réaliser l’autopsie de la défunte.

L’inconnue venait de subir un avortement au moment de sa mort, le foetus avait bien été expulsé mais son placenta était resté en place. Il ne fait aucun doute : la jeune fille a été victime d’un meurtre. Est-ce l’oeuvre d’un boucher, d’un médecin, d’une sage-femme, d’une faiseuse d’ange ?

Afin de découvrir l’identité de la victime, Bernard et Félicien demandent à Irina Bergovski de faire son portrait et de le diffuser dans le quotidien pour lequel elle est journaliste. Irina accepte à condition qu’elle puisse mener l’enquête à leurs côtés.

Mais bientôt un second cadavre est retrouvé et la nouvelle victime semble avoir été tuée selon le même mode opératoire. Serait-ce l’oeuvre d’un tueur en série ? L’ombre de Joseph Vacher, surnommé le tueur de bergers, arrêté quelques mois auparavant, plane sur l’enquête…

Vous connaissez mon intérêt pour les polars historiques, surtout lorsqu’ils ont pour cadre le 19è siècle, Les suppliciées du Rhône de Coline Gatel ne pouvait que rejoindre ma PAL tant il avait, sur le papier, tout pour plaire, et autant vous le dire d’emblée, j’ai adoré ce roman !

Tout d’abord pour son contexte historique, j’affectionne tout particulièrement cette période et j’ai apprécié que l’auteure s’appuie sur Alexandre Lacassagne, qui comme je le disais plus haut, est l’un des fondateurs de l’anthropologie criminelle. Cet aspect scientifique est passionnant sous la plume de Coline Gatel qui met à la portée de tous la naissance de la criminologie.

L’aspect médical est fort bien traité ici et permet de se rendre compte du chemin parcouru en un peu plus d’un siècle, à une époque où l’ADN n’existe pas, pas plus que les empreintes digitales et le profilage, où les scènes de crime étaient allègrement piétinées, où les meurtres ne donnaient pas toujours lieu à des enquêtes…

Lacassagne et son équipe font office de pionniers dans la manière de traiter cette vague d’assassinats, contre l’avis de la police lyonnaise soit dit en passant qui ne voit pas l’intérêt de ces nouvelles méthodes scientifiques.

D’un point de vue sociétal, il est également intéressant : il interroge sur la place des femmes à cette époque, qui vit des bouleversements avec le mouvement des suffragettes, les premières étudiantes dans les facultés mais aussi l’épineuse question de l’avortement et des faiseuses d’anges, thème central du roman, bien entendu illégal à l’époque et réalisé dans des conditions d’hygiène épouvantable qui pouvaient mener à la stérilité ou à la mort de la parturiente.

Irina, qui est journaliste, fait rare à l’époque, ose en plus s’habiller en pantalon, ce qui à l’époque était tout aussi illégal, on le lui rappelle d’ailleurs et elle devra s’acquitter d’un certificat de travestissement pour retrouver ses frusques masculines, quand on y pense, c’est tellement aberrant !

À ce tableau de moeurs vient se greffer une enquête très sombre, ne lésinant pas sur les scènes très dures : autopsies, découvertes de cadavres, avortements, présentations de corps au public à la morgue située sur un bateau par manque de moyens.

L’enquête est bien menée, rythmée, et emmêlée à souhait car les fausses pistes sont légion, l’auteure mène son suspens jusqu’au bout et j’ai trouvé cette histoire prenante de la première à la dernière page, au point que j’avait hâte de retourner dedans dès que je devais m’interrompre.

Les personnages m’ont également beaucoup plu, sans qu’ils soient vraiment attachants, ils se sont révélés surprenants, intéressants à suivre, d’autant plus qu’ils cachent tous de bien encombrants secrets qui nous sont dévoilés au fur et à mesure du récit et que je n’ai jamais vus venir d’ailleurs ! Cet aspect trio mêlant deux hommes et une femme à la poursuite d’un tueur en série m’a rappelé l’excellent L’aléliniste de Caleb Carr soit dit en passant.

Un petit bémol toutefois, la fin est un peu trop expéditive et facile à mon goût mais ça ne m’a pas empêché d’adorer ma lecture.

Vous l’aurez compris, je ne peux que vous conseiller Les suppliciées du Rhône, si comme moi vous aimez les polars historiques, vous devriez beaucoup l’aimer à votre tour.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Préludes pour cette lecture aussi intéressante qu’addictive !

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Tommy et Tuppence Beresford, après avoir traversé la période héroïque et combien excitante de la Résistance, s’ennuient quelque peu. Le douillet train-train de la vie quotidienne et leur amour sans orage commencent à leur peser.Tommy et Tuppence rêvent d’aventures exaltantes et, à force d’être souhaitée, l’aventure arrive avec la proposition qui leur est faite de diriger une agence de détectives…C’est là le point de départ d’une série d’entreprises périlleuses et variées dont le sympathique jeune couple se tirera toujours au mieux…

Tommy et Tuppence Beresford s’aiment toujours follement mais dix ans après la fin de la première guerre mondiale, ils s’ennuient ferme.

Quoi de mieux qu’une agence de détectives pour pimenter leur vie et rompre le doux train-train qui les lasse tant ?

Et les voilà lancés dans quelques aventures policières ou d’espionnage exaltantes mais aussi périlleuses dont ils sauront se sortir avec brio et toujours avec humour…

Si Hercule Poirot reste mon personnage préféré de dame Agatha, j’ai une tendresse toute particulière pour Tommy et Tuppence Beresford que j’ai été ravie de retrouver dans Associés contre le crime.

Dans ce court recueil, Agatha Christie nous propose huit enquêtes menées par le très réfléchi Tommy et la pétillante Tuppence : Une fée dans l’appartement, une tasse de thé, L’affaire de la perle rose, L’aventure du sinistre étranger, L’homme habillé de journaux, La femme disparue, Colin-maillard et L’homme dans le brouillard.

Si la reine du crime excelle dans ses romans, ce volume de courtes nouvelles se laisse toutefois lire avec plaisir, et si les intrigues sont courtes, elles ne sont pas simplistes pour autant puisque pas je n’ai trouvé la solution avant que les Beresford ne l’annoncent comme quasiment à chaque fois avec Agatha Christie !

Au menu de ces différentes enquêtes : des vols, des disparitions, de l’espionnage et même un meurtre. Certaines sont certes plus réussies que d’autres dont les solutions nous sont expédiées un peu trop rapidement mais toutes se lisent avec plaisir comme je le disais plus haut car elles ne manquent ni de rythme ni de suspens.

Chacun de nos héros tire son épingle du jeu et se révèle diablement complémentaires. Dans ce duo, c’est bien évidemment Tuppence que je préfère, son mari même si il est intelligent, fait pâle figure à ses côtés, elle est si drôle et attachante.

Comme toujours avec Agatha Christie, on se creuse les méninges et on passe un très bon moment de lecture en essayant de résoudre les énigmes qu’elle nous propose sans jamais y arriver !

Le ton ici est plus léger et humoristique que dans les autres opus de la reine du crime grâce à la pétulante Tuppence pour qui, vous l’aurez compris, j’ai un gros faible. Je retrouverai donc avec plaisir les Beresford dans les autres volumes qui leur sont consacrés dès qu’ils seront dans ma PAL.

Et vous, appréciez-vous les Beresford ?

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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La maison où Patrick a passé toute sa jeunesse n’est pas une demeure comme les autres. Quinze ans plus tôt, elle a été le théâtre d’un drame inconcevable : toute une famille y a été retrouvée, massacrée. Patrick garde pourtant des souvenirs irremplaçables dans ces lieux, comme seule l’enfance sait en créer. Il décide de la racheter. Sa femme, Sarah, et leurs deux enfants s’y installent à contrecœur. Le délabrement, l’atmosphère sinistre qui colle à la maison oppressent Sarah. Ses psychoses reprennent, de plus en plus sombres. Des voisins épient chacun de ses mouvements. La tension monte.

Sarah Walker vit avec son mari Patrick et ses deux ados Joe et Mia. Femme au foyer, elle peine à se remettre du décès de sa mère et vit sous antidépresseurs. Elle ne voit pas ses enfants partir à la dérive et vit dans l’angoisse que Joe ne découvre un jour qu’elle n’est pas sa mère.

Elle a en effet fait la connaissance de Patrick alors qu’il était déjà père d’un bébé qu’elle a immédiatement aimé, s’empressant de remplacer la mère défunte de l’enfant.

Après la tentative de suicide de Sarah, Patrick décide qu’ils leur faut déménager, un changement de cadre sera bénéfique à toute la famille, et il a jeté son dévolu sur la maison de son enfance, au grand dam de Sarah qui ne veut pas en entendre parler.

Il faut dire que la maison d’enfance de Patrick a été rebaptisée La maison du crime depuis qu’une famille s’y est fait sauvagement assassiner. Malgré ses appréhensions, Sarah cède mais dès leur entrée dans les lieux, elle ne reconnaît plus son mari…

La maison est le premier roman de Vanessa Savage qui devait paraître initialement l’an dernier et après près d’un an de retard sur la date prévue, j’ai enfin reçu le texte définitif et comme la 4è de couverture me titillait beaucoup, il n’a pas eu le temps de croupir dans ma PAL.

Ce thriller présenté comme le successeur Psychose et de Shinning, que je n’ai pas lus je ne peux donc pas comparer, ne m’a pas fait dresser les cheveux sur la tête mais il m’a malgré tout bien tenu en haleine jusqu’au point final, et c’est principalement cela que je demande à un thriller.

Cette thématique de la maison hantée ou maudite est à mon goût bien traité, elle devient peu à peu une entité, un élément d’angoisse, un personnage à part entière.

Le récit commence doucement, l’autrice prend son temps pour nous dévoiler les personnages, l’atmosphère dans laquelle ils évoluent, en s’attardant longuement sur Sarah, l’héroïne du roman. En proie à une grave dépression, elle n’arrive plus à distinguer le réel de l’imaginaire.

Sarah imagine-t-elle les signes étranges qui se multiplient et la plonge (et nous avec elle) peu à peu dans une atmosphère angoissante ? Ou bien quelqu’un tire-t-il les ficelles pour la rendre totalement paranoïaque ?

Dans ce roman tortueux et imprévisible, Vanessa Savage braque tour à tour la lumière sur chacun des personnages. Et avec son héroïne, on doute de tous : Patrick, Joe, Sarah, Caroline, Ben et Anna. Je ne savais plus ce qui était vrai ou faux, en qui Sarah pouvait avoir confiance ou pas ! L’angoisse monte crescendo, le suspens est bien mené jusqu’au bout et j’ai été totalement prise entre les mailles du filet.

Ce n’est pas le thriller de l’année mais il fait fort bien son job : l’histoire est complexe, la vérité, multiple. L’atmosphère devient par petites touches malsaine et glauque à souhait pour aboutir à un final que je n’avais pas vu venir, en tout cas, pas totalement.

Si vous aimez les thrillers psychologiques, je ne peux que vous conseiller La maison de Vanessa Savage et remercier l’agence Anne & Arnaud et les éditions La Martinière pour cette lecture angoissante !

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Mariés depuis deux ans, Karen et Tom ont tout pour être heureux : un train de vie confortable, un pavillon coquet, des projets d’avenir. Un soir, quand Tom rentre à la maison, Karen s’est volatilisée. Alors qu’il commence à paniquer, Tom reçoit une visite de la police : son épouse a été victime d’un grave accident de voiture, dans un quartier malfamé où elle ne met d’ordinaire
jamais les pieds. À son réveil à l’hôpital, la jeune femme a tout oublié des circonstances du drame. Les médecins parlent d’amnésie temporaire. En convalescence chez elle, Karen est
décidée à reprendre le cours de sa vie. Sauf que quelque chose cloche. Elle sait que, depuis quelques mois, quelqu’un s’introduit en leur absence dans la maison…

Tom rejoint son épouse à la maison avec retard et pressent un drame lorsqu’il trouve la porte d’entrée ouverte et Karen volatilisée. La préparation inachevée du dîner est sur plan de travail, son sac à main et son portable en évidence. Qu’a-t-il bien pu se passer ?

Aussitôt inquiet, il téléphone aux amis et collègues de la jeune femme mais personne ne sait où elle est. Il appelle le 911 et quelques minutes plus tard, des policiers frappent à sa porte.

Karen a été victime d’un accident de voiture dans un quartier malfamé à l’autre bout de la ville et elle a été transportée dans un état grave. Pour Tom, la situation est impensable, que faisait sa femme là-bas ?

C’est bien ce que se demandent aussi les forces de l’ordre, surtout que l’on retrouve une victime d’assassinat à quelques pas de l’accident et la jeune femme devient vite le suspect n°1…

Après l’immense succès du Couple d’à côté (toujours dans ma PAL !), Shari Lapena revient avec L’étranger dans la maison. Dans ce nouveau thriller domestique, l’autrice explore la vie conjugale, ses faux-semblants (connaît-on vraiment la femme ou l’homme que l’on a épouse ?) et ses vicissitudes.

De petits secrets en grands mensonges, de manipulations en non-dits, on découvre que le couple formé par Tom et Karen n’est pas forcément celui qu’on croit et on assiste au délitement de de bonheur de façade, leur union qui vole peu à peu en éclats.

Comme toujours les apparences sont trompeuses, le dénouement est en cela réussi car il se révèle très surprenant alors que le reste de l’intrigue, non. Si j’ai bien apprécié ma lecture qui s’est révélée prenante car l’intrigue resserrée est menée tambour battant, je ne ressors pas époustouflée ou épatée non plus mais tout de même satisfaite.

C’est un bon page turner avec des chapitres courts, des twists et des rebondissements nombreux même si certains sont assez prévisibles lorsque l’on est lecteur ou lectrice assidu(e) de thriller, on ne s’ennuie pas une seconde, Shari Lapena va droit au but sans se perdre dans des digressions à n’en plus finir, ce que j’apprécie toujours dans un thriller.

J’ai aimé aussi tout l’aspect judiciaire abordé par Shari Lapena qui connaît son affaire puisqu’elle est avocate de formation. Le système judiciaire américain est décidément surprenant car il suffit d’un doute raisonnable et d’un bon paquet de dollars pour que le coupable passe entre les mailles du filet !

Un thriller domestique qui se lit tout seul, Shari Lapena sème ses petits cailloux au fil du récit et si on devine un certain nombre de choses, elle surprend tout de même par son twist final. Une bonne surprise en ce qui me concerne, je lirai donc avec plaisir Le couple d’à côté qui est déjà dans ma PAL.

Si vous aimez les polars conjugaux, vous devriez apprécier L’étranger dans la maison.

Un grand merci Anne et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture prenante !

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Panique à Paris, la peste est de retour ! Voltaire aussi !
Une maladie mystérieuse affole la capitale, et voilà notre philosophe assailli de toutes parts. Policiers et médecins sont à ses trousses, mais plus étrange encore, Voltaire est poursuivi par un Anglais nommé Hyde et par son frère Armand, religieux intransigeant avec qui on le confond sans cesse. Tandis qu’il s’efforce de répandre ses lumières sur les populations effrayées, la police continue hélas de penser que c’est encore la faute à Voltaire.

Voltaire s’ennuie à Cirey, alors il décide rebâtir à sa convenance le château de sa très chère Madame du Châtelet, sans que la marquise en soit le moins du monde informée, bien entendu !

Elle découvre le pot aux roses en arrivant sur ses terres et convainc son philosphe préféré de regagner la capitale pour venir en aide au lieutenant général de police Hérault, un comble !

La police est bien embarrassée par une série de morts suspectes : on craint la peste et on demande à Voltaire le pestiféré de tirer l’affaire au clair. Accompagné de son fidèle et encombrant secrétaire, l’abbé Linant, de sa chère marquise, il regagne la capitale où son chemin va croiser une anglais qui tente de le convaincre d’émigrer à Londres, le naturaliste Buffon et son frère, le janséniste Armand Arouet, contrôleur des épices…

Il y a avait bien longtemps (près de 18 mois) que je n’avais pas retrouvé mon enquêteur du siècle des Lumières favori : Voltaire ! Quel bonheur une fois encore de plonger dans un roman signé Frédéric Lenormand, qui écrit et décrit à merveille ma période historique préférée entre toutes avec sa plume enlevée, drôle et érudite et Docteur Voltaire et Mister Hyde ne déroge pas à la règle.

Impossible de s’ennuyer en compagnie de cet auteur et de son héros, le plus célèbre philosophe du XVIIIe siècle, François-Marie Arouet dit Voltaire, cette fois-ci aux prises avec la peste !

Quel bonheur disais-je donc de retrouver cette série dont j’ai déjà lus les cinq premiers opus : La baronne meurt à cinq heures, Meurtre dans le boudoir, Le diable s’habille en Voltaire, Crimes et condiments et Elémentaire mon cher Voltaire ! tant elle me plait car elle est à la fois brillante et dôle. J’adore voir Voltaire, se débattant aux quatre coins de Paris, avec à ses trousses un anglais qui essaie par tous les moyens de le faire émigrer de force.

Elle me permet aussi de replonger dans la période historique que je préfère comme je vous le disais plus haut, le 18è siècle, de cheminer avec Voltaire, l’une des figures phares de cette époque, que Frédéric Lenormand nous montre comme un farfadet sautillant, croulant sous le ridicule. Vous le savez déjà si vous me lisez régulièrement, cette série est pour moi une récréation, un petit bonbon que je déguste à chaque fois de la première à la dernière ligne.

Dans ce sixième tome tout aussi drôle et bien écrit que les précédents, l’enquête policière n’est qu’un prétexte comme toujours, ici l’important est ailleurs. Nous voici à nouveau embarqués dans une réjouissante aventure du philosophe le plus pétulant de l’histoire de France, plein d’esprit et de férocité pour ses contemporains, enquêteur égocentrique, jamais à court d’idées, mais toujours là pour faire éclater la vérité.

Frédéric Lenormand s’attaque à la médecine de l’époque, son incompétence flagrante étant mise en valeur par le possible retour de la peste à Paris. Docteur Voltaire, muni de son carnet empli de remèdes contre toutes les maladies, est sur tous les fronts pour tenter de savoir si la peste est bien de retour dans les rues de la capitale ou si les morts suspectes qui s’enchaînent sont le fait d’un tueur au mobile crapuleux !

Et l’intrigue policière dans tout ça ? Elle sert surtout de prétexte comme je le disais plus haut, mais elle est agréable à suivre et franchement j’ai beaucoup ri tout au long du récit.

C’est une série que j’adore, à la fois drôle, brillamment écrite et bien documentée, Lenormand connaît son Voltaire par cœur et c’est vraiment jubilatoire à lire. Si vous aimez les comédies policières, je ne peux que vous recommander Voltaire enquête !

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Un matin, en lisant le journal, Miss Marple apprend le décès d’une lointaine connaissance. Un notaire la contacte alors pour lui annoncer que M. Rafiel a l’intention de lui léguer une partie conséquente de son héritage, en échange d’une faveur posthume…
Dans une lettre pour le moins énigmatique, le défunt sollicite son flair légendaire pour résoudre une affaire de crime, sans lui donner plus d’explications, hormis le nom de code de l’enquête : Némésis.
En véritable incarnation de la déesse grecque de la vengeance et de la justice, et malgré son âge avancé, Miss Marple va mettre ses dons de déduction au service de feu M. Rafiel et découvrir peu à peu les détails de sa mission lors d’une excursion touristique à travers l’Angleterre.

Sainte-Marie-Mead. Assise dans son fauteuil, devant sa tasse de thé, Miss Marple lit son journal. Elle apprend lors que Mr Rafiel, dont elle avait fait la connaissance quelques mois plus tôt aux Antilles, vient de décéder.

Elle se souvient alors que l’homme d’affaires, déjà très malade, d’une grande probité et avec une haute idée de la justice, l’avait surnommé Némésis.

Quelques jours plus tard, le notaire de Mr Rafiel prend contact avec elle. Elle apprend alors avec stupeur que le défunt lui a légué 20 000 livres à condition toutefois qu’elle accepte la mission dont il la charge.

Intriguée par la demande de Mr Rafiel et bien qu’elle n’ait aucun indice pour savoir l’objet de son enquête, la vieille demoiselle accepte.

Il y avait près de trois ans que je n’avais pas lu un Agatha Christie, shame on me ! J’ai bien l’intention de réparer cette erreur en 2019 en expulsant de ma pal les titres de la reine du crime qui y croupissent depuis des lustres pour certains.

Némésis m’a donc permis de renouer avec Agatha Christie et l’un de ses personnages emblématiques, à savoir Miss Marple. Dans cet étrange et passionnant court roman, son héroïne a vieilli et nous la retrouvons qui coule de paisibles vieux jours dans son village de Saint-Marie-Mead alors qu’elle apprend qu’elle est légataire d’une généreuse donation à la mort d’un homme rencontré quelques mois plus tôt dans les caraïbes.

En échange, celui-ci lui demande à titre posthume de réparer une injustice… Miss Marple serait-t-elle réellement Némesis, déesse de la justice ?

Elle a vieilli certes mais sa longue expérience de la vie va en tout cas lui permettre, en partant de zéro, de résoudre un problème qui paraît insoluble et d’innocenter le coupable tout désigné d’une série de meurtres qui a eu lieu dix ans auparavant.

Une fois de plus, Agatha Christie nous propose une intrigue très inspirée avec une Miss Marple en déesse de la justice, un rôle qui lui va comme un gant !

L’affaire se révèle bien plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord, avec des éléments très émouvants et un dénouement très surprenant et somme toute très réussi même si j’avais deviné certaines choses, la reine du crime m’a une fois de plus bluffée !

Une lecture très agréable et prenante malgré un rythme très lent, comme toujours avec Miss Marple, que je vous conseille si vous appréciez la vieille demoiselle.

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Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante. Est-ce pour cela qu’on l’a enlevée, séquestrée et livrée à l’inimaginable ? Mais quand le commissaire Verhoeven découvre enfin sa prison, Alex a disparu. Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne.

A la sortie du restaurant, alors qu’elle n’est qu’à quelques pas de chez elle, Alex, une parisienne de trente ans, est enlevée. Un maître chien est témoin du kidnapping et prévient la police.

Alex est emmenée dans un entrepôt désaffecté. Mise à nue, elle est enfermée dans une caisse étroite positionnée à quelques mètres du sol. Son bourreau l’a prévenu : elle va mourir, quelque soit le temps que cela prendra.

Au 36 quai des Orfèvres, le divisionnaire Le Guen, charge le capitaine Camille Verhoeven de l’enquête. Le flic commence par refuser, l’affaire ressemble trop à ce qui est arrivée à Irène huit ans plus tôt. Son épouse, sur le point de donner la vie à leur premier enfant, avait été enlevée en pleine rue et retrouvée morte quelques heures plus tard.

Le Guen ne lui laisse pas le choix et Verhoeven fait à nouveau équipe avec Louis et Armand. Les heures passent et l’enquête demeure au point mort car personne n’a signalé la disparition d’une jeune femme correspondant à la description du témoin.

Pendant ce temps-là, la torture continue pour Alex, au piège dans sa cage, avec les rats qui rôdent, prêts à la dévorer vivante…

Refroidie par ma lecture décevante de Robe de marié, Alex attendait bien sagement dans ma PAL depuis près de cinq ans et demi, heureusement que ma copinaute Belette pioche régulièrement des reliques dans ma PAL sinon il y serait resté encore longtemps.

Et quelle erreur de l’avoir laissé dormir aussi longtemps car j’ai adoré Alex, un thriller glaçant à souhait. Pierre Lemaitre nous plonge ici dans une histoire complètement dingue et il va nous mener par le bout du nez de la première à la dernière page, ce que j’ai trouvé absolument bluffant tant c’est fait avec brio !!

Second volume de la tétralogie consacrée à Verhoeven commencée avec Travail soigné et poursuivie avec Rosy & John et Sacrifices, Alex est un polar qu’on a du mal à lâcher une fois la première page tournée car dès le départ, l’auteur nous happe, nous entraine dans sa toile avec maestria.

Une entrée en matière folle, un style d’écriture brut de décoffrage, sans fioriture, brutal, qui colle parfaitement à la noirceur de ce que l’on nous raconte. Une intrigue qui ne nous épargne pas : avec de la violence (jamais gratuite ceci dit), une bonne dose de manipulation, Pierre Lemaitre joue avec nos nerfs, nous secoue, nous plonge dans l’horreur sans jamais que cela ne soit trop anxiogène jusqu’au dénouement impeccable, plein de justice et totalement époustouflant.

Une histoire pleine de rebondissements avec des retournements de situation brillants, portée par une héroïne avec laquelle on est tour en tour en totale empathie puis que l’on tient en horreur, au fur et à mesure des évènements.

Un trio d’enquêteurs que l’on a plaisir à suivre et en premier lieu l’atypique Verhoeven, qui en impose en dépit de sa très petite taille. Ce volume m’a en donné envie de découvrir les autres opus de cette série car si ils sont aussi excellents que celui-ci, cela promet de belles heures de lecture.

Belette est sur la même longueur d’ondes, bluffée elle aussi par monsieur Lemaitre.

Si vous n’avez jamais lu Alex, foncez, c’est un quasi coup de coeur !!!

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