Au fond de l’eau – Paula Hawkins

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter l e prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.

2015. Jules Abbott vient d’apprendre le décès de sa sœur aînée Nel avec qui elle avait coupé les ponts depuis plusieurs années déjà. Malgré cette distance, Nel laissait souvent des messages sur le répondeur de Jules sans que celle-ci ne décroche jamais, ni ne la rappelle.

La police l’avertit que sa soeur s’est noyée et que son corps a été retrouvé dans la rivière qui traverse leur village natal de Beckford. Arrivée sur place, Jules fait la connaissance de Lena, sa nièce âgée de 15 ans.

Cette dernière est persuadée que sa mère s’est suicidée en se jetant dans le bassin aux noyées, là où d’autres femmes ont trouvé la mort depuis le 17è siècle. Déjà secouée par le suicide de sa meilleure amie Katie quelques mois auparavant, elle aussi retrouvée dans le bassin des noyées, Lena est particulièrement en colère contre Jules qu’elle accuse d’avoir abandonné sa mère…

Paula Hawkins s’est fait connaître l’an dernier avec son premier polar : La fille du train qui s’est vendu comme des petits pains et a même fait l’objet d’une adaptation cinématographique que je n’ai ni lu ni vu, je n’ai donc pas de point de comparaison, inutile de me demander si ce nouveau roman est meilleur ou moins bon que le précédent, je n’en sais rien.

Au fond de l’eau est donc ma première incursion dans l’univers de l’auteure et je dois dire que je ne ressors pas déçue de cette lecture. En effet, j’ai trouvé ce roman très addictif même si ce n’est pas un chef d’œuvre du genre, l’auteure sait bien mener son intrigue et distiller son suspense tout au long du roman même si j’avais deviné le dénouement bien avant le point final, j’ai passé un très bon moment de lecture.

Construit comme un véritable page-turner avec des chapitres courts et une abondance de personnages et de points de vue différents, ce qui donne beaucoup de rythme au roman, il est difficile de se lasser et de reposer ce roman, en tout cas pour moi qui l’ai dévoré en un peu moins de 3 jours.

J’ai trouvé que l’auteure passait très bien d’un personnage à l’autre et l’exercice donne, comme je le disais plus haut, beaucoup de rythme et d’intérêt à l’ensemble, surtout lorsque c’est bien maitrisé comme ici même si ça demande au lecteur de la concentration pour ne pas se noyer !

En ce qui concerne la chute, je l’ai trouvé trop prévisible c’est mon seul bémol, on voit venir cette fin de loin ce qui est bien dommage lorsque l’on indique sur la quatrième de couverture « pour tenir le lecteur en haleine jusqu’à l’ultime rebondissement, qui marquera tous les esprits. », cette promesse n’est pas tenue hélas.

Des rebondissements et des fausses pistes, il y en a un certain nombre, comme dans tout bon thriller qui se respecte, mais ce qui m’a le plus intéressé c’est ce lieu, ce bassin aux noyées et les mystères qui l’entourent.

Les femmes qui y sont retrouvées se sont-elles vraiment toutes suicidées ou ont-elles été victimes d’hommes violents, d’assassinats maquillés ? Vous le saurez en lisant Au fond de l’eau !

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La dernière expérience – Annelie Wendeberg

Après une première enquête menée avec Sherlock Holmes, Anna Kronberg s’est retirée dans son cottage du Sussex. La jeune femme médecin pensait qu’elle et son célèbre coéquipier étaient parvenus à annihiler une organisation secrète qui expérimentait des bactéries pour en faire des armes de guerre. Mais le professeur Moriarty, véritable dirigeant de l’organisation, a survécu. Et il a décidé d’utiliser Anna pour entamer des recherches sur la peste…
Pour arriver à ses fins, Moriarty kidnappe Anna ainsi que son père. Si la jeune femme veut revoir ce dernier en vie, elle devra obéir. Vivant désormais sous haute surveillance entre la demeure luxueuse de son geôlier à Londres et un entrepôt où elle réalise ses expériences, Anna tente de trouver un moyen pour prendre contact avec Holmes. Alors qu’elle fomente le meurtre de Moriarty, une relation ambiguë s’instaure avec cet homme violent, manipulateur et effrayant.

Pour oublier Holmes dont elle est amoureuse et qui l’a rejeté, Anna Kronberg s’est retirée dans la solitude de son cottage du Sussex. Pendant un an, elle se contente de peu, oubliant la médecine et la bactériologie, sa spécialité, menant une vie simple, retirée, jusqu’à ce que l’ennemi juré de Holmes l’enlève.

Le professeur Moriarty la séquestre en sa demeure et pour arriver à ses fins, c’est-à-dire contraindre Anna à mettre au point une arme bactériologique à partir du bacille de la peste, il a également enlevé son père vivant en Allemagne, pour le séquestrer en Angleterre.

Anna doit donc faire sembler d’accepter ce chantage et mettre au point une maladie ô combien mortelle afin que son père ait la vie sauve mais également entrer en contact avec Holmes afin qu’il déjoue les plans macabres de Moriarty…

Comme vous le savez déjà si vous me lisez depuis longtemps, j’avais beaucoup aimé l’an dernier le premier opus de cette série : Le diable de la Tamise, un quasi coup de cœur tant j’avais adoré l’atmosphère, l’héroïne et le drôle de duo qu’elle formait avec notre consulting détective préféré.

Je m’attendais donc à passer un très bon moment en compagnie de Anna Kronberg et de Sherlock Holmes mais hélas, avec ce deuxième opus, je me suis plutôt ennuyée…

Pas de meurtre, ni d’enquête à résoudre à proprement parler dans La dernière expérience mais une guerre psychologique entre la bactériologiste et le professeur Moriarty. Et Sherlock dans tout ça ? Presque inexistant, c’est frustrant !

Tout au long du récit, Annelie Wenderberg, fait se confronter deux personnalités dominantes et manipulatrices qui vont se livrer une guerre psychologique sans merci afin mutuellement de se dompter.

J’aime toujours l’héroïne totalement atypique de ce roman et rien que pour cela je ne regrette pas ma lecture et vous encourage à découvrir cette série. Une jeune femme qui gomme toute sa féminité en se bandant les seins et en arborant une chevelure courte, en adoptant la gestuelle masculine, à moduler son timbre pour exercer le métier qu’elle aime par-dessus tout : la médecine.

L’aspect bactériologiste du roman qui ne m’avait pas déplu dans Le diable de la Tamise fut pour moi un peu indigeste par moment, il y a des choses intéressantes bien sûr et c’est toujours sympathique d’être éclairé sur un domaine dont on ne sait rien mais pour moi, ce nouvel opus se perd un peu trop dans la psychologie et manque singulièrement d’action.

Bien que l’on assiste aux travaux d’Anna et à ses tentatives d’échapper à Moriarty, il ne se passe pas grand chose pendant près de 300 pages et j’ai eu l’impression de lire un tome de transition plutôt qu’une véritable histoire à suspens.

Beaucoup de joutes verbales et de jeux de dupes dans ce huis clos entre Anna et Moriarty et une histoire qui ne me laissera pas un souvenir inoubliable. Petite déception donc en ce qui me concerne après un premier opus excellent mais je lirai la suite c’est certain !

Merci à Anne et aux éditions Presses de la cité pour leur confiance !

Agatha Raisin enquête tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire – M.C. Beaton

Incroyable mais vrai : James Lacey, le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin ! Hélas, le conte de fées est de courte durée : au moment où les tourtereaux s’apprêtent à dire « oui », Jimmy, l’ex-mari d’Agatha, surgit en pleine cérémonie… Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha, désespérée, au pied de l’autel. Le lendemain, Jimmy est retrouvé mort au fond d’un fossé. Suspect n°1, le couple Agatha-James se reforme le temps d’une enquête pour laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire. Carsely est en effervescence, Agatha aussi ! Elle s’apprête à épouser James Lacey, elle a d’ailleurs du mal à y croire mais elle a vendu sa maison et s’apprête à remiser meubles et bibelots dans un garde-meuble, son fiancé ne lui en ayant pas proposer de faire de la place.
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si Roy n’avait pas décidé de se venger de son ex-patronne. Voulant savoir si Jimmy Raisin est réellement mort, il confie à une détective privée le soin de le retrouver, ce qui est bientôt chose faite.
Le premier mari d’Agatha est donc bel et bien vivant mais est sacrément tombé dans la bouteille et devenu sans domicile fixe sous un pont londonien. Muni de ces informations, il se rend sous le pont en question et apprend à Jimmy que son épouse s’apprête à se faire passer la bague au doigt.
Le jour J, Jimmy Raisin déboule dans la mairie de Mircester et révèle son identité. James plante sa promise devant l’autel et Agatha n’a plus qu’une envie, étrangler son premier mari.
Le lendemain, Raisin est retrouvé mort après une altercation avec Agatha. Le duo Lacey / Raisin reprend donc du service pour élucider le meurtre de Jimmy…
Après La quiche fatale, Remède de cheval, Pas de pot pour la jardinière et Randonnée mortelle, il me tardait de retrouver les Cotswolds et Agatha Raisin, c’est enfin chose faite et je peux d’ores et déjà vous dire c’est que je me suis de nouveau bien divertie avec Pour le meilleur et pour le pire que j’ai dévoré en à peine plus d’une journée !
Dans ce cinquième opus, toujours aussi savoureux même si il est plus grave que les précédents, on retrouve notre Agatha faisant à nouveau équipe avec James Lacey, contrainte même de cohabiter avec lui après qu’il l’ait planté devant l’autel et qu’elle ait vendu son cottage en prévision de leur future vie commune !
Outre l’aspect humoristique et truculent qui me plait beaucoup, j’aime aussi l’ambiance de campagne anglaise qui se dégage de cette série, on se sent bien dans ce petit village de Carsely et les enquêtes d’Agatha donnent vraiment envie d’aller découvrir les Cotswolds.
L’enquête est plus étoffée que dans les précédents volumes, ce qui est appréciable même si ce que je préfère dans cette série ce sont les personnages et la loufoquerie dans laquelle M.C Beaton les plonge.
L’histoire est toujours aussi cocasse, notre Agatha toujours aussi rentre-dedans même si elle fend la carapace dans celui-ci, ce qui la rend encore plus attachante.
Un cinquième opus très réussi qui tient ces promesses avec une enquête rondement menée, notre Agatha pas au mieux de sa forme, comme on la comprend, mais qui finit par rebondir et que j’ai hâte de retrouver dans le tome 6 déjà dans ma PAL.
Quant à James Lacey, je le trouve de plus en plus énervant et je n’ai pas aimé sa réaction face à Agatha et à ce qui lui arrive, comme si au fond il ne l’avait jamais vraiment aimé. J’espère que M.C Beaton réserve à son héroïne une nouvelle rencontre afin qu’elle oublie James.
Merci à Ophélie et aux éditions Albin Michel pour cette lecture so british !

Elémentaire, mon cher Voltaire ! – Frédéric Lenormand

Qui en veut à la marquise du Châtelet ? Sa servante est brutalement assassinée, et la voilà aux prises avec la police… quand elle n’est pas occupée avec le brillant mathématicien Maupertuis, son amant. Son amant ? Voltaire ne l’entend pas de cette oreille ! Bravant l’interdit qui pèse sur lui depuis la parution des Lettres philosophiques, notre San Antonio des Lumières vole au secours de sa marquise.
Que ce soit dans les salons parisiens, dans les taudis sous les ponts de la Seine, dans les ateliers de couture ou dans les fabriques de poupées et d’automates, Voltaire ne recule devant aucun stratagème pour déjouer la mécanique du crime et démontre une fois de plus que, pour un philosophe comme lui, découvrir la vérité n’est qu’un jeu d’enfant.

Voltaire s’ennuie en Lorraine, dans le château de la marquise du Châtelet, Cirey. Ses journées sont ponctuées par les mirabelles et les sangliers qu’il consomme sous toutes les formes et franchement, il en ras la perruque Régence.
C’est alors qu’il apprend que sa chère Emilie est en danger… de tomber entre les bras du mathématicien Maupertuis. Il n’en faut pas plus à Voltaire pour s’évader à l’aide d’un tonneau, tel Diogène !
Arrivé à l’hôtel du Châtelet, il découvre la marquise en compagnie de Maupertuis mais aussi du cadavre de sa femme de chambre. Diantre, il n’avait pas prévu cela, lui qui met en péril sa liberté pour les yeux de sa belle, il ne manquerait plus qu’il tombe dans les griffes d’Herault, chargé de l’enquête.
Oui mais voilà, où se cacher dans Paris ? Personne ne veut d’un pestiféré qui a vu ses Lettres anglaises brûlées sur le bûcher. Et comme si cela ne suffisait pas, il a le tueur à ses trousses…
J’ai profité de mes vacances pour retrouver mon enquêteur du siècles des Lumières favori : Voltaire ! Quel bonheur une fois encore de plonger dans un roman signé Frédéric Lenormand, qui écrit et décrit à merveille ma période historique préférée entre toutes avec sa plume enlevée, drôle et érudite.
Impossible de s’ennuyer en compagnie de cet auteur et de son héros, le plus célèbre philodophe des Lumières, François-Marie Arouet dit Voltaire, cette fois-ci aux prises avec des automates et un mathématicien qui donne des leçons particulières à son Emilie chérie.
Quel bonheur disais-je donc de retrouver cette série découverte l’an dernier avec La baronne meurt à cinq heures, Meurtre dans le boudoir, Le diable s’habille en Voltaire et Crimes et condiments tant elle me plait car elle est à la fois brillante et dôle. J’adore voir Voltaire, se débattant aux quatre coins de Paris, avec à ses trousses un tueur en série et bien sûr le châtelet.
Elle me permet aussi de replonger dans la période historique que je préfère comme je vous le disais plus haut, le 18è siècle, de cheminer avec Voltaire, l’une des figures phares de cette époque, que Frédéric Lenormand nous montre comme un farfadet sautillant, croulant sous le ridicule. Vous le savez déjà si vous me lisez régulièrement, cette série est pour moi une récréation, un petit bonbon que je déguste à chaque fois de la première à la dernière ligne.
Dans ce cinquième tome tout aussi drôle et bien écrit que les précédents, l’enquête policière n’est qu’un prétexte comme toujours, ici l’important est ailleurs. Frédéric Lenormand redonne vie à Voltaire à la perfection, j’adore le voir malmené, se battre avec Maupertuis, vert de jalousie que Madame du Châtelet lui préfère le mathématicien.
Et l’intrigue policière dans tout ça ? Elle sert surtout de prétexte comme je le disais plus haut, mais j’avoue avoir tout de même été un peu déçue car l’auteur se disperse beaucoup au détriment de l’histoire, j’ai même eu par moment un peu de mal à le suivre !
Il n’empêche que c’est une série que j’adore, à la fois drôle, brillamment écrite et bien documentée et que je compte bien la poursuivre jusqu’au bout, en dépit du côté trop brouillon de l’intrigue policière.

La dernière licorne – Tobby Rolland

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Turquie, marché d’Igdir. Aman, la fillette kurde dont la famille est gardienne millénaire du mystère de l’Ararat, n’aurait pas dû accepter cette licorne en bois… Elle savait que c’était interdit.

Vatican, enfer de la Bibliothèque apostolique. Zak Ikabi, ethnologue et aven¬turier, a moins de trois minutes pour photographier l’original du sulfureux Livre d’Enoch. Quel secret, dont dépend l’avenir de toutes les religions, relie les mythes de l’arche, du Déluge et des licornes ?

Arménie, Etchmiadzine. Quatorze mercenaires font irruption dans la cathédrale pour s’emparer d’une relique inestimable : un fragment de l’arche. Leur but : ne laisser aucun témoin. C’est le déclenchement d’une vague de meurtres aux quatre coins du monde.

Melbourne, Parlement mondial des religions. Un rapport secret est alarmant : les glaces du mont Ararat fondent inexorablement. L’anomalie d’Ararat, cette forme détectée au cœur du glacier, est-elle  » la  » preuve que l’arche de Noé s’y est échouée comme le racontent la Torah, la Bible et le Coran ?

Université de Toulouse Le Mirail, laboratoire du DIRS. La glaciologue Cécile Serval se trouve nez à nez avec Zak, venu lui dérober son rapport secret. C’est le début d’une course qui nous emporte de l’Arménie au Vatican, du Nakhitchevan à Hong Kong… Pour s’achever sur les flancs de l’Ararat…

La dernière licorne, premier roman d’un diplomate, Tobby Rolland, nous est présenté comme un thriller ambitieux au rythme effréné. Une intrigue historique diaboliquement séduisante qui embarque le lecteur dans une course folle, de Bordeaux à Erevan en passant par le Vatican et Hong Kong, à la poursuite d’un secret qui n’est rien de moins que celui de l’humanité tout entière.

Et une fois n’est pas coutume, la promesse est tenue même si j’ai de gros bémols sur la fin du récit et sur certains passages un peu tirés par les cheveux, je dois avouer que l’ensemble du récit est vraiment passionnant à lire même pour moi qui ne suis pas une lectrice assidue de thrillers ésotériques car ils ont souvent tendance à me faire lever les yeux au ciel.

Là je dois dire que je ne me suis pas ennuyée une seconde et que je me suis prise au jeu de cette course poursuite à travers le monde à rythme effréné en effet. Il faut dire que je ne connais rien ou presque au mythe de l’arche de Noé et à l’anomalie d’Ararat, que j’ignorais totalement qu’ils faisaient l’objet de tels enjeux, spéculations et recherches, j’ai donc appris beaucoup de choses car l’auteur nous le dit en préambule, tout dans son roman est vrai exceptée l’hypothèse finale qui est de son cru !

Il nous donne à voir des lieux réels et à lire des témoignages de chercheurs d’arche, met l’accent sur l’énigme posée par l’Anomalie d’Ararat et revient sur une autre énigme : les licornes ont-elle existé et ont-elles disparu, fautes d’être montées dans l’Arche de Noé ?

L’intrigue est bien ficelée et nous tient en haleine, là dessus rien à redire, l’auteur connaît clairement son sujet et nous livre une histoire qui tient la route jusqu’à une cinquantaine de pages avant la fin.

Là ensuite pour moi je n’accroche plus, le dénouement est trop abracadabrantesque, je suis certainement trop cartésienne pour y croire mais ce petit bémol n’enlève rien à la qualité du reste du récit, franchement passionnant à lire.

Tobby Rolland nous fait voyager tout au long de son récit fleuve tout autour du globe : Melbourne, le Vatican, Bordeaux, Toulouse, Paris, Hong Kong, l’Arménie et j’en passe car la liste s’allonge de quelques lieux encore à un rythme étourdissant, impossible de s’ennuyer à la lecture de cette belle brique de près de 600 pages.

Le style est dynamique, les chapitres courts, des rebondissements en pagailles, des morts à foison : La dernière licorne se présente comme le thriller de l’été et c’est un vrai page turner on ne peut plus efficace que vous aurez du mal à lâcher jusqu’à la dernière page !

En bref, si vous êtes addict aux thrillers ésotériques, La dernière licorne devrait vous plaire assurément.

Un grand merci à Anne et aux Presses de la Cité pour cette lecture palpitante !!

Agatha Raisin enquête tome 4 : Randonnée mortelle – M.C. Beaton

Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds -et le non moins cher James Lacey. Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l’impression d’enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely. Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d’affaires criminelles. Comme le meurtre d’une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs. Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition.

De retour à Carsely après six mois passés à Londres dans son ancienne agence de relations publiques, Agatha est ravie de retrouver son cottage, ses chats et son voisin James Lacey.

Elle découvre que pendant son absence, Lacey s’est occupé de son jardin et qu’il est à la tête des marcheurs de Carsely qu’elle décide aussitôt d’intégrer. La police n’a eu aucun meurtre à se mettre sous la dent mais aussitôt Agatha revenue qu’un meurtre est commis !

Dans un autre groupe de randonneurs, écolos ceux-là, Jessica, leur meneuse est retrouvée assassinée sur un chemin de randonneur et les potentiels coupables ne manquent pas tant la vicitme avait le chic pour se mettre ses contemporains au dos.

Le duo Lacey / Raisin reprend donc du service pour le plus grand plaisir d’Agatha qui va endosser le rôle d’épouse de son beau voisin pour les besoins de l’enquête…

Après La quiche fatale, Remède de cheval et Pas de pot pour la jardinière, il me tardait de retrouver les Cotswolds et Agatha Raisin, c’est enfin chose faite et ce que je peux d’ores et déjà vous dire c’est que je me suis de nouveau bien divertie avec Randonnée mortelle que j’ai dévoré en à peine plus d’une journée !

Dans ce quatrième opus, toujours aussi savoureux, on retrouve notre Agatha faisant à nouveau équipe avec son beau voisin pour lequel elle a toujours le béguin. Et ô comble de la félicité pour elle, ils se font passer pour un couple marié afin de mieux infiltrer le groupe des randonneurs.

Outre l’aspect humoristique et truculent qui me plait beaucoup, j’aime aussi l’ambiance de campagne anglaise qui se dégage de cette série, on se sent bien dans ce petit village de Carsely et les enquêtes d’Agatha donnent vraiment envie d’aller découvrir les Cotswolds.

L’enquête est un peu moins secondaire que dans les précédents volumes, l’histoire est toujours aussi cocasse, notre Agatha toujours aussi rentre-dedans même si elle s’adoucit de plus en plus et j’ai trouvé ce tome d’une manière générale très réussi.

M.C. Beaton s’attarde davantage sur la psychologie et la personnalité de son tandem que sur l’intrigue policière à proprement parler même si je l’ai trouvé mieux ficelée que d’habitude même si elle se dénoue d’une façon très précipitée, comme d’habitude…

L’importance est ailleurs, ce que j’apprécie ici c’est l’atmosphère de cette série et voir évoluer le tandem James / Agatha, dont l’histoire évolue sacrément dans cet opus, j’ai hâte de voir ce que la romancière nous réserve pour la suite, ça tombe bien les tomes 5 et 6 sont déjà dans ma PAL !

Une lecture distrayante et une héroïne qui me plaît décidément beaucoup et que je compte bien retrouver très vite à l’occasion du tome 5.

Merci à Ophélie et aux éditions Albin Michel pour cette lecture so british !

Le témoignage du pendu – Ann Granger

Lu dans le cadre du mois anglais :

Un homme destiné à la corde dirait n’importe quoi pour sauver sa vie. Mais que faire si son témoignage était vrai ? Lorsque l’inspecteur Ben Ross est appelé à la prison de Newgate par un homme condamné à mort, il ne s’attend pas à accorder le moindre crédit à son témoignage. Mais le récit d’un assassinat dont il a été témoin il y a plus de dix-sept années est si convaincant que Ben ne peut s’empêcher de se demander si ce qu’il a entendu est vrai. S’il est trop tard pour sauver la vie de l’homme, peut-il encore enquêter sur un crime passé inaperçu pendant toutes ces années ?

A la veille de son exécution, James Mills, qui attend d’être pendu dans l’enceinte de sa prison, Newgate, demande à parler à Benjamin Ross, l’homme qui l’a arrêté pour le meurtre de Francis Appleton.

MIlls veut se confesser à l’inspecteur de Scotland Yard : il a été témoin d’un meurtre seize années auparavant. Alors qu’un soir d’orage, il cherchait à trouver refuge à Putney, un village de l’autre côté de la Tamise, relié à Londres par un pont, il a vu une jeune femme étrangler un vieil homme endormi devant son feu.

Ross en informe aussitôt le directeur de Newgate qui prévient le ministre de la justice. Dunn, le supérieur de Ross, ne veut pas ouvrir d’enquête sur ce qui lui semble être l’affabulation d’un condamné à mort mais accepte que Lizzie Ross aille à Putney afin de tenter d’en savoir plus.

Pendant que son épouse enquête sur ce cold case, Ross est chargé de retrouver Jane Canning et sa fille Charlotte dont le mari et père vient signaler la disparition. L’homme leur dit soupçonner un enlèvement mais Scotland Yard découvre que la jeune femme a fui le domicile conjugal…

J’avais aimé Un intérêt particulier pour les morts et La curiosité est un péché mortel, lus respectivement en 2014 et 2015, commencé et terminé l’année 2016 avec Un assassinat de qualité et Un flair infaillible pour le crime.

J’ai donc profité du mois anglais pour retrouver le duo Lizzie et Ben avec Le témoignage du pendu, leur cinquième enquête et une nouvelle fois, le charme opère avec cette série que j’affectionne tout particulièrement et qui me rappelle beaucoup celle consacrée aux Pitt écrite par Anne Perry, des héros qui me manquent je l’avoue !

Et une fois de plus quel plaisir de lecture que ces enquêtes classiques mais efficaces, tricotées avec talent par Ann Granger. Ce nouvel opus ne fait pas exception à la règle et de la première à la dernière page, j’ai été sous le charme de ces personnages, de l’atmosphère so british qui émane de cette histoire, et des trois histoires qui se croisent.

Comme dans les précédents volumes, c’est tour à tour Ben ou Lizzie qui nous narrent l’avancée des enquêtes et cette multiplicité de points de vue est toujours aussi bien maitrisée par l’auteure qui, grâce à ce subterfuge, rend le récit très vivant et nous permet de suivre Ben et Lizzie dans leurs investigations respectives.

Ann Granger sait également nous proposer un cadre historique de qualité, décrit à merveille les côtés sombres et hypocrites des mœurs de l’époque, ici le sort réservé aux femmes sans famille et fortune, à la merci de leurs familles, et nous livre une intrigue policière certes classique mais efficace comme je le disais plus haut, avec des rebondissements à la clé même si on devine bien avant le point final la solution de l’énigme.

Une bonne pioche donc que ce cinquième volume et une série que je compte poursuivre avec Le brouillard tombe sur Deptford.