Agatha Raisin enquête tome 9 : Sale temps pour les sorcières – M.C. Beaton

Traumatisée après qu’une coiffeuse rancunière l’a shampouinée à la crème dépilatoire, Agatha Raisin se réfugie incognito dans un hôtel de la côte en attendant que sa chevelure repousse. N’ayant plus rien à perdre, elle consulte également une sorcière réputée pour ses talents. Miracle, la magie opère, mais pour peu de temps, car la sorcière est retrouvée assassinée … Agatha renoue aussitôt avec ses réflexes de détective, aidée par l’inspecteur Jimmy Jessop, ensorcelé par ses charmes. À moins que ce ne soient les effets du philtre d’amour qu’Agatha a acheté à la pauvre sorcière ?

Presque chauve suite à sa dernière aventure, Agatha Raisin s’installe dans la petite ville balnéaire de Wyckhadden, le temps de la repousse. Impossible pour elle de rester à Carsely et se montrer à James Lacey dans cet état !!

Sur les conseils de Daisy Jones, l’une des pensionnaires de l’hôtel dans lequel elle est descendue, Agatha fait appel aux services de Francie Juddle, la sorcière locale, qui lui vend une potion, censée lui redonner sa chevelure perdue.

Mais quelques heures plus tard, Mrs Juddle est retrouvée assassinée par Agatha. Très vite, notre détective amateur se met à soupçonner les résidents de l’hôtel, adeptes du scrabble et tous fichtrement mécontents de la sorcière.

Agatha va bien entendu vouloir démêler le vrai du faux et prendre bien malgré elle l’inspecteur Jimmy Jessop dans ses filets…

Après avoir beaucoup aimé La quiche fatale, Remède de cheval, Pas de pot pour la jardinière, Randonnée mortelle, Pour le meilleur et pour pire, Vacances tous risques, A la claire fontaine et Coiffeur pour dames, il me tardait de retrouver notre bonne vieille Agatha, et je dois dire que Sale temps pour les sorcières m’a vraiment régalé, une fois de plus !

Changement de décor pour ce nouvel opus, bye bye Carsely et les Cotswolds et direction le sud de l’Angleterre, dans une bourgade de bord de mer nommée Wyckhadden. Les habitants de Carsely laissent la place aux pensionnaires d’un grand hôtel qui s’adonnent à des parties interminables de scrabble, fréquentent les bals réservés au 3è âge, affectionnent les balades sur la jetée et les visites chez la diseuse de bonne aventure locale.

Cette chère Agatha Raisin se retrouve une fois encore au coeur d’une enquête à s’arracher les cheveux et James n’est pas là pour l’aider. Qu’importe, elle va faire contre mauvaise fortune bon cœur en s’associant avec l’inspecteur local qui va littéralement tomber sous son charme, au point de la demander en mariage.

M.C. Beaton nous mitonne une fois de plus un roman distrayant, qui se dévore, avec une enquête plus présente et aboutie, multipliant les fausses pistes et les coupables possibles même si le dénouement arrive comme un cheveu sur la soupe, je ne l’avais pas vu venir et je crois bien que c’est la première fois.

L’auteure nous propose comme toujours un roman plein d’humour avec les mésaventures de cette pauvre Agatha qui se sent très seule et particulièrement moche, touchée dans sa féminité par son absence de cheveux, d’autant plus que la voyante lui prédit un avenir sentimental désertique !

Tome après tome, rien n’est épargné à notre héroïne, décidément bien malmenée par les gens qui l’entourent, hommes ou femmes, elle en prend toujours pour son grade, pour notre plus grand plaisir d’ailleurs.

Dans ce nouvel opus très réussi où l’humour so british fait toujours mouche, Agatha reste fidèle à elle-même avec son franc-parler et son grand cœur. Je m’attache de plus en plus à ce personnage et à cette série dont j’adore l’atmosphère.

Vous l’aurez compris, je suis toujours sous le charme de cette série et de cette héroïne singulière et je ne peux que vous inciter à découvrir Agatha Raisin à votre tour.

Merci aux éditions Albin Michel pour ce très bon moment de lecture !

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Les détectives du Yorshire tome 1 Rendez-vous avec le crime – Julia Chapman

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais œil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne !
Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Samson O’Brien, un policier habitué aux missions d’infiltrations dangereuses, est de retour dans son village natal de Bruncliffe dans le Yorshire. Comme il n’y a pas laissé que de bons souvenirs, il fait face à l’animosité générale. Tous les habitants le détestent mais il entend bien ouvrir une agence de détectives, faute de mieux.

Et ça tombe bien, le local en dessous de l’agence matrimoniale de Delilah Metcalfe est libre comme l’air et la propriétaire a grandement besoin du montant du loyer pour maintenir son entreprise à flots.

C’est ainsi que Delilah va devoir endurer la fronde familiale pour avoir accepté Samson comme locataire. Le policier, autrefois meilleur ami de son frère Ryan tué en Afghanistan, s’est en effet mis la famille Metcalfe à dos en provoquant une bagarre lors du baptême de son filleul et en ayant été aux abonnés absents depuis le décès de Ryan.

Dès l’ouverture de son agence, la famille Hargreaves lui demande d’enquêter sur la mort de leur fils Richard qui se serait jeté sous un train au petit matin. L’homme, divorcé, avait pourtant des projets d’avenir et ses parents sont persuadés qu’il ne s’est pas suicidé.

En enquêtant, Samson découvre que deux autres hommes ont trouvé la mort ces dernières semaines et que tous trois avant en commun de s’être inscrits à l’agence matrimoniale de Delilah afin de trouver l’âme sœur…

Rendez-vous avec le crime est le premier tome des Détectives du Yorshire, un cosy mistery réussi, avec tout ce qui fait le charme de ce genre, porté par un duo d’enquêteurs original et attachant. Comme vous le savez, j’adore ces polars qui ont pour cadre la campagne anglaise et cette jolie couverture signée Emily Sutton donne le ton et surtout très envie de découvrir cette histoire signée Julia Chapman !

Je pensais que ce roman serait dans la même mouvance que la série Agatha Raisin que j’adore et il n’en est rien, c’est tant mieux d’ailleurs. Il y a certes la campagne anglaise et l’humour so britsh mais les ressemblances s’arrêtent là. Alors que les énigmes tricotées par M.C Beaton sont souvent farfelues et assez secondaires, Julia Chapman nous propose ici une vraie intrigue policière bien construite même si j’ai trouvé l’identité du coupable bien avant la fin, cela ne m’a pas gâché mon plaisir pour autant.

L’intrigue est plutôt longue à démarrer et comme c’est un premier tome ce n’est guère étonnant puisque l’auteure a besoin de nous familiariser avec le village de Bruncliffe, ses héros et les nombreux protagonistes de l’histoire que l’on sera sans doute amenés à revoir dans les prochaines enquêtes de Samson et Delilah.

J’ai aimé l’ambiance de ce village où tout le monde se connaît et où aucun secret n’est bien gardé, Julia Chapman nous immerge sans problème au cœur du Yorkshire, avec sa campagne verdoyante, ses fermes et ses pubs.

J’ai également aimé les personnages : notre sympathique duo d’enquêteurs bien sûr mais aussi les personnages secondaires, pour la plupart pleins de charme. Le style de Julia Chapman est agréable et fluide même si la mise en page ramassée n’est pas toujours très heureuse : difficile parfois de savoir quel personnage est le narrateur car l’auteure jongle entre Samson, Delilah et d’autres personnages en sautant simplement une ligne !

Vous l’aurez compris, j’ai passé un très bon moment avec Rendez-vous avec le crime et je ne peux que vous le conseiller si vous aimez les cosy misteries. Pour ma part, je serai ravie de retrouver notre duo dans leur nouvelle enquête à paraître en juin.

Ma copinaute Claire qui m’a accompagné dans sa lecture a elle aussi aimé, vous pouvez retrouver son avis ici.

Un grand merci à Filipa et aux éditions Robert Laffont pour cette lecture so british !

Je sens grandir ma peur – Iain Reid

Un garçon et une fille, dans une voiture lancée à travers la campagne enneigée. Il est absorbé par la route, elle est perturbée par des souvenirs brumeux, ainsi que par d’incessants appels provenant de son propre numéro. Parfois, ils parlent. S’aiment-ils ? Quelques heures plus tard, les voilà attablés face à leurs hôtes, ses parents à lui, dans une ferme reculée. La maison est glaciale, la mère se plaint d’entendre des voix, le couple stocke au sous-sol des peintures inquiétantes. Le fossé entre les deux amants se creuse, sous le poids de tous les non-dits. Et il y aussi cette angoisse, qui a point et ne cesse de grossir, jusqu’à ce que se produise l’innommable…

Quelque part dans la campagne enneigée du Canada. C’est l’hiver. Il fait nuit. Jack et sa petite amie roulent dans un certain silence. La jeune fille se pose beaucoup de questions sur leur relation et se demande si elle ne va pas rompre.

Lui, de son côté, est heureux de montrer la ferme où il a grandi et de présenter celle qui partage sa vie depuis sept semaines à ses parents. Dès leur arrivée, alors qu’elle est transie de froid, il lui fait faire le tour complet du propriétaire.

Elle trouve les lieux sinistres et cela ne va pas s’arranger lorsqu’elle va rencontrer les parents. Elle n’a alors qu’une hâte : en finir avec cette soirée et rentrer enfin chez elle…

Je sens grandir ma peur est le premier roman du canadien Iain Reid couronné par plusieurs prix, qui s’était jusqu’à alors fait connaître pour deux ouvrages de non fiction salués par la critique. Une fois n’est pas coutume ce titre n’a pas eu le temps de croupir dans ma PAL d’autant que les premiers avis tombés étaient dithyrambiques, ce qui a titillé ma curiosité.

Hélas, ce roman si particulier, n’était pas fait pour moi. Je ne dis pas que c’est un mauvais roman car il a des qualités indéniables mais je suis totalement passée à côté alors que j’attendais à aimer ce roman présenté comme distillant une angoisse obsédante, se resserrant tel un noeud coulant jusqu’à la toute dernière page.

Je m’attendais à un thriller psychologique hyper angoissant et pour moi ce ne fut pas le cas. Tout le trajet aller en voiture s’étire, se révèle plat et assez ennuyeux, un certain nombre de passages, notamment les dialogues, sont incompréhensibles et m’ont totalement perdue. Heureusement, l’angoisse démarre dès l’arrivée de nos héros à la ferme, mais on est déjà page 81 sur 208 !

Après, comme je le disais, il a aussi des qualités. Dès lors que l’angoisse s’installe, on commence à douter de tout et de tout le monde. On sent bien qu’il y a une embrouille et que l’auteur veut nous amener dans une certaine direction mais bien sûr, sans savoir laquelle.

On ne la devine qu’en toute fin et pour tout dire elle se révèle plutôt surprenante. Malgré ces points positifs, pour moi le négatif l’emporte : trop d’ennui, pas assez d’angoisse et surtout pas le moindre frisson, pas la moindre asphyxie à la lecture de ce roman.

Pour autant, je ne vous déconseillerai pas cette lecture car elle semble plaire aux autres lecteurs. Je sens grandir ma peur n’était tout simplement pas pour moi et je n’ai jamais vraiment réussi à rentrer dedans. Petite déception donc !

Merci à Anne et aux Editions Presse de la Cité pour leur confiance.

Là où rien ne meurt – Franck Calderon & Hervé de Moras

Paul Bénévent, auteur nîmois à succès, ne se remet pas de la disparition de sa femme, survenue trois ans plus tôt. N’ayant plus rien écrit depuis, il s’apprête à en finir lorsque de soudaines inondations dévastent sa ville et déposent devant sa porte le corps sans vie d’Alexandre, un ami d’enfance.
Très vite, l’enquête révèle que la victime n’est pas morte noyée, mais assassinée. Paul devient le principal suspect. Dans sa quête pour s’innocenter, il découvre bientôt que son ami avait un mystérieux rendez-vous avec une inconnue. Alors que l’étau de la police se resserre, Paul décide de partir sur ses traces…

Nîmes, un soir de déluge. Paul Bénévent, romancier à succès, n’arrive plus à écrire depuis le décès de son épouse trois ans plus tôt. Il est sur le point de se jeter du haut d’un pont lorsque de soudaines inondations dévastent la cité antique.

Il trouve refuge dans le café d’Ophélie lorsque son voisin le plus proche lui apprend par téléphone qu’il a découvert un corps sans vie devant chez lui et que la police a été prévenue.

Paul rejoint son domicile et découvre le cadavre de son ami d’enfance qu’il n’avait pas revu depuis une vingtaine d’années. Pour quelle raison Alexandre s’était-il retrouvé devant sa maison ? De quoi voulait-il l’entretenir ?

Lorsque le commandant Salinque lui apprend qu’Alexandre a été assassiné, Paul comprend qu’il doit retourner sur les traces de son passé, là où son père s’est donné la mort et où Alexandre et lui avaient trouvé une mystérieuse pierre noire…

Là où rien ne meurt est un très bon roman à suspens, plutôt atypique dans son genre, très prenant, qui ravira les amateurs de polars qui redoutent l’hémoglobine. L’enquête de Paul sur les vestiges de son passé est menée tambour battant par les deux auteurs Franck Calderon et Hervé de Moras, qui nous proposent une histoire écrite à quatre mains très efficace, émaillée de fausses pistes et de nombreux rebondissements.

La couverture très jolie au demeurant, est un peu trompeuse. Je m’attendais à une romance policière (cela existe-t-il d’ailleurs ??) et il n’en est rien. Si il y a bien une histoire d’amour, elle n’arrive qu’en toute fin et c’est bien l’intrigue policière qui au cœur du récit et c’est tant mieux car elle se révèle passionnante.

Paul va nous emmener sur les traces de Léonard de Meaulne et de son amante Louise, des astronomes et alchimistes fictifs du XVIIIè siècle qui s’intéressaient à la supernova observée par Tycho Brahe en 1572. On suit notre héros de Caussols, à Calern, de Nîmes à Prague, avec des tueurs à ses trousses.

Au fil du récit, les personnages se dévoilent et se révèlent plutôt complexes et bien dessinés par les auteurs, notamment le flic au grand cœur que j’ai adoré suivre.

Avec Paul et Louise, on observe les étoiles, on furète dans les rues de Prague, on se promène dans des cimetières oubliés à la recherche de fragments d’astéroïdes et de la vérité sur la mort d’Alexandre.

Un très bon moment de lecture que ce polar mâtiné d’ésotérisme et d’une touche de romantisme, j’espère que les auteurs ont prévu une suite, cette fois-ci avec Salinque en héros !

Un grand merci à Filipa et aux éditions Robert Laffont pour cette lecture addictive.

Les sanglots de pierre – Dominique Faget

Hortense règne d’une main de maître sur le domaine de La Louvière. Cette femme indomptable et forte a connu des années difficiles. La Grande Guerre lui a volé son mari, le grand amour de sa vie, et son fils aîné est mort lors de la Seconde guerre mondiale.
En cet été 1955, elle aurait mérité que sa vie soit enfin douce et tranquille… Mais tout est compliqué par les manigances de son petit-fils qui projette de transformer le domaine familial en maison d’hôtes. Sans compter également ces meurtres qui se produisent dans le voisinage.
Est-ce un fou qui a décidé de semer la terreur dans la région ? À la Louvière, Hortense pressent qu’il s’agit d’autre chose et que certains secrets du passé risquent de remonter à la surface et de bouleverser de nombreuses existences…
Quand la vengeance attend son heure…

16 juillet 1942, Paris. Hannelore, David et Robert échappent à la rafle du Vel d’Hiv, grâce au sacrifice de Nathan Meyer. Ils doivent se cacher dans le grenier de leur immeuble en attendant des nouveaux papiers qui leur permettront de rejoindre Bordeaux et la zone libre.

Dénoncés pendant leur périple, ils doivent leur salut à Pierre Laborde, un médecin membre d’un groupe de la Résistance qui va les cacher au domaine de la Louvière.

Eté 1956, Saint-Laurent-des-Vignes, en Gironde. Juliette, 17 ans, passe les vacances chez sa grand-mère Hortense au domaine de La Louvière. Madame Beaulieu de Chayssac règne en maître mais n’a pas une vie si facile. La Grande Guerre l’a rendue veuve et son fils unique Pierre a été tué en 1942.

Alors que toute sa famille est réunie sous son toit, de mystérieux accidents interviennent chez ses voisins. La maréchaussée s’en étonne et penche plutôt pour des actes volontaires.

Un fou est-il en train de décimer les notables de la petite bourgade si paisible ? Pour quelle raison s’en prendrait-on à des hommes paisibles ? Pour leur comportement sous l’Occupation ?

Comme vous le savez sûrement, j’affectionne les secrets de famille et les romans qui nous emmènent dans des époques différentes, j’ai été donc bien servie avec Les sanglots de pierre.

Ce polar historique de bonne facture nous plonge au cœur du vignoble bordelais au milieu des années 50 mais aussi à un autre moment de notre histoire pour le moins nauséabonde, celle où les autorités françaises ont collaboré avec le régime nazi afin d’exterminer les juifs de la surface de la terre.

Dominique Faget joue à merveille sur la temporalité en nous proposant des allers et retours perpétuels entre 1956 et 1942. Le changement d’époque à chaque chapitre apporte beaucoup de rythme et comme l’auteure sait bien doser son suspens, on a sans cesse envie d’attaquer le chapitre suivant tant on est captivé à la fois par l’intrigue policière et par les secrets de famille révélés peu à peu.

Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman un excellent moment de lecture et une fois le nez dedans, j’ai eu beaucoup de mal à en sortir tant j’étais prise dans l’histoire contée avec talent par Dominique Faget.

L’histoire est crédible et très prenante, bien documentée : l’auteure revient sur la rafle du Vel d’Hiv’, la déportation et le sort réservé aux juifs. Mais aussi sur les français courageux, engagés dans la Résistance.

Quant à la partie polar proprement dite, elle est bien menée et les meurtres, particulièrement cruels, font froid dans le dos. On peut sans doute reprocher à l’auteur d’avoir esquissé ses personnages et ne pas être suffisamment rentrée dans leur psychologie mais avec un format aussi resserré, difficile de faire mieux.

Une plume agréable et fluide, une histoire menée sans temps mort avec des rebondissements et un vrai suspens mené jusqu’au bout avec un dénouement surprenant, moi je dis que c’est du bon travail !

Vous l’aurez compris, je ne peux que vous recommander Les sanglots de pierre si comme moi vous affectionnez les secrets de famille et le suspens, vous ne serez pas déçu(e).

Un grand merci à Elise et aux éditions City pour cette lecture, j’ai adoré !

Glacé – Bernard Minier

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise.
Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.
Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière.

Un matin d’hiver glacé dans les Pyrénées. Alors qu’ils prennent le téléphérique pour rejoindre leur lieu de travail, les ouvriers de la centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval accroché à la falaise.

L’animal, un jeune pur-sang appartenant à Eric Lombard, l’une des plus riches fortunes de France, par ailleurs propriétaire de la centrale vieillissante, est retrouvé sans tête et écorché.

La procureur, Catherine d’Humières, est appelée sur place et les ordres de la hiérarchie sont formels : cette enquête est prioritaire, Lombard a le bras long. La proc appelle Martin Servaz, commandant à Toulouse pour lui confier la direction de l’enquête conjointement avec la gendarmerie.

Si cet acte terrible fait froid dans le dos, police et gendarmerie pensent qu’ils ont mieux à faire qu’enquêter sur l’affaire mais la présence d’un asile psychiatrique renfermant de dangereux psychopathes, les contraint à prendre cet acte au sérieux.

D’autant que quelques jours plus tard, le meurtre d’un homme a lieu. Le pharmacien Grimm a été retrouvé pendu et Hirtmann, le plus dangereux patient de l’asile confie à Servaz qu’il devrait s’intéresser aux suicidés qui ont eu lieu dans la vallée une vingtaine d’années auparavant…

Voilà un thriller qui croupissait dans ma PAL depuis sa sortie en poche en 2012 et qui faisait donc partie de ma PAL d’origine, je suis plus que ravie de l’avoir enfin sorti et lu en compagnie de Belette et Stelfique que je remercie au passage.

Glacé est un pavé mais comme il est bien construit et plutôt palpitant, il se révèle être un redoutable page turner dont je suis venue à bout en cinq jours. Ce thriller est le premier roman de Bernard Minier et il met en scène un enquêteur, Martin Servaz, que j’ai trouvé très attachant.

Ce héros tout juste quadra et divorcé n’est pas tombé dans la bouteille, il n’est pas violent ni plombé par un passé trop lourd pour lui, ouf, ça change de ces flics héros récurrents qui cachent de lourds secrets.

L’intrigue est bien développée, on suit essentiellement Servaz dans son enquête, bien aidé par la gendarme Ziegler et par Espérandieu, l’adjoint du commandant, qui viendra à bout de ce mystère ayant, bien souvent, ses racines dans le passé. J’aime tout particulièrement lorsque les auteurs proposent des intrigues reposant sur deux temporalités, comme c’est le cas ici d’autant plus que l’auteur s’en tire fort bien, avec des faits crédibles.

Il y a cependant beaucoup de descriptions et de digressions dont on aurait plus se passer, notamment vers la fin, lorsque l’on veut absolument savoir si on a bien trouvé le mobile et le nom du ou des coupable(s), ces passages-là deviennent exaspérants. Une histoire un peu plus resserrée d’une centaine pages en moins aurait été encore plus efficace à mon avis.

Cependant, comme je le disais plus haut, l’histoire est prenante, crédible et les nombreux rebondissements permettent de passer un très bon moment sans le moindre ennui à l’horizon, ce qui n’est pas un mince exploit lorsque l’on propose un polar de près de 750 pages !

L’intrigue est bien ficelé, le suspens maintenu, l’atmosphère et les faits sont effectivement glaçants et même si je n’ai pas été emballée par les passages se déroulant dans l’asile psychiatriques et que j’ai trouvé la fin un peu trop expéditive, Glacé fut dans l’ensemble un excellent moment de lecture avec tous les ingrédients qui font les bons thrillers et je serai curieuse de retrouver Minier et Servaz dans une autre enquête.

Je vous invite maintenant à découvrir les avis de Belette et Stelfique dont les avis sont tout aussi positifs que le mien !

Agatha Raisin enquête tome 8 : Coiffeur pour dames – M.C. Beaton

Pour toutes ses clientes, Mr John est un magicien : un coiffeur aux doigts d’or qu’elles adorent ! Mais, peu après avoir confirmé ses talents auprès d’Agatha Raisin qui voit poindre ses premiers cheveux blancs, Mr John meurt dans son salon, victime d’un empoisonnement, sous les yeux de la détective. Voici Agatha embringuée dans une drôle d’enquête. Qui en effet pouvait en vouloir à Mr John, adulé par ses nombreuses clientes qui lui confiaient leurs plus troubles secrets ?

En ce mois d’août, c’est la canicule à Carsely. Agatha se languit de James Lacey qui a déserté les Costwolds pour une destination inconnue et notre ex publiciste broie du noir.

Pour se rafraichir les idées et surtout sa coupe de cheveux, elle se rend à Evesham, et sur les conseils de Mrs Bloxby, l’épouse du pasteur, dans le salon de Mr John, qui a paraît-il des doigts de fée.

Et Agatha d’admettre que cette chère Mrs Bloxby avait raison : Agatha est époustouflante grâce aux doigts d’or de Mr John qui en profite pour lui faire du gringue.

Notre héroïne flaire le danger et parvient bientôt à la conclusion que le bellâtre fait chanter ses clientes en mal d’amour…

Après avoir beaucoup aimé La quiche fatale, Remède de cheval, Pas de pot pour la jardinière, Randonnée mortelle, Pour le meilleur et pour pire, Vacances tous risques et A la claire fontaine, il me tardait de retrouver les Cotswolds et Agatha Raisin, et je dois dire que Coiffeur pour dames m’a vraiment régalé, une fois de plus !

Cette chère Agatha Raisin se retrouve une fois encore avec une enquête à s’arracher les cheveux et James n’est pas là pour l’aider. Qu’importe, elle va faire contre mauvaise fortune bon cœur en s’associant, comme à Chypre, avec le baronet sir Charles qui se montre assez habile et parviendra à en retirer toute la gloire, reléguant Agatha à un entrefilet dans les journaux.

M.C. Beaton nous mitonne une fois de plus un roman distrayant, qui se dévore littéralement, avec une enquête plus présente et aboutie même si le dénouement se devine sans peine, je ne suis absolument pas déçue par ce huitième opus, bien au contraire.

L’auteure nous propose comme toujours un roman plein d’humour avec les mésaventures de cette pauvre Agatha qui se sent très seule sans James, se pose beaucoup de questions sur sa vie, son avenir et qui sera une fois encore bien malmenée par son M.C. Beaton qui adore la voir se fourrer dans des embrouilles pas possibles et nous aussi d’ailleurs.

Ce huitième tome est un peu long à démarrer, le meurtre intervient tardivement mais au-delà de l’enquête proprement dite et du personnage haut en couleur et très en verve qu’est Agatha, c’est vraiment l’ambiance de ce petit village anglais des Cotswolds que j’apprécie le plus tout comme les personnages secondaires comme Roy, l’ambitieux, Bill Wong, le policier à la vie amoureuse compliquée, Mrs Bloxby, femme au grand cœur, et Charles qui signe ici son retour.

Je dois vous avouer que j’ai été bien contente que James Lacey soit absent, j’aime de moins en moins ce personnage si cruel avec Agatha même si l’équipe qu’ils forment est efficace.

Vous l’aurez compris, je suis toujours sous le charme de cette série et de cette héroïne singulière et je ne peux que vous inciter à découvrir Agatha Raisin à votre tour.

Merci aux éditions Albin Michel pour ce très bon moment de lecture, j’ai adoré !