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On se retrouve aujourd’hui pour notre bilan mensuel consacré aux pavés, des livres lus par l’ensemble des participants au challenge qui a fêté ses quatre ans en juin. Et je dois dire qu’après un mois de mai catastrophique, le mois de juin a été meilleur puisque nous affichons 13 lectures au compteur !

Au menu de ces quatre dernières semaines du polar, des romans contemporains et romans historiques pour la plupart avec quelques titres british, mois anglais oblige. Un grand merci aux fidèles à ce rendez-vous, qui chaque mois m’accompagne et font vivre ce challenge au long cours !

Pour connaitre le récapitulatif mois par mois et par participants, je vous invite à aller ici.

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Maintenant place aux livres lus au cours du mois de juin, nos avis vous inciteront peut-être à les sortir ou à les ajouter à votre PAL :

Bien entendu vous pouvez encore nous rejoindre puisque ce challenge est illimité, vous pouvez vous inscrire à la suite de ce billet ou ici ! Et si j’ai oublié une de vos participations, n’hésitez pas à me le signaler en commentaire.

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Ce jour de rentrée, c’est seule qu’elle est arrivée à l’institution Sainte-Jeanne. Adolescente introvertie, Juliette a quitté son village minier et sa mère pour suivre ses études. Toujours sur ses gardes, mal à l’aise, elle ne comprend rien aux conversations blasées et superficielles des élèves  » bien nées « . Aussi s’efforce-t-elle de passer inaperçue. Ce monde tranche tellement avec le sien ! Elle qui travaillait avec sa mère au tri dans la mine où elle a vécu tant d’expériences, des traumatismes même, où elle côtoyait de près l’univers rude des mineurs, comment a-t-elle pu être inscrite dans ce prestigieux établissement ?
Ariane, quatorze ans également, affiche, elle, l’assurance des enfants de son milieu. Elle retrouve ses amies, ses habitudes. C’est juste une rentrée de plus pour elle, malgré tout endeuillée par la disparition de son père,  » mort pour la France  » dans la Somme.

Saint-Etienne, 1917. Ariane et Juliette font leur rentrée dans la très chic institution Sainte-Jeanne, réservée aux jeunes filles de la bourgeoisie locale. Les deux jeunes filles, âgées de 14 ans sont pourtant on ne peut plus différentes. L’une est brune tandis que l’autre est blonde, l’une est extravertie, l’autre s’enferme dans le mutisme.

Mais surtout Ariane est issue d’une grande famille dont le père vient de perdre la vie au front alors que Juliette vient du village minier et n’a que très peu vu son père.

Au fil des mois, elles vont pourtant se rapprocher au point de devenir inséparables et découvrir qu’un secret de famille les unit…

Vous savez combien j’aime les secrets de famille et le début du 20è siècle, j’ai donc été ravie de recevoir Ariane et Juliette de Hubert de Maximy dont j’avais beaucoup aimé son précédent roman Olympe.

Changement de lieu et d’époque pour ce récit, bye bye la Révolution et le Puy en Velais, place à 1917 et à Saint-Etienne. J’ai rarement lu des histoires qui avaient pour cadre des pensionnats et je viens d’en lire deux quasiment coups sur coups mais ici nous sommes très loin de Hanging Rock et de l’Appleyard College, l’atmosphère est très différente.

Au-delà de l’amitié entre les deux adolescentes Ariane et Juliette bien attachantes au demeurant et le quotidien immuable de l’institution Sainte-Jeanne, qui ne sont pas forcément d’un grand intérêt, l’auteur fait la part belle à deux beaux personnages féminins que j’ai beaucoup aimé découvrir : Clémence Dignac et Séverine Garand.

Clémence Dignac a fait un joli mariage mais s’en ai trouvé fort malheureuse. Son mari, Armand, ne cessait de la rabaisser et de se moquer d’elle, au point d’en être devenue distante avec leur fille Ariane. Lorsque celui-ci trouve la mort au front, elle tombe dans une profonde dépression jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’elle est au fond, bien heureuse de son sort.

Ce veuvage va la libérer et elle va oser sortir du carcan imposé aux veuves de guerre de la grande bourgeoisie. Lors d’une visite à l’hôpital, elle va faire une rencontre qui va changer sa vie en la personne de Ferdinand Fraisse, un chirurgien orthopédique.

A partir de là, elle se révèle, au grand dam de son beau-père qui estime qu’elle déshonore la mémoire de son fils mais pour le plus grand plaisir de sa fille, comblée de voir sa maman enfin heureuse.

Grâce à ses deux personnages, Hubert de Maximy va faire rentrer les blessés de guerre dans son récit, véritables laissés pour compte de l’Histoire car revenus vivants du front et surtout porteurs des traces indélébiles laissées par l’ennemi : membres amputés, parties du visage arrachées, gazés, victimes de troubles psychiatriques…

Autre figure féminine très intéressante : Séverine Garand, professeure à l’institution Sainte-Jeanne, une jeune femme déçue par son premier amour et qui a reporté cette déception sur ses études afin de devenir professeure et surtout indépendante de sa famille et d’un homme.

Militante socialiste, elle va s’intégrer au groupe d’éclopés de la guerre que Ferdinand Fraisse a sauvé d’une mort certaine. Confidente de Juliette et d’Ariane, elle va dénouer avec elles les zones d’ombre qui entourent leurs vies.

Vous l’aurez compris, j’ai passé un très bon moment avec ce roman grâce à son tissu historique que Hubert de Maximy, en fin connaisseur, nous rend à merveille, au contexte social très présent avec une lutte des classes et des préjugés qui ont la vie dure chez les pauvres comme chez les riches, et surtout grâce à la belle brochette de personnages bien dessinés que j’ai eu plaisir à suivre jusqu’au dénouement même si pour moi les secrets de famille dont il est question ici sont facilement décelables, c’est le seul point négatif à mon sens.

Un grand merci à Laëtitia et aux Editions Presses de la cité pour cette lecture bien agréable !

Comme chaque matin de la semaine, Dracula va à l’école. Mais c’est avec une boule au ventre car certains de ses camarades de classe, de gros balourds, n’arrêtent pas de l’embêter. Certes, quelques-unes de ses particularités font de lui un garçon différent mais est-ce une raison suffisante pour qu’il subisse ce harcèlement constant ? Comment y remédier ? Un soir, il franchit le pas et en parle à son papa…

Dracula a la peau blanche, des dents pointues, un vocabulaire châtié, il est le meilleur élève de sa classe et le chouchou de sa maîtresse. Comme il est de constitution fragile, il est en plus exempté de cours de sport.

Le jeune garçon est solitaire et n’a pas d’ami. Mais surtout, il est la cible de Christophe et de ses copains qui font de sa vie, un enfer. Dracula est leur tête de turc et se fait molester voire rouer de coup à la moindre occasion. Et comme, il est persuadé que tout est de sa faute, il ne dit rien à personne et surtout pas à son père…

Chaque jour Dracula signe mes retrouvailles avec Loïc Clément dont j’avais beaucoup apprécié les scénarii de Chaussette et des Jours sucrés. Son nouvel album à destination des 6 / 8 ans aborde le délicat sujet du harcèlement scolaire.

Une thématique qui m’est chère en tant que maman de deux garçons qui sont loin d’être les plus populaires de leur classe et souvent mis de côté par les autres, notamment à cause de leur désintérêt pour le ballon rond.

Accompagné ici de Clément Lefèvre qui signe les illustrations de cet album, très jolies au demeurant avec une belle maîtrise des couleurs et une façon de croquer les personnages en les rendant plus vrais que nature.

Ce thème du harcèlement scolaire est de plus en plus traité dans la littérature jeunesse et c’est tant mieux. La bonne idée de celui-ci c’est de prendre un personnage emblématique de la littérature adulte et du cinéma, que l’on décrit en général comme sanguinaire et terrifiant.

Ici le jeune Dracula a un père végétarien et il est un enfant comme les autres à quelques exceptions près. Je ne suis pas une inconditionnelle de Dracula, je n’ai pas lu le roman de Bram Stocker mais j’aime beaucoup en revanche Hôtel Transylvanie et Hôtel Transylvanie 2 dont il est le héros, j’étais donc curieuse de voir ce qu’un Dracula enfant pouvait donner et j’ai été très touchée par le jeune héros imaginé par Loïc Clément.

Le scénariste joue sur la représentation que l’on a de Dracula et inverser les rôles en faisant du vampire cruel un enfant innocent, victime de la méchanceté des enfants, vu comme un monstre par ses harceleurs, monstre que l’on se doit de pourchasser sans relâche.

Vlad, le père de Dracula, lorsqu’il comprend de quoi est victime son fils, est très triste mais aussi en colère et il va aussitôt avertir la maitresse des mauvais traitements dont son fils est l’objet.

Mais le salut du petit Dracula doit venir de lui-même afin que le harcèlement prenne fin.

Un album qui fait mouche et qui prône la tolérance et l’acceptation des autres, même ceux très loin de la « normalité » ont le droit au respect et surtout celui d’avoir des amis !

Konbini – Sayaka Murata

Depuis l’enfance, Keiko Furukura a toujours été en décalage par rapport à ses camarades. A trente-six ans, elle occupe un emploi de vendeuse dans un konbini, sorte de supérette japonaise ouverte 24h/24. En poste depuis dix-huit ans, elle n’a aucune intention de quitter sa petite boutique, au grand dam de son entourage qui s’inquiète de la voir toujours célibataire et précaire à un âge où ses amies de fac ont déjà toutes fondé une famille. En manque de main-d’oeuvre, la supérette embauche un nouvel employé, Shiraha, trente-cinq ans, lui aussi célibataire.

Keiko Furukura est depuis toujours en marge. Née dans une famille traditionnelle, avec un père comptable, une mère au foyer et une jeune sœur, elle n’a manqué ni de confort ni d’affection.

Et pourtant, dès son plus jeune âge, elle a un comportement singulier, vivant sans filtre et ne sachant quelle attitude adopter face aux autres. Alors, elle prend le pli de faire comme tout le monde afin de ne pas s’attirer l’attention d’autrui, répétant des discours qu’a inventé pour elle sa sœur cadette.

Pour faire court, Keiko a tout d’une autiste mais ça personne ne s’en rend compte, même pas elle. Son entourage la voit davantage comme une malade qu’il secoue de temps à autre, sans résultat.

A l’âge de dix-huit ans, elle quitte le foyer familial pour l’université, et afin de ne pas être une charge pour ses parents, elle obtient un poste de vendeuse à temps partiel dans une konbini, une petite supérette très répandue au Japon.

Dix-huit ans plus tard, Keiko occupe toujours le même emploi au grand dam de ses parents, de sa sœur, de ses amies et plus généralement de toute la société japonaise. A son âge, elle devrait être soit mariée et maman au foyer soit en poste dans une grande société…

Sayaka Murata a trente-six ans et quelques points communs avec son héroïne Keiko Furukura : l’âge et un emploi dans une supérette. Konbini a reçu plusieurs prix dont le prix Akutagawa et a connu un succès fulgurant au Japon avec des centaines de milliers d’exemplaires écoulés et un très bon accueil de la critique.

Dans ce court roman, Sayaka Murata pose un regard décapant sur la société japonaise contemporaine en mettant en scène une héroïne non conforme d’après les normes nipponnes.

Pourtant, Keiko s’épanouit dans ce travail, se sent bien dans son Konbini, rassurée par le quotidien s’écoulant au rythme des jours, des heures, des réductions et des nouveautés, dans une routine qui l’apaise et la berce. Sa famille et ses amies lui font sentir le poids de son célibat et de son choix professionnel manquant singulièrement d’ambition.

La pression sociale au Japon est grande, la société reste très traditionnelle : c’est l’homme qui doit assurer la vie du foyer et la femme, s’occuper de ses enfants et de son intérieur. La plupart des employés de konbini sont des étudiants, des « freeters » (personnes accumulant des petits boulots souvent jeunes) ou des femmes au foyer voulant s’occuper pendant que leurs enfants sont à l’école.

Le fait qu’à son âge, Keiko n’ait aucune relation sentimentale, ne cherche pas de mari ni de travail plus ambitieux est suspect aux yeux de ses proches. Ce roman n’est pas une critique de la société nipponne mais plutôt une véritable ode à la différence.

Keiko, est un personnage singulier, perdue dans cette société normalisée, stigmatisée par son entourage qui se permet de la juger, je l’ai trouvé touchante dans sa difficulté à s’intégrer dans cette société où l’individu est moins important que le collectif. Comme je ne connais pas vraiment la société japonaise, j’ai trouvé cette lecture agréable et totalement dépaysante d’autant que l’auteure nous donne les clés pour comprendre tout au long du récit à travers les dialogues et les réflexions de son héroïne.

Ma première incursion dans la littérature japonaise m’a intrigué et je compte bien m’intéresser dans le futur à la littérature asiatique et nippone en particulier, si vous avez des titres à me conseiller, je suis preneuse !

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Et si, pour reprendre goût à la vie, vous remettiez votre destin aux mains d’un inconnu ? Jonathan, la quarantaine, divorcé, s’enferme dans son train-train quotidien. Hannah, au contraire, éternelle optimiste, profite de chaque instant et ne tient pas une minute en place. Mais ce premier janvier chamboule tout pour eux.
Jonathan trouve sur son vélo un mystérieux agenda rempli d’étranges invitations : marcher pieds nus dans l’herbe, dormir à la belle étoile, manger des gâteaux jusqu’à en avoir mal au cœur… S’il considère ces activités comme plus extravagantes les unes que les autres, il finit par se prendre au jeu, curieux de voir ce qui se passera. En quelques mois, il est changé. Se pourrait-il qu’il soit heureux ? Son conjoint ayant disparu, Hannah, elle, est plus perdue que jamais.
Jonathan ignore cependant qui est l’auteur de ces pages et qu’il s’agit là d’une ultime déclaration d’amour, une déclaration à laquelle Hannah n’est peut-être pas étrangère.

Hambourg, 1er janvier. Jonathan N. Grief, a, comme chaque matin à 6h30 précises, chaussé ses tennis, enfourché son VTT en dépit du froid glacial pour son tour quotidien au lac Aubenalster.

Après sa séance de sport, il revient à son vélo et voit un sac accroché dessus. Intrigué, il découvre un agenda. Il interroge un homme à l’allure d’Harry Potter et d’autres passants mais ne retrouve pas le propriétaire du filofax.

Persuadé qu’il s’agit d’une erreur, il fouille l’agenda de fond en comble sans résultat, le nom du possesseur n’y est pas. Il pense amener l’agenda aux objets trouvés mais en découvrant 500 euros dedans y renonce, préfèrant se rendre le 4 janvier au rendez-vous dument noté et le rendre ainsi à qui de droit.

Deux mois plus tôt, Hannah est sur le point d’ouvrir son agence de garde d’enfants et d’organisation d’évènements avec son amie Lisa. En ce jour d’inauguration de Galopins & Co, elle compte sur son amoureux depuis 5 ans, Simon, pour apporter les ballons et tout le matériel à bord de sa voiture.

A quelques minutes de l’ouverture, toujours pas de Simon. Hannah fonce chez lui et le découvre au lit. Il a beau arguer une grande fatigue et de la fièvre, elle le tire du lit pour jouer un clown le temps d’une après-midi comme prévu.

Simon la suit mais bientôt, un malaise le prend et il est emmené aux urgences. Lorsque les résultats tombent, ils sont sans appel, Simon a un cancer déjà métastasé et seulement quelques mois à vivre.

Marqué par cette maladie qui a emporté ses parents, Simon préfère rompre et rendre sa liberté à Hannah qui ne l’entend pas de cette oreille. Elle lui concocte une année parfaite avec des rendez-vous précieusement notés sur un agenda qu’elle lui offre le 31 décembre.

Mais le 1er janvier au matin, Simon a disparu et son agenda avec lui…

Ton année parfaite est le premier roman de la journaliste allemande Charlotte Lucas qui jusqu’alors s’était cantonné aux thrillers sous le nom de Wiebke Lorenz. Voilà un feel-good book comme je les aime qui se conforme aux attentes du genre tout en s’écartant des sentiers battus pour être un peu plus original et c’est très réussi.

Prenant comme base la liste de choses à faire, sujet ô combien rebattu, l’héroïne la transpose sous forme d’agenda et de pensées positives afin de donner envie à son amoureux l’envie de se battre contre son cancer et de ne pas accepter l’inéluctable.

Hannah est une éternelle optimiste. Mais quand son conjoint disparaît, elle se sent totalement perdue. Jonathan est un quadragénaire divorcé qui s’enferme dans sa routine. Président d’une maison d’édition prestigieuse, il n’a aucun goût pour le travail et aucun ami. Et lorsqu’il trouve l’agenda l’invitant à découvrir des actions simples qui l’aideraient à retrouver le bonheur : marcher pieds nus dans l’herbe, regarder les étoiles ou manger des gâteaux, il le fait sien et l’applique à la lettre.

Charlotte Lucas nous propose ici deux histoires parallèles avec deux héros bien distincts que l’on va suivre pendant plusieurs mois, celles de Hannah et de Jonathan qui vont finir par se rejoindre grâce à l’agenda.

Cet outil qui devait redonner goût à la vie à Simon va aider Jonathan à revoir son quotidien, ses bonheurs et l’amener à s’interroger sur sa mère qui a préféré abandonner son fils unique pour retourner dans son pays l’Italie et dont il est sans nouvelle depuis près de trente ans.

Une jolie histoire pleine de lumière et d’espoir, d’amour aussi, qui fait du bien, bien que traitant de sujets assez graves comme le cancer, le deuil, l’abandon, le divorce, l’alcoolisme ou la pauvreté et que je vous recommande pour cet été. Il saura vous divertir mais aussi vous interroger sur ce que vous pourriez faire si vous étiez confronté à ces problématiques.

Un grand merci à Anne et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture, j’ai adoré et bravo pour cette couverture très jolie signée Constance Clavel !

1947. Bien que l’Allemagne nazie soit tombée, le cauchemar pour les Juifs d’Europe n’est pas terminé. Persécutés par les communistes, abandonnés par les Alliés, leur route vers la terre promise d’Israël a encore des allures de long calvaire… Cette réalité, la jeune Oliwka la découvre brutalement lorsqu’on lui apprend qu’elle avait été confiée, encore bébé, à une famille adoptive pendant la guerre. Que sa véritable identité avait été changée pour échapper aux nazis. En réalité, elle s’appelle Astar Berkenbaum. Elle est juive. Et comme des milliers d’enfants, elle ne doit la vie sauve qu’à une femme : Irena Sendlerowa.

Varsovie, 1947. La guerre est finie depuis deux ans et le pays est tombé peu à peu aux mains des soviétiques. C’est l’heure pour les juifs rescapés des camps et pour les enfants sauvés par la résistance, de retrouver leur identité et une terre d’asile.

Irena Sendlerowa est membre du centre citoyen d’aide sociale polonais. Décédée en 2008, déclarée Juste parmi les nations en 1965, Irena Sendlerowa, a réellement existé. Résistante et militante polonaise, fut l’une des plus grandes héroïnes de la Seconde Guerre Mondiale, sauvant près de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie.

Nous avions laissé Irena prisonnière, nous la retrouvons bien des années après la guerre sur la terre d’Israël en compagnie de Astar Berkenbaum, l’une des enfants qu’elle a pu sauver par ses actions héroïques.

Avec cette rencontre, on replonge dans les années de guerre et notamment la période, où prisonnière des allemands, elle fut chaque jour torturée afin de livrer les noms de ses complices, ce qu’elle ne fit jamais.

On voit son quotidien et celui de ces co-détenues, les exécutions sommaires pour un simple rire et comment elle parvint à s’évader et à rejoindre la clandestinité où elle continuera ses actes de résistance.

Jean-David Morvan au scénario et Séverine Tréfouël / David Evrard aux illustrations, retracent sur trois albums le combat humaniste de cette « mère des enfants de l’Holocauste », un destin incroyable et une femme exceptionnelle à tous points de vue.

J’avais eu un coup de cœur pour les deux premiers volumes de cette série : Le guetto et Les justes, ce troisième est réussi aussi et bien que sans pathos aucun, il m’a émue aux larmes car une fois de plus les auteurs ne nous cachent rien de l’horreur vécue par les captifs du ghetto et victime de l’épuration ethnique décidée par le régime d’Hitler mais aussi le sort réservé aux résistants et les séances de torture auxquels ils étaient soumis jour après jour.

Cette bande dessinée classée jeunesse n’est en aucun cas à mettre dans les mains des plus jeunes et se destine plutôt aux adolescents et aux adultes, il y a des scènes atroces de tortures et d’exécutions sommaires, de lentes agonies d’êtres humains affamés, qu’ils soient vieillards, adolescents ou enfants, assez insoutenables, rien ne nous est épargné, même si le dessin naïf et doux de David Evrard vient adoucir certaines situations.

Les pages alternent entre couleurs vives (symbolisant l’espoir) et les couleurs sombres (pour les scènes de torture avec les nazis).

Le travail de documentation des auteurs est remarquable et leur approche est très pédagogique car l’histoire se lit facilement et propose différents niveaux de lectures permettant aux adultes de prendre conscience des atrocités de cette période tout en restant accessible à des lecteurs plus jeunes qu’il faut néanmoins accompagner dans cette lecture car certains passages, vous vous en doutez, sont très durs et ne sont pas à mettre dans les mains des plus émotifs.

Il est essentiel de continuer à parler de la shoah et des Justes afin que les plus générations soient sensibilisées à l’heure où de plus en plus de pays ont la tentation du repli sur soi et du nationalisme.

Toucher, émouvoir, parler d’hier pour raconter aujourd’hui, une mission remplie haut la main par Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël et David Evrard, je vous recommande vivement les trois volumes !

Bilan du mois anglais 2018

Tout au long du mois de juin, j’ai eu le plaisir de participer, comme chaque année, au mois anglais organisé par Lou et Cryssilda.

Et, comme chaque année, je m’étais mitonnée une pile à lire de compèt’ pour l’occasion car ma PAL regorge de romans et d’auteurs anglais.

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Et une fois n’est pas coutume, j’ai allègrement pioché dedans et j’ai pu ainsi extraire 11 titres qui parfois y croupissaient depuis des années : toutes de belles lectures so british et même deux coups de coeur !

Classiques
Du Maurier, Daphne : Ma cousine Rachel
Gaskell, Elisabeth : Les confessions de Mr Harrisson

Contemporains
Haddon, Mark : Le bizarre incident du chien pendant la nuit

Historiques
Maitland, Karen : Les âges sombres
Peyrin, Laurence : L’aile des vierges
Simonson, Helen : L’Été avant la guerre

Policiers
Beaton, M.C : Agatha Raisin enquête tome 10 Panique au manoir
Beddingfeld, Anne : Les ombres de Torquay’s Manor
Wendeberg, Annelie : L’héritier de Moriarty

Jeunesse
Nicodème, Béatrice : Wiggins et les plans de l’ingénieur
Webb, Holly : Maisie Hitchins tome 4 L’affaire du masque à plumes

Rendez-vous en juin 2019 pour une nouvelle édition du Mois Anglais. Et vous, avez-vous participé ?