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Avril est déjà là et il est plus que temps pour moi de revenir avec vous sur mes lectures du mois de mars. Des romans policiers, historiques ou contemporains, de la jeunesse et des graphiques sont venus ponctuer le troisième mois de l’année avec de plutôt belles lectures dans l’ensemble !

Au cours de ces quatre dernières semaines, j’ai lu vingt titres dont 3 pavés et 1 album pour les tout petits : 9 services de presse, 1 emprunt et 10 achats.

La plupart de ces lectures a déjà fait l’objet d’une chronique, les autres le seront dans les prochains jours. Comme d’habitude, j’ai pioché allègrement dans ma pal de mars, preuve que concocter ces petites piles à lire me convient bien.

On commence par les romans policiers et tout d’abord Arsène Lupin contre Herlock Sholmès de Maurice Leblanc qui a confirmé mon envie de poursuivre les aventures du gentleman cambrioleur en avril. Un polar anglais bien sympathique même s’il manque de suspens : Cottage, fantômes et guet-apens d’Ann Granger. On poursuit avec un document qui revient sur plusieurs faits divers célèbres des 19è et 20è siècle : Grandes affaires criminelles de Sylvain Larue. Et enfin, un quasi coup de coeur pour le tout premier roman d’Agatha Christie, La mystérieuse affaire de Styles que j’ai adoré.

On passe aux romans historiques avec La brodeuse de Winchester de Tracy Chevalier qui m’a passionnée, cette autrice ne me déçoit décidément jamais. Direction la Préhistoire et plus particulièrement la dernière glaciation avec Le chant du bison d’Antonio Perez Henares, un roman dense mais intéressant. On poursuit avec un très court roman que j’ai adoré : Les heures silencieuses de Gaëlle Josse. Une belle brique maintenant : Les déracinés de Catherine Bardon.

On continue avec des titres plus contemporains et une pièce de théâtre : Soudain l’été de Tennesse Williams, des thèmes encore très actuels plusieurs décennies après sa parution. La danse de la tarentule de Claire Blanchard, un récit bouleversant que je vous recommande vivement. Un premier roman qui ne m’a pas laissée indifférente : Aurore de Bertrand Touzet, le quotidien d’une infirmière au service des personnages âgées. Petite déception pour La tresse de Laëtitia Colombani que j’ai trouvé bien trop rapide à mon goût. Un récit coup de poing dont il ne faut rien savoir avant d’en entamer la lecture : Femmes en colère de Mathieu Ménégaux dont je vous parle très vite. Enfin, j’ai découvert la plume de Séréna Giuliano avec Luna, son dernier roman. Et last but not least : À moi la nuit, à toi le jour de Beth O’Leary, une très chouette comédie romantique.

De la jeunesse maintenant avec Air Force one, le second opus des Lapins de la couronne d’Angleterre de Santa et Simon Montefiore, une série que j’adore ! Et La prophétie, le premier tome d’Arno le valet de Nostradamus d’Annie Jay, un chouette petit roman historique.

Quelques graphiques pour conclure et Toile de dragon de Muriel Zürcher et Lan Qu, un merveilleux conte à découvrir absolument ! Pour les bébés, Promenade sous la terre d’Emeri Hayashi, qui fait le bonheur de mes petits lecteurs. Pour les ados et les adultes : Les spectaculaires contre les brigades du pitre de Régis Hautière et Arnaud Poitevin, un cinquième opus absolument épatant et Blanc autour de Wilfrid Lupano et Stéphane Fert.

En ce premier avril, pas de poisson, mais comme chaque premier jour du mois, ma pile à lire mensuelle, l’article que vous préférez lire sur mon blog si j’en crois mes statistiques !

Au menu de ce mois d’avril, douze titres comme toujours très variés, provenant principalement de mes achats ou de mes réceptions de ces dernières semaines mais aussi quelques titres plus anciens. Une pal un peu moins conséquente par rapport aux précédentes afin de pouvoir lire aussi les titres sur lesquels je craque en librairie.

Romans historiques :
– La vraie vie de Gustave Eiffel de Christine Kerdellant (SP)
– Pour l’honneur des Rochambelles de Karine Lebert (SP)
– Le secret de Tristan Sadler de John Boyne
– Miroir de nos peines de Pierre Lemaitre

Romans policiers :
– L’aiguille creuse de Maurice Leblanc
– La reine se confine de Frédéric Lenormand (SP)
– Erectus tome 2 L’armée de Darwin de Xavier Müller
– Les disparus de Trégastel de Jean-Luc Bannalec (SP)

Romans contemporains :
– Face à la mer immense de Lorraine Fouchet (SP)

Romans jeunesse :
– Le wonderling de Mira Bartok (SP)

Romans graphiques, BD :
– Chaplin prince d’Hollywood de Laurent Seksik et Olivier François (SP)
– Le jardin Paris de Gaëlle Geniller

En avez-vous lu certains ? Lesquels vous tentent ?

Né en juillet 1969, Régis Hautière est un scénariste d’origine bretonne résidant dans les Hauts-de-France. Il rejoint les éditions Casterman en 2010 avec l’album De briques et de sang, coréalisé avec David François, puis avec la série La Guerre des Lulus, mise en images par Hardoc. Scénariste prolifique, il reprend chez Delcourt la mythique série Aquablue. Il compte à son actif une soixantaine de titres parmi lesquels les séries Abélard, Perico, Les Trois Grognards ou encore Les Spectaculaires. En 2018, en co-écriture avec Régis Goddyn, il crée pour Mohamed Aouamri sa première héroïne pour la jeunesse : Zibeline.

Des clowns d’un nouveau genre font leur cirque dans les rues de Paris, emmenés par le Pitre qui a déguisé la colonne Vendôme au nez et à la barbe de la force publique.

Pillage, saccage, chantage, outrage, cambriolage, tapage, ces artistes rigolards ne reculent devant aucune forfaiture pour terroriser le Tout-Paris et ridiculiser les autorités.

Mais voici que face à eux se dressent les as du cafouillage, les princes du dérapage, les rois du naufrage : les Spectaculaires ! Et ils mettront tout en oeuvre pour mettre fin aux agissements du Pitre et de ses acolytes…

Vous le savez si vous me suivez depuis longtemps, j’adore la bande des spectaculaires et j’attends chaque année avec une certaine impatience le moment de nos retrouvailles ! Ce cinquième opus est comme toujours hyper réussi et particulièrement désopilant.

Après Le cabaret des ombresLa divine amanteLes spectaculaires prennent l’eau, Les spectaculaires dépassent les bornes voici donc Les spectaculaires contre les brigades du pitre dans lequel nous retrouvons avec bonheur le professeur Pipolet, ses inventions avant-gardistes rarement fiables et la fine équipe des Spectaculaires que sont Eustache, l’homme fort, Félix le lycantrope, Evariste l’homme volant et Pétronille, qui n’a besoin d’aucun artifice pour être spectaculaire comme le dit si bien la divine Sarah Bernhardt.

Cette troupe d’artistes de cabaret un peu ratés emmenée par l’inénarrable professeur Pipolet à la mémoire vacillante et aux inventions farfelues, doit, dans ce cinquième tome, délivrer Domitille, l’épouse du baron Louis-Gonzague Clampin du Buisson de Bassefeuille, otage du pitre, qui en veut aux millions du baron. La dite Domitille se trouve être la soeur jumelle de notre héroïne dont elle ignorait l’existence !

Et comme toujours, Pétronille mise à part, ils ne se révèlent pas futés pour un sou et bataillent sec avec les inventions de Pipolet toujours aussi approximatives en diable, qui sont censées leur permettre de battre leur adverse grimé, qui a pour seule arme, le rire.

J’a trouvé ce cinquième volume absolument épatant : très amusant, avec des clins d’œil à des personnages de bandes dessinées ou à la pop culture bien vues, des péripéties et des rebondissements en pagaille pour nos héros et un dénouement spectaculaire, le suspens est une fois de plus mené jusqu’au bout, ce qui est un bon point pour les amateurs d’aventures et d’énigme.

Autre bon point pour moi la narration pleine d’humour qui se révèle très plaisante pour les adultes avec des dialogues savoureux et un vocabulaire argotique du début du 20è siècle qui nous plonge avec délectation dans une ambiance Belle Epoque très réussie.

Je trouve que le scénario de Régis Hautière est formidable, riche idée que de nous proposer une intrigue autour des premières brigades mobiles, les fameuses brigades du Tigre et de l’anarchisme, l’année où nous fêtons les 150 ans de la Commune de Paris

Quant aux dessins d’Arnaud Poitevin, je les trouve toujours très réussis et rythmés, ils servent parfaitement l’intrigue mitonnée par Régis Hautière et mettent en valeur les personnages et les péripéties qu’ils vivent

Les quatre Spectaculaires sont décidément sympathiques en diable et le professeur Pipolet, savant particulièrement barré aux inventions scabreuses, apporte la touche humoristique indéniable qui font de ce volume, un formidable divertissement.

C’est frais, pétillant, avec une ambiance burlesque réussie et des rebondissements à la clé, je ne peux que vous recommander cette excellente série destinée aux 12 ans et plus, vous passerez un très bon moment, mes ados l’adorent aussi !

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture amusante et pleine de peps.

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Cinéaste, scénariste, comédienne et romancière, Laetitia Colombani est l’auteure de La Tresse, vendu à plus d’un million d’exemplaires en France, traduit dans 40 langues et couronné d’une vingtaine de prix littéraires. Le roman est actuellement en cours d’adaptation pour le grand écran. 

Village de Badlapur, Uttar Pradesh, Inde. Smita est une Intouchable. Elle ne sait ni lire ni écrire, n’a aucun droit, et son quotidien se résume à ramasser les excréments avec ses mains. Et ce quotidien, elle veut que sa fille n’ait jamais le même, et pour ça, la petite fille doit aller à l’école pour apprendre à lire et à écrire.

Palerme, Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de perruques de son père, Pietro Lanfredi. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle, qui doit lui succéder, découvre que l’entreprise familiale est ruinée.

Montreal, Canada. Sarah, avocate réputée, mère de trois enfants et deux fois divorcée, fait passer son job d’associée avant tout. Elle ne prend jamais de vacances ou d’arrêt maladie mais elle enfin sur le point d’être promue à la tête de son cabinet. Sauf que lorsqu’elle apprend qu’elle est gravement malade, tout s’effondre…

La tresse de Laëtitia Colombani a connu un grand succès lors de sa parution il y a quatre ans déjà. Je n’avais pas l’intention de le lire, trop vu, trop plébiscité ! Mais j’ai tellement aimé Les victorieuses que je me suis laissée tenter par ce titre.

Trois femmes sur trois continents. Trois femmes qui vont dire non. Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est réservé et décident de se battre.

Trois femmes, trois vies, trois continents et une même soif de liberté. Leurs histoires proposées par Laëtitia Colombani sont évidemment touchantes.

Difficile de ne pas s’émouvoir devant le sort de Smita qui veut le meilleur pour sa fille, quitte à prendre tous les risques dans une Inde encore corsetée par son systèmes de castes. De Giulia qui souhaite sauver son atelier et les emplois dont elle a la responsabilité et de Sarah qui se retrouve mise au banc de son cabinet car moins disponible pour lui !

Roman choral, on suit tour à tour ces trois héroïnes à un instant crucial de leur vie, trois femmes à la fois tellement proches et éloignées, que tout sépare et qui sont cependant liées par un cheveu.

Les thèmes qui traversent ce roman sont aussi plein d’intérêts : la maladie, la crise économique, la pauvreté, l’amour…

L’histoire n’est pas inintéressante mais bien trop survolée à mon goût. Et si le destin de Smita m’a captivée et m’a serrée le coeur, celui de Giulia m’a laissé de marbre et Sarah m’a touchée à cause de son cancer mais sa personnalité m’a irritée.

Un roman facile à lire mais qui manque pour moi de profondeur, tout va bien trop vite et j’aurai aimé que l’histoire soit davantage développée.

Et vous, vous l’avez lu ? Aimé ?


Agatha Christie est sans nul doute l’une des romancières les plus appréciées de son temps. Auteure de quatre-vingt-quatre ouvrages qui constituent pour la plupart des intrigues policières, d’une vingtaine de pièces de théâtre et de plusieurs recueils de nouvelles, elle est parvenue à faire de ses oeuvres de grands succès du XXe siècle, lues partout dans le monde (plus de 2 milliards d’exemplaires vendus).

Styles, 1917. Arthur Hastings, rapatrié en Angleterre, est invité dans la demeure de Styles Court par son ami John Cavendish, qui lui apprend que sa mère s’est remariée avec un homme beaucoup plus jeune, le mystérieux Alfred Inglethorp. À Styles, tout le monde a l’air de le détester. Sauf évidemment Mrs Inglethorp.

Quelques jours plus tard, Emily Inglethorp est empoisonnée et les soupçons pèsent immédiatement sur Alfred Inglethorp, unanimement honni. Hercule Poirot, ancien Inspecteur de Police Belge bien connu de Hastings, qui est aussi au village de Styles Saint-Mary, est invité par Hastings à résoudre cette affaire.

Apparemment, Poirot pense qu’ Alfred Inglethorp n’est pas l’assassin et il essaye de le disculper lors de l’audience préliminaire. Car il y a aussi les beaux-enfants de Mme Inglethorp qui auraient bien besoin de l’héritage, et Cynthia, la protégée de la défunte : tous auraient pu se procurer la strychnine qui a servi à la tuer. Mais Poirot a-t-il une idée derrière la tête?…

La mystérieuse affaire de Styles est le premier roman d’Agatha Christie paru en 1920. Et dès ce premier opus mettant en Scène Poirot, Hastings et Japp, le succès est immédiat !

Il faut dire qu’il contient déjà tous les éléments qui vont faire la renommée de la reine du crime : une enquête bien ficelée, du poison, un détective affuté, jouant de ses petites cellules grises comme personne, son associé totalement à côté de la plaque et un inspecteur de police dépassé.

Autant vous le dire d’emblée, j’ai adoré cette relecture, au point de l’avoir lu d’une traite ! Relecture car j’ai lu, il y a de cela fort longtemps, tous les Agatha Christie alors que j’étais en fac de lettres.

Et comme j’ai une mémoire de poisson rouge, je ne me souviens d’aucun. J’ai donc décidé de les relire dans l’ordre de leur parution et c’est tout naturellement que je démarre avec ce premier titre !

Une fois de plus, j’ai plongé dans ma lecture avec délectation car pour moi un Agatha Christie c’est un pur moment de plaisir livresque : l’atmosphère so british et surannée, un détective brillant, des enquêtes bien construites, des supsects à foison, des mobiles divers, des fausses pistes et un dénouement qui me berne à tous les coups.

Et cette première enquête ne fait pas exception à la règle : Poirot  mystérieux et taquin, le capitaine Hastings, délicieusement naïf et sensible au charme féminin, les suspects, l’intrigue familiale, la douceur d’un autre temps…

L’intrigue a beau avoir été bâtie il y a cent ans déjà, elle n’a pas pris une ride et surtout, quel bonheur, de lire une histoire policière si bien écrite. Certes, il faut être un génie pour découvrir le fin mot de l’histoire avec si peu d’indices à sa disposition et comme je ne suis pas Poirot, j’ai fait chou blanc.

Une totale réussite pour moi avec un coup de coeur et ce n’est pas ma copinaute Belette qui va dire le contraire, elle s’est bien faite avoir elle aussi et elle a aimé ça tout comme moi, vous pouvez retrouver son avis ici !

Mars s’achève dans quatre jours, il est donc temps pour moi de vous dévoiler les nouveau-nés de ma PAL, arrivés sur mes étagères au cours de ces quatre dernières semaines.

Entre services de presse, achats neufs et d’occasion, ce ne sont pas moins de vingt titres qui sont venus grossir ma pile à lire, qui ne connait décidément pas la crise !

Quelques-uns ont d’ores et déjà été lus, les autres, je l’espère, le seront dans les prochaines semaines.

On commence par les polars et une série que j’ai beaucoup vu passer : Hamish Macbeath de M.C Beaton et son premier tome Qui prend la mouche. J’ai eu le plaisir de gagner L’armée de Darwin de Xavier Müller, suite d’Erectus que j’avais adoré, je me réjouis de le découvrir en avril. Trois réceptions qui viennent compléter des sagas que j’aime beaucoup : La reine se confine de Frédéric Lenormand, Enquête troublante à Concarneau de Jean-Luc Bannalec et Le crépuscule des fauves de Marc Levy.

On continue avec un document très intéressant et qui m’a permis de découvrir quelques faits divers célèbres : Grandes affaires criminelles de France de Sylvain Larue. Puis des romans historiques Le secret de Tristan Sadler de John Boyne qui a pour décor la première guerre mondiale, Les heures silencieuses de Gaëlle Josse que j’ai beaucoup aimé et Les roses de Hartland de Nikola Scott. De la part des Presses de la cité, j’ai reçu Pour l’honneur des Rochambelles de Karine Lebert dont j’avais adoré la duologie des Amants de l’été 44 et Le jardin de Violette de Lyliane Mosca. Direction les Etats-Unis et la ségrégation raciale avec Les chemins de la liberté de Lisa Wingate. Un roman biographique pour finir : La vraie vie de Gustave Eiffel de Christine Kerdellant chez Robert Lafont.

Quelques titres contemporains pour continuer et A moi la nuit, à toi le jour de Beth O’Leary, une romance qui a l’air plutôt originale. J’ai enfin découvert la plume de Serena Giuliano avec son nouveau titre, Luna. J’ai également reçu Face à la mer immense de la bretonne d’adoption Lorraine Fouchet.

Deux albums pour poursuivre : Promenade sous la terre d’Emeri Hayashi que je vous présente dans quelques jours et Le plus petit yack de Kate Hindley dont j’adore le travail.

Et enfin, deux graphiques : Le jardin Paris de Gaëlle Geniller qui m’a l’air absolument magnifique et Chaplin prince d’Hollywood de Laurent Seksik et Olivier François, second tome de leur trilogie consacrée au génie que fut Charles Chaplin.

En avez-vous lus certains ? Lesquels vous tentent ?

Né à Toulouse il y a une quarantaine d’années, Bertrand Touzet a grandi au pied des Pyrénées. Après des études à Nantes, il est revenu exercer sa profession de masseur-kinésithérapeute en région toulousaine. Il y a trois ans, il a décidé d’écrire :  » Faisant lire mes textes à mes proches, j’ai constaté que je pouvais toucher les gens par mon écriture. […] Mes textes, leur sensibilité, je les dois à ma profession, à ma qualité de père et à un grand-père qui m’a toujours dit que chaque jour est unique et doit être vécu comme tel. « Aurore est son premier roman.

Aurore est une femme d’une quarantaine d’années qui exerce son métier d’infirmière à domicile dans les Pyrénnées. Veuve, elle vit seule avec Nils, son ado de quatorze ans et s’est reconstruite au fil des ans dans son petit village.

La jeune femme sait combien son travail, aussi routinier et difficile soit-il, agit comme un baume pour ses patients et pour elle qui a enfoui le drame qui a atomisé sa vie d’avant et en se protégeant des jeux de l’amour. Même si son charme ne laisse pas indifférent le déroutant docteur Verdier…

Un jour, Aurore découvre une petite annonce :  » Vieil homme ne voulant pas finir sa vie seul ou en maison de retraite cherche personne ou famille qui voudrait l’adopter.  »

Car Noël est inconsolable depuis la mort de son épouse. Souvent il va se recueillir sur sa tombe qu’il orne de petites violettes en origami et convoque ses souvenirs lumineux mais de plus en plus épars.

Autour de Nils, Aurore et le vieil homme vont nouer un profond lien filial et s’ouvrir à de nouveaux lendemains. Et si Noël n’attend plus guère des jours, Aurore a encore beaucoup à accomplir. Pour elle seule désormais et non plus pour les autres ?

Aurore est le premier roman de Bertrand Touzet, kinésithérapeute de profession qui nous propose ici le portrait d’une femme d’aujourd’hui, infirmière, touchée en plein cœur par la requête d’un vieil homme souffrant d’Alzheimer.

Un roman juste qui puise dans l’air du temps ses thèmes humanistes : la solidarité des cœurs, la nécessaire interaction des générations, la solitude, le célibat, la vieillesse, l’amour, la pudeur…

L’héroïne est celle qui soigne, veille, sourit, prodigue les mots et les gestes qui réconfortent. Chaque jour, elle passe voir ses patients, tous âgés de 80 à 90 ans, pour leur mettre leurs bas de contention, faire leur pilulier, les aider à se laver… être là tout simplement.

Et parallèlement à son quotidien d’infirmière, on suit Aurore dans son quotidien de maman solo auprès de son fils qui connait ses premiers émois et c’est très touchant.

Les relations un peu distantes d’Aurore et de Nils qui n’osent pas montrer leur tendresse l’un envers l’autre m’ont interpelé car je suis en plein dedans avec mes fils de seize et quatorze ans !

Petit bijou d’humanité, ce roman est plein de bonté, de bienveillance et de tendresse, c’est une ode à l’intergénérationnalité, un thème que j’aime beaucoup et qui est très bien traité ici.

Les liens que vous nouer Aurore, Nils et Noël sont très beaux et le dénouement de cette histoire m’a vraiment touchée.

C’est aussi un bel hommage à toutes ces infirmières pleines d’abnégation qui sillonnent la campagne de l’aube au crépuscule, du lundi au dimanche et qui font un métier remarquable.

Si ces thématiques vous intéressent, je ne peux que vous recommander ce très joli roman.

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour cette très belle lecture !

Ann Granger est une auteure de romans policiers et historiques très prolifique, avec plus de trente romans parus en Angleterre. Elle a rencontré un franc succès en Angleterre avec sa série Lizzie Martin, qui comporte déjà quatre volumes. Ann Granger a travaillé dans les ambassades britanniques de nombreux pays. Elle a rencontré son mari à Prague, lequel travaille aussi pour l’ambassade britannique, et ils ont été affectés ensemble en Zambie et en Allemagne. Ils vivent désormais dans l’Oxfordshire.

Lucas Burton déteste la campagne : de la boue, du fumier, des charognes, et c’est tout. Il a bien raison. En se rendant pour affaires dans une ferme abandonnée au milieu de nulle part, il tombe sur le cadavre d’une jeune fille.

Ses ennuis ne font que commencer : Penny Gower, qui travaille au centre équestre du coin, a vu sa Mercedes grise quitter les lieux du crime. Les choses commencent à sentir le roussi pour Lucas…

L’inspectrice Jess Campbell est chargée de l’enquête, mais entre l’absence de piste solide et son nouveau commissaire, Ian Carter qui la surveille en permanence, elle est sous pression. C’est alors qu’on découvre un nouveau cadavre…

Ann Granger est une autrice de polars historiques que j’aime beaucoup, la preuve, j’ai lu toute sa série consacrée à Ben et Lizzie Martin qui a pour cadre Londres à l’époque victorienne.

Et comme j’adore les cosy misteries, je ne pouvais qu’être tentée de découvrir Cottage, fantômes et guet-apens, la première incursion de l’autrice dans ce genre.

J’avais lu plusieurs avis assez mitigés voire négatifs sur ce roman et après la lecture de ce roman, j’avoue que je ne comprends pas pourquoi ! Enfin si, pour une raison bien précise : ce n’est pas un cosy mystery !

C’est un chouette petit polar classique à la manière d’Agatha Christie avec une galerie de personnages sympathiques et attachants.

Certes, même si l’ambiance campagne anglaise est bien là, ce n’est en aucun cas un cosy mistery comme Les détectives du Yorkshire, Agatha Raisin, Loveday & Ryder…

Ici, ce ne sont pas des détectives amateurs qui mènent l’enquête mais une inspectrice et c’est elle que nous suivons tout au long du récit.

Et ce premier opus, si il ne brille pas par son suspens ni son originalité, s’est révélé néanmoins très sympathique à lire, notamment grâce à son ambiance campagne anglaise bien agréable et ses personnages secondaires attachants.

Alors si vous recherchez une enquête classique au coeur de la campagne anglaise, ce titre pourrait vous plaire. Pour ma part je compte bien lire la suite dès qu’elle sera disponible !

Muriel Zürcher a exercé le métier de psychomotricienne avant de reprendre des études pour devenir DRH dans des centres hospitaliers. Depuis quelques années, elle s’est lancée dans l’écriture.

Lan Qu est une illustratrice et graphiste designer indépendante. Après des études de peinture à l’huile à l’Académie des arts de Chine, elle s’installe en France et commence à travailler au sein des agences de design à Angoulême et à Paris.

Thong-Li vend chaque jour du poisson au marché tout en dessinant dans la poussière. Un jour, un vieux mendiant lui propose, en échange d’un très beau poisson bleu, un pinceau et de l’encre.

Le petit garçon peut enfin réaliser son rêve : garder une trace de ses dessins ! Malheureusement, si il a un pinceau et de l’encre, il est trop pauvre pour se procurer du papier et décide de peindre des dragons sur des toiles d’araignée.

Et son talent est si immense que la rumeur court de village en village, escalade les collines, franchit les rivières jusqu’au palais de l’empereur : « Thong-Li, le fils du pêcheur, peint des dragons sur les toiles d’araignée ! »

Des dragons aux écailles d’or, si beaux et si lumineux qu’on dirait qu’ils vont s’envoler. L’empereur ne tolère pas qu’il ne soit pas à son service et c’est le début des ennuis pour Thong-Li…

Toile de dragon est un très bel album et un véritable hommage aux contes chinois classiques à travers la destinée de Thong-Li, enfant pauvre mais riche d’un talent précieux, qui se retrouve prisonnier de la mégalomanie de l’Empereur qui entend bien posséder la beauté du monde.

Il enferme notre jeune héros dans son palais avec pour mission de peindre des dragons sur des toiles d’araignées, et ce, dans les mille et une nuits pièces du palais. Si il réussit, il retrouvera sa liberté et si il échoue, il aura la tête tranchée. Cela ne vous rappelle pas Shéhérazade et les Mille et une nuits ?

Le texte de Muriel Zürcher accessible aux 6 ans et plus aborde la liberté, la mégalomanie, l’art, la beauté de la nature et nous prouve que les plus belles choses, les plus grandes oeuvres d’art, ce sont bien à la nature que nous les devons.

Les illustrations de Lan Qu et ses talents d’aquarelliste font merveille et offrent un merveilleux écrin au texte de l’autrice, plein de poésie.

Elle décrit à merveille les sentiments de Thong-Li qui dépérit au fur et à mesure des exigeances toujours plus nombreuses du cruel empereur. Et, cerise sur le gâteau, elle nous transporte jusqu’en Chine le temps de notre lecture.

Une pépite que je vous recommande chaudement !

Gaëlle Josse est l’auteure des Heures silencieuses, Nos vies désaccordées (prix Alain-Fournier 2013), Noces de neige et Le dernier gardien d’Ellis Island, qui a reçu le prix de littérature de l’Union européenne en 2015 et qui a été traduit dans une dizaine de langues.

Delft, novembre 1667. Tout paraît à sa place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes Orientales.

Rigoureuse, intelligente, maîtresse d’elle-même, elle aurait pu succéder à son père mais elle a dû renoncer à ses rêves d’aventure sur ses bateaux. Là n’est pas la place d’une femme. Sa place est au foyer.

Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets capturé par le peintre Emmanuel de Witte que son journal intime dévoile.

Déceptions, souvenirs, drames familiaux, deuils mais aussi joies et désirs interdits, chaque soir Magdalena Van Beyeren se confie à son journal intime…

Inspiré par un célèbre tableau d’Emmanuel De Witte, reproduit sur la couverture, Les heures silencieuses est le premier roman de Gaëlle Josse et celui qui me permet de connaître enfin sa plume si souvent vantée.

Et je ne peux qu’être d’accord avec les autres lecteurs, ce très court roman est magnifique, portée par la plume poétique de Gaëlle Josse.

Un texte lumineux qui nous brosse le beau portrait d’une femme droite et courageuse dans le peu d’espace qui lui est accordé. Lu d’une traite, j’ai adoré découvrir cette femme, ses pensées, ses désirs, ses aspirations, ses regrets, sa tristesse mais aussi ses moments de joie.

Un petit bijou d’atmosphère merveilleusement écrit et très bien documenté car au-delà du quotidien de Magdalena, Gaëlle Josse aborde aussi le commerce entre les Pays-Bas et l’Asie, en particulier avec la Chine pour ses porcelaines et le Japon pour ses soieries, mais aussi la traite d’êtres humains, commerce que notre héroïne, très pieuse, réprouve.

L’autrice sait nous toucher par sa plume délicate et son vocabulaire ciselé. La lectrice que je suis avait l’impression de vivre les scènes décrites, de s’immiscer dans l’intimité de ce foyer.

Tout est parfait dans ce roman que j’ai adoré. Mon seul petit bémol, c’est que j’étais tellement bien dans cette atmosphère feutrée que je suis arrivée au point final bien trop vite !