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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère. Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d’écrire la biographie d’Eivør, exploratrice islandaise du xixe. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer – de son renoncement à une carrière d’avocate, des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n’a pas peur de l’avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l’arrière d’une voiture… Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu’elle a voulu aider les femmes.

Salem, États-Unis, dans un futur très proche. Un nouvel ordre religieux règne sur le pays de l’Oncle Sam, les puritains imposent de nouvelles règles liées à la procréation : l’avortement est interdit, l’adoption et la procréation médicalement assistée seront réservés aux couples mariés.

Non loin de Salem, dans un petit village de pêcheurs, Ro, professeure célibataire d’une quarantaine d’années, essaie désespérément de devenir mère. Susan a abandonné ses études de droit pour devenir femme au foyer. Maman de deux enfants, elle est au bord du burn-out, n’arrivant plus à supporter ni son mari ni ses chérubins.

Mattie, la meilleure élève de Ro, perd sa virginité sur le siège avant d’une voiture et s’aperçoit quelques semaines plus tard qu’elle est enceinte. Enfant adoptée, elle refuse cette maternité et veut absolument avorter en dépit des risques encourus. Enfin, Gin la guérisseuse, a abandonné son enfant à la naissance, vit dans une cabane dans les bois et va être accusée de sorcellerie par le proviseur du lycée…

Lorsque l’on commence la lecture de cette dystopie, on ne peut s’empêcher de penser à La servante écarlate de Margaret Atwood avec lequel elle partage quelques points communs. Comme son illustre consœur canadienne, Leni Zumas, qui signe avec Les heures rouges son premier roman, plante son décor au sein d’une Amérique ultra conservatrice qui s’empresse de mettre fin aux avortements, réservant les enfants non voulus aux seuls couples mariés.

La comparaison entre les deux autrices s’arrêtent là. Dans ce roman polyphonique, nous suivons quatre trajectoires de femmes, quatre façons de vivre sa maternité différemment. Il y a la biographe (Ro), l’épouse (Susan), la fille (Mattie) et la guérisseuse (Gin).

L’auteure nous interroge sur les conséquences des choix politiques conservateurs : l’illégalité de l’avortement aux Etats-Unis qui a bâti un mur rose à sa frontière du Canada, ce qu’encourent les femmes y compris les très jeunes filles si elles se font prendre sur le point d’avorter, les risques qu’elles prennent en se faisant avorter dans des cliniques où les règles d’hygiène les plus élémentaires ne sont pas respectées, le coût exorbitant de la PMA, que deviennent les femmes célibataires en désir d’enfant dans un monde où la PMA et l’adoption ne sont réservés qu’aux couples mariés, la vie des femmes dans une société patriarcale où elles ne sont plus libres de disposer de leur corps, etc.

Tous ces questionnements nous rappellent que les droits acquis par les femmes sont très récents et que le moindre changement politique peut les réduire à néant, l’époque à laquelle l’auteure nous transporte est tellement proche que ça en est inquiétant.

Leni Zumas a choisi des héroïnes très différentes dont les récits s’entremêlent tout au long du récit, j’avoue que j’ai eu beaucoup de mal au début de ma lecture, je n’arrivais pas à rentrer dans l’histoire et je trouvais le récit laborieux et puis au bout de quelques chapitres, j’ai été bien ferrée et j’ai trouvé finalement cette histoire assez passionnante.

Bonne idée d’avoir choisi des femmes si différentes, de n’avoir pas cherché à les rendre sympathiques, d’avoir opté pour Salem, célèbre théâtre d’un procès aux sorcières au 17è siècle, comme décor de cette dystopie et de faire un parallèle avec Gin la guérisseuse, que l’on poursuit en justice pour sorcellerie !

Le style clinique et froid, à la fois ironique, impudique, violent et poétique de l’auteure, ne m’a pas totalement convaincue, j’ai eu du mal à m’y habituer mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ce roman captivant.

Les heures rouges est un roman féministe et engagé important, une lecture coup de poing indispensable dans cette rentrée littéraire qui pointe du doigt les dérives conservatrices.

Un grand merci à Anne et aux éditions Presses de la cité pour cette découverte !

Elle vient d avoir quarante ans. Elle est journaliste et sillonne la France pour ses enquêtes. Elle a deux adorables petites filles. Et un mari qui, bien heureusement, ne travaille pas et s’occupe de leurs enfants. Enfin, « bien heureusement », c’est ce qu’elle se raconte à elle-même, parce qu’au fond elle est au bord du burn-out.
« Mais comment ça ? lui clame son entourage. Tu as tout pour être heureuse ! Des enfants fabuleux, un mari attentionné, un travail passionnant ! »
Oui, mais voilà. Shiva en a plein les bras. De ce mari adorable mais glandeur. De sa culpabilité abyssale de mère qui travaille. De la pression qu’elle se met sur les épaules pour faire bouillir la marmite. Sans compter les mille et une choses du quotidien qui incombent toujours aux femmes…

Parisienne et journaliste de près de 40 ans, Elle est mariée depuis 20 ans avec son mari de 10 ans son aîné, qui vit à ses crochets, a deux petites filles, Esther et Rachel.

Elle est une battante et tient son petit monde à bout de bras, elle gère tout mais son mari, qui n’en fiche pas une rame, ne cesse de lui faire des reproches. Son entourage et son psy lui disent qu’il faut qu’elle sorte de ce cercle vicieux, que son mari abuse de sa culpabilité et fait exprès de rater ses concours afin qu’elle ne le quitte pas.

Elle n’en peut plus et rêve d’une nouvelle vie. Sous le regard attentif de son psy à l’érudition désuète, de son meilleur ami homosexuel rosse et drôle, de sa tante sexagénaire gentiment indigne et d’une copine un peu loufoque, elle met tout en oeuvre et souvent le pire pour s’en sortir.

Elle se cogne contre tous les murs et rêve d’un être miraculeux seul capable, croit-elle, de la sauver…

Dans ce premier roman, Isabelle Saporta, journaliste connue pour ses enquêtes (Le livre noir de l’agriculture ; Vino Business ; Foutez-nous la paix ! ; Du courage !), met en scène une femme qui ressemble à chacune d’entre nous : en tout cas celles qui sont mamans.

Notre héroïne est dynamique mais épuisée, opiniâtre mais découragée… Tout son entourage assiste impuissant à sa descente aux enfers et nous on s’amuse, avec cette comédie certes très parisienne (notre journaliste n’a que des amis gais ou CSP+, elle s’habille fashion, se parfume avec Chanel n°5, travaille à la télé et a l’air d’avoir un compte en banque bien rempli).

Le prince charmant, c’est vous ! est un roman de pure détente, même si il n’est pas toujours très crédible, on lit avec plaisir ce récit mené tambour battant, à la fois drôle et doux-amer, qui nous fait relativiser un certain nombre de choses car franchement je n’aimerai pas être à la place de Elle pour rien au monde !

La plume de Isabelle Saporta est vive et enlevée, les chapitres sont courts, l’histoire sans temps mort, les répliques font mouche et on suit avec plaisir le quotidien de notre narratrice, qui essaie de mener de front sa vie professionnelle et sa vie personnelle.

On connaît toutes la charge mentale dont souffrent les femmes qui préfèrent faire elles-mêmes plutôt que déléguer, surtout lorsqu’elles sont dotées d’un mari comme celui de l’héroïne, qui passe son temps à faire des reproches et à dire à sa femme qu’elle est castratrice, alors qu’elle aimerait bien pouvoir se reposer sur lui.

Une situation que connaissent aussi les mamans solos, dont je fais partie, qui ne peuvent jamais déléguer de toute façon !

Bien que, comme je le disais plus haut, le contexte n’est pas toujours crédible, on se reconnaît volontiers dans ce portrait de femme, engluée dans son quotidien et on dévore sans peine les pages truffées d’humour, de situations cocasses et de personnages tous plus toxiques que jamais pour notre héroïne.

On se retrouve aujourd’hui pour notre bilan estival, comme chaque année, un bilan juillet et août, vacances obligent ! Et je dois dire que les congés ont été propices puisque bon nombre de pavés sont sortis de nos pal respectives car nous affichons 30 lectures au compteur !

Au menu de ces huit dernières semaines du polar, des romans contemporains, de la jeunesse et des romans historiques. Un grand merci aux fidèles à ce rendez-vous, qui chaque mois m’accompagne et font vivre ce challenge au long cours et bienvenue aux petits nouveaux !

Pour connaitre le récapitulatif mois par mois et par participants, je vous invite à aller ici.

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Maintenant place aux livres lus au cours de l’été, nos avis vous inciteront peut-être à les sortir ou à les ajouter à votre PAL :

Bien entendu vous pouvez encore nous rejoindre puisque ce challenge est illimité, vous pouvez vous inscrire à la suite de ce billet ou ici ! Et si j’ai oublié une de vos participations, n’hésitez pas à me le signaler en commentaire.

Mathilde, Parisienne de 27 ans, débarque au Kirghizistan envoyée par l’OSCE. Sa mission consiste à veiller au bon déroulement du processus démocratique des premières élections présidentielles libres. Sur place, elle découvre la beauté de cette ancienne terre soviétique mais aussi le manque de moyens et les infrastructures d’un autre temps. Lorsqu’elle réalise que les élections sont déjà jouées, la jeune femme fait une rencontre décisive. Quand les idéaux vacillent, doit-on choisir un autre combat… au risque de se compromettre ?

Paris, 2005. Mathilde, une parisienne de 27 ans, enchaîne les petits boulots et les stages en dépit d’un master en droit international et vit une histoire d’amour insatisfaisante avec Paul, son ex professeur de droit.

Celui-ci lui propose de l’accompagner au Kirghizistan en tant qu’observatrice pour l’OSCE. L’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe a pour mission de contrôler la bonne tenue des premières élections présidentielles libres dans l’ex satellite de l’Union Soviétique et de vérifier le respect des procédures et des critères démocratiques.

Ses études en droit international et son excellente connaissance du russe, sont toutes indiquées pour mener à bien cette mission et Mathilde accepte avec enthousiasme, d’autant qu’elle compte bien profiter de l’occasion pour faire des photographies des habitants de cette région du monde.

A son arrivée, elle est chargée de rejoindre la province de Naryn où elle va faire équipe avec un autre observateur français et Nina, leur interprète kirghize. Sur place, ses idéaux vont vaciller et une rencontre va être décisive, Mathilde va-t-elle choisir un autre combat quitte à se compromettre pour aider la population ?

Avec L’observatrice, Emmanuel Hamon et Damien Vidal nous font vivre les premières élections kirghizes libres qui eurent lieu le 10 juillet 2005, enfin libres jusqu’à un certain point puisqu’un seul homme s’est porté candidat et que l’opposition est aux abonnés absents.

A travers Mathilde, nous faisons la connaissance de ce pays d’Europe centrale indépendant depuis 1991, très peu connu des français et nous découvrons les paysages et les campagnes encerclées par les montagnes, le manque de moyens, les populations nomades, les infrastructures datant de l’ère soviétique…

Très vite, notre héroïne réalise que les élections sont déjà jouées, la corruption est reine et le candidat Bakiev tient les populations, les abreuvant de promesses, de vodka et de mauvais chocolats tandis que la présence bienveillante des observateurs occidentaux s’apparente plutôt à une mascarade. On se rend très vite compte en effet que la démocratie ne peut d’emblée être appliquée partout même si les intentions sont louables.

Outre les agents de l’OSCE présents sur place, Mathilde, s’aperçoit que des émissaires de sociétés privées venant d’Amérique mais aussi de plusieurs pays européens, prennent des contacts afin de récupérer des nouveaux marchés dans cet état sur le point de s’ouvrir au capitalisme.

Le scénario proposé par les auteurs est très crédible et nous embarque sans mal au cœur de ce pays, d’autant que les dessins contribuent beaucoup à cette atmosphère réaliste, à la limite du documentaire.

Les personnages sont bien campés et permettent à Emmanuel Hamon et Damien Vidal d’aborder toutes les strates de la société kirghize : de la population de base aux dirigeants, en passant par le personnel de l’OSCE, tout sonne vrai et c’est très intéressant de découvrir cette société avec les yeux de Mathilde et de voir ses idéaux se heurter à la réalité du terrain.

Un grand merci à Rue de Sèvres pour cette lecture instructive et passionnante !

Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.
Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier :  » On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. « 
Il se trompait. Ma soeur serait bientôt de retour mais nous n’en avions pas terminé.

Saint-Briac, non loin de Saint Malo. Antoine et sa famille ont quitté Paris pour cette petite station balnéaire bretonne dans laquelle ils passent tous leurs étés. Son père a obtenu un poste de journaliste dans le quotidien local, sa mère, sa mutation dans un collège mais sa sœur Léa, est vent debout contre ce déménagement.

Si Antoine est du genre casanier et plutôt solitaire, la jeune fille doit quitter ses amis, son lycée, abandonner ses endroits préférés pour un village qui ne peut guère rivaliser avec la capitale.

Un soir qu’elle va avec son oncle à un concert, elle disparaît sans laisser de traces. Disparition volontaire ? Fugue ? Enlèvement ? Meurtre ? Toutes les hypothèses sont posées et la famille, sans réponse, va voler en éclats…

La tête sous l’eau est ma première lecture de la rentrée littéraire 2018 et ma rencontre avec la plume d’Olivier Adam, qui a percé il y a vingt ans déjà avec son premier roman Je vais bien, ne t’en fais pas.

Installé à Saint Malo depuis une dizaine d’années, ses romans sont très marqués par les paysages de bord de mer et il y aborde volontiers les douleurs familiales, le manque, les identités flottantes, l’inadaptation sociale, la fuite, autant de thématiques fortes que l’on retrouve ici.

Ce roman a beau être resserré en termes de pages, découpé en courts chapitres et écrit pour un jeune public, il n’en demeure pas moins fort et terriblement addictif, au point que l’adulte que je suis a eu du mal à le lâcher.

C’est à travers Antoine, le narrateur et frère de Léa, que nous entrons de plein fouet dans cette famille et dans le drame qui la secoue. Il nous raconte la dispariton de sa sœur, son manque, combien ce drame a changé leur vie à jamais et fait voler en éclats le couple que formait ses parents jusqu’alors.

Au bout d’une quarantaine de pages, on apprend que Léa a enfin été retrouvée mais la jeune fille, terriblement traumatisée par des mois de captivité, reste muette, ne veut rien confier, ni à la psychiatre, ni aux enquêteurs et encore moins à sa famille.

J’ai beaucoup aimé la construction de ce récit, apprendre en même temps qu’Antoine ce qu’a réellement vécu Léa, la cause de sa disparition, ce que ses parents et sa sœur ont caché. Cet ado m’a beaucoup plu, je l’ai trouvé très touchant. Bien qu’il souffre de cette situation, il préfère aider ses parents et sa sœur plutôt que de se plaindre.

Parallèlement au récit d’Antoine, l’auteur nous donne à lire les emails de Léa avant sa disparition à la personne qui fait battre son cœur, à qui elle confie son manque de ne pas la voir, sa difficulté d’être privée d’elle et son envie d’aller la rejoindre à Paris.

Olivier Adam dose bien son suspens, plus on avance dans l’histoire, plus on a envie d’en connaître le dénouement, d’être conforté dans ce que l’on a deviné de cette histoire finalement simple mais tellement traumatisante pour Léa et sa famille.

Le style de l’auteur est fluide et prenant, on a plaisir à tourner les pages même si le sujet est très grave et loin d’être gai. Une très bonne lecture que je vous recommande, bien racontée, avec la mer et la Bretagne pour toile de fond.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont et à la collection R pour cette lecture poignante !

On se retrouve aujourd’hui en ce dernier jour du mois d’août pour le bilan de mes quatre semaines de lecture. Un bon mois dans l’ensemble qui m’a permis de dégommer un peu ma PAL puisque j’étais en vacances, j’avais donc un peu plus de temps pour lire, d’autant que la météo n’a pas été exceptionnelle en Bretagne, loin de là hélas.

De belles lectures dans l’ensemble, un certain nombre de romans typiquement estivaux, d’excellents polars, un peu de bd et de jeunesse. En chiffres, cela donne 18 lectures : 8 services presse, 8 achats et 2 emprunts dont pas moins de 5 pavés.

On commence par les polars, tous très bons, et tout d’abord L’appât de Daniel Cole, une fois encore, l’auteur a su me ferrer dès les premières pages et cette lecture fut addictive en diable. Changement de registre et d’époque avec La mille et deuxième heure de Carole Geneix, un roman noir historique très bien documenté, qui m’a passionnée. L’auteure nous emmène au coeur de la Belle Epoque, dans le sillage de Paul Poiret, tout simplement passionnant. On poursuit avec Malefico de Donato Carrisi, cette fois-ci direction la ville éternelle. Avec Marco et Sandra, on essaie de deviner l’identité du Monstre de Rome qui s’en prend aux amoureux. Une lecture très prenante que j’ai adoré. Enfin, place à l’île de la Réunion pour un polar très dépaysant : Ne lâche pas ma main de Michel Bussi. Là aussi, une lecture très addictive, des rebondissements et des fausses pistes et un dénouement surprenant.

On passe aux romans et en premier lieu Un karma presque parfait de Roxane Dambre, une romance drôle et légère qui m’a fait passer un bon moment aux côtés de Siloé en pleine recherche d’emploi. J’ai retrouvé avec plaisir Anna et Imogene dans Les divines glaces à l’italienne d’Anna qui m’a fait voyager jusque sur la côte amalfitaine, une lecture rafraîchissante et gourmande que je vous recommande vivement pour vos prochaines vacances. Déception en revanche pour Un peu, beaucoup, à la folie de Liane Moriarty qui s’est révélé trop lent et long pour moi, bien que l’histoire soit intéressante, elle a fini par m’ennuyer. Bonne pioche en revanche pour Le premier jour du reste de ma vie de Virginie Grimaldi, qui m’a embarqué sans mal dans son tour du monde pour célibataire avec Marie, Anne et Camille, ses héroïnes. Un chouette moment de lecture, idéal à découvrir l’été.

On continue avec une romance qui nous emmène de l’autre côté de l’Atlantique, dans le Maine : L’irrésistible histoire du café Myrtille de Mary Simses. Un récit drôle qui n’évite pas les clichés malheureusement mais pour un moment de détente, sans prise de tête, c’est parfait et dépaysant. Ma plus belle lecture du mois est sans conteste Les couleurs de la vie de Lorraine Fouchet, un récit plein d’émotion et d’humour, traversé par des thématiques importantes, qui ne peut pas laisser indifférent. Changement de registre avec Vivre vite de Philippe Besson, un roman biographique sur James Dean, où l’auteur raconte la trajectoire de ce mythe à travers les personnes qui l’ont connu, vraiment très intéressant. Une saga familale pour poursuivre, celle des Wilson et des Clark : La maison de la falaise de Audrey Perri, j’ai adoré la partie historique et pas du tout la partie contemporaine. Un avis en demi teinte que vous avez pu lire hier, je ne m’étends pas plus dessus. Enfin, avec Le prince charmant, c’est vous ! de Isabelle Saporta, on suit le quotidien d’une journaliste quadra, maman de deux petites filles, dotée d’un mari qui préfère potasser des concours qu’il rate plutôt que travailler. C’est à la fois drôle et doux-amer, je vous en reparle très vite.

Place à la jeunesse maintenant avec Histoires du soir pour filles rebelles : 100 Destins de femmes extraordinaires de Elena Favilli & Francesca Cavallo, un album qui retrace la trajectoire de 100 femmes du monde entier, de l’Europe à l’Amérique en passant par l’Asie, l’Afrique ou l’Océanie, toutes époques confondues, connues ou inconnues, jeunes et moins jeunes, qui ont toutes en commun un parcours étonnant. Un ouvrage à mettre entre les mains des plus jeunes, filles et garçons confondus. J’ai retrouvé avec plaisir la jeune Enola, une vétérinaire pas comme les autres, puisqu’elle soigne des animaux extraordinaires. Dans ce quatrième opus, Le yéti qui avait perdu l’appétit de Joris Chamblain & Lucile Thibaudier, elle est appelée sur le toit du monde afin d’aider un yéti en danger. Une série mignonne et sympa pour les enfants dès 8 ans. Enfin, ma première lecture de la rentrée littéraire 2018 fut un roman young adult : La tête sous l’eau de Oliver Adam. En Bretagne, près de St Malo, on suit le quotidien d’une famille à travers les yeux d’Antoine, qui se retrouve fracassée suite à la disparition de Léa, la fille aînée. Un roman contemporain dont je vous reparle très vite.

On termine par les bandes dessinées et les romans graphiques avec le quatrième tome des Beaux étés : Le repos du guerrier de Zidrou et Jordi Lafebre. Que serait un été sans les Falderault ? Pas un bel été ! J’ai adoré retrouvé cette famille de doux-dingues, en proie à une escroquerie. C’est toujours aussi drôle et tendre, ponctué des tubes de l’été 1980, j’adore ! Enfin, dans un registre tout autre : L’observatrice de Emmanuel Hamon et Damien Vidal, un roman graphique documentaire dans lequel on suit une jeune observatrice de l’OSCE lors des premières élections libres kirghizes, un ouvrage qui ne manque pas d’intérêt et dont je vous reparle très vite.

Et vous, quels sont les titres qui vous ont fait vibrer ou déçus en août ?

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Dévastée par une récente rupture, Alma quitte Londres pour passer l’été chez sa grand-mère dans un petit village, au bord de la mer. C’est là, dans la bibliothèque familiale, qu’elle découvre entre les pages d’un livre une ancienne lettre.
Le courrier est adressé à l’arrière-grand-mère d’Alma, employée autrefois chez les Wilson, une famille habitant dans une grande maison battue par les embruns. Qui est cette femme noyée dont la lettre parle avec tant de douleur ? Quel rôle a joué par sa propre famille dans ce drame ?
Alma se lance sur les traces de Selina Wilson, une jeune femme qui a vécu dans les années 1910. Une femme éprise de liberté et refusant de se plier à un mariage arrangé. Dans les méandres d’une histoire familiale dévastée, Julia va découvrir un secret bouleversant…

Juin 2011. Alma est une jeune londonienne de 29 ans qui s’est fait plaquer au bout de 10 ans de vie commune. Depuis, elle est tombée dans une grave dépression au point de perdre son job et n’arrive pas à tourner la plage.

Sa mère l’envoie passer l’été chez sa grand-mère Mina, quasi centenaire, qui a une santé de fer et un moral d’acier. La vieille femme vit dans une bourgade perdue à côté de la mer, cela devrait changer les idées d’Alma.

Alma n’a plus goût à rien mais un jour où elle s’ennuie ferme, elle décide d’emprunter un livre à Mina et tombe sur une lettre destinée à son arrière grand-mère, Helen. Son interlocutrice parle d’une femme noyée et semble visiblement mal à l’aise avec la situation dont il est question.

Il n’en faut pas plus pour éveiller l’intérêt d’Alma qui questionne aussitôt sa grand-mère : qui est la femme noyée ? Est-elle morte accidentellement, assassinée ou s’est-elle suicidée ? Qui est la mystérieuse expéditrice de cette lettre à Helen ?

Alma va mener l’enquête et plonger dans l’histoire de Selina Wilson, une jeune femme éprise de liberté, pour qui Helen travaillait….

Vous savez combien j’aime les secrets de famille, les romans chorals, les récits à double temporalité et plus généralement les sagas familiales, La maison de la falaise, le premier roman de Audrey Perri avait donc sur le papier tout pour me plaire.

Et ce roman m’a plu en partie : j’ai beaucoup aimé tous les passages qui ont pour décor le début du 20è. Le récit s’ouvre d’ailleurs dans le passé puisqu’il nous offre les derniers instants d’une femme dont on ne connait pas l’identité, qui est en train de se noyer.

Puis, le récit se partage entre deux époques : tout en suivant Alma en 2011, nous découvrons en parallèle l’histoire des familles Wilson et Clark entre 1909 et 1914.

Ces deux familles voisines ont chacune une demeure surplombant l’océan et des liens d’amitié vont se nouer entre les enfants, en particulier chez les cadettes Selina et Laura, deux jeunes filles qui veulent s’émanciper.

Les deux aînés, Matthew et Sibyl, on va vouloir les marier. Les Wilson sont très endettés et la dote promise par les Clark, les effaceraient. Mais tout ne va pas se passer exactement comme prévu et un certain nombre d’évènements vont chambouler le quotidien et l’avenir des deux familles.

Comme je le disais plus haut, la partie historique est passionnante, pleine de secrets et de rebondissements, j’ai été transportée au cœur de ces familles et j’ai beaucoup aimé suivre Selina et Laura. J’ai été captivée par les mystères qui les entourent et notamment l’identité de la noyée et ce qui avait bien pu se passer ce terrible jour de 1912 où elle a trouvé la mort.

J’ai apprécié la plume fluide d’Audrey Perri qui nous embarque dans cette histoire du passé. Il y a plusieurs rebondissements, des fausses pistes, des secrets en veux-tu en voilà et comme dans un polar, j’ai échafaudé des théories qui se sont révélées parfois vraies et à d’autres moments totalement fausses.

Tout n’était pas prévisible, loin de là, et j’ai vraiment apprécié d’autant plus que l’auteure ancre bien son récit dans son époque : les mariages arrangés, les dots, l’éducation des jeunes filles reposant uniquement sur ses futurs devoirs de femme de maison, pas de place pour l’émancipation ni les études, etc.

Hélas pour moi, la partie contemporaine, qui représente tout de même un chapitre sur deux, m’a bien ennuyée. Alma ne fait que ressasser sa rupture à longueurs de pages et à l’exception des moments où elle est enquête ce qui s’est passé entre 1909 et 1912, il ne se passe rien ou presque.

Et si je me suis attachée aux héroïnes du passé, celle du présent m’a vraiment tapé sur les nerfs, dommage car cela aurait pu être un coup de cœur dans la présence d’Alma. Si vous aimez les sagas familiales, La maison de la falaise devrait combler vos attentes, en dépit de mes bémols, car peut-être qu’Alma vous plaira davantage qu’à moi !

Un grand merci aux éditions City pour cette lecture et pour leur confiance.