La masse critique Babelio revient aujourd’hui !!

La masse critique Babelio revient aujourd’hui et après l’imaginaire et la fiction / non-fiction, la BD et les manga, l’imaginaire et les polars, place à la jeunesse et au young adult ! Comme toujours Babelio nous propose un large éventail de livres, peut-être y trouverez-vous votre bonheur ?

Le principe reste le même : un livre contre une critique. Rendez-vous dès maintenant ici pour participer ! J’ai repéré quelques titres qui me tentent beaucoup, et vous ?

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Jacques Damour – Vincent Henry et Gaël Henry

Alors qu’il arpente les boulevards d’un Paris transformé, Jacques Damour se souvient de son ancienne vie à Ménilmontant… ciseleur sur métaux, marié à Félicie, il était pauvre mais heureux avec ses deux enfants, Eugène et Louise. Tout a basculé pendant le siège des Prussiens. C’est le début de la Commune, Béru, un peintre en bâtiment affamé, qui mange bientôt matin etsoir chez les Damour, tient des propos enflammés, prône la république, la justice et l’égalité et convainc le père et le fils d aller se battre sur les barricades. Mais Eugène est touché par une balle en pleine poitrine et meurt. Peu de temps après, Jacques Damour est fait prisonnier et est déporté au bagne de Nouméa. Berru, lui, a filé trois jours avant l’arrivée des troupes… C’est cet « ami » justement que Damour retrouve par hasard sur le pont Notre-Dame. Berru lui apprend alors que Félicie s’est remariée avec un riche boucher des Batignolles. Les deux hommes, grisés par le vin, partent pour la boucherie…

Travailleur courageux, père de deux beaux enfants, marié à une femme jolie et raisonnable, Jacques Damour aurait pu mener une existence simple et heureuse. Mais l’Histoire fait irruption dans son atelier: la Commune lui arrache son fils, le pousse à prendre les armes et fait voler en éclats son bonheur domestique.

Déporté à Nouméa, le ciseleur s’évade mais il est déclaré mort dans le naufrage de son embarcation. Rétabli, il ne peut regagner la France et part pour l’Australie puis pour l’Amérique, tentant de faire fortune.

Les années passent et de banqueroute en faillite, Jacques Damour retrouve Paris lorsque les communards sont amnistiés. Il retourne à son ancienne adresse mais sa femme et sa fille sont parties depuis longtemps. Désespéré, il est prêt à se jeter dans la Seine lorsque sont copain Berru le voit et le sauve in extremis…

Avant d’être un roman graphique composé à quatre mains par Vincent Henry et Gaël Henry, Jacques Damour était une courte nouvelle du grand romancier naturaliste, Emile Zola.

Si je ne lis plus que rarement des classiques, à mon grand regret d’ailleurs, Emile Zola fait partie de mon Panthéon littéraire et sans doute mon écrivain préféré du XIXè siècle. J’ai lu la grande majorité des romans du cycle des Rougon-Macquart, quelques-unes de ses nouvelles et un recueil de ses meilleurs articles de journaux mais avant d’emprunter cette bande dessinée, je n’avais jamais entendu parler de Jacques Damour.

Et en refermant cet ouvrage, je n’ai qu’une envie : lire la nouvelle originale et retrouver la plume de Zola même si j’ai bien apprécié ce roman graphique, à l’exception des dessins qui ne sont absolument pas de mon goût même si la mise en couleur de Lucie Firoud est très réussie.

Vincent Henry et Gaël Henry signent un scénario tout à fait intéressant, fait d’allers et retours réussis dans la vie cet homme simple, travailleur et courageux, chauffé à blanc par un agitateur et qui voit sa vie brisée par la Commune.

Je ne saurai vous dire si c’est une adaptation réussie ou non n’ayant pas lu la nouvelle naturaliste de Zola, mais les thématiques qu’abordent les auteurs sont chères à Zola comme la vie des petites gens, la misère sociale, l’inéluctabilité du destin…

J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les péripéties qui émaillent la vie de Jacques Damour, son quotidien avant les évènements, sa descente aux enfers et sa renaissance. Je l’ai trouvé très attachant et très humain, un homme intègre et honnête, qui ne change pas et qui reste fidèle à ses idéaux.

Autre bon point : les séquences sans texte qui sont très réussies et apportent du rythme et de l’humour au récit.

Vous l’aurez compris, Jacques Damour est une jolie histoire, portée par un homme dépassé par son destin, que je ne peux que vous encourager à découvrir même si je n’ai pas aimé le graphisme de Gaël Henry, peut-être qu’il sera davantage à votre goût.

L’autre héritière – Lauren Willig

À la mort de sa mère, Rachel découvre une coupure de presse qui fait voler en éclats toutes ses certitudes : son père, qu’elle croyait décédé, est bel et bien en vie. Mieux encore, il a une autre fille.
En quête d’explications, la jeune femme part pour Oxford où elle fait la connaissance de Simon Montfort, aristocrate et journaliste mondain. Ensemble, ils échafaudent un plan pour approcher le père de Rachel, le comte d’Ardmore : elle devient la pétillante Vera Merton, une cousine éloignée de Simon. Il l’introduit dans l’aristocratie londonienne, elle lui fournit en retour de quoi alimenter sa chronique. Un échange de bons procédés qui n’est pas sans risque… Rachel découvre bientôt les dessous de ce monde sans pitié.

Normandie, 1928. Rachel Woodley est la gouvernante anglaise des trois filles du comte et de la comtesse de Brillac. Elle s’applique à leur enseigner aussi bien que possible la langue de Shakespeare et les bonnes manières lorsqu’elle reçoit un télégramme de son parrain l’informant que sa mère a contracté la grippe et qu’elle est au plus mal.

Ni une ni deux, Rachel regagne Paris, Calais, Londres et enfin son village perdu dans la campagne, la peur au ventre. Sa mère est la seule famille qui lui reste depuis que son père, Edward Woodley, botaniste de son état, a trouvé la mort alors qu’elle avait tout juste quatre ans.

Arrivée à bon port, elle trouve la maison familiale vide et sa meilleure amie lui apprend que Katharine a été enterrée la veille. Effondrée par la nouvelle et désormais sans travail, elle doit aussi vider les lieux car le propriétaire a déjà de nouveaux locataires prêts à emménager.

Alors qu’elle rassemble les affaires de sa mère, elle découvre une coupure de presse montrant un homme qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son père, immortalisé auprès de sa fille.

Le lendemain, Rachel part pour Oxford afin de remercier son parrain d’avoir veillé sur sa mère et organisé les funérailles et en profite pour lui montrer la coupure de presse. David lui confirme que l’homme en question, Edward Standish, comte d’Ardmore, est bien son père.

Sonnée par la nouvelle, elle quitte brusquement David lorsque Simon Montfort, un ancien élève de son parrain arrive dans son bureau. Le jeune homme, artistocrate lié aux Standish et journaliste mondain lui propose de se venger de son père en devenant Vera Morton…

Une fois n’est pas coutume, aussi reçu, aussi lu ! Il faut dire que j’avais aimé le premier roman de l’autrice, Ashford Park, et que son second récit fourmillant de secrets de famille et ayant pour cadre le Londres des années 20, ne pouvait que me faire saliver.

L’autre héritière n’a donc pas eu le temps de croupir dans ma PAL et je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai bien fait car j’ai adoré ma lecture. J’ai trouvé cette immersion au coeur de l’aristocratie et de la jeunesse dorée de la fin des années 20, qui s’étourdit encore et encore chaque nuit afin d’oublier les quatre années de guerre, totalement réussie.

Lauren Willig montre très bien à travers une myriade de personnages tous plus superficiels les uns que les autres, le monde de la nuit investi par la gentry anglaise, qui s’enivre de musique et d’alcool toutes les nuits en attendant de faire un beau mariage ou de percer en politique ou en littérature.

Une peinture historique et trépidante des années folles très réussie de cette aristocratie à bout de souffle avec d’un coté la vieille garde snob et prétentieuse, et de l’autre, la jeunesse plus moderne qui n’arrive cependant pas s’opposer à ses parents.

J’ai adoré aussi Rachel et Simon, les deux personnages principaux. Rachel est une héroïne comme je les aime, courageuse et honnête, qui ne veut compter que sur elle-même et qui va finir par être dépassée par sa vengeance.

Malgré son personnage de jeune fille futile qu’elle endosse, elle n’oublie pas d’où elle vient et juge plutôt sévèrement ces jeunes bohèmes qui vivent une existence oisive, faite de plaisirs. Quant à Simon, qui apparaît très superficiel et imbu de lui-même au départ, il se révèle finalement plein de surprises, avec ses failles et une gravité bien cachée.

Si vous aimez les secrets de famille, les années 20 et une ambiance à la Downton Abbey, précipitez-vous sur L’autre héritière, il ne pourra que vous plaire, en tout cas j’espère qu’il vous séduira tout autant que moi.

Merci à Anne et aux Presses de la Cité pour cette très agréable lecture, j’ai adoré !

Inséparables – Sarah Crossan

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Grace et Tippi. Tippi et Grace. Deux sœurs siamoises, deux ados inséparables, entrent au lycée pour la première fois. Comme toujours, elles se soutiennent face à l’intolérance, la peur, la pitié. Et, envers et contre tout, elles vivent ! Mais lorsque Grace tombe amoureuse, son monde vacille. Pourra-t-elle jamais avoir une vie qui n’appartienne qu’à elle ?

Août, Grace et Tippi, des jumelles siamoises de 16 ans apprennent par leur mère qu’elles vont intégrer le lycée privé Hornbeacon Hight dès le mois de septembre. La famille est à cours d’argent depuis le licenciement du père de famille qui depuis, sombre dans l’alcoolisme.

L’assurance maladie et les soins médicaux prodigués à Grace et à Tippi sont très couteux et la seule solution pour que les jeunes filles poursuivent leur scolarité c’est d’intégrer le lycée alors que jusqu’à présent, elles bénéficiaient d’une scolarisation à domicile.

Grace, qui est la narratrice du roman, accepte sans difficulté l’idée tandis que Tippi refuse tout net, se sentant incapable de se confronter au regard sans pitié des jeunes de leur âge

Les deux adolescentes rattachées au niveau du bas de leur corps sont vues par les autres comme des monstres de foire, marchant à l’aide de béquilles et allant ainsi clopin-clopant. Grace arrive cependant à convaincre Tippi d’intégrer le lycée.

Si les premières heures dans l’établissement se révèlent difficiles, elles nouent néanmoins une solide amitié avec Yazmeen et Jon dont Grace tombe immédiatement amoureuse.

Au fil des semaines, elles se heurtent au quotidien ordinaire des ados entre les problèmes d’argent et les premiers amours, les espoirs et les désillusions…

Lorsque Inséparables est paru au printemps, les avis dithyrambiques ont aussitôt fleuri sur la blogosphère. Il faut dire que ce roman dont les héroïnes sont des sœurs siamoises est original tant on aborde peu ce sujet délicat.

Sarah Crossan, bien que ne connaissant personne affecté par ce handicap, nous immerge incroyablement bien dans le quotidien de ces sœurs siamoises. Trêve de suspens, comme bon nombre de lectrices, j’ai beaucoup aimé ce roman écrit en vers libres.

Une grande première pour moi de par son thème et cette forme narrative singulière qui apporte beaucoup de force et de rythme au récit. Traduit par Clémentine Beauvais dont j’avais aimé Les petites reines, un gage de qualité, j’ai dévoré ce roman qui se révèle émouvant à plus d’un titre.

Grace nous parle de sa famille, du regard des autres, de l’aspect médical de sa condition, de ses amis et de ses sentiments à l’égard de Jon, de sa relation avec Tippi… Sa sœur qui vit dans le prolongement de son corps est bien différente d’elle mais l’une comme l’autre ne vivent pas comme une malédiction d’être siamoises.

Au contraire, lorsque leur médecin et d’autres personnes leur parle de séparation, elles refusent, impossible pour elle d’imaginer vivre l’une sans l’autre dans leur chair, dans leur corps.

Sarah Crossan aborde la question de cette gémellité siamoise sous tous ses angles, en nous amenant à faire des réflexions auxquelles je n’aurai jamais pensé, n’élude pas les moqueries liées à leur condition mais elle met surtout l’accent sur l’amour. L’amour entre Grace et Tippi bien sûr mais aussi celui qui les relie à leur petite sœur de 14 ans Dragon, obligée de travailler pour se payer ses cours de danse, l’amour paternel et maternel, celui de leur Grannie, l’amitié mais aussi l’amour avec un grand A.

Et comme l’histoire se passe aux Etats-Unis, il est aussi beaucoup question d’argent, de sacrifices et de soucis matériels que rencontre la famille avec le chômage du père et les soins médicaux couteux qui impliquent que tout le monde se serre la ceinture.

Inséparables est un très bon roman sur la différence et l’acceptation qui fait réfléchir, nous interroge, nous émeut, nous bouleverse. J’ai fini ce roman young-adult en larmes et je ne peux que vous le conseiller si les thématiques qu’il aborde vous intéressent.

Agatha Raisin enquête tome 6 : Vacances tous risques – M.C. Beaton

God damned ! Voilà que James Lacey, le charmant voisin d’Agatha Raisin, a disparu ! Renonçant à lui passer la bague au doigt, comme il le lui avait promis. C’est mal connaître Agatha. Délaissant son village des Cotswolds pour Chypre, où James et elle avaient prévu de célébrer leur lune de miel, elle part sur les traces de l’élu de son coeur, bien décidée à lui remettre la main dessus ! Mais à peine l’a-t-elle retrouvé, pas le temps de s’expliquer : une touriste britannique est tuée sous leurs yeux. Fidèle à sa réputation, Agatha se lance dans l’enquête, quitte à laisser filer James, las de ses excentricités…

Après ses épousailles avortées avec son beau voisin, Agatha traîne sa mauvaise humeur et sa tristesse à Carsely. James Lacey a fui le village pour oublier que sa fiancée était déjà mariée à un autre, direction Chypre, lieu qu’ils avaient choisi pour leur voyage de noces.

Bien décidée à reconquérir l’homme qu’elle aime, Agatha s’envole pour Nicosie et s’installe dans un grand hôtel. Elle loue une voiture pour sillonner l’île à la recherche de James, en vain.

Pour se changer les idées, elle décide de faire une excursion en mer et fait la connaissance d’un groupe d’anglais avec lequel elle sympathise. Le soir même ils se retrouvent en boîte de nuit et c’est alors que survient le meurtre de l’une des femmes du groupe, tuée avec une fine lame.

Agatha, qui vient de retrouver James, décide de se mêler de l’enquête et se retrouve embarquée dans des vacances plus que mouvementées et bientôt la victime de tentatives de meurtres…

Après La quiche fatale, Remède de cheval, Pas de pot pour la jardinière, Randonnée mortelle et Pour le meilleur et pour le pire, il me tardait de retrouver les Cotswolds et Agatha Raisin, et pour une fois, le plaisir ne fut hélas pas au rendez-vous.

Je ressors de la lecture de ce tome 6 vraiment déçue par l’intrigue proposée par M.C Beaton que j’ai trouvé sans intérêt, une fois n’est pas coutume. Le plus difficile dans une série, c’est de proposer à son lecteur des romans de qualité égale, je pardonne donc volontiers à l’autrice ces Vacances tous risques sans saveur.

Ce sixième opus est en-deçà des cinq précédents et c’est bien dommage. Bonne idée d’avoir dépaysé notre héroïne en la faisant quitter les Cotswolds pour la chaleur de Chypre mais si d’habitude elle est férocement drôle, on la découvre ici désespérée à l’idée d’avoir perdu James et se lamentant plus que de raison entre deux bonnes bouteilles de vin.

L’enquête est sympathique même si je l’ai trouvé bien trop prévisible, notre Agatha est chauffée à blanc par les piques de ses compagnons de vacances qui l’accusent d’enjoliver ses succès policiers et elle retombe vite dans ses pires travers.

Entre une Agatha trop geignarde et un James toujours aussi antipathique, dont les relations prennent bien trop de place dans ce tome, j’ai bien failli abandonné ma lecture. Heureusement, M.C Beaton a eu la bonne idée de faire revenir Sir Charles dans la vie de son héroïne.

Ce personnage va pimenter les futures relations entre Agatha et James avec ses piques et son humour pince-sans-rire. J’ai hâte de voir ce que ce trio va donner dans les prochains volumes.

Vous l’aurez compris, même si je suis déçue par cet opus, j’ai hâte de retrouver Agatha dans le 7è tome de la série qui paraît aujourd’hui en librairie.

Merci aux éditions Albin Michel pour cette lecture !

Bilan de lecture : Octobre 2017

Le mois d’octobre vient de s’achever et en ce premier jour du toujours tristounet mois de novembre, je vous propose de revenir sur mes quatre dernières semaines de lecture en dressant le bilan du dixième mois de l’année.

Un mois une nouvelle fois riche en belles lectures, je suis particulièrement gâtée depuis quelques temps, pourvu que ça dure ! Et cerise sur le gâteau, j’ai réussi à extraire 5 pavés de ma PAL allant de 480 à plus de 900 pages, je suis fière de moi.

Au menu du mois d’octobre pas moins de 16 titres dont 11 issus de ma PAL : 1 achat, 10 services presse et par conséquent 5 emprunts. Il est évident que tant que je continuerai à emprunter autant à la médiathèque, ma PAL continuera d’enfler inexorablement car mois après mois, les entrées sont plus élevées que les sorties.

Mais trêves de blablas et entrons tout de suite dans le vif du sujet avec mes lectures jeunesse qui sont au nombre de cinq et tout d’abord le troisième opus de la série Enola Holmes Le mystère des pavots blancs de Nancy Springer que j’ai préféré aux deux précédents, je compte bien poursuivre cette série, d’autant que les tomes 4 et 5 sont déjà dans ma PAL. On poursuit avec un joli album pour les petits sur la vieillesse et le temps qui passe : Chaussette de Loïc Clément et Anne Montel, une lecture tendre et nostalgique que j’ai trouvé très touchante. Autre album pour les enfants qui plaira aux lecteurs débutants, notamment aux amoureux des créatures enchantées : Lulu & son dragon tome 1 de Ingrid Chabbert. Un roman historique très réussi pour continuer mêlant personnages historiques et intrigue totalement fictionnelle, L’énigme de la Vallée aux Loups de Margot Bruyère, que je conseille aux 9/12 ans et à celles et ceux qui s’intéressent à l’Empire. Et enfin, un thriller historique pour les 14 ans et plus assez singulier et qui m’a totalement captivé : La noirceur des couleurs de Martin Blasco.

Trois romans policiers au menu du mois d’octobre, très différents chacun dans leur genre de par leur époque et aussi le traitement de l’intrigue, j’ai trouvé les deux premiers très réussis. Tout d’abord Les collèges fantômes de Jean d’Aillon, le 17è opus des aventures de Louis Fronsac que j’ai trouvé passionnant de bout en bout avec ses complots, ses duels et ses poursuites dans le Paris du règne de Louis XIII. Et Le secret des orphelins de Ellis Griffiths, mêlant intrigue policière et archéologie, le tout dans une atmosphère so british en plein Norfolk venteux. Enfin, j’ai retrouvé Agatha Raisin en vacances à Chypre dans le 6è tome de la série, Vacances tous risques, que j’ai trouvé moins bons que les précédents avec une héroïne se lamentant à tout bout de champ !

Six romans sont venus ponctuer ces dernières semaines et on commence par le passionnant roman de Philippe Jaenada, La serpe, qui revient sur un fait divers sanglant survenu dans un château du Périgord en 1941. Un triple meurtre à la serpe et un suspect tout trouvé : Henri Girard. On poursuit avec un roman d’anticipation paru il y a plus de trente ans et devenu un classique : La servante écarlate de Margaret Atwood. Un roman glaçant par sa thématique et aussi parce qu’il pourrait être un jour notre futur si nous n’y prenons garde. On continue avec Je m’appelle Léon de Kit de Waal, un roman triste racontant le quotidien d’un petit métis placé par l’assistance publique mais avec trop de longueurs hélas pour être tout à fait séduite.

Une romance historique maintenant, la première en ce qui me concerne : Le Cœur de Lucy tome 1 Au-delà de la raison de Marilyn Stellini, une histoire pas très réaliste, très légère et une héroïne trop soumise à mon goût mais une lecture divertissante au final, bienvenue après la lecture anxiogène de La servante écarlate. Une belle brique qui m’a cependant passionné bien que son thème soit très aride puisqu’il s’agit des guerres de religion au 16è siècle : Une colonne de feu de Ken Follett, qui est un raconteur d’histoire hors pair. Une fresque remarquablement documentée qui a pour décor l’Angleterre et la ville de Kingsbridge mais aussi Paris, Genève, Hispaniola et Anvers. Et enfin, un roman historique La galerie des jalousies tome 1 de Marie-Bernadette Dupuy mêlant histoire d’amour, meurtre et sort réservé aux rescapés de la Grande Guerre.

Et pour finir, deux bandes dessinées historiques. La première revient sur l’éphémère règne de Edouard VIII et le rôle de la sulfureuse Wallis Simposon : Le choix du roi tome 1 Première trahison de Jean-Claude Bartoll et Aurélien Marinière. Un scénario qui respecte la réalité historique et qui nous montre un roi tenté par les doctrines nazies. Et une biographie graphique, celle du grand auteur de théâtre et comédien de la première moitié du 20è siècle, Sacha Guitry : Sacha Guitry une vie en bande dessinée de François Dimberton, Alexis Chabert et Magali Paillat, là aussi très bien documentée et qui s’attache à la vie conjugale de cet amoureux des femmes.

Et vous, quels sont les livres qui vous ont fait vibré ou au contraire déçus en octobre ?

 

Sacha Guitry une vie en bande dessinée – François Dimberton, Alexis Chabert & Magali Paillat

On dit souvent que Guitry était misogyne et même si nombre de ses répliques à propos des femmes étaient aussi violentes que bien écrites, c’était un homme fou des femmes qui se maria cinq fois. C’est de tout cela qu’il est question dans ce livre mais aussi de son enfance et de la jalousie de son père, Lucien, qui fut lui-même comédien célèbre et coureur de jupons.

Sacha Guitry est un auteur de théâtre dont j’apprécie le style, les bons mots. Je l’ai beaucoup lu lorsque je faisais mes études de lettres, j’ai vu plusieurs de ses films mais je l’avais un peu mis de côté ces dernières années.

A l’occasion du soixantième anniversaire de sa disparition, on retrouve à nouveau cet homme brillant et intelligent à l’occasion de la parution de son unique roman, Le roman d’un tricheur et de ses pièces en un acte, grâce aux Presses de la Cité, que je ne désespère pas de vous présenter d’ici quelques semaines.

Mais il est aussi mis en scène dans deux bandes dessinées et lorsque j’ai vu Sacha Guitry une vie en bande dessinée à la médiathèque, je n’ai pas hésité une seconde. François Dimberton, le scénariste de cet ouvrage, nous propose ici la vie intime de Sacha Guitry, centrée sur ses cinq mariages.

Le misogyne Sacha Guitry était aussi un grand amoureux des femmes et il aimait à dire qu’il n’était pas contre les femmes, mais tout contre. Dimberton aidé de Alexis Chabert pour les dessins et Magali Paillat pour les couleurs signe un bel hommage au maître Sacha Guitry, qui fut le comédien le plus célèbre de son époque, reprenant le flambeau de son propre père Lucien Guitry, égal de la grande Sarah Bernhardt et dont le tsar Alexandre III était l’un de ses plus fidèles admirateurs.

Un père coureur de jupons qui ne va pas supporter que son fils épouse l’une de ses maîtresses et surtout qu’il se montre plus brillant que lui, allant même jusqu’à lui refuser le droit de porter le nom de Guitry !

Retracer la vie de cet homme à plusieurs facettes à la fois comédien, auteur dramatique, metteur en scène et coqueluche du Tout-Paris sous le biais d’un roman graphique, voici ce que nous proposent François Dimberton, Alexis Chabert et Magali Paillat, le tout en une centaine de pages seulement.

Impossible alors de retracer fidèlement la vie de Sacha Guitry, le parti-pris ici est donc de s’attarder essentiellement sur sa jeunesse, sa vie conjugale et sa brouille avec son père.

Le scénariste a la bonne idée de nous proposer un texte épuré et de reprendre les belles réparties et les bons mots de Guitry tout au long de son récit et je dois bien admettre que l’on ne s’ennuie pas une seconde à cette lecture.

Si je devais mettre un bémol, c’est que l’œuvre particulièrement abondante de Sacha Guitry est peu abordée puisque le récit est centré sur l’homme intime et ses rapports volcaniques avec ses différentes épouses, toutes actrices.

Mais ne boudons pas notre plaisir, cette biographie graphique est une réussite, fidèle à la vie de Sacha Guitry que je recommande aussi bien aux amateurs du maître qu’à celles et ceux qui ne l’ont pas encore lu, ils découvriront un homme délicieux, fidèle en amitié si il ne le fut pas en amour.

La couverture est sublime et le portrait de Guitry très ressemblant, ce qui n’est pas le cas du reste de la bande dessinée dont j’ai assez peu goûté les dessins que j’ai trouvés trop épais.