La masse critique Babelio spéciale Jeunesse revient aujourd’hui !!

La masse critique Babelio revient aujourd’hui et après l’imaginaire, les polars, les romans graphiques, place à la jeunesse et au young adult ! Comme toujours Babelio nous propose un large éventail de titres, peut-être y trouverez-vous votre bonheur ?

Le principe reste le même : un livre contre une critique. Rendez-vous dès maintenant ici pour participer ! J’ai repéré quelques titres qui me tentent beaucoup, et vous ?

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Mémoire à vif d’un jeune poilu de quinze ans – Arthur Ténor

En 1914, Maximilien a quinze ans et rêve de devenir correspondant de guerre. Il va clandestinement se glisser à travers les lignes pour rejoindre  » l’événement « , et en consigner l’essentiel sur ses précieux carnets : le terrible quotidien des poilus, les privations, la saleté, et surtout la mort en direct. Comme tous ses frères d’armes, il subira cette guerre et se rebellera contre l’inacceptable.

Paris, Samedi 1er août 1914 à 4 heures de l’après-midi, tous les clochers de France font entendre un sinistre tocsin : c’est la mobilisation générale !! Quelques minutes plus tôt, l’Allemagne a elle-même décrété la mobilisation générale et déclaré la guerre à la Russie.

La ville est en émoi mais aussi en liesse, enfin les français vont avoir leur revanche et reprendre l’Alsace et la Lorraine et reviendront juste à temps pour fêter Noël.

Maximilien a tout juste quinze ans et vit avec sa grand-mère qui est veuve. Il rêve d’être journaliste mais en attendant, il est vendeur de journaux à la criée pour Le Matin.

Le 30 août, Max comprend que la guerre ne va pas être si rapide que cela et propose au rédacteur en chef du grand quotidien de devenir correspondant de guerre. Il n’aura pas à le payer mais seulement à publier ses articles si il les estime suffisamment bons pour les lecteurs du journal.

Le rédac’ chef refuse, affirmant qu’il est trop jeune et qu’il a assez de journalistes pour couvrir la guerre mais Max, fou de rage, décide de partir quand même pour le front…

Comme vous le savez déjà, j’aime beaucoup lire des romans se passant autour ou pendant la première guerre mondiale. Et en cette année de commémoration, les éditions Gulf Stream ont eu la bonne idée de rééditer Mémoires à vif d’un jeune poilu de quinze ans, initialement paru en 2007.

Ce roman à destination des 9 / 12 ans, recommandé par l’Education Nationale, restitue avec réalisme le quotidien de ceux qui firent la Grande Guerre. Arthur Ténor propose à ses jeunes lecteurs, une véritable plongée dans l’horreur des tranchées, au plus près de la sauvagerie des combats.

Rien ne sera en effet épargné à Maximilien qui verra des hommes tomber au champ d’honneur, foudroyés en plein assaut mais aussi succombant à leurs blessures au coeur du No man’s land. Mais au-delà de l’horreur, l’auteur montre aussi la grande solidarité entre tous ces frères d’armes, qui se serrent les coudes quoiqu’il arrive.

Arthur Ténor montre aussi toute la bêtise de la guerre, les ordres insensés de l’Etat-Major pour tenir un village, une bande de terre, au prix de nombreux morts, la censure et comment la presse était à la botte du gouvernement.

C’est certes un sujet déjà-vu en littérature jeunesse mais la singularité de celui-ci c’est que l’on voit la guerre à travers les yeux d’un adolescent et que ce conflit nous ait dévoilé dans un grand réalisme et un vrai souci d’authenticité.

D’aucuns diront qu’il n’est pas réaliste d’avoir pris un héros aussi jeune. Il n’était pourtant pas rare que de jeunes volontaires mentent sur leur âge pour participer à l’effort de guerre. Il faut avoir en mémoire que le plus jeune soldat mort pendant ce conflit s’appelait Désiré Bianco et qu’il avait à peine 13 ans lorsqu’il trouva la mort le 8 mai 1915 à Gallipoli, dès son premier combat. Il porte à ce titre le matricule numéro Un au sein de la Légion des Mille.

Vous l’aurez compris, j’ai aimé ce court roman que je recommande aux jeunes lecteurs, car il aborde avec intelligence et réalisme la première guerre mondiale à travers les yeux d’un adolescent très attachant, et surtout les difficiles conditions de vie des poilus dans les tranchées.

Un grand merci à Gulf Stream éditeur pour cette lecture très intéressante !

Un arbre, un jour… – Karine Lambert

Du haut de mes trente-deux mètres, je les regarde vivre sur la place du village. Depuis cent trois ans, je partage leurs nuits et leurs jours, j’effeuille leurs amours et parfois j’envie leurs cris de joie.

En ce matin du 1er mars, François Lebrun, l’employé municipal zélé cloue un avis d’abattage sur le platane centenaire qui ombrage ce village de Provence. Lorsque Clément Pujol aperçoit le papier en rentrant de l’école, il le déchire et le jette à terre.

Décidé à sauver cet arbre, le jeune garçon particulièrement culotté et effronté, entraine avec lui Suzanne la patronne du bar PMU, Fanny une styliste culinaire, Manu un travailleur saisonnier, Raphaël un dentiste, Adeline et Violette pour mener la fronde contre le maire qui a signé l’arrêté municipal condamnant l’arbre centenaire à l’arrachage le 21 mars, jour du printemps !

Ensemble, ils s’unissent pour combattre cette sentence absurde, tandis que l’arbre les observe et vibre avec humour et philosophie au rythme de leurs émotions et de leurs conflits.

Qui l’emportera ? Le pouvoir ou la solidarité des villageois ?

Un arbre, un jour… est le troisième roman de Karine Lambert qui a déjà connu le succès avec L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes et Eh bien dansons maintenant ! (dans ma PAL). C’est pour ma part ma première rencontre avec l’auteure et je ressors de ma lecture sous le charme de cette histoire très simple mais qui fait du bien, exactement ce que j’attends d’un roman feel-good !

Karine Lambert nous propose ici un roman choral tendre et plein d’émotions. Du 1er au 21 mars, nous suivons le quotidien parfois difficile de huit habitants de ce petit village provençal et leur combat pour défendre l’arbre qui les a vus naître et grandir. Tour à tour François, Clément, Suzanne, Adeline, Violette, Manu, Raphaël, prennent la parole et se racontent. Des hommes et des femmes ordinaires avec leurs défauts et leurs qualités, qui, par la force des choses, peuvent se révéler extraordinaires et capables de se battre pour ce en quoi ils croient.

Mais le platane n’est pas en reste et livre lui aussi ses sentiments et les souvenirs qui ont émaillé sa vie depuis le moment où il a été arraché à sa famille jusqu’à aujourd’hui. Il crie son envie de vivre et de continuer à côtoyer les hommes, à être témoin de la grande comme de la petite histoire, comme il a toujours fait depuis cent ans qu’il trône sur la place du village.

On pourrait croire en commençant le roman que le récit va être ultra léger mais il n’en est rien. Si il met du baume au coeur en montrant la belle solidarité entre les habitants du village pour sauver leur arbre, cette lutte contre le pouvoir municipal va libérer la parole et faire resurgir des sentiments cachés, des choses tues depuis des décennies et va permettre aussi des réconciliations.

L’auteure nous questionne également sur le végétal et la place des arbres et de la nature dans nos vies, des réflexions intéressantes que l’on ne retrouve pas souvent dans nos lectures et j’ai aussi beaucoup aimé cet aspect-là du roman.

Des thèmes intéressants, des personnages attachants et bien dessinés, un vrai suspens autour de l’abattage de l’arbre (aura-t-il lieu ou sera-t-il sauvé ?), vous l’aurez compris, une lecture doudou que j’ai dévoré, un moment doux et tendre que j’ai beaucoup aimé. Je ne peux que vous encourager à découvrir à votre tour Un arbre, un jour… avec lequel j’en suis sûre vous passerez un délicieux moment.

Un grand merci aux éditions Calmann-Lévy pour cette jolie lecture !

Les détectives du Yorshire tome 1 Rendez-vous avec le crime – Julia Chapman

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais œil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne !
Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Samson O’Brien, un policier habitué aux missions d’infiltrations dangereuses, est de retour dans son village natal de Bruncliffe dans le Yorshire. Comme il n’y a pas laissé que de bons souvenirs, il fait face à l’animosité générale. Tous les habitants le détestent mais il entend bien ouvrir une agence de détectives, faute de mieux.

Et ça tombe bien, le local en dessous de l’agence matrimoniale de Delilah Metcalfe est libre comme l’air et la propriétaire a grandement besoin du montant du loyer pour maintenir son entreprise à flots.

C’est ainsi que Delilah va devoir endurer la fronde familiale pour avoir accepté Samson comme locataire. Le policier, autrefois meilleur ami de son frère Ryan tué en Afghanistan, s’est en effet mis la famille Metcalfe à dos en provoquant une bagarre lors du baptême de son filleul et en ayant été aux abonnés absents depuis le décès de Ryan.

Dès l’ouverture de son agence, la famille Hargreaves lui demande d’enquêter sur la mort de leur fils Richard qui se serait jeté sous un train au petit matin. L’homme, divorcé, avait pourtant des projets d’avenir et ses parents sont persuadés qu’il ne s’est pas suicidé.

En enquêtant, Samson découvre que deux autres hommes ont trouvé la mort ces dernières semaines et que tous trois avant en commun de s’être inscrits à l’agence matrimoniale de Delilah afin de trouver l’âme sœur…

Rendez-vous avec le crime est le premier tome des Détectives du Yorshire, un cosy mistery réussi, avec tout ce qui fait le charme de ce genre, porté par un duo d’enquêteurs original et attachant. Comme vous le savez, j’adore ces polars qui ont pour cadre la campagne anglaise et cette jolie couverture signée Emily Sutton donne le ton et surtout très envie de découvrir cette histoire signée Julia Chapman !

Je pensais que ce roman serait dans la même mouvance que la série Agatha Raisin que j’adore et il n’en est rien, c’est tant mieux d’ailleurs. Il y a certes la campagne anglaise et l’humour so britsh mais les ressemblances s’arrêtent là. Alors que les énigmes tricotées par M.C Beaton sont souvent farfelues et assez secondaires, Julia Chapman nous propose ici une vraie intrigue policière bien construite même si j’ai trouvé l’identité du coupable bien avant la fin, cela ne m’a pas gâché mon plaisir pour autant.

L’intrigue est plutôt longue à démarrer et comme c’est un premier tome ce n’est guère étonnant puisque l’auteure a besoin de nous familiariser avec le village de Bruncliffe, ses héros et les nombreux protagonistes de l’histoire que l’on sera sans doute amenés à revoir dans les prochaines enquêtes de Samson et Delilah.

J’ai aimé l’ambiance de ce village où tout le monde se connaît et où aucun secret n’est bien gardé, Julia Chapman nous immerge sans problème au cœur du Yorkshire, avec sa campagne verdoyante, ses fermes et ses pubs.

J’ai également aimé les personnages : notre sympathique duo d’enquêteurs bien sûr mais aussi les personnages secondaires, pour la plupart pleins de charme. Le style de Julia Chapman est agréable et fluide même si la mise en page ramassée n’est pas toujours très heureuse : difficile parfois de savoir quel personnage est le narrateur car l’auteure jongle entre Samson, Delilah et d’autres personnages en sautant simplement une ligne !

Vous l’aurez compris, j’ai passé un très bon moment avec Rendez-vous avec le crime et je ne peux que vous le conseiller si vous aimez les cosy misteries. Pour ma part, je serai ravie de retrouver notre duo dans leur nouvelle enquête à paraître en juin.

Ma copinaute Claire qui m’a accompagné dans sa lecture a elle aussi aimé, vous pouvez retrouver son avis ici.

Un grand merci à Filipa et aux éditions Robert Laffont pour cette lecture so british !

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? – Soledad Bravi & Dorothée Werner

Il était temps de faire une chronologie et de remonter aux origines des inégalités entre les hommes et les femmes, pour en révéler l’absurdité et nous donner envie de repartir sur des bases plus justes qui nous permettront de grandir et de vivre tous ensemble en harmonie.

Vous n’êtes pas sans savoir que l’histoire des femmes m’intéresse beaucoup et je ne pouvais qu’avoir envie de découvrir Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? signé à quatre mains par Soledad Bravi et Dorothée Werner.

Soledad Bravi est illustratrice, auteure de nombreux livres et fine observatrice du monde qui l’entoure, elle croque chaque semaine ses contemporains dans les pages du magazine Elle et caresse l’espoir de voir la société se transformer pour qu’enfin l’égalité entre les femmes et les hommes devienne une réalité.

Dorothée Werner est quant à elle grand reporter et éditorialiste au magazine Elle. Elle écrit beaucoup, entre autres sujets, sur les questions d’actualité concernant les femmes. Et donc évidemment sur le sexisme et le féminisme.

Cet opuscule qui remet les pendules à l’heure est une idée de Soledad Bravi qui a demandé à Dorothée Werner de l’aider à retracer avec elle cette chronologie de l’histoire des femmes de la Préhistoire à nos jours.

Mis à part quelques petites coquilles toujours regrettables, j’ai trouvé ce court ouvrage d’un peu moins de cent pages concis, bien fait et bourré d’humour. Les deux auteures remontent le fil de l’histoire en nous proposant des pastilles de quelques pages sur des époques importantes de l’histoire, montrant comment se sont creusées les inégalités entre les hommes et les femmes et le long combat de ces dernières pour l’égalité.

Pourquoi dès la Préhistoire les femmes ont-elles été cantonnées à la cueillette et aux enfants ? Pourquoi ont-elles été considérées comme des enfants, propriétés de leur père puis de leur mari ? Pourquoi les hommes se sont-ils toujours considérés comme supérieurs aux femmes ?

Autant de questions qui trouvent ici leurs réponses de façon chronologique, comme je le disais de la Préhistoire (les femmes font bouillir la marmite, les hommes chassent le gibier), l’Antiquité (l’homme est tout puissant, la femme passe de l’autorité de son père à celle de son mari), le Moyen-âge (la femme est un être imparfait et ne doit pas être indépendante d’où le sort réservé aux béguines), la Renaissance (où l’on brûle les sorcières mais où émergent aussi les premières femmes de lettres comme Marguerite de Navarre ou la poétesse Louise Labé), le Siècle des Lumières (où les femmes tiennent salon et se mêlent de philosophie), la Révolution (où les femmes obtiennent le droit de divorcer), l’époque napoléonienne et son code (régression des droits des femmes : la femme et son corps sont la propriété de l’homme), le 19ème siècle (avec la création en 1850 des écoles élémentaires pour les filles et plus tard le combat des suffragettes pour le droit de vote) et le 20è siècle (droit de vote accordé aux femmes, contraception, IVG et planning familial) et jusqu’à nos jours (mouvement Metoo).

Pour ma part, j’ai appris beaucoup de choses et j’ai trouvé cette bande dessinée très agréable à lire grâce au coup de crayon de Soledad Bravi que j’aime beaucoup de toute façon. Le parti-pris de la chronologie est aussi très intéressant et nous permet encore mieux de voir comment se sont creusées les inégalités au fil des siècles.

Un ouvrage synthétique qui va droit au but, intelligent, pédagogique et clair à mettre entre toutes les mains dès l’adolescence, je compte bien pour ma part le faire lire à mes deux garçons, déjà bien sensibilisés à la cause féminine et à l’égalité entre les hommes et les femmes.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture éclairante et amusante, en espérant qu’elle puisse permettre à tous de repartir sur de bonnes bases !

Je sens grandir ma peur – Iain Reid

Un garçon et une fille, dans une voiture lancée à travers la campagne enneigée. Il est absorbé par la route, elle est perturbée par des souvenirs brumeux, ainsi que par d’incessants appels provenant de son propre numéro. Parfois, ils parlent. S’aiment-ils ? Quelques heures plus tard, les voilà attablés face à leurs hôtes, ses parents à lui, dans une ferme reculée. La maison est glaciale, la mère se plaint d’entendre des voix, le couple stocke au sous-sol des peintures inquiétantes. Le fossé entre les deux amants se creuse, sous le poids de tous les non-dits. Et il y aussi cette angoisse, qui a point et ne cesse de grossir, jusqu’à ce que se produise l’innommable…

Quelque part dans la campagne enneigée du Canada. C’est l’hiver. Il fait nuit. Jack et sa petite amie roulent dans un certain silence. La jeune fille se pose beaucoup de questions sur leur relation et se demande si elle ne va pas rompre.

Lui, de son côté, est heureux de montrer la ferme où il a grandi et de présenter celle qui partage sa vie depuis sept semaines à ses parents. Dès leur arrivée, alors qu’elle est transie de froid, il lui fait faire le tour complet du propriétaire.

Elle trouve les lieux sinistres et cela ne va pas s’arranger lorsqu’elle va rencontrer les parents. Elle n’a alors qu’une hâte : en finir avec cette soirée et rentrer enfin chez elle…

Je sens grandir ma peur est le premier roman du canadien Iain Reid couronné par plusieurs prix, qui s’était jusqu’à alors fait connaître pour deux ouvrages de non fiction salués par la critique. Une fois n’est pas coutume ce titre n’a pas eu le temps de croupir dans ma PAL d’autant que les premiers avis tombés étaient dithyrambiques, ce qui a titillé ma curiosité.

Hélas, ce roman si particulier, n’était pas fait pour moi. Je ne dis pas que c’est un mauvais roman car il a des qualités indéniables mais je suis totalement passée à côté alors que j’attendais à aimer ce roman présenté comme distillant une angoisse obsédante, se resserrant tel un noeud coulant jusqu’à la toute dernière page.

Je m’attendais à un thriller psychologique hyper angoissant et pour moi ce ne fut pas le cas. Tout le trajet aller en voiture s’étire, se révèle plat et assez ennuyeux, un certain nombre de passages, notamment les dialogues, sont incompréhensibles et m’ont totalement perdue. Heureusement, l’angoisse démarre dès l’arrivée de nos héros à la ferme, mais on est déjà page 81 sur 208 !

Après, comme je le disais, il a aussi des qualités. Dès lors que l’angoisse s’installe, on commence à douter de tout et de tout le monde. On sent bien qu’il y a une embrouille et que l’auteur veut nous amener dans une certaine direction mais bien sûr, sans savoir laquelle.

On ne la devine qu’en toute fin et pour tout dire elle se révèle plutôt surprenante. Malgré ces points positifs, pour moi le négatif l’emporte : trop d’ennui, pas assez d’angoisse et surtout pas le moindre frisson, pas la moindre asphyxie à la lecture de ce roman.

Pour autant, je ne vous déconseillerai pas cette lecture car elle semble plaire aux autres lecteurs. Je sens grandir ma peur n’était tout simplement pas pour moi et je n’ai jamais vraiment réussi à rentrer dedans. Petite déception donc !

Merci à Anne et aux Editions Presse de la Cité pour leur confiance.

Bilan de lecture : avril 2018

En ce jour du 1er mai où l’on s’offre traditionnel un brin de muguet, soit dit en passant l’une de mes fleurs préférées, je vous propose mon non moins traditionnel bilan de lecture !

Au menu de ce mois d’avril, pas moins de dix-neuf titres dont dix-sept issus de ma PAL : 4 achats, treize services presse et par conséquent deux emprunts. Un mois qui ne m’a pas permis, en dépit d’un bon rythme de lecture, de stabiliser ma PAL car les entrées ont été plus nombreuses que les sorties.

Avril m’a en revanche réservé de très belles lectures dont trois coups de coeur et m’a permis de sortir de ma PAL des titres qui s’y incrustaient parfois depuis longtemps, pourvu que ça dure.

On commence par la jeunesse et tout d’abord par le quatrième tome de la série consacrée à Astrid Bromure : Comment lyophiliser le monstre du Loch Ness de Fabrice Parme. Vous le savez c’est une de mes séries chouchous réussies autant sur la forme que sur le fond pour laquelle j’ai à chaque tome un coup de cœur et celui-ci n’a pas fait exception. On poursuit avec L’auberge entre les mondes tome 1 Péril en cuisine de Jean-Luc Marcastel, un roman fantaisy fort sympathique ma foi, qui ravira les adeptes du genre. Mon second coup de coeur du mois revient au tome 5 des Carnets de Cerise : Des premières neiges aux Perséides de Joris Chambain et Aurélie Neyret. Comme pour Astrid Bromure, j’ai un gros faible pour cette série que je suis un peu triste de quitter même si l’auteur a joliment bouclé la boucle dans ce dernier opus. Un roman historique maintenant signé Jacqueline Kelly, Calpurnia, que l’on m’avait conseillé à plusieurs reprises. C’est un récit charmant bien qu’un peu trop plat à mon goût et avec de trop nombreuses longueurs mais qui n’en demeure pas moins intéressant grâce à son héroïne et à sa famille. Enfin, comme chaque mois, je poursuis ma lecture de la guerre des Lulus avec le troisième tome : Le tas de briques de Régis Hautière et Hardoc qui confrontent cette fois-ci nos jeunes héros avec une guerre qu’ils avaient jusque là réussis à éviter. Un tome tout aussi réussi et dans la continuité des précédents.

On continue avec les romans policiers et thrillers au nombre de quatre ce mois-ci dont trois bonnes lectures et un gros flop ! Un polar historique resserré qui m’a beaucoup plu pour commencer : Les sanglots de pierre de Dominique Faget qui revient sur la rafle du Vel d’Hiv et la chasse aux juifs pendant la seconde guerre mondiale et qui m’a tenu en haleine jusqu’au bout. Autre très bonne surprise : Là où rien ne meurt de Franck Calderon et Hervé de Moras, un roman qui mêle habilement suspens, ésotérisme et astronomie dans la ville de Nimes qui subit un déluge sans précédent. Flop en revanche pour Je sens ma peur grandir de Iain Reid, je n’ai pas compris ce roman et mis à part quelques moments d’angoisse, que d’ennui ! J’ai en revanche aimé le premier tome d’une nouvelle série Les détectives du Yorshire : Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman. Un cozy mystery réussi qui met en scène un duo inédit d’un détective privé et d’une directrice d’agence matrimoniale, le tout dans la campagne anglaise. Rendez-vous dès demain pour mon avis complet !

On poursuit avec les romans avec pas moins de neuf titres ce mois-ci et tout d’abord Ce feu qui me dévore de Paul Couturiau, un roman triste, émouvant mais tellement réaliste que mon cœur s’est serré à de nombreuses reprises. L’auteur construit son récit à la manière d’un polar, distillant un vrai suspens, en bref un roman très réussi. Bonne pioche également pour La vie rêvée de Gabrielle de Lyliane Mosca qui retrace le portrait de la muse des Renoir père et fils : Gabrielle Renard. Une femme très attachante dont j’ai eu plaisir à découvrir la vie de la campagne champenoise à Hollywood. Biographie romancée également pour Femme de robe de Michèle Dassas qui met en lumière le parcours de la première femme avocate française, Jeanne Chauvin. Un récit au coeur du combat féministe de la fin du 19è siècle assez passionnant. Changement de registre avec Le bonheur arrive toujours sur la pointe des pieds de Tiphaine Hadet, une romance drôle, tendre et pleine de rebondissements qui m’a fait passer un très bon moment. Et maintenant mon troisième coup de coeur : La colline aux esclaves de Kathleen Grissom, un roman bouleversant qui traite de l’esclavagisme dans les plantations de coton du sud des Etats-Unis à la fin du XVIIIè siècle. L’auteure m’a complètement emportée et j’ai lu ce roman la boule au ventre, au bord des larmes. Un roman à lire absolument !

Un classique maintenant, La peur de Stefan Zweig, une longue nouvelle sur une femme adultère poursuivie par une maître-chanteuse très moderne, construite comme un thriller et brillamment écrite par l’immense écrivain autrichien. On poursuit avec un autre roman biographique consacré à la comtesse du Barry : La bourbonnaise de Catherine Hermary-Vieille qui a le mérite de tracer un portrait nuancé de la dernière favorite de Louis XV qui a une très mauvaise réputation dans l’Histoire de France. Changement de pays et d’époque avec La chorale des dames de Chilbury de Jennifer Ryan qui nous entraîne dans un petit village anglais en 1940. Un roman historique qui mêle échanges épistolaires et journaux intimes qui m’a également beaucoup plu. Enfin, petite déception pour Ça peut pas rater de Gilles Legardinier que j’ai trouvé un peu trop plat à mon goût mais je ne reviens pas en détail dessus puisque vous avez lu mon avis complet hier.

Et pour finir, un seul roman graphique en avril : Tamara de Lempicka de Virginie Greiner et Delphine Collignon, la biographie dessinée d’une peintre et d’une femme libre qui a connu son heure de gloire durant les Années Folles. L’auteure et la dessinatrice nous plongent avec talent dans l’effervescence de cette époque et le sillage de cette femme moderne.

Et vous, quels sont les titres qui vous ont fait vibrer ou déçus en avril ?