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Février a filé comme le vent, il est tellement court, et il est temps pour moi de vous dresser le bilan des pavés lus en février par l’ensemble des participants au challenge et même si c’est le mois le plus court de l’année, nous totalisons 10 lectures au compteur !

Au menu de ce second mois de l’année 2019 des romans contemporains, des romans historique, de la SF et des polars principalement. Un grand merci aux fidèles à ce rendez-vous, qui chaque mois m’accompagnent et font vivre ce challenge au long cours !

Pour connaitre le récapitulatif mois par mois et par participants, je vous invite à aller ici.

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Maintenant place aux livres lus en février, nos avis vous inciteront peut-être à les sortir ou à les ajouter à votre PAL :

Bien entendu vous pouvez encore nous rejoindre puisque ce challenge est illimité, vous pouvez vous inscrire à la suite de ce billet ou ici ! Et si j’ai oublié une de vos participations, n’hésitez pas à me le signaler en commentaire.

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Lyon, 1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle. Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l’enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu’il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu’intrigant ? Entouré d’Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien
va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au coeur d’un Lyon de notables, d’opiomanes et de faiseuses d’anges. Jusqu’à ce que le criminel se dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà
de ses limites.

Mercredi 22 décembre 1897, Lyon, le corps d’une très jeune fille est retrouvé exsangue sur un terrain vague. Alexandre Lacassagne, médecin légiste et expert auprès des tribunaux est l’un des fondateurs de l’anthropologie criminelle et à ce titre, professeur auprès des doctorants et des agrégants venus de plusieurs pays d’Europe pour assister à ses cours.

Il désigne deux de ses élèves, Félicien Perrier, un jeune homme brillant qui espère bien épouser la fille du maître, et Bernard Lecuyer, qui cumule les petits boulots en plus de la médecine, pour réaliser l’autopsie de la défunte.

L’inconnue venait de subir un avortement au moment de sa mort, le foetus avait bien été expulsé mais son placenta était resté en place. Il ne fait aucun doute : la jeune fille a été victime d’un meurtre. Est-ce l’oeuvre d’un boucher, d’un médecin, d’une sage-femme, d’une faiseuse d’ange ?

Afin de découvrir l’identité de la victime, Bernard et Félicien demandent à Irina Bergovski de faire son portrait et de le diffuser dans le quotidien pour lequel elle est journaliste. Irina accepte à condition qu’elle puisse mener l’enquête à leurs côtés.

Mais bientôt un second cadavre est retrouvé et la nouvelle victime semble avoir été tuée selon le même mode opératoire. Serait-ce l’oeuvre d’un tueur en série ? L’ombre de Joseph Vacher, surnommé le tueur de bergers, arrêté quelques mois auparavant, plane sur l’enquête…

Vous connaissez mon intérêt pour les polars historiques, surtout lorsqu’ils ont pour cadre le 19è siècle, Les suppliciées du Rhône de Coline Gatel ne pouvait que rejoindre ma PAL tant il avait, sur le papier, tout pour plaire, et autant vous le dire d’emblée, j’ai adoré ce roman !

Tout d’abord pour son contexte historique, j’affectionne tout particulièrement cette période et j’ai apprécié que l’auteure s’appuie sur Alexandre Lacassagne, qui comme je le disais plus haut, est l’un des fondateurs de l’anthropologie criminelle. Cet aspect scientifique est passionnant sous la plume de Coline Gatel qui met à la portée de tous la naissance de la criminologie.

L’aspect médical est fort bien traité ici et permet de se rendre compte du chemin parcouru en un peu plus d’un siècle, à une époque où l’ADN n’existe pas, pas plus que les empreintes digitales et le profilage, où les scènes de crime étaient allègrement piétinées, où les meurtres ne donnaient pas toujours lieu à des enquêtes…

Lacassagne et son équipe font office de pionniers dans la manière de traiter cette vague d’assassinats, contre l’avis de la police lyonnaise soit dit en passant qui ne voit pas l’intérêt de ces nouvelles méthodes scientifiques.

D’un point de vue sociétal, il est également intéressant : il interroge sur la place des femmes à cette époque, qui vit des bouleversements avec le mouvement des suffragettes, les premières étudiantes dans les facultés mais aussi l’épineuse question de l’avortement et des faiseuses d’anges, thème central du roman, bien entendu illégal à l’époque et réalisé dans des conditions d’hygiène épouvantable qui pouvaient mener à la stérilité ou à la mort de la parturiente.

Irina, qui est journaliste, fait rare à l’époque, ose en plus s’habiller en pantalon, ce qui à l’époque était tout aussi illégal, on le lui rappelle d’ailleurs et elle devra s’acquitter d’un certificat de travestissement pour retrouver ses frusques masculines, quand on y pense, c’est tellement aberrant !

À ce tableau de moeurs vient se greffer une enquête très sombre, ne lésinant pas sur les scènes très dures : autopsies, découvertes de cadavres, avortements, présentations de corps au public à la morgue située sur un bateau par manque de moyens.

L’enquête est bien menée, rythmée, et emmêlée à souhait car les fausses pistes sont légion, l’auteure mène son suspens jusqu’au bout et j’ai trouvé cette histoire prenante de la première à la dernière page, au point que j’avait hâte de retourner dedans dès que je devais m’interrompre.

Les personnages m’ont également beaucoup plu, sans qu’ils soient vraiment attachants, ils se sont révélés surprenants, intéressants à suivre, d’autant plus qu’ils cachent tous de bien encombrants secrets qui nous sont dévoilés au fur et à mesure du récit et que je n’ai jamais vus venir d’ailleurs ! Cet aspect trio mêlant deux hommes et une femme à la poursuite d’un tueur en série m’a rappelé l’excellent L’aléliniste de Caleb Carr soit dit en passant.

Un petit bémol toutefois, la fin est un peu trop expéditive et facile à mon goût mais ça ne m’a pas empêché d’adorer ma lecture.

Vous l’aurez compris, je ne peux que vous conseiller Les suppliciées du Rhône, si comme moi vous aimez les polars historiques, vous devriez beaucoup l’aimer à votre tour.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Préludes pour cette lecture aussi intéressante qu’addictive !

Jeanne Hébuterne est une jeune fille quand, en 1916, elle rencontre Amedeo Modigliani. De quinze ans son aîné, il est un artiste « maudit », vivant dans la misère, à Montparnasse. Elle veut s’émanciper de ses parents et de son frère, et devenir peintre elle aussi. Ils tombent fous amoureux. De Paris à Nice – où ils fuient les combats de la Première Guerre mondiale –, ils bravent les bonnes mœurs et les interdits familiaux. Mais leur amour incandescent les conduit aux confins de la folie.

Décembre 1916. Dans la pénombre d’un escalier, Jeanne Hébuterne tombe amoureuse d’Amedeo Modigliani. C’est le coup de foudre immédiat.

Fille d’un mercier catholique, la jeune fille âgée de 17 ans suit des cours à l’Académie Colarossi et peint modestement. De quinze ans son aîné, le juif italien est un artiste maudit.

Elle vit encore dans l’appartement familial au 5è étage d’un immeuble bourgeois, il mène une existence dissolue entre son atelier, les cafés parisiens, ses amis et les prostituées.

Elle abandonne tout pour le suivre. La passion les emporte, destructrice jusqu’à la folie et la mort…

Je suis Jeanne Hébuterne c’est l’histoire de la folle passion entre Jeanne Hébuterne et Amedeo Modigliani. Si j’aime beaucoup ce peintre de l’Ecole de Paris, je ne sais rien de sa vie ni de celle qui fut sa muse et la mère de sa fille Jeanne.

Olivia Elkaim nous propose ici de lire le journal intime fictif de la jeune fille surnommée « Noix de coco » en raison de son teint blanc laiteux et de ses cheveux châtain aux reflets roux. Et si elle réalisa quelques tableaux avant de mettre fin à ses jours au surlendemain de la mort de Modigliani, enceinte de neuf mois, elle est surtout connue, de nos jours, en raison de sa relation amoureuse avec Amedeo Modigliani.

Sous la plume de la romancière, Jeanne nous livre son quotidien et raconte sa passion pour Modigliani. Sur le papier, ce roman avait tout pour me plaire : j’adore cette période historique, les romans biographiques et j’étais curieuse de découvrir cette folle histoire d’amour qui a conduit Jeanne au désespoir.

Malheureusement, je ressors de cette lecture déçue en dépit de ses atouts. L’auteure s’est indéniablement documentée sur le couple, le replace dans son époque, dans la société violemment antisémite, nous fait rencontrer les artistes de Montmartre et de Montparnasse, que Modigliani a côtoyé notamment Soutine, Brancusi, Cendrars, Picasso…

La jeune fille si sage, abandonne sa vie bourgeoise pour mener une vie de bohème misérable car les toiles de Modigliani font scandale mais ne se vendent pas et l’argent que la mère du peintre envoie repart en drogues, boissons et prostituées.

Jeanne accepte tout, s’accroche à l’artiste maudit qui brûle la chandelle par les deux bouts se sachant condamné à court terme par la tuberculose. Ce qui ne l’empêche pas d’être tiraillée entre sa famille, notamment son cher Brother André, et l’homme qu’elle aime, qui lui reproche d’être une bourgeoise alors qu’il n’aime que les femmes libres.

Je m’attendais à un texte évidemment romancé mais avec une colonne vertébrale, présenté de façon fluide et linéaire, ici il n’en est rien. Nous sommes dans la tête, dans les pensées confuses de Jeanne Hébuterne, faites de phrases courtes mises à la suite les unes des autres, et je n’ai pas aimé cette construction.

Je comprends le choix de l’auteure qui part sur un territoire presque vierge car l’on ne connaît pas grand chose de Jeanne qui n’a laissé qu’une poignée de toiles derrière elle, découvertes par hasard dans l’atelier de son frère André, peintre lui aussi.

Quelle est la part du réel et du romanesque dans ce récit ? Je ne le sais pas mais je suis passée à côté de Je suis Jeanne Hébuterne, j’ai buté contre le style d’Olivia Elkaim qui ne m’a pas séduite et le schéma narratif trop confus pour moi. Ce portrait de femme, cette quête de l’indépendance, deux thèmes qui me sont pourtant chers, ne m’ont pas emporté mais ennuyé.

Dessinatrice de BD peu reconnue, Nellie Oswald a encore une fois le cœur brisé. Pour oublier cet énième chagrin d’amour, elle se rend à un vernissage où elle dérobe un vieux carnet au papier merveilleux. Impossible de s’empêcher d’y croquer le portrait de son prince charmant… Quelle n’est pas sa surprise quand elle se retrouve nez à nez avec ce dernier, tout en chair et en muscles ! Commence alors une série d’aventures que Nellie n’aurait jamais imaginé pouvoir dessiner !

Une fois de plus, Nellie Oswald, a le coeur en miettes après que la fiancée de son petit-ami l’ai mise à la porte seulement vêtue d’une serviette de bain ! Pour se consoler, cette dessinatrice de bandes dessinées au succès plus que confidentiel, se rend à l’inauguration de l’exposition de Damian Moore en compagnie de son collège Lenny.

L’artiste mondialement connu lui prodigue conseils et encouragements lorsqu’un moine tibétain lui remet un carnet. Nellie, irrésistiblement attirée par l’objet, le vole et une fois rentrée, se met à dessiner dedans son prince charmant.

Un simple geste qui va donner vie au prince Rétro d’Amanpour et qui va entraîner Nelly et son preux chevalier dans une série de situations plus baroques les unes que les autres, obligeant nos héros à affronter moults dangers…

Charmant signe mes retrouvailles avec David Safier après Maudit Karma pour lequel j’avais eu un coup de cœur et Toujours maudit !

David Safier nous donne à lire une fois de plus une fantaisie et nous raconte avec beaucoup de drôlerie les aventures d’une jeune femme qui est en admiration devant le couple de ses parents toujours aussi soudé et amoureux après plusieurs décennies d’un mariage sans nuage et qui se désespère de trouver l’amour.

La scène d’introduction en dit long sur son désespoir ! Alors qu’elle est en train de barboter avec son nouvel amoureux (qu’elle pense aussi célibataire qu’elle) dans le bain de ce dernier, elle se retrouve à devoir rester en apnée afin que la fiancée de Bendix ne découvre pas le pot aux roses !

Fichue à la porte seulement vêtue d’une serviette de bain et obligée de traverser tout Berlin dans cette tenue, on s’attend à ce qu’elle plonge dans une grave dépression, mais heureusement pour elle, un carnet magique lui permet de matérialiser devant elle l’homme idéal.

Le romancier allemand manie avec habileté l’humour, la loufoquerie, la parodie et l’ironie pour nous livrer un récit à la fois fantastique et très actuel, mêlant l’univers médiéval de l’amour courtois, l’aspect féerique des contes de fées et le réalisme de la société allemande.

La recette peut sembler éculée, n’empêche que l’auteur nous propose une fois encore un roman déjanté et drôle, une bouffée d’air frais qui se dévore même si il use de quelques facilités et de ficelles, l’histoire se lit sans déplaisir jusqu’au point final.

Un roman léger et distrayant mais qui interroge aussi sur notre société en mettant l’accent sur l’amour, l’entraide, l’amitié, le courage et aussi la thématique des migrants.

Une comédie romantique et fantastique truffée d’humour et de loufoquerie qui plaira aux lecteurs et lectrices habituel(le)s de David Safier et à ceux qui recherchent une lecture distrayante.

Merci à Anne et aux éditions Presses de la cité pour cette histoire truculente !

La boucherie de Donovan S., c’est toute une histoire. Chez lui, on ne découpe pas la viande – on la sublime, car elle a un superpouvoir : quiconque la goûte ne peut plus s’en passer. On ne choisit pas un morceau : on assiste au ballet des couteaux tranchants et caressants avec distinction. Car Donovan S. n’est pas un mortel comme les autres : en un tour de bras, ce gourou du steak envoûte clients et collaborateurs.

Elena V est une ancienne pro du marketing devenue mère au foyer depuis la naissance de ses enfants. Alors qu’elle doit réunir une poignée de ses amis pour un dîner convivial, elle se rend dans la boucherie de Donovan S., le boucher des stars et des chefs d’état.

Trois mois d’attente minimum pour que le roi des bouchers vous tranche une côtelette, une entrecôte ou vous taille un rôti comme personne. Et ce jour tant attendu est enfin arrivé : Elena va rencontrer le gourou en personne.

Lorsqu’elle arrive, elle est reçue par Karine, chargée des rendez-vous qui la confie à Antoine, l’assistant préféré de Donovan. Le jeune boucher lui remet une carte sur laquelle Elena découvre les animaux sacrifiés pour le plaisir des amateurs de viande.

Puis c’est l’apparition : Donovan S. en personne arrive et c’est le coup de foudre amical immédiat. Elena est engagée comme chargée du marketing, à charge pour elle de faire rayonner Donovan S. dans le monde entier…

Les Aventures de Donovan S., le boucher qui était à deux doigts de conquérir le monde est le premier roman de Virginie Nuyen, responsable de communication dans le secteur du luxe qui a inspiré cette histoire.

Elle nous propose ici un roman vraiment drôle autour d’un boucher, véritable gourou tout dévoué à son art, qui transforme les vegans en accros à la viande ! Avec Elena, ils entreprennent une entreprise déraisonnable, gigantesque et totalement loufoque où une vache voyage en jet privé aux côtés d’une actrice accro à l’agneau pour un tour du monde haut en couleur et proche de l’hystérie.

Avec une plume rythmée, elle nous plonge tout de suite dans le vif du sujet au point que j’ai eu du mal à lâcher le roman une fois entamé. On passe d’un diner mondain à une tractation autour d’un avion Dassault, d’un jet privé au Carnaval à Rio et j’en passe.

L’histoire est très drôle, on rit et on sourit plus d’une fois car le récit est rocambolesque mais aussi truffé d’expressions, des tournures de phrases qui font mouche et de situations farfelues à souhait.

Pour autant, Virginie Nuyen ne nous propose pas qu’un roman léger et facile à lire mais aussi une histoire où la mondialisation, le secteur du luxe et la société de consommation sont passés au crible avec un humour féroce et où la charogne n’est pas celle que l’on croit.

Le personnage de Donovan S. vaut à lui seul le détour : destiné par son père à reprendre son officine de notaire dans une petite bourgade de province, le boucher a surpris tout son entourage en se lançant dans une profession dégradante pour sa famille.

Tel un gourou, il envoûte clients et collaborateurs qui voient en lui un véritable père qu’il ne faut contrarier sous aucun prétexte et dont il faut réaliser le moindre de ses vœux ou rêves.

Si vous êtes à la recherche d’un roman drôle et féroce, je vous conseille Les aventures de Donovan S. avec lequel vous devriez passer un très bon moment.

Un grand merci à Filippa et aux éditions Nil pour cette lecture pleine d’humour !

Tommy et Tuppence Beresford, après avoir traversé la période héroïque et combien excitante de la Résistance, s’ennuient quelque peu. Le douillet train-train de la vie quotidienne et leur amour sans orage commencent à leur peser.Tommy et Tuppence rêvent d’aventures exaltantes et, à force d’être souhaitée, l’aventure arrive avec la proposition qui leur est faite de diriger une agence de détectives…C’est là le point de départ d’une série d’entreprises périlleuses et variées dont le sympathique jeune couple se tirera toujours au mieux…

Tommy et Tuppence Beresford s’aiment toujours follement mais dix ans après la fin de la première guerre mondiale, ils s’ennuient ferme.

Quoi de mieux qu’une agence de détectives pour pimenter leur vie et rompre le doux train-train qui les lasse tant ?

Et les voilà lancés dans quelques aventures policières ou d’espionnage exaltantes mais aussi périlleuses dont ils sauront se sortir avec brio et toujours avec humour…

Si Hercule Poirot reste mon personnage préféré de dame Agatha, j’ai une tendresse toute particulière pour Tommy et Tuppence Beresford que j’ai été ravie de retrouver dans Associés contre le crime.

Dans ce court recueil, Agatha Christie nous propose huit enquêtes menées par le très réfléchi Tommy et la pétillante Tuppence : Une fée dans l’appartement, une tasse de thé, L’affaire de la perle rose, L’aventure du sinistre étranger, L’homme habillé de journaux, La femme disparue, Colin-maillard et L’homme dans le brouillard.

Si la reine du crime excelle dans ses romans, ce volume de courtes nouvelles se laisse toutefois lire avec plaisir, et si les intrigues sont courtes, elles ne sont pas simplistes pour autant puisque pas je n’ai trouvé la solution avant que les Beresford ne l’annoncent comme quasiment à chaque fois avec Agatha Christie !

Au menu de ces différentes enquêtes : des vols, des disparitions, de l’espionnage et même un meurtre. Certaines sont certes plus réussies que d’autres dont les solutions nous sont expédiées un peu trop rapidement mais toutes se lisent avec plaisir comme je le disais plus haut car elles ne manquent ni de rythme ni de suspens.

Chacun de nos héros tire son épingle du jeu et se révèle diablement complémentaires. Dans ce duo, c’est bien évidemment Tuppence que je préfère, son mari même si il est intelligent, fait pâle figure à ses côtés, elle est si drôle et attachante.

Comme toujours avec Agatha Christie, on se creuse les méninges et on passe un très bon moment de lecture en essayant de résoudre les énigmes qu’elle nous propose sans jamais y arriver !

Le ton ici est plus léger et humoristique que dans les autres opus de la reine du crime grâce à la pétulante Tuppence pour qui, vous l’aurez compris, j’ai un gros faible. Je retrouverai donc avec plaisir les Beresford dans les autres volumes qui leur sont consacrés dès qu’ils seront dans ma PAL.

Et vous, appréciez-vous les Beresford ?

Vous êtes-vous déjà approché d’une harpe ? L’instrument est magnifique, mélodieux, mais n’entre pas dans les ascenseurs, ne supporte ni le froid ni le chaud, coûte plus cher qu’une voiture, a plus de cordes qu’un régiment d’archers, plus de pédales qu’un peloton de cyclistes, et si vous n’en jouez pas tous les jours, vous perdez vos doigts. En toute franchise, une harpe, c’est le bazar dans votre vie. Mon problème, c’est que je suis tombé amoureux d’une harpiste…

Comment trouver sa place dans l’existence d’une femme qui cohabite avec plusieurs instruments de musique encombrants dans un petit studio de la butte Montmartre ? ? ? ?

Heureux, Basile l’est, amoureux qui, debout devant la mer, écoute, admiratif, Charlie, la femme qu’il aime jouer de la harpe sur la terrasse.

L’interprète est merveilleuse, la musique délicieuse, l’instrument magique mais imposant. Allez ensuite trouver une voiture dans laquelle glisser un tel engin, un ascenseur aux bonnes dimensions ou un appartement susceptible d’héberger un objet si encombrant ?

Une harpe, c’est grand, cher et compliqué à caser dans un appartement et à transporter dans tout Paris, en banlieue ou en province.

Et, au-delà de ces contrariétés auxquelles on n’imagine même pas et qui empoisonnent la vie quotidienne de notre héros, le mari de la harpiste doit aussi composer avec l’attachement viscéral qui lie sa femme à son instrument, elle en possède du reste toute une collection, du plus petit modèle au plus volumineux, et se manifeste à tout moment de la manière la plus surprenante.

Après le deuil avec La part des anges, place au triangle amoureux dans Le mari de la harpiste, mais un triangle amoureux on ne peut plus singulier et inédit !

Avec un humour irrésistible et beaucoup de tendresse, Laurent Bénégui revisite en effet ici l’éternelle situation du triangle amoureux, sauf que cette fois, le rival n’est pas un homme mais possède quarante-sept cordes et sept pédales…

À travers des situations tour à tour drôles et poétiques, Basile, qui n’est autre que le double de Laurent Bénégui, raconte sa rencontre avec celle qui deviendra sa femme un 14 juillet et leur quotidien encombré d’une pléiade de harpes de toutes tailles.

Voilà un court roman qui fait du bien ! L’histoire est tour à tour drôle et tendre, les héros sont très attachants et j’ai passé un très bon moment avec les protagonistes de ce récit.

Et à lire Laurent Bénégui, cela n’a l’air effectivement pas simple de cohabiter avec toutes ces harpes et notamment la plus grande d’entre elles dont l’héroïne refuse de se séparer même pour un séjour au ski !

Le style de Laurent Bénégui est très agréable à lire, les situations auxquelles sont confrontées les héros sont très drôles et rocambolesques à souhait, ce qui fait de ce roman un feel-good réussi et une petite parenthèse enchantée à laquelle je vous invite à succomber.

Un grand merci à Filippa et aux éditions Julliard pour cette lecture touchante et farfelue.