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Posts Tagged ‘1 rue des petits pas’

Lorraine, hiver 1918-1919. Dans un village en ruines à quelques kilomètres du front, une communauté de rescapés s’organise pour que la vie continue.
Louise, seize ans, est recueillie au 1, rue des Petits-Pas par une sage-femme qui va lui transmettre son savoir : accoucher, bien sûr, mais aussi lire et écrire, soigner les maux courants et, enfin, être l’oreille attentive de toutes les confidences. Mais dans ce village ravagé par la guerre et isolé du monde, les légendes nourrissent les peurs, et la haine tient les hommes debout. Ces peurs et cette haine, Louise va devoir les affronter car elle exerce son art dans l’illégalité, élève un enfant qui n’est pas le sien, aime un être qu’elle n’a pas le droit d’aimer, et tente de se reconstruire dans cet univers où horreur et malveillance rivalisent avec solidarité et espoir.

1-rue-des-petits-pas-nathalie-hugauteur-éditeur-pagesA la fois roman d’apprentissage et roman historique sur fond de démobilisation, Nathalie Hug prend pour décor la Lorraine qu’elle connaît bien et qui est un champ de ruines après l’armistice du 11 novembre 1918. Tout est à reconstruire : les champs sont minés, les habitations, écoles et commerces en ruine et les hommes, femmes et enfants en morceaux.

On ne compte plus les mutilés et les traumatisés des tranchées mais aussi les viols et les massacres de civils par les soudards et les assoiffés de sexe que sont les soldats, qui agissent dans l’impunité la plus totale.

Louise est une jeune fille de 16 ans, sans aucune famille, qui a été victime d’un viol collectif. Transférée dans un camp de réfugiés, elle en est sortie par Anne, une matrone qui décide de lui enseigner son métier. Bien que Louise soit analphabète, elle se révèle vite très douée en tant que sage-femme et décide d’exercer son art pour soulager les habitants, hommes et femmes, bien qu’elle agisse dans l’illégalité la plus totale : elle n’a pas l’âge requis ni le brevet de sage-femme et encourt donc une peine de prison si elle se fait dénoncer.

Et elle a du mérite car la population la maltraite souvent, la traitant d’ignorante, elle en but aux médisances mais cette population a besoin d’elle car les maladies vénériennes pullulent et se répandent vite dans ces villages ou hommes et femmes ont du ronger leur frein pendant quatre longues années.

1, rue des petits-pas dépeint avec justesse une réalité dure et très brutale, où hommes, femmes et enfants survivent comme ils peuvent dans une région totalement dévastée et défigurée par la guerre. Les survivants vivent dans une grande précarité et dans une certaine solidarité mais aussi dans la haine et les ragots, à un époque où les peurs ancestrales sont encore vivaces.

Nathalie Hug nous offre un portrait intéressant du métier de sage-femme et de la médecine obstétrique et nous immerge au cœur de ces mois qui ont suivi la fin du premier conflit mondial, de ce point de vue-là j’ai trouvé ce roman réussi, mais, car oui il y a un mais, j’ai eu du mal avec le style de l’auteur et la lourdeur du texte, avec notamment beaucoup de crudité dans les propos. Le personnage principal, pour qui j’avais une certaine empathie au début du récit, m’a peu à peu agacée, l’auteur insiste trop sur des évidences comme le traumatisme de son viol, et la rend au final assez antipathique.

Un roman intéressant par son sujet et par son cadre historique mais qui ne m’a pas totalement convaincue.

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Lu dans le cadre du challenge Première guerre mondiale :

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