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Posts Tagged ‘Aimer pour deux’

Stephen Desberg a scénarisé pas loin d’une cinquantaine de séries aux thématiques très variées : il exprime son antiracisme à travers Le Sang noir, il signe le polar glamour 60s Miss Octobre et lance une série d’action centrée sur un chasseur de primes, John Tiffany. En 2015, il signe le one-shot Bagdad Inc., thriller d’action géopolitique…

Emilio Van der Zuiden est un dessinateur et scénariste de bandes dessinées. Inspiré par l’univers du roman policier, il a adapté le premier épisode des Beresford Mr Brown (éditions Paquet), personnages issus de l’univers de la romancière anglaise, Agatha Christie. Depuis 2020, il collabore avec le scénariste Stephen Desberg avec Les Anges d’Auschwitz (éditions Paquet).

Monique a 20 ans et ne rêve que de s’émanciper. En 1941, elle débarque dans un Paris occupé et découvre l’euphorie de la capitale. Elle fait la connaissance de Francis, l’épouse sur un coup de tête et donne naissance à Nicole. Mais Monique cherche à comprendre comment elle doit aimer sa propre fille, cette enfant innocente qui la prive de sa liberté.

À la Libération, Monique rencontre un officier américain et découvre le grand amour. Pour vivre sa passion, la jeune femme devra faire un choix cornélien…

Avec Aimer pour deux, Stephen Desberg s’attaque à son histoire familiale et plus particulièrement à sa mère. Il va exhumer des secrets douloureux car cette belle jeune fille insouciante, la narratrice de l’histoire, c’est sa propre mère qui nous livre ses sentiments sur sa maternité et les choix qui vont en découler.

A travers elle, on perçoit l’horreur de la seconde guerre mondiale : l’occupation, les raids aériens, la collaboration horizontale, la libération de Paris, l’arrivée des G.I, l’épuration.

L’album s’ouvre sur la Libération, les rues sont pavoisées, dans des jeeps américaines, des soldats souriants se retournent sur les jeunes Françaises. Mais, au milieu de cette liesse, Nicole vit un moment dramatique, qui fait penser à l’impossible « Choix de Sophie ».

Elle est chez le notaire. Elle veut divorcer, car elle s’est mariée sans amour et vient de rencontrer l’homme de sa vie. Son mari ne la retiendra pas, mais elle devra abandonner Nicole, sa fillette de trois ans. Un choix qui n’en est pas vraiment un car elle est incapable d’offrir tendresse et amour à sa fille, qui passe de longues heures avec son papa.

Les dessins d’Emilio van der Zuiden sont très beaux et expressifs et nous plongent dans l’ambiance de l’époque, son utilisation de sa palette de couleurs est vraiment intéressante. Des teintes sombres, en accord avec le chagrin de la jeune femme et de Francis mais aussi les rafles, les attaques aériennes, les contrôles d’identité musclés, la déportation…

Et des teintes vives avec l’autre versant de la capitale pendant la guerre, un univers plein de gaieté, de couleurs, d’érudition, d’amusements : librairies, galeries d’art, bars où l’on boit, danse, écoute du jazz, l’Opéra où se jouent les opéras de Wagner.

Le découpage est riche et original avec des formats des planche qui varient : de grandes vignettes étalent des plans larges, souvent avec des incrustations. Elles alternent avec des petites : gros plans sur des visages, des mains, documents, regards. A certains moments, l’histoire se déroule sur les deux planches en vis-à-vis, des ambiances sans cadre sur fond blanc.

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, les thématiques qui la traversent. Le scénario m’a autant plus que les dessins et le travail sur less couleurs de Fabien Alquier est remarquable.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Bamboo pour cette lecture et leur confiance.

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