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Paris, Siècle des Lumières. Alors que Diderot et d’Alembert travaillent d’arrache-pied à l’Encylopédie, une série de meurtres assombrit leur horizon. Toutes les victimes travaillaient pour leur grande œuvre. Qui cherche à tuer les champions de la raison ?

Paris, 1750. Un cercle d’intellectuels travaille à la rédaction d’un dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers : L’Encyclopédie, destiné à éduquer les lecteurs et à diffuser les Lumières.

Dans leur projet, Diderot, D’Alembert, d’Holbach, Buffon, Hume et leurs compagnons subissent les menaces qui pèsent sur tous ceux qui développent des opinions antireligieuses et antimonarchistes.

Un jour, l’un d’entre eux, Monsieur Raynal, est mystérieusement assassiné. Puis ce sera le tour d’un second. Diderot, accompagné de Marie, une jeune illustratrice qu’il a pris sous son aile, va mener l’enquête.

Ses premiers soupçons se portent sur les Croisés, de fervents catholiques soutenus par l’archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, grand adversaire du projet…

Vous connaissez mon goût pour le XVIIIè siècle et lorsque je tombe, totalement par hasard, sur un roman graphique qui met en scène mon philosophe préféré, Denis Diderot, comme dans Les encylopédistes, impossible pour moi de résister !

Vous le savez peut-être si vous me suivez depuis longtemps, je voue une passion au siècle des Lumières et plus particulièrement à l’Encylopédie de Diderot et d’Alembert, j’étais donc très curieuse en commençant ma lecture de voir le traitement qu’en avaient fait les espagnols José A. Pérez Ledo au scénario et Alex Orbe aux dessins.

Et je dois bien admettre que je ressors conquise de ma lecture car non seulement le scénariste s’est très bien documenté sur le sujet mais en plus il nous offre une intrigue policière pleine de rebondissements et d’intérêt.

Si l’intrigue policière est fictive, aucun philosophe n’a été assassiné pendant l’écriture de l’Encyclopédie, la trame principale est bien replacée dans son contexte historique et s’appuie sur des éléments bien réels.

L’auteur aborde pêle-mêle l’appui de la marquise de Pompadour à l’Encyclopédie (même si elle n’a jamais été l’amante de Diderot) et la défiance du roi Louis XV envers le projet, le séjour de Diderot à Vincennes, les rapports houleux du philosophe avec sa femme Antoinette, les relations parfois tendues entre d’Alembert et Diderot, les problèmes de censure, les interdictions de publication qui pleuvaient sur le projet, le conflit ouvert avec l’archevêque Christophe de Beaumont… José A. Perez Ledo n’omet rien, tout y est !

Le féminisme de Diderot n’est pas non plus oublié avec le personnage fictif de Marie qu’il choisit pour croquer les visages des encyclopédistes lors des séances de travail et pour les planches illustrées car l’Encyclopédie, éditée entre 1751 et 1772, comprend 17 volumes de texte, 11 volumes de planches et 71 818 articles, un travail colossal !

Le scénario retransmet également très bien la perception qu’avaient l’Eglise et le pouvoir de ce projet qu’ils jugeaient dangereux : un peuple éclairé se laisserait moins facilement gouverné. L’encyclopédie fournit en effet une compilation des connaissances de l’époque dont la cohérence était obtenue par la riche documentation des articles d’astronomie, et les renvois vers des articles de différentes disciplines.

Les planches signées Alex Orbe sont plutôt agréables à regarder, je n’aime pas trop sa façon de dessiner les visages mais les couleurs plutôt vives et tranchées pour lesquelles il a opté sont bien choisies.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé Les encyclopédistes et je ne peux que vous inciter à lire cette bande dessinée à votre tour. Si vous aimez cette époque ou que vous souhaitez en savoir plus sur l’Encyclopédie, c’est le titre idéal.

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