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Posts Tagged ‘alexandra de broca’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Elle est princesse de sang. Recluse à la Cour de Versailles, vouée à rester seule et à se consacrer aux oeuvres charitables. Lui est roturier. Brillant botaniste du jardin du Roy, il est adepte des Lumières. Tout oppose Madame Elisabeth, la jeune soeur de Louis XVI, et François Dassy. Pourtant, lorsqu’ils se rencontrent par hasard dans la forêt de Fontainebleau, une irrésistible attirance les pousse l’un vers l’autre. Mais la révolution gronde et menace cet amour clandestin… Elisabeth saura-t-elle suivre les idées nouvelles qui bouleversent la France ? Et mettre en danger la royauté ? Dassy est-il un honnête homme ou un imposteur ?

Élisabeth Philippine Marie Hélène de France, dite Madame Élisabeth, est née le 3 mai 1764 au château de Versailles. Huitième et dernier enfant du dauphin Louis Ferdinand, fils de Louis XV et de Marie-Josèphe de Saxe, elle est la sœur des rois Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Orpheline de ses deux parents avant ses trois ans, elle sera choyée par sa sœur Clotilde qui s’occupera d’elle comme une mère jusqu’à son mariage avec le duc de Piémont, un éloignement qui fera souffrir Élisabeth tout au long de sa courte existence.

Elle mène une enfance solitaire jusqu’à l’arrivée de Madame de Mackau, sous gouvernante des enfants de France, et de sa fille Angélique qui va devenir sa confidente et à l’âge adulte la gouvernante de sa Maison.

Elle a dix ans lorsque son bien-aimé grand-père Louis XV rend son dernier soupir, victime de la variole, il lui lèguera ses serres, ses animaux sauvages et ses chers arbres car Élisabeth est une scientifique qui partageait avec son illustre aïeul l’amour des sciences naturelles et de la botanique.

Elle s’intéresse également aux sciences de manière générale et sera favorable à la Variolisation qui permet de se prémunir contre la petite vérole, maladie contagieuse mortelle et fréquente, qui touche indifféremment toutes les couches de la population, laissant au mieux d’horribles cicatrices sur le visage, donnant la mort au pire.

Très pieuse, elle soulagera beaucoup les pauvres habitants aux environs de son château de Montreuil où elle aimait se réfugier et vivre loin de l’étiquette de la Cour. Proche de son frère Louis XVI et favorable comme lui à une meilleure répartition des impôts, elle suivra la famille royale dans sa fuite à Varennes et partagera leur sort funeste pour finir guillotinée le 10 mai 1794, une semaine après ses trente ans.

Son statut de fille de France la prédestinait à épouser un monarque ou à rentrer dans les ordres, elle ne fera ni l’un ni l’autre et restera célibataire. On l’imagine dévote coincée, confite en dévotions, c’est une femme intelligente, dotée d’un fort tempérament, une mathématicienne qui avait aussi une vision politique.

Très proche de Louis XVI, de Marie-Antoinette et de ses neveux, elle refusera toujours l’exil, préférant rester avec sa famille jusqu’au bout. J’avoue que je ne m’étais guère penchée sur cette femme ni intéressé à son sort, j’ai donc appris beaucoup de choses sur sa personnalité et je l’ai trouvé attachante même si je ne partage pas bon nombre de ses points de vue.

L‘histoire d’amour que Alexandra de Broca fait revivre entre Elisabeth et François Dassy, son médecin, dans La sœur du roi, est magnifique. Dassy a réellement existé, on en trouve des traces dans la correspondance de la princesse mais on ne sait rien de sa vie, Alexandra de Broca a donc fictionné sa biographie mais tout ce qui attrait à Élisabeth est lui, véridique.

Découpé en trois parties, le prologue, l’histoire en elle-même et l’épilogue, ce roman nous conte la vie de ses deux personnes qui vont vivre un amour platonique pendant une dizaine d’années. La romancière alterne d’un chapitre à l’autre les protagonistes et nous suivons tour à tour Dassy et Élisabeth jusqu’à leur rencontre.

Il est né à Strasbourg dans une famille protestante d’un père médecin et d’une mère apothicaire. Elle est née dans le plus bel écrin d’Europe et pense que Dieu a choisi sa famille pour régner sur la fille aînée de l’Eglise. Impossible pour eux d’espérer un jour unir leur destin en se mariant, Élisabeth ne peut s’abaisser à épouser un roturier, François est protestant et ne veut pas se convertir au catholicisme.

Au-delà de cette histoire d’amour impossible, donc belle et tragique, Alexandra de Broca nous montre comme elle connaît bien cette période du règne de Louis XVI et de la Révolution Française, son roman biographique est donc très bien documenté et à ce titre, il est vraiment passionnant.

Elle nous permet de croise le gratin de la médecine, de la botanique et du naturalisme de l’époque, nous conte les avancées scientifiques dans ces différents domaines et nous dresse un portrait vraiment touchant de Madame Élisabeth.

Déjà auteure de La princesse effacée qui dressait le portrait de Madame Royale et de Monsieur mon amour qui contait le destin tragique de la princesse de Lamballe, Alexandra de Broca démontre une fois de plus dans ce nouveau roman, tout son talent de conteuse de l’histoire au service de femmes aux destins incroyables.

La soeur du roi est un roman passionnant sur une femme oubliée de l’Histoire, une femme intelligente qui a du faire face à des évènements tragiques. Je ne peux que vous recommander cette biographie romancée qui rend un bel hommage à une princesse singulière.

Un grand merci à Ophélie et aux éditions Albin Michel pour cette belle lecture à la fois intelligente, émouvante et romantique !

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Paris, 1795. Tandis que la France émerge de la Terreur, une jeune fille de seize ans demeure enfermée à la prison du Temple, oubliée de tous. Elle n’est autre que Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, morts sur l’échafaud. Afin d’améliorer ses conditions de détention, les nouveaux dirigeants dépêchent auprès de la jeune prisonnière une femme aux origines modestes, Renée Chantereine. A chacune de ses visites, Chantereine découvre une jeune fille au bord de la folie. Avec patience et persévérance, elle aide la princesse à répondre aux questions qui l’obsèdent: pourquoi a-t-elle été emprisonnée sans jugement ? En quoi est-elle coupable du crime de ses parents? Et surtout, parviendra-t-elle un jour à pardonner? La Princesse effacée est le premier roman consacré à Marie-Thérèse de France, unique rescapée de la famille royale. Il décrit l’intimité et la fragilité d’une jeune femme complexe, meurtrie par le destin et oubliée de l’Histoire.

la-princesse-effacee-alexandra-de-brocaauteur-éditeur-pagesVous le savez sans doute mais j’ai une affection toute particulière pour le siècle des Lumières, qui pour moi, se termine en 1789. Je l’ai beaucoup étudié en littérature et en histoire mais je ne me suis jamais intéressée à la Révolution, au règne de Napoléon ni à la Restauration. J’en sais désormais un peu plus grâce à ce très beau et émouvant roman d’Alexandra de Broca, La princesse effacée, découvert chez Jostein. De la vie de Marie-Thérèse de France, née en 1778 sous les ors du château de Versailles, je ne connaissais rien, si ce n’est qu’elle était la fille aînée du dernier roi de France, Louis XVI, et de son épouse Marie-Antoinette. La reine, contrairement à ses ainées, était une vraie maman aimante mais soucieuse essentiellement de ses fils appelés à régner, la jeune Marie-Thérèse Charlotte souffrira donc d’une certaine froideur de sa mère qui la considérait trop capricieuse. Mousseline la sérieuse va connaitre un destin singulier, de Versailles à la prison du Temple, de l’exil autrichien au Palais des Tuileries qu’Alexandra de Broca nous retrace dans ce roman particulièrement bien documenté, découpé en deux parties (1795 et 1814).

Le roman démarre en 1795 alors que Madame Royale est emprisonnée au Temple, d’abord avec ses illustres parents, puis seule. Elle y restera en tout 3 ans, 4 mois et 4 jours ! Barras, député de la convention, craint le retour de la monarchie et souhaite libérer la prisonnière du Temple, retenue depuis 3 ans déjà sans qu’aucun motif puisse lui être reprochée. Il est temps de mettre fin à cette situation honteuse et de ménager une sortie suffisamment digne pour elle mais aussi pour le régime en place. Il charge donc la citoyenne Chantereine, une femme du peuple, de s’occuper de la jeunesse princesse. Chantereine, qui n’est pas une révolutionnaire convaincue, accepte la mission et découvre la princesse dans un état lamentable : elle est en guenille, sale, les cheveux infestés de poux et son esprit semble divaguer. La jeune femme est au début très réticente à ses visites mais Chantereine parviendra à l’apprivoiser et prendra fait et cause pour elle. Marie-Thérèse, laissée dans l’ignorance la plus complète, ne sait rien des exécutions de sa mère Marie-Thérèse et de sa tante, la pieuse Madame Elisabeth, ni de la mort quelques semaines plus tôt de Louis XVII, son jeune frère. Chantereine est donc chargée de lui apprendre le destin funeste de sa famille. Sous la plume de l’auteur, on découvre une femme autoritaire, dure, solitaire et amère (on le serait à moins !), qui tient son rôle de fille de France même dans la geôle la plus sale du Temple, détestée des français, otage et simple pion sur l’échiquier de sa famille d’Autriche, de ses oncles et du gouvernement français.

Chantereine va peu à peu lui redonner le goût à la vie et lui propose de l’aider à écrire ses mémoires, c’est ainsi que la jeune femme va se reconstruire, par son travail d’écriture et de mémoire, et qu’elle livre son enfance choyée et son calvaire, du 14 juillet 1789 au 19 décembre 1795, date de sa libération et de son chemin vers l’exil. Elle raconte sans fard la fuite vers Varennes, la terreur que lui inspira le peuple envahissant les Tuileries, les conditions de son incarcération et l’adieu à son père. Cette partie, très émouvante et poignante, m’a beaucoup plu, j’ai été emportée par l’histoire bien souvent douloureuse de Marie-Thérèse et j’ai aimé retrouver l’atmosphère du 18è siècle.

La seconde partie se déroule 20 ans après sa sortie de prison et son retour d’exil avec le nouveau Roi de France Louis XVIII, frère cadet de Louis XVI, nouveau monarque de la France. Devenue duchesse d’Angoulême et dauphine de France depuis son mariage avec son cousin Louis-Antoine d’Artois, elle retrouve avec bonheur sa chère Chantereine, qui n’a pas eu l’autorisation de l’accompagner en exil, et achèvera avec elle ses mémoires. Dans cette partie, l’auteure revient sur la vie en exil de la princesse et sur la Restauration délicate de son oncle sur le trône de France. Incapable d’oublier et encore moins de pardonner, Marie-Thérèse retrouve une vie de cour dans ce palais des Tuileries qu’elle exècre, des courtisans qu’elle méprise, voyant en chacun d’eux des lâches ou des compromis, le peuple de Paris qu’elle craint et n’aspire à qu’à s’établir dans le château de son enfance, sa maison, Versailles. Son mariage stérile avec le fils du comte d’Artois, futur Charles X, ne lui a pas apporté le bonheur qu’elle espérait, et c’est une princesse encore plus sombre et amère qu’avant l’exil que Chantereine retrouve.

On pourra peut-être reprocher à Alexandra de Broca un certain manque d’objectivité vis-à-vis du roi Louis XVI et de Marie-Thérèse de France, un personnage complexe et méconnu, mais j’ai aimé justement ce parti-pris, le fait qu’elle porte haut son héroïne et qu’elle condamne dans ce roman les terribles conditions de captivité subies par le couple régnant et leurs enfants. La princesse oubliée est un roman passionnant sur une femme oubliée de l’Histoire, traumatisée et meurtrie par le sort réservé à sa famille, une femme dure et impitoyable qui a du faire face à des évènements tragiques.

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Lu dans le cadre du challenge La plume au féminin édition 2013 :

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