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Posts Tagged ‘anne akrich’

Chez #InFutureWeBelieve, ils sont une dizaine de collaborateurs, jeunes, dynamiques et soudés autour de leur bienveillante happiness manager, Pandore. Dans le microcosme idéal de leur start-up, ils parlent franglais, font du coworking en open space, ne jurent que par l’économie du partage. Mais alors pourquoi peinent-ils tant à trouver leur place dans ce monde nouveau qu’ils prétendent bâtir ?

Un monde nouveau est un très court roman choral mettant en scène une dizaine de collaborateurs de la start-up #InFutureWeBelieve qui prône le bien-être au travail et l’économie de partage.

On pourrait croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes dans cette entreprise parisienne mais ce n’est pas franchement le cas, l’occasion pour Anne Akrich de signer ici une satire féroce de la culture d’entreprise et une brillante parodie de notre époque, où chaque nouvelle utopie progressiste semble masquer une régression cauchemardesque.

Pandore, la happiness manager, reçoit tour à tour en entretien et évalue Gaspard, Patience, Robin, Farid, Blanche, J.C, Areski, Martin, Esther, Louise, Amira, Samuel et Colette qui se livrent ensuite, formant une série de micro fictions.

A travers cette galerie de personnages, l’autrice interroge notre société 2.0 où le digital est partout, où notre quotidien est rythmé par notre usage des applications et des réseaux sociaux : on partage notre intimité, on cherche l’âme sœur ou l’inspiration, on visite des museaux ou assistons à des cours de façon virtuelle…

Le monde est à portée de main, sommes-nous pour autant plus heureux ? Si l’on en croit les personnages de Anne Akrich, non. Ils sont finalement assez seuls et malheureux dans leur vie privée, incapables de trouver le bonheur qu’ils prônent avec force.

J’ai aimé cette satire sociale, l’humour acerbe de son autrice, pour autant je ne garderai pas longtemps en mémoire Un monde nouveau car cette galerie de personnages plurielle où l’on passe de l’un à l’autre sans transition, comme si l’on cliquait d’une page à l’autre, ne forme pas une réelle histoire.

Si j’ai apprécié la dénonciation de nos travers, je ne me suis pas sentie concernée, pas du tout proche des personnages, de leurs préoccupations. Je n’ai pas leur âge, ni la même façon de vivre et ce roman n’a pas su me toucher, trop parisien pour moi : je ne suis pas vegan, je ne rêve pas de tout plaquer pour vivre plus spirituellement, je ne cherche pas l’âme sœur sur Tinder…

Une lecture qui a néanmoins le mérite de mettre le doigt là où ça fait mal, de faire réfléchir sur la déshumination et l’individualisme de notre société.

Un grand merci à Filippa et aux éditions Julliard pour cette lecture.

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