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Posts Tagged ‘apocryphe rené manzor’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Après le cinéma et la télévision, Manzor ajoute une corde à son art : le roman. Après le succès en 2012 de son thriller littéraire « LES ÂMES RIVALES », son second roman « CELUI DONT LE NOM N’EST PLUS » obtient le prix Polar du meilleur roman francophone au festival de Cognac en octobre 2014. Suivront en 2016 « DANS LES BRUMES DU MAL » et en octobre 2018 son roman le plus ambitieux jusqu’ici, le thriller biblique : « APOCRYPHE » qui vient d’obtenir le Prix du Polar 2019 des Petits Mots des Libraires. René Manzor confirme que, avec une caméra ou un stylo, il est et reste avant tout un conteur.

Jérusalem, an 30. Un petit garçon de sept ans regarde avec rage son père agoniser sur une croix. Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.

Sept années plus tard, alors qu’il vit avec sa mère Maria de Magdalene, un centurion romain vient frapper à leur porte et implorer le pardon de la jeune femme. Cet homme, c’est Longinus, celui qui a transpercé avec sa lance le flanc de Jésus et supervisé son exécution.

Depuis, touché par Jésus, Longinus est devenu un converti et Maria va lui confier son fils. Il emmène David à Jérusalem assister à la Pâques. L’adolescent est en quête de justice et de vérité et ses pas vont croiser ceux de de certains disciples de son père…

Apocryphe signe mes retrouvailles avec René Manzor que j’avais découvert avec Celui dont le nom n’est plus que j’avais adoré. Avec ce titre, l’auteur nous propose une fresque épique, violente et émouvante, un thriller passionnant de bout en bout, si tant est qu’on soit intéressé par la vie de Jésus bien entendu.

A travers David de Nazareth, René Manzor aborde la vie de Jésus, la crucifixion et la façon dont ses disciples vont essaimer leur foi en Jésus dans plusieurs régions du globe antique.

L’histoire tricotée par l’auteur prend sa source dans les évangiles apocryphes, c’est-à-dire les évangiles non reconnus par l’Eglise qui n’en a retenu que quatre : Marc, Mathieu, Luc et Jean. Bye bye tous les autres et notamment ceux qui montraient un Jésus bien plus humain, fait de chair et d’os, avec des sentiments et pourquoi pas une famille ?

La relecture qu’il fait de l’histoire officielle est spectaculaire : Jésus aurait fondé une famille avec Maria de Magdalène avec laquelle il aurait eu un fils, David, le héros du thriller. Il n’aurait pas ressuscité par la foi mais grâce au savoir médical de Joseph d’Arimathie et il ne serait pas monté aux cieux mais aurait continué ses prêches sur un autre continent.

Si René Manzor prend des libertés avec l’histoire officielle de Jésus, son récit est solidement documenté lorsqu’il évoque avec beaucoup de justesse la situation politique en Palestine, le règne de Ponce Pilate, les luttes de pouvoir au sein du clergé du temple, les tribus d’Israël toujours en lutte les unes avec les autres, les compromissions face à l’occupant romain…

René Manzor fait coexister merveilleusement bien personnages réels et fictifs, tout sonne vrai. Les différents protagonistes de l’histoire (David, Longinus, Paul de tarse, Judas ou Barabbas) sont bien dessinés et dépeints et avec eux, on se pose bon nombre de questions sur la manière d’appréhender la foi.

L’auteur sait également très bien doser l’Histoire et la fiction avec un suspens prenant de la première à la dernière page, son style est fluide et érudit, le récit devient vite addictif.

Une belle réussite que ce thriller biblique, véritablement brillant, je vous le recommande !

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