Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘Auschwitz’

Régis Delpeuch a été enseignant durant vingt ans, directeur éditorial adjoint et directeur de la communication de la SEDRAP (Société d’Édition et de Diffusion pour la Recherche et l’Action Pédagogique) avant de se consacrer exclusivement à l’écriture. En 2001, il a créé le salon du livre jeunesse Lecteurs en Herbe. Chez Scrineo, il est l’auteur de la série « Mamie Polar »s (+ de 15 000 exemplaires vendus) et du roman L’enfant d’Oradour.

16 juillet 1942. Sarah Lichtszejn et sa mère Maria sont arrêtées et emmenées au Vel d’Hiv. Contre toute attente, elles arrivent à s’en échapper assez facilement et vont parvenir à se cacher des nazis pendant deux longues années sous une fausse identité grâce à la complicité de leur famille et de leurs amis.

Jusqu’au 24 mai 1944, 7 heures où deux jeunes policiers en civil, tête nue, les arrêtent suite à une lettre de dénonciation. Elles sont d’abord conduites à Drancy où elles vont séjourner quelques semaines avant d’être envoyées dans l’enfer du camp d’Auschwitz-Birkenau…

Vous ne nous séparerez pas raconte l’histoire vraie de Sarah Lichtszejn-Montard, âgée de quatorze ans au début du roman et de sa mère Maria, réfugiée polonaise, échappées du Val d’Hiv et rescapées du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau.

Sous la plume de Régis Delpeuch, on découvre le récit poignant de ces deux survivantes plongées au coeur de l’enfer nazi. L’histoire, criante de vérité, permettra aux adolescent.e.s, qui abordent la Shoah lors de leur programme d’histoire de 3ème, de se rendre mieux compte du calvaire des juifs pendant la guerre.

Ils pourront facilement s’identifier à Sarah qui, à leur âge, subit la peur, le froid, la faim et qui réussit à ne pas sombrer dans le désespoir et à survivre à la solution finale grâce à sa volonté et sau soutien sans faille de sa mère qui ne va jamais cesser de battre.

Régis Delpeuch connait très bien son sujet, l’histoire est bien traitée et documentée, il a pu rencontrer et interroger son héroïne, toujours vivante et cela ce sent tout au long du récit, l’auteur s’est appliqué au mieux à retranscrire ce que vit Sarah et sa mère. Pendant plus de vingt-cinq ans, cette rescapée de la Shoah a raconté inlassablements dans les collèges et les lycées, ce qu’elle a vécu durant la Seconde Guerre Mondiale.

Bien que connaissant plutôt bien cette période et le drame de la Shoah, j’ai été emportée par cette histoire, émue par ce qu’ont vécu Sarah et Maria et je compte bien faire lire ce roman à mes ados car il montre la réalité tout en n’étant jamais tire-larmes.

Cerise sur le gâteau, il y a un gros dossier documentaire à la fin de l’ouvrage avec des repères datés, des photos, un glossaire, une interview de Sarah Montard… qui permettront aux jeunes lecteurs et aux autres d’approfondir leurs connaissances.

Un ouvrage à mettre entre toutes les mains bien sûr et j’en profite pour remercier les éditions Scrinéo pour l’avoir mis entre les miennes !

Read Full Post »

Sous un ciel de plomb, des prisonniers défilent à l’entrée du camp d’Auschwitz. Bientôt, ils ne seront plus que des numéros tatoués sur le bras. C’est Lale, un déporté, qui est chargé de cette sinistre tâche. Il travaille le regard rivé au sol pour éviter de voir la douleur dans les yeux de ceux qu’il marque à jamais.
Un jour, pourtant, il lève les yeux sur Gita et la jeune femme devient sa lumière dans ce monde d’une noirceur infinie. Ils savent d’emblée qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Mais dans cette prison où l’on se bat pour un morceau de pain et pour sauver sa vie, il n’y a pas de place pour l’amour.
Ils doivent se contenter de minuscules moments de joie, qui leur font oublier le cauchemar du quotidien. Mais Lale a fait une promesse : un jour, ils seront libres, deux jeunes gens heureux de vivre ensemble. Deux personnes plus fortes que l’horreur du monde.

Avril, 1942. Lale Sokolov débarque de sa Hongrie natale à Auschwitz. Juif non pratiquant, il était jusqu’alors vendeur dans un grand magasin lorsque les SS ont proposé un deal à sa famille : un seul d’entre eux sera déporté à condition qu’un volontaire se désigne.

Célibataire, Lale accepte et c’est sous un soleil de plomb, après plusieurs jours de voyage dans un wagon bondé, qu’il entre dans le camp et voit la devise du lieu : Le travail rend libre. Il ignore où il est mais comprend que si il veut survivre à ses bourreaux nazis, il a intérêt à ne pas montrer ses faiblesses.

Dès son arrivée, il est jugé digne d’être momentanément épargné et atterrît devant le tatoueur, chargé de marquer à vie ceux qui ne sont pas promis dans l’immédiat à la solution finale.

Il fait ainsi la connaissance de Pepan, un français déporté pour son activisme communiste, qui lui propose de devenir son apprenti. Au risque d’être considéré comme un collaborateur, Lale, qui s’est juré de survivre à cet enfer, accepte ce travail.

Quelques semaines plus tard, il tombe amoureux de Gita. Dans l’enfer du camp, ils vont s’aimer et tout faire pour sortir vivants d’Auschwitz…

Heather Morris est une journaliste néo-zélandaise. Dans les années 2000, elle rencontre Lale Sokolov qui lui raconte son histoire. A la fin de sa vie, l’ancien déporté souhaite que sa survie dans le camp d’Auschwitz soit relatée et choisit la plume de Heather Morris pour retranscrire les trois années qu’il y a passé.

L’auteure va mettre une dizaine d’années avant de nous proposer ce témoignage sous forme romancée et elle réussit brillamment à nous relater le quotidien de Lale dans l’enfer de ce camp de concentration sans jamais tomber dans le pathos, une prouesse, car si ce récit est émouvant, il est aussi tout en pudeur et en sensibilité.

Si Heather Morris construit habilement son récit pour faire ressortir l’amour, la solidatiré et l’amitié qui unissait les déportés, il n’empêche qu’elle ne nous épargne rien de leur quotidien : déshumanisés, meurtris dans leur dignité et leur chair, affamés, maltraités, objets d’expériences scientifiques menées par le docteur Mengele, ces déportés ne sont plus qu’un numéro tatoué dans l’antichambre de la mort. Ils ont du mal à comprendre pourquoi ils sont là, espèrent que les alliés viendront les sortir de cet enfer et qu’ils seront un jour à nouveau libres.

Lale, qui est de la race des combattants, comprend qu’il doit travailler pour les SS ou mourir. Il se lie d’amitié avec d’autres prisonniers comme le tatoueur français et les tziganes. L’auteure nous rappelle ainsi que les juifs n’ont pas été les seuls à souffrir de la barbarie nazie mais que les opposants politiques, les handicapés, les homosexuels et les tziganes ont également péri en masse sous le régime hitlérien.

Un livre choc qui ne nous épargne aucune des atrocités, des ignominies, des exactions nazies : hommes, femmes, enfants, vieux ou jeunes, personne ne sera épargné et les survivants seront marqués à jamais par leurs souvenirs des camps. Heureusement dans cet enfer, l’espoir naît avec l’amour qui unit Lale et Gita.

Le tatoueur d’Auschwitz, même si c’est un récit très dur, est un livre que je vous conseille absolument. Bouleversant, il marquera longtemps ma mémoire et je remercie les éditions City pour m’avoir permis de le lire.

Read Full Post »