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Posts Tagged ‘bd jeunesse’

D’origine russe, Anya voudrait, dans son lycée américain, être acceptée de tous. Oui mais voilà, elle est complexée. Elle se trouve trop ronde et a du mal à se faire des amis. Et puis, elle craque pour Sean qui préfère Elizabeth. Mais voilà qu’elle tombe dans un puits et y fait la rencontre d’Emily, un fantôme.

La vie d’Anya est un vrai cauchemar pour une adolescente d’origine russe qui souhaite s’intégrer dans son lycée américain : une famille « gênante », des rondeurs mal placées, et un accent russe, d’autant plus qu’elle craque pour Sean, le beau gosse du lycée.

Pour couronner le tout, la voilà qui dégringole dans un puits où elle tombe nez à nez avec des ossements. Elle a beau crier à l’aide, personne ne l’entend sauf Emily, un fantôme qui a trouvé la mort dans ce puits quatre-vingt dix ans plus tôt.

Le fantôme lui avoue alors qu’elle a été victime d’un meurtre et décide d’aider Anya à en sortir afin de ne pas connaître le même destin funeste. En l’aidant à sortir du trou puis en lui donnant de précieux conseils, Emily devient vite la meilleure amie d’Anya.

Enfin, c’est ce qu’elle croit car les intentions d’Emily ne sont peut-être pas aussi bienveillantes qu’il ne paraît, et elle va bientôt se révéler être un fantôme bien encombrant…

La vie hantée d’Anya est le second roman graphique de Vera Brosgol que je lis, après Un été d’enfer !, découvert au printemps, un récit inspiré par sa propre enfance.

Ici, c’est de la pure fiction : on suit Anya, une adolescente mal dans sa peau, qui cumule les complexes (poids, origine russe, accent…).

Alors qu’elle a l’impression que tout va ma dans sa vie, l’arrivée d’Emily va coïncider avec une amélioration nette de son intégration : ses notes s’envolent car le fantôme lui souffle les bonnes réponses, elle côtoie les plus populaires du lycée mais cette aide providentielle va finir se révéler problématique.

Comme dans Un été d’enfer !, j’ai adoré les dessins tout en rondeurs de Vera Brosgol et sa palette de couleurs (noir, blanc, gris). L’histoire est très chouette mêlant humour et fantastique avec une petite pointe de frayeur et d’angoisse, idéale à découvrir pour Halloween.

Anya est une héroïne attachante et réaliste, les adolescentes pourront facilement s’identifier à elle. Bien que mon adolescence soit loin derrière moi, l’histoire m’a captivée et je ne l’ai pas lâchée jusqu’au point final, preuve que ce récit pleut palire à une plus large audience que celle du jeune public visé.

L’ambiance est inquiétante à souhait, l’intrigue est pleine de surprises et de rebondissements : Emily vaut son pesant de cacahuètes et fait basculer peu à peu l’histoire vers le film d’horreur et va donner bien des sueurs froides à Anya et aux lecteurs.

Un album fantastique très réussi donc qui évoque avec sensibilité l’adolescence et ses complexes et qui me confirme que Vera Brosgol est une autrice prometteuse à suivre, si vous ne la connaissez pas encore, foncez !

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture, j’ai adoré !

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Les grands discours ne servent à rien. Nous avons perdu trop de temps à parler. Les écrits, les paroles, c’est ce qui nous asservit. Le jour est venu d’en finir avec tout ça.

Phoenice, anciennement San Francisco, n’est plus qu’un état à part entière divisé en deux zones depuis le tremblement de terre qui l’a partiellement détruite au 21ème siècle : les quadrants, quartiers où vit la majeure partie de la population, et Le coeur, ville dans la ville, juchée sur une colline et protégée par un mur.

Les élus, classe dominante et éduquée, vivent à l’abri du mur et détiennent tous les pouvoirs y compris militaires. Les autres habitants sont répartis selon un système de castes : ouvriers, soldats, nourrisseurs et déclassés.

Jonas, 14 ans, vit avec une mère dépressive, un père révolutionnaire. Sa soeur aînée, Helix 15 ans, a réussi l’Ascension, concours d’entrée pour intégrer les « élus ». Un concours très difficile à réussir pour les non initiés. A présent, intronisée, et passée de l’autre côté, elle est coupée de sa famille.

Les tensions entre le peuple et le pouvoir ont atteint un point de non-retour. La ville se consume, ravagée par les flammes des combats qui s’étendent jusqu’à l’Apex. Au milieu de cette révolte, les masques tombent et les vérités éclatent. Helix, Jonas et Circeon devront faire face à de douloureuses révélations les unissant bien malgré eux au destin de la cité.

L’âme des inspirés est le second et dernier tome de la duologie Eden, après Le visage des sans-noms paru il y a quelques mois. Au scénario, on retrouve Fabrice Colin et aux illustrations, la talentueuse Carole Maurel dont j’aime beaucoup le travail.

Vous le savez d’ores et déjà si vous êtes un(e) habitué(e) de ce blog : la science-fiction et la dystopie ne sont pas mes genres de prédilection loin de là et pourtant je dois admettre que cette bande dessinée jeunesse se lit formidablement bien et que je ne me suis pas ennuyée une seconde !

Si le premier volet plantait le décor et l’ambiance dans lesquels nous voyons évoluer les protagonistes de ce récit, ce second opus nous fait rentrer dans le feu de l’action. Pas de temps mort, des révélations en cascade et un constat post apocalyptique de Phoenice sont au menu de ce volume.

L’ouvrage, si il montre quelques scènes violentes, sont tout à fait abordables pour les adolescents qui comprendront, je l’espère, qu’il est important de garder son sens critique pour tenter d’échapper aux manipulations, de lire et d’apprendre car dans cette ville, le savoir et les livres ont été consciencieusement éradiqués, comme dans toutes les tyrannies.

Et comme dans toute dictature, il y a un pouvoir qui détient toutes les manettes et une résistance qui tente de lutter, dans l’ombre, contre les élus et le régime mis en place.

La révolution est en marche et nos héros seront en première ligne pour mettre à bas le cœur de la ville et ils apprendront beaucoup sur leurs origines qui sont loin d’être celles qu’ils croyaient !

Une bonne idée de Fabrice Colin qui nous propose un récit bien rythmé, bien servi par les illustrations réussies Carole Maurel qui croque avec talent ce monde futuriste de Phoenice mais qui met également l’accent sur les visages des acteurs de l’histoire, ce qui rend le tout très vivant.

Une série qui constitue une bonne entrée en matière dans le genre dystopique auprès de la cible visée par Fabrice Colin et Carole Maurel (les pré ados et ados).

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture, loin de ma zone de confort !

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1918. Alors que la Première Guerre mondiale fait rage, les Lulus tentent de survivre en zone occupée. Enrôlés malgré eux par une société secrète, les quatre orphelins sont contraints de se séparer. Cette séparation, la toute première depuis qu’ils se connaissent, pourrait être beaucoup plus longue qu’ils ne l’imaginent…

Nous avions laissé nos Lulus quittant Luce et sa grand-mère, nous les retrouvons en bien mauvaise posture, prisonniers dans un relai de chasse !

Enrolés malgré eux par la société secrète des Gentils Hommes qui résistent à l’occupant allemand à travers un journal clandestin, ils vont vivre des aventures qu’ils ne sont pas prêts d’oublier.

Comme les hommes du mouvement ne savent pas si ils peuvent leur faire confiance, ils séparent nos quatre Lulus qui ne se sont pas quittés depuis leur arrivée à l’orphelinat, bien des années auparavant.

Luigi et Lucien, les plus âgés, sont envoyés travailler dans le château occupé par le fils du Kaiser, chargés d’espionner le Kronprinz pour leur compte tandis que Ludwig et Lucas restent prisonniers de l’organisation…

Mois après mois, je poursuis la lecture des aventures des orphelins Lucien, Lucas, Luigi et Ludwig et de leur amie d’infortune, Luce. Après La maison des enfants trouvés, Hans, Le tas de briques et La déchirure, place au dernier opus de la série Le der des ders.

Une fois encore mon Sami-Chameau et moi avons été séduits par cette histoire qui nous montre une fois de plus l’horreur de la guerre, la résistance et la délation.

Le scénario, comme toujours signé Régis Hautière, est de qualité. Il n’épargne pas nos Lulus : leur route, semée d’embûches, va leur réserver des frayeurs, des déconvenues mais aussi des surprises et des retrouvailles inattendues.

Nos jeunes héros ont grandi, les aînés ressemblent maintenant à des hommes et n’échapperont à la folie de cette guerre en se retrouvant dans les fameuses tranchées. Ce cinquième tome reste fidèle à l’esprit des précédents et nous plongent davantage dans la réalité du conflit et leur amitié est mise à mal.

Ils sont touchants par leur détresse et nous tremblons avec eux à chaque rebondissement et péripétie qu’ils vivent. Petit bémol toutefois, la fin m’a semblé trop précipitée et surtout, elle nous laisse avec un terrible suspens car nous ne savons pas ce qu’il advient de chacun d’entre eux à la fin de la guerre.

Les dessins de Hardoc s’accordent parfaitement à l’histoire, les teintes se font plus sombres et il a un vrai talent pour représenter les différents protagonistes. Les dialogues entre les soldats allemands sont traduits en bas de page et c’est un vrai plus car ils rendent encore plus tangibles la réalité de la guerre pour leurs jeunes lecteurs.

C’est une série très pédagogique qui permet aux enfants de découvrir la grande guerre autrement, à travers le parcours d’autres enfants et qui sait leur donner le goût de l’Histoire.

Vous l’aurez compris un cinquième opus réussi, nous allons donc poursuivre les aventures de nos Lulus avec La perspective Luigi qui n’a pas encore rejoint ma PAL mais ça ne saurait tarder !

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Xi Qong, le dragon noir rongé par sa colère et la volonté de se venger est bien décidé a reprendre sa souveraineté sur l’Empire du milieu et le reste du monde. Yin veut l’affronter, elle s’enfuit de chez son grand-père et prend la mer sur sa barque. Les enfants du village et le capitaine Utamaro partent à sa recherche en longeant la côte, tandis que Guang Xinshi, le dragon d’or, sait que c’est à lui de le combattre . Après être venu à bout des anguilles géantes – excroissances de Xi Qong, il mènera Yin dans les profondeurs de son ancien royaume, là où se cache Xi Qong. Á la faveur des créatures des océans, le dragon d’or se lancera dans son ultime combat, parviendra-t-il à terrasser le dragon noir de la fin des temps ? Yin y survivra-t-elle ?

Banlieue de Shanghai, été 1937. La tempête que redoutaient Yin et ses amis est maintenant sur eux : Xi Qong, le grand dragon noir de la fin des temps a lancé son attaque sur le règne des hommes.

L’armée japonaise est en déroute et rien ne semble pouvoir arrêter la folie destructrice du terrifiant dragon.

Yin et ses amis, son grand-père, le capitaine Utamaro et Guang Xinshi, le dragon d’or, ne baissent pas les bras pour autant et comptent bien se battre pour leur survie et celle de leur monde.

Mais pour espérer vaincre Xi Qong, ils devront trouver des alliés pour les soutenir dans cette épreuve… car la bataille contre le grand dragon noir de la fin des temps s’annonce terrible.

Lors de ma lecture des deux précédents opus de cette trilogie Créatures célestes et Les écailles d’or j’avais beaucoup apprécié le scénario de Richard Marazano qui oscillait entre mythologie shintoïste, Histoire et culture chinoise. J’ai donc été ravie de retrouver les protagonistes de cette histoire à l’occasion du dernier acte de cette trilogie : Nos dragons éphémères.

J’aime l’univers de cette série, les liens qui unissent la petite Yin et son grand-père, même si ce volume est très sombre puisqu’il voit nos héros combattre une créature à la fureur destructrice mais néanmoins teinté d’espoir puisque les ennemis d’hier, chinois et japonais, vont réussir à oublier leurs griefs et faire front commun contre le grand dragon noir.

La rage du Grand Dragon de la Fin des Temps fait malheureusement écho à la violence des hommes et bien que le Dragon d’or soit décidé à aider Yin et Li, il y a beaucoup d’émotions tout au long du récit car nos héros ne sont pas ménagés par les évènements.

On retrouve aussi le capitaine Utamaro, le soldat japonais, personnage attachant, qui fait la guerre bien malgré lui et qui s’attache au vieil homme et à sa petite-fille. Etudiant en mythologie comparée, il n’a qu’une envie : que la guerre cesse afin qu’il puisse retrouver les bancs de l’université.

Au-delà de cet aspect historique, le scénario de Richard Marazano fait la part belle aux valeurs humanistes et aux qualités de courage et d’altruisme de cette petite fille qui ne va pas hésiter à combattre Xi Qong au péril de sa vie.

Sans oublier la belle relation qui existe entre Yin et le dragon d’or mais aussi avec son grand-père qui sont tout l’un pour l’autre. Les éléments du folklore et du fantastique chinois sont un vrai plus qui nous aident à plonger dans cette ambiance particulière.

Les dessins signés Xu Yao sont toujours aussi magnifiques. Les couleurs sont tantôt douces et chatoyantes tantôt nettement plus sombres, s’accordant parfaitement au scénario imaginé par Richard Marazano.

Vous l’aurez compris Yin et le dragon est une trilogie que je ne peux que vous conseiller de lire à votre tour, à la fois instructive, intelligente et pleine d’émotions, pour les adultes comme pour les enfants à partir de 10 ans.

Mon Sami-Chameau de fils âgé de 12 ans a lui aussi beaucoup aimé cette série et la recommande aux jeunes lecteurs.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette très belle lecture.

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1917, la guerre s’éternise. Le blocus naval mis en place par l’Angleterre, pour empêcher le ravitaillement des puissances centrales, provoque une pénurie alimentaire dans toutes les zones contrôlées par l’armée allemande. Dans cette Europe meurtrie, le périple des Lulus se poursuit. Malgré leur optimisme naturel, ils commencent à désespérer de revoir un jour l’abbé et les copains de l’orphelinat. Et, s’ils restent soudés dans l’adversité, des lézardes apparaissent dans leur belle amitié.

Nous avions laissé nos Lulus montant dans un train, hélas pour eux, au lieu de partir en Suisse, ils se sont retrouvés en plein pays ennemi, l’Allemagne ! Heureusement, ils parviennent à fausser compagnie aux casques à pointe et à voler des masques à gaz aux fritz qui les pourchassent.

Ils se retrouvent en territoire belge, jusque dans le village d’où est originaire Luce et où vivent encore ses grands-parents. Leur chemin croise la route d’un paysan qui cultive son champ à l’aide d’un éléphant, d’un photographe itinérant, qui en échange d’une photo qu’il fait semblant de prendre se fait récompenser d’un bon gueuleton…

Mois après mois, je poursuis la lecture des aventures des orphelins Lucien, Lucas, Luigi et Ludwig et de leur amie d’infortune, Luce. Après La maison des enfants trouvés, Hans et Le tas de briques, voici le 4e opus de la série toujours aussi réussi.

Une fois encore mon Sami-Chameau et moi avons été séduits par cette histoire qui nous montre une fois de plus ce qui se passe à l’arrière, côté civils, nos Lulus ne cessent de fuir les troupes allemandes.

Le scénario, comme toujours signé Régis Hautière, est de qualité. Il n’épargne pas nos Lulus : leur route, semée d’embûches, va leur réserver des frayeurs, des déconvenues mais aussi de belles surprises et des rencontres étonnantes. Leur amitié est souvent mise à mal mais ils restent soudés dans l’adversité tout en se demandant si cette maudite guerre prendre un jour fin.

Ce quatrième tome reste fidèle à l’esprit des précédents et nous plongent davantage dans la réalité du conflit même si les Lulus ont la chance de ne pas être à côté du front, ils vont vivre la peur au ventre d’être pris par l’ennemi et envoyés en Allemagne. Et nous allons trembler avec eux à chaque rebondissement et péripétie qu’ils vivent.

Nos Lulus grandissent de tomes en tomes, les plus jeunes ont quitté le monde de l’enfance pour l’adolescence et les deux aînés sont quasiment des adultes. La seule fille du groupe s’affirme de plus en plus, devient une vraie jeune fille et aussi la pomme de discorde car nos Lulus sont tous amoureux d’elle.

Les dessins de Hardoc s’accordent comme toujours parfaitement à l’histoire, les teintes se font plus sombres et il a un vrai talent pour représenter les différents protagonistes de l’histoire

Les dialogues entre les soldats allemands sont traduits en bas de page et c’est un vrai plus car ils rendent encore plus tangibles la réalité de la guerre pour leurs jeunes lecteurs.

C’est une série très pédagogique qui permet aux enfants de découvrir la grande guerre autrement, à travers le parcours d’autres enfants et qui sait leur donner le goût de l’Histoire.

Vous l’aurez compris un quatrième opus tout aussi réussi que les précédents, nous allons donc poursuivre cette série avec le dernier volume qui n’a pas encore rejoint ma PAL mais ça ne saurait tarder !

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Arrivée de Russie, Vera veut à tout prix s’intégrer dans sa nouvelle vie à New York mais elle se rend compte très vite que ce n’est pas facile. Ses amies vivent dans des maisons luxueuses et leurs parents peuvent se permettrent beaucoup de choses comme de les envoyer dans les meilleures colonies de vacances du pays. Vera et sa mère n’ont pas les mêmes moyens et ne peuvent pas se permettre ces privilèges. Mais cette année, elle part dans une colonie de vacances russe où elle compte bien en profiter. Cependant, rien ne se passera comme Vera l’avait prévu.

Tout juste arrivée de Russie avec sa maman, son petit frère et sa petite sœur, Vera, dix ans, aimerait tellement que ses copines américaines la considèrent comme l’une des leurs.

Mais ses multiples tentatives pour y parvenir se soldent presque toutes par des échecs : elle n’a jamais les bonnes poupées, les bons gâteaux ou le logement pour contenter ces petites américaines qui vivent dans de grandes maisons, avec des parents qui gagnent bien leur vie.

Son rêve : que sa maman, qui suit une formation pour devenir comptable, puisse un jour l’envoyer dans une de ces luxueuses colonies de vacances, dans lesquelles s’épanouissent les jeunes américains.

Vera sait bien que sa mère, qui les élèvent seule, ne peut se permettre une telle dépense, pourtant elle accepte d’envoyer la jeune fille et son petit frère dans un camp russe.

Là voilà toute joyeuse à l’idée de passer deux semaines, persuadée qu’elle va s’y faire des amies…

Un été d’enfer ! est un récit inspiré par la propre histoire de Vera Brosgol qui signe ici le scénario comme les dessins de ce roman graphique que j’ai trouvé drôle et touchant.

Son expérience au cours de cet été dans un camp avec des scouts russes, une organisation persona non grata au temps du soviétisme, et les déboires que l’auteure a vécus, elle nous la retranscrit tout au long de ce roman aux teintes dominées par le vert, noir et le blanc.

J’ai trouvé cette petite fille très attachante, avec ses difficultés à se lier avec des petites filles de son âge, à trouver sa place aussi bien parmi les américaines que les russes, elle va en effet vivre un été d’enfer alors que son petit frère se fait des amis partout où il se trouve !

Cette colo, qu’elle pensait hyper cool, va se révéler pleine de désullusion pour notre jeune héroïne qui va accumuler la poisse, découvrir les Hollywood (les toilettes sèches en pleine nature), les animaux sauvages, les napadenya, l’hostilité de certaines filles mais aussi des garçons…

Pour autant, le récit qui est nous proposé ici est plein de tendresse, d’humour, les dessins volontiers rieurs et l’auteure espère bien que sa propre expérience permettra aux enfants dès 9 ans de dédramatiser la colonie de vacances.

Car si Vera est malmenée, elle va se révéler, faire preuve de pugnacité et acquérir une confiance en elle qui va lui permettre de terminer son séjour mieux qu’elle l’a commencé.

Une chouette lecture, avec de belles valeurs, que je recommande aux enfants bien sûr mais aussi aux adultes qui envoient leurs enfants ou colo ou non, car Vera est absolument délicieuse de naïveté, de gentillesse et de courage.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture, j’ai adoré !

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La seconde insurrection. J’imagine que tu n’en as jamais entendu parler ? Nous voulons tout changer. Nous voulons changer la vie, nous voulons changer les gens, ici et maintenant. J’aimerais que tu rejoignes notre cause…

Phoenice, anciennement San Francisco, n’est plus qu’un état à part entière divisé en deux zones depuis le tremblement de terre qui l’a partiellement détruite au 21ème siècle : les quadrants, quartiers où vit la majeure partie de la population, et le coeur, ville dans la ville, juchée sur une colline et protégée par un mur.

Les élus, classe dominante et éduquée, vivent à l’abri du mur et détiennent tous les pouvoirs y compris militaires. Les autres habitants sont répartis selon un système de castes : ouvriers, soldats, nourrisseurs et déclassés.

Jonas, 14 ans, vit avec une mère dépressive, un père révolutionnaire. Sa soeur aînée, Helix 15 ans, a réussir l’Ascension, concours d’entrée pour intégrer les « élus ». Un concours très difficile à réussir pour les non initiés.

A présent, intronisée, et passée de l’autre côté, elle est coupée de sa famille. Jonas, pour échapper à sa condition modeste n’a qu’une issue : réussir également le concours même si il doute de réussir et qu’il n’arrive pas à se résoudre à laisser sa mère…

Le visage des sans-noms est le premier tome de la série Eden écrite par Fabrice Colin et illustrée par la talentueuse Carole Maurel dont j’avais beaucoup aimé le travail qu’elle avait réalisé pour Collaboration horizontale et En attendant Bojangles, raison pour laquelle cette bande dessinée m’intéressait car comme vous le savez déjà, la science-fiction et la dystopie ne sont pas mes genres de prédilection, loin de là !

Ce premier volet plante efficacement le décor et l’ambiance dans lesquels nous allons évoluer et où nous suivons à la fois Jonas dans la ville du bas et Helix dans la ville du haut. Dans cette ville coupée en deux depuis le tremblement de terre, coexistent deux catégories de population : les élus et les autres.

Mais lorsque nous découvrons cet univers et les personnages qui l’habitent, on prend conscience de la difficulté d’appartenir à la caste des non-élus. Seule solution pour les pauvres de prendre l’ascenseur social : la sélection à quinze ans permettant de passer d’une caste à l’autre, du moins en théorie, car la réalité est toute autre.

On découvre également qu’une résistance s’est organisée, ce qui nous promet de chouettes évolutions pour la suite car Le visage des sans-noms est typiquement un tome d’introduction nous familiarisant avec les protagonistes et le sujet développé par l’auteur : une société où le déséquilibre entre un peuple et ses élites atteint son point de rupture. La révolution est en marche et il me tarde de découvrir ce qu’il va advenir de Jonas et de Helix dans le second volume.

Une formidable entrée en matière qui fera mouche auprès de la cible visée par Fabrice Colin et Carole Maurel (les pré ados et ados) qui pourront apprivoiser avec cette série le genre dystopique.

Une bonne idée de départ de Fabrice Colin qui nous propose un récit bien rythmé, bien servi par les illustrations réussies Carole Maurel qui croque avec talent ce monde futuriste de Phoenice mais qui met également l’accent sur les visages des acteurs de l’histoire, ce qui rend le tout très vivant.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette découverte !

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