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Vous n’avez pas encore lu le rouge et le noir ? Vous avez oublié la fin de L’écume des jours ? Soledad Bravi résument en quelques planches des grands classiques de la littérature mondiale.

Vous n’avez toujours pas lu L’écume des jours ? Vous ne vous rappelez plus pourquoi Edmond Dantès cherche vengeance ni qui est l’assassin de Mort sur le Nil ?

Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul(e)s ! Soledad Bravi et Pascale Frey l’ont bien compris et viennent à notre rescousse.

En quelques cases, elles nous proposent une synthèse de vingt-quatre grands classiques de la littérature française et étrangère, l’occasion de se rafraichir la mémoire ou de découvrir certains monuments qui font un peu peur, il ne faut pas se le cacher.

Au menu de cette bande dessinée de vulgarisation littéraire : Roméo et Juliette de William Shakespear, Phèdre de Jean Racine, La barbe bleue de Charles Perrault, Manon Lescaut de l’Abbé Prévost, Frankenstein de Mary Shelley, Le rouge et le noir de Stendhal, Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, Le comte de Monte Cristo d’Alexandre Dumas, Jane Eyre de Charlotte Brontë, La petite Fadette de George Sand, Anna Karénine de Leon Tolstoï, La mort à Venise de Thomas Mann, Mrs Dalloway de Virginia Woolf, Fanny de Marcel Pagnol, Mort sur le Nil d’Agatha Christie, Rebecca de Daphne du Maurier, L’étranger d’Albert Camus, Huis clos de Jean-Paul Sartre, L’écume des jours de Boris Vian, L’attrape-cœurs de J-D Salinger, Lolita de Vladimir Nabokov, Le docteur Jivago de Boris Pasternak, Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir et De sang-froid de Truman Capote.

Après un excellent tome 1, Soledad Bravi illustratrice qu’on ne présente plus et Pascale Frey, journaliste littéraire à ELLE, récidivent et nous proposent un second opus tout aussi réussi. Elles nous proposent des résumés malicieux et pétris d’humour qui dépoussièrent des œuvres vieilles de quelques dizaines d’années à quelques siècles.

Avez-vous lus les classiques de la littérature ? met en lumière des romans et des pièces de théâtre écrits par dix-sept hommes et sept femmes, pour la plupart parus entre le 19è siècle et les années 60.

Pourquoi ces titres et pas d’autres ? Mystère et boule de gomme c’est la seule chose que je reproche à cet ouvrage : ne pas avoir expliqué les choix de Soledad Bravi et Pascale Frey.

Chaque ouvrage est donc ici résumé d’abord par Pascale Frey sous forme d’une note d’une dizaine de lignes accompagnée d’une courte biographie de l’auteur(e) concerné(e).

Puis c’est au tour de Soledad Bravi de résumer l’ouvrage en images et en quelques mots sur quatre à cinq pages de manière humoristique à grands renforts de renvois à la culture populaire à travers des phrases de chansons et du vocabulaire très actuel qui fait mouche !

Un ouvrage synthétique, intelligent, pédagogique et clair à mettre entre toutes les mains dès l’adolescence, peut-être que nos chères têtes blondes sortiront un peu de leur zone de confort et se dirigeront vers des classiques, tout comme les lecteurs et lectrices adultes qui ne gardent pas forcément de bons souvenirs des classiques étudiés au collège ou au lycée et qui craignent parfois de se lancer dans ce genre de lectures.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture éclairante et amusante, en espérant qu’elle puisse permettre à tous de repartir sur de bonnes bases !

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« Zola », réalisé par la scénariste Méliane Marcaggi et la dessinatrice Alice Chemana est leur premier album.

En 1864, Emile Zola est encore jeune pigiste chez Hachette. Discret mais brillant, il rêve de devenir écrivain. Il fréquente bon nombre de peintres, figures artistiques majeures en devenir (Cézanne, Monet, Manet, etc.).

C’est à cette occasion, qu’il fait la connaissance de la vivante et énigmatique Alexandrine, alias Gabrielle, devenue modèle afin d’échapper à sa condition d’ouvrière.

Mutuellement séduits, ils entament une relation amoureuse au grand dam de Madame Zola mère qui voit cela d’un mauvais œil. Ils finiront tout de même par s’épouser quelques années plus tard après avoir vécu en concubinage.

En plus de son quotidien, elle partagera avec Zola son histoire personnelle tragique, et celle de son milieu de naissance misérable, qui servira de terreau à l’une des plus grande saga littéraire, politique et sociale de la seconde moitié du XIXe siècle : les Rougon-Macquart.

Les années passent, la situation des Zola devient florissante et Alexandrine engage une jeune lingère Jeanne Rozerot, qui va devenir la maitresse d’Emile et la mère de ses deux enfants…

On connaît l’immense écrivain des Rougon-Macquart et l’auteur engagé de « J’accuse » mais que savons-nous de l’Emile Zola intime et amoureux ? Quelles ont été les femmes de sa vie ? Comment l’ont-elles aidé à accomplir son œuvre ? Au prix de quels sacrifices ?

Méliane Marcaggi et Alcie Chemana nous proposent de répondre à toutes ces questions dans Les Zola, une remarquable fresque graphique qui nous emporte dans le sillage d’Emile et Alexandrine Zola, au cœur d’une France en pleine mutation et d’un Paris des artistes et des ouvriers.

Vous le savez, j’aime beaucoup les biographies graphiques qui nous permettent de découvrir les grandes lignes d’une vie et celle-ci se révèle très intéressante car Méliane Marcaggi nous permet de découvrir l’intimité d’un grand écrivain, l’intimité d’un couple très uni et surtout de mettre en lumière Alexandrine qui restera l’épouse du romancier naturaliste, en dépit de deux enfants adultérins.

Car Emile ne se résoudra jamais au divorce : Alexandrine fut celle qui accompagna l’ascension de Zola et qui sera sa veuve. Elle va jouer un rôle majeure dans la vie et l’œuvre de l’écrivain et une organisatrice hors pair de diners à Paris et à Medan, restés célèbres.

Leur histoire d’amour est belle et touchante : Alexandrine est très dévouée à son homme et elle aura une influence déterminante dans sa vie et dans son œuvre. Sans elle, il n’est pas certain que Zola aurait percé et eut la carrière et le succès qu’il a connu.

Elle va faire découvrir à ce fils d’un immigré italien les bas quartiers, et surtout le pousser à écrire des romans (contre l’avis de sa mère), alors qu’il travaille au service publicité des écrivains chez Hachette.

Cette bande dessinée dépeint aussi toute l’ambiance d’une époque, on y croise ceux qui ont fait partie du cercle de Zola : des peintes comme Manet, Cézanne mais aussi Edmont de Goncourt, Guy de Maupassant, Alphonse Daudet, Georges Charpentier, Georges Clémenceau…

Si le scénario est intéressant, précis et rigoureusement documenté, les illustrations d’Alice Chemana ne sont pas en reste et sont un véritable atout : chaque dessin est merveilleux et ressemble à une aquarelle.

La mise en couleur est subtile et élégante, le dessin, précis et réaliste, ce qui colle parfaitement avec la mise en page et la colorisation.

Vous l’aurez compris je ne peux que vous recommander Les Zola pour lequel j’ai eu un véritable coup de cœur !

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Irena Sendlerowa a réellement existé. Membre du centre citoyen d’aide sociale pendant la seconde guerre mondiale, elle s’engagea dans la résistance et sauva 2500 enfants du ghetto de Varsovie.

Nous sommes en 1983 à Yad Vashem, au mémorial de la Shoah à Jérusalem. Irena a enfin été autorisée par les autorités communistes Polonaises à venir planter son arbre dans l’allée des Justes parmi les nations, dix-huit ans après avoir été honorée.

C’est ici qu’elle rencontre une jeune femme qu’elle a sauvée, et sa petite fille. Irena leur raconte son histoire, son retour de l’enfer de la torture en 1944, à Varsovie, la fin de la guerre… et le début d’un autre combat.

Jean-David Morvan au scénario et Séverine Tréfouël / David Evrard aux illustrations, retracent sur quatre albums le combat humaniste de Irena Sendlerowa, cette « mère des enfants de l’Holocauste », un destin incroyable et une femme exceptionnelle à tous points de vue.

J’avais eu un coup de cœur pour les deux premiers volumes de cette série : Le guetto et Les justes, Varso-Vie m’avait émue aux larmes et ce quatrième volume, Je suis fier de toi, est tout aussi réussi.

Cette bande dessinée classée jeunesse n’est en aucun cas à mettre dans les mains des plus jeunes et se destine plutôt aux adolescents et aux adultes, et en tout cas, pas aux âme sensibles car il y a des scènes atroces de tortures et d’exécutions sommaires, de lentes agonies d’êtres humains affamés, qu’ils soient vieillards, adolescents ou enfants, assez insoutenables, rien ne nous est épargné, même si le dessin naïf et doux de David Evrard vient adoucir certaines situations.

Le travail de documentation des auteurs est remarquable et leur approche est très pédagogique car l’histoire se lit facilement et propose différents niveaux de lectures permettant aux adultes de prendre conscience des atrocités de cette période tout en restant accessible à des lecteurs plus jeunes qu’il faut néanmoins accompagner dans cette lecture car certains passages, vous vous en doutez, sont très durs et ne sont pas à mettre dans les mains des plus émotifs.

Il est essentiel de continuer à parler de la shoah et des Justes afin que les plus générations soient sensibilisées à l’heure où de plus en plus de pays ont la tentation du repli sur soi et du nationalisme.

Au-delà de la personnalité de son héroïne, cette bande dessinée met en avant de belles valeurs comme l’altruisme, la générosité, l’entraide et le courage. Elle devrait être donnée à lire aux collégiens de 3è qui ont la Shoah au programme de leurs cours d’histoire.

Toucher, émouvoir, parler d’hier pour raconter aujourd’hui, une mission remplie haut la main par Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël et David Evrard, je vous recommande vivement les quatre volumes !

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Salut, l’Amérique ! Je suis venu te conquérir ! Il n’est pas une femme, un homme, un enfant, qui n’aura pas mon nom aux lèvres ! Laurent Seksik et David François explorent la vie tumultueuse de l’un des plus grands artistes de tous les temps dans un triptyque intimiste et flamboyant.

Octobre 1912. Charles Spencer Chaplin débarque aux États-Unis la tête pleine de rêves et d’ambition. Son nom, il le voit déjà en grosses lettres sur la 5e avenue.

Comment un garçon, né dans un quartier pauvre de Londres, de deux parents artistes ratés, père alcoolique, mère folle, avec une enfance à la Oliver Twist, a pu devenir, à 25 ans, le plus grand cinéaste de son temps, en mettant Hollywood ses pieds ?

L’inventeur du cinéma moderne, un créateur visionnaire et un acteur d’exception, légende vivante, porte-parole des misérables, des moins que rien, des vagabonds, et producteur immensément riche, artiste engagé dans tous les combats de son temps, dictatorial avec les siens, et que son amour des femmes rend un colosse aux pieds d’argile dans l’Amérique puritaine.

C’est cette conquête de l’Amérique que retrace ce premier volume consacré à Charlie Chaplin : En Amérique ! L’aventure que nous raconte ici Laurent Seksik débute en 1910 quand il quitte l’Angleterre pour les Etats-Unis et se termine vers 1920, en pleine notoriété puisqu’il est déjà une des personnalités les plus connues au monde.

Comme je vous le confessais sur Instagram (abonnez-vous ici si vous ne m’y suivez pas encore car j’y dévoile mes réceptions livresques, mes premières impressions de lectures…), je suis une grande admiratrice de Charlie Chaplin, un génie du 7ème art tour à tour acteur, réalisateur, producteur, musicien, scénariste de ses films, créateur de l’iconique personnage de Charlot, ce vagabond au grand coeur.

Mais si je connais assez bien l’œuvre, la vie de cet artiste m’est inconnue et je compte bien sur cette trilogie signée Laurent Seksik au scénario et David François aux dessins pour me faire découvrir l’Homme derrière l’Artiste.

Il ne faut pourtant pas croire que ce roman graphique est une biographie linéaire de Charlie Chaplin, elle a plutôt pour vocation de mettre certains éléments de sa vie personnelle en lumière. Dans ce premier volume, on voit la relation fraternelle proche et très touchante qu’entretiennent Charlie et de son frère aîné, Sidney Chaplin, qui va se consacrer quasiment exclusivement à la gestion de la carrière de son frère.

On voit également Charlie dans sa vie amoureuse mouvementée, notamment la façon dont s’est noué son premier mariage avec Lita Grey. Ce qui est surtout intéressant ici c’est de se rendre compte de la façon dont s’est construit la carrière du comédien, et de découvrir son sens inné des affaires qui vont faire de lui un homme riche et puissant.

Il est aussi question du scandale en pleine guerre mondiale qui l’a touché de plein fouet : Chaplin était anglais et à ce titre aurait du être mobilisé. Il va alors participer à l’effort de guerre en réalisant une tournée d’un mois aux États-Unis pour lever des fonds pour les alliés et en réalisant Charlot soldat, après s’être fait réformer pour cause de maigreur, un simple prétexte car Chaplin ne voulait pas se retrouver dans les tranchées.

Les dessins de David François tantôt en noir et blanc pour évoquer l’enfance malheureuse de Chaplin et en couleur pour évoquer son destin hollywoodien servent bien le propos, j’ai beaucoup aimé cette maîtrise des couleurs même si j’avoue, j’ai peu goûté sa façon de dessiner les visages.

Il y a des changements de rythme bien vus : tantôt un seul dessin par page, tantôt des grandes cases sur fond noir à l’horizontale ou un découpage plus classique, tous ces changements apportent une dynamique que j’ai vraiment apprécié.

Si l’on sent que les auteurs vouent une profonde admiration à leur sujet, Chaplin est loin d’être une hagiographie puisque les côtés sombres de la personnalité de l’acteur ne sont pas passés sous silence : on l’observe tour à tour lâche, séducteur, ambitieux, en un mot, pas si sympathique que ça, contrairement à son double à l’écran, et c’est ce qui m’a plu aussi ici.

Un premier volume réussi que j’ai eu plaisir à lire et que je vous conseille de découvrir à votre tour.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture, j’ai adoré !

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Dans les écrits de Conan Doyle, Watson n’a pu dépeindre que la face émergée de Sherlock Holmes. Mais dans cette enquête inédite, nous pénétrons visuellement le mental du détective, le long du fil de son raisonnement, et à travers l’architecture de son monde interdit.

Vendredi 7 novembre 1890, Wentworth street, l’agent de police Parks, en patrouille dans l’East End, aperçoit un homme en chemise de nuit et pantoufles, courir à perdre haleine. L’homme, en proie à une peur panique, se révèle être le docteur Herbert Fowler, bien loin de Paddington, son quartier.

Le policier sonne au 221 B. Baker Street car le médecin, en proie à une amnésie, est un ami de Watson et il requiert l’aide du détective de toute urgence.

La découverte d'une poudre mystérieuse sur les vêtements du médecin et d'un ticket de spectacle très particulier amène Sherlock Holmes à penser que son client n'est pas l'unique victime d'un complot de grande ampleur.

Il semblerait en effet que l'étrange disparition de londoniens trouve son explication dans les représentations d'un magicien Chinois. D'autres tickets retrouvés confirment les soupçons du détective…

Vous l’ignorez peut-être mais mon Empereur de fils et moi adorons Sherlock Holmes. L’affaire du ticket scandaleux, le premier tome de la duologie Dans la tête de Sherlock Holmes ne pouvait que rejoindre nos PAL respectives, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas eu le temps de croupir sur mes étagères tant j’étais curieuse de découvrir cette bande dessinée.

Une fois n’est pas coutume, parlons de l’objet livre qui est tout simplement magnifique : la première de couverture, en carton épais, offre une découpe de la tête de Sherlock Holmes de profil.

Quant aux planches, elles sont à l’avenant. La qualité du papier doux et épais, qu'on a plaisir à manipuler, l’odeur particulière du livre, des couleurs vieillies avec des tons sépia et bleu.

Benoit Dahan a un grand talent de coloriste et il ressuscite à merveille l’ambiance victorienne, j’ai adoré son travail que je découvre ici et il participe grandement à faire de ce roman graphique, un gros coup de cœur.

Vous avez eu l’occasion de voir en détail sa virtuosité dans mes stories sur Instagram, si vous ne me suivez pas encore, un conseil : abonnez-vous ici car j’y dévoile mes réceptions livresques, mes lectures… !

Quant au scénario de Cyril Lieron, adapté de L’étude en rouge de sir Arthur Conan Doyle, il est fidèle à l’œuvre et au canon holmésien, à l’ambiance des différents titres mettant en scène Holmes & Watson, à la psychologie des personnages.

Mais fidélité ne veut pas dire manque d’originalité, bien au contraire : le procédé narratif choisi par les auteurs est particulièrement bien vu puisque l’on est littéralement dans la tête du détective, dans son mode de pensée.

Je ne pourrai vous citer ici toutes les trouvailles graphiques géniales qui émaillent le récit, elles sont nombreuses et ce serait dommage de vous enlever le plaisir de les découvrir par vous-même.

La manière même de raconter l’histoire est très originale et les pages s’avalent à une vitesse folle, trop d’ailleurs, car je suis vite parvenue à son terme avec qu’une seule envie, découvrir la suite, hélas pas encore parue !

Gros coup de cœur pour ce premier tome, tant pour le schéma narratif, les dessins et le travail éditorial des éditions Ankama, je vous le recommande chaudement.

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Un album qui rend enfin justice aux femmes de science. Derrière la personnalité forte et emblématique de Marie Curie, Les Découvreuses présente l’aventure exceptionnelle de 20 femmes qui ont permis à l’humanité de réaliser des bonds en avant dans les disciplines scientifiques les plus variées : Physique, Chimie, Télécommunications, Biologie, Exploration de l’espace…

Comme les Culotées de Pénélope Bagieu, Les découvreuses met en lumière des femmes souvent oubliées de l’Histoire. Alors que la première ratissait large, ce qui n’enlève rien à sa qualité, Marie Moinard s’est imposée une thématique intéressante, la science, domaine longtemps réservé aux hommes.

Et aujourd’hui encore, les filières scientifiques sont assez peu choisies par les jeunes filles qui leur préfèrent les matières plus littéraires. Cet album permettra peut-être à quelques étudiantes à se lancer dans des carrières de physicienne, chimiste, biologiste, astronaute, informaticienne…

Derrière la personnalité forte et emblématique de Marie Curie, qui ouvre l’album Les découvreuses présente l’aventure exceptionnelle de 20 femmes qui ont permis à l’humanité de réaliser des bonds en avant dans les disciplines scientifiques les plus variées : Physique, Chimie, Télécommunications, Biologie, Exploration de l’espace…

Là où Culotées présentaient de la même façon toutes les femmes, cet album fait un choix différent en consacrant des portraits de 8 à 21 pages à cinq d’entres elles : Marie Curie (Physique et Chimie), Ada Lovelace (Informatique), Mae Jamison (Espace), Rosalind Franklin (Biologie) et Hedy Lamarr (Communications).

Les quinze femmes restantes font l’objet de fiches illustrées de quelques lignes seulement. On peut regretter que Marie Moinard ait choisi les femmes les plus célèbres pour ces mises en lumières détaillées et que les autres, souvent injustement mises de côté et que je ne connaissais pas pour la plupart, n’aient pas la même exposition.

Mais cet ouvrage graphique permet tout de même de rendre hommage à des pionnières oubliées de l’histoire et je ne peux que saluer cette initiative, d’autant que certaines d’entre elles sont toujours vivantes et en exercice.

Alors qu’elles sont à l’origine de découvertes extraordinaires, peu d’entre elles ont eu droit à une reconnaissance de leurs pairs ou le prix Nobel, certaines se sont même fait voler leurs découvertes par leurs collègues masculins, ce qui est tout à fait révoltant, notamment Rosalind Franklin qui a découvert l’ADN et que l’on a réhabilité depuis fort heureusement !

Le dessin réaliste et somme toute assez classique de Christelle Pécout accompagne parfaitement les récits de Marie Moinard pour nous faire découvrir ces destins souvent méconnus.

En conclusion, cette bande dessinée synthétique donne envie d’aller plus loin dans la découverte de ces pionnières et je l’espère donnera envie aux jeunes femmes de suivre des filières scientifiques, domaine où comme je le disais plus haut, elles font défaut.

Si, comme moi, ce thème vous intéresse, je ne peux que vous recommander Les découvreuses.

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Plusieurs biographies racontent cette femme et auteure hors norme qu’est Colette (1893-1954). Ce sont ses années d’apprentissage qui sont relatées ici, de son mariage, à l’âge de 20 ans, jusqu’à son divorce. « On ne meurt que du premier homme », écrira-t-elle en 1909. Mais cette mort peut être un nouveau commencement, et celle qui signera « Colette » à partir de 1910 est bien cette femme qui ouvre progressivement les yeux sur sa condition de femme écrivain exploitée et d’épouse bafouée, et qui va s’émanciper, avec quel talent !, par l’écriture. Incroyablement complexe, puissamment déterminée, véritablement douée, Colette interpelle par sa capacité à réinventer sa vie et à s’affirmer comme un être libre.

Sidonie-Gabrielle Colette se marie en 1893 avec Henry Gauthier Villars dit Willy. Ecrivain et journaliste mondain, Willy introduit sa jeune épouse à la vie trépidante de la ville lumière et l’incite à écrire ses premiers romans, la série des Claudine, qui connaît aussitôt un succès retentissant, qui va leur permettre de mener grand train.

Mais cet homme brillant est également un homme à femmes notoire, et pour Colette, jeune femme amoureuse de son mari, la désillusion est terrible et va la pousser dans d’autres bras…

J’avais beaucoup aimé Jeune fille en Dior lu il y a quelques années de cela, et lorsque Les apprentissages de Colette ont paru, j’ai couru l’acheter pour le laisser croupir dans ma PAL pendant deux ans, shame on me !

Dans ce roman graphique, Annie Goetzinger, raconte admirablement cette période d’apprentissage de Colette, qui démarre en 1893 pour s’achever trente ans plus tard : de son mariage avec Willy à son divorce avec son second mari et père de sa fille unique Bel Gazou, le baron Henry de Jouvenal.

Pendant cette période formatrice, Colette va peu à peu s’affirmer, s’approprier sa vie, pour la modeler selon ses envies, tant pis si elle choque, tant pis si elle se met au banc de la bonne société.

Ses premiers ouvrages, signés par son mari, furent des succès en librairie. A une époque où le machisme régnait, cette jeune provinciale très naïve, arrivée à Paris dans le sillage de son mari Willy va peu à peu s’émanciper et prendre des libertés au niveau littéraire, théâtral et photographique.

Dès le début du XXè siècle, elle maitrisait les bases du marketing actuel, sa série Claudine a tellement marqué son époque, qu’il existait beaucoup de produits dérivés, dont les fameux cols Claudine.

Présente dans plusieurs domaines artistiques, elle a révolutionné ces derniers en y apportant sa touche d’audace et de liberté. Malgré une vie ponctuée de nombreux rebondissements, Colette ne cessa jamais d’innover.

Cette femme libre va être tour à tour romancière, journaliste ou danseuse nue, aimer des hommes et des femmes, provoquer des scandales terribles avant d’être reconnue comme une écrivaine majeure de la première moitié du XXè siècle.

J’aime beaucoup les écrits de Colette mais aussi sa personnalité fantasque, je trouve qu’elle avait une audace folle d’entreprendre tout ce qu’elle a entrepris aussi bien dans sa vie privée qu’en tant qu’artiste.

Annie Goetzinger signe ici un roman graphique très réussi. En une centaine de pages et autant de dessins merveilleusement croqués et coloriés, elle nous conte avec talent la vie de Colette, ses combats, ses amours, ses joies et ses peines.

Les dessins d’Annie Goetzinger sont réellement magnifiques et nous plongent totalement dans la vie tourbillonnante de cette grande écrivaine, un hommage très réussi que je vous conseille si vous vous intéressez à cette époque et à Colette.

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