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Posts Tagged ‘béatrice egémar’

Une jeune novice est trouvée morte au bas d’un escalier, dans le très réputé couvent de l’Assomption qui héberge Alexandrine, la fille de madame de Pompadour. Aussitôt, le doute s’installe : une religieuse prétend avoir trouvé du sang sur le socle d’un chandelier. S’agirait-il d’un assassinat ? Manon Vérité, jeune parfumeuse de la rue Saint-Honoré, décide d’en savoir plus. Alors qu’elle tente d’enquêter sur cette affaire, éclate un scandale qui la touche de près : certains des fards de sa boutique ont été empoisonnés. La marquise de Pompadour, sa cliente la plus prestigieuse, serait-elle visée ? De la rue Saint-Honoré au sublime château de Bellevue, en passant par le sinistre hospice de la Salpêtrière, Manon, tous sens affûtés, part en quête de la vérité. heart_4auteur-editeur-pagesle-fard-et-le-poison-beatrice-egemar

Sœur Agnès est une nonnette, une jeune novice du très chic couvent de l’Assomption tenu par Mère saint Jean Chrisostome, férue de sciences. La jeune fille, peu versée dans la religion, est retrouvée morte au bas de l’escalier menant du confessionnal au rez-de-chaussée par sœur Antoine, qui a les nerfs fragiles.

Le docteur François Vernet, son frère, est appelé sur les lieux pour faire les constations d’usage et il conclut, bien aiguillé par la supérieure, à une mort naturelle. Seulement voilà, sœur Antoine découvre un chandelier et un linge ensanglantés, elle crie au meurtre et on l’envoie illico presto chez les folles de La Salpetrière, de sinistre réputation.

François demande alors de l’aide à Manon Dupré, mariée depuis peu à Joseph Vérité, sa belle-sœur, parfumeuse au Bouquet des Senteurs rue saint Honoré, la boutique familiale qu’elle partage avec son frère Claude.

Mais le sort semble s’acharner sur la famille puisque un pot de rouge ayant été vendu à la marque de Pompadour a été trafiqué et a défiguré une jeune actrice entre les mains duquel il était tombé.

Qui en veut à la marquise ? Une rivale désireuse de prendre sa place ? Ou est-ce aux Dupré qu’on s’en prend ?

J’ai retrouvé avec grand plaisir la jolie parfumeuse Manon et la plume très belle et agréable de Béatrice Egémar. L’histoire se déroule un an après Le printemps des enfants perdus et une fois encore je me suis régalée !

Vous connaissez mon intérêt pour le 18è siècle et ici je suis servie, à me plonger dans le sillage de la Pompadour et du roi Louis XV. L’auteure confirme son talent et sa grande connaissance du monde des parfumeurs de cette époque, elle s’est plongée dans les mémoires de Madame du Hausset, une lecture que j’avais beaucoup aimé en son temps, pour camper l’atmosphère de la cour qui entourait La Pompadour et le climat de l’époque et nous donne à rencontrer des personnages ayant réellement existé.

Quel plaisir en tout cas de Le fard et le poison et quelle frustration de se dire qu’il faudra que attendre un an avant de pouvoir lire la suite !

J’aime beaucoup Manon et sa famille, les personnages sont tous attachants et l’atmosphère qui se dégage du roman, à la fois historique et un brin policier, ce qui n’est pas pour me déplaire, bien au contraire !

Le style de l’auteur est fluide et nous plonge dans ce Paris des Lumières sans aucun mal, le roman se lit très vite, trop vite, je serai volontiers restée avec Manon et son neveu Jean-Baptiste, que l’on devine autiste, et dont elle trace un portrait tout en pudeur, pendant de nombreuses pages encore.

Si vous aimez cette époque ou que vous souhaitez la découvrir, je ne peux que vous recommander Le fard et le poison, un très bon moment de lecture !

Un grand merci à Marie-Jeanne et aux Editions Presses de la cité, je l’attendais avec impatience et j’ai adoré !

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Paris, 1905. Émile, 18 ans, vient vivre à Paris pour devenir poète. Il s’installe sur la Butte Montmartre, dans un drôle d’atelier d’artistes, le Bateau Lavoir ; il fait la connaissance de son voisin, Pablo Picasso, de ses amis Max Jacob et Guillaume Apollinaire. Quand on apprend que Linda, une jeune bouquetière qui posait comme modèle, est retrouvée morte après être tombée du quatrième étage, tous pensent à un suicide, mais Émile, l’apprenti poète, n’est pas convaincu. Avec l’aide de Max Jacob et de la jolie Virginie, il va reconstituer la sombre histoire de la petite bouquetière. Aimait-elle encore Louis, le bel apache qui l’avait abandonnée ? Qui était son mystérieux amoureux qui lui avait promis une vie meilleure, loin des ruelles de la Butte ? Du cabaret du Lapin Agile aux ateliers d’artistes, Émile va découvrir l’envers de la vie de bohême.

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En fin d’année dernière je découvrais la jolie plume de Béatrice Egémar à l’occasion de son premier roman pour adultes, Le printemps des enfants perdus, que j’avais beaucoup aimé, et je m’étais promis que cette première lecture ne serait pas la dernière. Aussi lorsque j’ai vu que Babelio proposait de recevoir son dernier ouvrage, Elle posait pour Picasso, je n’ai pas hésité une seconde et je l’ai sélectionné illico, et j’ai eu le bonheur d’être choisie.

Vous savez que j’affectionne tout particulièrement deux périodes : le 18è siècle et le début du 20è siècle, et je ne sais pas si Béatrice Egémar les affectionne comme moi mais elle les connaît en tout cas fort bien. Ce roman pour les adolescents nous emmène à Montmartre en 1905, dans le sillage de Picasso et Max Jacob, qui courent alors après gloire et fortune.

Le héros, Émile, débarqué de sa Normandie natale, se veut poète et s’installe au Bateau-Lavoir, un refuge pour peintres qui disposent ici de grands ateliers. Hélas pour lui, Il découvrira bien vite en fréquentant Guillaume Apollinaire qu’il est loin d’avoir son talent et va devoir pour améliorer son ordinaire, faire des petits boulots comme on dit maintenant. Mais s’il délaisse les muses, notre héros va se passionner pour le décès suspect de Linda, une petite bouquetière, qui posait à l’occasion pour des peintres. S’est-elle suicidée ? S’agit-il d’un accident ou d’un meurtre ?

Béatrice Egémar s’est inspirée du tableau de Picasso « La Fille à la Corbeille de Fleurs » pour créer le personnage de Linda et brosser son histoire. Mêlant habilement fiction, enquête policière et vérité historique, ce roman est une vraie réussite : il permet aux jeunes à partir de 12 ans de se familiariser avec la bohème et le Montmartre de ce début du 20è siècle, à travers de grands artistes que j’ai déjà cités et des lieux fameux comme le Bateau-Lavoir et le Lapin Agile.

Il est aussi beaucoup question des apaches, célèbre gang du Paris de la Belle Epoque et du quotidien des modèles, ces femmes qui posaient le plus souvent dans le plus simple appareil pour des peintres qui n’avaient souvent pas l’argent pour chauffer leur atelier. Montmartre est alors encore un village dans lequel on trouve des étables et des vaches, ce qui permet aux habitants d’aller se chercher ou se faire livrer du bon lait frais chaque matin.

J’ai adoré l’atmosphère qu’imprime Béatrice Egémar à son récit et je me suis beaucoup divertie à la lecture de ce roman très bien écrit et rondement mené. Mention très bien pour les annexes en fin de roman qui reviennent sur Guillaume Apollinaire, Max Jacob et Pablo Picasso rencontrés dans le roman.

Un roman que j’ai beaucoup aimé et que je vous recommande vivement. Un grand merci à Babelio et aux éditions Gulf Stream pour cette belle lecture.

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1750. Parfumeuse rue Saint-Honoré à Paris, descendante d’une longue lignée d’artisans grassois, Manon Dupré se passionne pour les odeurs, les onguents et… l’aventure. A une époque influencée par les fastes de la cour de Versailles, où l’on dépense des sommes incroyables pour le parfum, où la coutume est d’en changer quotidiennement (il est alors un signe extérieur de richesse et permet d évacuer les odeurs douteuses d’une toilette à l’eau encore peu prisée…), on parfume tout : le corps, les vêtements et jusqu’aux accessoires : perruques, mouchoirs, dentelles, gants, éventail… Dans la boutique paternelle où travaille Manon gravite une clientèle fidèle d’artistes et de comédiens. Lorsque son jeune neveu Jean-Baptiste, simple d’esprit, au nez très affûté, disparaît, Manon établit rapidement le lien avec les rumeurs d’enlèvements d’enfants qui bruissent dans la capitale. On dit que les victimes seraient envoyées en Louisiane pour être égorgé afin que leur sang soigne un prince lépreux. Au fur et à mesure de son enquête, Manon rencontre d’autres parents de disparus et cherche à démasquer les coupables. Une quête et un compte à rebours effréné qui la mèneront dans le milieu alors très impopulaire et corrompu de la police…

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J’ai toujours beaucoup d’appréhension lorsque je m’apprête à lire un roman historique qui a pour cadre mon cher siècle des lumières sauf si je l’ai repéré chez une copinaute qui a des goûts proches des miens comme Ingrid. L’auteure est férue d’histoire et spécialisée dans les romans historiques pour la jeunesse, Le printemps des enfants perdus est son premier roman pour adultes.

Et pour cette entrée en matière, Béatrice Egémar s’appuie sur un fait divers  relativement méconnu qui a secoué la capitale en mai 1750. Paris bruisse alors de rumeurs au sujet de la marquise de Pompadour, qui est l’objet de poissonnades injurieuses, elle s’appelle en réalité Jeanne Poisson d’où le nom des pamphlets, et sur le roi Louis XV, dont le sobriquet, bien-aimé, n’est déjà plus usité par ses sujets. Lorsque plusieurs enfants sont enlevés, les parisiens accusent bien vite leur monarque, d’avoir fait enlever des enfants pour peupler ses colonies ou pour ses menus plaisirs, car le roi est bien connus pour son appétit libertin.

Ce sujet se révèle excellent et permet à l’auteure de signer ici un joli roman, bien troussé et bien documenté. Son héroïne Manon Dupré, parfumeuse dans l’échoppe familiale, le Bouquet de senteurs, nous fait découvrir la création des parfums, baumes et onguents qu’elle créée pour ses riches clients, mais aussi les rues de Paris, grouillantes de petites gens et de carrosses.

Particulièrement intrépide et curieuse de nature, Manon va se mettre en chasse des voleurs d’enfants lorsque Gaspard, son apprenti, disparaît sans crier gare alors qu’il était sorti remettre un billet à François Vernet, le beau-frère de la jeune fille.

Béatrice Egémar nous livre ici un récit très prenant que j’ai littéralement dévoré presque d’une traite. L’héroïne est très attachante, bien que très lisse, la faute sans doute à l’habitude de l’auteure d’écrire pour la jeunesse, et on aime se mettre dans ses pas à travers la capitale. On découvre l’organisation des artisans parisiens, de la police et de l’armée de ce milieu du 18è siècle mais aussi l’importance de la Favorite sur la nomination des ministres et du lieutenant général de police, le mal aimé Berryer, surnommé Berrier.

Le style de l’auteur est fluide et nous plonge dans ce Paris des Lumières sans aucun mal, le roman se lit très vite, trop vite, je serai volontiers restée avec Manon et son neveu Jean-Baptiste, que l’on devine autiste, et dont elle trace un portrait tout en pudeur.

Si vous aimez cette époque ou que vous souhaitez la découvrir, je ne peux que vous recommander Le printemps des enfants perdus, un bon moment de lecture !

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