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Chez Plomeur, à Quimper, on est boucher de père en fils. Alors que la Grande Guerre fait rage, le jeune André se découvre un don pour faire « chanter la chair » – et pas n’importe laquelle : celle des femmes, dont la file s’allonge devant la boucherie… Leurs hommes partis au front, celles-ci comptent sur lui pour goûter au plaisir suprême. Hélas, le conflit s’achève et les maris reviennent. Un matin, le boucher trouve sur le pas de sa porte un bébé gazouillant dans un panier en osier, puis un deuxième, un troisième : du jour au lendemain, le voilà père de sept enfants, et poursuivi par un époux vindicatif…

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Cela faisait bien longtemps que je voulais lire ce court roman car il se passe à quelques kilomètres d’ici et que je n’avais pas envie de me priver d’un petit festin breton et que depuis quelques temps, les romans autour de la gastronomie ou de la cuisine ont le vent en poupe dans ma PAL, deux bonnes raisons pour me mettre à table et lire ce Bifteck.

Ce court roman, truculent et succulent, lu d’une traite en moins d’une heure, se place en digne héritier de Rabelais. De nourriture, il est beaucoup question, notamment de viande vous vous en doutez bien, mais aussi d’amour car le jeune héros de Martin Provost, André sait faire chanter la chair des femmes comme personne. Fils unique et héritier de la boucherie Plomeur de Quimper, qui sent si bon la côtelette, la saucisse et l’araignée, notre héros, gros et rose comme un jambon, a le bonheur de faire le bonheur des dames. Seul jeune homme dans un Quimper vidé de ses mâles, partis la fleur au fusil, se faire éventrer les champs de bataille Verdun ou de la Somme, André a des prédispositions certaines pour l’amour, et à force de livrer bataille derrière l’église avec ces dames, sept enfants vont naitre. Les hommes, rentrant au foyer après l’armistice, les mamans abandonnent aux bons soins de l’adolescent les poupons, qui va se découvrir un instinct tout maternel pour ses petits.

Tanguy, Yannick, Cédric, Pierric, Guénolé, Maryvonne et Gretchen font le bonheur de leur papa et tout irait bien dans le meilleur des mondes si le mari de la maman de Gretchen n’avait décidé de tuer l’enfant. André et sa famille sont contraints de fuir pour échapper au sous-préfet qui réclame du sang pour laver son honneur. Jusque là, le roman se passe dans la normalité la plus complète, pour ensuite rejoindre les rives du merveilleux, de l’absurde aussi et finir d’une façon totalement déconcertante et que j’ai trouvé vraiment inutile.

Ce père et ses 7 enfants forment un cortège de personnages à la fois très normaux et hauts en couleur, pour un roman qui ressemble à bien des égards à un conte pour enfants. Un petit ovni littéraire dont j’ai vraiment beaucoup aimé la première partie qui se passe en Bretagne, et nettement moins la seconde sous la forme d’un voyage initiatique à travers les flots, que je trouve moins convaincante et plus pesante. Reste un bel hommage à la paternité, touchant de ce point de vue.

Un roman singulier qui plaira aux amateurs d’absurde.

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Lu dans le cadre du challenge Le tour du monde en 8 ans :

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