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Posts Tagged ‘biographie ada lovelace’

Ingénieure en informatique, Catherine Dufour publie Blanche Neige et les lance-missiles, premier tome du cycle Quand les dieux buvaient (prix Merlin), qui l’a imposée, avec son roman de science-fiction Le Goût de l’immortalité (prix Bob Morane, Rosny aîné, prix du Lundi et Grand Prix de l’Imaginaire), comme une figure centrale de l’imaginaire actuel français. Elle a depuis été récompensée par le prix Masterton pour son roman Entends la nuit, et les prix Imaginales et Bob Morane pour Danse avec les lutins.

Ada Lovelace, fille du poète Lord Byron, est une lady anglaise perdue dans les brumes du XIXe siècle. Nous voilà cent ans avant le premier ordinateur, et personne ne se doute que cette jeune femme maladive, emprisonnée dans un corset, étouffant entre un mari maltraitant et une mère abusive, s’apprête à écrire le premier programme informatique au monde.

À vingt-cinq ans, déjà mère de trois enfants qu’elle n’aime guère, Ada Lovelace se prend de passion pour les mathématiques. Elle rencontre Charles Babbage, qui vient de concevoir une machine à calculer révolutionnaire pour l’époque.

C’est en la voyant qu’Ada a soudain l’intuition de ce qui deviendra l’informatique. Sans elle, pas d’Internet, pas de réseaux sociaux, pas de conquête de l’espace…

Catherine Dufour nous propose avec Ada ou la beauté des nombres une biographie truculente, la première consacrée à Ada Lovelace en français.

Vous le savez, j’aime beaucoup la thématique de l’invisibilisation des femmes par les hommes dans l’histoire et plus particulièrement dans les sciences où les femmes sont déjà si peu représentées et où leurs travaux et découvertes ont beaucoup été pillés par leurs collègues masculins.

Je vous ai déjà présenté plusieurs romans, biographies, essais ou bandes dessinées qui retracent les trajectoires de ces femmes ayant contribué à l’avancée de la science et j’attendais avec impatience la parution en poche de cette courte biographie tant j’étais curieuse de découvrir Ada Lovelace, pionnière de l’informatique.

Catherine Dufour met ici en lumière le destin méconnu d’une femme qui a marqué notre civilisation par son génie et son audace. Ses collaborations avec les mathématiciens les plus brillants de son époque comme Charles Babbage qui fut le premier à énoncer le principe d’un ordinateur, Mary Somerville et Auguste De Morgan sont au coeur de ce récit.

J’ai découvert une femme née des amours malheureuses du poète Lord Byron et d’Annabella Milbrank surnommée la princesse des parallélogrammes. Ada a reçu une solide éducation. Sa mère, mathématicienne, y a veillé mais au lieu de favoriser le don de sa fille, elle a passé son temps à la rendre malade et à l’infantiliser.

Cette même mère s’entendra à merveille avec son gendre pour continuer à malmener Ada qui ne s’épanouit ni dans le mariage ni dans la maternité. Seule compte pour elle les mathématiques et sa courte vie sera tournée vers les calculs. Malheureusement sa santé précaire et ses ennuis pécuniers car son riche mari lui verse une ridicule pension, vont l’empêcher d’aller plus loin dans ses travaux.

Elle a tout de même eu le temps d’écrire le premier programme publié, destiné à être exécuté par une machine, ce qui fait considérer Ada Lovelace comme la première programmatrice du monde. 

Tombés dans l’oubli, Ada Lovelace et ses travaux furent exhumés avec l’avènement de l’informatique. Et c’est en son hommage qu’on a appelé Ada le langage de programmation conçu entre 1977 et 1983 pour le département de la Défense américain.

Si elle est assez connue dans les pays anglo-saxons et en Allemagne, notamment dans les milieux féministes, elle l’est moins en France, mais de nombreux développeurs connaissent le langage Ada, nommé en son honneur.

Pour moi qui ne connaissait aucunement la vie d’Ada, cette biographie synthétique fut très instructive et vraiment agréable à lire car Catherine Dufour l’a écrit dans un style très actuel en parsemant son texte de nombreux traits d’humour et de geekeries.

L’autrice montre la place très inconfortable des femmes dans cette société anglaise et à cette époque, éternelles mineures passant de la tutelle de leur père ou mère à celle de leur époux voire de leur fils, si Dieu leur prête longue vie.

Tout est bien contextualisé, avec des exemples provenant de l’entourage direct d’Ada. Elle retrace également son ascendance, revient sur ses mentors, ses enfants, son intimité et surtout sur ses travaux, notamment sa fameuse note G.

Une biographie que je vous recommande si vous souhaitez entrer dans l’intimité de cette mathématicienne de génie, y compris si vous êtes nulle en maths comme moi, ce n’est jamais aride ni rébarbatif !

Lu dans le cadre du Mois Anglais :

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