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Posts Tagged ‘Biographie’

Platine est l’histoire d’Harlean Carpenter, dite Jean Harlow, l’actrice aux seins parfaits, la « Bombe » à la chevelure sans pareille, l’inspiratrice de Marilyn Monroe, premier sex-symbol du cinéma, qui tourna une vingtaine de films en à peine vingt-six ans d’existence, étoile montante fauchée en pleine gloire par la maladie, et constamment au coeur de scandales. Son emprisonnement, sa vie durant, dans une effrayante relation fusionnelle à sa mère, adepte de la Science chrétienne, les exactions dont elle fut victime de la part d’un beau-père mi-incestueux mi-proxénète ne furent pas les seules aberrations de sa courte existence, ballottée d’affaires de moeurs en coups et blessures, des bras du richissime Howard Hughes à ceux de Clark Gable, son dernier partenaire sur le tournage de Saratoga, en 1937. Une vie de star ou l’effroyable jeunesse d’une belle femme trop convoitée qui voulait tenter de s’aimer et jouir de son propre corps malgré les diktats des maquilleurs et le feu des projecteurs qui lui crevassait la peau. A travers le destin de cette comédienne broyée, comme des centaines d’autres, par les nababs des majors, et dont on ne cessa de dire, durant la cérémonie funéraire, qu’elle était aussi belle morte que vivante, Régine Detambel grave au scalpel l’impitoyable et flamboyant blason de l’oppression des femmes.

Platine c’est l’histoire tragique de la première bombe platine de Hollywood : Jean Harlow. Une comète morte à l’âge de 26 ans, emportée par une crise d’urémie. Sa carrière a été fulgurante, sa vie privée, un désastre.

Régine Detambel nous emmène au cœur des studios de cinéma de 1932 à 1937. Un monde régi par les nababs que sont Louis B. Mayer, Howard Hugues… et où les acteurs et surtout les actrices ne sont rien.

C’est l’ère de la toute-puissance des studios, celle où leurs directeurs dictent à leurs acteurs et actrices qui ils doivent être, comment ils doivent s’habiller, qui ils doivent fréquenter et surtout qui ils doivent épouser.

Née Harlean Harlow Carpenter, le 3 mars 1911 à Kansas City, elle débarque à Los Angeles avec sa mère dont elle empruntera les prénom et nom afin de créer son pseudonyme, et son beau-père Mario Bello, un escroc, qui vivra aux crochets de sa belle-fille, faisant de sa vie un enfer.

Baby Jean, tout au long de sa si courte existence, va être prisonnière. Prisonnière de sa mère d’abord, qui à cause de ses convictions scientistes tuera sa fille chérie, de son beau-père, de Louis B. Mayer, de son second mari Paul Bern dont les coups finiront par la tuer cinq ans plus tard, de ses rôles, de son envie d’être mère, de son image…

Plus de quatre-vingts ans après sa mort, Jean Harlow reste une icône et ce roman remet à nouveau en lumière celle qui irradiait la pellicule. J’avoue qu’avant de commencer ma lecture, je ne savais à peu près rien d’elle, si vous êtes dans mon cas Platine vous apprendra une foule de choses sur sa vie.

Ni biographie, ni essai, ni document, Régine Detamble avec Platine nous propose une biographie romancée qui mêle à la fois la troisième personne et la première personne du singulier. C’est cette multiplicité des points de vue qui m’a, je l’avoue, un peu dérangée, j’aurai préféré que l’auteure écrive en tant que narratrice ou en tant que Jean Harlow, mais pas les deux à la fois.

Ceci mis à part, ce très court roman se dévore, j’ai appris beaucoup de choses sur cette actrice mythique qui a tant inspiré Marilyn Monroe avec qui elle avait beaucoup en commun, outre sa couleur de cheveux, notamment son impuissance à fonder une famille, ce qui va amener Jean dans des situations à la fois pathétiques et tristes.

Au-delà du destin tragique de Jean Harlow, Régine Detambel nous montre le début du cinéma parlant, on y croise les patrons des studios et les stars de l’époque, on mesure les contraintes imposées aux acteurs et actrices, dont la vie privée était encadrée et magnifiée. On assiste aussi à l’effondrement des stars du premier âge d’or d’Hollywood, pour qui l’avènement du parlant a été la fin de leur carrière et parfois celle de leur vie.

Comme le roman est court, on reste malheureusement beaucoup en surface, s’attardant longuement sur la relation complexe qui unit Jean à son mère mais aussi sur les cheveux et le corps de l’actrice. Un corps mis à mal par Paul Bern et les hommes en général mais aussi par les lumières des studios : elle finira, à force de multiplier les teintures à base de javel par perdre ses cheveux et devra arborer des perruques, et sa peau trop fragile et trop fine se couvrira de cloques.

J’ai relevé aussi quelques erreurs à propos de Marilyn et Clark Gable. Gable était l’ami de Jean avec qui il a partagé à plusieurs reprises l’affiche et notamment le dernier film inachevé de la blonde, Saratoga. Il sera le partenaire de Monroe dans Les désaxés, dernier film dans lequel il tournera puisqu’il décédera en 1960 et ne verra donc pas mourir Marilyn deux ans plus tard !

Un roman biographique qui ne manque pas d’intérêt mais pas assez fouillé à mon goût.

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Si célèbre soit-il, James Dean, symbole de la jeunesse éternelle, demeure toujours aussi insaisissable. Vivre vite, roman choral tout en nuances, dresse, à travers la voix de ses proches, le portrait intime d’un garçon de l’Indiana, inconsolable et myope, turbulent mais d’une beauté irrésistible, qui s’est donné à tous, sans jamais appartenir à personne: un acteur incandescent devenu, en trois films et un accident de voiture, une icône intemporelle.

Vivre vite signe mes retrouvailles avec James Dean, mort sur une route au volant de sa Porsche Spyder, le 30 septembre 1955, à l’âge de 24 ans. Une vie brève mais intense que nous raconte ici Philippe Besson sous la forme d’un roman choral.

James Dean, je l’ai connu au moment de mon adolescence, lorsque j’ai vu La fureur de vivre, A l’est d’Eden et Géant, les trois films dont il est le héros.

Je le trouvais tellement beau et sensuel mais je ne savais rien de sa vie, aussi lorsque j’ai vu ce roman biographique dans une bouquinerie, je n’ai pas hésité une seconde et il n’a pas eu le temps de trainer dans ma PAL.

Dans ce roman, Philippe Besson, retrace les grandes lignes de la vie de ce mythe dont la devise était paraît-il « Vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre », empruntée à Willard Motley, romancier afro-américain et auteur, notamment de Knock on any door, qui cause un beau scandale lors de sa parution à la fin des années 40.

L’auteur convoque James Dean lui-même mais aussi tous ceux qui l’ont bien connu à venir parler de leur Jimmy. De sa mère Mildred, morte à 28 ans, le laissant inconsolable, à son père Winton, en passant par les Winslow qui l’ont élevé, ses amants présumés, ses partenaires de films.

Famille, petites amies, amants, relations professionnelles : tous livrent leur vision de ce jeune homme pressé de vivre, fougueux, parfois brutal et à la sensibilité exacerbée.

Bien que ce ne soit pas une biographie à proprement parler, j’ai appris beaucoup de choses sur James Dean : sa bisexualité, sa grande myopie, ses insomnies qui pouvaient le laisser des jours durant sans fermer l’œil, son tabagisme actif et son alcoolisme de bar, son amitié avec Eartha Kitt qui lui enseignait la danse, son goût pour la littérature et pour le sport mais aussi les viols répétés de son pasteur.

Ce format court, ses chapitres resserrés, le style de Philippe Besson font mouche, une fois les premières pages lues, difficile de le poser tant on est pris dans le destin broyé de Jimmy, dans ses failles, ses malheurs et son envie de vivre en plus grand que les autres, en plus grand que les autres.

Une trajectoire à une époque où l’Amérique est encore très prude et où l’homosexualité ou la bisexualité est tue, même à Hollywood où les magnats des grands studios imposent de petites fiancées à leurs stars qui ont d’autres penchants, lors des premières.

Ce portrait est très nuancé, l’auteur ne tombe jamais dans l’hagiographie, nous pointe du doigt les défauts de son héros, malgré tout, on ne peut s’empêcher de le trouver attachant, d’être ému face à son désarroi lorsque sa mère meurt d’un cancer alors qu’il n’est encore qu’un petit garçon de 9 ans. Cette mère qui savait le faire rire et avec qui il partageait tout, notamment son amour du jeu, son décès prématuré va casser son existence.

Après, plus rien ne sera jamais pareil et c’est comme si, sachant que son existence serait brève, il va brûler la chandelle par les deux bouts, cherchant des substituts de maman dans ses premières amantes, son professeure d’art dramatique, son agent, etc, et recherchant la tendresse dans les bras des garçons, sans jamais être capable de s’attacher, à l’exception de Pier Angeli, qui en épousera un autre pour ne pas déplaire à sa maman.

J’ai beaucoup aimé la construction de ce récit très bien pensée et amenée, du jour de la mort de sa mère à son propre décès, le fait que Philippe Besson aborde cette vie sous tous les angles par l’entremise de tous ceux qui ont connu James Dean. C’est un roman sur l’intime intense et délicat, à la fois brutal et doux, parfois on se sent voyeur, ce qui m’a un peu gênée aussi.

Plus de soixante ans après sa mort, James Dean reste une icône et ce roman lui rend un joli hommage qui plaira aux fans de l’acteur et à tous ceux qui souhaitent mieux connaître cette étoile filante.

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« Robe sur robe ne vaut », voilà comment un grand nombre de ses confrères avocats accueillirent la prestation de la première femme à avoir plaidé. Les railleries, le mépris traduisaient l’angoisse des hommes de voir des représentantes du sexe dit faible, accéder à des fonctions qui leur étaient jusqu’alors exclusivement réservées. Combien avait-elle dû se battre, Jeanne Chauvin, avant de pouvoir enfin prêter serment, trois ans après avoir essuyé un humiliant refus, alors qu’elle était pourtant munie de tous les diplômes nécessaires !
Femme de robe retrace le parcours de cette femme remarquable, ses combats, son humanité, ses espoirs. Aux côtés d’une mère d’exception et d’un frère, aussi déterminé qu’elle, qui fut député de Seine-et-Marne, et secrétaire du Grand Orient, Jeanne laisse le souvenir d’une femme digne, résolue, charismatique, une pionnière éprise d’équité. Mais Femme de robe est aussi un roman qui, au-delà des faits historiques, ressuscite une Jeanne plus intime, avec ses passions et sa sensibilité toute féminine.

Connaissez-vous Jeanne Chauvin ? Pour ma part je l’ai découvert grâce à Femme de robe, la biographie que lui consacre Michèle Dassas. Jeanne Chauvin est une pionnière et vous savez combien j’aime qu’on mette des femmes oubliées par l’Histoire en lumière.

A son époque, Mademoiselle Chauvin connaît une assez grande notoriété. Fille d’un notaire et d’une femme au foyer, elle naît dans un milieu bourgeois et se révèle douée pour les études, poussée par sa mère qui souhaite pour ses enfants, des destins d’exception.

Orpheline à seize ans, Jeanne obtient deux baccalauréats en Lettres et en Sciences, deux licences en Droit et Philosophie et est reçue docteure en Droit. Elle est la deuxième femme de France à obtenir une licence de droit en 1890 et la première Française à soutenir son doctorat en Droit en 1892 qu’elle consacre à l’Étude historique des professions accessibles aux femmes et où elle affirme que c’est notamment sous l’influence de la Bible et du catholicisme qu’a été introduite et consolidée l’inégalité juridique entre les hommes et les femmes. Elle y revendique pour la femme l’égalité tant dans son éducation que dans l’accession à toutes les professions, aussi bien privées que publiques.

Mais ces idées ne font pas l’unanimité et sont même contestées : lorsqu’elle se présente devant le jury, des étudiants envahissent la salle, chantent La Marseillaise et déclenchent un tel charivari qu’il faut ajourner la soutenance. Quelques jours plus tard, elle est reçue docteur en droit à l’unanimité des membres du jury.

Elle est alors chargée de dispenser des cours de droit dans plusieurs lycées parisiens pour jeunes filles mais n’oublie pas pour autant son combat féministe, soutenue dans sa démarche par sa mère et par son frère bientôt élu député.

Car Jeanne Chauvin veut faire changer la loi et va batailler pour que la profession d’avocat, jusque là réservée aux hommes, s’ouvre enfin aux femmes, ce qu’elle va obtenir et elle sera la première femme à plaider dès 1902.

Michèle Dassas revient sur tous les combats de cette femme intelligente et généreuse, fascinante à bien des égards et assurément pionnière en droit mais aussi aux avant-postes du combat féministe, exhortant les jeunes femmes à devenir les égales des hommes, à s’émanciper du joug des hommes et à obtenir le droit de vote.

Cette émancipation qu’elle revendique la privera d’une vie conjugale et d’une famille ce qu’elle semblera regretter si l’on en croit les propos qu’elle tient sous la plume de sa biographe.

Michèle Dassas nous rend cette femme très attachante, on la découvre engagée, courageuse et déterminée aux côtés de sa mère, femme exceptionnelle, douce et aimante qui a sans cesse soutenu sa fille dans tous les combats qu’elle a entrepris.

Une biographie intéressante que je vous encourage à découvrir à votre tour si mon billet a éveillé votre curiosité.

Merci à Céline et aux éditions Marivole pour cette belle découverte !

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Edouard VII a toujours nourri une passion pour la France. Amant des plus célèbres actrices, courtisanes et danseuses parisiennes, il parlait un français plus parfait encore que son anglais, et fut le premier invité sur la tour Eiffel, malgré l’interdiction officielle de la couronne anglaise. Ses atouts de séduction à la française sont à l’origine de la prouesse diplomatique qui scella l’Entente cordiale. Un roi typiquement anglais ? Pas du tout !

Fils aîné de la reine Victoria et du prince consort Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, Albert Edward naît au palais de Buckingham le 9 novembre 1841 et va pendant près de 60 ans porter le titre de prince de Galles, un record encore jamais inégalé.

Totalement à l’opposé de ses illustres parents totalement puritains, le futur Edouard VII, montre très jeune une prédisposition au plaisir et va mener une existence des plus fantasques. Si la France a été pendant des siècles l’ennemie de l’Angleterre, Edouard va nourrir une véritable passion pour l’Hexagone et surtout pour son art de vivre.

Et ce, dès sa première visite en 1855 où il est en visite officielle avec ses illustres parents, au grand dam de la reine Victoria, qui désapprouvait la légèreté des français. « Vous avez un très beau pays. J’aimerais être votre fils » telle va être la belle déclaration d’amour de Edouard à la France et à son empereur, Napoléon III, dont il va se sentir jusqu’à la mort de ce dernier très proche, bien plus que de son propre père, le très froid et pudibond Albert.

Cabarets, théâtres, restaurants en vue, le Paris d’Haussmann va se révéler être un formidable terrain de jeu pour Bertie, très populaire auprès des dirigeants français et de la population parisienne. Amant des plus célèbres actrices (Sarah Bernhardt), des courtisanes les plus en vue, des danseuses les plus canailles (La Goulue), noceur en diable, il était de toutes les parties au Café Anglais et de tous les lieux à la mode.

Francophile, il parlait le français parfaitement bien et fut le tout premier invité à monter dans la Tour Eiffel, au mépris d’une interdiction officielle de la couronne britannique. Il va également beaucoup s’investir dans l’Exposition Universelle de Paris de 1889 et superviser tout le projet anglais.

Européen convaincu avant l’heure, ce roi pacifiste, s’est servi de son charisme et de ses atouts de séduction à la française pour réussir l’Entente Cordiale, véritable prouesse diplomatique à l’heure où beaucoup d’européens n’aspiraient qu’à la guerre.

Oncle de plusieurs monarques, on peut estimer qu’il aurait vraisemblablement pu éviter le premier conflit mondial si il n’avait pas brûlé la chandelle par les deux bouts et s’éteindre prématurément le 6 mai 1910.

C’est en tout cas ce qu’affirme Stephen Clarke qui nous brosse dans Edouard VII un roi anglais made in France le portrait d’un prince très populaire, longtemps écarté des affaires par la reine Victoria, qui ne voyait pas l’intelligence instinctive de son fils mais seulement sa vie dissolue.

Cette biographie, vous l’aurez compris à son titre, s’attarde sur l’amour de Bertie pour la France et l’influence que notre pays a eu sur lui. Il va beaucoup séjourner à Paris et entretenir des liens étroits avec les hommes politiques de tous bords, monarchistes comme républicains, qui tous, succombaient à son charme.

Une biographie très intéressante, pleine d’humour et de causticité, que je vous conseille si vous souhaitez découvrir ou mieux connaître Dirty Bertie !

Un grand merci à Aurélie et aux éditions Albin Michel pour cette lecture très instructive !

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Lu dans le cadre du mois anglais :

Légère, séduisante, insolente, Pamela décide très tôt de capturer l’homme qui la mènera à la gloire. Randolph Churchill, qu’elle épouse à dix-neuf ans, Ali Khan, Agnelli, Sinatra, Harriman, Druon, Rubirosa, Rothschild… aucun ne résiste à son charme. S’ils ont le pouvoir, elle exerce sur eux une attirance fatale. Ils l’ont tous désirée. Elle les a tous aimés. Les conquêtes de Pamela sont des alliances, des trophées qu’elle brandit sans crainte de choquer les cercles mondains. Elles vont lui ouvrir les portes du pouvoir et de la diplomatie, jusqu’alors réservées aux hommes, et lui permettre d’assumer toutes ses libertés.

Scandaleuse ? Intrigante ? Courtisane ? Pamela Digby, rousse incendiaire issue d’une famille d’aristocrates désargentés, née le 20 mars 1920 à Farnborough, dans la campagne anglaise est tout ça à la fois et bien plus encore. Sa réputation sulfureuse ne l’empêchera pas de se faire mettre la bague au doigt par Randolf Churchill, le seul fils du grand Winston qu’elle appelait Dear Papa.

Stéphanie des Horts en fait ici une vraie héroïne de roman et nous peint le portrait d’une femme qui a mené une existence flamboyante, la vie d’une séductrice hors norme qui a marqué l’histoire de son temps. Une femme qui a collectionné les riches amants et s’est servi de son corps pour mener une vie d’oisiveté et de luxe.

Si vous aimez les destins de femmes et voir l’histoire par le bout de la lorgnette, Pamela est fait pour vous car quelle femme et quelles vies a vécues Pamela Churchill connue aussi sous le nom de Pamela Harriman ! Cette femme n’a pas eu une vie mais plusieurs et son regard a croisé plus d’un homme d’influence du 20è siècle.

Ses amants sont riches, célèbres et puissants et se nomment tour à tour Ali Khan, Gianni Agnelli, Stavros Niarchos, Franck Sinatra… Ses maris, trois au total avaient pour nom Randolph Churchill, Leland Hayward et William Averell Harriman.

Des hommes, elle en a eu beaucoup, attractive physiquement, n’ayant aucune pudeur ni tabou, Pamela mène une vie libre, se servant de son corps pour ferrer ses proies mais une fois la proie bien en main, elle ne s’est pas contenté de dépenser leur argent, elle les a vraiment aimés.

L’auteure nous emmène dans la vie dorée de Pamela, dans son sillage, au rythme effréné de ses conquêtes. Pamela a la réputation de mangeuse d’hommes et de briseuse de ménages, à raison car les hommes étaient fous d’elle et les femmes la détestaient et s’en méfiaient beaucoup.

Mais qu’importe, rien ni personne ne peut la faire dévier de la route qu’elle s’est tracée. Pamela n’a que faire des critiques à son sujet ni qu’on la traite de pute, c’est un mot qui revient une dizaine de fois sous la plume de Stéphanie des Horts, ce que j’ai trouvé un peu dommage, j’avais parfois l’impression que l’auteure dénigrait son sujet et que Pamela valait mieux que ça.

Certes Pamela est une femme qui toute sa vie sera en quête de pouvoir et de richesse et elle se servira de son corps pour parvenir à ses fins, ne se préoccupera jamais de son fils qu’elle oubliera dans des pensions ou chez des amis, absorbée par ses histoires d’amour et elle n’apparait pas forcément sous un jour des plus favorables dans ce récit et paraît même parfois terriblement antipathique.

Pour autant, si je n’ai aucun point commun avec elle et que je n’ai pas la même vision des choses ni de la vie, j’ai trouvé cette femme fascinante, surprenante, brillante, sa capacité à n’avoir jamais peur de choquer m’épate. Sa dernière vie est toute aussi surprenante lorsqu’elle se passionnera pour la politique, s’investissant sans relâche pour le parti démocrate.

Une personnalité hors du commun qui a un connu un destin exceptionnel, de simple courtisane à ambassadrice des États-Unis à Paris. Une femme à découvrir assurément dans ce roman biographique où Stéphanie des Horts retrace son existence de son premier mariage à son décès, dans la piscine du Ritz.

Merci à Ophélie et aux éditions Albin Michel pour cette lecture intéressante !

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Paris, années 1920 : un jeune homme cherche sa voie. Il passe ses soirées au Bœuf sur le toit en compagnie d’artistes déjà célèbres qui tous le reconnaissent comme l’un des leurs. Et pourtant Christian Dior ne sait pas encore comment exprimer son talent. C’est en crayonnant des modèles de chapeaux et en dessinant des robes pour des rubriques de mode qu’il découvre enfin sa vocation. Mais la guerre coupe court à ses ambitions.

Démobilisé, Christian Dior rentre à Paris et seconde Lucien Lelong qui se bat contre l’occupant pour garder en France l’industrie de la couture. En 1947, il présente sa première collection : le New Look.

Le succès est foudroyant et planétaire. La maison Dior devient l’incarnation du chic français, et son créateur un mythe instantané.heart_3devenir-christian-dior-francois-olivier-rousseau

Je ne suis pas une modeuse accomplie ni une inconditonnelle de la mode, loin de là, mais je trouve les maisons de couture et leurs créateurs fascinants, tout du moins ceux de la fin du 19è et de la première moitié du 20è.

Les destins des Paul Poiret, Worth, Madeleine Vionnet, Coco Chanel, Jeanne Lanvin et consorts m’intéressent particulièrement et je voue une réelle admiration aux créations de Christian Dior.

La révolution qu’il a insufflé avec son New Look, les merveilleuses robes nées de son imagination m’interpellent depuis longtemps, aussi lorsque j’ai vu la biographie romancée de Dior écrite par François-Olivier Rousseau dans la Masse Critique Babelio, je n’ai pas hésité une seconde.

L’auteur dans Devenir Christian Dior nous propose le portrait du jeune homme avant la mode jusqu’a la création de la maison Dior, soit de la fin des années 20 et la ruine des Dior, à 1947, date de la naissance de la marque qui porte son nom.

François-Olivier rousseau fait donc l’impasse sur la jeunesse dorée de Dior qui naviguait entre l’hôtel particulier parisien et la maison de vacances de Granville, chère au cœur du couturier.

Je m’y attendais, cela ne m’a pas gêné et j’ai trouvé passionnant de découvrir la genèse du créateur qui appartenait à l’avant-garde artistique des Années folles où il côtoyait Max Jacob, Maurice Ravel, Jean Cocteau, pour ne citer qu’eux, à ses débuts de galeriste puis de créateur chez Robert Piguet avant la guerre et Lucien Lelong après celle-ci.

J’ai aimé découvrir son parcours, ses amitiés, ses centres d’intérêt, l’auteur s’attache à nous faire découvrir l’homme derrière le créateur et il révèle un homme discret et timide, attaché à son confort, qui crée sa maison presque malgré lui, poussé par ses amis à se réaliser enfin. On découvre un homme amoureux des hommes mais qui vivait entouré de femmes à qui il avait confié les postes clés de sa maison.

Mais je regrette hélas que cette biographie romancée s’arrête là et ne nous dévoile rien des dix années de création pour la maison Dior, ce que j’attendais aussi de ce livre et je trouve cette impasse regrettable, d’autant que le livre s’achève avec la mort du créateur, quelques pages sur les années 1947 / 1957 n’étaient donc pas superflues.

Devenir Christian Dior, c’est Dior avant Dior et vous l’aurez compris j’aurai aimé découvrir aussi Dior pendant Dior, la façon dont il créait ses collections, ses sources d’inspiration, etc.

Reste que cette biographie romancée est très bien écrite et qu’on la lit avec beaucoup de plaisir et d’intérêt, je vous la conseille donc si comme moi, cette grande figure de la mode vous intéresse.

Un grand merci à Babelio et à Allary Editions pour cette lecture enrichissante !

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Récit de sages jeunesses ou comment trois soeurs, isolées du monde, filles d’un révérend de village, vont bouleverser la littérature mondiale en écrivant, aux alentours de leur vingt ans, des romans féministes et révolutionnaires avant l’heure, traversés de passions sauvages et charnelles. En 1836, Charlotte (20 ans), Emily (18 ans) et Anne (16 ans) ne connaissent guère du monde que le presbytère de leur père, une grande bâtisse austère qui surplombe le village de Haworth et dont l’arrière donne sur les  » moors « , ces collines désolées du Yorkshire qui vont nourrir leur inspiration.

Les enfants Brontë écrivent depuis toujours. Leur enfance, marquée par les deuils – perte de leur mère, disparition de leurs soeurs aînées – s’est passée à bâtir des mondes imaginaires dont ils se sont fait les chroniqueurs. Le royaume d’Angria, création de Charlotte et Branwell, est bien vite concurrencé par celui de Gondal, issu des imaginaires conjoints d’Emily et d’Anne. Cette aventure de l’imaginaire, cette émulation fertile, n’a cessé de fasciner critiques et biographes. Le village de Haworth qui a vu naître Jane Eyre (Charlotte), Les Hauts de Hurle-Vent (Emily) et Agnès Grey (Anne) est devenu une véritable terre de pèlerinage pour les lecteurs depuis 150 ans. Et le Brontë Parsonage Museum, lieu de mémoire dédié aux Brontë dans les locaux du vieux presbytère, est l’un des sites touristiques les plus prisés d’Angleterre. heart_4auteur-editeur-pagesles-soeurs-bronte-a-20-ans-stephane-labbe

En un peu plus de 150 pages très concises, Stéphane Labbe réussit à nous conter l’essentiel de la vie de la fratrie littéraire la plus célèbre : celle de Charlotte, Emily et Anne Brontë.

L’auteur commence par présenter la famille Brontë au grand complet en commençant par le père Patrick, pasteur, dont il retrace le parcours. C’est un homme cultivé et fin lettré qui va reporter sur son fils Patrick alias Branwell, de grandes ambitions. La tante Branwell qui vient seconder le pasteur après la mort de sa femme, une femme dure et revêche qui sera économe de son amour. La vieille servante Tabby qui a joué un rôle clé auprès des enfants après le décès de leur mère. Les deux filles ainées, mortes en pension.

Les chapitres suivants sont consacrés aux trois soeurs qui sont mises en lumière en alternance, chacune à deux ou trois reprises, en les replaçant toujours dans le contexte familial et dans la condition féminine de l’époque, et où l’on constate le rôle involontaire joué par Branwell dans leur carrière littéraire, alors que père et soeurs avaient placé en lui tous les espoirs de réussite de la famille, il va les décevoir amèrement.

Stéphane Labbe revient aussi sur les liens qui unissent les enfants entre eux et la façon dont ils ont tous développé leur imagination et leur goût pour l’écriture. Charlotte et Branwell, les aînés, à travers le royaume et la destinée d’Angria tandis que les deux cadettes Emily et Anne se concentrent sur le royaume de Gandal.

L’auteur nous montre aussi que Charlotte, en tant qu’aînée, s’est toute sa vie sacrifiée pour le bien de sa famille et qu’elle aurait aimé avoir plus de proximité avec ses sœurs qu’elle n’en avait en réalité.

C’est une biographie passionnante, détaillée et fort bien documentée, qui remet en perspective l’œuvre des sœurs Brontë avec leurs vies, que nous proposent Stéphane Labbe et son éditeur Au diable Vauvert qui s’inscrit dans toute une collection de portraits d’écrivains à l’âge de 20 ans comme Balzac, Colette, Flaubert, Duras… un concept qui me paraît décidément très intéressant puisque Guy de Maupassant à 20 ans était du même calibre.

Stéphane Labbe accorde une place équitable aux trois sœurs même si on sent à la lecture qu’Emily a sa préférence, il rend justice à Anne qui est méconnue par rapport à ses aînées et souvent minorée et l’on découvre que cette différence de traitement est due à Charlotte elle-même, dernière survivante de la fratrie qui va vanter la poésie d’Emily et afficher du mépris envers les œuvres de sa benjamine.

Je vous conseille Les sœurs Brontë à 20 ans si, comme moi, la vie de cette fratrie vous est totalement inconnue et que vous souhaitez connaître la vie de ces trois sœurs et de leur frère Branwell.

Un grand merci aux éditions Au diable vauvert pour m’avoir permis de mieux connaître Charlotte, Emily et Anne.

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