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Née dans le sud de l’Angleterre, titulaire d’un diplôme en histoire américaine, A. J. Pearce travaille dans le marketing. Elle cultive depuis l’enfance une passion pour la presse magazine et collectionne les revues publiées pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est d’ailleurs en découvrant un exemplaire de Woman’s Own daté de 1939 que lui est venue l’idée de son premier roman, Chère Mrs Bird (Belfond, 2018).

Londres, 1940. Devenir correspondante de guerre, partir sur le front, braver tous les dangers, Emmy ne rêve que de ça.

Par un morne après-midi de décembre, Emmy tombe sur une petite annonce du London Evening Chronicle : le prestigieux quotidien recherche une assistante.
La jeune fille, qui depuis toujours se rêve grand reporter, postule sans attendre ni poser de questions sur la nature exacte du travail. Elle se voit déjà sauter dans le dernier avion pour un pays lointain et publier des articles brûlants sur la guerre.

La déception est grande quand elle se retrouve dans un bureau-cagibi du Woman’s Friend à rédiger des réponses convenues aux lectrices d’un magazine poussiéreux, sous la stricte férule de la revêche Mrs Bird. Mais attention, seules les demandes les plus vertueuses se verront offrir une réponse, de préférence expéditive, dans les colonnes du journal.

Problèmes amoureux, opinions politiques, questions intimes ou morales finiront impitoyablement leur course dans la corbeille de Mrs Bird. Un cas de conscience pour Emmy : alors que le pays sombre sous le Blitz, comment refuser à ses concitoyennes restées à l’arrière, le soutien amical qui leur manque ?

Mais l’heure est venue de la résistance féminine. Emmy refuse de s’avouer vaincue. Elle a un plan culotté….

Chère Mrs Bird figurait en bonne place sur ma wishs-list depuis sa parution dans l’excellente collection Le cercle Belfond en 2018. Il n’a donc pas eu le temps de croupir dans ma PAL et j’ai eu le plaisir de commencer cette nouvelle année en sa compagnie, et j’ai bien fait car j’ai beaucoup aimé cette histoire.

Dans la droite lignée du Cercle Littéraire des amateurs d’épluchures de patates et de La chorale des dames de Chilbury, Mrs Bird s’attache à nous raconter le quotidien des femmes pendant le Blitz qui a frappé Londres dès 1940. Plein de charme et d’humour, ce roman est une véritable ode à l’amitié, à la générosité, à l’entraide et au courage des femmes pendant les seconde guerre mondiale. L’écriture est fluide et plaisante à lire et les pages se tournent toutes seules.

Ce premier roman signé A.J. Pearce est très bien documenté, l’autrice est passionnée par ce conflit et la presse et cela se sent à la lecture. Avec Emmy et sa meilleure amie Bunty, on est plongé au cœur de la capitale anglaise pendant les bombardements allemands et c’est véritablement passionnant.

Avec elles, on vit le quotidien des femmes confrontées chaque jour à l’horreur : rationnement, les nuits dans les abris anti bombardements, la peur pour les hommes partis au front, les immeubles éventrés, l’effort de guerre avec les soirées de bénévolat, le travail des pompiers et des secours lors des bombardements… et on se rend compte qu’ici chacun est égal devant la mort et la mutilation : les enfants, les vieillards, les commerçants, secouristes… les horreurs de la guerre touchent tout le monde au hasard des bombes allemandes.

J’ai aussi beaucoup aimé le fait que tout soit raconté à travers le regard d’une jeune femme spontanée pas forcément très mature et spontanée, trop pour rentrer dans le moule imposé par sa patronne, et qui va oser braver les interdits pour aider les femmes qui écrivent au journal. Elle apporte beaucoup de fraicheur et d’humour au récit.

Son envie de s’accomplir dans son métier, d’être indépendante et de ne pas chercher à se marier à tout prix en font un personnage féministe que l’on a plaisir à suivre.

L’amitié entre Emmy et Bunty est aussi très touchante, elles sont attachantes tout comme la galerie de personnages inventée par A.J Pearce, à l’exception de la terrible Mrs Bird !

Si vous aimez cette période de l’histoire et que vous cherchez un roman un peu original sur cette période, je ne peux que vous conseiller Chère Mrs Bird.

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D’aussi loin que les souvenirs d’Isabella remontent, Andrew a été là. La présence d’Andrew à ses côtés est aussi naturelle que l’air qui entre dans ses poumons lorsqu’elle respire. Elle n’y a jamais vraiment réfléchi. Pourquoi le ferait-elle ? Andrew, héritier de la famille Chapel, lui appartient puisqu’elle est l’héritière de la famille White. C’est ainsi que les choses se passent dans son minuscule univers, limité à ce qui se trouve entre les quatre murs de l’appartement de Ludgate Hill, dans les Londres de 1939. Mais le monde extérieur finit toujours par pénétrer chez vous. Parfois il se glisse discrètement sous la porte, passant presque inaperçu. Dans le pire des cas, il engloutit votre maison dans un nuage de bombes incendiaires, d’obus, et de hurlements de sirènes.

Depuis toujours, Isabelle White est à l’abri de tout. Fille d’un avocat prospère, elle vit dans les beaux quartiers de Londres. Surtout, elle a Andrew Chapel, le fils de l’assistant de son père, qui la protège et qui la sert, qui veille auprès d’elle en toutes circonstances.

Qu’ils le veuillent ou non, un lien ancien et mystérieux unit les White et les Chapel face à tous les obstacles de la vie. Un lien que rien, jusqu’à présent, n’a pu dissoudre. Un lien qui les tient comme enchaînés. Et cela pourrait bien durer toujours.

Mais c’est 1939, la guerre arrive et les bombardements allemands menacent Londres. Isabella et Andrew doivent fuir, alors que le monde qu’ils connaissent, s’effondre peu à peu.

J’avais beaucoup aimé il y a près de trois ans de cela le précédent roman de N.M. Zimmermann, par ailleurs sœur de Lorris Murail et Marie-Aude Murail, Les ombres de Kerohan, qui était déjà un roman historique aux accents fantastiques. Changement d’époque et de lieu pour Dix battements de cœur puisqu’on délaisse la Bretagne pour la capitale anglaise et le 19è siècle pour le 20è.

Ce roman destiné aux adolescents m’a beaucoup plu pour son aspect historique que je trouve très bien documenté et développé ici. On tremble avec nos deux héros pendant le Blitz où à chaque attaque, c’est la ruée vers les abris, et dans leur exil à la campagne chez Mrs Cole, la tante de Isabella, qui recueille les enfants contre monnaie sonnante et trébuchante.

Pris dans la tourmente de la guerre, ils doivent faire face à des situations très dures, entrer de plein fouet dans le monde des adultes et c’est très bien développé. Isabella, qui a une véritable affection pour Andrew, va aussi voir leur complicité vaciller. Andrew connaît mal les tenants et les aboutissants qui unissent les White et les Chapel et vit très mal le fait de devoir obéir à la jeune fille et de ne pouvoir mener sa vie comme il l’entend puisque si il lui désobéit ou s’éloigne d’elle plus de vingt-quatre heures, il est en danger de mort.

Isabella veut de toutes ses forces que ce pacte s’arrête mais son père l’a prévenu, c’est impossible. C’est cet aspect fantastique que j’ai trouvé le moins réussi. Ce pacte n’est pas sans rappeler Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde mais ici ce n’est pas un tableau qui vieillit mais les membres de la famille Chapel qui accusent les ans prématurément et collectionnent les maladies, les blessures alors que les White sont resplendissants de santé.

Ce volet fantastique m’a laissé sur ma faim car je l’ai trouvé mal exploité : le pacte est expliqué de façon très succincte et aurait mérité d’être davantage creusé. Et surtout, les problématiques de ce pacte sont sans cesse ressassées par nos héros qui voudraient s’en détacher mais ne savent pas comment, ce que j’ai trouvé trop répétitif.

Les personnages de Andrew et Isabelle sont plutôt attachants, les autres enfants qui traversent le récit nous font prendre conscience des difficultés auxquelles ils sont confrontés tout au long de la guerre.

Un roman d’apprentissage intéressant et passionnant d’un point de vue historique avec un suspens qui monte crescendo au fil des pages sur l’avenir de nos héros et sur le pacte qui les unit mais dont l’aspect fantastique, vous l’aurez compris, ne m’a pas convaincue.

Une lecture néanmoins addictive que j’ai dévoré en deux après-midis et dont je remercie Manon et L’école des Loisirs !

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