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Lu dans le cadre du Pumpkin Automne Challenge

M.T Anderson publie surtout des albums jeunesse et des romans pour jeunes adultes. Jo (Joséphine) Rioux est une autrice et illustratrice de livres pour enfants. Diplômée du Collège Sheridan, elle illustre des livres pour la littérature jeunesse et jeune adulte, mais sa plus grande passion reste la bande dessinée.

Pour ériger les remparts qui protègent Ys des flots tumultueux, la reine Malgven, épouse du roi Gradlon, a eu recours à la magie. Sa mort brutale et mystérieuse laisse ses deux filles inconsolables et les éloigne l’une de l’autre.

Rozenn, héritière du trône, a reçu de sa mère son amour de la nature sauvage et de la solitude. Elle goûte peu la vie de cour et préfère vivre en parfaite harmonie avec la nature. Elle aime parcourir les landes et partager les joies simples de son peuple.

Dahut, la cadette, tient de sa mère sa magie, se délecte de la vie fastueuse de la cour et se compromet dans ses intrigues. Le roi Gradlon, quant à lui, a délaissé la politique et se réfugie dans les bras de ses nombreuses maitresse, laissant Dahut aux commandes d’Ys.

Mais derrière les murs immenses de la cité se cache un passé lourd de sombres secrets. Le jour où le lien entre les soeurs se rompt définitivement, elles entraînent dans leur chute le destin d’Ys, et les monstres tapis dans l’ombre surgissent alors en pleine lumière…

Avec Soeurs d’Ys, Martin Tobias Anderson revisite le mythe de la cité engloutie d’Ys, censée se trouver au large de Douardenez, la plus fameuse légende bretonne apparue pour la première fois au Moyen-Age sous la plume de Pierre de Baud et largement popularisée au XIXè siècle par Anatole Le Braz et au XXè siècle par Charles Guyot.

Comme il n’a jamais été fixé, ce récit légendaire autour de la cité engloutie a donné lieu à bon nombre d’interprétations et de versions. Le scénariste part donc du point de départ communément présent dans un certain nombre de versions et adjoint aux personnages du saint (Corentin ou Guénolé) qui incarne le Bien, Dahut qui incarne le mal, et le roi Gradlon placé face à un choix, Rozenn qui, elle, est de son cru et j’ai trouvé l’ajout bienvenu.

On suit donc tour à tour, jusqu’à l’engloutissement d’Ys, Rozenn qui incarne la lumière et Dahut, la noirceur. Cette dualité est bien construite et j’ai aimé suivre les jumelles en parallèle.

L’intrigue proposée par M.T Anderson qui s’appuie à la fois sur la version la plus connue de la légende en y mettant son grain de sel est bien tissée et addictive. Je pensais, au départ, lire ce gros roman graphique en plusieurs fois et j’ai été incapable d’arrêter ma lecture avant le point final.

Le récit est en effet plein de secrets, de magie, de péripéties et de rebondissements qui relancent sans cesse l’intérêt du lecteur, l’histoire de ces deux soeurs qui tentent d’imposer leur voix nous interroge sur les choix que l’on peut faire, sur l’attrait au pouvoir, les luttes intestines, les rivalités fraternelles…

Les planches de Jo Rioux m’ont charmée même si, au départ, j’ai eu un peu de mal avec son style, elles servent parfaitement le scénario et concourrent à instaurer une ambiance magique et légendaire. Les couleurs choisies sont fondamentalement automnales avec du vert, du marron, de l’orange et de l’ocre et là encore c’est bien vu, cela cadre bien avec la Bretagne sauvage que je connais et aime.

L’auteur a également laissé une grande latitude à l’illustratrice puisqu’elle a pu laisser libre court à son talent avec des pages entières sans le moindre texte qui retranscrivent très bien l’état d’esprit des personnages.

En bref, un roman graphique réussi tant sur le fond que sur la forme et que je vous recommande si les thématiques abordées vous intéresse.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture magique !

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Après des études de lettres puis aux Beaux-Arts, Fanny André a décidé de se consacrer à l’écriture. Jeune romancière, elle a remporté plusieurs prix littéraires, et est l’auteur de plusieurs romans (romance, fantastique, young adult) parus aux éditions Milady et Marabout : A jamais, Premier rôle, Camping dating…

A Trouville, lors de l’enterrement de son fils Arnaud mort d’un AVC, Camille Chardin, quatre-vingts ans, guette l’arrivée de son ex-belle-fille, Isabelle, la quarantaine, avec laquelle elle s’entendait très bien.

Les deux femmes restent ensemble après l’enterrement et leur complicité passée resurgit. Isabelle ne va pas bien : triste et amaigrie, elle a fait un burn-out et quitté son cabinet d’avocats.

Camille est aussi à une étape clé de sa vie. Veuve depuis de nombreuses années, plus rien ne la retient en Normandie alors elle décide de mettre en vente sa maison de Trouville où elle vit depuis soixante ans, pour retourner dans sa Bretagne natale.

Au cours de leur conversation, elles font le projet de réaliser un ancien rêve : un voyage ensemble. Chacune montrerait à l’autre les beautés de son terroir : Isabelle, la Normandie et Camille, la Bretagne, afin de mettre un terme à la gentille rivalité qu’elles ont toujours entretenue autour de la plus jolie région d’origine.

C’est surtout l’occasion pour Camille de fuir le deuil qu’elle vient de vivre et pour Isabelle de reprendre pied et d’arrêter de se morfondre chez elle…

Avec Pour le sourire d’Isabelle, Fanny André met en scène Camille et Isabelle, chacune à un tournant de leur vie. Deux héroïnes attachantes liée par une touchante relation quasi filiale en dépit du divorce d’Arnaud et Isabelle.

Les deux femmes qui s’étaient perdues depuis quelques années entreprennent un voyage à travers la Bretagne et la Normandie pour prouver à l’autre, la beauté de sa région.

De Honfleur à Giverny, de Locronan à Douardenez, de maisons d’hôtes en restaurants ou salons de thé, nous suivons l’itinéraire de ces deux gourmandes qui se livrent peu à peu.

Vous connaissez mon attrait pour la gourmandise et les romans ayant pour cadre ma région, la Bretagne, ce roman ne pouvait qu’aiguiser ma curiosité et atterrir dans ma PAL, d’autant que sa jolie couverture est un vrai plus (oui parfois je peux être très superficielle !).

Au-delà du dépaysement que procure cette lecture qui m’a beaucoup plu et donné envie de revoir ces lieux emblématiques bretons et normands, car l’autrice plante très bien ses décors et franchement on s’y croirait !

J’ai aimé le cheminement de ces deux femmes, leurs caractères et leurs conversations. L’autrice aborde une foule de thématiques très intéressantes comme la famille, le désir de non maternité, le deuil, le veuvage, la solitude, le déracinement, le burn-out, et plus généralement la place des femmes.

C’est un roman à deux voix où chaque héroïne se raconte et raconte le voyage de son point de vue. Tout au long du roman, on fait le plein d’émotion, il y a des moments graves et d’autres joyeux et comme dans tous les feel-good books, il va être question de changement de vie et de nouveau départ, d’amitié et d’amour aussi.

J’ai été touchée par les deux femmes, spécialement Camille qui m’a beaucoup attendrie, et la jolie relation qu’elles entretiennent, l’amour qu’elles se portent.

De la sororité et une belle complicité féminine et intergénérationnelle face au deuil, une échappée savoureuse à deux voix entre Normandie et Bretagne, voilà ce qu’est ce roman.

Un road-trip pas comme les autres que je vous conseille en cette fin d’été / début d’automne, vous serez certainement aussi touché.e que moi par ces deux femmes fortes et indépendantes que je l’ai été.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture sensible et dépaysante !

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Maude Mihami est l’auteure des Dix Voeux d’Alfréd (NiL, 2018 ; Pocket, 2019) et des Amours d’Alfréd (NiL, 2019 ; Pocket, 2020). Du rififi au Camboudin est son troisième roman.

1974. Le Camboudin est un petit village breton bien tranquille. Mais l’arrivée de Désiré Diallo, un jeune médecin noir, va venir tout bouleverser.

Entre le patois local qu’il ne comprend pas, une biquette en chaleur qui bêle toutes les nuits et une vieille ivrogne solitaire, il aura fort à faire pour trouver sa place !

Heureusement, il rencontrera Alfréd, un jeune garçon pas comme les autres, pourvu d’une imagination débordante et d’un courage sans bornes.

Pour l’élève de CM2, cette dernière année scolaire au Camboudin signe celle des retrouvailles avec son père, ce héros au regard si doux…

Du rififi au Camoudin met un point final à la trilogie autour d’Alfréd et Alfred initiée avec Les Dix Voeux d’Alfréd et poursuivie avec Les amours d’Alfréd. Pour le troisième été consécutif, je me suis donc rendue au Camboudin et comme toujours la magie a opéré !

C’est avec regret que j’ai dit adieu à ce petit bourg breton, à ses habitants, à sa trouspignôle et aux années 70, celles de mon enfance. Que vous dire à part de vous précipiter sur cette histoire drôle et pétillante qui ne manque pas de toupet ?

Maude Mihami sait merveilleusement tricoter ses récits, dessiner ses personnages, imprégner une atmosphère pleine d’authenticité et de nostalgie et loin de s’essouffler, cette trilogie s’est au contraire bonifiée tome après tome et je suis très curieuse de découvrir les prochaines histoires de l’autrice.

Quel bonheur de retrouver une fois encore Alfréd et son vénérable papy Alfred, les habitués du bistrot : Tophile, Nénétte, Thérèse, Eugène… de faire la connaissance de Rémi, son père et de mieux comprendre sa mère Agnès, avec l’oeil neuf du nouveau venu au village : le docteur Désiré Diallo, venu de Paris après avoir perdu ses parents.

Grâce à lui, on va en apprendre encore davantage sur le passé des protagonistes de la saga, découvrir leur quotidien et celui de ces personnages âgées qui ont traversé le XXè siècle en continuant à vivre, pour certains, à la manière de leurs ancêtres, dans l’insalubrité la plus totale.

Tout le village va faire bon accueil au médecin, qui loin d’être en but au racisme, va au contraire être adopté par les habitants et notamment des piliers de comptoir du café, véritable Q.G d’Alfred et ses amis, qui vont l’initier à l’alcool local : le fameux Trouspignôle. On pourrait les trouver frustres au premier abord mais ils se révèlent tous bienveillants, généreux et attentifs au bonheur et au bien-être de chacun.

Dans cet ultime opus, j’ai été plus particulièrement touchée par Agnès, cette mère tombée dans la bouteille depuis bien trop longtemps, aigrie par son travail à l’usine de viande, négligente envers son fils et pourtant tellement pleine d’amour et de fierté pour son bonhomme de dix ans, qui décide d’enfin combattre son alcoolisme, on la découvre vraiment dans ce tome et on se réjouit du dénouement mitonné par l’autrice.

L’écriture de Maude Mihami est vraiment savoureuse, elle arrive à nous embarquer totalement, à nous immerger au coeur de cette petite communauté rurale des années 70. Son récit est à la fois drôle et émouvant et on s’y sent tellement bien qu’on arrive à regret au point final.

Un grand merci aux éditions Nil pour cette merveilleuse lecture, j’ai adoré !

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Lu dans le cadre des 12 pavés que j’aimerai sortir de ma pal et du challenge 1 pavé par mois :

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Jean-Luc Bannalec est le pseudonyme d’un écrivain allemand qui a trouvé sa seconde patrie dans le Finistère sud. Après Un été à Pont‑Aven (2014), il écrit la suite des aventures du commissaire Dupin dans Étrange printemps aux Glénan (2015), Les Marais sanglants de Guérande (2016) puis L’Inconnu de Port Bélon (2017) et Péril en mer d’Iroise (2018). Tous ses romans ont été publiés aux Presses de la Cité et repris chez Pocket. En 2019 paraît Les Disparus de Trégastel, chez le même éditeur.

Trois cadavres en trois lieux différents et le commissaire Dupin est sur le pont ! Le premier corps est retrouvé au petit matin dans un local de la criée de Douarnenez. La victime, Céline Kerkrom, est une pêcheuse professionnelle, venue vendre le produit de sa pêche.

Sur l’île de Sein, Laëtitia Darot, une jeune chercheuse spécialiste des dauphins gît dans le cimetière dit  » des cholériques  » et était amie avec la première victime.

Le troisième cadavre, enfin, sur la presqu’île de Crozon, est celui de Lapointe, un professeur de biologie à la retraite, passionné d’histoire.

Le commissaire Dupin mène l’enquête et apprend bientôt qu’une volumineuse croix en or pur (relique de la cité d’Ys ?), aurait soulevé bien des convoitises, poussant les protagonistes à s’espionner.

Ces trois meurtres sont liés, cela ne fait aucun doute, d’autant que les trois victimes se connaissaient… Mais qui pourrait être le coupable parmi les travailleurs de la mer ? Et quel est son mobile ?

Il y a maintenant trois ans que Péril en mer d’Iroise attendait dans ma pal et je suis bien en peine de vous dire pourquoi tant j’adore cette série policière qui a pour cadre la Bretagne sud, ma région.

Depuis Un été à Pont-Aven, je retrouve avec grand plaisir le commissaire Dupin, sa secrétaire Nolwenn et ses adjoints Le Ber et Labat qui enquêtent dans des lieux emblématiques de la Bretagne.

Et à chaque fois : Étrange printemps aux Glénan, Les marais sanglants de Guérande et L’inconnu de Port Bélon, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les enquêtes de ce policier parisien exilé en Bretagne, accro à la caféine et à l’entrecôte frites.

Ce cinquième volume ne fait pas exception à la règle et offre une immersion agitée en mer d’Iroise pour le commissaire Dupin, qui, de Douarnenez, à la découverte de l’histoire de la cité sardinière, jusqu’à l’île de Sein, mène l’enquête.

Cette série policière classique ne brille pas par un suspens de fou qui mettrait vos nerfs en pelote, mais l’éditeur allemand Jörg Bong qui a pris pour nom de plume Jean Luc Bannalec, se révèle être un formidable conteur de la Bretagne et il a l’art de nous tricoter des intrigues policières qui tiennent la route et rien que pour ça, ils valent la peine d’être lus.

Lire une enquête du commissaire Dupin, c’est avant tout lire la Bretagne, Bannalec n’a pas son pareil pour raconter la Bretagne et ses légendes ainsi que ses spécialités gastronomiques, Dupin est un épicurien et un fin gourmet dans l’âme, pour moi c’est à chaque fois un réel bonheur de mettre mes pas dans ceux de ce commissaire breton d’adoption (comme moi) et de respirer l’iode à pleins poumons au fil du récit.

Comme je le disais plus haut, c’est un polar classique, l’important est ailleurs, dans l’atmosphère, dans la galerie de personnages, dans les dialogues toujours savoureux avec une pointe d’humour bien dosée. On ne s’ennuie jamais avec Dupin et au contraire ses intrigues se révèlent plutôt passionnantes.

L’auteur se documente très bien sur chaque coin de Bretagne qui sert de décor à l’enquête et nous fait pénétrer ici dans l’île de Sein (qui voit Sein voit sa fin !), ses ruelles, ses maisons, son phare et ses musées et nous entraîne sur le sillage de la fameuse légende d’Ys, cité engloutie.

Au-delà de cette thématique légendaire, Jean-Luc Bannalec met aussi sur la table des thématiques très actuelles comme la contrebande d’alcool et de cigarettes, les quotas de pêche, la pêche d’espèces interdites, les fonds marins en péril, l’identité bretonne, la quête d’un trésor perdu, tous ces thèmes sont au cœur de cette cinquième enquête de Dupin.

L’intrigue policière est comme toujours de qualité, elle se révèle efficace et prenante de bout en bout et je ne peux que vous conseiller cette série si vous aimez les policiers classiques et la Bretagne, précipitez-vous sur les enquêtes du commissaire Georges Dupin !

Merci à Marie-Jeanne et aux Presses de la Cité pour cette carte postale de la Bretagne tellement agréable, j’ai adoré une fois de plus.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Au cœur d’une Bretagne magnifique, que la petite Nina retrouve avec bonheur, quittant la capitale pour deux longs mois de villégiature, c’est la vie d’une grande famille en apparence heureuse, en apparence seulement, que l’on suit au fil d’une décennie.

Petite parisienne tout droit sortie de la banlieue nord, Nina Bremeur-Duval ne vit que pour l’été, moment tant attendu tout au long de l’année puisqu’il lui permet de retrouver la famille de sa mère Valentine dans le lieu enchanteur qu’est Grande-Maison, la demeure familiale, en Bretagne.

A ses côtés, une complice, Claude, même âge (8 ans), qui a la chance de vivre à l’année à Grande-Maison, le paradis sur terre pour Nina, sa tante bien-aimée Sacha, beauté de la famille promise à un brillant avenir, l’oncle Hugo tout juste plaqué par sa femme, bonne-maman pour qui les apparences priment, bon-papa ancien banquier reconverti dans la poésie, tante Hélie papesse de l’ironie…

Cependant, ne venir qu’une fois par an, même deux mois, ne constitue pas un passeport suffisant pour être intégrée à cette puissante famille qui vit essentiellement dans le monde des apparences.

Pourtant, pour Nina, cette famille représente tout. Tout au long de l’année, elle vit en compagnie de Mamita, employée par sa mère Valentine, qui préfère résider à Londres, seule. Analyste financier chez la banque Rothschild à Londres, elle ne voit sa fille qu’en coup de vent, lui prodiguant une petite tape sur la tête pour tout signe d’affection.

Peu à peu, au fil des étés, les années passant, quelques fissures viennent lézarder le tableau idyllique de la Grande-Maison et notamment la place effective qu’occupe Nina.

Elle se refuse pourtant à voir les Bremeur-Duval tels qu’ils sont. Et lorsque la réalité se fait jour, les membres de la famille tant aimée se révèlent avec leurs faiblesses et elle découvre bien des secrets…

L’été, des secrets de famille, la Bretagne, une maison, il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir Les étés de Grande-Maison de la bretonne Nathalie de Broc, et si, sur le papier il avait tout pour me plaire, je ressors un peu déçue de cette lecture, non pas que ce roman soit mauvais mais parce que je n’y ai pas trouvé ce que j’étais venue chercher.

Tout d’abord, l’autrice met énormément de temps à planter son décor et pour tout vous dire je me suis un peu ennuyée pendant une bonne centaine de pages, attendant que l’intrigue démarre enfin.

Je m’attendais à ce que cette Grande-Maison soit un personnage à part entière du roman, il n’en est rien. Nathalie de Broc ne s’attarde pas sur la maison en elle-même, pourtant décor principal du roman, ce que je trouve un peu dommage.

Toute cette introduction, trop longue et bavarde à mon goût, a failli avoir raison de moi, je me suis accrochée et j’ai bien fait car arrivée à la moitié du roman, l’histoire décolle enfin et se révèle plutôt prenante !

En brossant le destin de cette famille bourgeoise sur une dizaine d’années, Nathalie de Broc a la bonne idée de montrer tous les bouleversements sociologiques qui frappent cette famille bon chic bon genre surant lew années 1970 : le divorce, l’homosexualité, le SIDA, les violences conjugales… des évènements que l’on préférait taire pour sauvegarder les apparences auxquelles ces familles tiennent tant mais qui vont leur éclater au visage.

Les personnages sont très nombreux et assez peu esquissés, leur psychologie, peu exploitée, certes Nina, héroïne du roman fait exception, mais cela reste un peu mince, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, et seuls Nina, Max et Sacha m’ont vraiment intéressée.

Les secrets de famille, il y en a quelques-uns, ils sont bel et bien là mais ils arrivent très tard dans le récit, dans les cent dernières pages, ce que j’ai trouvé dommage car l’autrice les aborde de façon très brève, là où j’aurai aimé qu’elle s’y attarde.

En bref, de bonnes choses, une première moitié assez laborieuse pour moi mais la seconde, heureusement très addictive, font de cette lecture une agréable lecture, certes pas marquante mais qui plaira aux amateurs de sagas familiales !

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour leur confiance.

Un pa

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Jeanne s’apprête à fêter ses 49 ans, seule dans son appartement parisien, avec un macaron beurre salé en guise de gâteau d’anniversaire. Mais sa vie monotone et bien rangée est bousculée par le décès de sa tante.
Elle quitte Paris pour assister aux obsèques dans son village natal, en Bretagne. Un lieu où elle n’était pas retournée depuis 26 ans, après avoir coupé les liens avec sa famille. Jeanne voulait que rien ne lui rappelle Pierre, son fiancé décédé brutalement la veille de leur mariage. Là, elle croise des amis d’enfance et respire des parfums qui lui rappellent tant de souvenirs… Sans oublier Gabin, le frère de son ancien fiancé, aujourd’hui propriétaire d’une chocolaterie qui sait si bien éveiller les sens. Jeanne, qui ne croit plus guère au bonheur, va découvrir qu’on a tous droit à une deuxième vie…

Paris, Jeanne va fêter ses 49 ans et compte bien souffler son unique bougie plantée sur son macaron Ladurée préféré (caramel au beurre salé) lorsqu’elle apprend le décès de sa tante Euphrasie qu’elle surnommait affectueusement tante Ronchon. Sur un coup de tête, elle décide de laisser ses classes de prépa littéraire pour assister aux obsèques de la vieille dame en Bretagne.

Elle retrouve à Plémey-Les-Grèves sa famille très étonnée qu’elle ait fait le déplacement alors que depuis 26 ans, elle se contente de venir trois jours à Noël. Depuis le décès de son fiancé dans un tragique accident la veille de leur mariage, elle a quitté sa famille, ses amis et son village pour refaire sa vie à Paris.

Elle a repris ses études, passé son agrégation, poussée par sa chère tante Ronchon. Depuis, elle a intégré un prestigieux établissement parisien, adopté une chatte persane mais sa vie amoureuse est un véritable désert car Jeanne ne veut pas oublier Yannick.

Dans la foule rassemblée sur le parvis de l’église, elle aperçoit la famille de son défunt fiancé et Gabin, son petit frère, qui est fou d’elle depuis toujours. Et si la vie lui offrait enfin une seconde chance…

Vous le savez, j’aime beaucoup lire les romans qui ont pour cadre ma région la Bretagne, c’est la raison principale pour laquelle j’ai accepté de recevoir Chocolat et fleurs de sel et aussitôt reçu, aussitôt lu !

Pour son second roman, Joëlle Loeuille nous propose un feel-good book comme je les aime avec de l’humour, de l’émotion et un sourire aux lèvres lorsqu’on le referme. Alors certes, l’histoire n’est pas follement originale mais quelques petites choses sont tout de même à souligner.

L’âge des protagonistes : Jeanne, l’héroïne, flirte avec la cinquantaine, un âge sous représenté dans les romans d’une manière générale et Gabin a quarante-quatre ans.

Il est beaucoup question de deuil dans ce roman, celui de son premier amour pour Jeanne, un deuil impossible qui l’empêche de vivre réellement. Depuis vingt-six ans, elle vit dans le souvenir de son amour perdu : elle met les sweats de Yannick pour se réconforter et elle passe chaque nouvel an à Venise avec son fantôme. Là-bas, elle se fait belle et sensuelle, parcourt la ville, dîne dans de grands restaurants et imagine la vie qu’ils auraient pu avoir si ils avaient vécu.

Ces passages sont extrêmement émouvants et m’ont beaucoup touchée, j’ai eu la larme à l’œil plusieurs fois pas parce que Joëlle Loeuille tombe dans le pathos, mais parce que ça sonne vrai.

Ce qui m’a beaucoup plu aussi, c’est la double vie de Jeanne : madame travail et sévérité pour ses élèves qui en ont une trouille bleue la semaine et le week-end, elle écrit des polars à la sauce M.C Beaton avec lesquels elle rencontre un certain succès mais dans l’anonymat le plus complet car elle ne veut pas que ses prépas le sachent.

Il y a aussi la relation très touchante qui unit Jeanne à l’une de ses élèves qui l’a prend pour modèle et qu’elle va épauler du mieux qu’elle peut pour la sortir de son anorexie mentale.

Autres points forts : les personnages, celui de Jeanne bien sûr mais aussi Gabin, l’ancien baroudeur reconverti en chocolatier, les parents de Jeanne, sa chatte persane obèse, la tante Ronchon qui intervient depuis le paradis…

Vous l’aurez compris, j’ai passé un excellent moment avec Chocolat et fleurs de sel, j’ai ri, j’ai pleuré et j’ai aimé. Si vous aimez ce genre, les thématiques abordées, le chocolat et la Bretagne, car il en est aussi beaucoup question, je ne peux que vous le recommander et remercier les éditions City pour cette lecture iodée !

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Étudiante en médecine, Marie-Lou est, du jour au lendemain, affectée à Brest. Autant dire le bout du monde pour celle qui n’a jamais quitté sa Grenoble natale. Une nouvelle existence commence alors pour elle, loin des siens, de ses montagnes : il va falloir s’habituer au climat, à la région, à la collocation, aux collègues… Surtout, c’est l’insouciance et la légèreté de ses vingt-cinq ans qui vont être confrontées à la dure réalité du monde hospitalier. Une nuit, elle croisera Matthieu, interne en ORL. Ce loup solitaire, mystérieux et poétique, arrivera-t-il à lui faire une place dans sa vie ?

Marie-Lou est étudiante en médecine, attachée à sa région natale, la Savoie. Lors du concours de l’internat, elle fait une grosse erreur et se retrouve classée 1997è, autant dire qu’elle va avoir moyennement le choix d’un hôpital pour faire son internat en neurologie.

Alors qu’elle se trouve aux côtés de sa soeur, elle désigne totalement au hasard Brest pour point de chute. La voilà partie pour la Bretagne où elle n’avait jamais mis les pieds.

Dès son arrivée, elle sympathise avec sa colocataire Anna, étudiante en médecine comme elle, son cousin Matthieu en ORL et Farah, l’autre interne en neurologie et commence sa première journée d’internat, la boule au ventre…

L’an dernier j’avais reçu, sans l’avoir demandé, le dernier roman de Sophie Tal Men : De battre la chamade, troisième tome de sa trilogie consacrée à Marie-Lou, l’interne en neurologie. N’ayant jamais lu les deux premiers opus, il attend depuis lors bien sagement dans ma PAL.

Aussi lorsque mon regard a croisé Les yeux couleur de pluie dans un magasin d’occasion, je n’ai pas hésité à le prendre et aussitôt acheté aussitôt lu. Il faut dire que si je ne suis pas spécialement attirée par les romans en milieu médical, j’aime beaucoup en revanche ceux qui ont pour cadre la Bretagne où je vis moi-même.

Sophie Tal Men, neurologue dans le Morbihan, a du beaucoup s’inspirer de son vécu pour créer le personnage de Marie-Lou, elle nous immerge sans peine dans le quotidien d’une interne qui doit gérer les urgences, constater des décès, aider ses patients dans leur convalescence…

Cette partie-là m’a beaucoup plu, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de réalisme dans la description du monde hospitalier, et d’humanité dans le traitement des patients. J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt la prise en charge de personnes victimes de maladies dégénératives ou d’accidents neurologiques comme l’AVC, Alzheimer, Creutzfeldt Jakob… des maladies effrayantes que l’on méconnaît en général, en tout cas moi.

On suit également le quotidien des internes, leurs gardes, les fêtes bien alcoolisées qu’ils organisent, les rapports avec leurs chefs, les recherches qu’ils mènent en vue de leur doctorat ou pour le compte de leurs supérieurs hiérarchiques, ce qui va amener Marie-Lou à participer à un colloque international à Stockholm.

Autant de thèmes très intéressants qui auraient mérité d’être creusés car ils sont ici survolés au profit d’une histoire d’amour entre Marie-Lou et Matthieu, cousue de fil blanc, qui prend trop de place à mon goût.

J’ai eu plaisir également à voir évoluer Marie-Lou en Bretagne, à la découverte de sa gastronomie, des lieux à voir, etc. Un personnage qui se révèle très attachante, soucieuse du bien-être de ses patients, on aimerait croiser ce type de médecin plus souvent en milieu hospitalier !

Malgré quelques bémols, Les yeux couleur de pluie, est un sympathique roman de détente facile à lire, idéal pour les vacances, grâce à l’écriture de Sophie Tal Men fluide et pleine d’humour. Pour ma part, je lirai le second tome avec plaisir lorsqu’il croisera ma route.

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